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BOARMIE. Boarmia . ins. G. de Lépidoptères nocturnes, fain. des Phaléniles, institué par Treilschke qui l'a caractérisé ainsi : palpes courtes et débordant à peine le chaperon ; trompe longue ; antennes des môles terminées par un fil et pectinées; elles sont filiformes dans les femelles ; ailes également colorées et traversées par des lignes en zigzag sur un fond nébuleux, frangées ci festonnées, avec leur bord terminal simple et entier; corselet étroit et squainmeux, chenilles cylindriques, sveltes avec le corps un peu plus gros aux deux extrémités; elles ont la tète plate sur le devant et presque cachée sous le premier anneau. Ce G. se compose d'environ viugl-cinq esp. dont la P. du chêne, P. roboraria, Eab., est vraisemblablement le type.
BOBAKTIA. bot. Linné avait établi, sous ce nom, uu G. qui a été supprimé d'après un examen plus attentif. Schumacher et Willdenow ont fait du Bobarlia de Linné une esp. de Morcea qu’ils nomment spatliacea, à cause de la spathe de deux folioles, qui termine sa hampe et enveloppe le capitule des Heurs, entouré de spalhes plus petites et subulées. Pcrsoon a réuni cette esp. à son G. Sisyrinchium , d’où Beilenden Ker l'a encore retirée, pour en reformer le G. primitif Bobartia, qu’il caractérise ainsi, dans ta Monographie des Iridées : inflorescence agrégée, consistant en capitules composé», rarement simples et uniflores; spathe géuérale, presque toujours bivalve, foliacée, acuminée, avec les valves d'inégale longueur; spathe partielle, celle qui enveloppe chacune des fleurs, univalve; corolle rolacée, divisée en six lobes; anthères alternant avec les stigmates;
! ceux-ci étroits, linéaires, subulés, comprimés, roulés ou recourbés, entiers, ouverts au sommet; capsule subglobuleuse. trilobée nu prismatique, allongée, oligo polys- ! perme; semences disposées sur deux rangs. Ce G. se compose des B. spathacm, gladiata , aphylla, filifor- J mis et umbcllata, qui faisaient partie du G. Moræa de i Willd. ; ce sont comme l'on sait, des plantes africai- ! nés. que l’on trouve aux environs du cap de Bonue-Espérance; elles sont toutes herbacées, vivaces; à racines fibreuses, à feuilles planes ou faiblement roulées, à tige simple, nue et comprimée.
BOBËE. Bobea. bot. Gaudicbaud (voy. de l’Uranie) et A. Richard ont décrit, sous ce nom. une pl. qu’ils ont élevée ail type générique, maisqui plus lard a été reconnue pour l'analogue du Timonius de Rumph. E. ce mol.
BOBI. moll. S. de Marginellc rayée.
BOBU. bot. P". Decadie.
BOBUA. bot. G. de la fam. des Combrétacées, institué par Adanson et adopté par De Candolte, pour un arbre de l'Inde, que Linné avait appelé Eagenioides. Il a le ■ tube du calice male et faisant corps avec l'ovaire; le limbe découpé en cinq lobes courts et obtus; cinq pétales alternant avec ces lobes et plus longs qu'eux; vingt à trente étamines libres et dépassant les pétales en longueur ; un style filiforme; tin stigmate presque eu télé. Le B. La urina aies feuilles alternes, ovales, oblongues et dentées, les fleurs réunies en épi simple ou eu paniculc plus courte que les feuilles.
BOCAGE K. Bocagea. bot. G. de la fam. des Ménispcrmacées, Héxandrie Trigynie de Liuné, institué par Auguste SMIilalre pour quelques plantes observées par lui au Brésil. A peu près à la même époque, le D' Blume réunissait de son côté, à Java, six autres espèces, avec des caractères génériques semblables, sous le nom d'Orophea ; mais la priorité de la formation étant due à S*- Hilaire, Blume fut le premier à faire l'abandon de sa dénomination, pour adopter l’autre. On connaît donc maintenant huit bocagées bien distinctes, offrant pour caractères communs . un calice à trois divisions plu» ou moins profondes, quelquefois presque entier; six pétales de longueur inégale, disposés sur deux rangs; six à douze élimines alternes, dont plusieurs stériles; anthères biloculaires, adnées et extrorses ; trois à six ovaires libres, renfermant chacun de deux à huit ovules; stigmates obtus; carpelles presque sessiles cl bacciformes ; un petit nombre de semences disposées sur une seule rangée. A l'exception d'une esp. qui forme un arbre de vingt pieds environ de hauteur, les autres sont des simples arbrisseaux; des six indiennes décrites par Blume dans sa Flore de Java, cinq appartiennent à celte ile et l'autre aux Célèbes; toutes ont, en général, les feuilles ovales lancéolées, veinées, entières et courtemenl pétiolées; les fleurs sont petites, blanchâtres ou verdâtres, portées sur un pédoncule uniflore.
BOCCAS. rois. Esp. du G. Scomhrc.
BOCCOMA. bot. G. de la fam. des Papavéracées, Dodécandrie Monogynie, L. Le calice est composé de deux sépales ovales et caduques : il n’y a pas de pétales. Les étamines, dont le nombre, toujours multiple de quatre, varie de huit à vingt-quatre, suivant les espèces, présentent des filets très-courts, des anthères longues et
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linéaires; l'ovaire est un peu stipilé et surmonté de deux stigmates étalés. Le fruit est une capsule elliptique et comprimée, qui se sépare de la hase au sommet en deux valves, et dont le placenta persiste sous forme d'un anneau mince; au fond de celle capsule est attachée une graine dressée, dont le tégument, crustacé, est parcouru par un hile filiforme, qu'enveloppe inférieurieurement une pulpe molle; l'embryon, très-petit et dressé, est logé à la hase d’un périsperme charnu. Ce G. a attiré l'attention des botanistes par deux caractères qui semblent. nu premier coup d'œil, des anomalies, savoir : l'existence d'une graine unique, et l'absence de pétales; mais il est vraisemblable que la capsule n'est monosperme que par avortement, et le défaut de pétales est en quelque sorte compensé par la persistance des quatre fileta extérieurs, qui tombent au même instant que le calice. Les esp. de ce G. sont, comme la Chélidoine dont elles se rapprochent, remplies d'un suc jaunâtre. Leurs feuilles sont alternes et pétiolées; leurs fleurs disposées en panicules terminales, parsemées de bractées à la hase des pédoncules généraux et partiels. On n’en a jusqu'ici décrit que trois : deux sont des arbrisseaux originaires d'Améri<[Uc;l'un, \eB. frutescens, ayant huit ou douze ou seize étamines et des feuilles pinnatifldes, est cultivé dans les jardins de botanique et figuré par Lamarck (lllust.. tab. 504) ; l'autre, le B. integ ri folia t ayant vingt étamines et des feuilles entières ou à peine crénelées, est figuré tab. 55 des riantes équinoxiales de Ilumholdt et Bonpland; la troisième, où l'on compte vingt-quatre étamines, est le B. cordnta , pl. herbacée, originaire de la Chine.
BOCtilR. rept. Esp. du G. Couleuvre.
BOCK. mah. S. de Bouc.
BOCKI.A. bot. Nom donné par Scopoli et Necker, à un G. établi par Aubtet, sous celui de Mouriria.
BOCLLA CEKVINA. max. S. d'Antilope Bubale.
BOCYDIE. Bocjrdium. txs. Hémiptères. Fam. des Cicadaires. Latreillea établi ce G. pour les Cigales dont les élylres sont entièrement ou en majeure partie découvertes, le prolongement sculellaire du prothorax étroit, plus ou moins lancéolé ou en forme d'épine. Il place dans ce genre ou ce sous-genre les Antrotus horriJus, trifidus,gtobularis, clacalus et clariger dcFabricius.
BOUD VERT. rois. Esp. du G. Gobie.
BODIAN. Bodin nus. pois. G. de l'ordre des Acanthoplérygiens, fam. des Percoïdes. Les Bodians appartiennent aux Thorachiques de Linné, et sont caractérisés par plusieurs aiguillons aux opercules, tandis que les prépercules ne sont pas dentés; une seule nageoire dorsale règne sur leur corps, dont la physionomie est assez celle des G. voisins. Le nom de Bodian vient des Espagnols et des Portugais, qui l’appliquaient à des Labres exotiques brésiliens; Bloch l'ayant restreint à une esp. qui est devenue type, il a été employé comme générique, l’n assez grand nombre de Bodians sont connus et répartis dans les trois sections suivantes. Leur chair est estimée.
f Esp. qui ont trois piquants à chaque opercule. Les principales sont le B. guttatus, Bloch, cl le B. Hœnak , Schneider. Quelques Labres et Perches des auteurs se viennent ranger dans celte section.
ft Esp. à deux piquants. Nous ne connaissons que le B. argenteus qui rentre dans celte section, et qui soit européen.
ttt Esp. à un seul piquant. Les B. Aya, A pua et fa8ciatu$ de Bloch, avec des Poissons épars jusqu’ici dans d'autres G., viennent s'v placer.
On a encore subdivisé en deux sections le G. des Bodians. selon qu'ils ont la queue arrondie et entière, ou fourchue en croissant. Les Bodians Œillère. Jaguar, Bloch, argenté, Aya, de Fischer, Yivanet. etc., font partie de la seconde. Les B. Rogaa, lunaire. Bœnak, Apua, etc., rentrent dans la première.
BODO. lares. G. établi par Ehrenberg dans sa méthode de classification des Infusoires, pour y placer les animalcules de la fam. des Monadines, qui. outre le corps monomorphe, c’est-à-dire, ayant une forme stable, présentent une queue et un corps cylindrique.
BODTY. Rxrr. $. d'Amphisbène.
BŒRERA. bot. G. de la fam. des Synanthérées , caractérisé par un involucre hémisphérique, double et divisé profondément l’un et l’autre en plusieurs parties; un réceptacle nu ; des fleurs radiées , dont le centre est occupé par des fleurons tubuleux, hermaphrodites, la circonférence par des demi fleurons femelles; des anthères nues à leur hase; des akènes courounés par des aigrettes de poils fascicules. Il comprend des pl. herbacées. à feuilles alternes ou opposées, profondément pinnatifides; à fleurs terminales et pédonculées, dont le rayon offre une couleur jaune ou orangée. Des glandes éparses sur les feuilles et plus encore sur les involucres. leur donnent une odeur forte et pénétrante. On en connail trois esp. : l'une est le B. chrysanthemoides, W., Tagetes papposa , Midi., ù feuilles hipinnalitides; l'autre le B. porophyllum, W., qui présente un double involucre à divisions nombreuses, ciliées dans celui qui eBl extérieur; enfin, le B. fastigiaia , kunlh.ouces divisions, au nombre de six ou sept, sont entières. Ce G. est le Dyssodia de Cavanilles, et |>eut-êlre doit-on y rapporter aussi V Aster pinnatus du même auteur. Le professeur De Candolle, n'ayant point adopté le G. Bæbera, a conservé ce nom pour une des divisions de son G. Dyssodia, dans laquelle sont les esp. chrysanthemoides et fastigiaia ; le porophylla forme à lui seul la division Eudysudia. Ces trois pl. sont de l’Amérique septentrionale où elles ont été recueillies par Michaux et De Humboldt.
DŒBOTRYS. bot. Le G. présenté sous ce nom dans le Flora indica, a été réuni au G. Ma’ s a .
BŒFF1ARD. ois. F-. Bafiard.
BŒUMÉREoti BUE 11 ME IUE. Bœhmeria. bot. Ce G., de la fam. des UrticéeSj a été établi par Jacquin, puis réuni par Linné au G. Caturus, et enfin rétabli par Jussieu et surtout par Kunlh,qui dans les Sora Généra et Species de De llumlmldt. en a décrit six esp. nouvelles. Les Bœhmères sont lautôl herbacées, tantôt sous-frutcscentes , portant des feuilles alternes ou opposées , marquées de nerv ures très-prononcéeset accompagnées de stipules. Leurs fleurs, qui sont monoïques ou même diolquex, sont axillaires et forment des capitules ou des épis. Dans les fleurs mâles, le calice est tubuleux, à trois ou quatre divisions profondes; le nombre des étamines
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est égal à celui des lobes du calice; les fleurs femelles oui le calice simplement denté à son sommet ; l'ovaire simple, surmonté d'un style grêle, que termine un stigmate simple. Le fruit est un akène renfermé dans l'intérieur du calice qui se resserre dans sa partie supérieure. Les Bœlimères sont presque toutes originaires du nouveau monde.
BŒHMERLE. ois. V BKeieble.
BOEMYCE. bot. V. Béoxyck.
BGE.NAC. pois. y. Brxxk.
BIOiSLNülIAUSIE. Bœnninghauaia. bot. Sprcngala séparé du G. Glycine, de la fam. des Légumineuses, Diadelpliie Décandrie L., uneesp. qu'il a érigée en G., avec les caractères suivants : calice bilabié, à cinq divisions subulées, et garni de poils glanduleux; corolle papilionacée; étendard obeordé, égal en étendue aux ailes, qui sont cunéiformes; étamines diadelphes; légume polysperme et uniloculaire. Le B. vinccntina est une pl. volubile, herbacée, à feuilles 5-pentiées, à folioles obovales, tnucronées et glabres, à pédoncules axillaires, verticillés; les fleurs sont jaunes. Celte pl. est originaire de l'ile de St. -Vincent, l'uue des Antilles.
B4EKUAAVIE. Boerhaavia. bot. Ce G., dédié par Linné à l'illustre Boerhaave, appartient à la fam. des Nyctaginées. Ses fleurs sont réunies dans un involucre composé de folioles caduques et en forme d 'écailles. Leur calice, tubuleux et rétréci vers son milieu, offre à son timbre cinq divisions anguleuses et caduques. Le nombre des étamines varie d'une à quatre. Le fruit est un petit akène entièrement recouvert et caché par le tube du calice, qui est anguleux. Ce genre se compose d’environ une trentaine d'espèces qui toutes sont des pl. herbacées ou sousfrulescentes , ayant les feuilles opposées, les fleurs petites, disposées en ombelles, souvent paniculées, et qui croissent en Amérique, dans l'Inde et en Afrique. On doit retirer de ce G. le B. arborescent de Cavanilles, qui coustitue un G. nouveau et distinct des véritables Boerbaavies par scs élamines constamment au nombre de dix, par son ovaire pédicellé et son slyte latéral.
BCESLHAA. ois. S. de Pélican blanc.
BOEUF. Bos. G. de Ruminants à cornes creuses, caractérisé par un long fanon ou repli de la peau, sous le col; par la largeur du muffle; par !>xislcnce, dans les deux sexes, de cornes dirigées de côté et revenant vers le haut ou en avant, en forme de croissant.— Buffon n'a distingué que deux espèces dans ce genre, le Boeuf et le Buffle. 11 veut que le Bœuf sauvage, souche du Bœuf domestique, l'Aurochs de l'Asie eide l'Europe, le Bison d'Amérique, le Zébu d'Afrique et des Indes, ne soient que des variétés d'unej;«pèce unique, produites par le climat. Il veut que la bosse des Bisons et des Zébus soit un stigmate d'esclavage renforcé par l'excès de nourriture; il veut encore que l’espèce sauvage, bossue, descende de Bœufs bossus échappés à la domesticité; que dans l'état sauvage la bosse se soit renforcée; que ce soit là la variété qui serait passée en Amérique ; qu'une preuve de l'unité d'espèce du Bison américain et de l'Aurochs, c'est que tous deux portent le Musc ; et, méconnaissant la distinction déjà faite de ces deux esp. par Charlevoix et d'autres voyageurs, il confond le
Bœuf musqué et le Bison; puis, oubliant ce qu’il dit du Bison dont il prolonge l'habitation jusque sous le pôle, à la place du Bœuf musqué, il établit que la race de l'Aurochs occupe les zones froides, et celle du Bison les zones chaudes; que tous les bœufs domestiques sans bosses descendent de l'Aurochs, et tous les Bœufs à bosses des Bisons. Toute l'éloquence de Buffon ne peut faire que ces assertions aient le moindre fondement. - Pallas (T. xiii, Nov. Comm. Perl.)* décrit des crânes appartenant à une espèce de Buffle aujourd'hui perdue, et qui se trouvent en Sibérie depuis te Jalk jusqu’à l’Anadir; dans ce même espace il n’existe aujourd'hui ni Buffle ni Aurochs. Par sa grandeur et par l'arc saillant de l’occipital en arrière des cornes, le crâne de cette espèce est différent de celui des Buffles aujourd'hui vivants. Pallas a déterminé sur des crânes trouvés à la surface du rivage, près de l’embouchure de l’Obi , une esp. de Bœuf non décrite et qu'il a rapportée au Bœuf musqué de Charlevoix et de Pennanl; et enfin, dans le tome 2 des Actes de St.-Pélersbourg, détaillant tous les faits relatifs à l'Aurochs, au Bison, au Bœuf musqué et à l'Yack, il en établit quatre espèces distinctes, confondant en une seule le Bison et l’Aurochs; il réfute l’erreur de Buffon qui admetdans l'Aurochs d'Europe deux variétés, l'Urus et le Bisou. Buffon a été induit en erreur d'après les écrivains anciens, à dater de Pline, par le mot germain Bisem , désignant l'odeur musquée des vieux Aurochs, et latinisé dans le nom de Bison. Mais tout en reconnaissant que ni l'Aurochs ni le Bison u’existent sur l'étendue de l'Asie boréale ou moyenne, Pallas n'en persiste pas moins à croire, avec Buffon, que l'Aurochs et le vrai Bison américain seraient les var. d'une esp. unique, altérée par un nouveau climat, et il indique le trajet de leur émigration, par des communications anciennes entre l’Europe et l'Amérique, communications dont il ne reste que des débris dans les iles Schetland, Féroé et l'Islande. 11 admet que l'Aurochs est la souche primitive, sauvage, du Bœuf aujourd'hui domestique. Il résulte donc des travaux de Pallas, que notre Bœuf domestique, l'Aurochs, le Bison, seraient d’esp. identique, et le Bœuf uiùsqué, l'Yack, le Bœuf asiatique et le Buffle du Cap autant d'esp. distinctes; il n'y avait donc, avant Cuvier, que cinq esp. vivantes, déterminées dans le G. Bœuf, plus le grand Buffle fossile deSibérie. Dans le Dictionnaire des Sciences naturelles. Cuvier en distingue huit esp., le Buffle Ami et le Taureau domestique dont il voit la souche, non dans l'Aurochs qu'une paire de côtes surnuméraires, l’arc occipital et la distance interorbitaire du front distinguent de notre Bœuf; mais dans une esp. fossile, dont les crânes ont été trouvés dans les tourbières de la France et de l'Allemagne, et dont les dimensions égalent celles des grands Buffles fossiles de Sibérie, découverts par Pallas. Cuvier même rapportait à I'esp. du Buffle Arni ces grands crânes fossiles. Aujourd'hui le Cabinet d'Anatomie comparée, enrichi, par les soins de ce savant, de squelettes ou de têtes de toutes les esp. vivante* et fossiles moins les Buffles de Sibérie, figurés par Pallas, T. xiii des A 'oc. comm. Pelrop., montre évidemment que le Buffle Ami est une esp. distincte du grand Buffle fossile deSibérie ; la principale différence est l'absence,
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dans l'Arni . de l'arc occipital du front, plus grand dans le Buffle fossile que dans l’Aurochs même, et la brièveté relative des cornes du fossile. Voyez les figures citées de l’allas, où la tête du Buffle fossile est représentée à côté de celle de l’Aurochs. Cuvier a donc déterminé trois esp. inconnues ou méconnues avant lui : 1° le grand Taureau, souche du domestique; 3° l'Ami dont le crâne, comparé à celui du fossile de Sibérie, diffère, comme nous venons de le dire; et le Bison distinct de l'Aurochs.
Aucune esp. de Bœuf n'a été trouvée dans T Amérique mér.; ou n'y a pas trouvé non plus de débris fossiles de ces animaux. Dans l'Amérique du nord, au delà du tropique, existe le Bison caractérisé par quinze paires de côtes et parla disproportion du train de derrière avec le train de devant; ces caractères sont d'une importance bien plus grande que celle du volume et de la direction des cornes et la longueur ou la distribution des poils. Il faut dire pourtant que le poil du Bison est d’une nature différente de celle du poil de l'Aurochs, il est laineux; la texture de la peau diffère aussi dans le Bison et dans l'Aurochs; le cuir est dur et compact dans l'Aurochs, il est spongieux dans le Bison, comme dans le Boeuf musqué. Le Bison habile depuis le quarantième degré jusqu'au cercle polaire arctique: en deçà du même cercle est la patrie du Boeuf musqué.
Dans le nord de l'Asie, il n'y a ni Aurochs, ni Buffles, ni Bisons, et il ne parait pas y en avoir jamais existé; les crânes que l’on y trouve fossiles, appartiennent A une esp. perdue, qui parait avoir occupé aussi le nord de l'Europe. On en retrouve les débris dans les mêmes terrains où se trouvent les ossements d'ÉIéphants et de Rhinocéros fossiles; elle n'a donc pas été contemporaine des autres esp. dont, s'il en était autrement, on devrait retrouver les os avec les leurs; les crânes analogues, mais si supérieurs en grandeur à celui de notre Taureau domestique que leur longueur est de deux pieds quatre lignes, sont au contraire contemporains de la période actuelle de la vie sur le globe, car on les trouve dans des terrains dont la formation se continue 'encore. Comme les anciens ont distingué deux esp. de Bœufs sauvages en Europe, Cuvier peuse, attendu l'existence récente de celte esp., que c'était elle qu'ils appelaient Bison. L’esp. en serait éteinte à l'étal sauvage.
Iferberstein . De Lithuaniâ, cap. 2; Mathias à Michow, De Lithuaniâ et Samoçitiâ, lib. 2 ; Martin Cromer, évêque de Varmia, De situ Poloniœ et gene polonicâ, disent positivement que le nom de Bison est constamment donné à l'Animal appelé Zuhr ou Zurohr par les Polonais; que cel Animal est improprement nommé Aurochs et Urox par les Germains; que ces deux derniers noms concernent seulement ITrus ou Thur des Polonais : or, Herberstein et Martin Cromer disent positivement aussi que le Thur ne se trouve que dans la seule Massovir, près de Varsovie ; ils citent les villages chargés de leur conservation. A cette époque l'espèce du Thur était conservée par curiosité, comme t'est encore aujourd'hui celle du Zuhr en Lithuanie, d'après Gilihert, Exercit. Phitolog. Zool.f Wilna, 1792. Enfin d'autres observateurs du pays, et cités parGesner, le baron Bonarus, Jnt. Schneebergen, désignent par
Thur une espèce de Rceuf sauvage, qui ne diffère du domestique que par la supériorité de la taille, la constance de la couleur noire dans les mâles, et un pelage plus élégant; leurs cornes sont dirigées en avant. Ce dernier caractère exclut l'identité avec le Buffle, présumée par Pailas. Celte direction des cornes en avant, cette supériorité de taille, cette identité de forme avec celle du Bœuf domestique, précisées par des observateurs qui connaissaient le Zuhr (notre Aurochs), et qui en décrivent les caractères, ne peuvent concerner évidemment ce dernier Animal. Le Thur en diffère donc; c'est encore moins le Buffle dont la taille est beaucoup plus basse, qui n'a jamais habité un climat aussi froid, et qui alors était connu. J.-C Scaliger, Earerciï. Exoteric . 200 ad Cardan le décrit aussi exactement que les modernes; il insiste sur l'aplatissement de ses cornes. Albert te Grand l'avait aussi déjà bien caractérisé deux siècles plus tôt; les auteurs polonais cités, qui avaient passé plusieurs années en Italie, qui par leur savoir ne pouvaient ignorer les écrits d'Albert et de Scaliger, et surtout Herberstein qui avait été en Italie et en Grèce, ne pouvaient donc prendre l'un pour l'autre. J.-C. Scaliger avait vu des cornes de ITrus (ou le Thur); il dit que ITrus ne diffère en rien du Taureau domestique. 11 aurait bien reconnu une corne de Buffle; il parle de leur usage actuel en Massovie pour vases A boire dans les festins, comme en Germanie au temps de César; Aldrovande, Quadr. Bisulc., p. 350. dit que les cornes de ITrus sont beaucoup plus longues que celles du Bison, et d'une autre couleur : or, nous avons vu que leur direction est aussi différente. Gesner avait vu à Mayence et AWonus, de grands crânes de Bœufs sauvages (et toujours il appelle le Thur, Bœuf sauvage), doubles en grandeur de ceux des Bœufs domestiques, attachés, quelques siècles auparavant, à des édifices publics. A la même époque, le médecin J. Caïus avait vu, dans le cliAteuu de Warwick en Angleterre, de grands crânes pareils à ceux que l'on trouve bien plus souvent que ceux d'Auroc.hs dans les tourbières de France et d'Allemagne, et dont le front se termine sur une ligne droite passant par les contes comme dans les Bœufs domestiques. Et ces crânes vus à Warwick et ceux de nos tourbières ont les cornes très-grandes, dirigées en avant. V . Gesner, Quadrup., p. 137, et Cuvier, Ossem. Foss., t. 4. — Ces caractères de la direction des cornes, de la supériorité de là taille, et, pour le répéter, cette ressemblance du Thur avec les Bœufs domestiques , précisée par des observateurs qui connaissaient IcZubr et le Buffle, n’implique-t-elle pas l'identité du Thur avec le grand Taureau fossile; ce grand Taureau est pour nous l'ancien Crus de César, dont l’esp. a été la première anéantie parce que les progrès de la civilisation ont été plus rapides dans l’ouest de l’Europe. Au quinzième siècle, elle n’existait plus que dans les forêts royales de Pologne, comme l’espèce de l’Aurochs, originaire de l'est de l’Europe, se contenait, en 1778, dans la forêt de Bialoviczenski en Lithuanie. Le Buffle introduit en Europe sous le règne de Justinien , en 595. se trouve aujourd'hui en Asie, en Afrique et en Europe. Le Buffle du Cap appartient A l'Afrique australe ; il n'y a pas d'indice de son existence dans l'Afrique boréale.
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On verra à son article qu'il diffère autant de l’autre Buffle que des autres Bœufs; qu’en conséquence on ne peut attribuer ces différences à l'influence du climat. L'Arni ne se trouve que dans la partie montagneuse de l’Asie méridionale; et l'Yack, dont il parait qu'il existe plusieurs variétés différentes par la taille, le chevelu de la queue et l’existence des cornes, ne se rencontre pas hors de l’Asie centrale, circonscrite par les monts llymalala au sud. les Altaï et Sayansk au nord, et ceux de Belur à l’ouest. Chacune de ces espèces est donc séparée des autres par les limites de son organisation, et par celles de sa répartition géographique. Les deux esp. qui ont le plus d'analogie. l'Aurochs et le Bison, sont précisément celles que séparent les plus grands intervalles. On ne peut donc faire dériver l’une de l'autre. Pallas , embarrassé de l’absence de l'Aurochs dans toute la Sibérie, et de ce qu'à l’époque de la découverte de l'Amérique, le Bison y était plus nombreux que l'Aurochs ne l’a jamais été en Europe, réfléchissant que tous les Animaux communs à l’Amérique et à l'ancien continent, les Elans, les Rennes, le Loup, le Renard, l'Isatis, etc-, se trouvent sur les deux bords du détroit de Behring, n’ayant d'ailleurs pu s'assurer, par l'examen, de la différence du Bison et de l'Aurochs, inclinait à le croire une variété de celui-ci, passée en Amérique par un grand isthme dont les Iles Schclland, Feroe et l’Islande seraient des débris; mais si cela était, on en devrait retrouver l'esp. dans ces mêmes Iles, et leur route devrait êlre ainsi jalonnée : or il n'en est rien. D'ailleurs l'instinct n’aurait pas dû se métamorphoser par l'émigration , lorsque tous les rapports d’existence de l'Animal seraient restés les mêmes, puisqu'en changeant de contrée, il n'aurait pas changé de climat. Ainsi l’Aurochs aurait conservé en Amérique l'instinct de la vie solitaire dans le fond des forêts où il n'a pas été refoulé par l'homme. Car du temps de César, on ne le trouvait qqe dans la forêt llrrcinie, comme aujourd'hui dans les forêts de la Lithuanie et des monts Krapacks. Au contraire, le Bison, en grandes troupes, se plail dans les vastes plaines découvertes, qui produisent une herbe longue et épaisse. Il est en outre plus rare et plus petit du côté de la baie d'Hudson que dans l'intérieur du continent; il n'entre dans les bois que quand il est chassé. — Le Bœuf musqué habite les rochers cl les parties hautes et rocailleuses, les terres stériles, sans pourtant s'éloigner des bois. Le Buffle asiatique préfère les marécages où il se tient entièrement plongé, comme le dit Scaliger. Le Yack habite les •étages supérieurs des montagnes ou les plateaux froids de l'Asie centrale. Le Buffle du Cap, comme l’Aurochs, habile les forêts impénétrables de l’Afrique australe. Far la figure de ses cornes, et leur énorme volume, ce Buffle ressemble davantage au Bœuf musqué, qui habite à l'autre extrémité du diamètre terrestre, qu'à aucun autre Bœuf; ses habitudes d'ailleurs sont différentes. Il est évidemment impossible de lier par d'autres intermédiaires ces deux espèces entre elles; toutes deux sont sauvages , leur résistance invincible à quitter leurs sites ne peut êlre une disposition acquise. Toutes ces esp. sont donc aborigènes, non-seulement des régions, mais des sites où on les trouve.
Les différences d'organisation correspondent, dans chacune de ces espèces, aux différences d'instinct et des répartitions géographiques. Dans le Buffle du Cap, la Imite cérébrale n'a pas le quart d'amplitude que comporterait le même volume extérieur dans le Bœuf : les deux tables de tous les os du crâne sont écartées l'une de l'autre, comme dans les Cochons, par de vastes cellules dont les cloisons sont aussi compactes que la substance même des tables : l’écartement de deux tables dans le frontal, le pariétal et l’occipital, est au moins de trois pouces. Du raccourcissement du rayon descriptif de la cavité cérébrale, résulte une diminution proportionnelle du volume du cerveau allongé d'avant en arrière. Dans le Buffle, la disposition est la même, mais à un moindre degré. Dans le Buffle du Cap, la pointe nasale des inter-maxillaires reste distante d'un pouce de l’articulation naso-maxillaire, comme dans le Bœuf musqué; dans le Buffleordinaire, cette pointe de l'intermaxillaire est comprise dans la moitié de la longueur de cette articulation.
Dans le Buffle Arni, cette partie de l'inter-maxillaire forme les trois quarts antérieurs de la même articulation, mais les parois du crâne ne sont plus creusées de Cetlules. Dans le Bœuf musqué, les parois du crâne ont une épaisseur proportionnelle presque égale à ce qui existe dans le Buffle; mais ces parois sont solides, et leur tissu est fort compact, ce qui rend ce crâne plus pesant que tous les autres à égalité de volume. Ce n'est pourtant pas au climat que ces différents caractères peuvent s'attribuer, car le Bison limitrophe du Bœuf musqué n'y participe pas, et la même compacité se retrouve dans les cloisons du Buffle du Cap. Toutes ces différences sont donc primitives; il n'y a pas de différences sous le rapport de la structure des os, entre les autres espèces de Bœufs.
Outre les différences de figure, qui distinguent les crânes d'Aurocbs et de Bison de celui de l'espèce domestique. il y a surtout un caractère commun à ces deux espèces. C'est la distance où reste l'inler-maxillaire de l’articulation naso-maxillaire. Dans tous deux encore, les os du nez sont courts, larges et bombés; enfin un caractère plus décisif que tous les autres, pour la séparation de l'Aurochs et du Bison, c’est que celui-ci a quinze côtes, l'Aurochs et l'Yack quatorze, et tous les autres treize. Ces côtes surnuméraires n’entrainenl pas un supplément de vertèbres; elles s'insèrent aux vertèbres lombaires qui, au nombre de six dans les autres Bœufs, sont de cinq dans l’Aurochs et de quatre seulement dans le Bison. Dans toutes les esp., les cornes continuent de croitre aprèsrarhèveintntdela taille ; cet accroissement local est renforcé par l’abondance de la nourriture. Des crânes de même grandeur, et par conséquent des individus de même taille dans la même esp., offrent donc nécessairement, d’après ces circonstances, des cornes fort inégales. La taille ne peut donc se conclure de la grandeur des cornes, mais bien de celle des crânes qui lui est toujours proportionnelle. Au moyen de ces rapports qu'il a déterminés, Cuvier a ramené les Buffles Arnis. évalués jusqu'à quatorze et quinze pieds de hauteur d'après les cornes les plus gigantesques, â la taille des Bœufs de Hongrie, cinq pieds cinq & six
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pouces. Dans plusieurs esp., le Taureau, l’Yack, les cornes n'existent pas toujours; quand elles manquent, le frontal se bombe sur le milieu en môme temps qu'il y devient plus compact.
La môme esp. ne souffre guère d'altération par les changements de climats ; le Buffle, en Italie, a le poil rare, dur et noir comme dans l’Archipel asiatique, sous l’équateur. Le Bœuf domestique redevenu libre et presque sauvage, dans les llanos de Caracas et les pampas de Buenos-Avres, n’a pas moins de poils cl n’est pas autrement coloré qu’en Europe. Les diversités de pelages et de couleurs dans les esp. différentes, sont donc primitives aussi bien que les diversités plus profondes d'organisation : ce ne sont donc pas des accidents perpétués par la permanence de l'influence qui les aurait produits. La couleur des cornes varie d'une espèce à l'autre, comme la couleur et la nature du poil ainsi que sa direction.
B. Airochs. Bos férus, Linné; B. unis, Briss.; Zubr des Polonais; Bison et Wisen des écrivains du moyen âge; Bonasus d’Aristote. — La plus grande des espèces vivantes. D’après Gilibert ( Exercit. philol. Zool. , Wilna, 1783), le Zubr surpasse les plus grands Bœufs de Hongrie. Pallas en a mesuré un vieux mâle de six pieds de haut à la croupe et au garot. La tête était longue de deux pieds six pouces, l’intervalle des yeux de dix-huit pouces, celui de la naissance des cornes d’un pied : les cornes avaient treize pouces de hauteur, et autant de circonférence à la base. On a trouvé dans le Kentucky une portion de crâne fossile dont le contour de l'origine de la corne est de dix-huit pouces ; ce contour est de vingt et un |>ouces, dans un crâne fossile cité par Mayer : mais nous avons vu que l’on ne peut rien conclure des dimensions des cornes.
Cuvier a fait voir les différences du crâne dans l'Aurochs et le Bœuf. Le front du Bœuf est plat et même un peu concave; celui de l'Aurochs est bombé; il est carré dans le Bœuf, sa hauteur égalant à peu près sa largeur, en prenant sa base entre les orbites. Dans l'Aurochs, mesuré de même, il est beaucoup plus large que haut; te front du Bœuf se termine sur une ligne droite tangente aux cornes en arrière ; dans l’Aurochs cette ligne se courbe en arc deux pouces en arrière des cornes; la tête osseuse de l’Aurochs ne diffère pas de celle du Bison. L’Aurochs a quatorze paires de côtes.
Tout le devant du corps est garni de poils, longs de plus d’un pied, disposés en crinière; ceux des épaules, des bras et du fanon, tombent presque jusqu'aux sabots : il y a deux sortes de poils : l'un plus court, laineux et fauve, est une espèce de bourre; les longs poils de la crinière sont droits et rudes, mais encore laineux : ces longs poils tombent du printemps à la fin de juin ; ils ont repoussé à la fin de novembre. L'Animal ne porte donc sa livrée que pendant l'hiver. La crinière est quatre fois plus courte dans la femelle; les poils du train de derrière, au lieu d’être couchés, restent écartés de la peau à cause de la bourre ; les lèvres, les gencives, la langue et le palais sont bleus ; la base de la langue est hérissée de grands tubercules durs, déjà observés par l’évêque Cromer; les cornes sont noires, bien plus compactes et plus épaisses que dans les Bœufs; elles ont
ordinairement un demi-pied de haut et sont semi-lunaires ; les poils de la nuque ont une odeur musquée, plus forte en hiver. Gilibert en a observé quatre jeunes, pris en janvier dans la forêt de Bialoviczcnski ; ils refusèrent de teter des Vaches ; on leur fit teter des Chèvres posées à leur hauteur sur une table : quaud ils étaient rassasiés, ils jetaient d'un coup de tète leur nourrice â six ou huit pieds de distance. Les jeunes mâles moururent au bout d’un mois. A la fin de la première année, la crinière des Génisses était faite. Le rut vint à deux ans : on offrit à l’une un grand et beau Taureau qu'elle repoussa avec fureur, quoique depuis plusieurs jours ses mugissements d'amour et le gonflement de la vulve, rouge et enlr’ouverle, annonçassent ses besoins. D’ailleurs l’Aurochs était docile ; il caressait de la voix son gardien, lui léchait les mains, lui frottait le corps avec les lèvres et la tête, et venait â sa voix; mais la vue d’un étranger et la couleur rouge le mettaient en colère; il ne choisissait dans le foin qu’un petit nombre d'herbes , c'étaient surtout des Ombellifères; il ne souffrait pas de vaches dans sa pâture. — Dans la forêt de Bialoviczenski. les Aurochs ne s'écartent pas des rivages; ils en broutent l'herbe en été, et en hiver ils se nourrissent des pousses des arbustes et des Lichens. L’espèce s’y conserve aujourd'hui par les soins des gardes forestiers. — Dans le temps du rut, les mâles combattent entre eux; la chasse en est alors Irèspérilleuae. D’un coup de tête, ils brisent des arbres gros comme la cuisse. La femelle porte onze mois. Il parait, |»ar l'époque où l’on prit ceux qu'observa Gilibert, qu'elle met bas en décembre. Uer!>erslein dit au contraire que le Thur met bas au printemps et que ceux qui naissent en automne ne vivent pas.
Les intestins et les estomacs de l'Aurochs sont, proportionnellement â la taille , un tiers plus étroits que dans le Bœuf; le cerveau même sent le musc; cette odeur de musc est l'origine du nom de Bison donné â cet Animal par les auteurs du moyen âge qui ont latinisé le mot allemand tf'iscn , ou Bisen lequel signifie Musc. L’Aurochs a vécu dans toutes les forêts marécageuses de l'Europe tempérée; son espèce n'y fut pourtant jamais nombreuse; il n'y en a point en Scandinavie. Érasme Stella y parle bien de Bison et d’Urus ; mais comme il dit en même temps que dans la langue du pays ces Animaux s'appellent Etk, nom de Y Élan dans toutes les langues germaniques, il est évident que c’est de cet Animal qu'il a parlé.
Il subsiste encore en Écosse une race de Bœufs blancs avec les oreilles et le museau noirs, qui sont hauts sur jambes comme l'Aurochs. Au temps d'Hector Boelhius, dans le 16p siècle, ils avaient une crinière qu'ils n’ont plus aujourd'hui. Cuvier pense que ce n’est qu'une variété de l’Aurochs. C’est ce que l’examen du squelette pourra seul décider; leur taille est celle d’un Bœuf moyen ;Ieur cuir, comme celui du grand Aurochs, passe pour être plus dur et plus compact que celui du Bœuf.
B. Bisox. Bos americanus, Gmel.; Buff. Sup.,T. ni, p. 5; Encyc., pl. 45, fig. S. Buffalo, Catesby, Carol. app. ph., p. xxvii, t. 20, Tète osseuse comme celle de l'Aurochs; les os du nez sont un peu plus courts, plus larges et plus bombés et tes orbites un peu moins sait-
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lants; mais des caractères plus décisifs, c'est une quinzième paire de côtes, de sorte qu'il ne reste que quatre vertèbres lombaires , et la disproportion du train de derrière à celui de devant, dépendant moins d'une inégalité de longueur des membres que de l’excès de hauteur des apophyses épineuses dorsales, à commencer de la deuxième et surtout de la troisième qui est la plus | haute. Il existe à Paris une colonne vertébrale fossile où les empreintes de côtes ne laissent que quatre vertèbres entre la dernière côte et le sacrum ; ce caractère appartient au seul bison américain. L'apophyse épineuse de la douzième vertèbre, en avant du sacrum, a bien vingt-deux pouces de longueur, ce qui en suppose encore davantage pour les trois précédentes ; le Bison seul a quatre vertèbres lombaires; cette colonne, trouvée dans la vallée de la Somme . appartient-elle à un Bison? ou bien l'ancien Aurochs fossile avait il une paire de côtes de plus ou une vertèbre lombaire de moins? Cette excessive hauteur des apophyses épineuses dorsales détermine cette gibbosité dont Charlevoix avait reconnu la cause; il n’y a pas de loupe comme dans le Zébu.
D'après Hearnc, la taille du Bison, moindre que celle de l’Aurochs, surpasse celle de tous les autres B<eufs; il a vu huit Indiens ne pouvoir retourner le cadavre des vieux môles. Le cuir est spongieux comme celui du Buffle; au cou, il a un pouce d'épaisseur; les cornes, plus courtes (pic dans tous les autres Bœufs, sont presque droites et très-fortes à la racine. D'après cela, il n'est pas certain que le crâne fossile du Musée de l’éal, ne soit pas d'un Bison, puisque d’ailleurs le crâne du Bison diffère si peu de celui de l’Aurochs. Depuis le chanfrein jusque derrière les épaules , règne une épaisse et longue crinière; plus touffue entre les cornes, elle s’étend sur le flanc de tout l'avant-train et sous le fanon.
11 n’y a pas deux sortes de poils comme dans l'Aurochs ; c’est une laine longue, très-fine et soyeuse; elle forme des manchettes aux poignets. Le train de derrière est couvert d’un poil plus court que celui de l’Aurochs, et plus noir; la queue, d'un pied de long, est terminée par un flocon de laine noire dans les mâles, et roux dans les femelles â cause de l'urine ; la toison d’un Bison pèse huit livres, selon Charlevoix. Au contraire de l'Aurochs qui vit solitaire dans la profondeur des forêts, le Bison se plaît en grandes troupes dans les vastes savanes découvertes, qui produisent une herbe longue et épaisse; il pail soir et malin, se relire pendant la chaleur dans les lieux marécageux , et n'entre dans les bois que pour fuir les chasseurs. Ils sont très-légers à la course ; quelque profonde que soit la neige . et malgré les sillons qu’y trace leur poitrine, ils la franchissent plus vile que le plus agile Indien avec ses raquettes.
Le Bison habite depuis la Louisiane jusqu’au cercle polaire; il est plus rare et plus petit du côté de la baie d'Hudson que dans l’intérieur du continent, sur la grande région qui verse dans l'Océan polaire les rivières d’Hearme et de Mackensie. C’est près du lac Athapcscow qu’Hearne a vu les plus gros Bisons.
D'après Rafiiuesque, le Bison est domestique dans les fermes du Kentucky et de l'Ohio. Il se plail et s'accouple avec les Vaches. Les métis sont nommés A dais
Bread Buffafoea : ils ont la couleur, la tête cl la demitoison du Bison; ils n'ont plus de bosse, mais le dos est toujours incliné. Ils s’accouplent indifféremment entre eux ou avec leurs pères et mères, et produisent de nouvelles races fécondes. La fécondité des produits n'est donc pas une preuve de l’unité des espèces croisées , comme on le croit d'après Buffon ; or, rien n'est plus évident en zoologie que la diversité d’espèces du Bison et du Bœuf domestique.
B. Bifple. Bo» bubalus, BufF., t. h. pl. 25. La figure de l’Encycl. sous ce nom appartient â l'espèce suivante : — Le front plus bombé que dans le Bœuf, à cause de la procidence des cornes dirigées en bas et en arrière ; elles sont aplaties sur deux faces et striées en travers. Il a été bien décrit par Albert le Grand, et surtout par J.-C. Scaliger ( Exoteric. . Excrcit. 200 ad Cardan). Sa peau noire est presque nue, excepté â la gorge et aux joues parsemées de poils courts et roides ; cette nudité et l'épaisseur de son cuir indiquent sa patrie dans les régions marécageuses des climats chauds; il n'a presque pas de fanon. Il parait avoir été inconnu aux Grecs cl aux Romains, au moins n'a-t-i! pas vécu cher eux. Cuvier observe qu'Aristole en a parlé sous le nom de Bœuf sauvage d'Arachosie, dont le pelage était noir, le museau retroussé et les cornes couchées en arrière. 11 n'a que treize paires de côtes comme notre • Bœuf; mais ses mamelles sont sur une même ligne transverse. Il est aujourd'hui très -commun en Grèce et en Italie, où il fut introduit dans le septième siècle. C’est à tort que Pallas le prend pour le Thur, décrit par Hcrberstein, et vivant sauvage dans les environs de Varsovie. Le Buffle, comme l’observait déjà Scaliger, ne supporte pat le froid; or, le Thur était sauvage; pourquoi donc serait-il resté sous l'inclémence d'un ciel qu'il était libre de fuir? Herberstein qui avait été ami bassadeur à Constantinople, le médecin Mathias à Michow, l'évêque de Warmic, Cromer, qui tous avaient passé en Italie plusieurs années et qui ne pouvaient manquer d'y avoir vu des Buffles, d'ailleurs bien dé- ' crits dans Albert et dans Scaliger, auraient reconnu le Thur pour un Buffle, puisque tous trois connaissaient le Buffle. l’Aurochs et le Thur. Ils disent précisément que le Thur est beaucoup plus grand que le Bœuf, et que ses cornes sont dirigées en avant, au contraire du Buffle. Le Thur n'est donc pas le Buffle , qui d'ailleurs est en Europe moins haut que le Bœuf. Pallas ne se trompe pas moins en considérant le Buffle comme originaire de la partie montagneuse et froide de l'Asie, au nord de l'Inde, où il serait primitivement couvert d'un poil long et touffu, devenu dur et rare sous les zones chaudes de l'Asie. Nous voyons que les Buffles, acclimatés en Europe, n’y ont pas la peau beaucoup moins rude que ceux de l'Archipel asiatique. La nudité de leur peau est donc primitive : ce qui induisit Pallas dans celte erreur, c’est que n'ayant pas eu occasion apparemment d'anatomiser le Buffle, il ne put reconnaître ses différences d'avec l'Yack qu'il en supposait la tige. Or nous allons voir combien l’Yack en diffère; le naturel du Buffle est le même dans tous les pays. Ouoy. médecin de l'Pranie, l'a vu à Timor rester des heures entières enfoncé dans l'eau jusqu'au museau, ainsi que
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Scaligcr l'observait en Italie. SI le Buffle était originaire des montagnes du Thibet , comme le supposait l’allas, en vertu de cet instinct qui, dans tous les Animaux, survit à la déportation, il rechercherait les sites de son pays quelque part qu'on l'eût transporté. Or, c'est dans les plaiues humides de la Lombardie, dans les marais Pontins que le Buffle prospère; sa patrie est donc l'Asie méridionale, d’où l'homme l'a propagé en Afrique et jusqu'en Grèce et en Italie. On dit qu'il y en a d'échappés et redevenus sauvages dans quelques contrées du royaume de Naples. Sou cuir, comme celui du Bison, est spongieux et perméable à l'eau ; il en résiste mieux aux armes tranchantes ; on l'emploie pour armes défensives.
D'après un squelette d'Arni, que Cuvier a fait venir de l'Inde, il parait que cet Animal n’est qu'une variété à grandes cornes du Buffle ordinaire. Il n'y a que son crâne qui présente quelques différences, par exemple, l'absence de cellules périéraniennes : nous manquons de renseignements sur le pelage.
B. Bitfle ne Cap. boa Cafter, Spahn., Scbreb., pl. 501 ; Encycl., pl. 45, f. 4. Cette esp. se distingue des précédentes par ses énormes cornes noires, dont les bases aplaties et raboteuses couvrent, comme un casque, tout le sommet de la tête; l'épaisseur du crâne est ici bien plus grande encore que dans le Buffle. Cette épaisseur résulte de l'écartement des deux tables par des cellules à cloisons compactes, qui ont presque trois pouces de hauteur. La Itoile cérébrale est allongée et deux fois plus petite que dans le Bœuf; les fosses ellimotdales sont très-grandes; les cornes sont séparées â leur base par une rainure étroite d'un pouce, qui s'élargit en avant dans quelques individus, mais dont les deux bords restent parallèles dans d'autres, comme dans le Bœuf musqué, s'étendant depuis la nuque jusqu'à trois pouces de l’œil; elles se recourbent en bas, en devenant plus cylindriques; chacune d'elles forme un arc à concavité supérieure; la distance d'une pointe à l'autre excède quelquefois cinq pieds; l'Animal luimême eu a plus de huit de longueur sur cinq de hauteur au garot. Encore plus gros et plus massif que le Buffle asiatique, ses jambes sont courtes, son fanon pendant, son poil ras et brun-foncé. Ils vivent en grandes troupes depuis le Cap jusqu'en Guinée, dans les forêts les plus épaisses, où ils se frayent des chemins étroits dont ils ne s'écartent jamais; ils aiment à se plonger dans l'eau. Ils attaquent tout ce qu'ils trouvent sur leur passage; mais en rase campagne ils fuient l'homme. La langue du Buffle parait encore plus hérissée de tubercules que celle de l'Aurochs; car on dit qu’il écorche, en les léchant, les Animaux qu'il a tués.
B- Yack; Vache grognante deTartarie. Boa Grunniens , L., B. à queue de cheval, Schreb., pl. 209; Turner, Voy. au Thib., Atlas. Act., pétropoL, t. h, pl. 10; Encycl., pl. 45, fig. 3, n® 2, fig. copiée d'après la pl. de Gmelin, tab. 7. Not. Comm. Petrop t. 5.
Le Yack a quatorze paires de côtes comme l'Aurochs; ce n'est donc pas, ainsi que le remarque Desmaresl ( Mam., page 497), le type du Buffle, comme le supposait Pallas, ni celui du Bœuf domestique, comme Cuvier l'a soupçonné (Diction, des Sc. nal., t. v, p. 32),
et ses mamelles sont sur une même ligne comme dans le Buffle. Il se distingue de tous les autres par sa queue dont le crin, long et élastique comme celui du Cheval, est fin et lustré comme la plus belle soie; il a sur les épaules une proéminence recouverte d'une touffe de poils plus longs et plus épais que celui de l'épine; cette touffe s'allonge sur le cou en forme de crinière jusqu'à la nuque ; les poils surépineux sont récurrents comme dans le Zèbre et plusieurs Antilopes; les épaules, les reins et la croupe sont couverts d'une sorte de laine épaisse et douce ; des flancs et du dessous du corps et du gros des membres, pendent, jusqu'à mi-jamlœ, en traversant cette laine, des poils très-droits et touffus. Turner en a vu dont le poil (rainait jusqu'à terre. Sur le bas des jambes, le poil est lisse et roide; les sabots, surtout dcdcvant.sont très-grands, semblables à ceux du Buffle; les ongles rudimentaires très-saillants. La race du Thibet a des cornes longues, minces, rondes et pointues. peu arquées en dedans et un peu en arrière, sans arêtes ni aplatissement; elle a aussi les oreilles petites, d’après Turner. Or Witsen dit qu’en Daourie les mâles de ces Bœufs portent de très-grandes cornes aplaties et courbées en demi-cercle. Comme la figure des cornes est invariable dans les espèces, celle diversité entre les deux.races. vues d’une part par Ginelin et Turner, de l’autre, par Witsen, n'indique -t-elle pas deux espèces ? Les individus vus et décrits par Pallas {loc. c/L), étaient sans cornes, de la taille d'une petite Vache; le front très-bombé et couronné d'un épi de poils rayonnants; ils étaient bossus au garot comme ceux du Thibet. Us venaient de la Mongolie. Les oreilles étaient grandes, larges, hérissées de poils, dirigées en bas sans être pendantes. A trois mois, le Veau a le poil crépu, noir et rude comme un Chien barbet, et les longs crins commencent à pousser partout sous le corps depuis la queue jusqu'au menton; tout le corps était noir. L'été de la Sibérie, à Irkoutsk, était encore trop chaud pour eux; dans le milieu du jour, ils cherchaient l'ombre ou se plongeaient dans l’eau. Les Chinois, qui en ont introduit chez eux, l’appellent Si-Nyou, Vache qui se lave, à cause de cette habitude. — Au Thibet, les Yacks vivent dans les étages les plus froids des montagnes, surtout dans la chaîne qui sépare le Thibet du Boulan. Les Tatares nomades se nourrissent de leur lait dont ils font aussi d'excellent beurre qui s'envoie dans des sacs de peau par toute la Tatarie. On empluie l'Yack , suivant les lieux , à porter des fardeaux ou à tirer des chariots et même la charrue. Leur queue est dans tout l'Orient un objet de luxe et de parure. Les Chinois avec ses crins teints en rouge font les houppes de leurs bonnets d'été. C'est un signe de dignités militaires chczles Turcs. Pennant en a vu une de six pieds de long au Musée britannique.
Les deux sexes ont un grognement grave et monotone comme celui du Cochon. Les mâles le répètent moins souvent que les Vaches, et les Veaux encore plus rarement. Turner dit qu'ils ne grognent que quand ils sont inquiétés ou en colère. Les Thihétains ont pour le Yack le même respect que les Indous pour le Zébu.
Ælien seul des anciens en a parlé. Il dit, lib. 15, que les Indiens ont deux esp. de Bœufs : l'une, rapide à la
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course, noire, el dont la queue blanche sert à faire des chasse-mouches. 11 en reparle, lib. 10, sous le nom de Poephagus.
B. a r esses BLATfr.uEs. Do » leucoprymnu ». Quoy el Gaymard ont décrit celle esp. nouvelle, dans la Zoologie du voyage de l' Astrolabe; elle est grande, à léte longue, élargie par le haut ; à mufle peu gros ; à cornes médiocres, s'écartant et se rapprochant sur le haut de la télé el dont les pointes se regardent. Les oreilles sont grandes, bien détachées, comme pédiculées el pourvues de longs poils à leur bord interne. Le cou est court, mais un peu cambré, comme dans les Cerfs, et pourvu d’un fanon mince et peu pendant. Les premières apophyses épineuses des vertèbres sont élevées; elles arrondissent le dos dans celle partie qui n'a cependant point de bosse; le reste du dos présente une surface plane. Les jambes sont déliées; la queue est longue el munie d'une petite crinière à l'extrémité. On remarque quatre telines dont les deux antérieures plus grosses et les deux postérieures plus rapprochées. Le pelage est court, d'un ht un noir, avec quelques nuances rougeâtres ou fauves; la partie postérieure de chaque fesse est marquée d'une large tache blanchâtre, qui commence à l'anus; des taches également blanchâtres se trouvent audessus du sabot. Celte belle esp. habile l‘ile de Java.
B. vrsQtÉ- Dos moschat us, Linn. ; Buff., Sup.; Pennant, Zool. arct., T. î. Son crâne est figuré N oc. Comm. Peirop., T. xvn, pl. 17. Les caractères de cette esp. consistent dans les cornes disposées â peu près comme dans le Buffle du Cap ; leurs bases, aplaties, ont leurs bords internes parallèles, se prolongeant depuis ce point jusqu'à l'orbite, qui est beaucoup plus saillant ici que dans tous les autres, y compris l'Aurochs : ces cornes sont blanches dans le mâle, où elles pèsent jusqu'à soixante livres sans le crâne; elles ont leur base séparée par une rainure à bords droits, d'un pouce de large, s'étendant depuis l'orbite jusqu'à la crête occipitale qu'elles débordent en arrière, en occupant ainsi le tiers de la longueur de la tète; ces cornes elles-mêmes se réfléchissent presque perpendiculairement entre l'orbite el l’apophyse masloUlc, jusqu'au-dessous de l'œil, et se redressent vers la pointe seulement. Dans la femelle, les bases des cor nes sont plus écartées, et leurs bords ne sont pas parallèles, mais arrondis; la boite cérébrale est très petite, à cause de l'épaisseurdu crâne; elle est presque trois fois plus longue que large, el presque cylindrique; c'est comme dans le Buffle du Gap, mais ici les parois sont solides au lieu d'étre creuses. Camper (A’op. Ad. Peirop. t T. u) dit que, sur le crâne qu'il a examiné à Londres, et trouvé semblable aux figures citées de Pallhs. il y a des fosses lacrymales, indices de larmiers; que les inter-maxillaires ue montent pas jusqu'à l'articulation naso-maxillaire, et que sur deux pieds quatre pouces de longueur de crâne, l'espace inter-orbitaire était d'un pied quatre pouces.
Le Bœuf musqué habite l'Amérique , sous le cercle polaire, par troupes de quatre vingls à cent : il n'y a que deux ou trois mâles par troupeau. Quoique ce nombre en soit par conséquent fort petit, on en trouve beaucoup de morts dans le temps du rut, parce qu'ils le battent pour les femelles. Ce fait réfute assez l’opi-
nion que c'est à l'ardeur du climat que tient celle du tempérament. A cette époque, ils se jettent sur tout ce qui approche des Génisses, et poursuivent même les Corbeaux parleurs mugissements. Les femelles conçoivent en août et mettent bas. à la fin de mai ou au commencement de juin, un seul petit. Cette esp. est moins grande que le Bœuf, très-basse sur jambes; sa queue est cachée dans le poil, qui a jusqu'à dix-sept pouces de long el pend jusqu’à terre. Comme dans la plupart des Quadrupèdes des climats froids, il y a deux poils : l'un droit el soyeux, long, surtout sous le ventre el à la queue. Chez les mâles, il est |>eriiianent et noir; il forme sous le cou une crinière dont les Esquimaux font des chasse-mouches. L'autre pousse en hiver; c'est une belle laine épaisse, serrée en bourre à la racine des poils longs : elle est de couleur cendrée ; elle se détache à l'approche de l'été, et l’Animal s'en débarrasse en $e roulant par terre.
ils errent dans les parties hautes el rocailleuses des terres stériles; rarement ils s'éloignent beaucoup des bois. Lourds en apparence, ils gravissent les rochers d'un pied aussi agile et aussi sûr que la Chèvre. En hiver, ils broutent les sommités de Saules el de Pins. La chair ressemble à celle de l'Élan; la graisse est blanche, nuancée de bleu. Les jeuues sont bons à manger. Le couteau dont on a dépecé un vieux Taureau, ne perd l’odeur de musc qu'en le repassant. C’est au fourreau de la verge que l'odeur de musc est le plus forte, le smegma du gland est aussi odorant que dans la Civette : il conserve sa force plusieurs années.
Pallas en a décrit des crânes trouvés à l'embouchure de l’Obi. II dit. dans une note jointe au Mémoire de Camper, cité plus haut, que ces crânes étaient épars sur le rivage, qu'ils étaient récents et non fossiles, mais altérés par l'air. Ils avaient été évidemment apportés d'Amérique par les glaces.
B. Goi rou Gaoir. Dosgaour.On trouve, dans l'Inde, celtecsp.de Bœuf sauvage, qui , d'après les diverses relations, ne peut être confondue avec aucune de celles que nous avons examinées plus haut. Sa tête a presque tous les caractères de celle de nos Taureaux domestiques; mais l'os frontal parait plus saillant cl plus élevé; ses cornes sont très-fortes et très-épaisses; elles n’ont point de poli et semblent comme atténuées et usées par le frottement ; elles sont d'une seule tige et point rejetées en arrière comme celles du Buffle. La partie supérieure du front est recouverte d'un poil crépu, blanchâtre; le pelage est brun foncé, presque noir. Les yeux, d'un bleu tendre, sont plus petits que ceux du Taureau domestique; ils expriment, dans le regard, une férocité que vient encore rendre plus apparente un sourcil touffu et proéminent. Les cuisses sont d'une saillie considérable el les muscles très-forls. La peau diffère de celle du Buffle cl du Taureau ; elle a beaucoup de rapport av ec celle du Phoque, le poil étant ras, uni cl huileux. Mais ce qui distingue le Gaour de tous ses congénères, el qui pourrait peut-être en faire le type d'un G. nouveau, c’est une série d'épines, répandue sur son dos, qui prend à la dernière vertèbre du cou, et qui finit en s’abaissaut vers la moitié du corps ; ces pièces sont élevées d'au moins six pouces au delà de la
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véritable colonne, et semblent un prolongement des apophyses épineuses des vertèbres dorsales.
Un Garnir mesuré du sabot au garrot a donné six pieds de hauteur ; du garrot au-dessous de la poitrine trois pieds et demi; du bout du museau à l'extrémité de la queue, douze pieds. La circonférence du corps est d'environ huit pieds.
Les Gnou rs ne croissent bien que dans Tétât de liberté; ils vivent en troupeaux de dix à vingt, broutent les feuilles et les tendres bourgeons des arbres et des arbrisseaux ; ils paissent volontiers sur les bords des ruisseaux ; ils se tiennent cachés, pendant l'hiver, dans les forêts et n’en sortent qu'à la saison des chaleurs. La gestation est de douze mois; elle cesse en août ; la mère est très-abondamment fournie de lait. Les autres Animaux redoutent tellement la défense des Gaours que le Tigre même ne les attaque pas ; il parvient tout au plus à surprendre le jeune.
B. DouESTiQi’E. Box, Taurux domexticus , Linn.; Buff., t. 4, pl. 14. Cuvier a déterminé la souche du Bœuf domestique et de toutes ses var. avec ou sans cornes, à bosses ou sans bosses, dans le grand Taureau dont on trouve les crânes fossiles dans les tourbières de France, d'Allemagne et d’Angleterre. La figure et les proportions de ces crânes ne diffèrent en rien de celles des crânes de toutes les races du Bœuf domestique, si ce n'est par la direction des cornes arquées en dehors, en avant et un peu en haut. On connaît ces crânes depuis le IG* siècle. Gesner les a figurés (Quadrup., p. 137). Le médecin J. Gains lui en avait envoyé les dessins d’après des têtes conservées au château de MVarviek, avec des côtes et des vertèbres d'une grandeur proportionnée. Elles passaient pour provenir d'individus tués par le dernier maître du château. Aux auteurs dont les témoignages rapportés au commencement de cet article nous semblent établir l'identité du Thur ou Urus avec l’espèce aux grands crânes, qui ne se serait éteinte que depuis leur époque, lions ajouterons que Conrad Celtis, leur contemporain ( Carmen ad t’ixtulam in Script, renttn polonic .), distingue aussi TU rus du Bison dont il décrit la chasse. Au 16e siècle, l’espèce sauvage du Bœuf existait donc encore dans les forêts de la Massovie où les auteurs précités l’avaient observée; elle parait avoir existé encore en Angleterre, quelque temps auparavant. Comme les crânes s'en trouvent en plus grand nombre que ceux d'Aurochs, et sur une plus grande étendue de pays, il suit qu'elle a dû être plus nombreuse que l’Aurochs. Ces crânes ne sont pas rares dans la vallée de la Somme; on en trouve des cornes de six pouces de diamètre dans les tourbières de Midelfingen, près de Stuttgard. Auprès d'Arezzo, on en a trouvé dont les cornes avaient deux pieds sept pouces de long et quatorze pouces de contour à la base. Sur un trouvé à Rome, ce contour était de dix-huit pouces, et l’intervalle des orbites de quatorze pouces; le crâne du Muséum a vingt-trois pouces de long. (Voir sa figure. Cuvier, Ossements foss., nouv.édit.,t. 4.)— Cette e«p.,dil Cuvier, a donc été répanduedans la plus grande partie de l'Europe; et comme les auteurs polonais, dont nous avons cité les passages, distinguaient Titus du Bison, il pense que cette espèce était Tune des deux. Il croit néanmoins avec Pallasque
le Thur, appelé Urus par les mêmes auteurs, est le Buffle. Nous croyons, d’après les rapprochements précités, que le Thur du moyen âge est celte grande espèce qui n'existait plus alors que dans la forêt Uercinie près de Viskitk. selon Tévéque Cramer; près de Sochaczow et de Koszkam. selon Schncbergen. Elle était, suivant tous ces auteurs, beaucoup plus grande que les Bœufs domestiques, et d’un poil plus élégant. Ses cornes étaient recourbées en avant; le Boeuf fossile offre seul ce caractère. Elle avait sur le dos une ligne blanche; les femelles n’étaient jamais noires, mais châtaines; le rut était en septembre, la mise bas en mai : c’est neuf mois comme la Vache; la Buffle porte dix mois, l’Aurochs onze. Bonarus attribuait leur origine à une belle race de Bœufs redevenue sauvage, ou à un produit du Bison Zuhr avec la Vache; cette opinion est démentie par l’expérience de Gilibert; il s'accouplait avec la Vache, mais les petits ne pouvaient s'élever. La disproportion des tailles respectives l'explique assez; la hauteur parait avoir été de six pieds et demi au garot; les grands Bœufs de Podolie et de Hongrie y atteignent encore.
Le Zébu, Buff.. Hisl. xi, p. 585, pl. 45. Box indieux de la deuxième édition du System a naturœ, est une petite variété du Bœuf domestique, qui en diffère par le développement d'une loupe graisseuse sur le dos. Les apophyses épineuses n'y sont pas plus longues que dans les Bœufs ordinaires. Dans cette variété, ils ont les jambes généralement plus hautes; ils en sont plus légers à la course ; aussi en Asie et en Afrique, on les monte et on les attelle comme des Chevaux. Leur naturel est moins brute que celui du Bœuf; ils sont in tclligents et plus dociles. Le Zébu est figuré dans la ménagerie du Muséum et dans TEncycl., pl. 45, f. 5.
On doit encore regarder comine une var. remarquable du Box domexticus f la grande race désignée par Pennant sous le nom de Box Madagascariensix nir eux Canteli magnitudine gibbosus. Elle habite à Madagascar, où les Européens la trouvèrent répandue lors de la découverte de Tile.
Le Grand Brrns fossile de SinfiRiB, Pallas, Nov. Corn nt. Pet., T. xin, et Non. Acta Petropoi ., t. 2, est une esp. perdue ; les têtes que Ton trouve en Sibérie, sont d'un quart plus grandes que celles des plus grands Bœufs aujourd'hui vivants. La figure est celle du crâne de l’Aurochs ; mais le front est encore plus large à proportion, quoiqu’il ait quatre pouces de plus de hauteur depuis l'échancrure nasale jusqu’au sommet de Tare occipital. Pallas les rapportait mal à propos au Buffle dont il ne connaissait pas de crânes. Ils n’ont pas plus d’analogie, quoiqu’on en ait dit, avec le crâne du Buffle Arni : c’est â l’Aurochs qu’il ressemble le plus; mais il en diffère par l’arête saillante, qui règne le long du devant de la corne sillonnée transversalement près de sa base. On en trouve en Sibérie depuis le Jaik jusqu’à CAnadir, gisant dans les mêmes couches que les crânes d’Êléphants et de Rhinocéros. C’est surtout par l’érosion des berges, lors des grandes eaux, qu’ils se découvrent. En creusant le canal de l’Ourcq, on a trouvé des os de Bœuf d’un cinquième plus grands que ceux du Buffle d’Italie. Ces os se fout remarquer par leur grosseur relative. Comme les jam-
B OE ü
bes sont plus longues et plus minces dans l’Aurochs que dans le Taureau, et surtout que dans le Buffle, ces os doivent être rapportés au grand Buffle de Sibérie, d'autant plus qu'ils gisaient aussi avec des os d’Ëléphants. Camper avait trouvé pêle-mêle avec des os d'Éléphants et de Rhinocéros une tête supérieure de radius de IkEuf , si grosse qu'il la rapportait à une Giraffe. Les circonstances du gisement ne laissent pas de doute que ces os n'aient appartenu à un grand Bœuf contemporain des Êléptiaiils et des Rhinocéros fossiles. Comme le synchronisme en est prouvé pour les crânes de Sibérie , le grand Buffle habitait donc avec les Éléphants tout le nord de l’ancien continent. Il ne peut donc exister aujourd’hui ; c’est le seul Ruminant des terrains de transition. On a ainsi eu tort de dire que tous les débris fossiles de Bœufs se trouvent dans les terrains dont la formation se continue encore.
On trouve dans les voyageurs et dans les anciens naturalistes divers Animaux mentionnés sous le nom de Boeuf, qui tous n'appartiennent pas au G. dont il vient d’être question, ou qui par l’épithète qu’on y joint en désignent quelque espèce. Ainsi l’on a appelé :
bon t a bosse, les Bisons et le Zébu.
Bof.i r C vmtrE ou Boeuf Chameau , la var. de grande taille, comparée par Pennant au Chameau, et qui se trouve à Madagascar.
Boxer d'Afrique et Boeuf cafre, le Buffle du Cap.
Boeuf de Dieu. ois. S. vulg. de Sylvie Troglodyte.
Boeuf de marais, ois. N. vulg. du Héron Butor.
Boeuf de mer, l’Hippopotame, le Lamantin et divers Phoques.
Bocur de montagne ou de Pannonie, l'Aurochs.
Boeuf de Scythie, probablement le Zébu.
Boeuf des Illinois, le Bison.
Boeuf des Jongles. Bon fronlalis. Lambert Gyall. Selon Cuvier ce Bœuf pourrait bien être un métis ou une race bâtarde du Bœuf domestique et du Buffle ; du moins il offre un singulier mélange des caractères de ces deux esp. : 11 a le front plat, plus large qu'il n’est haut, et plus large entre les cornes qu’entre les orbites. La ligne entre les cornes forme aussi la crête occipitale; elle est mousse et à peu près droite ; les cornes sont lisses, aplaties d'avant en arrière ; mais sans arête anguleuse, dirigées de côté, et plus ou moins vers le haut, et non pas en arrière. Le mâle ressemble à notre Taureau ; il a de même un fanon pendant sous la poitrine ; les deux sexes sont de même couleur ; savoir : noirâtres, avec les quatre jambes blanches ; le front et une bande longitudinale sur le garrot gris-cendré ; le tour des lèvres blanchâtre, celui de l'œil cendré; il y a des poils blanchâtres en dedans de l’oreille, et sous le ventre; la queue est floconneuse.
Boeuf de Tbibbt, l’Yack.
Boeuf gris du Mogol, l’Antilope Nilgau.
Boeuf guerrier, la var. du Bœuf domestique dressée, par les Hottentots, à garder les troupeaux, et qui sert aussi dans les combats comme l'Éléphant.
Boeuf bumble, une race de Bœufs sauvages qu'on dit être dépourvue de cornes , et se trouver dans les montagnes d’Écosse.
Boecf-Streficeeos, un Antilope.
BŒUF DE MER. pois. S. vulg. de Raie Oxyrhynque.
BOEW.4. rept. y. Iguane Senembi.
BOGA. pois. S. de Bogue.
BOGARAVEO. pois. Esp du G. Spare.
BOGLOSSA. pois. De Buglosse (langue de Bœuf). Nom donné par quelques anciens auteurs, ainsi que Boglosson, Boglossos et Boglotta qui en sont des corruptions. à la Sole, esp. du G. Pleuronecle.
BOGMAN. pois. y. Vogxabe.
BOGUE. Boops. puis. G. de l'ordre des Acanthoptérygiens. Caractères : mâchoires garnies d’un rang unique de dents tranchantes. Confondue parmi les Spares, l’esp. qui lui sert de type faisait conséquemment partie des Thorachiques de Linné. Les Bogues se distinguent des Spares. dont on les a séparés, parleurs mâchoires peu extensibles, ayant leurs dents tantôt échancrées, tantôt en partie pointues, et par la forme du corps nblong et comprimé, garni d'écailles assez grandes. Les trois esp. suivantes, qui se trouvent dans la mer Méditerranée. en sont les principales :
B. Savpe. Boops salpa; Sparus Salpa, L.; Bloch; Encycl., pl. 49, f. ISS. Ce Poisson a les dents supérieures fourchues, les inférieures pointues, le corps argenté et rayé longitudinalement de dix bandelettes rousses sur chaque côté. Il dépasse une palme de longueur. Sa chair est peu estimée, b. G. d. 11/28. F. IG. v. 1/6. a. ô/ 10. c. 17.
B. Oblade. Boops tnrlanurus ; Sparua melanurus, L.; Encycl., pl. 48, f. 181. Cette esp. a le* dents moyennes échancrées, les latérales Anes et pointues; son corps est d’un gris argenté, rayé en long de brun, et marqué d'une tache noire à chaque côté de la queue. Son poids est d'une livre environ, b. G. d. 10. r. 13. v, l/fi. a. 3/14. c. 17.
B. ordin aire. Boops Boops ; Sparus Boops, L.; Rondelet. p. 136. Ce Poisson a les dents supérieures dentelées. les inférieures pointues; le corps d’un gris argenté, rayé en long de brun avec des teintes dorées. Sa chair est savoureuse. Les anciens supposaient nne voix à ce Poisson dont le nom. qui signifie œil de Bœuf, fait allusion à la grosseur de ses yeux. u. G. d. 29. p. 9. v. 1/6. a. 19. c. 17.
Delaroche décrit sous le nom de Ce ntrodonte, Sparus Centrodontus , un Poisson des îles Baléares, qui, avec le Sparus chry surus de Bloch, doit grossir le G. dont il vient d’èlre question.
BOHAR. pois. Esp. du G. Diacope.
BOIIÉA. bot. y. Tbe.
BOHON et BUHON UPAS. bot. V. Upas.
BOHU. bot. y. Bobu.
ROI DE. bot. S. de Tapsia.
BOIN-CARO. bot. S. de J uni ilia yangetica. y. Carmantink.
BOloUlRA. rept. Esp. du G. Crotale.
BOIS. eool. La tête du Daim, du Cerf, du Chevreuil, du Renne, de l'Élan et de la Giraffe, de même que celle des Antilopes, des Chèvres, des Moutons et des Bœufs, est surmontée d’armes qui ont reçu le nom de Bois dans les premiers, et de Cornes dans les seconds. Quoique les Bois et les Cornes suivent le même mode de formation, en ce sens que ce sont toujours des prolonge-
ments de l'os frontal, dont les matériaux sont versés par des vaisseaux sanguins, il existe cependant entre eux des différences données par le inode de distribution de ces mêmes vaisseaux; ce qui en même temps donne ,1a raison de la chute des uns lorsque les autres persistent toute la vie. Dans les cornes, les vaisseaux sont intérieurs; dans les Bois ils sont extérieurs. Les cornes, à l'exception de celle du Rhinocéros qui n'en est point une, y. Rhihocéros, sont, comme les Bois, un prolongement de l'os frontal, mais revêtu d’une substance cornée qui n'existe pas dans le Bois où elle se trouve remplacée par la |>eau elle-même. Les Bois poussent par l’extrémité supérieure; dans les cornes la substance de ce nom s'accroît par le bas.
Dans le Cerf, la pousse et la chute du Bois ont lieu dans l'ordre suivant : lorsque le printemps vient offrir à ces Animaux une nourriture abondante et d'autant plus réparatrice, qu’elle se compose de bourgeons qui renferment les éléments les plus actifs de la végétation, ils ne tardent point à recouvrer toutes leurs forces et à acquérir un prompt embonpoint; aussi du mois de mars au mois d'avril renaissent les Bois dont la chute avait suivi l'épuisement causé par le rut. Les vaisseaux sanguins du front versent au lieu où l’os doit se prolonger eu Bois, une certaine quantité d’un fluide qui soulève la peau et ne larde pas à passer à l'étal cartilagineux, puis à s’ossifier entièrement. Mais à mesure que ce travail s’opère, les vaisseaux sanguins qui s’élèvent avec le nouveau prolongement, continuent à verser du fluide au sommet de ce commencement de Bois qui ainsi s'élève saus cesse et entraîne avec lui la peau et les vaisseaux. Dans les premiers temps, le Bois est, comme on le voit, revêtu par la peau qui renferme les vaisseaux qui l'alimentent, mais l'Animal dont les pertes sont entièrement réparées, ne tarde pas à éprouver le besoin de l'accouplement. Le sang se porte en abondance aux organes génitaux, et abandonne les vaisseaux de la tête, qui, de plus, se trouvent étranglés par les nombreux tubercules que présente la couronne du Bois, et qui sont autour des petits versements qu'ont faits les vaisseaux sanguins dont cette base abonde. La peau alors se dessèche et s'exfolie, ce qui engage l'Animal à se frotter contre les arbres pour se soulager de la démangeaison qu'il y éprouve, et ce qui contribue à la destruction complète de la peau. L’os, sc trouvant ainsi à nu, ne larde pas à se dessécher et à mourir; il s'établit à la base du Bois une ligne de démarcation entre la partie morte et la partie vivante encore, et le moindre effort suffit pour faire tomber de la tète celte partie morte.
Trois semaines à un mois suffisent pour que le Bois acquière toute sa hauteur; c'est en automne que la peau se dessèche et que le Bois meurt et tombe.
Ce qui porterait à croire que c’est à l’appel du sang des vaisseaux de la tète vers les organes génitaux qu'est due la chute du Bois, opinion de Geoffroy-Saint-Hilaire, c'est que dans l’Amérique méridionale où l’égalité de température se répète dans la végétation, les Cerfs, trouvant une nourriture toujours abondante, n'offrent point un rut aussi marqué, et par suite leur Bois ne tombe jamais. Celui de la Giraffe persiste aussi pendant toute la vie de l’Animal.
Les Bois sont l'apanage du mâle, la femelle du Renne seule en est pourvue. Ils sont l’indice et semblent la mesure de la faculté génératrice, et paraissent le produit d'un su|>erflu de nourriture; car dans les lieux où la végétation est vigoureuse, les Bois des Cerfs croissent avec force et rapidité; tandis que, dans les lieux stériles et dans les années de disette, ils sont faibles et peu nourris, comme toute la végétation qui entoure l’Animal.
Si l’on coupe un Cerf pendant que son Bois est tombé, il ne refait plus sa tête; si on le coupe quand il porte encore son Bois, il ne le perd jamais, ce qui confirme merveilleusement la manière dont Buffon et Geoffroy en conçoivent la chute.
Chaque année, le Bois s'augmente ordinairement d'un rameau ou andouiUer , ce qui sert à reconnaître l’âge de l’Animal. Il n'y a cependant rien d'absolument constant à cet égard, et quel que soit le nombre des andouillers. il est inférieur au nombre de l'année précédente. La tète en porte jusqu'à vingt et vingt-deux.
La forme des Bois varie chez les différentes espèces; il est triangulaire dans l'Élan, en palme dans le Renne, et arrondi dans le Cerf.
En terme de chasseur on nomme tête les Bois du Cerf, perche chaque bois, am/ouiller chaque rameau. On nomme dague le premier Bois que porte l'Animal, et daguet le jeune Cerf qui le porte. On dit qu'uu Cerf est de dix cors jeu nement pour dire qu’il est dans sa sixième année, de dix cors pour dire qu'il est dans sa septième ; on nomme vieux Cerf celui qui passe cet âge.
BOIS. bot. On désigne généralement sous le nom de Bois toute la tige des Végétaux ligneux, dépouillée de l'écorce. Mais ce Bois présente des caractères bien différents, suivant qu’on l'examine dans le tronc d'un arbre dicnlylédoné, ou dans le stype d’un Palmier ou de tout autre arbre monocotylédoné.Si l’on étudie la structure du Bois d'un Chêne, d’un Tilleul, sur la coupe transversale de leur tronc, on le verra composé de zones concentriques. Ces zones ou couches ligneuses forment chacune autant de cylindres ou de cônes creux très-allongés, immédiatement emboîtés les uns dans les autres. Tels sont les objets qu'une première inspection fait distinguer. Mais si cet examen est plus approfondi, on reconnaît que les couches ligneuses elles-mêmes sc composent de plusieurs parties que nous allons énumérer. Le centre de la tige présente un petit canal, tantôt cylindrique, tantôt triangulaire, carré ou anguleux, dont l'intérieur est rempli par un tissu cellulaire tâche et généralement très -régulier. Ce tissu cellulaire est la moelle, et le canal qui la renferme porte le nom d'étui médullaire. Dans certains Végétaux , le canal médullaire est presque imperceptible, soit que naturellement ses dimensions soient fort petites, soit, ainsi qu'on le pense généralement, qu'il diminue et finisse même par s'oblitérer entièrement, par le rapprochement insensible de ses parois. Les couches ligneuses, disposées circulairement en dehors du canal médullaire, n’ont pas toutes la même structure. Ainsi il est facile de remarquer que les plus intérieures, celles qui avoisinent de plus prés l'étui médullaire, sont généralement d'une teinte plus foncée, d'un grain plus ferme et plus serré
que les extérieures, dont la couleur est plus pâle et le tissu plus lâche. De là la distinction des couches ligneuses en Bois proprement dit et en aubier. De Bois ou cœur de Bois se compose de toutes les couches ligneuses intérieures. Sa couleur cl sa consistance le distinguent facilement de l'aubier. Ainsi, dans le Bois de Campécbe ou dans l'Ébène , le Bois est rouge ou noir, tandis que l'aubier est blanchâtre. Ici la différence est fort tranchée; mais dans la plupart des autres Végétaux, le passage est presque insensible, et il est souvent fort difficile de reconnaître positivement où s'arrête l'aubier et où commence le Bois. Celte similitude entre les deux parties de la tige, est d'autant plus grande, qu’on t'observe sur des arbres dont le bois est plus tendre et plus blauc. Ainsi dans le Peuplier, le Tilleul, le Sapin, etc., il est assez difficile de les distinguer l'une de l'autre, tandis que cette distinction est facile dans le Chêne, l'Orme, le Merisier.
L'eusemble des couches ligneuses est traversé par des sillons de tissu cellulaire, qui, sur la cou|>e horizontale d’un tronc de Chêne, par exemple, se présentent sous l'aspect de lignes rayonnantes du centre vers la circonférence, comme les lignes horaires d'un cadran; on les appelle insertions ou prolongements médullaires, parce qu'en effet ils servent à établir une communication directe entre la moelle intérieure et le parenchyme de l'écorce que l'on doit considérer comme une substance entièrement analogue à la moelle. Les prolongements médullaires , qui forment des sortes de laines placées de champ, traversent toute la masse des couches ligneuses sans éprouver de déviation sensible. Considérées sous le rapport de leur structure anatomique, les couches ligneuses se composent d’un réseau de fibres résistantes, perpendiculaires, laissant entre elles des sortes de mailles ou d'aréoles très allongées , que remplit un tissu cellulaire plus ou moins dense. Au milieu de cette sorte de trame, on distingue des vaisseaux ou tubes souvent anastomosés, destinés â charicr les fluides séveux dans toutes les parties de la tige. Ces vaisseaux, s'il faut en croire la plupart des physiologistes, n'exisleraieul que dans les couches ligneuses les plus intérieures, cl nullement dans l'aubier. Mais l'observation des phénomènes de la végétation nous parait repousser entièrement une pareille assertion. En effet, avant d’étre parvenues â l'état de bois proprement dit, les couches ligneuses les plus intérieures ont d'abord été à l'état d'aubier, puisque chaque année, la couche la plus intérieure de l'aubier se transforme en Bois. Or, si les vaisseaux n'existaient point dans l'aubier, comment pourraient-ils se former dans le Bois, organe devenu pour ainsi dire passif, par l'endurcissement des parois de son tissu et l'oblitération plus ou moins complète des cavités de ses cellules * Il parait donc résulter nécessairement de ce fait, que les vaisseaux séveux existeut également et dans l'aubier et dans le corps du Bois. Ces vaisseaux sont tantôt isolés les uns des autres, tantôt ils sont réunis et groupés par faisceaux, qui communiquent ensemble au moyeu des anastomoses fréquentes qu'ils établissent entre eux.
Si nous comparons cette organisation du tronc des arbres à deux cotylédons avec celui des arbres mono-
colylédonés, nous trouverons des différences extrêmement tranchées. Ainsi le slype d’un Yucca, d'uu Palmier, eu un mot d’un arbre monocotylédoné , ne nous ; offre point à son centre un canal médullaire, autour duquel le Bols est disposé par couches circulaires. Ici • la moelle forme en quelque sorte toute la masse de la tige, et le Bois se compose de faisceaux de fibres, plus ou moins rapprochés les uns des autres, épars au milieu du tissu médullaire. Dans les arbres dicotylédonés, les fibres ligneuses sont d'autant plus résistantes et plus solides qu'on les observe plus vers l'intérieur,
! tandis qu’au contraire, dans un Palmier, le Bois est j d'autant plus dur, qu’il avoisine de plus prés l'extérieur du tronc. On concevra facilement les causes de celle différence, lorsque nous aurons rappelé en peu de mots celle qui existe entre ces deux grandes classes de Végétaux sous le rapport de leur accroissement. Voyons en effet comment se forment les couches ligneuses dans chaucune de ces deux divisions des Plantes phanérogames, et pour cela prenons le Végétal à l'époque de son premier développement, l.e jeune embryon d'un Arbre à deux cotylédons est. dans l'état de repos, entièrement composé de tissu cellulaire. La germination, en donnant à chacun des organes qui le constituent le principe animateur de la vie et de l’accroissement, détermine la formation de* premiers vaisseaux de la plante. Ces vaisseaux commencent à se montrer à peu de distance du centre de la tige, et. par leur réunion, ils constituent les parois de l'étui médullaire. En dehors de l’étui médullaire , on voit le tissu cellulaire s'organiser : les cellules s'allongent, les plus intérieures constituent le commencement du corps ligneux, tandis que les plus extérieures, s'unissant au tissu cellulaire ou parenchyme de l'écorce, forment le liber. Par les progrès de la végétation , ces deux couches de fibres, c’est-à-dire l'aubier et le liber, s'accroissent par l’extension du tissu cellulaire interposé entre les mailles de leur réseau. Elles finissent par se séparer entièrement l’une de l'autre, et à l'époque où la végétation est dans sa force, on peut très- facilement les isoler. C’est en effet le moment que choisissent les cultivateurs. pour pratiquer la greffe en écusson. A la fin de la première année, le corps ligneux se compose donc d'une première couche de Bois encore tendre et peu solide. A la seconde année, il se forme, entre l'aubier et le liber, une couche de mucilage épais , visqueux , aorte de fluide organisé auquel Grew et Duhamel ont donné le nom de Cambium. Ce fluide régénérateur qui suinte à la fois du liber et de l'aubier, s'organise petit à petit en tissu cellulaire, et par la suite il | forme une nouvelle couche d'aubier et une nouvelle couche de liber. Le même phénomène se répète les années suivantes, en sorte que tous les ans il se crée une nouvelle couche de fibres ligneuses et une nouvelle lame de liber. Ce u'esl donc point ce dernier organe qui se transforme en aubier, ainsi que l'ont avancé la plupart des physiologistes à l'exemple de Duhamel. L'aubier est entièrement indépendant du liber. Ces deux parties ont une même origine* dans le fluide organique nommé cambium, mais ils ne se transforment nullc- ! ment l'un dans l’autre.
A mesure que, chaque année, le nouveau cambium forme une couche d'aubier, les zones, déjà formées, acquièrent plus de solidité; leurs fibres deviennent plus dures, plus résistantes, en un mol prennent tous les caractères que nous avons assignés au Bois proprement dit ; en sorte que lorsque le travail de la végétation est en pleine activité, la couche la plus intérieure de l’aubier se transforme tous les ans en Bois, t’est pour cette raison que, dans les arbres dicotylédonés, les couches les plus intérieures du Bois, étant les premières formées, sont et plus résistantes et plus compactes; tandis que dans le stipe d’un tnonocolylédoné, comme c'est toujours par le centre que se fait l'addition des nouvelles fibres ligneuses, celles qui occupent la partie externe de la tige, étant les plus anciennes, sont les plus dures. La tige ne s'accroît point seulement en éjtaisscur par l'addition successive de nouvelles couches de fibres; elle augmente encore en largeur par la dilatation latérale de son tissu cellulaire et In formation de nouvelles libres ligneuses au milieu des insertions médullaires. Mais cet accroissement en largeur, dont la connaissance est due principalement aux observations de Dulrochet, n’a lieu que dans les parties herbacées des Végétaux, c'est-à-dire dans celles qui sont encore susceptibles de dilatation ; il s'arrête et cesse entièrement dans ces parties, lorsqu'elles se sont lignifiées.
Le Bois ne présente pas la même dureté ni la même compacité dans tous les Végétaux ligneux. Il existe à cet égard, une très-grande différence entre le Buis, le Chêne, le Tilleul et le Peuplier. Une remarque qui n’a point échappé aux observateurs attentifs, c'est que les Végétaux qui croissent lentement ont généralement le Bois plus dense et plus solide que ceux d<mt l'accroissement est très-rapide. C’est ainsi par exemple qu’il faut au Chêne presqu'un siècle pour acquérir les dimensions que le Peuplier prend en une trentaine d'années. Les localités exercent encore une influence trèsmarquée sur la nature du Bois, et un arbre qui croit dans un terrain sec, rocailleux et sur le penchant d'une colline, aura son bois infiniment plus dur que la même espèce végétant dans un pré bas et humide.
Quant aux phénomènes de l'augmentation en hauteur du bois daus les arbres à un et à deux cotylédons, nous en avons parlé avec quelques détails en traitant d’une manière générale de l'accroissement de la lige. Nous renvoyons donc au mot Accroissement afin de ue pas faire ici d'inutiles répétitions.
Dans l'ancien langage des naturalistes , le mot Bois est souvent employé avec des épithètes qui expriment les propriétés reconnues aux végétaux d’où tes Bois ont été tirés, ou bien les usages auxquels ces mêmes Bois sont appliqués , de là une foule de noms bizarres , vagues et vicieux qu'il est à souhaiter que l'on fasse disparaître des ouvrages d'Hisloire naturelle. En attendant que ce vœu soit réalisé, nous nous bornerons à indiquer succinctement ici ce que signifient ceux dont on trouve la nomenclature dans les Dictionnaires précédents.
Bois d’ Acajou. C’est le tronc du Sioietenia ntagahonia. y . Swietenie.
B. d’Acouia. V. Acomat.
B. d’Agovti ou Bois de LRzard, c'est le yitex diraricata.
B. D’AIGI.E, D’AtOltS, D* A GU. LOCHE OU DE C.AIAMRAC; il
est fort célèbre dans l'Orient, par son odeur agréable; on en fait de petites boites, et on en brûle des éclats ou la ràpure pour parfumer les appartements. II est surtout fort recherché à la Chine et au Japon , où , selon quelques voyageurs, il se paye au poids de l’or. C'est le Bois d'une esp. du G. Excœcaria , ou Aquilaria de Cavanilles.
B. a* A INOR, le Robinia Sapium.
B. d'Amande, c’est le Mania racemosa de Swartf.
B. amer, le Quassia amara.
B. d'Aiolrette et petit Bois d'Amocrette, les Mimosa ten ni folia et tamarindi folia.
B. d'Anis, Yllicium anisatum , le Limonia rnada gascariensis , et le Laurus Persea.
B. d’Anisette. probablement le Piper aduncum, nommé aussi aux Antilles, Bibiinilrou.
B. Arada, une esp. nouvelle du (î. Chrysobalanus, aussi nommée à Saint-Domingue Tavernon et Bois piquant.
B. d’Arc, le Cytisus alpinus ou Laburnum.
B. d’argent, le Protea argenlea , L.
B. d'Aspalath, le même que B. de Rose.
B. Bacha ou a Caleçons, les diverses esp. de Bauhinies à Saint-Domingue.
B. Baguette, les esp. du G. Coccoloba, qui croissent à Saint Domingue, et le Sebesticr.
B. a Balais, le Bouleau, YErica scoparia , le Spartium scoparium, etc.
B. Balle, le Guarea Irichilioidcs , à Cayenne.
B. Ban, le Cordia calloeocca à Saint-Domingue.
B. Baroit. le Ferolia guincensis.
B. a Barraques. le Combretum laxum.
B. a Barrique, le bauhinia porrccla.
B. de Bassin, le Blakuretlia axillaris.
B. de Bai'MR. le Crolon balsa mi forum.
B. Benoist, y. B. Baroit.
B. de Bitte, le Sophora heterophylla.
B. blanc, le Peuplier blanc. A Mascareigne, c’est Y Hernamlia sonora ; à l’Ile-de-France, le Sideroxylum laurifolium ; à la Nouvelle -Hollande, le Melaleuca leucadendron.
B. blanc-rouge, le Pouparlia Borbonica.
B. de Benjoin, les Badamiers.
B. de Bombarde. YAmbora Tambou tissa.
B. de Bouc, le Premna arborea.
B. a Boutons, le Cephalanthu » occidentalis.
B. a Bracelets, le Jacquinia armillaris.
B. Rrai, le Cordia macrophylla.
B. de Brésil. le Cœsaipina brasilientis.
B. Cadril, YÆgiphila arborescent.
B. a Caleçons, y. B. Bacha.
B. de Calambac. y. B. d’Aigle. *
B. a Calumet, le Mabca Piriri.
B. de CampEcue, V llæmatoxylum campcchianum, Linné.
B. C annelle : on donne ce nom, ô l’Ile-de-France, à trois arbres qu'on désigne par blanc, c'est le Laurus
capsuliformis ; gris, c'est un Elœocarpus ; et noir, peut-être encore un arbre du même genre. En Amérique, c’est le Dry mis.
B. Cation, le Cecropia peltata.
B. Canon batard, le Panas chrysophyllum.
B. de Canot, le Tcrminalia Catalpa aux Séchclles, à l’Ile-de-France, le Calophyllum Inophyllum ; en Amérique, le Tulipier et le Cyprès distique.
B. de Capitaine, le Malpighia urtns.
B. de Caque, le Cornutia pyramidata.
B. carre, VEronj'mus Europœus.
B. cassant, le Psathyra borbonica.
B. a Cass a ve, VA ratio arborea.
B. de Cavatam, le Stcrculia Balanghas.
B. de Cayan, le Simaruba arnara.
B. de Char, le T/icspesia poputnea.
B. Chandelle, les hampes sèches de Y À gare fœtida qu'on brûle pour s'éclairer; on donne le même nom à YAmyrU elemifera, ainsi qu’à VErithalis fruticosa et à plusieurs Végétaux résineux, employés comme torches.
B. de Chenille, le Eolkameria heterophylla.
B. de Chie, le Cordia Sebestana.
B. de Chypre. F. B. de Rose.
B. de Citron, VErithalis fruticosa.
B. de Cloc, le Rarenala madagascariensis.
B. Cochon, VHedwigia bal sa mi fera.
B. de Corail, V Erythrina corallmlendron.
B. de Corne, le Garcinia cornea.
B. Cotei.lt ou a côtelettes , le Citharexylon , le Cornutia pyramidata, VE h relia Bourreria , un Psychotria et un Cascaria dans les iles de l'Amérique.
B. Couleuvre, en beaucoup de pays, des Végétaux qu’on a crus des spécifiques contre la morsure des Sériants, d'où Ophioiylum et Ophiorhisa, arbre et racine de Serpent. Les Dracontium pertusum, Rhamnus colubrinus, et St ry ch nos colubrina portent également ce nom.
B. de Crabe ou de Ce ave, le Myrtus curyophyllaia.
B. de Crancor, le Pacctta indica.
B. creux, le Lisianthus aculcatus.
B. de Crocodile, le Clutia Elateria, L.
B. de Cuir, le Dirca palustris.
B. de Cyprès, le Cordia Gcrascanthus.
B. Damier ou Badahier, le Tcrminalia catalpa.
B. Dard ou de Flèche, le Possira arborescens.
B. de Dartres ou de Sang, le Danois fragrans.
B. de Demoiselle, le Kirganelia clegans.
B. Dentelle, le Lagctta lintcaria.
B. Doux. VAralia arborea.
B. Dur, le Carpinus Ostrya, dans l’Amérique septentrionale; le Securinega nitida , selon Commerson, à l’Ile-de-France.
B. dyssentèrique, le Malpighia spicata.
B. d’Ébène vert, le Bignonia leucoxylon , L.
B. d'Écorce blanche, le Suxia certicillata.
B. d'Encrns, VIcica enneandra.
B. épineux, le Bombax pentandrum, et le Xanthoxylum caribœum.
B. d'Éponge, le Ci ss u s mappia.
B. de Fer, le Robinia Panacoco, à Cayenne suivant j
Aublet; le Mesua ferrea , L., à Ceylan; le s tedmannia, à l’ile-de France; le Rhamnusellipticus et VÆgiphila martinicensis aux Antilles.
B. de Fer blanc, le Sideroxylttm cinereum.
B. de Fer a grandes feuilles, le Coccoloba grandifolia , aux Antilles.
B. de Fer de Jcda, le Cossinia pinnata.
B. de Fer nam bouc, le Cœsalpina brasiliensis.
B. a grandes FEUILLES, le Coccoloba pubvscens.
B. a la fièvre, les Cinchona.
B. a flambeau, le Bois de Campéche, V Hœmatosylum, en Amérique; VErythroxylum lauri folium, à Mascarcigne.
B. Fléau ou B. Sifflet, le Bombax Gosypium et le Cordia macrophylta.
B. a Flèche, le Possira arborcscens.
B. de Flot, V Hibiscus tiliaceus.
B. Fragile, le Casearia fragilis.
B. de Frédociieou d’Ortie ou pelé, le Citharexylon m ela noca rdium .
B. de petit Frêne, le Bignonia radiions.
B. Galeux ou B. de Senteur bleu, l'.ésso/iro /^o^u/nea.
B. de Gabou, le Daphné Mesereum.
B. de G aui.ettes, Y H irlella racemosa.
B. gentil ou joli, le Daphné Mesereum.
B. deGèroflk, le Myrtus caryophyllaia.
B. de Glu, le Sapium aucuparium.
B. de Grignon, le Bucida Buceras.
B. gris, les Mimosa Inga et fagi folia.
B. de Guitare ou Guitarin, le Cytharexylon nuslanocardium.y,
B. Hinsklin, le Malpighia urens.
B. immortel, F Endrachium madagascariense , à cause de la grande dureté de son Bois; V Erythrina Corallodendrun, à cause de la facilité avec laquelle cet arbre se propage.
B. d'Inde, V Uœmutoxylum campecluanum.
B. Isabelle, le tMurus borbonia à Saint-Domingue ; le Schotfferia et le .Myrtus Gregii à Surinam.
B. de la Jamaïque, V Uœmutoxylum campechiattum.
B. Jaune, le Laurus Ochroxylum , à la Jamaïque; le Moi'us tinctoria , au Brésil; V Oc h rosi a borbonica, le Liriodendron Tulipifera, dans l'Amérique sept. ; VErithalis fruticosa, aux Antilles.
U. Joli, le Daphné mesereum.
B. de Joli-coeur, le Senacia elliptica.
B. de J uoa, le Cossina pinnata.
B. de Lait, plusieurs Végétaux qui produisent un suc dont la consistance et la couleur sont celles du lait, tels que le Plumicria retusa, divers Sapium el Tabernœmontana.
B. Laiteux, les Tabcrnœmontana citrifolia et cymosa, et le Rautcolfia canescens.
B. de Lettres, le Sideroxylum inerme.
B. Lézard, le l itex dicaricata.
B. de Liège, V Hibiscus tiliaceus, à l'Ile-de-France; le Bombax Gossypium et un Cordia dans l'Inde.
B. de Lièvre, le Cytisus alpinus.
B. de Loustac, V E tony mu» Europwus.
B. de Lumière. Pr. B. Chandelle.
B. LucE, le Pctaloma edulis.
B. Maboly a, le Morisonia a me ricana à la Martinique; le Capparis Breynia dans les autres Antilles.
B. Macaque, le Tococa guianensi ».
B. Madame, le Mathiola scabra.
B. Madré. Y Excœcaria lucide.
B. de Mafoutre, YAntidesma sylvestre.
B. de Mahocaai, une esp. du G. Switenia.
B. de Mai, l'Alisier Aubépine.
B. de MaIs, le Memecylon cordatum.
B. Major, à Saint- Domingue les Erythroxylum areo latum et hacanensc.
B. Malabar ou Malbouck, le Nuxia rerticillata.
B. de Malegacjie, le Forgesia borbonica.
B. Marbré batard, Y Erythroxylum areolatum.
B. Marché-houe, le Xantoxylum tricarpon.
B. Marguerite, le Cordia tetraphylla.
B. de Mèche, YApeiba glabra et V Agave fætida.
B. Meauisier. le Portesia mucronata.
B. de Merle, V Andromède satici folia , YOlea capcnsis, celui dont Comtnerson a formé son genre ()rnitrophe.
B. des Moluques, le Croton Tiglium.
B. Moadorgue, le Picramnia antidesma.
B. de Musc. F. B. de Crocodile.
B. de Nacras. V. B. de Fer.
B. de Nicaragua. V. B. de CampEcbe.
B. Noir, le Mimosa Lebbek à l’Ile-de-France; l'^spalathus E ben us aux Antilles.
B. d'Or, le Carjnnus ame ricana.
B. d'Oreille, les Daphné Laureola et Mezereutn. B. d'Ortie. I '. B. de Frédoche.
B. Palmiste, le Geoffroy a spinosa.
B. Pelé. y. B. de Frédoche.
B. de Pebfigaaa, le Celtia austrulis.
B. Perroquet, le Fissitia psittacorum.
B. a Piar, le Motus tinctoria.
B. de pied de Poule, le Toddalia angustifolia dont la lige est munie d'aiguillons accrochants.
B. Pigeor, le Prockia crucis.
B. Pis, le Talauma plument'.
B. de Pirtadk, Y Ixora coccinea.
B. Piquart. F. B. Arada.
B. Pisses lit, le Bignonia slans.
B. Pliart, YOsyris alba.
B. Plié batard, le Brunsfelsia undulata.
B. de Plomb, le Dirca palustris.
B. prART, YAnagyria fætida.
B. durais, le Cornus sanguinea.
B. de Rairette, le Dodonea angustifolia.
B. Ramier, le Muntingia Catabura.
B. Kamoa. le Trophia ame ricana , le Sapindus Saponaria et Y Erythroxylum rufum.
B. de Râpe, le Cordia Sebestena.
B. de Rat, le Myonyma myrtifolia.
B. de Rhodes, y. B. de Rose.
B. de Rivière, le Chimarrhis cymosa et le Casearia paroi folia.
B. de Rôle batard, YEhretia Bourreria.
B. de Rordb, de Rorgle ou d’Ahoade, Y Erythroxylum laurifolium.
B. de Rose, de Rhodes ou de Chypre, un Bois longtemps employé dans la marqueterie, remarquable par l'odeur qui lui mérita son nom, et dont l'origine fut longtemps incertaine. On le croyait originaire de Rhodes ou de Chypre ; on a récemment reconnu qu'il provient d'un Liseron, Conrolrulus scoparius, commun aux Canaries, d'où il se répandait dans le commerce. On étend ce nom, dans les Antilles, à YEhretia fruticosa; à la Jamaïque, particulièrement à YAmyris elemifera à Cayenne, au Licaria guianenaia.
B. de Ruche. B. de Bombarde.
B. Sagaie, y. B. de G ailettes.
B. sais ou Sair Bois, le Daphné Gnidium.
B. s ai at. le Guaiacum officinale.
B. de Satrt-Jeaa, le Panai Morototoni.
B. deSairte-Lucie, le Prunus Mahaleb.
B. sars écorce, le Ludia helerophytla.
B. de Safaa, une esp. du G. Cœsalpinia.
B. sarmeateux, le Cordia flarcscens.
B. de Sassafras, une esp. de Laurier.
B. satirê, le Ferolia Guianensis.
B. de Savarre, le Cornutia pyramidata.
B. de Savorrette ou savorreux, le Sapindus Saponaria.
B. de Séril, le Coniza salicifolia.
B. de Serteou de Serti, le II ha m n u s cire u vise issus .
B. de Serteur bleu, VAssonia populnea.
B. SirrLEU. F. B. FlEau.
B. de Soie, le Muntingia Calabura.
B. de Source, YAquilicia sambucina.
B. Tabac, le Manabea villosa.
B. de Tacamaqce, le Calophyllum Coloba et le Populus balsa mi fera.
B. Tambour, y. B. de Bombarde.
B. TàR. y. B. DTSSERTERIQI E.
B. de Ter, le Tectonia grandis.
B. teadre a cailloux, le Mimosa arborea.
B. Trompette et B. Trompette bat ard. y. B. Caror.
B. ver dot art, le Laurus chloroxylon.
B. vert, le Bignonia leucoxylon.
BOIS AGATISÉ, BITUMINEUX, FOSSILE, MINÉRA- LISÉ et PÉTRIFIÉ. cEol. et mia. F. Fossiles.
BOIS DE MONTAGNE, y. Asheste.
- BOISDUYAL1E. Boisducalia. bot. G. de la fam. des Onagraires, établi aux dépens du G. Ænothera , par E. Spacb qui lui assigne pour caractères : calice en entonnoir; pétales bilobés; quatre étamines très-courtes, posées devant les pétales ; loges de l'ovaire garnies d'un petit nombre d'ovules ascendants, disposés sur une seule rangée; stigmate quadrifide; capsule oblougoconique, à quatre angles émoussés, à quatre loges, à quatre valves, renfermant de quinze à vingt graines attachées ù un placeuta membraneux. Ce G. se compose des B. co ne in n a et densiflora, qui se trouvaient sous le même nom spécifique dans le G. Onagre.
B01SSEL1ÈRE. ois. S. vulg. de Pie Griècbe grise.
BOIS VEINÉ, moll. N. vulg. du Foluta hebrœa , L.
BOITE A SAVONNETTE, bot. On désigne quelquefois sous ce nom, un péricarpe capsulaire, bivalve, qui s'ouvre en travers : capsula circumcissa t L. La Jusquiame en offre un exemple remarquable.
BOL
BOL
BOJKRIE. Bojeria. bot. G. delà fam. des Synanlhérées, dédié par De Camlolle au savant professeur d'histoire naturelle, du collège royal de Port-Louis à l'ile Maurice, auquel peu de naturalistes européens ne soient redevables de quelques renseignements importants sur les productions naturelles des contrées qu'il habite. Caractères : calathide mulliflore. homogame. à fleurons tubuleux. 5-fides et hermaphrodites; involucre campanulé. polyphylle, revêtu de plusieurs rangées d ‘écailles aigues, d'égale longueur : les extérieures linéaireslancéolées, foliacées, velues; les intérieures linéaires cl glabriuscules; réceptacle plan, subalvéolé ; anthères bicaudatées à leur base; style bulbeux inférieurement, à divisions exsertes, cylindriques et couvert d'une pubescence très-courte; akènes glabres, striés; aigrettes munies de soies longues et un peu scabres. Une seule esp. forme jusqu'à ce jour le G. Bojeria ; elle a été découverte par Hojcr dans les prairies humides de Madagascar; c'est une pi. herbacée, vivace, dont la tige se divise en plusieurs rameaux élevés, cylindriques et pubescenls vers l'exlréinilé; les feuilles caulinaires sont alternes, amplexicaulcs.ovales-lancéolées, entières, pubescenles en dessus, velues en dessous, à calathides solitaires, composées de fleurs très-nombreuses et purpurines.
BOJOBI. reft. Esp. du G. Boa.
BOL. un. On comprend sous ce nom général , des argiles diversement colorées par des Oxydes métalliques. Les Bols sont quelquefois employés en médecine comme aslrigents ; ils servent dans la peinture, comme terres colorées. On désigne communément, sous les noms de Bol d’Arréxie et de Ler.xos, l’Argile craieuse rouge.
BOLACE. Bolax. bot. Jussieu a, d’après Commerson, établi sous ce nom un G. qui fait partie de la fam. des Ombellifères, Pentandrie Dyginie, et que ses caractères rapprochent singulièrement des Hydrocolyles et des Azorelles. Gartner avait cru devoir réunir en un seul G., sous le nom de Chamitia , les deux G. Bolax de Commerson cl A zo relia de Lamarck. Mais Richard a prouvé, dans sa Monographie des Hydrocotylcs, que ces deux G. doivent demeurer séparés, offrant des caractères qui les font distinguer facilement. En effet, dans le Bolax dont il a figuré les caractères (Annales géu. desSc. Phys., T. IV, pl. 2, n» 5), les fleurs sont toutes hermaphrodites et fertiles; le fruit globuleux, lisse ou à trois côtes peu saillantes; les styles plus courts que les étamines. Dans VAzorella , au contraire, les fleurs sont polygames, c'est-à-dire que sur le même rameau, on trouve des ombellules de fleurs purement mâles et sans nulle apparence d'ovaire; le fruit est tuberculeux, et les styles, plus longs que les étamines, sont persistants. Le G. Bolace se compose de cinq à six espèces de petites pl. vivaces, qui forment des touffes épaisses cl serrées. Leurs fleurs sont petites et disjiosées en ombellules simples accompagnées à leur base de deux ou trois folioles qui constituent une sorte d’involucre. G’esl. à ce G. qu'appartient le Gommier îles Ma/ouines, appelé par Commerson Bolax glebaria, que Lamarck a réuni au G. Hydrocolyle sous le nom d ’ Hyd rocotyle gummifera. Cette petite; pl., qui est originaire du pays des
Patagons, est remarquable par la grande quantité de substance résineuse qu’elle renferme.
BOLtX. ns. G. de Coléoptères pentamères, établi par Westwond dans la fam. des Lamellicornes, tribu des Scarabéïdes, et voisin des Apogonies de Kirby. Caractères : antennes de onze articles; mandibules obtuséincnt falciformes. avec une dent forte, centrale, interne et considérablement ciliée; mâchoires terminées par trois sillons profonds, qui forment ainsi quatre dents obtuses; pal pes maxillaires grêles; lèvre large et courte; corselet plus large que long, en carré; élytres ovales, élargies à l'extrémité; cuisses assez épaisses; jambes robustes; un des crochets bifides, les autres simples. Le Bolax Zoubkovii est long de huit lignes entièrement d'un noir bronzé ou cuivreux avec des stries ponctuées sur les élytres; les tarses sont bruns. On le trouve au Brésil.
BOLBINA. bot. S. A'Ixia Bulbocodium.
BOI.BOCÈRE. Bolbocerut. ixs. Coléoptères pentamères; G. de la fam. des Lamellicornes, fondé par Kirby et ayant la plus grande analogie avec le G. Géolrupc auquel on arriverait insensiblement en plaçant entre celui-ci et le G. que nous décrivons, le Geotrupea vernalia des auteurs. Kirby tire ses caractères génériques de l'esp. qu'il nomme B. quadridena. Il en décrit et figure une deuxième, le B. Australasiœ, qui est originaire de la Nouvelle-Hollande.
BOLBOCHAÈTE. bot. Agardli a établi ce G. dans la fam. des Confcrvécs, pour une pl. aquatique qui lui a offert les caractères suivants : des filaments tubuleux, articulés, raineux. portant au sommet désarticulations des soies bulbifères; capsules latérales, sessilcs. Le B. aetigera se trouve dans les lacs et les rivières de l'Allemagne; c'est une algue tendre, hyalïne, verdâtre, à articulations plus ou moins inégalement épaisses, dicholomes, à soies allongées et naissant d'uo bulbe, à capsules assez nombreuses.
BOLBONACH oc BULBONACH. bot. S. vulg. de Lnnaria redirira.
BOLBOPHYLLE. Bolbophyllum. bot. Lindley adopte, d’après Sprengel, cette manière d’écrire le G. Bulbophyllum, créé par Du Petit Thouars dans la fam. des Orchidées, Gynandrie Monandrie de Linné. Caractères : sépales dressés ; pétales et labelle petits et conformes; quatre masses polliniques bien distinctes. Ce G., dont l'étude est encore un sujet d'attention pour les botanistes, parait s'élre définitivement aeem de la réunion des G. Diphyes de Blume, Tribachia de Lindley et probablement Aniaopetalum de Hooker.
BOLDEAU, BOLDU. Boldea. bot. Jussieu a décrit, sous le nom de Boldea , le G. Peu mua de Molina et de Persoon, qui est le même que le Ruisia de Ruiz et Pavon. Ce G. singulier a pour type le Boldu du Chili, arbre décrit et figuré pour la première fois par le père Feuillée. Jussieu l'a, avec raison, placé dans sa nouvelle fam. des Monimiées, à cause de sa grande analogie avec le G. Monimia. Voici les caractères qu’il présente : les fleurs sont unisexuées eldioïques; les mâles offrent un calice subcampanulé, évasé, dont la base est turbinée ; le limbe est à huit ou dix segments ovales, obtus, inégaux et disposés sur deux rangs; les intérieurs plus
BOL
BOL
étroits, plus minces et presque glabres, tandis que les extérieurs sont recouverts de poils étoilés. Ce calice doit être plutôt considéré comme un véritable involucre analogue à celui qu'on observe dans les G. Amboria, Monimia, etc., qui appartiennent à la inéine fam. Les étamines sont fort nombreuses, attachées à toute la partie tubuleuse de l'involucre, portées sur des filaments inégaux en longueur; la partie de l'involucre qui avoisine le limite, porte inférieurement deux petits appendices pédicellés, analogues à ceux que l'on observe sur les filets slaminaux dans certains Lauriers; mais les deux loges des anthères s'ouvrent par un sillon longitudinal. Dans les fleurs femelles, l'involucre caliciforme offre la tnéme structure que dans les fleurs mâles; mais il est beaucoup plus petit. Les pistils sont au nombre de cinq à neuf, rapprochés et dressés au centre de l’involucre; ils sont allongés et couverts de poils rudes et dressés ; l'ovaire est à une seule loge contenant un seul ovule, et se termine par un style court, surmonté d'un stigmate linéaire, glanduleux et comme tronqué à son sommet. — Les fruiUsonl environnés par la partie la plus inférieure de l’involucre qui persiste, tandis que sa partie supérieure se détache circulairenient après la fécondation. Les fruits, de la grosseur d'un l'ois, recouverts de poils, se composent d'un péricarpe charnu extérieurement, contenant une Noix réticulée qui renferme une seule graine, composée d'un tégument mince, d'un endosperine charnu, dans la partie supérieure duquel est un embryon renversé, dont les deux cotylédons sont plans, très-écartés l’un de l'autre et embrassant en quelque sorte l'endosperme. Ce G. ne présente qu'une seule espèce : le B. du Chili, que Jussieu a nommé B. fragrans.
BOL DO A. bot. y. Salpiavthe.
BOl.Dl CIA. bot. Necker a donné ce nom à un G. de la fam. des Légumineuses, établi par Aublet sous celui de Taralea.
BOLET. Boletus. bot. Le nom de Boletu » a été appliqué par les anciens botanistes à des Champignons très- différents de ceux auxquels Linné et ensuite presque tous les auteurs l'ont restreint; ainsi Micheli a désigné, sous ce nom, les pi. qui forment maintenant le genre Morille, Morchella , et il a fait dériver ce mot du nom grec jSo><tc$, Bôliiés, que les anciens donnaient à une esp. de Champignon à cause de sa forme irrégulière cl mamelounée, semblable à une motte de terre appelée /3o>o<, Bôtos. Cette expression, qui convenait assez bien aux Morilles, a été conservée par llaller, Jussieu. etc. Linné, on ne sait par quelle raison, a transporté ce nom aux Champignons que les auciens botanistes désignaient sous les noms d eSuilius, Polyporus , et à une partie de leur G. Agaricus. Cette dénomination étant maintenant adoptée généralement, c'est du G. Bolet de Linné que nous devons traiter ici.
Mais cet auteur voyant que les caractères sur lesquels les botanistes, qui l'avaient précédé, avaient fondé leurs divisions, étaient souvent très-mauvais, n'a pas donné assez d'attention aux G. établis par Micheli, car il aurait vu que la distinction des deux G. Suillus et Polyporus de cet habile botaniste était tirée de caractères trèsimportants, liés à la structure intime du Champignon,
et que ces caractères étaient joints à un port et une manière de croître très-différents; aussi ccs deux G. ont été séparés de nouveau par Fries (Sy s ténia tuycologf cuto ), en faisant rentrer cependant dans ce dernier une grande partie des esp. que Micheli rangeait parmi les Agarics. Fries a réservé aux premiers le nom de Bolet. et a laissé aux seconds celui de Polypore; enfin il a adopté un troisième G. proposé par Bulliard sous le nom de Fistulina. Ainsi le G. Bolet de Linné se trouve divisé en trois G. très-bien caractérisés. Nous ne parlerons, dans cet article, que des Bolets proprement dits, dont celte division a beaucoup réduit le nombre. Nous renverrons pour les autres aux mois Polypore et Fistilire. Le G. Bolet est ainsi caractérisé : chapeau présentant à sa surface inférieure des tubes libres, cylindriques, rapprochés, formés d'une substance différente de celle du chapeau, et pouvant farilemcnl s'en séparer. Ces tubes renferment dans leur intérieur de petites capsules cylindriques (osa) contenant des sporulcs trèsfines.
Toutes les esp. de ce G. ont le chapeau charnu, hémisphérique, porté sur un pédicule central, dont la surface est souvent réticulée ou veinée. La surface inférieure est assez fréquemment recouverte, avant le développement complet du chapeau, par une membrane très-mince, qui se détruit très-promptement. Ce caractère est surtout remarquable dans le Bolet annulaire de Bulliard ( Boletus luteus , Schœff.). On connaît environ vingt esp. du G. Bolet tel que nous venons de le définir. La plupart de ces esp. ne paraissent pas vénéneuses, mais plusieurs ne sont pas agréables â manger, soit à cause de la consistance molle et spongieuse de leur chair, soit à cause de leur amertume ; c’est ce qu’on observe surtout dans le Bolet chicotin, Boletus fc/teus, Bull., 1. 379.
Les esp. comestibles portent le nom général de Cepe ou Ceps, qui parait provenir de la forme de leur pédicule renflé comme un Oignon. On eu fait un usage beaucoup plus fréquent dans le midi et dans l'ouest de la France et en Italie , que daus le Nord ; ou en conserve souvent dans les pays où celte nourriture est le plus répandue, soit en les faisant sécher, soit en les préparant au vinaigre ou à l'huile, et on en envoie ainsi dans le Nord |>ourlcs employer comme assaisonnement. Les esp. les plus estimées sont :
B. BRo*zt, B, ceneus. Bull., I. 375, connu sous le noin de Ceps noir; son chapeau est d'un brun foncé; sa chair devient d'une rose vineux en la coupant, surtout près de la peau; les tubes sont courts et jaunâtres; le jtédicule présente des veines réticulées.
B. comestible, B. edulis, Bull., lab. 00-494, ou Ceps ordinaire. 11 est très-commun dans les bois. Son chapeau est fauve, les tubes sont longs, jaunâtres; la chair devient rosée; le pédicule est rrnHc â sa base, cl présente les veines réticulées du précédent.
B. oiAXGt, B. aurantiacus, Bull., t. 336, connu sous le nom vulg. de Gyrole rouge, Routsile, etc. Son chapeau est d'uu beau rouge orangé; son pédicule est gros, renflé, hérissé de petites pointes rouges; sa chair est blanche et se colore un peu en rose quand on la brise.
BOL
BOL
B. ni de. B. acaber, Bull., lab. 133. Il ressemble beaucoup au précédent, cl porte vulg. les mêmes noms, mais il est moins bon; sa cbair est plus molle; son chapeau est brun, son pédicule est plus mince, cylindrique, hérissé de petites pointes noires.
Ces quatre csp. , qu'on pourrait peut-être réduire à deux, les deux premières se ressemblant beaucoup, et les deux autres ayant aussi plusieurs caractères communs. sont les seules qu'on mange fréquemment, quoique plusieurs autres paraissent n'élre pas dangereuses; on doit les choisir, autant que possible, jeunes et encore peu développées; leur chair doit être bien blanche et ferme. Pour les préparer on retranche le pédicule qui est fibreux, et les tubes qu’on nomme vulg. le foin, oo enlève ensuite la peau du dessus du chapeau. C’est la chair de ce chapeau, ainsi isolée, qui est bonne à manger. Ce Champignon peut s’accommoder comme celui de couche ordinaire; on peut aussi le manger cru avec du sel et du poivre, ou le faire frire. Dans le midi, il est beaucoup plus estimé que l’Agaric comestible; son goût est en effet très-délicat, et sa chair est plus tendre.
Quelques Champignons de ce G. présentent un phénomène fort remarquable, et qui n'a pas encore été bien étudié par les physiologistes et les chimistes : je veux parler de la coloration en bleu, en violet ou en vert, qui a lieu lorsqu'on rompt le chapeau de quelques Bolets, tels que le B. indigotier, b. cyanescena , Bull., t. 309; le B. rubéolaire. Bull., t. 100; b. luridua , Persoon; le B. chrysentère. Bull., t. 393, b. subtomentoaua, Persoon. C’est dans le premier de ces Champignons que ce phénomène est le plus frappant, à cause de la belle couleur bleue que sa chair prend presque instantanément au moment où on l'entame. On avait d'abord attribué cette coloration à l'action chimique de Pair ou de la lumière sur les sucs de cette pi. , mais des expériences de Saladin, rapportées par Bonnet, prouvent que le même effet a lieu dans l'obscifrilé et dans divers milieux, tels que Peau, l’huile, etc. Buillard attribue cette coloration à l’écoulement d'un liquide coloré renfermé dans des vaisseaux Irès-pelils et dans lesquels sa couleur n'est pas sensible, tandis que quand il est réuni en gouttelettes, cette couleur prend plus d'intensité. Cette explication, quoique paraissant assez vraisemblable, mériterait pourtant que Pou fil quelques expériences pour la vérifier et s'assurer de la nature de ce suc.
Le B. amadouvicr, ainsi que la plupart des esp. ligneuses et toutes celles qui croissent sur les arbres, appartiennent au G. Polypore.
BOLET DE MER. polyp. Marsigli donne ce nom à Y Alcyoniutn papilloaum de Pallas, esp. douteuse et peu connue.
BOLÉT1TES. polyp. ross. Aldrovande et Feuilléeont donné ce nom à des Alcyoniles.
BOLÉ T01DES. bot. Seconde division de la première [ classe des Champignons dans la méthode de Persoon, ' et qui renferme les G. Bolet et Polypore.
BOLÊTOPUAGE. V. Bolitophace.
BOLÉTOPUiLE. V. Bolitophile.
BOLEUM. Doleum. bot. Desvaux a désigné sous le {
nom de Bolcutn as/terum 1 e f 'ella as/tera de Persoou, petite pl. vivace, qui croit en Espagne. Ce G., adopté par De Candollc, diffère à peine du Vella, si ce n’est par son style beaucoup plus étroit, et sa silicule presque indéhiscente.
BOLIDES, c tôt. V. Aêbolithb.
BOLIGOCLE et BOUL1GOCLE. bot. S. d 'Agaricua Erytijjii.
BOLIMBA. bot. S. de Bilimbi.
ROL1N. moll. S. de Murex cornutua. V. Rocher.
BOL1TALNE. moll. Selon Gcrardin, c’est une dénomination sous laquelle les anciens Grecs et les modernes désignent les émanations musquées de certains Mollusques (des Seiches par exemple), dont les Cachalots se nourrissent, et qui sont censées communiquer à à leurs excréments celte odeur qui leur est particulière.
BOL1TES. bot. S. ancien d’Oronge.
B0L1T0CHARE. Bolitochara. ms. Le comte de Mannerheim, dans son précis d’un nouvel arrangement des Insectes Bracbélytres, a établi, parmi ces Coléoptères pentamères, un G . nouveau qu’il a ainsi caractérisé : palpes maxillaires allongées, à pénultième article long, presque en massue, le dernier est très-petit elsubulé; palpes labiales très-courtes, avec le dernier article aciculaire; antennes brisées à leur base : le premier article le plus long, épais; les deuxième et troisième un peu plus courts, les autres presque égaux; tête presque scssile; corselet aussi large que la tète, arrondi sur les côtés, avec les angles à peine réfléchis; corps un peu déprimé et presque linéaire postérieurement, dans plusieurs espèces; pieds pubescents; premier article des tarses plus long que les suivants qui sont égaux entre eux. L’auteur divise son G. en quatre sections, selon la forme du corselet, et il décrit en tout 37 espèces.
BOLITOPHACE. Bolilophagua. ixs. Dénomination .appliquée par llliger à un G. de l’onlre des Coléoptères, que Latreiile avait établi sous le nom d'ÈLÉooxE.
BOLITOPHILE. Boletophila. ixs. G. de l'ordre des Diptères, établi par Hoffmauseeg , et que l'on trouve décrit dans l’ouvrage de Meigen. Cet observateur scrupuleux, dans sa Description systématique des Diptères d'Europe (T. 1 . p. 320 ) , assigne à ce nouveau G. les caractères suivants : antennes longues, séliformes , étendues , avec les deux articles de la base plus gros; trois yeux lisses, frontaux, placés sur une ligne transversale; ailes à recouvrement , parallèles , obtuses.
Les Bolitophiles que Meigen nomme Bolélophilea,onl de grands rapports avec les Dixes et surtout avec les Macrocèrcs ; ils se distinguent cependant de ces derniers par la position des yeux lisses. Us appartiennent au reste à la farn. des Némocèrcs , et peuvent être rapportés au G. Mycélophile. Meigen n’en décrit que deux esp. : la première, sous le nom de b. cirenea, et la seconde sous celui de B. fusca.
BOL1VARIE. Bolicaria. bot. G. de la fam. des Jasminëes, dédié par Chamisso et Schlechlendal au libérateur de l'Amérique méridionale , qui a ouvert celte partie du nouveau monde aux recherches des savants. Caractères : calice monophylle, persistant, profondé-
ment divisé en cinq partie*; corolle hypogyne, infundibiili forme , décidue, avec son tube court, son limbe partagé en cinq lobes; deux étamine* égale»; capsule cartilagineuse, didyme, «'ouvrant par la circonférence, à deux loges polysperme*. De* deux esp. connues, le B. integrifolia, a le» feuilles lancéolée*, très-entière», et le B. triflda, le» a linéaires ou plus souvent ailées et divisées en trois. Toutes deux ont été observées au Brésil par Sellow.
BOLLION. bot. S. d* Ai relie Myrtille.
BOLON. bot. S. de Sparganium erectum , L. F. Sfaruarier.
BOI.TÊNTE. Boltenia. moll. G. de la classe des Ascidies de Savigny ou des Tuniciersdc Lamarck, institué par le premier de ces savants. Les deux esp. qui composent ce nouveau G. étaient déjà connues; elle» furent placées, l’on ne sait trop pourquoi, dans le G. Forticella , par l.inné; Bruguière et Shaw les ont rétablie» parmi les Ascidies, dans lesquelles Cuvier, Lamarck, Schweigger et Goldfuss les ont laissées. Ces deux derniers en forment cependant des coupe» distincte» dans le G. Ascidie. Voici les caractères génériques assignés à ce G. par Savigny : corps pédiculé par le sommet, à test coriace; orifice branchial fendu en quatre rayons; l'intestinal de même ; sac branchial plissé longitudinalement, surmonté d'un cercle de filets tentaculaires, composés; mailles du tissu respiratoire dépourvues de bourses ou de papilles; abdomen latéral; foie nul; ovaire multiple. — Les seules espèces connues sont :
B. oviFfcRE, B. on'fera, Sav. Mém., pl. 1, f. t,et pl. 5, f. 1; Foriicella or i fera, Linné; Ascidia pedunculata , Brug., Shaw.; Ascidia globifera , Lain. Elle habile l'Océan américain et I toréai.
B. nsiFORiK. B. f Hsiformis, Sav. Mém-, p. SS) et 1 40 ; Forticella Boite ni, L.; Ascidia cia rata, Shaw; Ascidia peduni ulala, Lar n.,loc. cit.f p. 137. Elle habite le détroit de Davis. F. Têtbies.
BOLTONE. Boit onia. bot. G. de la fam. des Synanthérées, Syngénésie superflue de Linné. U présente un involucre convexe, composé de plusieurs rangs de foliole» imbriquées; un réceptacle nu; des fleurs radiées, ou des demi-fleurons nombreux, occupant la circonférence; des akènes plans , comprimés , entourés d'un rebord membraneux et couronnés de petite* soies, dont deux opposées s'allongent en arêtes roides et persistantes. Les deux esp. connues sont originaires de l'Amérique sept, et cultivées dans nos jardins de botanique. Les feuilles inférieures sont dentées, les pédoncules courts ; les akènes en cœur renversé, et leurs rebord* pubescenl* dans le Boltonia glasti folia; toutes les feuilles très entières, les fleurs longuement pédonculées, les akènes ovales et glabres dans le B. Astéroïdes.
BOLTY. rois. $. de Labre du Nil.
BOLUMBAC. bot. S. A' Aterrhoa Bilimbi. F. Car ax-