‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 4)Chapitre 106 sur 125 · Les Notopodis, Aotopoda · texte numérisé non relu

Les Notopodis, Aotopoda

G. : Dromie, Dorippe, Homole, Ranime. *

BRACON. bracon. ms. G. de l’ordre des Hyménoptères, section des Porte -Tarières, établi par iurine qui lui assigne pour caractères : une cellule radiale grande;

| trois cellules cubitales, les deux premières carrées, pres- ! que égales, la première recevant seule une nervure récurrente, la troisième grande, atteignant l’extrémité de l'aile; mandibules bidentées (le sommet aigu de la mandibule étant compté pour une dent) ; antennes sétacées, composées de plus de vingt articles. A ces caractères on peut ajouter que les mandibules sont prolongées en avant, et qu’il en résulte un espace vide entre elles el le labre; que celui-ci est triangulaire, courbé inférieurement et terminé en pointe ; qu'enfin les femelles ont l'extrémité de l'abdomen armé d'une longue tarière recouverte, à sa base, par un prolongement lamelliforme, figurant lin soc de charrue. — Les Bracons ressemblent, sous plusieurs rapports, aux Iclmeuraons ; mais ils s'en distinguent par le nombre des articles des palpes labiales el par la forme de la seconde cellule cubitale de leurs ailes; ils ont encore beaucoup d'analogie avec les Alysies, sous le rapport des cellules des ailes, el eu diffèrent cependant par les pièces de la bouche. Les Agathis ont aussi avec les Bracons une telle ressemblance que Latreille les réunit à ces derniers. %

Ces Insectes, nommés autrefois par Latreille ripions , sont très- nombreux et fort peu connus, quant à leur organisation et leurs mœurs. Un les trouve ordinairement sur les fleurs de Chardons et sur les bois |>ourris. Le B. déserteur, D. desertor de Fabricius, peut être considéré comme type du G.; il n’est pas rare aux environs de Paris. On rencontre aussi dans presque toute la France le B. dénigrateur, B. deniyrator, Fabricius, figuré par Panier (Faun. Ins. üeriit.j fasc. 45, l. 14).

BRACTÉES, bot. Feuilles florales. Ce sont de petites feuilles particulières, différant pour la forme, et la plupart du temps pour la couleur, de celles dont se compose la plante. Elles accompagnent les fleurs, les soutiennent, les ornent même, et dans certaines Sauges ou dans quelques Lavandes, en effacent l'éclat.

On nomme Bractêoles les plus inférieures cl les plus petites des Bractées, lorsque dans un amas de fleurs il en existe plusieurs rangées.

BRACTÉlFÈRE.tfractei/erw*. bot. Qui porte une ou plusieurs bractées.

BRACTÉIFORME. Bracteifonnis. bot. Organe qui a la forme d'une bractée.

BRACTÉOLE. bracleoiœ. bot. On applique ce diminutif de Bractée, aux plus petits de ces organes, lorsque dans un amas de fleurs , il en existe plusieurs rangées.

URADRURIE. Bradburia. bot. G. de la fam. des Légumineuses, Diadelphie Décaudrie, L., institué par Raf

finesque, qui lui donne pour caractères : calice campanuit*, à cinq divisions inégales, corolle renversée, avec l'étendard calleux à sa base, les ailes très étroites el commentes, la carène courte, échancrée; étamines diadelphes, terminées en crochet; légume linéaire, polysperme et uniloculaire. Des deux esp. décrites par Raffinesque, l’une est frutescente, l’autre est volubile; toutes deux, originaires de la Louisiane, ont les feuilles composées, à folioles ovales ou oblongues; les fleurs sont rassemblées en grappes.

BRADLEA. bot. S. de Glycine.

BRADLKIA. bot. Sous ce nom, Gartner a établi un G. très-voisin du Phyllantus, dont il se distingue cependant par la structure singulière de ses graines. Comme il comprend la pl. dont Fonder avait auparavant fait son G. Glochution, c'est ce dernier nom qu’il convient de lui conserver et auquel nous renvoyons ici. — Sous ce même nom de Bradleia , Necker avait distingué une esp. de Laser dont l'involucre offre un petit nombre de folioles et dont l’akène est ailé.

BRADYBATE. Bradybatua. ms. Coléoptères de la fam. des Curculionides, institué par Germar dans ses Norœ apec. Caractères : trompe cylindrique, un peu longue et atténuée vers l'extrémité; yeux globuleux, placés de côté; antennes insérées vers le milieu de la trompe; bouton de six articles; écusson petit, pointillé; élylres cylindriques, plus courtes que l’abdomen, recouvrant des ailes membraneuses; pieds courts, surtout les intermédiaires; cuisses en massue, les antérieures armées d'une dent ; jambes larges, sinuées sur la face interne, tronquées obliquement vers l'extrémité; tarses courts, garnis d'une pelotte en dessous; avantdernier article très-dilaté, bilobé, avec un crochet bionguiculé. Ce G. ne se compose encore que d’une seule esp., B. creutseri; il est ferrugineux, avec les élylres striées de points; la télé, la poitrine et l'abdomen noirs. On le trouve en Autriche et en Italie.

BRADYBËiNE. Bradybœnua. ixs. G. de Coléoptères pentamères, fam. des Carnassiers, établi par Dejean qui lui assigne pour caractères : les quatre premiers articles des quatre tarses antérieurs très -légèrement dilatés dans les mâles; ceux des tarses antérieurs courts, serrés et triangulaires ou cordiformes , ceux des intermédiaires plus allongéset très-légèrement triangulaires. Dernier article des pal|>es ovalaire, presque cylindrique et tronqué à l’extrémité. Antennes courtes et filiformes; lèvre supérieure en carré élargi; mandibules peu avancées, arquées et peu aiguës; menton écbancré en arc de cercle , corps court et peu convexe; tète presque arrondie , un peu rétrécie postérieurement ; corselet moins long que large; élylres presque parallèles. Dejean a établi ce G. sur le Carabus Scataris d'Olivier.

BRADYPE. Bradypua. ma». G. de Tardigradcs, de l’ordre des Édentés auxquels il appartient par l'absence de dents incisives; et même de l’intermaxillaire dans une des deux esp. qui composent ce G., et par de gros ongles embrassant toute l'extrémité libre des doigts. — C’est à tort que Buffon a dit que les Bradypes étaient des monstres par défaut; ils offrent au contraire un excès de parties turnuméraires dans le nombre des

côtes, des vertèbres cervicales, ei dans l’existence des clavicules chez une des deux esp.; celui qui a moins de doigts en a deux complets , et à côté, les rudiments de deux autres : le pied de» Solipèdes est donc moins complet. On n’a pas eu plus de raison de parler de leur imperfection; c'est en changeant leurs rapports d'exis tence qu’ils seraient imparfaits. Les modifications de leur organisation , très-élo ignées du mécanisme des autres Mammifères, sont au contraire en harmonie parfaite avec leur destination. D'abord leurs dents, comme l’a montré Cuvier à qui appartient presque tout ce que nous allons dire, étant un cylindre d'os enveloppé d'émail et creux aux deux bouts . seraient impuissantes pour broyer des tiges ou des racines ; elles suffisent pour écraser des feuilles. Aussi l'existence de l'Animal est-elle liée à celle des arbres et peut-être d’un seul qu’il préfère, le Cecropia jmttata; le cylindre d’émail est rempli par une pile de petits disques osseux, qui s'usent plus facilement que l'enveloppe; la surface de la dent est toujours plus ou moins excavée; l’excès de longueur des membres antérieurs sur les postérieurs, qui se retrouve dans les Orangs et dans les Wouwous, la direction en arrière des cavités cotylokdes, qui, dans l'action de grimper, rend perpendiculaire l'application delà force, sont deux circonstances aussi favorables au grimpement qu’incommodes pour la marche. L'articulation péronéo-astragalienne, transmettant obliquement le poids du corps sur le pied, par l’apophyse coudée qui termine inférieurement le péroné , rend bien , comme l'observe Cuvier, le plan du pied perpendiculaire au sol quand l'Animal est à terre, ce qui fait qu'il n'appuie que par le bord externe; mais réciproquement, quand il grimpe, toute la plante du pied porte parallèlement contre l’arbre. L'élargissement du bassin et la soudure de l'ischion sur le sacrum, en augmentant les surfaces d'insertion musculaire, ont un double avantage, 1° pour l'écartement des jambes en grimpant, et pour le volume des muscles insérés. La longueur de l'apophyse post astragalienne du calcanéum, égales au inoius à ce qu’elle est dans les Gerboises, facilite l'application au pied, de la force musculaire entièrement transmise, puisque tous les os sont soudés eu un seul levier jusqu’au-devant de la première phalange. Quoy et Gaymard ont constaté un excès proportionnel de volume et de force des muscles fléchisseurs sur les extenseurs, bien supérieur à ce qui existe chez tous les autres Animaux ; il en résulte la facilité de perpétuer pour aiusi dire les mouvements et les altitudes de flexion indispensables à des Animaux toujours suspendus ou accrochés aux arbres. La réflexion des ongles sous le pied et sous la main dans l'état de repos, qui serait un inconvénient à terre, est justement le mécanisme le plus commode pour les Bradypes. Sans aucun effort et parla seule élasticité de ligaments jaunes, analogues à ceux qui tiennent redressée» les phalanges unguéales des Chats, ces mêmes phalanges sont maintenues fléchies chez les Bradypes. Elles ne s'étendent que lorsque l'élasticité de ces ligaments est surmontée par la contraction des muscles extenseurs. Ajoutez à cela cet excès des muscles fléchisseurs, et il n'y a rien d’étonnant à les voir s'accrocher aux branches par les

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rt* |».itics rapprochées. (mur reposer cl dormir. L’on < voit aussi que la soudure des os des pieds cl le défaut j de mobilité séparée des doigts sont parfaitement combinés pour ce résultat. Ces ongles surpassent aussi en longueur le reste dé' la main, et comme ils sont cour- ; lies, cela augmente d’autant la grandeur du crochet, l'u autre obstacle, outre le ligament jaune inférieur, à l'extension de la phalange unguéale, c'est que l’arc de cercle qui en échancre la tête, saille bien davantage en dessus, de sorte que ce prolongement , en 6’appuyanl contre le dos de la phalange suivante, rend l'extension : impossible. {Voyez, pour la figure de celte phalange et tous les détails d’ostéologie , le 4° vol. des Ossements fossiles de Cuvier.) L'axe de la télé étant le même que celui de la colonne vertébrale, la bouche regarde en haut quand l'Animal est debout; ce serait un inconvé- ; nient pour paître à terre; c’est un avantage pour vivre sur des branches, et qui dispense l’Animal de relever . la tête par un effort musculaire soutenu.

Ce ti. offre d'esp. à csp. les (dus grandes différences connues. Il est l’exemple te p us évident de ia diversité primitive des csp., et la réfutation de l'opinion que les ! diversités d'esp. ne sont que des transformations successives et maintenues à divers degrés, d'un type pri- | mitif. par l'inlluence du climat, des aliments, etc. Or, ici tout est égal (tour les deux csp., habitudes, climat, j nourriture, et cependant les Aïs ont deux vertèbres cer- j vitales de plus que l'Unau et les autres Mammifères. ! L’Unau, qui seul a des clavicules, a vingt-trois eûtes; * l’Aï dos-brûlé en a quinze, et celui à collier seize. Dans les Aïs, l'axe du comlyle maxillaire est longitudinal; il est transversal dans l'Unau; tout le crâne de celui-ci a les deux tables osseuses écartées par des sinus pareils à ceux qui coiffent le crâne du Cochon, cl propagés jusque dans l’apophyse ptérygolde qui est renfiée comme la caisse auditive des Chats. Dans les Aïs, l'apophyse ptérygolde est une lame mince, et partout le crâne a ses deux tables compactes rapprochées sans diploé; la caisse auditive y est fort renflée, indice d'une audition très-nctive. La hauteur des arrières-narines est presque ’ double de ce qui a lieu dans l'Unau. L'Unau, en avant de la suture des os du nez. a un os internasal qui man- j que dans l'Aï ainsi que les iutermaxillaires; les maxil- ; laires y sont aplaties en avant, d'où suit la petitesse des canines qui sont contiguës aux molaires, taudis qu'une barre les en sépare dans l’Unau. Lutin, il n’est pas une i partie du squelette, pour ainsi dire, qui n'offre des différences aussi grandes d’une esp. de Paresseux à Pau- j Ire, que d'un genre à l'autre dans les autres Nammifères. Aussi est ce à l'occasion des Paresseux que buffon 1 a dit Les différences intérieures sont la cause des exté- ! Heures ; l'intérieur, dans les êtres vivants, est le fond du dessin delà nature. Persuadés de l'importance de celte vérité réalisée sous tant de formes et de pians divers, nous avons insisté et nous continuerons d’iusisler sur les diversités spécifiques d'organisation, y. Anatohie. — Les viscères de ces Animaux offrent encore des différences assorties à leur mode d’existence. Sans être ruminants, ils ont quatre estomacs, mais sans feuillets ni autres laines saillantes à l'intérieur, tandis que le canal intestinal est court et sans cæcum. Les feuilles, qui

sont leur aliment, contenant bien moins de parties fibreuses proportionnellement, que les liges herbacées dont sc nourrissent les Humiliants, les Bradypcs n'ont pas besoin d'ingérer une aussi grande quantité d'aliments. — La verge seule est extérieure dans le mâle, les testicules sont dans l'abdomen. Quoy et Gaymard ont eu vivants sur le vaisseau l'Uranie, et ont ensuite disséqué deux Bradypes Aïs. Voici leurs observations qui rectifient plusieurs erreurs : sur la femelle, la vulve, surmontée d'un clitoris, est antérieure de (rois à quatre lignes à l'anus; l'urètre, fort court, s'ouvre dans le vagin long de deux pouces. Il y avait un fœtus bien conformé dans l'utérus qui n'offrait pas de museau de Tanche , peulétre à cause de son état de dilatation; la vessie était fort distendue par l'urine, ce qui les étonna d'autant plus, que l’Aï', pendant les huit jours qu'ils le possédèrent, avait refusé de boire avec une sorte d’horreur. L’anus a plus de longueur que la vulve. L’estomac était rempli de tiges de Céleri : c'était la seule nourriture acceptée par l'Aï depuis l'épuisement de la provision de feuilles de Cecropia. l/injection artérielle n'a pas confirmé la division des artères des membres en artérioles ensuite réunies pour reformer le tronc primitif. Seulement beaucoup de ]>etites artères formaient une sorte de gaine au tronc des artères brachiales et crurales, mais ne rentraient pas dans le calibre de celles-ci. Enfin, ils ont vu l'excès de prédomincncc des muscles fléchisseurs sur les extenseurs rendre raison des altitudes de ces Animaux ; iis ont vu aussi qu’il faut beaucoup rabattre de la lenteur attribuée à l’Aï. Tout l’équipage de l’Uranie a vu l'Aï monter en vingt cinq minutes du gaillard d'arrière au haut du grand mât; il parvint successivement. eu moins de deux heures, au sommet de tous les mâts en allant de l'un â l'autre par les étais. Une autre fois, étant descendu par l'échelle du gaillard d’arrière et touchant l’eau par une de ses pattes, il s'y laissa volontairement tomber, et nagea aisément la tête élevée.

L'on voit donc, en rapprochant ces faits des considérations anatomiques précédentes, combien d'erreurs défiguraient l'histoire de ces Animaux qui habitent entre la rivière des Amazones, celle de la IMata et l’océan Atlantique. On n'en a point trouvé ailleurs de fossiles. Les Fossiles les plus analogues, sont le Mégalouix et le Mégathérium, qui forment pourtant chacun des genres bien différents, quoique susceptibles d'étre encadrés dans un même ordre; ceux-ci ont été trouvés dans le nord des deux continents. Les espèces du genre Bradype sont :

B. Aï. Bradypuë tridactylus , L. ; Btiff., 15, pl. 5 et G. La figure de l'Encyclopédie est ridiculement mauvaise. Trois doigts complets à chaque pied, les deux doigts extrêmes en rudiments cachés sous la peau, deux vertèbres cervicales de plus, distinguent cette espèce de l'Unau. Les bras sont deux fois longs comme les jambes, ce qui facilite le grimpement. Le poil de la tète, du dos et des membres, long, gros et sans ressort, donne à cet Animal l'air d'étre enveloppé de foin. Sa couleur est grise, souvent tachetée sur le dos de brun et de blanc. Comme il existe au cabinet d'anatomie du Muséum, des squelettes d’Aïs. où le nombre des côtes et d'autres circonstances ostéologiques sont différents, quoique tous

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