‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 4)Chapitre 56 sur 125 · A. BLANC NATIF. P. ARSENIC OXYDÉ · texte numérisé non relu

A. BLANC NATIF. P. ARSENIC OXYDÉ

A. FKRRO-Sl I.FCRÉ. t'. FlR ARSENICAL.

A. natif. Sa couleur est le gris d'Acier, Il se ternit aisément par l'action de l’air; il répand une forte odeur d’Ail par celle du feu. Sa pesanteur spécifique est de 5,703. II est très-cassant. Lorsqu'il a été récemment limé, il présente un éclat analogue à celui du Fer; mais cet éclat disparait bientôt pour foire place à une teinte d’un noir grisâtre, qui est sa couleur ordinaire. L’Arsenic fondu forme des masses qui paraissent composées d’aiguilles prismatiques. Les var. connues sont la lamellaire ; la tuberculeuse testacèe , en tubercules dont les couches successives sont concentriques; la bacillaire, qui est engagée dans une Chaux carbonatée lamellaire; la globuli forme, qui accompagne la Chaux carbonatée manganésifère rose , en Transylvanie, et la massive, qui adhère au Cuivre gris, à l’Argent rouge, au Cobalt arsenical , et à quelques autres Métaux. Parmi les matières pierreuses qui servent de gangue à l’Arsenic , les plus communes sont la Chaux carbonatée, la Baryte sulfatée et le Quart*. La Saxe, la Bohême, le HarU, la Souabe, et la France à Saint»; -Marie--aux-Mines, sont les principales localités qui renferment de l’Arsenic natif. — Cette substance, dont tout le monde connait l'influence pernicieuse sur l'économie animale, sert à quelques usages; en la faisant fondre avec le Cuivre à parties égale* , on obtient un alliage auquel on a donné le nom de Cuivre blanc, et dont on fabrique en Allemagne différents objets d'utilité ou d’agrément. Ce que l'on appelle poudre à Mouches dans le commerce est de l'Arsenic natif pulvérisé, que l'on mêle avec de l'Eau, et dont on remplit une assiette pour se débarrasser des Mouches, qui périssent aussitôt qu'elles ont bu de cette Eau. L'usage de cette poudre est sujet à de graves inconvénients.

A. oxydé. Sa forme primitive est l’octaèdre régulier; sa couleur est blanche ; il répand l’odeur d'Ail lorsqu'il est chauffé. Sa pesanteur spécifique est de 3,7. Il est soluble dans l'Eau, et volatil par le feu. La variété primitive ne s’est point encore rencontrée dans la nature ; mais on en obtient artificiellement des Cristaux très-parfaits. On le trouve, sous la forme aciculaire, à la surface de certaines mines arsenicales. Il parait qu’on l’a confondu avec la Chaux arseniatée , avant que Selber et Klaprotii eussent fait connaître la véritable composition de celle substance. C'est surtout à l'état d'Oxyde que l'Arsenic a une grande action délétère; il ne laisse pas cependant d’être employé dans les arts. Il est devenu même une branche de commerce en Allemagne, où on le débite sous la forme d'Oxyde vitreux. Les teinturiers font usage de cet Oxyde, en l'employant comme mordant. On l'ajoute quelquefois à la matière du Verre pour le rendre plus fusible, et obtenir un Verre plus blanc. L'Oxyde naturel est assez rare ; celui du commerce se prépare artificiellement par le traitement des mines où l'Arsenic est uni à un autre Métal, tel que le Cobalt.

A. pyritrcx. y. Fer arsenical.

A. sulfure. Cette espèce est distinguée par sa forme primitive, qui est un prisme rhomboïdal, oblique, dans lequel l'incidence de la base sur l’aréte , sur l'une des arêtes longitudinales , est de cent quatorze degrés six minutes, et l'inclinaison des deux pans adjacents â cette même arête est de soixante-douze degrés dix-huit minutes. La série des variétés se subdivise en deux sousespèces dépendantes de la couleur; l'une qui est d'un rouge aurore et qu'on nomme vulgairement Rèalgar , l'autre qui est d'un jaune citrin , et qui porte le nom d 'Orpiment. La pesanteur spécifique de la var. rouge est 3,33; celle de la var. jaune, 3,45. Les morceaux de la première sont fragiles ; la seconde, réduite en lames minces , est assez flexible. La poussière de l'Orpiment conserve la couleur jaune, qui seulement est plus claire; celle du Réalgar est d’une couleur orangée. L’Arsenic sulfuré est facile à racler avec la pointe d'un corps dur. Il acquiert, à l'aide du poli, un éclat demi-métallique. Il est volatil par Faction du chalumeau, en répandant une odeur d’Ail. L'analyse de l’Arsenic sulfuré rouge, faite par Thénard, produit : Arsenic 75, Soufre 25; celle de la var. jaune : Arsenic 57, Soufre 43.

Les formes déterminables connues sont les suivantes : l'A. S. primitif y— Y K. S. octodicimal, dont la forme est celle d'un prisme à huit pans, terminé par des sommets A cinq faces ; — FA. S. bisdècimal, ou la var. précédente dont le prisme est devenu décaèdre. Les formes indéterminables sont FA. S. laminaire rouge ou jaune, et quelquefois mi-partie de rouge et de jaune; — FA. S. concrétionnè globuliforme et le compacte.

Le Réalgar se trouve principalement dans les Terrains primitifs, où il accompagne tantôt l’Arsenic natif, tantôt diverses autres substances métalliques, telles que le Cuivre gris et le Fer sulfuré dans la Dolomie du Saint- Gothard. La variété jaune parait être d'une date plus récente; on la rencontre dans les Terrains secondaires où elle est accompagnée d'Argile, de Quartz et autres substances pierreuses. La Baryte sulfatée que l’on trouve à Offenbanya en Transylvanie, y est quelquefois colorée par l'Arsenic sulfuré jaune. 11 existe de l’Arsenic sulfuré rouge dont l'origine est due à Faction de la chaleur. 11 a été produit par la sublimation, sous la forme de petits Cristaux, près des cratères de différents volcans . tel est celui qu'on trouve à la Solfatarre près de Naples . à FEtna et à la Guadeloupe. C’est à Monteiro que l’on est redevable des premières observations qui ont fait reconnaître la véritable forme primitive de l'Arsenic sulfuré, et par suite l’identité des variétés jaune et rouge de la même substance. Quant à ta diversité de couleurs qu'elles présentent, elle parait due uniquement à l'état d'agrégation de leurs molécules, qui ont subi une légère variation dans leur mode de rapprochement. On emploie l’Arsenic sulfuré rouge et jaune dans la teinture et la peinture.

ARSEN1CITE. Min. F. Chaux arseriatEe.

ARSÊS. ois. Lesson, dans la Zoologie du voyage de la Coquille, a placé parmi les Gobe-Mouches quelques Oiseaux qu’un plus mur examen Fa porté ù en retirer pour les ériger en G. nouveau, auquel il a joint quelques esp. plus anciennement connues. Il donne au G. nou- I

veau de l'ordre des Insectivores ou de la fam. des Passereaux, les caractères suivants : bec médiocre, crochu, comprimé, peu large; ailes amples, allongées; queue étalée, un peu élargie; tarses courts, peu robustes. Les mœurs et les habitudes de ces Oiseaux ne paraissent point différer sensiblement de celles des Moucherolles avec lesquels ils se confondent volontiers dans les Oasis du Sénégal comme dans les fourrés de la Nouvelle- Guinée.

A. a lurettes. A. telescopthalmus, Zool. du voy. de la Coq., 503. Tête, gorge, tour des yeux, milieu du dos noirs, moirés de bleu foncé; ailes et queue d'un noir brunâtre; le reste blanc; bec plombé, entouré de poils roides et noirs, dirigés en avant : pieds grêles et noirs. Taille, 0 pouces. De la Nouvelle-Guinée.

A. orroir. A. chrjmomelaxy Zool. du voyage de la Coquille, 594. Parties supérieures variées de jaune et de noir; tête et croupion d’un jaune orangé; poitrine, abdomen, extrémité des lectrices et des rémiges d’un jaune doré; une demi-couronne s’étendant de l’aile aux paupières, d'un beau noir velouté; manteau et queue d’un noir brunâtre; bec et pieds plombés; des soies noires dirigées en avant, autour de la base du bec. Taille, 9 pouces. De la Nouvelle-Zélande.

A. roi ro ex . A. nigro-rufaj Levaill. Surinam.

A. melaroftère. A. melanoptcra. Muxcicapa melanoptera. PI. enl. 567, fig. 2. Varié de noir eide gris; gorge, sourcils, extrémité des grandes tectrices et ventre blancs; un collier noir. Taille, 4 pouces. Du Sénégal.

ARS1GNEUL. ois. N. vulg. du Rossignol, y. Sylvie.

ARS1S. bot. Sous ce nom, Loureiro fait un G. d'un Arbrisseau de la Cochinchine, à rameaux nombreux, à feuilles alternes et rugueuses, à fleurs en grappes terminales, dont le calice est à cinq sépales colorés et caducs; la corolle à cinq pétales plus courts et les étamines, au nombre de cinquante environ, filiformes, terminées par des anthères arrondies, d'autant plus courtes qu'elles sont plus extérieures, et s'insèrent sur un long support qui soutient l’ovaire. Celui-ci est surmonté par un style que termine un seul stigmate; le fruit est une baie globuleuse, stipilée, monosperme. Dans quelle fam. ce G. doit-il être placé? Est-ce près des Capparidées? Est-ce près des Rosacées? Ces questions ne sont pas encore résolues.

ARTABOTRYS. bot. G. de la fam. des Anonacées, Polyandrie Polygynie, L., établi par Brown aux dépens du G. Anona, pour une esp. de Madagascar, qui se distingue de toutes les autres par son calice divisé en trois parties, sa corolle à six pétales égaux, sa baie à deux graines seulement, cl portée sur un pédoncule garni de cirrhes. VA. odoratissimus, Anona hexapetata, L., A. uncinata , Lam., est un Arbrisseau â feuilles i Iternes. obinngues, brillantes, à Heurs et à fruits pyriformes, jaunâtres.

AKTAMUS. ois. S. de Langralen.

ARTANÈME. Artanema. bot. G. de la fam. des Scropbularinées, Didynamie Angiosp., institué par D. Don pour une pl. de la Nouvelle-Uollande, que le docteur Graham avait d’abord jugée l'analogue de celle décrite par Brown, dans son Prodromus, sous le nom de Tore-

A II T

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m'a rubra. En effet, il ne parait pas que cette pl. puisse être rapprochée d'aucun Torenia ; sou calice profondément divisé, les lobes de sa corolle, la structure particulière de ses étamines, la forme et la consistance de sa capsule, enfin ses grands placentas charnus sont des caractères trop frappants, trop distincts, pour ne pas constituer un G. nouveau. Le calice a donc cinq divisions profondes* la corolle est tubuleuse, renflée à la gorge avec son limbe bilabié; la lèvre supérieure composée de trois loties dentés. Les quatre étamines sont didynamrs et les inférieures les plus longues; elles ont leurs filaments comtés contre le tube de la corolle, glanduleux à leur base, coudés vers le sommet où les anthères, réunies deux à deux, ont leurs loges divariquées, presque opposées et distinctes au sommet. Le stigmate se divise en deux lamelles écartées; les capsules sont presque rondes, crustacées, déhiscentes par le sommet; les deux placentas sont grands, spongieux et épais. Les Artanèmes sont des pl. herbacées, à feuilles opposées, demi-embrassantes, lancéolées et dentées, à fleurs réunies en grappes terminales, d’un bel effet.

ARTANITA. *ot. S, de Cyclamen.

ARTÈDIK. Artedia. bot. Ombellifèro que caractérisent une ombelle composée, à involucre et involucelles pinnatifides; des fleurs stériles, et à pétales égaux au centre, tandis que celles de la circonférence sont fertiles, et présentent un pétale extérieur plus grand que les autres. Les deux akènes, qui constituent le fruit par leur accollement. offrent cinq lignes sur la surface externe, et sont environnées d'une membrane découpée en huit ou dix lobes arrondis, qui leur donne un aspect particulier et bien distinct des fruits apparteuaut aux autres G. de la même fam. On en a décrit uue seule esp.. à feuilles multifides et linéaires, VA. tquamata, L., recueillie sur le mont Liban.

AKTËM1E. Artemia. crust. Phyllopes. G. établi par Leach pour UII très-petit Crustacé que Linné avait placé dans son G. Cancer, sous le nom spécifique de Salinus. Ou le trouve assez communément dans les marais salants, lorsque l'évaporation des eaux est très-avancée. On le distingue par la tète qui se confond avec un thorax ovale, portant dix paires de pattes, et terminé par une queue longue et pointue. Les yeux sont portés sur de très-courts pédicules; les antennes sont courtes et suliulées.

AHTEMISE. Artemisia. ciust. G. de l'ordre des firanchiopodes, formé par Leach avec le Cancer salinus de Linné. Latreille l’a réuni aux Branchipes.

ARTÈMIS1A. bot. $. lat. d’Armoise.

ARTENNA. ois. S. de Pétrel Puftin.

ARTÈRES, iool. On donne ce nom aux vaisseaux qui portent le sang du cœur à toutes les parties du corps, cl on a nommé veines ceux qui le ramènent au point d'où il est parti. La distinction de ces deux ordres de vaisseaux n'existe que chez les Animaux qui oui un cœur. Ils ne diffèrent pas entre eux seulement par leurs usages et leur structure, la nature du sang qu'ils contiennent est encore différente. Ce dernier est d’un rouge vermeil dans les Artères, il est noirâtre dans les veines. Les Artères sont d'une structure plus forte, plus solide que les veines; leurs parois ne s'affaissent pas après la

mort, et cepeudant chassent le sang qui s'y trouve encore contenu dans ce moment, ce qui avait fait croire aux anciens, qui les croyaient vides, qu'elles contenaient de Pair. Trois tuniques forment leurs parois ; l'interne est lisse, polie, peu résistante, et de même nature que celle qui revêt l’intérieur des veines; la moyenne est jaunâtre, élastique, évidemment garnie dans les gros troncs, et surtout chez les gros Animaux, par les fibres musculaires; enfin l'extérieure est formée par un tissu lamineux très-serré. Des vaisseaux et des nerf* rampent entre les parois artérielles. L'intérieur des Artères n'est point, comme l'intérieur des veines, garni de valvules; la vive impulsion qui fait circuler le sang dans leur intérieur, rendrait ces valvules inutiles. Enfin, un caraclèrt des Artères qu'il est facile de saisir, c'est Ja pulsation qu'elles offrent et qu'on nomme le pouls. Elle nait de l'impulsion vive et brusque que le cœur imprime au sang qu'il lance dans leur intérieur. Considérées physiologiquement, les Artères offrent des considérations particulières bien autrement intéressantes que celles que nous venons de présenter; ce sont ces canaux qui portent aux organes les matériaux de leur formation, de leur entretien et de Jeur accroissement. De formation première, comme le système nerveux, elles fournissent les éléments constitutifs des organes. Là, où elles sont grandement développées, les parties le sont aussi; là, où elles sont peu développées, ou même manquent entièrement, les organes perdent eri puissance ou ne se montrent pas; enfin, si uue Artère dévie de sa situation habituelle, l’organe qu'elle doit former change aussi avec elle.

ARTUAN1TA. bot. V. Artaxita.

ARTHAN1T1ME. Substance crislallisable, découverte par Saladin dans le Ciclamen europœum : c'est vraisemblablement un Alcaloïde.

ARTHEMIDK. Arthcmis. ioll. CytqÉrêe.

AKTHETlQUE bot. S. anc. de la Buglelvette.

ARTHOME. Arlhonia. bot. Ce G. a été établi par Acbar dans la Lichenograpliie universelle. Les esp. qu'il renferme faisaient autrefois partie du G. Opégraphe de Persoon, d'Acharius et de De Candolle. Quelques-unes avaient été placées dans les G. Vcrrucaires et Patellaires. par De Candolle. Comme les Opégraphcs, ces pl. ont une croûte mince, lichenoïde. lisse, ou très-rarement pulvérulente. Les réceptacles sont de forme variable, souvent linéaires, rarement enfoncés dans la croûte, et n’ont pas de rebord particulier; ce qui les distingue des Opégrapbes. Toutes les esp. croissent sur l'écorce des Arbre# ; Acharius eu avait décrit onze. Dufour, dans son Mémoire sur les esp. du G. Opégraphe qui croissent en France, en fait connaître cinq nouvelles.

ARTHRATHKKl'M. bot. r. Aristide.

ARTHRAXO.N. Arthraxon. bot. G. de la fam. des Graminées, établi par Bcauvois. Caractères : fleurs disposées en une panicule simple ; épillets hiflores, dont la lépicène est bivalve, membraneuse, plus longue que les fleurons ; fleuron extérieur neutre, la giume univalve ; fleuron interne hermaphrodite : sà glumc bivalve, légèrement coriace ; sa paillette inférieure bifide à son sommet, portant à sa base une arête tordue. Ce G. ne ren- ! ferme qu'une seule esp., A. ciliarc, dont on ignore la

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patrie, et que Beauvois a décrite d'après une pl. de l’herbier de Richard.

ARTHRINILM. bot. Kunze a établi ce G. dans son premier Fascicule mycologique, et lui a donné les caractères suivants : filaments simples, transparents, cloisonnés, réunis en touffes; cloisons rapprochées, épaisses, noires; sporules fusiformes, opaques, entremêlés aux filaments. La seule esp. qu’il décrit croit sur les feuilles du Carex ciliata; elle y forme de petites taches noires, grosses comme des graines de Pavot. Ce G. parait différer à peine du Fuataporivtn de Link.

ART11KÜCËPHALES. crest. Nom sous lequel Duinéril a établi une grande fam. de Crustacés, comprenant ceux de ces Animaux qui ont la tête distincte et séparée du thorax. De ce nombre sont les Crustacés slomapodes et amphipodes de Lalreille. qui concernent la fam. des Squillares et celle des Crevettines.

ARTHROCLADIE. Arthrocladia. bot. G. de la fam. des Hydrophyles, fondé sur le Conforta tilloaa d'Hudson et de Dillwyn, qui avait été placé par Agardb dans les Sparoclinua.

ARTHKODË1DE. Arthrodeis. ms. G. de Coléoptères hétéro mères, formé dans la fam. des Mélasomes pour trois Insectes égyptiens dont l’un avait été placé par Dejean dans le G. Érodie. Caractères : menton mitriforme, sillonné dans son milieu; palpes ovalaires; mandibules bidenlées; labre petit; tête anguleuse de chaque côté, avec une ligne transverse, élevée, marquant la suture de Tépistome; yeux ovales, déprimés et obliques; antennes de dix articles : le premier court, renfié; le deuxième globuleux; le troisième allongé, conique; le quatrième court ainsi que les suivants, à l'exception du dernier qui est suborbiculairc ; prothorax transverse, tronqué à sa base; cuisses comprimées, presque filiformes; les quatre postérieures, ainsi que les tibias, garnis de deux rangées de piquants écartés; tarses épais : le premier article conique, assez court, moins que le dernier qui est gibbeux en dessous ; ceux des quatre pattes postérieures sont un peu plus grêles. Ce G. ne diffère des Érodies que par la conformation des antennes, des palpes et des mâchoires.

ARTUKODIE. Arthrodia. zool.? bot.? ( C/iaodi née a?) G. établi par Raflinesque pour une substance flottant en taches vertes sur les eaux douces de la Sicile, et qu'il regarde comme un Végétal qui ne peut avoir aucun rapport avec les Oscillaircs. Ses caractères consistent en des corpuscules allongés, libres, simples, plans, divisés en deux articles remplis de ce que Raflinesque regarde comme une fructification intérieure et granuleuse- Bory a retrouvé depuis, dans les eaux stagnantes, sur certains pots de fleurs où l'on cultive des pl. aquatiques, et dans des gouttières de toits, une substance verte qui lui parait absolument identique avec l'Arlhrodie dont il est ici question, et qui pourrait bien être l’un des états du Palmeta rupeatria de Lyngbye. L'examen de celle substance la lui fait placer dans ce G. Palmela, qu’il conserve dans la fam. des Choadinées.

ARTHRODIÉES. Bory de S1 .-Vincent a créé sous ce nom une grande fam., jusqu'ici confondue dans l’un des G. de la Cryptogamie de Linné, et qui, si les individus dont elle se compose présentent Une intime ana-

logie avec les Végétaux auxquels on doit réserver les noms d' Algues aquatiques, d’Hydrophytes ou de Thalassiophytes, se rapproche néanmoins trop étroitement des Polypiers et des Infusoires pour en pouvoir être éloignée.

Le caractère général des Arthrodiées consiste en des filaments généralement simples, formés de doux tubes, dont l'un, extérieur et transparent, ne présente à l'œil le plus fortement armé aucune organisation ; on dirait un tube de verre, contenant un filament intérieur, articulé, rempli de la matière colorante, souvent presque inappréciable. mais d'autres fois fort intense, verte. |M>urpre ou jaunâtre; ces filaments, ainsi composés, offrent â l'œil surpris, selon les tribus auxquelles appartiennent les espèces dont ils dépendent, des phénomènes fort étranges et différents, mais qui tous présentent un caractère réel de vie animale, si ce genre de vie se peut déduire de mouvements indicateurs d’une volonté parfaitement marquée. — Les Arthrodiées habitent généralement, soit l’eau douce, soit l'eau de mer; plusieurs sont communes à l’une et à l’autre. L’une d’elles, encore n'cst-elle rangée qu’avec doute dans la famille qui nous occupe, le Conferva ericetorum , croit sur la (erre ; mais sur la terre très-humide et souvent inondée. D'autres, parmi les Oscillaires, couvrent la surface humide des rocs, des chaumes, et les interstices des pavés dans les rues des villes. Il en est qui se plaisent dans les eaux thermales dont la température est plus élevée.

Ouatre tribus, susceptibles de former un jour autant de familles nouvelles très-distinctes, renfermant quatorze genres bien constatés, et au delà de soixante espèces, constituent, suivant Bory, la famille des Arthrodiées.

f Lu Fragillaires.

Ce nom très-significatif est emprunté de celui que donne Lyngbye à l'un des G. qui se trouvent compris dans celte première tribu, dont les caractères sont : tube extérieur des filaments moins distinct que dans les tribus suivantes; corps linéaires ou articles du tube Intérieur transversaux, se désunissant, en brisant le tube extérieur, avec une singulière facilité, voguant après leur désunion en forme de lames isolées, ou se fixant les uns aux autres |>ar leurs extrémités ou par leurs angles, de manière à former un zigzag ou toute autre figure bizarre. Les filaments des Fragillaires sont ou entièrement transparents et vitrés, du moins dans diverses périodes de leur existence, ou teints d'une couleur fauve plus ou moins foncée. Tant que leurs segments, réunis par leur tranche, présentent l'apparence de filaments comprimés ou de petits rubans plus ou moins longs, on n’y découvre aucun mouvement spontané; mais dès que la désunion a lieu, il s'opère une sorte de glissement ou de jet entre les segments de quelques espèces (particulièrement parmi les Diatames, mouvements que l'on peut comparer à ceux de ce jouet d’enfants formé par de petites planchettes fixées entre deux rubaus de fil, auxquelles on fait faire la bascule, et opérer un changement de face par leur renversement l'une sur l'autre. Toutes les esp. de cette tribu sont fragiles, changent de couleur en se dessé-

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chant sur le papier, où elle# prennent un aspect plus ou moins brillant et micacé ; aucune n'est parfaitement verte.

I. Di atome. Diatoma , De Candolle ( y. pl. de ce Dict., Arlhrodiées, fig. 1). Segments formés de laines plus larges que dans les genres suivants, demeurant fixés les uns aux autres par deux de leurs angles, quand, par leur désunion plus ou moins brusque, ils cessent de présenter l'aspect d'un filament comprimé. — Le type des Dialomes est une Conferve de Roth, Conforta flocosa, que De Candolle, le premier, reconnut être fort déplacée dans le vaste ti. que l'auieur allemand n'a point tiré de la confusion, malgré les plus louables efforts.

II. AcnnAirniE. Achnanthes (y. pl. de ce Dict., Arthrodiées, f. 2), Bory. Segments linéaires pareils à ceux des Dialomes, mais dont les augles sont émoussés, ne se désunissant point pour affecter de disposition en zigzag, et demeurant dans un parallélisme qui semble être l'état rudimentaire du filament; une Échinelle de Lyngbyeest le type de ce genre.

III. Mbatoplate. Nemaloplata , B.; Fragillaria , Lynghye ( F. pl. de ce Dict., Arlhrodiées, fig. 3). Segments affectant depuis la forme linéaire jusqu'à la plus voisine du carré, disposés parallèlement, de manière à constituer d’assez longs filaments, qui, lorsqu'ils viennent à se désunir, ne le font jamais par fractions aussi voisines de l'unité que dans les genres précédents. — Les Conforta pcctinali» de .Muller et bronchiaiis de Hoth, que divers auteurs ont confondus sous l'un ou l’autre nom, présentent indifféremment l'un et l’autre le type du genre Nématoplate.

tf Les OsciLLABitss.

Filaments cylindriques; tube extérieur plus ou moins distinct, mais généralement très-visible à l’œil armé, probablement perforé, au moins à l’une de ses extrémités; tube intérieur formé de segments parallèles, plus larges que longs, quelquefois presque carrés (s’arrondissant par leurs angles dans le dernier genre de la tribu, au point de devenir obronds), coloré par une matière verte, qui affecte diverses teintes selon les espèces; filaments doués de mouvements très-distincts et variés; mouvements volontaires et souveul fort vifs, d'oscillation, de reptation et d'eulacemenl, à l'aidedesquels ils se t Usent eu membranes phvtoldes où tout mouvement cesse bientôt.

IV. Dilwtnellk. Dilwynella, B. ( F. pl. de ce Dict., Arlhrodiées, fig. 4). Double tube fort sensible; articulations du tube intérieur presque carrées; filaments libres, rampants, et se coudant quelquefois presque en équerre, pour se coller les uns coulre les autres, sans cependant qu'il y ail communication de la matière colorante de l'un à l'autre tube, par la jonction des articles. — Le Coaferva mirabilis , décrit par Dilwyn, forme le type de ce G. qui est un passage fort marqué entre les Oscillariéeset la tribu suivante des Conjugées.

V. Osa lia ire. Oscillaria, B.; Tretnella, Adanson, Mém. de l’Ac. 17G7, p. 504; Oscillatoriœ Spec ., Vaucher (F. pl. de ce Dict., Artlirodiées, fig. 3). Tube extérieur plus ou moins visible au mycroscope; l'intérieur s'allongeant dans son étendue, dont il laisse souvent

l'extrémité vide, et conséquemment transparente (extrémité prise par quelques-uns pour la tète de l'Aminal?), articulé par segments qui ne dépassent jamais en longueur la forme carrée qu'ils n'atteignent que dans un petit nombre d'espèces. — Filaments doués d’un mouvement d’oscillation extrêmement vif et sensible en diverses circonstances, indépendants les uns des autres, mais agissant dans une mucosité commune, qui fil confondre leurs amas avec les Trémelles, illusion d’optique d’où sont provenues les erreurs les plus étranges sur l’animalité de ces dernières productions de la nature, non moins éloignées des Oscillaires dans la série des êtres, que le sont, par exemple, une Sertulaire d'un Agaric ou bien un Lycopode d'une Méduse. — Ce sont les esp. les plus grandes et les plus communes d’Oscillaires, qui, déjà remarquées par Dillen et par Micbeli, comme des Byssus, devinrent le Conferva fontinolïs de Linné. Ces êtres ont aussi été confondus avec la Matière verte de Priestley, f'. Matière veste. On en connaît un assez grand nombre d'esp., dont plusieurs se plaisent dans les eaux thermales; d’autres croissent dans les fontaines les plus froides.

VI. VagixairE. yaginaria, B.; Oscillatoriœ Spec., Vaucher; Conferva Chthonoplasies , Lyngb. (/'. pl. de ce Dict., Artlirodiées, fig. G). Filaments semblables à ceux du genre précédent, mais non libres, et se dégageant, par une sorte de mouvement de reptation, de gaines communes qui en réunissent un certain nombre en faisceaux. Vaucher a rangé cette production singulière parmi ses Oscillatoires , sous le nom d'Oscillaioria r agi nota. pl. xv, fig. 13.

VU. Axabaixe. A nabaina, B. ( V. pl. de ce Dict., Arlhrodiées, fig. 7). Filaments libres; leur tube intérieur articulé en forme de collier, comme par ovules transparents, dont quelques-uns, plus gros que les autres, se voient de distance en distance. Ces filaments sont doués d’un mouvement de reptation très-prononcé. L'habitation des esp. de ce G. est fort variée; quelquesunes se trouvent dans les eaux fraicbcs, d’autres croissent sur la terre humide, et la plus remarquable dans les eaux thermales. L'Anabaine offre un passage fort naturel à la tribu suivante, et de tels rapports avec les Trémellaires, qu'il faudra peut-être un jour l’y rapporter.

T+t Lis CONJUGEES.

Filaments cylindriques; tube intérieur très-distinct, rempli dans sa jeunesse d'une matière colorante, parsemé de globules hyalins diversement disposés. Ce tube est articulé par l'effet des interceptions qu'y causent des valvules que les modifications, éprouvées par la matière colorante, font paraître plus ou moins distantes. Ces filaments, comme si chacun était un seul individu, sont libres et simples ; ils se cherchent et se joignent à une certaine époque de leur vie, et, comme par un mode d’accouplement entièrement animal, s’unissent pour ne faire qu'un même être, au moyen de stigmates de communication, par lescjuels la substance colorante passe d'un tube dans l'autre, eu laissant l'un d'eux entièrement vide, tandis que des corps ronds et gemmiformes s'organisent dans chaque article du filament opposé.

Les Conjugées ne montrent aucun mouvement pro-

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pre qui les distingue des autres Végétaux, jusqu'au moulent où, par une véritable élection , un filament en recherche un autre, s’en rapproche et se réunit à lui au moyen de stigmates de communication, devenant des anastomoses. A cet acte de jonction, succède une véritable intromission de substance fécondante d’un individu dans l'autre : opération après laquelle il y a séparation, éloignement, répulsion des deux parties qui s'étaient identifiées, cl bientôt mort et désorganisation. comme s'il en était des Conjugées ainsi que des Lépidoptères , dont les amours marquent le terme de l’existence. Les eaux douces seules ont présenté jusqu’ici des Conjugées qui flottent, dans leur profondeur, en amas nébuleux, d'un vert plus ou moins foncé, plus ou moins jaunâtre, mais toujours agréable à l'œil jusqu'à l'instant où la quantité des bulles d'air qui s'y ramassent, les contraignent à surnager en grand tapis, dont l'âge ne tarde point à altérer la teinte. Le Conferra hullosa de Linné, ainsi que de la plupart des botanistes qui ont traité superficiellement la Cryptogamie aquatique, véritable chaos considéré longtemps comme une seule esp. de Végétal, renferme , confondues dans les masses qu’il forme à la surface des marais, la plupart des Conjugées.

VIII. Lèda. Leda, B. {F. pl. de ce Dict., Arthrodiées, fig. 8). Tubes intérieurs remplis d'une matière colorante assez homogène, qui en occupe d'abord la totalité, et qui, après l’accouplement, s’agglomère et forme deux Gemmes dans chaque article. Il est probable que le Conferra monilina de Muller, rapporté au G. Fragillaria par Lyngbye, appartient à celui-ci, duquel le Conferra ericetorum, Bory, adopté par Roth, est probablement l’une des esp.

IX. TcvDARiDti. Tendarfdea, B. {F. pl. de ce Dict., Arthrodiées, fig. 0). Tube intérieur rempli d’une matière colorante assez homogène qui en occupe d’abord la totalité, mais qui bientôt s'agglomère en figures diverses. plus ou moins voisines de celle d'une astérique d'imprimerie; et, dans cet état, passant d’un tube dans l’autre par l’accouplement, laisse l’un de ces tubes totalement vide, pour se réunir en une seule Gemme dans chacun des articles de celui qu'on pourrait considérer comme un tube femelle. Le Conferra » tellina de Muller (Act. Peirop. T. m, p. 03) est le type de ce G. dont fait aussi partie le Conjugata jweiinali s de Vaucher.

X. Saiiacis. Saluions, B. (F. pl. de ce Dict.. Arthrodiées, fig. 10). Matière colorante disposée en filets parsemés de points hyalins, et affectant les figures les plus variées, mais toujours en spirales, jusqu'à l'instant où, par l’accouplement, cette matière s’oblitère, passe des articles d'un filament dans ceux d'un autre, et forme daus chaque article une seule Gemme. Les esp. de ce G. sont assez nombreuses et fort élégantes; la plupart se confondent souvent dans les mêmes amas, ce qui pendant longtemps les avait fait considérer, sous les noms de Conferra disjuncta et rariabilis, comme divers états d'une même plante. Le Conferra jugalis ou nitida de Muller, même être désigné sous deux noms, par le mémeauteur, mais qui n’est pas le Conjugata Princeps , de Vaucher, peut en être considéré comme le type.

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