Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes
L’immense publication entreprise en i8o4, sous le titre de Dictionnaire des sciences naturelles (i), rédigée par l’élite des naturalistes français auxquels s’étaient associés quelques savants étrangers, que l'Allemagne et l’Angleterre citeront toujours avec orgueil, fut une œuvre de haute portée, que les auteurs semblaient ne destiner qu’à l'usage des hommes spéciaux ou à l’ornement des plus riches bibliothèques. Mais le besoin d’un semblable ouvrage, qui embrassait avec discernement et méthode l’universalité des connaissances naturelles, se fit bientôt sentir dans toutes les classes des lecteurs. Il ne trouva d’obstacle ni dans le nombre des volumes, ni dans leur prix élevé, et l’édition s’écoula rapidement , partout où se trouva l’instruction, quoique deux années auparavant eut paru le Dictionnaire d’histoire naturelle, en vingt-quatre volumes, et bien plus à la portée de tout le monde.
Ce dernier ouvrage dont la rédaction, également, avait été confiée à des naturalistes d’un mérite supérieur, eut un tel succès que, malgré le grand nombre d’exemplaires auquel il avait été tiré, on fut obligé de le réimprimer en 1816. Alors, la quantité des matériaux neufs, accumulés dans l’espace de quatorze années, obligea les éditeurs à faire refondre entièrement l’ancien travail, et à porter le nouveau à trente-six volumes.
lin i8aa commença la publication du Dictionnaire classique d’histoire naturelle (a), dont l’édition fut épuisée presque sur-le-champ; celui-ci, quoique moins volumineux, renfermait en substance tout ce que contenaient les autres, et même beaucoup de choses qui ne se trouvaient point ailleurs. Une semblable vogue obtenue par des ouvrages de grande valeur commerciale, en démontre l’utilité mieux que ne le ferait le discours préliminaire le plus soigné; 011 est d’ailleurs trop convaincu des avantages qui résultent généralement de l’étude des sciences naturelles, pour ne point nous dispenser de faire ressortir ceux d’un dictionnaire de ces sciences, mis au niveau des connaissances acquises en 1837. Nous avons cru cependant qu’il était convenable de placer ici quelques mots
(1) 61 volumes in-6" avec atlas «le 1 200 planches environ.
(2) 10 volumes in-K» avec atlas de 100 planches.
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pour solliciter l’attention des lecteurs, à qui nous offrons ce travail, non sur la forme que nous lui avons donnée, puisqu’elle ne laissait point de choix, mais sur les modifications que nous y avons apportées, afin d’éviter quelques imperfections signalées soit dans le compte qui a été rendu des Dictionnaires que nous venons de citer, par les journaux scientifiques et littéraires existants à l’époque de leur apparition, soit dans des annotations particulières, résultat de l’expérience et de la méditation. A cet effet nous devons reprendre l’examen de ces ouvrages.
Nous ne parlerons point, quelque nombreuses qu’en eussent été les réimpressions, du Dictionnaire de Valmont de Bomare, non plus que de tous ceux de moindre importance encore, qui l’ont précédé. Ces livres sont aujourd’hui tellement loin des progrès de la science, qu’il n’y a plus pour eux que l’oubli. Nous prendrons pour point de départ, sous le rapport du mérite réel, le Dictionnaire d’histoire naturelle en i!\ volumes, connu vulgairement sous le nom de Dictionnaire de Deterville, du nom de l’éditeur. Ce livre, en ouvrant véritablement la carrière, a mérité la reconnaissance des naturalistes comme des gens du inonde. Il a rendu à tous les plus grands services, en présentant, sous le point de vue le plus favorable, les productions si variées que, de tout temps, l’on a réparties en trois grandes divisions ou règnes. 11 a donné une idée juste de la manière dont pouvaient être distinguées, dans un dictionnaire, des parties qui le sont si nettement dans le vaste ensemble de la nature. On a dit que les sujets n’y étaient qu'effleurés; il peut en être ainsi pour quelques-uns, mais il faut observer que ce dictionnaire n’était point présenté comme un recueil de traités particuliers, et presque toujours il indique ceux auxquels , dans son insuffisance, on peut ou doit recourir.
Dans le Dictionnaire des sciences naturelles, on a voulu éviter ce reproche, et la partie descriptive y a été considérablement étendue; mais comme on ne pouvait la rendre complète sans augmenter, d’une manière pour ainsi dire effrayante, le nombre des volumes, on a dû imposer des limites à une foule d’articles, et il en est résulté cet autre reproche de n’avoir point assez dit, et d’avoir dit trop.
Le Dictionnaire classique d’histoire naturelle, postérieur aux deux précédents, s’est avancé, soutenu par l’expérience, entre les deux écueils qui avaient rendu si difficile la marche de ses aînés; certes, plus heureusement qu’eux, il aurait touché le but, s’il n’avait constamment rencontré des obstacles d’un tout autre genre, si les collaborateurs fatigués et dégoûtés surtout des entraves matérielles opposées à leurs travaux, n’avaient dû prendre la résolution d’y mettre trop brusquement un terme, ce qui a rendu la fin de ce dictionnaire si différente du commencement.
Libre de toutes ces entraves, le nouveau Dictionnaire classique des sciences naturelles arrive à son tour. Peut-être ne présente-t-il pas mieux les faits isolés dont se compose chacun de ses articles, pour les rattacher néanmoins au grand ensemble; mais il les présentera plus complets, et élaborés d’après les conseils d’une critique sage et modérée. Nous avons éloigné avec soin, et autant que cela se
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pouvait sans nuire à l’utilité du livre, une synonymie que l'un avait exhumée jusque dans ses derniers replis, et qui, fastidieuse pour le lecteur, d’un secours presque nul pour le naturaliste, occupait une place récla niée par des développements que, plus d’une fois, l’on s’était vu obligé de passer sous silence, et que nous avons cherché à rétablir. Nous nous sommes permis aussi de resserrer certains articles que desauteurs trop scrupuleux .avaient étendus au delà des limites qu’ils craignaient de ne point avoir atteintes; nousavons cru devoir séparer des articles générauxtoute la partie méthodique de classification, pour en former un corps isolé, qui, placé à la fin de l’ouvrage, offrira plus de facilité à ceux qui doivent y avoir recours fréquemment. Enfin nous avons pris à tâche de rechercher jusqu’aux moindres imperfections reprochées aux dictionnaires qui ont précédé celui-ci, et nous avons l’espoir fondé de ne point encourir les mêmes reproches. Nous sommes bien loin de vouloir insinuer que nous soyons parvenus à la perfection, mais nous pouvons affirmer avec assurance, que pas une découverte en histoire naturelle, publiée depuis quinze ans, n’a échappé à nos investigations; que toutes les publications sur cette matière, faites en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Amérique, sur tous les points du globe enfin, ont été lues, relues et méditées pour en extraire et mentionner, dans notre dictionnaire, tout ce qui n’a pu faire partie des profondes et consciencieuses élaborations de nos devanciers. La partie absolument neuve de l’ouvrage en dépasse le tiers. Nous n’avons point hésité à puiser dans toutes les publications analogues à la nôtre les matériaux dont nous avons fait usage, et si, pour chaque article, nous n’avons point cité minutieusement la source à laquelle nous avons emprunté, c’est parce que le nombre des citations eût occupé un trop grand espace matériel; nous ne les avons cependant pas négligées lorsqu'elles étaient indispensables, et pour donner une idée de leur mérite, nous joignons ici les noms des savants auxquels nous avons éait nos emprunts. Ce sont :
Pour la zoologie : histoire et description du règne animal, MM. Audouin, lioisduval, C. Bonaparte, Bosc, F. Cuvier, G. Cuvier, De Blainvillc, Defrance, Dejean, Delacépéde, Deshaies, Desmarets, L. Dufour, Duméril, Eschelscholtz , Férussac, Flourens, Gaymard, Geoffroy Sl-Hilaire, Isid. Geoffroy, Guérin, Lamouroux, Latreille, W. E. Leach, Lepelletier de S*-Fargeau, Lesson, Macquarts, Milne-Edwards, Quoy, Say, Strauss, Temminck, Valenciennes, Virey, etc., etc.
Pour la botanique : histoire et description du règne végétal, MM. Blume, Bonplaud, Bory de S'-Vincent, Ad. Brongniard, II. Brown, Cambcssèdes, Cassini, Cavanilles, De Candolle, De Humboldt, De Jussieu, Aug. de S'-Ililaire, Desfontaines, Don, Dutrochet, Fée, Fischer, Graham, Guillemin, W. Ilooker, Jacquin, Kunlh, Labillardière, Lagasca, Lamarck, Lestiboudois, Bindley, Link, Loiseleur, Loudon, Martius, Michaux, Mirbel, Nees, Palisot-de-Beauvois, Poiret, Poiteau, Raspail, Reichcnbach, A. Richard, Iloemer et Schultz, Sprengel, Tliouin, Turpin, Willdcnow, etc., etc.
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Pour la minéralogie : histoire et description du règne minéraj, MM. Berthier, Berzelius, Beudant, Brard, Brochant de Villers, Alex. Brongniard, Buckland, Chevreul, Cordier, Davy, Delafosse, Doebereiner, D’Omalius de Ilalloy, Dumas, Elie de Beaumont, Gay-Lussac, Ilaüy, Jackson, Klaproth, lÆsly, Lcvy, Mitscherlick,Monticelli, C. Prévost, Rose, Thénard, Thompson, Vauquelin, Werner, etc., etc.