Æ S II
qu’il caractérisé ainsi : calice 5-fide. ventru; corolle à limbe irrégulier; étamines exsertes; cinq filaments stériles; capsule très-longue, en forme de silique, presque 4-loculaire; semences aristées. Les deux esp. décrites appartiennent à l'ile de Sumatra.
ÆSCHYN1TE. aro. Bcrzelius a nommé ainsi un minéral nouveau rapporté de Miask , dans l'Oural , par Me tige. L'analyse faite par Ilarwall. a donné : acide litanique 50; zircone 30; oxide de cérium 15; chaux 3,8; oxide de fer2,6 ; oxide de zinc 0,5. Nous ne connaissons |>as les caractères extérieurs de cette substance.
ÆSCHYNOMÈNE. bot. Fam. des Légumineuses, Diadelpliie Décandrie, L. Ce G. a une telle analogie, d'une part, avec les Sainfoins, de l'autre, avec les Galégas, que, selon Gartner, les esp. qui le composent devraient être réparties dans ces deux G. Le calice est campanulé, à deux lèvres, dont la supérieure bifide et l'inférieure fridenlée : la corolle est papilionacée ; la carène est courte; les étamines sont diadelphes; la gousse est allongée, comprimée, articulée. — Les Æschynomènes ou Agalis sont des pl. herbacées ou des Arbrisseaux à feuilles imparipinnées; les Heurs forment des bouquets axillaires ou terminaux. Les esp. connues croissent dans les contrées chaudes de l'Inde et de l'Amérique. Persoon a formé un G. Sesbaniedes Æschynomènes à gousse cylindrique et bivalve, tel que l'Æ. glandiflore, l'Æ. Sesban , etc.
ÆSCIILINE. Alcaloïde obtenu par Dahlstroem, du traitement analytique de l'écorce du marronnier d'Inde.
ÆSCULUS oc MARRONNIER D’INDE, bot. k' . Hirro-
CA9TA.il.
ÆSHNE. Æshna. ms. G. de Névroptêrcs, établi par Fah. aux dépens des Libellules de Linné; il est rangé par Latreille dans la fam. des Subulicornes. Les Æshnes se distinguent par plusieurs caractères assez tranchés; leur tète est grosse et hémisphérique; leurs ailes sont toujours horizontales, ce qui les éloigne des Agrionset les rapproche des Libellules proprement dites ; elles se distinguent de celles-ci par l'absence d onc vésicule au sommet |>oslérieur de la télé, par les yeux lisses placés sur une ligne transverse, et par la forme de l'abdomen qui est presque cylindrique. Si les Æshnes offrent, dans leur organisation, des caractère* assez importants pour constituer un G. distinct, elles ont, sous le rapport de leurs mœurs, la plus grande analogie avec les Agrions et les Libellules. Leurs larves sont aquatiques ; on les rencontre en abondance dans les étangs ; elles ne diffèrent de celles des Libellules que parce que leur abdomen est plus long, leurs yeux plus grands et leur masque muni de deux serres étroites. Le vol des Æshnesest rapide, surtout lorsque le soleil brille et que la température est élevée; alors il faut beaucoup d'agilité pour les attraper au filet; mais s'il survient une forte pluie, on peut, lorsqu’elle a cessé, les prendre à la main sur les tiges des Plantes et sur les feuilles des Arbres où elles restent immobiles afin de se sécher. L’csp. la plus remarquable est l'Æshne grande, tù. grandi s, Fab., ou la Julie de Geoffroy ; elle es! fauve avec Irois lignes vertes obliques de chaque côté du thorax, el l’abdomen tacheté de jaune-vcrdàlre et de bleu. Les autres esp. sont : l'Æ. tenaille, forcipala. Fab., ou la Caroline
très-commune aux environs de Paris, et qui sert de lype au G. ; l'Æ. aimelée, Æ. a un nia ta , LaL, qui vit dans le midi de la France.
ÆSTLAR1A. bot. S. de Diosma.
AËTÉE. Aetca. pol. G. de l'ordre des Cellaires, première division des Poly|»es flexibles. Il avait été nommé Anguinaire par Lamarck, et classé parmi les Cellulaires de Pallas, de Bruguière et d'EUis, les Sertulaires de Gmelin. Il semble lier les Cellariées aux Sertulariées, quoique différant des unes et des autres : ce qui a fait dire, dès longtemps, que ces productions animales, dont on a observé souvent les mouvements, pourraient bien appartenir à une autre classe que celle des Polypiers; en attendant de nouvelles recherches, on doit les considérer comme telles. Les Aélées ont une lige rampante et rameuse, renflée de distance en distance, et couverte de cellules ou de corps celluliformes, solitaires, o|»aqucs. arqués, tubuleux, en forme de massue; leur situation et leur direction varient à l'infini. L'on voit une ouverture ovaleou elliptique au-dessous du sommet et latéralement; elle est ordinairement fermée par une membrane plus ou moins tendue. Ce G. n’est encore composé que d'une seule esp., l’A. sehpext, A. anguina, Latn. Gen. Polyp. p. V, lab. 05, fig. 15, qui s'attache indifféremment sur toutes les pl. marines, qu'elle embellit de ses filaments brillants et nacrés; elle serpente autour de leurs tiges et sur la surface de leurs feuilles.
ÆTHALIE. Ælhalia. ms. Hémiptères; G. de la fam. desCicadaires, auquel Latreille donne pour caractères : la tête, vue en dessus, ne présentant qu'une tranche transversale; le front incliné brusquement et les yeux lisses situés entre les yeux ordinaires et dès lors inférieurs. Les antennes, très-petites et distantes de ces derniers organes, sont insérées au-dessous d'une ligne idéale, tirée de l'un à l'autre. L'espace situé immédiatement au-dessous du front est aplati et uni. Les jambes n’ont ni cils ni dentelures.
ÆTHALKJM. bot. F. Fimgo.
ÆTUEILEMA. bot. R. Brown avait institué, sous ce nom, un G. qu'après divers accroissements, on a appelé Phaylopsis. V. ce mot.
ÆTHËOGAMIE. bot. Ce mot , dont les racines sont grecques, et qui signifie noces insolites , a été créé, en 1783, par Palisol de Beauvois, pour caractériser, d'une manière, selon lui , plus convenable, les pl. rangées par Linné dans la Cryptogamie, et dans la plupart desquelles la présence des sexes est certaine, quoique le mystère n'en soit pas encore parfaitement connu. V. Cryptogames.
ÆTHIA. ois. S. de Slarîque Huppé.
ÆTHIONÈME. Ælhionema. bot. G. de la fam. des Crucifères, dans lequel R. Brown a réuni les esp. du G. J'hlaspi qui ont les cotylédons incombants, les grandes étamines souvent soudées par les filets qui sont dentés, les sépales inégaux, la silicule échancrée, formée de deux valves carénées, à deux lo;;es qui contiennent plusieurs ou une seule graine. Des neuf esp. rapportées à ce G. par De Candolle, cinq étaient des Thlaspi , entré autres les T. savante , L., T.perigrinumyScop.% T. Ilujcbaumii , etc., les quatre autres sont tout à fait nouvelles.
jogle
ÆTUIOPS. S. la(. du Singe Mangabey.
ÆTHON1E. Æthonia. bot. G. de la fam. de» Synanthérécs, tribu de» Chicoracées, établi par 1). Don dan» sa Monographie de ce groupe nombreux, pour quelques pl. sous ligneuses des iles Canaries, et que quelques auteurs avaient disséminées dau» les G. // ieracium , ('répit, To/pis, etc. On donne pour caractères au G. nouveau, un involucre simple, polyphyllc, muni de quelques petites écailles serrées à la base; réceptacle rude et criblé; anthères garnies de deux soie» à leur base; stigmate linéaire, ligulé et papilleux; akène à cinq angles sillonnés et lisses; aigrette formée de douze soie» égale», deuliculées et sca lires.
^tTHOPHILLl M. ross. Brongniard. dan» son Histoire des végétaux fossiles, donne ce nom à un genre dont il a reconnu les épis de fleurs; les caractères qu'il en a tracés paraissent encore fort incertains dans leurs rapports.
ÆTHRA. Æthra. cilbt. Leacb a institué ce G. dan» la fam. desBrachyures, faisant partie des crustacés décapodes. Lesesp. qu'il renferme diffèrent des Calap]»es par leur lest très-aplati. tantôt en ovale transversal, tantôt en triangle court, fort large, dilaté et arrondi latéralement; par leurs pinces qui ne s'élèvent point perpendiculairement et n'ombragent poiul le devant du corps, enfin par la forme presque carrée du troisième article des piedsmâchoires extérieurs. L'Æ. depressa, Lam.; le Cancer êcmiHJSua, b.; le Cancer poly nome, Uerb., et \eParthenope fomicata, Fab., doivent être placés dans ce G. qui pourrait bien même éprouver une subdivision eu faveur de la dernière espèce.
ÆTHUSE. Æthusa. bot. Ombellifère»; Pentandrie Digyuie, L. Ce G. a des rapports intimes avec les G. Cicuta et Conium. Ses ombelles sont dépourvues d’involucre; les involucelles se composent de trois â cinq folioles unilatérales et pendantes; les fleurs sont blanches; les pétales sont un peu inégaux, cordiformes; le fruit est ovoïde, relevé de cinq côtes simples sur chacune de ses faces, caractère qui le distingue spécialement des Conium. dont les côtes sont crenelée».
Æ. petite cici'E. Æthusa Cynapium , L. Bull. Herb. t. 01; pl. annuelle, très-vénéneuse, d'autant plus importante à bien connaître, qu'ayant beaucoup de ressemblance avec le Persil, et croissant fort souvent mélangée avec lui, il est assez facile de les confondre; mais on évitera celte méprise, en observant que dans le Persil les fleurs sont jaunâtres, tandis qu’elles sont blanches dans PÆUiusq que sa tige est verte, cannelée, tandis que celle de l'Æthuse est très-glauque, presque lisse, que dans cette dernière les feuilles sont très-luisantes, découpées en lobes très aigus, tandis que dans le Persil, les lobes sont plus larges, moins luisants; enfln que l'odeur est nauséabonde dans l'Æthuse et aromatique dans le Persil.
ÆTI. ois. N. tiré du grec irrô<. Aigle, et donné par Savigny â sa première division des Accipitres.
ÆTI A. bot. S. de Combretum.
ÆT1TE ou PIERRE D'AIGLE, six. L'on a donné ce nom à une variété géodique de Feroxidé ayant un noyau mobile, à laquelle on attribuait autrefois beaucoup de vertus, et en particulier celles de faciliter l'accouche-
1 ment et d'aider â découvrir les voleurs. Il est vrai que I pour que ces géodes jouissent de ces propriétés, il fallait qu'elles eussent été trouvées dans le nid d'un Aigle, et l’on ne s’avise guère d’en aller chercher là.
AETOB.VTF.. rois. Sous-genre de Raies, établi par Blainville, dont le Rata Aquila , l..,est le type.
ÆTCNDl JPYALY. bot. S. de Hedysarum heterocarpon, L. f.SAirirom.
ÆXTOXIGIJM. dot. G. établi par Ruiz et Pavon, pour un bel Arbre du Pérou, qui, placé dans la Diœcie Pentandrie de Linné, n’a pu l'être jusqu'ici dans la série des fam. VÆ.punctatum , qui a ses feuilles alternes, toujours vertes, et ponctuées, est la seule csp. connue jusqu’ici. Ses fleurs sont munies d’un double calice : l'extérieur est formé d’un seul sépale qui, enveloppant la fleur entière avant qu’elle soit éclose, présente l’apparence d’un petit globe parsemé de points, puis s’ouvre latéralement et tombe. Le calice intérieur est à cinq sépales, et tombe plus tard. La corolle est composée de cinq pétales étalés, en spatule, dont le lyinhe est crénelé et l’onglet pàrcouru par une nervure médiane, assez saillante. On trouve encore plus intérieurement cinq petites écailles obeordées, disposées en rayons autour du réceptacle : telles sont les parties communes aux fleurs mâles et femelles. Les premières ont de plus cinq étamines à filets courts, à anthères arrondies; s’ouvrant vers le sommet par deux points. On retrouve dans les fèmelles les rudiments des cinq étamines. L'ovaire est libre, avec un style court, latéral, terminé par un stigmate bifide. Le fruit est une drupe â une seule graine, obtuse au sommet. C’est de la propriété vénéneuse de ce fruit qui tue les chèvres, que les auteurs ont tiré le nom du genre. Ce fruit est appelé vulg. Aceytunitla.
AFATOMER. bot. N. vulg. du Prunellier.
AFFINAGE, mix. Opération par laquelle on purifie les Métaux.
AFFINITÉ. On nomme ainsi la force qui s’exerce sur les molécules des corps et les tient unies entre elles. Cette force varie dans chaque espèce de molécules, et c’est sur ce principe que sont fondés tous les phénomènes, tous les changements spontanés ou accidentels, auxquels les corps sont assujettis. La première théorie satisfaisante sur l'affinité est due à Bergman; mais à mesure que la science a fait plus de progrès, celle théo- 1 rie a reçu un grand nombre de modifications qui, sucj cessivement, en ont changé les lois. On parait mainte- 1 nant assez généralement d’accord sur plusieurs points j de la théorie de l'affinité que l'on considère comme dépendante : 1° de la quantité relative des corps entre lesquels la combinaison peut avoir lieu ; et en effet, plus il y aura de molécules d'une même nature unies â une autre molécule d'une nature différente, plus la force d'affinité sera partagée, et moins il faudra d'efforts pour la rompre, jusqu’à ce qu’elle se rapproche davantage de l'équilibre de molécule à molécule ; 2° des combinaisons dans lesquelles les corps peuvent être engagés. Une molécule dont l’affinité s’exerce déjà sur une autre molécule, agit moins vivement sur une troisième, que si elle était libre ; 3° de la cohésion qui met un obstacle au contact, conséquemment à la combinaison ; 4° du | calorique qui agit d'une manière inverse à la cohésion
ed
en s'interposant entre les molécules et en les tenant a une plus grande distance les unes des autres. La présence du calorique ue favorise l'affinité que jusqu'à un certain point ; car lorsqu'il se trouve en excès entre les molécules, il les éearte tellement qu'il les dissipe et détruit par là toute affinité. Celte nouvelle force ou plutôt cet état de sur-saturation de calorique se nomme répulsion ; 5° de la quantité respective d'électricité , dont l'influence sur l'affinité est mieux connue qu’expliquée ; 6° de la pesa nteur spécifique, qui suffit pour opérer complètement la séparation de plusieurs corps, surtout lorsque la différence de pesanteur des molécules est grande, et que l'affinité est faible; 7° de la pression , lorsque l'un des corps est à l'étal de fluide élastique.
On est parvenu à appliquer les lois de l’affinité aux diverses inodifleations dont la matière est susceptible, ainsi qu'aux phénomènes de la vie organique.
AFFINITÉS. Rapports organiques qui existent entre les êtres, et dont l'intimité ou le nombre déterminent les familles et groupes plus ou moins naturels, dans lesquels ces êtres sont réunis par les naturalistes pour former uue méthode.
AFFLEUREMENT, g toi.. Se dit des couches qui se montfent à la surface du sol, au milieu d'autres roches. L'affleurement est presque toujours le résultat d'une action postérieure, telle qu'un soulèvement, une violente irrigation, qui a mis la couche à nu.
AFFO.NSÉE. Affonsea. bot. Aug. de S(.-Nilaire, dans sa Flore du Brésil, a annoncé la formation de ce G. pour une plante légumineuse qu'il a découverte dans les forêts qui avoisinent Rio de Janiero ; il l’a nommée Affonsea juglandi folia.
AFFOI'CIIE ou AFOl'GE. bot. F. Afoith.
AFOI'RMILION. ois. S. vulg. du Grimpereau commun.
AFOl'TK. bot. Dont par corruption on a fait Fouge et non Affouche, aux îles de France et de Mascareigue. Arbre laiteux de Madagascar et des Iles voisines, appelé par Willdenow Ficus terebrata. Le liber de l'Afoulh est propre à former des cordes; son bois pourri, lorsqu'il est bien sec, est léger et d'une consistance presque pareille à celle de la moelle du Sureau : la moindre étincelle l’embrase, aussi les créoles s’en servent-ils comme d'amadou.
AFROD1LLE. bot. N. anc. de l'Asphodèle et du Narthécium.
AFROSELINO. Mtx. Gypse à stries très-fines.
AFROUSA. bot. S. vulg. de Fraisier.
AFTON. bot. S. anc. de Ciguë.
AFZELIA. bot. Nom donné par Ehrhart à quelques Mousses du G. Weissia d’Hedwig, mais qui ne peut être adopté puisqu'il appartient déjà à un G. de la Phanérogarnie.
AFZÉLIE. Afzelia. bot. Walthcr, dans la Flore de la Caroline , a désigné sous ce nom, et comme formant un G. nouveau, une plante qui parait très-voisine du Gerardia delphinifolia , L. Ce G. a été supprimé et réuni au Gerardia par Michaux. Depuis lors, Smith a fait un autre G. sous le même nom. Ce G. de Smith appartient à la famille des Légumineuses, et à la Déeandrie Monogynie. 11 offre un calice tubuleux à quatre
! divisions, une corolle de quatre pétales, dont le supérieur est plus grand; dix étamines distinctes, dont deux supérieures stériles. Le fruit est une gousse multiloculaire ligneuse, dont les graines sont enveloppées d'une sorte d'urille rouge. Les Afzélies sont des Arbres originaires d’Afrique, portant des feuilles paripinnées et des fleurs en grappes, d'une couleur rouge éclatante. Telle est l'Azélie africaine, A. africana , introduite dans les cultures européennes en 1831 ; depuis lors une seconde espèce originaire de la côtcdctiuinée a été adjointe à ce G. sous le nom spécifique de Itijuga. Celte plante constituait précédemment le G. Puneovia de Willdenow, mais les caractères qui lui avaient été assignés, paraissaient si incertains, que la plupart des botanistes ne l'avaient adopté qu'avec réticence, et De Candolle ayant soigneusement examiné la plante, l'a reconnue pour une véritable Afzélie.
AGABE. Agabus. ixs. G. établi par Leach dans la fam. des Hyt/rocanlhares de Latreitle. lia pour type, le Dytiscus serricornis de Pavkull.
AGACE oc AGACHK. S. vulg. de Pie. V. CoRBKAr.
AGACÊPHALE. Agacephala. ixa. G. de Coléoptère* pentamères de la fam. des Lamellicornes, comprenant ceux dont les pieds antérieurs, chez les mâles au moins, sont plus longs que les suivants, et dont les quatre jambes postérieures sont grêles ou peu épaisses, presque cylindriques, légèrement dilatées à leur extrémité, sans entailles ou incisions latérales profondes. Le labre est entièrement caché. Le lobe terminant les mâchoires est simplement velu. I.es antennes ont dix articles. Les deux esp. connues jusqu'à ce jour sont du Brésil; peutêtre devra-t-on leur adjoindre leGeotrupes Ægeon de Fab.
AGADEC. pois. Esp. du G. Spare.
AGAIIR. max. Var.de Chiens d’Islande.
AGAJA. pois. S. de Lépisostée Gavial.
AGALANCÉE ou AGALANCIÉ. bot. S. vulg. de Rosier Églantier.
AGALLOCHE. bot. F. Exc.cc aria.
AG ALLOCU1TE. foss. Bois pétrifié qu'on a cru être du bois d'Aloes.
AGALMATBOLITHE. mix. C’est-à-dire Pierre d'ornement. Nom donné par Klaprolh à des variétés de la Pierre de Lard de la Chine, employées dans ce pays pour faire ces figures grotesques appelées Magots, et dans lesquelles il n'a pas trouvé de magnésie, comme dans les autres talcs dont elles présentent pourtant la plupart des caractères. F. Talc.
AGALMYLE. Agalmyla. bot. G. de la fam. des Bignouiacées, établi par le Dr. Rlume dans son Bydragen ou Prodoine d’une flore de l'Inde néerlandaise, sous la désignation générique suivante : calice à cinq divisions égales; corolle tubuleuse, recourbée, dilatée à l’orifice, avec son limbe oblique, à cinq lobes, presque bilabié; cinq étamines, dont deux ou quatre fertiles, exsertes; anthères linéaires, à loges parallèles ; stigmate bilamellé; capsule très-longue, en forme desilique, bivalve, pseudo-quadriloculaire; semences petites, prolongées à chaque extrémité en une sorte de queue sétiforme. Ce ! G., qui a beaucoup d’analogie avec celui que le prof, t Don a institué sous le nom de lysionutus , se compose
de deux esp. : l'une A. Stuminea, que Lnmarck (lUustr. p. 43) a décrite sous le nom de Juaticia paras/ fica , est uue plante herbacée, à racines traçantes, qui s'insinuent entre les crevasses des couches corticales des vieux troncs, à feuilles ohlongueset acuminées; à fleurs réunies en cime, fasciculées, axillaires et sessiles. n'offrant que deux étamines qui sont saillantes. V A.asperifalia a les tiges grimpantes, les feuilles opposées, clliptico oblongues, acuminées, dentelées; les Heurs fasciculées, axillaires et didy naines, c'est-à-dire avec quatre étamines d'inégales longueurs. Toutes deux habitent les forêts de Java.
AGALUGEN ov AGALUGIN. S. de ln>is d'Àluts.
AG A ME. Agama. rept. G. établi par Daudinet adopté depuis, avec de légères modifications dans ses divisions, par Cuvier. Ses caractères consistent en de petites écailles rhomboïdales, crénelées, et, la plupart du temps, réticulées entre elles, couvrant non-seulement un corps oblong et plus ou moins épais, mais encore la queue, ordinairement fort longue, cylindrique ou comprimée; en un goitre que l'Animal forme à volonté en renflant sa gorge; en uue langue épaisse, courte, obtuse et très-peu ou point fendue à son extrémité. La tête est grosse, calleuse et dilatée vers l'occiput où elle est presque toujours épineuse; enfin dans les doigts qui sont fort longs, amincis, onguiculés et au nombre de cinq, excepté dans la dernière espèce ( l'Agame à queue prenante ) qui n'en a que quatre aux pieds de derrière. La physionomie générale des Agames les rapproche encore plus les uns des autres que les caractères que nous venons d'indiquer. Jusqu'à ce que Daudin, dans le Buifon de Sounini, les eût distingués, ils avaient été confondus avec les Stélionset les Iguanes, mais la conformation de leur langue les en sépare absolument. La forme bizarre de leur tête établit un passage aux Caméléons, avec lesquels ils ont souvent de commun la faculté de changer de couleur. Us paraissent être tous exotiques, et c'est par erreur qu'on avait cru que deux ou trois esp. d'Agames se retrouvaient en Espagne. En groupant autour du iMcerla . I gu tua , L., devenu type du genre, les vingt-cinq espèces qu'il décrivit, Daudin forma de celles-ci cinq sections, dont la première rentre parmi les Lophyres de Duméril, et la quatrième, les Lézardets , a été détachée des Agames par Cuvier, pour en former le genre Marbré.
On peut disposer les Agames dans l'ordre suivant :
t Les Lophyres : écailles du milieu du dos relevées et comprimées en une forte crête qui, se prolongeant sur la queue, imprime à celle-ci une compression caractéristique; dessus de la tète revêtu de petites écailles.
A. souci llecx. Agama superciliosa, Daud.; Encyc. pl. 4, f. I. Cette esp., qui se trouve dans l'Archipel de l'Inde, acquiert un pied de longueur, sa couleur est noirâtre; encore que la figure citée n’indique pas bien clairement la prolongation de la crête dorsale sur la queue, cette crête n'en existe pas moins. Une var. a des teintes brunâtres avec des taches transversales plus foncées.
A- tête roiRCHiE. Agama scutata , Daud.; Encyc. pi. 4 ,f. 3. Deux saillies pointues et prolongées de l’occiput, qui donnent à sa tête l’aspect le plus étrange;
corps d'un jaune pâle, nuancé d'un bleu clair avec des boutons blaucs dispersés en grand nombre et en forme de perles çà et là. Comme le Sourcilleux, l’Agame à tête fourchue jette des cris de ralliement, que ses pareils répètent en manière d'écho, et qui les réunissent.
A. sombre. Agama atra, Daud. (Buf. Son. f. l,pl. HXXiil). Occiput très-épineux ; dessus du corps brunâtre, sombre et poli; gorge et ventre bleuâtres, et une bande jaune longitudinale sur le dos. La queue de celte esp. est moins comprimée que dans les autres Lopliyrrs, mais elle l'est ; ce qui ne permet point de la rapporter avec Cuvier aux Agames propres.
A. a bardes. Agama fasciata, Daud., Iguane , Brongniart, Bull, de la soc. phil. n° 36, f. 1. C'est à Biche, qui l'avait rapporté de Sumatra, que l'on doit la connaissance de ce beau Lézard. Sa couleur est bleue, avec le ventre et quatre larges bandes transversales sur le dos plus pâles ; des taches de la même couleur sc voient sous le cou; la queue est trois fois aussi longue que le corps.
tt Les Agames proprement dits ont toute la peau couverte de petites écailles, sans apparence de vernies. Le corps, qui est aminci, est terminé par une queue cylindrique, dépourvue de la continuation d'une crête dorsale. La gorge est plissée quand l'Animal ne la renfle pas.
Aganedescolors, Daud. Lacerta Agama, L. Encyc. pl. 5, f. 3. Ouverture de la gueule large; tête hérissée de petits piquants; gosier pendant en fanon; yeux grands et noirâtres, protégés en dessus par des sourcils cartilagineux très-saillants ; corps peint d'un vert-jaunâtre, cendré. Ce lézard se plait dans les savanes inondées et les lieux humides des Antilles; comme plusieurs autres esp. voisines, il change de couleur, selon les passions qui l'agitent, ce qui lui a mérité, chez les colons européens, le nom de Caméléon.
A. imbre. Agama timbra, Daud. Cette espèce, assez rare à la Guiane et à Surinam, et que Linnée ainsi que Daubenton disent, mal à propos, sc trouver dans le midi de l'Europe, acquiert un pied environ de longueur; son corps est trapu avec cinq raies longitudinales plus saillantes en dessus; sa queue est une fois et demie aussi longue que tout le reste du corps. Un des doigts extérieurs est attaché sur le côté, un peu au-dessous des quatre autres; sa couleur générale est d'un marron plus ou moins rembruni en dessus, pâle ceudrée en dessous, avec une tache noire sur la gorge; il y a quelques taches ou barres plus brunâtres sur la queue, les membres et le dessus de la tête. — Daudin cite pour variétés de cette esp., des Lézards, donnés par Séba, comme de la Caroliue, et par Azzara, comme du Paraguay. Ces variétés pourraient bien être des espèces.
A. «RDI lê. Agama undulata , Daud. Petit Lézard de six pouces environ, rapporté par Bosc de la Caroline, où il habile les bois, sur les vieux Arbres abattus. Cendré en dessus avec des bandes ou ondulations transversales, irrégulières et brunes; bleuâtre en dessous, et marqué d'une grande croix blanche.
Les Agames hexagone, Agama angulata; hérissé de la Nouvelle-Hollande, A. muriata ; à gorge safranée,
A. flacigularis ; Rose-queue, A. rosa-c+t u<Li ; rude, A. aspera ; étoilé, A. stellaris ; et plusieurs autres esp. font partie de cette section.
ftt Les Galéoter. Galeotes, Cuv. Diffèrent des Agames propres parce qu'elles sont régulièrement couvertes d écailles disposées comme des tuiles, libres et tranchantes sur les bords ; celles du milieu du dos sont relevées, comprimées en épine, et forment une crête plus ou moins étendue qui n'opère point la compression de la queue : celle - ci est très-longue; les Galéoles n'ont point de fanon ni de pores visibles aux cuisses.
A. galéote. Agit ma Cairotes , Daud. pl. 43. Encyc. pl. G, f. 1 . Ce Lézard esl d’un bleu d'azur clair, et d'une forme assez élégante ; il varie par les couleurs, qui toujours l’embcl lissent, et l’ont fait comparer à du marbre. Habitant des pays chauds de l'ancien continent, on le trouve depuis les iles de l’Inde et l’Arabie jusqu'en Mauritanie, mais point en Espagne. Il se tient souvent dans les maisons, sur les toits, où il fait la guerre aux Insectes et même aux petits Rats, qu'on le voit, dit-on, attaquer courageusement. U se défend contre les Serpents, et dans ses accès de colère ou de frayeur seulement, il gonfle sa.gorge de manière à se rendre affreux.
A. arleqiihé. Agama cersicolor, Daud. pl. 44. Originaire du Brésil ; queue deux fois aussi longue que le corps; celui-ci élégamment marqué de bandes transversales brunes et d’un bleu clair; une ligne longitudinale blanche régnant de chaque côté du dos.
tttt Les Tapai es ou Orbicclaires. Les Agames de cette division ont un corps trapu, arrondi, dont ils peuvent, à volonté, renfler la peau comme le fait un Crapaud; leur queue est cylindrique, plus courte que dans les esp. de la division précédente; ils ont un ou deux plis transversaux sous le cou. Ces Lézards ont surtout la faculté de changer de couleur.
A. tapaye proprement dit. Agama Tapaya, Daud. Encyc. pl. 9, f. 3 ; Lacerta orbicularis , L. C'est un Animal hideux, de six ù sept pouces environ de longueur, en y comprenant la queue qui en esl le tiers; hérissé d’écailles rudes au loucher, teint de nuances sombres, avec les parties iuféricures safranées; il habile, dans les parties chaudes du nouveau monde, les lieux obscurs où il semble cacher sa difformité.
A. a pierreries. Agama gemmata , Daud. Ayant six rangées longitudinales d’écailles pointues lélraèd res; avec les bandes brunâtres transversales et anguleuses sur le dos; il n’a guère que trois pouces de longueur, et sa patrie est incertaine.
A. a oreilles. Agama aurita , Daud. Pl. xlv, f. 2. T. ni, du Buff. deSonn. Lacerta aurita, Gmelin. Animal des déserts sablonneux de Sibérie, dont on prétend qu’une variété existe en Pologne. Sa bouche est munie à chaque coin en dehors, d'une crête demi-orhiculaire, molle, rude et dentée ; sa couleur esl nuancée de jaunâtre et de brunâtre en dessus, blanchâtre en dessous, avec une ligne noirâtre longitudinale qui règne de la poitrine à la queue ; de petits points bruns très-rapprochés sont dispersés sur le dos. Cuv. regarde celte esp. comme devant faire partie de la seconde section. Son aspect hideux lui donne aussi quelques rapports avec un Gecko.
Les Agames plissés. Agama plicata ; du Paraguay, A. Paragucnsis ; Hélioscope, A. Ilelioscopa ; de l’Oural, A. Uralensis; et à gouttelettes, A. guttuto; font partie de cette section, la seule où l'on ait trouvé jusqu’ici des espèces de l’Asie centrale, et d'un climat analogue au nôtre.
tftft Les Changeait». Trapelus. Division formée par Cuv. pour une seule petite esp. décrite sous le nom à' A. cartable ; son corps est lisse, dénué d’épines, et ses dents sont pareilles à celles des Slellions. Elle jouit de la faculté de changer de couleur à un degré plus éminent encore que le Caméléon.
fttfft Les Agaves a quiet prenante. Une seule esp., YA.prehensilis , Daud., forme celle division, qui peut-êlre devrait constituer un genre rapproché du Caméléon par la queue, qui n’est pas plus longue que le corps, mais qui semble propre à faciliter la marche de l’Animal en l’accrochant, et par le nombre des doigts dont les pieds de derrière ne présentent que quatre. L’Agame à queue prenante, originaire du Paraguay, s’engourdit facilement pour peu que la température ne soit pas lrès-éle\ée; il vit sur les Arbres. Azzara l’a fait connaître et dit ses couleurs difficiles à décrire; on distingue dans leur confusion quatre bandes noires sur chaque flanc, trois autres sur les joues, et des taches noires et blanches sur le ventre, dont le fond est brun.
Dans la méthode de classification des reptiles, récemment publiée par De Blainville, les Agames forment la 5m« famille des Sauriens; et cette fain. se divise en 4 G., savoir :
1. Les Agames dont toutes les esp. sont privées de crêtes dorsale et caudale; sous -G. : Phrynocephalus, Stellio , l'hrynosoma , P (al/ nolus, Tape lu s, Agama, Ecphymotis, Tropûlolepis et Amphibolurus.
Les Lophyres; pourvus d’une crête dorsale, formée d' écailles; sous-G.: Hypsibatus, Galeotes, Lophyrus, Ophryena, Gooniocepltalus, Lyrocephalus.
5. Les fouelte-queues ; privés de crête dorsale; à queue verticillée par des anneaux d’écailles fort épineuses. Sous-G. Urotnaslyx.
4. Les Agamiguanes; pourvus d’une crête dorsale, et de dents maxillaires appliquées, plus ou moins denliculées, sans dents palatines. Sous-G. : Physignalhus, Brachylophus, Istiurus cl Amblyrhynchus.
AGAMES. bot. Quelques auteurs ont désigné par ce nom les pl. que Linué nommait Cryptogames, pensant qu'il n’existe dans ces Végétaux aucun organe sexuel, point de fécondation par conséquent, et que les corps reproducteurs de ces pl. ne sont pas de vraies graines, mais des gongyles, sortes de bourgeons ou de bulbes analogues à ceux qui se développent sur la tige de quelques pl. phanérogames, et qui peuvent se former sans fécondation. Mais celle supposition, qu'un grand nombre d’observations parait prouver pour quelques fam., ne peut pas s’appliquer égalemeul à tous les végétaux cryptogames de Linné. Ainsi, on doit convenir en effet, que dans les Algues, les Champignons et les Lichens, on n’a jamais pu observer aucun organe analogue aux étamines, et propre à en remplir les fonctions. Mais déjà, dans les Hépatiques et les Mousses, l’existence de ccs organes devient plus probable; et
dans les fam. d'un ordre plus élevé, (elle par exemple, que celle des Marsiléacées, on ne peut plus révoquer en doute la présence d'organes mâles et distincts. Les seules pl. dans lesquelles l'absence des sexes parait trèsprobable, sont les Conferves, les Algues, les Hypoxylées, les Mucédinées, les Lycoperdacées, les Champignons et les Lichens. Peut-être même existe-t-il dans ces pl. un mode particulier de fécondation, dont l'union des Conferves conjuguées peut donner un exemple, et qui, malgré la grande différence qu’on observe entre ce mode et la fécondation ordinaire des autres pl., doit être assimilé à cette fonction, puisque, comme toute fécondation, elle consiste dans l'influence d'un individu sur un autre, ou sur une partie différente du même individu, propre à y déterminer la formation d’un corps reproductif. Mais il n’est permis, jusqu'à présent, que de soupçonner un mode semblable de fécondation dans les autres pl. de ces fam.. et il est probable que, si cette fécondation existe, la petitesse des organes entre lesquels elle a lieu, la dérobera encore pendant longtemps à ia vue.
AGAMI, ois. Paophia , L. G. des Alectorides de Tcmtninck. Il est ainsi caractérisé : bec court, voûté, conique, courbé, très-fléchi à la pointe, et plus long que la mandibule inférieure, comprimé, avec une arête distincte à sa base; fosse nasale très-étendue; narines grandes, placées diagonalemenl vers le milieu du bec, ouvertes en devant, fermées en arrière par une membrane nue; pieds longs, grêles; doigt du milieu uni à l'externe, l'interne divisé; pouce articulé intérieurement, de niveau avec les autres doigts; ailes courtes, concaves : les trois premières rémiges étagées, les quatrième, cinquième et sixième les plus longues; queue très-courte.
La seule esp. jusqu'à présent bien connue, Ptophia crépitons , L. Latb. Buff. pl. enlum. n° 109, est de la grosseur du Faisan; portée sur des jambes assez élevées, elle a de dix-huit à vingt pouces de hauteur. La couleur générale du plumage est le noir, nûancé sous le cou des plus vifs reflets de l'iris; les plumes y ressemblent à de la pluclie soyeuse; elles sont effilées sur toutes les autres parties du corps. Les ailes sont composées de vingt rémiges noires extérieurement, dégénérant en gris vers le dos, où celle couleur est celle des tectrices inférieures; la séparation du noir d’avec le gris est indiquée par une bande rousse. La queue est noire et les jambes sont d’un jaune-verdâtre.
Quoique l’Agami habite les forêts épaisses de l'Amérique méridionale, il n'y contracte point le caractère sauvage que l'on remarque dans la plupart des Animaux de ces retraites inaccessibles ; il semble rechercher la société de ses congénères, aussi le voit-on souvent former des troupes assez nombreuses; il ne craint pas l’approche de l'Homme, et se soumet assez facilement au joug de la domesticité. Bientôt il montre dans ce nouvel état un instinct , une intelligence qui lui donnent quelque supériorité sur tous les habitants de la basse-cour et le rendent l’égal du Chien. Comme ce dernier, il témoigne au maitre beaucoup d’attachement , de docilité à ses ordres, et même de la reconnaissance lorsqu'il en a reçu de bous traitements. Il s'attache à
ses pas, et l'on assure que, comme le Chien, il peut devenir très-soigneux à la garde d’un troupeau que l’on conduit au pâturage, qu’il le défend avec courage contre un ennemi supérieur à ses propres forces. Le — soir, de retour à la basse-cour, il y maintient l’ordre, assure la rentrée de tous les autres domestiques, et ne se retire que le dernier. L’Agami, que l'élévation de ses jambes ferait croire destiné à habiter les savanes et les terres marécageuses, n’y parait jamais. Il fait sa nourriture de petits Insectes, de graines et de brins d’herbe. Il ne niche point : un trou creusé au pied d’un arbre reçoit ses douze à quinze œufs presque sphériques, d'un vert clair, un peu plus gros que ceux de la Poule, et que la femelle y dépose à peu de jours de distance; cette ponte a lieu trois fois dans l’année. C’est ordinairement au vingt-huitième jour de l’incubation que les œufs éclosent ; les petits qui naissent sont entièrement couverts d’un duvet grisâtre, qu'ils conservent longtemps, et ce n’est qu'â la seconde mue que la couleur du plumage se fixe. L’Agami est connu à Cayenne sous le nom d 'Oiseau Trompette , que lui a sans doute valu le cri particulier et assez aigu, quoique interne, qu'il répète souvent ; ce cri, que plusieurs anatomistes prétendent dépendre d'une conformation particulière de la trachée-artère et du poumon, se retrouve avec quelques modifications dans d’autres espèces. Le vol de l’Agami est bas et embarrassé; il est souvent remplacé par une course prompte et légère.
AGAMIENS. Etrr. N. imposé par Cuv. à la première section de ses reptiles Iguaniens, qui comprend ses G. Stellion, Agame. Istiureet Dragon. Chacun de ces G. se divise en plusieurs sous-genres. Les caractères qui distinguent les Agamiens des Iguaniens, c’est qu’ils n'ont point de dents au palais.
AGAMIGl'ANES. rept. F. Agahes.
AG.AN AIS. ms. G. de l'ordre des Lépidoptères, fam. des Nocturnes, établi par Bois-Duval, pour plusieurs Noctuelles du Sénégal, de Madagascar, de Bourbon, de la Chine, de l’Inde et de son Archipel, de l’Australie, etc.
Il a pour caractères : tête médiocre; yeux saillants; antennes ordinairement un peu pectinées dans les mâles; palpes longs, ascendants : leur dernier article très-long, nu, grêle, comprimé latéralement; trompe longue; corselet velu, ponctué sur les épaulettes; abdomen cylindrique, ponctué de noir, un peu plus long que les ailes inférieures; ailes oblongues : les supérieures ponctuées à leur base, soit en dessus, suit en dessous ; pattes trèslongues. Ce G. .dont les esp. sont assez répandues dans les Indes-Orientales, habite aussi l’Océanie et quelques parties de l’Afrique. Goudot en a rapporté plusieurs des lies Maurice et de Nascareigne.
AGANIDK oc AGANIL1T11E. stganides. rosa. Montfort a proposé l’un de ces deux noms pour un nouveau G. de Céphalopodes fossiles . qu’il a établi sur une seule esp., l’ A. encapuchonnée (Buff. de Sonn. T. iv, p. 223). Ce Fossile est remarquable par le caractère qu'offrent ses cloisons . qui sont découpées ou lobées en zigzag, en quelque sorte comme dans les Ammonites et les Orbuliles; il sc rapproche plus particulièrement de ce dernier G., par sa spire enveloppante, mais son siphon est central comme dans les Nautiles, parmi les-
quels Cuv. el Ocicen l'ont placé. Il a été découvert dans le calcaire noir et fétide des environs de Namur.
AGAMSTHOS. ns. G. de Lépidoptères diurnes, établi par Bois-Duval, aux dépens des Nymphales de Latr., pour une csp. américaine qui offre les caractères suivants : antennes longues, terminées par une massue cylindrique; pâlîtes rapprochés dépassant le chaperon; corselet long el gros; abdomen proportionnellement moindre; ailes entières, fortes el robustes, les supérieures ayant le bord postérieur très-écbancré et le sommet prolongé, ce qui leur donne la forme falquée ; les inférieures arrondies , avec l'angle anal un peu saillant. Le Papilio orion de Fab., P. Diana, tram. pl. 84, A. B. est le type de ce G.
AGANON. moll. S. grec de Tridacne.
AGAOCÉPHALE. Agaocephala . ms. Le comte de Mannerheiin a institué ce G. dans la fara. des Scarabéides, pour un insecte trouvé par M. Langsdorff, au Brésil. Ce G. a pour caractères : labre caché sous le chaperon; mandibules cornées, bidenlées à l'extrémité; membraneuses sur le côté intérieur; mâchoires cornées, entières, terminées par un faisceau de poils; palpes filiformes, inégaux; bouche enfoncée dans le menlonnet; corps oblong, convexe; deux cornes avancées sur la tête, une corne proéminente sur le corselet; pieds robustes; tarses allongés. L’insecte est en général d’un vert bronzé avec le disque des élylres d'un jaune testacé.
AG AON. Agaon. ms. G. d'Hyménoplères, institué par Dalman, dans la fatn. des Puppivores. Les esp. qui le composent ont les antennes poilues, formées de neuf articles au moins, simples, coudées, avec le premier article très-grand, en forme de palette triangulaire , et les trois derniers formés brusquement en massue allongée, insérées près du milieu de la face antérieure de la tète, et assez éloignées de la bouche. Abdomen presque ovoïde, comprimé sur les côtés, plus haut que large; tarière saillante.
AGAPANT11E. Agaponthu s. bot. Fam. des Hémérocallidées de R. Brown , de l'Hexandrie Monogynie, L. Ce G. a été établi par L'Héritier pour le Crinum africanum, L., qui en effet est très-different des véritables esp. de ce G. Son ovaire est libre; son calice pélaloïde, tubuleux à sa base, est infuudibulaire, à six divisions un peu inégales; ses étamines sont déclines. L'A. umbellatus est une belle pl. originaire d'Afrique, remarquable par ses fleurs d'un beau bleu d'azur, disposées eu une ombelle simple, au sommet d'une hampe nue, haute de deux à trois pieds, qui part d’une touffe de feuilles allongées, glabres, obtuses. Celte pl. se multiplie facilement, par la séparation des vieux pieds. Elle veut être rentrée dans l'orangerie, pendant l'hiver, sous le parallèle de Paris.
AGAPANTU1E. Agapanthia. ms. G. de Coléoptères tétramères, institué dans la farn. des Longicornes, par Audillel- Surville qui le caractérise ainsi : antennes 6élacécs , frangées en dessous ; palpes de longueur moyenne; mandibules pointues; corselet inulique latéralement, presque cylindrique , avec sou disque uni; corps convexe en dessus, ailé et puhescenl; élylres linéaires, arrondies et muliques à leur extrémité; cuis-
ses et jambes égales, assez longues; tarses glabres. Ce G., formé aux dépens desSaperdesde Fabricius, compta les esp. Cardui, Saturalis , Irrorata , et un graud nombre d’exotiques.
AGAPHITE. Mm. V. Tirqioise.
AGAPOPHYTE. Agajyophyta. ms. G. de la fam. des Géocorises, établi par Guérin dans la Zoologie du voyage autour du monde par Duperrey. Il donne pour caractères, â ces Hémiptères : antennes allongées, composées de quatre articles; le premier court, mais fort, le deuxième le plus long, les autres égaux et allongés. Le bec court, surpassant à peine l'origine des pieds antérieurs; tète avancée antérieurement ; corselet assez grand; écusson élargi; carène du sternum bifide postérieurement; pattes assez longues; deuxième article des tarses très-court; crochets environnés d'une membrane. L’esp. connue, A. bi -pu net ata, appartient à la Nouvelle-Hollande; elle est d’un brun fauve avec l'extrémité des hémélytres hyaline et le point de jonction d’un gris bleuâtre; chacune d’elles terminée par une tache noire, outre le point brunâtre, qui se trouve sur leur milieu.
AGARDIIIE. Agardbia. bot. G. de la fam. des Vochysiées, que Sprengel place dans la Monandrie Monog. de L. en lui assignant pour caractères : un calice composé de trois sépales; trois pétales roulés forment la corolle; Panthère est grande, ù deux loges; le style est court. Le fruit consiste en une drupe ovale, à trois loges et à trois valves. Les deux esp. connues jusqu'ici appartiennent au Brésil; elles constituent des arbrisseaux à feuilles ovales, cordiformes , à rameaux verlicillés , à fleurs velues et port ées sur des pédoncules glanduleux.il ne faut pas confondre ceG. avec un autreduméine nom, dédié également a u célèbre a Igologue suédois , et proposé par Cabrera; cet autre G. est le même que le Codium de Stackhouse. le Lamarckia d'OIivi, et le Spongodium de Lamouroux.
AGARIC, bot. Le N. d’Agaric a été appliqué successivement à des pl. de la fam. des Champignons, trèsdifférentes les unes des autres , el les botanistes modernes ne sont même pas parfaitement d’accord sur l’extension plus ou moins grande qu'on doit lui donner : ces différences d'opinion nous obligent, avant de faire connaître le caractère du G. Agaric, tel que nous pensons devoir le limiter, d’indiquer les diverses significations qu'on a données à ce mot.
Tourneforl, Michel! , Batlara, tous les anciens auteurs, et même, avant eux, les Grecs el les Latins, nommaient Agaricus , les Champignons charnus ou subéreux, à chapeau sessile demi-circulaire, qui croissent sur les troncs d'Arbres, quelle que fût leur organisation ; aussi comprenaient- ils dans ce G. des esp. placées depuis dans les G. Bolet, Ilydnc, Dœdelea, Théléphore et Agaric. Linné a réservé le nom d'Agaric pour tous les Champignons dont la surface inférieure présente des lames rayonnantes, simples ou rameuses; il n'y a placé, par conséquent, qu’une petite partie du G. Agaric des anciens botanistes ; mais il y a réuni la plu|>art des Champignons que ces mêmes auteurs désignèrent sous le N. de Fungu », el qui ne différaient de leurs Agarics que par leur pédicule central.
Parce changement, il rendit le caractère du G. plu* naturel; Allais on peut lui reprocher d'avoir appliqué le N. d’Agaric à un groupe de pl. qui ne renfermait plus le véritable Agaric des pharmacies, qu'il plaça parmi les Bolets.
Aussi . même postérieurement à celte réforme du G. Agaric, plusieurs auteurs ont employé ce N. d'une manière différente. C'est ainsi qu'llaller a désigné sous ce N. les Champignons sessiles et A surface inférieure lisse, dont la plupart sont rangés actuellement dans le G. Théléphore; il parait aussi y avoir joint quelques Bolets, dont les tubes sont peu apparents dans la jeunesse de la pl., tel que B. ungulatus. II a, en outre, donné les N. de Agarico-polyporus, Agarico-suillus , Echin- Agaricus , Agarico-merulius et Agarico fungusy aux G. qui, offrant les mêmes caractères dans leur organisation que ceux qu’il nommait Polyporus , Suillut , Erinaceus, Merulius et Fungus , n'en diffèrent que par l'absence du pédicule. — Jussieu , dans son Généra Plantarum , conservant à ce N. sa signification primitive, a formé le G. Agaric des esp. du G. Bolet de Linné, dont le chapeau est demi-circulaire et sessile sur le tronc des Arbres ; et plus tard , Palisot de Beauvois a donné le N. d' Agaric à tous les Bolets de Linné. Au milieu de ces variations, l'autorité de Linné a prévalu, et le nom d’Agaric a été généralement réservé par les botanistes, si ce n'est à tout le G. auquel il le donnait, du moins à une grande partie. En etfet, le nombre considérable d'esp. que ce G. renferme actuellement et les différences importantes que présentent quelques-unes d'entre elles ont engagé plusieurs auteurs A en séparer les G. Merulius , Ca ntha rellus et Dædalea . — Fries a également formé de Y Algaricus alneus de Linné un G. particulier qu’il nomme Schizopl*yllum. Les caractères qu'il présente sont si différents de ceux des autres Agarics, qu'il parait devoir être conservé. Enfin Persoon a cru devoir former un G. à part, sous le N. iY Amanita, des esp. qui présentent un volva; et quoique cette distinction n'ait été adoptée ni par De Caudolle, ni par Fries dans son Systema mycologicum , nous pensons cependant qu’elle est fondée sur un caractère assez important pour mériter qu'on la conserve.
On peut donner au G. Agaric, ainsi limité, le caractère suivant :
Champignon sans rolca , chapeau distinct , de forme rariable , sessile ou pédiculé , garni inférieurement de lames simples ou toutes d'égale longueur, ou entremêlées cers la circonférence de lamelles plus courtes.
Tous ces Champignons ont un chapeau distinct, plus ou moins épais, quelquefois membraneux, le plus souvent composé d'une chair tantôt sèche et cassante , tantôt spongieuse et d'une consistance réellement fongueuse, très-rarement ligneuse ou subéreuse. Ce chapeau est ou sessile et demi-circulaire , ou circulaire , soutenu par un pédicule central ou quelquefois latéral. Le pédicule est nu dans beaucoup d’esp.; dans d'autres il présente, à sa partie moyenne, un anneau membraneux ou filamenteux , provenant des débris d'une membrane qui couvrait toute la face inférieure du chapeau et s'insérait à sa circonférence, ou même
qui l'enfermait entièrement avant son développement complet. Ce pédicule peut être plein ou fistuleux, renflé en tubercule à sa base, ou se terminant par une racine pivotante; mats ce dernier cas est rare, et le plus souvent, ù peu de profondeur en terre, il finit en s’arrondissant et en donnant naissance A quelques fibrilles capillaires. Le chapeau offre à sa face inférieure des laines ou feuillets rayonnants, tous d’égale longueur dans les Russula. entremêlés, dans toutes les autres sections, de lamelles plus rourtes placées vers la circonférence ; ces lamelles sont formées par une membrane repliée sur elle-même , et portent des concepfacles ou capsules que les botanistes désignent sous le N. de Ashi ou Thecœ , et qui sont d'une forme oblongue ou cylindrique, rapprochées les unes des autres et ne contenant qu'un seul rang de sporulcs dans la plupart des esp., éloignées et renfermant quatre séries de sporules dans les esp. de la section des Coprins. Lorsque le Champignon a atteint son entier développement, les sporulês s’échappent de leurs capsules et couvrent la surface des feuillets d’une poussière de couleur variée, blanche, rose, jaune, brune ou noire; cette poussière, très-abondante, se dépose sur les corps environnants, et des expériences ont prouvé, depuis longtemps, qu'elle donne naissance à d’autres Champignons semblables A celui dont elle provient, et que ces sporules sont par conséquent les vraies graines des Agarics.
Dans les Coprins, les sporules, au lieu de se répandre sous forme de poussière, sont entraînées dans une eau noire , semblable A de l'encre , produite par la décomposition rapide des feuillets.
Les Agarics subsistent en général peu de temps après la dispersion des sporules. Quelques esp. coriaces se dessèchent et ne se détruisent que lentement; mais la plupart des esp. charnues et spongieuses, se décomposent en répandant une odeur fétide, analogue A celle des matières animales, et finissent par se détruire entièrement. C’est A cette époque qu'elles servent de nourriture ù une quantité considérable de larves d'insectes et surtout de Diptères, qui trouvent dans ces substances un aliment analogue à celui que les matières animales fournissent A beaucoup d’autres esp. L’analyse chimique a prouvé, en effet, que ces pl. contiennent, ainsi que nous le dirons avec plus de détails, A l'article Champignon, des substances analogues ou même entièrement semblables à celles qu'on trouve dans les matières animales; et donnent lieu, par cette raison, dans leur décomposition, aux mêmes produits.
Les Agarics croissent dans presque tous les lieux, excepté dans les endroits secs et pierreux ; on les trouve surtout dans les bois humides et ombragés , dans les prairies, sur les fumiers, les troncs des Arbres et les bois pourris ; quelques espèces se plaisent dans les mines et les caves où la lumière ne pénètre jamais. Fries pense, et probablement avec raison, que ce ne sont que des esp. ordinaires, modifiées par la position où elles se sont développées. Ces diverses localités n'appartiennent cependant pas également à toutes les tribus de ce G. Ainsi les Coprins habitent généralement sur les fumiers ou dans les jardins; les Pleuropes et les Myeènes croissent plus souvent sur les bois morts ou vivants;
tandis que les autres esp. sont presque toutes terrestres. La durée de ces Champignons varie aussi beaucoup, quelques esp., surtout parmi les Coprins, parcourent, eu moins d'un jour, toutes les diverses périodes de leur vie, tandis que d'autres mettent un mois et davantage à atteindre leur développement parfait; le plus grand nombre pourtant durent de dix à douze jours.
Le G. Agaric, ainsi limité, ne contient qu'une petite partie des esp. usitées qui ont porté ce nom ; ainsi Y Agaric de boutiques et Y Agaric du ,\ièlè$e sont des esp. de Bolets ; les Agarics oronge et fausse oronge de Bulliard appartiennent au G. Amanita.
Les vrais Agarics ne peuvent servir que d'aliment , encore un petit nombre seulement peut être employé sans danger, car ce G. renferme en même temps des esp. dont l'action vénéneuse passe pour être extrêmement active, et d'autres qui en diffèrent à peine, et peuvent pourtant fournir un aliment très-sain ; on doit par celle raison mettre la plus grande circonspection dans leur choix; aussi dans le nord de la France, l’usage en est très-peu étendu, et quelques espèces seulement sont employées comme assaisonnement. Ce sont les Agarics comestibles, ou de couches, le Mousseron et le faux Mousseron de Bulliard. — Dans le midi de la France et surtout aux environs de Montpellier, il parait que le nombre des esp. apportées dans les marchés est beaucoup plus considérable. Celles-ci étaient peu connues jusqu'à présent, et c'est à De Candolle qu’on en doit la description; mais c'est en Italie surtout qu'on est étonné de la quantité d'esp. qui servent d’aliment, cl de l'abondance avec laquelle on les emploie; Micheli et Batarra, auxquels nous devons les connaissances les plus exactes sur les esp. de ce pays , en ont décrit et figuré, comine comestibles, une quantité considérable; mais depuis ces auteurs, l'étude de cette partie de la botanique ayant été très négligée en Italie , il est difficile de déterminer si toutes sont des esp., ou si beaucoup ne sont que de légères var. Le G. Agaric, quoique renfermé dans des limites beaucoup plus étroites que celles qu'avaient tracées Linné, Schaeffer, Bulliard, Sowerhy, etc., contient néanmoins plus d’esp. qu'aucun autre G. de pl. Fries, dans son Systema mycologicum, en décrit 750, et en indique environ 150 , qui ne sont connues qu'imparfaitement. Si l'on observe que dans ce nombre on ne trouve que très-peu d’esp. étrangères à l’Europe, et que l'on sait pourtant que la Russie , la Sibérie, l’Amérique septentrionale, en présentent un grand nombre , et que les autres parties du monde, quoique en offrant peut-être une moins grande quantité, doivent aussi en renfermer beaucoup d'espèces inconnues, on conviendra queeeG. peut bien contenir douze cents esp.; aussi plusieurs auteurs ont cherché à le subdiviser pour en faciliter l'élude, mais on doit avouer qu'aucun n'a encore atteint complètement ce but . et que ce G. comme tous les G.’ très-naturels, semble presque se refuser à des subdivisions. — La méthode de | Pcrsoon présente, il est vrai, plusieurs sections ou j sous-genres très-naturels; mais plusieurs autres renferment des esp. très-différentes et nécessitent des coupures plus nombreuses. Cette méthode a cependant été généralement adoptée jusqu'à ce jour, et paraîtrait, |
^vec quelques légères modifications, pouvoir être cor» servée. Néanmoins, Fries, dans son Systema' mycotogicum , vient de l'abandonner pour lui en substituer une autre fondée sur des caractères très-différents, et qui lui ont fourni un nombre beaucoup plus considérable de subdivisions. — La différence de ces deux systèmes. l'importance des caractères sur lesquels ils sont fondés, nous obligent de les faire connaître séparément, et tels que ces auteurs les ont publiés; nous indiquerons pourtant quelques modifications qu'on peut y apporter, en nous réservant de donner plus de détails sur les caractères naturels, les propriétés, les usages et les sut» divisions des divers sous-genres, au nom de chacun d'eux.
Division du genre Agaric, par Persoon.
t Pédicule central.
1. Lipiota. Lames se séchant sans noircir, recouvertes par une membrane, qui, en se déchirant, laisse un anneau autour du pédicule.
2. C.orti varia. Chapeau charnu, lames non adhérentes au pédicule, recouvertes par une membrane mince, qui se rompt irrégulièrement , et forme à leur surface comme une toile d'Araignée, adhérente au pédicule.
5. GT*voprs. Chapeau charnu, entier, convexe, lames se desséchant sans changer de couleur, pédicule nu. — Celte section est la plus nombreuse du G. Agaric, elle renferme des espèces très-différentes pour la forme et la couleur. Pcrsoon l’a subdivisée d'après ce dernier caractère, mais on pourrait obtenir des sections plus naturelles, en les fondant sur la forme du pédicule , et des laines libres ou décurrenles. etc.
4. Mtckiva. Chapeau membraneux souvent presque transparent, strié, convexe, non déprimé au centre, se desséchant sans changer de couleur; pédicule nu, souvent fistiileux. — Toutes les esp. de ce sous genre sont petites, et beaucoup croissent sur les bois morts, les feuilles, etc.
5. Coprixis. Chapeau membraneux, se détruisant promptement; les lamelles se fondant en une eau noire comme de l'encre, qui entraîne les sporulcs, ce qui leur a fait donner le nom vulgaire d’encriers; le pédicule ftt presque toujours fistuleux. nu ou souvent entouré d’un anneau ; les capsules sont éloignées les unes des autres et renferment quatre rangs de sporulcs; ces différents caractères font de ce groupe l'un des plus naturels, et permettraient presque de le séparer des autres Agarics. — C'est à ce G. qu'appartiennent la plupart des esp. qui croissent si rapidement après les pluies et souvent en groupes nombreux sur la terre, le fumier, ou même dans les appartements humides.
0. Pratrii.a. Chapeau charnu, lisse, persistant; lames noircissant sans se ramollir. — Le Champignon de couche appartient à ce sous-genre.
7. Galorrbei s. Frics; Lactifluun , Persoon. Chapeau charnu, le plus souvent déprimé au centre; lamelles répandant, lorsqu'on les rompt, un suc laiteux. — La plupart des esp. de cette section passent pour très-vénéneuses, leur suc est âcre, d'un goût poivré et brûlant à la langue. On mange cependant plusieurs .d'entre elles en quantité, dans le midi de la France, sous le nom de Catalans. r
8. Ri'ssri v Chapeau charnu, ordinairement déprimé; lames toutes de méine longueur et s'étendant depuis le pédicule jusqu'à la circonférence du chapeau. Ce sous-genre a été considéré par l.ink comme un G. diclinct des autres Agarics; mais ses caractères ne paraissent pas assez importants pour autoriser celle séparation.
0. Oiphama. Chapeau entier charnu ou membraneux, déprimé au centre ou infundibulairc; lamelles de longueurs inégales, non lactescentes, souvent décurrentes; pédicule nu et central. Ce sous-genre, peu naturel tel qu'il est établi par Persoon, parait pouvoir être divisé en plusieurs sections, suivant la forme du chapeau et des lamelles, et la structure du pédicule. De Candolle en a déjà distingué comme type d’un autre sous genre, VA. rotula , dont les feuillets sont simples et se réunissent, avant d'atteindre le pédicule, en un tube qui l’entoure.
tf Pédicule lalàral ou nul.
10. Piehropis. Cha|K*au charnu, déprimé, oblique ou demi-circulaire; pédicule latéral ou nul. — Ces Champignons croissent presque tous sur les Arbres. Ils varient beaucoup par leur consistance charnue, subéreuse ou uiérac presque ligneuse, par la forme de leur chapeau, qui est pédicule ou sessile, quelquefois presque résupiné ; enfin par la disposition de leurs lamelles, qui sont tantôt décurrenles, tantôt non décurrentes. Ces diverses modifications peuvent fournir de bons caractères pour subdiviser celte section. — Persoon avait laissé dans ce sous-genre, VA. alneus de Linné. Fries en a fait un G. particulier sous le nom de Schisophyllum ; il diffère essentiellement des Agarics par ses feuillets dichotomes, sillonnés à leur partie moyenue, et par la position des sporules.
Division du genre Agaric par Fries.
Le système de Fries est fondé sur des caractères trèsdifferents. Ainsi il regarde comme caractère de première importance la nature des lamelles, la présence ou l'absence de la membrane qui recouvre les feuillets, qu'il homme relum et que nous désignerons par le mot de tégument, et la couleur des sporules. 11 ne donne au contraire qu’une importance secondaire à la forme du chapeau, et même à la présence du volva; aussi laisse-t-il parmi les Agarics les Amanita de Persoon, qu'il divise en deux sections, Amanita et Volvaria, qui se trouvent très-éloignées l’une de l'autre, dans ?on système. Nous allons donner l'indication de la méthode qu’il a suivie. Les caractères détaillés de ses différents sous-genres se trouveront chacun à leur nom. Nous ferons aussi remarquer que les noms, qui sont les mêmes que ceux de Persoon, ne correspondent eu général qu’à une partie des genres établis par ce dernier.
t Leicosporis. Tégument variable ou nul; lamelles ne changeant pas de couleur; sporules blanches.
et. Pédicule central entouré par le» débri» du tégument.
1. Amanita. Tégument double; l'un (Volva) partant de la base du pédicule, et enveloppant tout le Champignon; l'autre couvrant seulement le dessous des lames.
2. Lepiota. Tégument simple, partant du sommet du pédicule, enveloppant tout le chapeau, et persistant, sous forme d'anneau, autour du pédicule.
3. Aieillaeia. Tégument simple, ne couvrant que la partie inférieure du chapeau et persistant autour du pédicule.
• 4. Limacicm. Tégument disparaissant promptement, visqueux, enveloppant tout le chapeau dans sa jeunesse; lamelles décurrentes.
5. Tricholoia. Tégument ne persistant que peu de temps, couvrant la face inférieure seule du chapeau, cl adhérant à sa circonférence; lamelles émarginées ou arrondies à leur base.
fi. Pédicule central nu.
0. R i ssu la. Chapeau charnu, se déprimant au centre ; lamelles toutes égales, ne renfermant pas de suc laiteux, sporules quelquefois jaunes.
7. Galorrhevs. Chapeau charnu, se déprimant au centre en vieillissant; lamelles inégales, lactescentes.
8. Ci itocyse. Chapeau charnu, convexe dans sa jeunesse; lamelles inégales, non lactescentes.
Ce sous-genre est très nombreux en esp.; il correspond en grande partie au Gymnopus de Persoon. Fries l'a subdivisé en neuf sections, d'après la nature du chapeau, la forme des lamelles et du pédicule.