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sont disposées en une sorte d'épi plus ou moins serré, I lonj; et cylindrique. Ainsi l'on nomme :
BiTOi ns Jacob, \'A»ph0delUê lutcus, L. ; Bâton de Saint-Jean, le Polygonum orientale; Bâton d’Or, le Chciranlhut Cheiri, L., b fleurs doubles; Bâton Royal,
V Atphodelus albus.
BATONNET, moll. N. vulg. d’une esp. du G. Cône, Conus tendineus.
BATOS. bot. S. dt* Ronce.
BATRAGillON. Batrachium. bot. Vieux nom de quel- ] ques Renoncules, dont Grcnouillctle n’est que la traduction. De Candolle l*a employé jiour l'une des sec- 1 (ions de ce même G. Ranunculus et Dumorlier Rutleau, dans son Floruta lie Ig ica , propose d’ériger cette section en G. sous le nom de liatrachium.
BATfi ACIIOIDE. balrachut. pois. G. de l’ordre des Acanllioptérygiens, fam. des Percoïdes de la Méthode de Cuvier, établi par Lacépède, parmi les Jugulaires de Linné, aux dépens des Gades et des Rlcnnics de ce dernier. Scs caractères sont : tête horizontalement aplatie, j plus large que le corps ; bouche et ouïes très- fendues avec les opercules épineux; ventrales étroites, attachées j sous la gorge; première dorsale courte, soutenue de ; trois rayons épineux; seconde molle et longue, ainsi que l’anale qui lui répond. Les intestins, courts, manquent de cæcum dans les espèces qu'on a disséquées. La vessie natatoire est profondément fourchue en avant. Ces Poissuns, voraces et pécheurs, se tiennent cachés dans ta vase où ils tendent des embûches aux autres habitants des eaux; leur piqûre passe pour dangereuse. Le peu d'esp. qui constituent ce G. peuvent se répartir dans les deux divisions suivantes :
•f hsp. dont la bouche est pourvue de barbillons en assez grand nombre.
B. Tau. b. Tau , Bloch.; Encyc. Pois., pl. 50, f. 109; Gadut Tau, L.; Cmel. Poisson dont la tête, grande et large, est marquée entre les yeux et jusque vers la nuque d'une tache qui rappelle le Tau grec; les opercules sont munis de trois aiguillons. Son corps est couvert d’une mucosité remarquable. Il habite les côtes de la Caroline, b. 6. d. 5, 20, 20. P. 20. j. 1/0. a. 13, 15, 22. c. 12, 10.
B. Grenouillère, b. bien noules ; Alcnnius raninus , Gmel. Poisson vorace, des lacs de la Suède, dont j la chair n’est pas bonne à manger, et qui, de même que j le précédent, laisse échapper de toute la surface de son corps une abondante mucosité. Les deux premiers j rayons de chaque nageoire jugulaire sont terminés par I un long filament, b. 7. d. 5-56. F. 22. j. 2/0. a. 6. c. 50. j
B. Grogniard. b. grunnien s, Bloch.; Col t ut g ru n- ! nient , L.; Gmel.; Séba. ni, t. 23, f. 4. Poisson des mers | australes, soit de l'Inde, soit de l'Amérique, dont la j télé est grande, avec les yeux petits; il a l’iris rouge , et quatre aiguillons à l'opercule. Sa chair est excellente, mais son foie est fort amer. Il fait entendre un grognement, b. 0. d. 5 — 20. r. 22. j. 4. a. 10. c. 11.
tt Esp. dont la bouche est dépourvue de barbillons.
B. x igl'i. b. turinanientit , Schn., pl. 7. Ce Poisson, ; mentionné par Marcgrave (liras., p. 78), a été confondu par Gmelin avec Te«p. précédente. Le Gallus grun- I
nient de Wjllughby, qui a été également confondu , pourrait bien . s’il n’est pas le même Poisson , former une nouvelle esp. dans la seconde division du G. dont il vient d'être question.
RATRACHOS. nErr. S. de Grenouille.
BATRACUOSPERME.Z?a/racÀo*per»uiou Batrachospermum. bot. Les pl. de ce G. forment, dans la nature, un groupe si remarquable, qu’on a lieu d’être surpris que Dillen.et Linné après lui, n'en aient pas formé au moins une section particulière, dès qu’ils entreprirent de débrouiller la cryptogamie. L’on n’apasl>esoin d’emprunter le secours du microscope pour remarquer combien la forme, la consistance, l'extrême flexibilité, et surtout la mucosité de ces élégants Végétaux, les éloignent de tous ceux dont on les avait rapprochés. Dillen avait, sous le nom de Con ferres lubriques , désigné plusieurs variétés ou espèces de Balrachospermes; Linné les confondit toutes sous le nom de Con ferra gelât i nom. A son exemple, la plupart des botanistes réunirent, sous ce même nom, toutes les Conferves qui leur parurent muqueuses au toucher. Weiss, le premier, ayant soumis au microscope le Conferra fontana nodosa sperniatis batiaruut instar lubrica de Dillen, sentit combien un tel rapprochement était peu fondé, et rangea cette pl. parmi les Charagnes sous le nom de Chara Batrachosperma ; ce nom de batradwspcrma désigne l'espèce de ressemblance que Weiss trouva entre ce qu'il avait examiné, et les séries de globules gélatineux dans lesquels sont contenus les œufs de plusieurs Batraciens. Depuis longtemps cette ressemblance avait frappé les botanistes, comme on le voit par la phrase citée de Dillen. On a reconnu depuis Weiss, que le Conferra gvlatinosa, L., ne pouvait guère non plus demeurer parmi les Charagnes, et l'on s’est accordé unanimement pour en faire un nouveau G. Bory a publié, dans les Annales du Muséum d'Histoirc naturelle.T. xn. p. 310, une monographie de ce G. dont les caractères sont établis ainsi qu’il suit : filaments très-flexibles, dont les rameaux cylindriques et articulés sont chargés de ramules microscopiques, simples ou divisées à leur tour, formées d’articles ovoïdes, monili formes, et terminées par un prolongement capillaire, tellement fin que la plus forte lentille n’y découvre aucune organisation. Ce sont de tels prolongements, dont parait se composer la mucosité, qui enveloppent non-seulement les Ratraebospennes, mais encore les autres Chaodinées diphytes et plusieurs Trémellaires. Le même botaniste avait, dans l’origine, soupçonné quelque animalité dans les Balrachospermes; la souplesse de leurs mouvements, la manière dont les élégantes touffes qu’elles forment fuient sous la main qui les veut saisir, lui avaient fait illusion. Il n'y a reconnu depuis que de simples pl., et il a saisi jusqu’il leur fructification ; cette fructification consiste en gemmes formées de corpuscules agrégés, supportées par une sorte de pédicule articulé, envirounée A de ramules dans quelques espèces, et paraissant même b l’œil nu, comme des points noirs dans la masse, en apparence, homogène des petits verticillet, quand ceux-ci existent. Ornement des eaux pures, toutes les esp. de Balrachospermes connues habitent les fontaines froides et sombres, ou des ruisseaux et des trous
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de tourbières qu’ombragent des Phanérogames aquatiques. Elles supportent quelquefois un courant très-fort sans se plaire cependant dans les lieux où le mouvement serait trop rapide. 11 en est de marines, indépendamment de certaines esp. d'Uydrophytes de l’Océan, qui en ont l’aspect, mais qui appartiennent à d’autres G. plus ou moins voisins. Uory n’a pas considéré comme des Batractiospermes toutes les pl. que Rolli, Vaucher cl De Candolle avaient confondues sous ce nom. Selon lui, il n'est qu’une ou deux esp. de ces auteurs qui dot- j vent demeurer dans ce G., auquel il a apporté quelque ( changement depuis ce qu’il en avait publié. L’organisation des lialrachospermcs est non -seulement déjà | assez compliquée, mais encore difficile à détruire; ces , pl. se conservent fort longtemps, quoique mortes, dans de l’eau où le microscope peut prouver qu’elles n’ont subi que des altérations de couleur. Elles adhèrent fortement au papier sur lequel on les prépare, et paraissent revenir à la vie lorsqu’on les humecte, même après des années de dessiccation. On en connaît dix-neuf esp. qui se rangent naturellement dans les sous-geurcs suivants :
t LtUAXiîiKS, filaments opaques, ayant leurs articulations renflées; des ramules simples ou à peu près, beaucoup plus rares, et dont plusieurs ne sont pas seulement disposées cti verlicillea, mais répandues sur toutes les pl. Le microscope seul dénote l'existence de ces ramilles transparentes qui n’ont souvent que trois ou quatre articles, ce qui les avait d’abord fait méconnaître. Bory avait rapporté les trois esp. dont se forme cette section au G. Léinauée. Les Léinaniues sont beaucoup moins muqueuses au toucher que leurs congénères.
Les Balrachospcrmes Lémanines connues sont : 1° B. sertulurina , Bory; Lemunea sertularina, Ami. Mus., f. xu, flg. 1. — 2° B. Ville ni i, Bory; Le ma ne a Dillenii, Ann. Mus., loc. cil., fig. 2. — 3“ II. lenuissitua, Bory; « et fl Lemanea llalrachospc rtnosa , Ann. Mus., loc. cit.t fig. 3 et 4; Conferca alra, Hotb., cal. ni, 306; Cand., Flor. fr., 2, 120; Dillw., Conf. brit.f pl. 2. t,cs trois esp. habitent la France où la dernière, la plus élégante de toutes, est aussi plus généralement répandue.
Thobimes, filaments pellucides, ayant leurs articulations à peu près égales ou peu distinctes; les rainules simples ou divisées, répandues et plus ou moins serrées sur toute la surface de la plante, comme dans les Thorées, et ne formant de verticilles que d’une manière obscure et généralement incomplète. Le G. Dudresnaya, récemment établi par Bouneinaison, rentre parmi les Tborinies.
A. Espèces marines.
4 °B. zostericolu, Bory. A filaments simples, flexueux. brunâtres, émettant à peine quelques rudiments de rameaux; parasite des Zostèrcs et des Fucus, ainsi que la suivante. — 5° B. alcyonidea, Bory; Alcyonidium r ermiculatum, Lamx. — 0° U. œstivalis, Bory. Trèsrameuse, avec une teinte rose. Commune en été sur les Fucus, b Belle lie en mer. — 7° B. sponyodioides, Bory; Hivularia mullifida , Web. et Uorb. — 8" B. miniatu, Bory. Esp. singulière qui ressemble à une ge-
lée albumineuse légèrement teinte de pourpre, mais où l’on distingue aisément au microscope l’organisation des Balracliospermes Tborinies. — 9*> B. rivularioides , Bory; Hivularia reriicillata, Engl. Bot. — 10° B. crassiuscula , Bory; Ccramium tubcrculosunt , Roth. •
Le Scylosiphon paradoxus de Lyngbye^ examiné, j pourrait bien rentrer dans cette division. Celte pl. ne peut en aucon cas. si la figure donnée est exacte, demeurer confondue dans un même G. avec les Ulva la iissima et compressa, L.
B. Espèces d'eau douce.
llu Batrachosperma turfosa , B.; Ann. Mus.. T. xu, lab. 31, f. 1; Batr. monili forme, * ragum , Roth., cat. il, 187; Batr. ragum, Lyngbye? Tent., 188, t.G4, f. 2. Bory ne rapporte qu’avec doute le synonyme de Lyngbye, parce qu’il ne voit pas sur le rameau principal de la figure, les ramules qu’il a citées comme les devant revêtir. Cette esp., du plus beau vert tendre et de l’aspect le plus gracieux, vit dans les eaux profondes des tourbières. Thore, le premier, la découvrit aux environs de Dax; Mougeot l’a depuis envoyée des Vosges, qu’il explore d’une manière si utile pour la Flore française, Persoon a cru voir, dans les échantillons envoyés par cet excellent botaniste, une esp. distincte qu’il proposait de nommer cœrulœo ; ce nom eût été certainement un double emploi. — • 12« Batrachosperma bambusina, B.; Ann. Mus., loc. cit., t. 29, f. 1. Esp. fort élégante des îles de France et de Mascareigne dans l'hémisphère austral; ses verticilles sont fort distincts, mais des ramules sc voient sur les liges. — 13° Batrachosperma hybrida, B. Esp. encore inédite,qui forme sur la vase ou les pl. aquatiques de quelques étangs, des touffes d’un brun jaunâtre, présentant l'aspect des fia trachospe nues de la section suivante, mais qui, vues au microscope, offrent des ramules simples, éparses sur toute l’étendue des tiges. Les ramilles des verticilles sont pressées, dtcbolomes, cl leurs articulations sont un peu opoutioldes.
. ttt Mobilises, filaments tais dans leur étendue, n’offrant de ramules qu’aux verticilles par lesquels l'articulation est entourée. Le Conferca gelatinosa de Linné convient à toutes les pl. de celte section, la plus nombreuse en esp. d’un port élégant. Ces esp. soûl :
14° Batrachosperma helmintosa, B., toc. c., t. 29, f. 2; Corallinu pinyuis, ramosa, ciridis , Vaillant, Paris, T. vi. (Médiocre.) — 15» Bit r. ludibunda : et ton fusa, B., loc. c., t. 39, fig. 3; — fl monili forma, B., t. 30, fig. 1. (Batr. moniliforma.) Rolli. , cat. iii, 1Ü0; Vaucher, Conf., T. XI, f. 4; Cand., Flor. fr., h, 59; Lyngbye, Tent., 187, t. 04, 1 (Médiocre); la plus commune de toutes; — y pulcherrima, B., t. 30, fig. 3, d’une couleur qui passe facilement au violet, et rend les échantillons de celle variété fort remarquables dans les herbiers;— S ciridis , B., pl. 30, f. 4;— « stagnalis , B., pl. 30, f. 3. — 10° Batrachosperma (rquinoxialis, B.,
1 loc. cit., pl. 29. Bory avait pris cette esp., trouvée dans les îles de France et de Mascareignc, pour une var. de la précédente, et l’avait mentionnée sous le si- ! gue fl. La disposition de ses rameaux, mieux examiuée, j ne permet plus de confondre ces pl. sous uu même uom .
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— 17° Datrachosporma cœrulescons, B., loc. cil., pi. 30, fig. 3. Bory avait également confondu cette ; charmante espèce avec les variétés du ludibunda sous le signe e. Des observations ultérieures l'en ont fait séparer. — 18° Balr. Keralophyta, B., loc. cit., t. 3!, fig. 2. Esp. très-voisine du Balr. turfosa, n° 4, mais dont la lijje, cornée à sa base surtout, est constamment nue.
•|-fttBRAF*ii!»ALDi?iE9, filaments vagues, hyalins, entièrement nus, cylindriques, aux articulations peu sensibles desquels les ramules forment des verlicillcs qui ne sont pas toujours complets. — On voit ici l’une des nombreuses preuves que la nature ne procède jamais parbouds. Déjà une section des Batrachospcrmes indique un passage aux Thorées; celle-ci eu forme un avec les Draparnaldies. Une seule esp. y fut observée jusqu'ici.
10° Datrachosperma trislis, B., loc. c., pi. 31, qui renferme deux variétés, la pâle, chlora, fig. 3, et la colorée, colorala, fig. 4, d'un verdâtre peu apparent, ou devenant brune dans quelques circonstances. A peine la disliugue-t-on dans les eaux sur les débris des pl. dont elle est parasite ; on la confondrait facilement, au premier aspect, avec les Draparnaldies , mais le microscope signale bientôt la différence.
BATRACIENS. Du mot grec BatracUos, quatrième ordre de la classe des Reptiles. Laurcnli l'indiqua le premier; Alexandre Brongniart le constitua, et depuis tous les naturalistes se sont accordés pour l'adopter. Il est fort naturel encore qu’il renferme des Animaux qu’au premier aspect on avait éloignés les uns des autres. Linné, par exemple, avait placé, d’après leur forme générale, parmi les Lézards, les Salamandres qui sont cependant beaucoup plus rapprochées des Grenouilles, type de l'ordre dont il est question. — Les Batraciens paraissent faire le passage des Reptiles aux Poissons, et ressemblent surtout à ces derniers par leur forme et leur manière de respirer dans le premier âge. Ils diffèrent des Serpents par la présence des membres, et des autres Reptiles par la nudité de leur peau, qui n’est ja* mais recouverte d'écailles ou de carapace. Tous les auteurs les avaient dits jusqu'ici privés d'ongles; on vient d'en rapporter du Cap qui en sont munis. Il n’existe point chez eux d'accouplement complet; la femelle produit des œufs, dans l'accouchement desquels le mâle l'assiste par divers procédés, et que celui-ci arrose ensuite de sa liqueur prolifique. Brcschet a remarqué que ces œufa, encore qu'ils n’aient pas été fécondés, suivent pendant plusieurs jours, la marche de développement qu’on observe dans ceux qui Tout été, et que ce n’est qu’après plusieurs jours d’une semblable conservation qu'ils finissent par se détériorer et se corrompre. Ces œufs, environnés d'une substance que nous avons reconnue être albumineuse, sont disposés en longs cordons, en amas plus ou moins considérables dans l’eau des marais , ou portés diversement par les pères et mères, scion le mode adopté dans chaque espèce pour sa conservation.
Les caractères de cet ordre consistent, ainsi que nous l’avons indiqué , dans l'absence de toute carapace ou écaille, dans la nudité du corps, dans l'insertion de la
tête à l'attache de laquelle on ne distingue , pas plus que dans les Serpents, un cou bien marqué; dans l'insertion des pattes constamment placées sur les côtés, et surtout dans les singulières métamorphoses que subissent les Animaux qui le composent, métamorphoses non moins extraordinaires que celles de la Chenille en Papillon. En effet, au sortir de l’œuf, le Ratracien, vulg. nommé Têtard , est un véritable Poisson ; son squelette qui, se développant tard, le réduit longtemps à l'état d'un Invertébré, est de la substance des arêtes; sa bouche est un véritable hcc à peu près pareil à celui d’un Syngnathe; il n'a point de pattes; son corps, plus ou moins ovoïde ou allongé, se termine par une queue comprimée en nageoire ; le mode de respiration, opéré par des branchies, dépend de celles-ci, qui sont portées aux deux côtés du cou par des arceaux cartilagineux attenant â l'os hyoïde; enfin , jusqu'aux intestins du Têtard , essentiellement herbivore, tout doit changer; car l’appareil de la digestion doit devenir celui d'un Animal qui ne se nourrira plus que d'insectes et de choses ayant eu vie. A mesure que l'existence du Têtard se développe et s’avance vers l’état parfait, cet être préparatoire perd ou gagne quelques organes : ses branchies, excepté dans certaines espèces, peut-être condamnées â ne jamais sortir de l’étal de larves, disparaissent ; les pattes ne lardent point à paraître, et bientôt la queue disparail , au moins chez les Batraciens proprement dits. L’absence ou la présence de cette queue détermine la division de l'ordre en deux sections assez tranchées , et que leur aspect surtout rend facile à reconnaître. Ces deux sections, bien caractérisées par Duméril (Zool. anal., p. 00), ont été fort heureusement nommées, parce savant, Anoures et Urodèles. Nous ne pouvons mieux faire que d’adopter ici sa classification des Batraciens avec les G. qu'il y a établis.
t Axoires. Corps plus ou moins trapu, large, sans queue, â pattes de devant plus courtes que les postérieures; la peau à peine attachée au corps, et semblable à un sac dans lequel flotterait celui-ci. Les Anoures sont répartis dans les quatre G. Rainette, Grenouille, Pipa et Crapaud. Tous formaient le seul G. Ratia de Linné. La plupart habitent les eaux ou leur voisinage, même après leur métamorphose; tous s’y rendent pour le part, au tetn|»s des amours. Cependant quelques uns se traînent loin d’elles, sur la terre ou dans ses obscures cavités; d'autres grimpent aux arbres et se plaisent dans la verdure où leur couleur ne permet guère de les apercevoir. A peu près seuls entre les Reptiles, ils font entendre une voix qu'on appelle coassement. Leur tête est plate; leurs yeux gros; leur bouche très-fendue; leur langue molle, ne s'attachant pas au fond du gosier, mais au bord de la mâchoire, et se reployanl en dedans. Leurs pieds de devant n'ont que quatre doigts, ceux de derrière portent souvent le rudiment d’un sixième. Le squelette est entièrement dépourvu de côtes. L’inspiration de l'air ne se fait que par le mouvement des muscles de la gorge, laquelle, en se dilatant, reçoit de l’air par les narines, et, en se contractant pendant que ces narines sont fermées au moyen de langue, oblige l’air à pénétrer dans les poumons; l'expiration, au contraire.
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•'exécute par les muscles du bas-ventre, de sorte que. lorsqu'on ouvre cette partie dans les Anoures vivants, les poumons se dilatent sans pouvoir s'affaisser; et, si on force ces Animaux à tenir la bouche ouverte, ils s’asphyxient promptement , parce qu'il» ne peuvent plus renouveler l’air de ces mêmes ppumons.
fi- Ubodèles. Ce n'est pas seulement par la présence de la queue, dit Duméril, que les batraciens de celte section différent dos autres; c’est qu'ils se conviennent par beaucoup d'autres caractères qu'on n’observe pas dans les Anoures. Tous ont le corps couvert d’une peau très-adhérente. Quand ces Animaux ont quatre pattes, ces membres sont très-courts, égaux entre eux, et tellement éloignés qu'ils ne peuvent pas supporter le corps. Leur langue est comme celle des Grenouilles ; l'oreille entièrement cachée sous les chairs, sans aucun tympan, mais seulement avec une petite plaque cartilagineuse sur la fenêtre ovale; les deux mâchoires garnies de dents nombreuses et petites, deux rangées de dents pareilles au palais. Le squelette a de petits rudiments de côté, mais point de sternum; quatre doigts devant, cinq derrière. Le Têtard respire d’abord par les branchies en forme de houpes, au nombre de trois de chaque côté du cou; ces branchies s’oblitèrent par la suite, elles sont suspendues à deux arceaux cartilagineux, dont il reste des parties â l'os hyoïde de l'adulte ; un opercule membraneux recouvre ces ouvertures, mais ces houpes ne sont jamais revêtues d’une tunique, et flottent au dehors; les pieds de devant se développent avant ceux de derrière; les doigts poussent aux uns et aux autres successivement. Chez ceux de ces Animaux qui font entendre quelque bruit, la voix est faible, et résulte de ce que l'air chassé des poumons en sort par une sorte de vomissement. Kncore qu'il n'y ait pas d’accouplement chez les adultes, les œufs n'en sont pas moins fécondés dans le corps de la femelle, où il parait que s'introduit la laitance du mâle, qui est absorbée par les organes de la génération, très-gonflés vers l'époque voisine de la ponte. Les œufs sont pondus isolément; dans quelques espèces ils éclosent dans le sein même de la mère. — Quelques Urodèles vivent toujours dans l'eau; d’autres se traînent sur la terre, mais toujours dans les lieux humides, et se plaisent dans l’obscurité. Les Urodèles sont réparties dans les quatre G. Triton, Salamandre, Protée et Sirène.
D’après son travail, Duméril donne des Batraciens en général, la définition suivante : animaux ù corps nu, pourvus de membres; sans écailles, sans carapaces, sans pénis, sans ongles; à respiration soumise à l'empire de la volonté ; à cœur à une seule oreillette ; à œufs enveloppés d’une membrane; fécondés sans véritable coït, et subissant plusieurs métamorphoses dans le cours de leur vie.
Les Batraciens sont devenus l'objet de l'attention sérieuse des physiologistes. Roescl , dans un magnifique ouvrage intitulé : Ranarum nontratium Hisloria, etc., avait débrouillé l'histoire des Anoures européens ; on prétend qu'il avait fait le métne travail pour les Urodèles, et que le manuscrit, accompagné de belles figures, en existe encore entre les mains de quelques héritiers en Allemagne. Laurenli s'en occupa ensuite.
et Brongniart a définitivement marqué le rang qu'IU tiennent, en circonscrivant ce singulier groupe où la vie paraît éprouver d'étranges modifications. Ces Animaux ont été le sujet d'une série de belles ex|tériences que l’on doit aux recherches d'Edwards. et qui ont présenté des phénomènes tellement extraordinaires, qu’ils semblent ne pouvoir être rapprochés de ceux que nous offrent les autres Animaux vertébrés. On ne les croirait même pas unis entre eux par un lien commun , dit Edwards, si une étude approfondie de la nature ne faisait toujours reconnaître l’uniformité de ses lois : ainsi les Batraciens agissent et existent longtemps après l’excision du cœur et du bulbe de l'aorte, ce qui supprime la circulation ; mais cette suppression entraine aussi celle de la respiration; il semblerait donc que l’action du système nerveux et musculaire suffit chez eux â la vie. La strangulation la plus complète et la plus violente ne cause point la mort des Batraciens. Des Grenouilles dont Edwards avait non -seulement serré le cou, mais encore revêtu la tête d'un petit appareil qui ne permettait aucune introduction de l'air dans les poumons , ont vécu jusqu'à cinq jours , et l'une d'elles est même parVenue à s’échapper dans l'état où elle était réduite. Dans un Triton soumis à la même expérience, la tête entière est tombée en gangrène, sans que l'Animal en ait perdu la faculté d'agir; et l'on connaît l'expérience faite par Duméril sur une Salamandre, à laquelle il coupa la tête, et qui vécut longtemps après l'amputation et la formation d'une parfaite cicatrice du cou, qui devait intercepter le passage de l’air dans les poumons. Le but principal des savantes recherches d'Edw ards a été de savoir quelle était l’importance de l'action de l'air dans la vie des Batraciens, auxquels tout autre moyeu de respiration que la cutanée avait été ôté ; il a surtout examiné jusqu’à quel point ces Animaux (Ktavaienl en être totalement privés, et ce qu'on devait croire de ces Crapauds qu’on a dit s'être conservés dans du bois ou dans des pierres. Ces Animaux peuvent au reste vivre longtemps au fond de l’eau sans venir respirer, à sa surface, de l’air qui s’y trouve dissous ; ce n'est que dans l'eau qui ne serait pas renouvelée qu’ils trouveraient une mort prompte. Ce sont de véritables amphibies, qui supportent dans cette eau jusqu'à des degrés de froid assez considérables.
BATR1SE. Batritus. uw. G. de Coléoptères dimères de la fam. des Pselaphiens, institué par Aubé qui lui donne pour caractères : palpes de la longueur de la léle, â premier article très-petit, sphérique, le deuxième arqué et en massue, le quatrième et dernier conique; antennes monolifonnes, logées dans un enfoncement latéral de la tète qui est très-forte, avec un gros tubercule au centre ; corselet trapézoïdal avec trois lignes longitudinales en dessus, et trois fossettes réunies par un sillon transversal, bi-sinué vers la base; corps allongé et cylindroïde. Ce G. renferme, selon l’auteur, huit esp. distinctes.
BATSÔHIE. Batschia. bot. Le nom de Batsch. botaniste allemand, donné à plusieurs G. eu même temps, n’a été. par cela même, conservéd'unc manière certaine à aucun. Gmelin l'avait conservé à un G. très-voisin du Lilkosjtermuut, dont il se distingue par un petit an-
neau de poils, qui ceinl intérieurement la base du tube de sa corolle. Michaux l'a adopté dans sa Flore de l'Amérique sept., et il en décrit deux esp. — Thunberg a appelé Batschia deux pl. de l'Amérique, appartenant à la fam. des Ménisperraées, et voisines de V 4 buta d’Aublel. C'est le G- Trichoa de Persoon. Enfin Yahl, qui avait désigné sous le même nom encore une Légurniucuse de Ceylan, l'a changé en celui de Ilumboldtia.
BATTA. ois. On désigne eu Égypte sous ce nom les Oiseaux qui, venant de l'occident, se fixent aux bords du Nil, pendant la durée des débordements de ce fleuve.
BATTAJEASSE. ois. S. vulg. de Bergeronnette grise.
BATTANT, bot. On trouve souvent ce mot employé pour celui de valve, surtout par les anciens bolauistes.
BATTANTS, rept. Nom des deux pièces mobiles qui, dans quelques Cltéloniens, se rencontrent en avant et en arrière du plastron au steruuin, et qui servent à ces Animaux pour s'enfermer entièrement dans leur boite osseuse.
BATTAREA. bot. Ce G., dédié par Persoon au bolauisle italien Raltara, est rapproché par cet auteur, des Lycoperdons . Nées d’Eseubeck, au contraire, le place auprès des Phallus. Sa position est, en effet, difficile à déterminer. Son port et quelques uns de ses caractères semblent le rapprocher des Phallus , tandis que, par d'autres, il est plus voisin des Ly cape nions. Son pédicule, assez long, fisluleux, charnu, est entouré à sa base par une volva large, remplie d'une matière mucilagineuse. Une partie de celte volva reste sur le chapeau qu'elle recouvre d'une sorte de coiffe. Ce chapeau est hémisphérique, en forme de cloche, et porte à sa surface extérieure, une couche de poussière entremêlée de filaments qu'enveloppent en partie les restes de la volva. Ce G. ne renferme qu'une seule esp., D. phalloïdes, Pers., Syn. Futig., p. 129, lab. 1 1 1 . fig. 1, qui n’a été observée jusqu'à présent qu'en Angleterre.
BATTË-MARRE. ois. S. vulg. de Bergeronnette grise, et d'ilirondelle de rivage.
BATTE-POTTA. rois. S. vulg. de la Raie Torpille.
BATTE-QUEUE. ois. S. vulg. de Bergeronnette grise.
BAUU1S. mai. Race de l'espèce du Chien domestique, appelée aussi Chiens normands. Elle est distinguée par son corps épais, sa tète courte, ainsi que ses oreilles, et s'emploie plus particulièrement dans la chasse du Renard et du Sauglier.
BALID. ma». Autre race de Chiens, originaires de Barbarie, appelés aussi Chiens-Cerfs et Chiens-Muets.
BAUDET, ma». S. d’Ane.
BAUD1SSÉH1TE. Mix. F. Magnésie carbonatéb.
BAUDRIER DE NEPTUNE, bot. S. vulg.de Lauiiuaire sucrière.
BAUDROIE, pois. S. de Lophie.
BAUDRUCHE. ma», y. Intestins.
BAIERA, bot. Ce G. a été rapporté par Brown à sa fam. des Cunoniacées, dans laquelle il forme'une section distincte; son calice est persistant, à six ou à huit divisions linéaires, aigues, irrégulièrement serrées ; sa corolle se compose de six ou huit pétales, obovales, obtus, un peu plus longs que le calice qui est réfléchi; les
étamines sont très-nombreuses, insérées circulairement à la base du calice sur un disque périgyne. Le pistil est libre et supère. composé d’un ovaire arrondi, un peu comprimé, bifide à son sommet, qui se termine par deux styles allongés et divergents, dont l'extrémité offre un petit stigmate à peine distinct. Coupé transversalement, cet ovaire présente deux loges, dont les ovules, assez nombreux, sont attachés au milieu de la cloison et portés chacun sur un podosperine court. Le fruit est une capsule biloculaire, comprimée, subbilnbéc. à deux logespolv spermes, s'ouvrant en deux valves, par uue fente transversale, qui partage chacun de ses deux lobes, et s'étend quelquefois jusqu'à sa base. Les graines sont ovoïdes; l'euibryon est cylindrique, dressé, roufermé dans un endosperine charnu. Ce G. ne contient qu'une seule esp., h. rubioïdes, figuré par Ventenat (Malm., t. IMS). C’est un arbrisseau de six à huit pieds, dont les feuilles ovales et dentées sont verticillées par six. Les fleurs, jmrlées sur des pédoncules d'environ un pouce de longueur, sont élégantes et d'une jolie couleur rouge; il est de la Nouvelle-Hollande.
BAUGE, ma». Gîte du Sanglier.
BAUHINIE. liauhinia. bot. G. de la fam. des Légumineuses, établi par Plumier en l'honneur des deux illustres frères Batihjn ; il se distingue par ses feuilles simples, toujours partagées en deux lobes plus ou moins profonds; par son calice caduc, à cinq divisions, fendu latéralement; par sa corolle de cinq pétales presque égaux, onguiculés à leur base, un peu onduleux sur leurs bords; par ses dix étamines distinctes, inégales, dont une, beaucoup plus grande que les autres, paraiL élre la seule fertile; la gousse est pédicellée, allongée, très-comprimée, à une seule loge qui contient plusieurs graines planes. Les esp. sont assez nombreuses ; ou en compte environ trente, qui toutes sont des arbustes ou arbrisseaux d'uu port élégant, ayant les fleurs disposées en grappes axillaires ou terminales. Plusieurs sont cultivées dans nos serres ; telles sont surtout . la B. à lobes écartés, B. dira ricata, L., arbrisseau de cinq à six pieds, originaire des Indes-Orientales, et qui se fait remarquer par ses feuilles cordiformes, à deux lobes pointus et divergents; par ses fleurs blanches, assez grandes, qui forment des grappes terminales. Le B. scandons, arbrisseau sarinenlcux, muni de vrilles, au moyen desquelles il s'enlace aux arbres qui l’avoisiuenL, a les fleurs jaunes et axillaires. On trouve cette esp. aux Indes-Orientales et dans quelques parties de l'Amérique méridionale.
BAUME. Balsamum. bot. Fluide résineux, qui découle de certains arbres, et qui est eu général susceptible de dessiccation plus ou moins prompte, plus ou moins parfaite. Les Baumes diffèrent des Résines , en ce que, traités à chaud avec une dissolution de Carbonate de Soude, que Pou salure ensuite d’acide sulfurique, ils donuenl de l'acide benzoïque; on peut également obtenir cet acide par la simple sublimation. Les Baumes connus jusqu'à présent sont ceux du Pérou et de Tolu, le Styrax, lesquels sont ordinairement liquides, le Benjoin et le Storax calamite, qui sont apportés à l'étal solide. 11 est à présumer que la Canelle et la Vanille contiennent des substances balsa-
iniques particulières; car l'une et l'autre de ces pl. i donnent, par leur distillation, de l'Acide lienzoïque. Les Baumes sont presque complètement insolubles dans ; l’eau; ils se dissolvent parfaitement dans l’Alcool, l’Éther, les Huiles volatiles, et même les Huiles fixes; ils sont très- inflammables et répandent, en brûlant, une odeur agréable. Outre les usages médicinaux auxquels ils sont soumis, les Baumes sontencore employés comme parfums dans les cassolettes, et pour aromatiser plusieurs sortes de mets ; la dissolution alcoolique de Benjoin, étendue d'eau, est le cosmétique par excellence, auquel le charlatanisme a donné le nom de lait virginal.
Le nom de Baume, accompagné d’épithètes caractéristiques plus ou moins convenables, désigne, soit dans le commerce, soit dans la matière médicale, soit parmi le vulgaire, non-seulement des substances auxquelles conviennent les caractères qu'on vient d’établir, mais encore des choses qui n’y ont d’autre rapport qu’un arôme plus ou inoius flatteur, ou que des propriétés souvent imaginaires, comme on peut s’en convaincre par l'énumération suivante :
B. d’AbEriqie ou de Tolu. y. Tolu.
B. AQUATIQUE. y. MeNTUE AQUATIQUE.
B. BLANC OU df. Judée./'. Axyris.
B. de Brésil ou de Copahu. A'. Copayer.