‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 105 sur 148 · TT · texte numérisé non relu

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Militas Coik.hr murœna Cotnjer, Lin , Encyol.. Pois.. p|. -24. fig. 82. C’est la plus grande espèce de Murène; il n'est pas rare d’en trouver de six pieds de long et de huit pouces de diamètre. Leurs yeux sont énormes. Leur nageoire circonférentielle est blanchi!

Ire, bordée de noir; leur dos est d’un cendré bleuâtre avec des teintes verdâtres ou plombées; leur ventre est d’un blanc jaunâtre, offrant pourtant des teintes assez douces. Leur agilité égale leur audace; ils attaquent les plus gros Poissons, et dévorent jusqu'à leurs pareils.

Leur chair est ferme, blanche, très savoureusdet mèinc saine; aussi les anciens l’estimaient-ils, en recherchant particulièrement celle des Congres de Sicionnes. Le Congre se trouve non-seulement dans les mers de l’Europe, mais jusqu’aux Antilles. Le Congre a la vie très dure, il se défend contre le pécheur; s’il mord un objet quelconque, et que d’un autre côté il se cramponne par la queue, il se laisse plutôt arracher lu mâchoire que de lâcher prise. Lèskancicns, et Oppien particulièrement, croyaient qu’lf s’accouplait à Ta maniè/édes Ser pents; ce qui serait très - possible . puisque l'on a v que les Anguilles se reproduisaient par un mode de génération entièrement analogirc à celui des Serpents, c., |0, o. À. c., 306, p.. 10.

Mental Myhe. Murwna Myrus, L., Ginel., foc. cit., p. 134. Ce Poisson fut connu des anciens qui le regardaient comme le inâle de la Murène commune. Semblable au Congre commun pour la forme, il est cependant plus petit; il est d'ailleurs blanchâtre, avec des taches ou points noirs nu museau ainsi qu’à lu nuque, et une bande foncée, transversale, sur Pocciput. On le nomme vulgairement Mura, Forskahl décrit comme une variété de ce Poisson ( fy/ola cinercn) une espèce de la mer Rouge, qui passe poiiryénéneuse.Oua vu quela Murène mentionnée et figurée par Lacépède sous ce nom u’était pas elle.

Les Afnrœna ffalenrica, Myntax, Cassinii, nigra et Strongylodon, que Delaroclic. Schneider cl Risso ont fait connaître, sont les autres espècesdu sous-genre I Congre.

L •J-f-j» Opimi ré. Ophisurus. Les Mûrîmes de ce sousi genre diffèrent des Anguilles en ce que hvdorsale et l’anale se termineutavanl d’arriver à la queue, qui, delà sorte, se trouve en forme de poinçon et dépourvue | de nageoire. * 1

* Pectorales de la grandeur des autres Murènes, avec les dent* aigues et tranchantes. r* «b

McRtaiSiBPEvr dk ns.fi. MurtenaSerpetès, L. Sa Ion gueur dépasse souvent deux toises. Elle fait le passage, pour les formes, des Poissons aux Ophidiens. Elle est grosse comme le bras, brun dessus et argentée dessous, avec le museau grêle. Elle est fort agile; on la trouve ^ sur les côtes d'Italie, particulièrement des États ro-t mains, où elle se propage jusque dans les lagunes d|è: I l'intérieur. On compte vingt rayons â la hraiichioslègé.'

Le Murœna O/ihis dé Bloch, pl. 134, et \v gutlatus de Cuvier, espèce nouvelle de Surinam, doivent se place^ après le Serpent de mer.

** Pectorales excessivement petites; dents obtuses.

On doit rapporter â celle section des Ophisures le Colubrin, qui est Kl, Mu rctuwhi* colubrina, Lacép,,

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Puis., I. v, pi. 19, f. 1 ; le Murœnn tuaculosa de * Cuvier, décrit et figuré mal à propos par Lacépêde , l. h, pl. 0, fig. 2, comme l'Opliis; el le Murœna fast iota de Thunberg. On Irouve dans la relation de Léguai la description d’un Poisson appelé Serpent de ! ' mer, que ce voyageur pécha sur les récifs de nie Mau-

rice, où il était exilé, et qui parait devoir être placé ici.

tttt Mc ni: ses proprement dites, appelées Gymna- ^ thorax par quelques ichlliyologistes. Ces Poissons manquent entièrement de pectorales; leurs branchies s’ouvrent par de petits trous latéraux; leurs opercules sont * si minces et leurs rayons branchioslèges si grêles et ' tellement cachés sous la peau, que d’habiles naturalistes, dit Cuvier, en ont nié l’existence. Leur estomac est un sac court, et leur vessie aérienne, petite et ovale, est placée vers le haut de l'abdomen. Lacépêde a formé de ces Murènes proprement dites, trois genres que Cuvier n’a pas conservés : 1° Mvkexopbis, où la dorsale el l’anale sont bien visibles, et les dents tranchantes; 2- Gtmxomcrèbp.s, où l’on n’aperçoit pas de nageoires bien distinctes, et qui ont leurs dents très-petites et serrées; 5'*Mi,rI'.xoblexxe5. qui répandent beaucoup de mucosité par toute hrsurfaco de leur corps.

Mlrèxr commise. Murœna Uelena, L.; la FIAle, Elicycl., Pois., pi. 23, fig. 79. C’est un Poisson rusé, carnassier et vorace. Il a son corps tout diapré de vert el de noir, des formes qui ne sont pas sans élégance, mais avec des airs de reptile qui inspirent un certain effroi ; ses mœurs sout à peu près celles de l’Anguille commune, qu’en rapproche la délicatesse de la chair, mais elle habile la tnor et les eaux saumâtres de ses bords, landia que l’Anguille ne s’y trouve qu'accidentclleinent. Cependant la Murène vit el prospère dans les viviers qu’on lui prépare, pourvu qu’on y ménage des retraites sombres pour qu’elle s’y puisse soustraire aux ardeurs du jour. La Murène abonde dans la Méditerranée, surtout vers les fûtes d’Italie et de Sardaigne.

Les Murœna reiicularis et Afra de Bloch, pl. 410 < et 417; faraginca et punctala de Schneider, pl. 105 et 520; unicotor de I)elar»che,Aun.duMus.. 13, pl. 25, lig. 15, qui est le Chriatini de itisso; enfin les Muretiophis Hauy de Lacépêde, t. v, pl. 17, fig. 2 ; griaea , pl. 19, fig. 3, et la Panlhérine de Lacépêde, sont les ^ autres Murènes de cette division.

Les Murenophis uiulut a et stel/ata de Lacépêde, la première représentée sous la fig. 2 de la pl. 19, t. v de sou Histoire des Poissons, et la seconde dans Séba, t. il. pl. 09, fig. 1; le Murœnn sonlitla de Cuvier, représenté dans le même Séba, /oc. cit fig. 4, et le Murœna calcna/a de Bloch, pl. 415, sont les Murènes £- proprement dites, qui ont les dents obtuses, l’estomac plus allongé, et leur vessie natatoire encore plus petite. Hisso a fait connaître un Murœna Saga qui a les dents menues et serrées, avec le museau pointu el la bouche très-peu fendue.

Le Murœna Acbra de Schneider, qui est encore une Murène, est le Gymnoinurônc cerclé de Lacépêde, t. v, pl. 19, fig. 4. Sa Murène bleue olivâtre, t. v, p. 055, doit aussi sc placer dans cette division. Ce Poisson, rapporté du détroit de Magellan, u’est guère connu que

1 par une phrase de Cominerson, qui le dit être long de quinze à dix-huit pouces, avec les formes du Congre, sans tache, el d’un verdâtre tirant sur l’olive.

ttftï Sphagébr vxcues. Sphqgcbranchus. Ces Pois- t sons différent des précédents en ce que les ouvertures des ouïes y sont rapprochées l'une de l'autre, sous la ^ gorge; les nageoires verticales ne commencent dansi&i; plupart à devenir apparentes que vers la queue, niais manquent parfois totalement; le museau est avancé Ct pointu. Il en est qui manquent de pectorales, tels que le Sphagcbranchus rosirai ut de Bloch, pl. 119, fig. 2, dont Risso avait fait son Leptocéplialc de Spallanzani,. et le Monoptère de Lacépêde, t. v, p. 139. D’autres en présentent de petits vestiges, comme le Sphagebran chus imberbia de Delamche, Ann. du Mus.,l|. tut,, pl. 25, fig. 18. D’autres enfin sont totalement nus, e? «. ressemblent conséquemment à des Serpents par Pal»- M sencc de toute nageoire apparente. Ce sont les Murènes dont Lacépêde a fait son genre Cécilie, appelé Apterichtc par Dumérü; on ne connaît encore dans cette section que la Mranderiennc.qui est la Murène aveugle, <4 Murœna cœca , Gtnel., Sys/. nat.f xm, t. 1, p. 1155, figurée par Delaroche, Ann. du Mus., t. xiit.pl. 21,fig. 6.

ftitti' Sybmwhcm; Synbrnnchua , que Lacépêde, appelait l'nibrancliaperturc. C’est un sous-genre où le&: branchies ne communiquent plus au dehors que par un seul trou percé sous la gorge ct commun aux deux côtés. Ces Murènes n’ont pas de pectorales, el leurs nageoires verticales sont entièrement adipeuses. La télé est grosse ct le museau arrondi; les dents sont obtuses, les opercules en partie cartilagineux; les rayon des ouïes sont forts et au nombre de six. 11 n'y a pasj de cæcums. Le canal intestinal est tout droit, l’estomac s'en distingue à peine par un peu d'ampleur et « une valvule au pylore. On en connaît cinq ou six espèces, entre lesquelles le mannoratus de Bloch, pl. 418, est commun dans les marais et les eaux douces de 1^£ t Gtiiane, où ce Poisson semble représenter notre Anguille, tandis que Viminacufalus de Bloch, pl. 419, ’ qu’on prétend se trouver à Surinam, se rencontre dans l’Inde, surtout aux environ* de Tranquehar.

L’Aubes. que Cuvier regarde encore comme un simple sous-genre de Murène, a déjà été décrit comme formant un genre particulier au premier tome du présent Dictionnaire.

NURfeNOBLENNE. pots. y. Mottxi.

MURÉNOIÜE. pois. Espèce du genre Blennie.

MURENOPHIS. pois. (Lacépêde.) r. NORftHS. 4$

MURER, bot. L’un des noms vulgaires du Cheiragthus Chcirif L.

MUREX. H01.L. Klein, dans sa méthode, avait établi une classe sous cette dénomination qui est employée ! pour désigner le genre Rocher, y. ce mol. Celle classe . répond assez bien au genre Murex de Linné;.!! la di- : vise en deux genres : le premier, Murex frôtldosus,

1 renferme les Coquilles rameuses ou à longues épines;

le second. Murex costosus, comprend seulement celles ! du même genre qui n’ont pas les varices armées tTé- , pines : ces caractères, très-vagues. Pont porté à réunir I dans ces genres Ai bon nombre de Coquilles qui ne pout vaienty convenir.

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ML'RIACITE. air». Ce nom a été employé par plusieurs minéralogistes, pour distinguer la Chaux sulfatée anhydre. F. Cil AUX.

MURlATES ma. coin. On donnait ce nom à ntl genre de Sels dont l'un des générateurs était l’Acide muriatique, aujourd'hui nommé Hydrocliloriquc. Ces Sels ont par conséquent été nommés llydroehlorales.

MURlATES OXir.KNES ït MLRUTES SIROXIGÉ- NÉS. ma. aux. C’était ainsi qu’on nommait les Sels formés par l'Acide muriatique suroaigéné, combiné sur ! les diverses hases. La nature de cet Acide ayant été | mieux connue, on en a changé la dénomination en celle d ‘Acide chloriquc. et par suite les Sels qu'il produit onT été nommés Chlorates.

MURICAIRE. Muricaria. bot. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynnmie siliculeuse. L.. établi par Desvaux (Journal de botanique, 3, p. 156), et ainsi caractérisé : calice à quatre sépales presque dressés, égaux à la hase; corolle à quatre pétales entiers et égaux; six étamines lélradynames. dont les filets I sont dépourvus de dents; style court, surmonté de deux stigmates formant une pointe mousse et conique; silàcule coriace, globuleuse, indéhiscente, uniloculaire, monospcrine, hérissée d'aiguillons; graine globuleuse, insérée latéralement, A cotylédons probablement condtipliqtiés. Ce genre est formé sur une plante placée j parmi les Bimias par Desfonlaines, et que Persoon j avait réunie à son genre Lrc'ia qui n’a pu être admis j tel que l'avait constitué ce botaniste. Comme ses col y- ' lédons ne sont pas bien connus, c’est avec quelque j doute que De Candolle (Vys/. l'eget. natnr., 2, p. C47) l'a placé dans sa tribu des Zillées, caractérisé par les cotylédons condiipliqué*.

I.c Muricaria proslrata, Desv., toc. vit.; limitas prostrata. Desfont., Fi. Allant., 2, p. 76, l. 150. est mie plante herbacée, dont la racine émet plusieurs liges couchées, garnies de feuilles pinnatilohées et alternes. Ses fleurs, de couleur blanche, sont disposées en grappes opposées aux feuilles ou terminales. Cette plante croit dans le royaume de Tunis.

MUR1CALCITË. mix. L'un des noms vulgaires de la Chaux carhonalée inagnésifére. /'. Ctutx.

MURILÉE. Muriçea. roLYr. Genre de l’ordre des Gorgoniées, dans la division des Polypiers Corlicifèrcs, ayant pour caractères : polypier dendroïde, rameux ; axe corné, cylindrique, souvent comprimé à l'aisselle i des rameaux; écorce cylindrique, d'une épaisseur moyenne; cellules en forme de mamelons saillants, i épais, couverts d’écailles imbriquées et hérissées; ouverture étoilée, à huit rayons. Ce genre a été établi par , Lamouroux (bxp.mélh.des Polyp.). L'axe des Muricées. i légèrement aplati, l’est davantage aux bifurcations et i aux extrémités des rameaux qui sont presque réguliè- i renient dicholomes. L'écorce est assez épaisse, de cou- j leur blanche ou jaunâtre, dans l’état de dessiccation, et toute couverte de cellules tubuleuses, petites, serrées, | éparses, redressées, munie eu dehors d'écailles fusifor- i mes, imbriquées, qu’on n’aperçoit distinctement qu'au moyen d'une loupe. Ces écailles sont de grosseurs inégales; les plus volumineuses, vues au microscope, sont demi-transparentes et couvertes de petites aspé- >

rilés, Ce genre renferme les Muricca spicifern et clongala.

MURICIE. Mnricia. eot. Loureiro (Fl. Cochinch., 2. p. 732) a constitué sous ce nom un genre de la Monœcie Triandrie, L.. auquel il a donné les caractères suivants : (leurs monoïques; calice à cinq divisions striées, suhulées, égales; corolle à cinq pétales ovales, lancéolés; trois étamines dont les filets sont courts, épais, dilatés et soudés par la base; deux anthères à deux lobes écartés, munis d'un appendice basilaire, la troisième simple. Les Heurs femelles ont un ovaire ovoïde, allongé, surmonté d'un style épais, cylindrique et de trois stigmates; haie d'un rouge pourpre, uniloculaire, hérissée, contenant plusieurs graines orbiculaircs et tuberculeuses sur leurs bords. Ce genre qui n'a pas encore été placé dans l'une «les familles naturelles connues, ne se compose que d'une seule espèce nommée par l'auteur Mnricia Cochinchinensis. C’est un arbrisseau à tiges grimpantes et munies de vrilles. Ses feuilles sont alternes, pétiolées. glabres, veinées, dculiciilées, et divisées en cinq lobes, les trois supérieurs acittninés. les deux inférieurs plus courts et obtus. Les Heurs, d'un jaune pâle, sont éparses, solitaires, portées sur de longs pédoncules et enveloppées chacune d'une spathe verdâtre. Cet arbrisseau croit à la chine et à la Corhincliine, où l'on emploie ses baies pour colorer les aliments.

MURICITES. moll. Ce nom désigne, dans quelques ory olographes, des espèces fossiles du genre Rocher, Murex.

MURICULÉ. Muriculatus. ZOOL. bot. c'est-à-dire garni de petites pointes mousses.

MURJDE. bix . F. Brômk.

MURIER. Morus. bot. Genre de la famille des Urlicées, tribu des Arlocarpées, et de la Momecic Télrandrie, L., composé d'un assez grand nombre d'espèces, originaires du nouveau et de l'ancien continent, et offrant pour caractères distinctifs - des fleurs unisexuées, monoïques, rarement dioïqites, disposées en chatons ovoïdes ou globuleux, avant un calice à quatre divisions profondes : les mâles, quatre étamines à filaments grêles, et recourbés vers le centre de la fleur avant son épanouissement; les femelles, un ovaire libre, un peu comprimé, lenticulaire, à une seule loge inonosperme, surmonté de deux stigmates linéaires, ♦ glanduleux cl pointus sur leur face interne. Le fruit se compose du calice persistant dont les écailles sont devenues charnues et recouvrent le fruit lui- même, qui est un akène un peu comprimé, dont la graine offre un 'embryon recourbé, dépourvu dVndosperme. Les Mûriers sont des arbres le plus souvent lactescents, portant des feuilles alternes, rarement opposées, munies de deux stipules caduques à leur hase. Les fleurs forment des chatons qui tantôt sont axillaires, tantôt terminent les ramifications de la tige. Plusieurs des espèces de ce genre sont cultivées dans les jardins.

Mûrier nom. Morus uigra, L. On ne sait pas encore positivement aujourd'hui quelle a été la patrie primitive de cet arbre. Les uns le font originaire de la Chiite, d'où il aurait été transporté en Perse et dans l’Asie- Mineure, avant d'arriver en Europe; les autres croient

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que c’est dans l’Asie -Mineure qu'il croit naturelle- . ment. Dans les jardins le Mûrier noir est un arbre de moyenne taille, pouvant atteindre celte de vingt-cinq ù trente pieds. Son tronc est couvert d'une écorce noirâtre. Ses feuilles alternes et pét idées, sont cordiformes, aigues, dentées en scie, puliesccntes et rudes au loucher; elles se divisent quelquefois en trois ou cinq lobes plus ou moins profonds. I.es deux stipules sont opposées, membraneuses, lancéolées et pubescentes. Les fleurs sont généralement diolques, et dans les jardins on ne cultive que l’individu femelle, sans mâles, parce qu’alors scs fruits sont plus gros et sans graines. Ces fruits, lorsqu’ils sont parvenus â leur maturité complète, sont ovoïdes, allongés, d’uu rouge pourpre, près- I que noir, mamelonnés comme les framboises, mais 1 avec cette différence, que leur partie charnue est formée par le calice, tandis que dans le fruit du Framboisier, c’est le péricarpe lui même qui est succulent et charnu. Les fruits du Mûrier noir, lorsqu'ils sont bien mûrs, ont une saveur aigrelette, sucrée et mucilagineuse. Le Mûrier noir se cultive dans les jardins et surtout dans les cours ou au voisinage des murs. Il est du nombre des arbres que l’on taille rarement.

Mûrier blaxc. Morus alba, L.; Latnk., 111., t. 702, fig. 2. 11 est originaire de la Chine, et naturalisé dans les contrées méridionales de l’Europe; cet arbre qui, j dans sa patrie, peut acquérir une hauteur de quarante I à cinquante pieds, ne s'élève guère, en Europe, au delà j de vingl-cinq à trente pieds. Ses feuilles alternes et | pétiolévs sont cordiformes, aigues, simplement dentées j on plus ou moins profondément cl irrégulièrement lobées; leur face supérieure est glabre et luisante, l’inférieure est un peu pubesconle. Les Heurs sont monoïques, disposées en chatons pédoncules. Les fruits $ont semblables à ceux de l’espèce précédente, mais blancs et plus petits.

Le Mûrier cultivé produit plusieurs variétés, qui se distinguent par la figure, la grandeur, la couleur de leurs feuilles, par la grosseur de leurs fruits et par plusieurs autres caractères d'un ordre inférieur. Les variétés principales sont celles que 1 on désigne sous les noms de Mûrier feuille rose, Mûrier romain. Mûrier grosse reine, Mûrier langue de Dœuf, Mûrier nain, Mûrier lacinié, etc. Mais ces noms des variétés ne sont pas les mêmes dans les différentes contrées où l'on cultive le Mûrier. Cet arbre est fort intéressant, cl sa culture est un objet de grande importance dans quelques contrées de la France et de l'Europe méridionale, â cause de ses feuilles qui servent à nourrir les Yers-à- Soic. C'est de la Chine que nous sont venus et le Mûrier ; blanc et la Chenille précieuse qu’il nourrit. De la Chine ils passèrent successivement dans l'Inde, la Perse et ! l’Asie-Mincure. Sous le règne de Justinien, vers le milieu du sixième siècle, deux moines apportèrent de , l’Inde â Constantinople et le Mûrier blanc cl des œufs du Yer-à-Soie. La Grèce les reçut ensuite de la capitale : de l'empire d'Orient, el le nom de Morée que prit en- | suite le Péloponèse, vient, selon quelques auteurs, de l’énorme quantité de Mûriers qu'on y cultivait alors. En 1130, Koger, roi de Sicile, ayant conquis la plupart dcsvillesde la Morée, transporta dans son royaume

le Mûrier blanc, y introduisit en même temps l'éducation des Vers-à-Soic el les ouvriers propres à mettre en œuvre le produit de jes insectes précieux. Ce fut en 140-1, sous le règne de Charles VIII, que quelques seigneurs qui avaient accompagné ce prince en Italie, rapportèrent de Naples des Mûriers blancs, qui furent plantés aux environs de Monlélimart. Il y a encore peu d’années, qu’on montrait avec un respect religieux, ces premiers pieds de Mûriers qui ont enrichi la France d’une brandie d'industrie qui compte aujourd'hui peu de rivaux. Non seulement le Mûrier fut cultivé dans le midi de la France, niais Ilrnri IY en fit venir à Paris un grand nombre, qu’on cultiva dans le jardin des Tuileries, où l’on fonda un établissement destiné à l’éducation des Vers 5-Soie el à la préparation de leur produit. Aujourd'hui il ne resle plus aucun vestige de celte plantation.

Pendant longtemps on a cru qu'il fallait au Mûrier blanc une température assez élevée pour croître et prospérer. Cependant aujourd'hui cet arbre est cultivé, avec succès, dans plusieurs provinces septentrionales de l'Allemagne, et même jusqu’en Russie où il réussit fort bien. Néanmoins en France on ne le cultive guère en grand et pour l'éducation du Ver à Soie, que dans les provinces du centre el du midi, jusqu'aux environs de Lyon. Mais il n'y a pas de doute qu'avec des soins on ne puisse facilement l'acclimater dans presque toutes les parties de la France; il serait fort à désirer que le gouvernement encourageât les essais qu'on pourrait (enter à cet égard.

Le Mûrier blanc n'est pas difficile sur la nature du terrain. Il peut réussir dans des terres de constitution trèsdifférente. Néanmoins la qualité du terrain et sa situation influent sur le produit du Ver-à-Soie qu'on nourrit avec les feuilles du Mûrier. La soie est d’autant plus fine, plus abondante el plus résistante, que les Mûriers ont crû dans des terrains plus secs el plus élevés. Dans le midi de la France on est dans l'habitude de couper chaque année toutes les branches moyennes du Mûrier, afin de faciliter le développement d'un plus grand nombre de jeunes rameaux, qui portent des feuilles {dus larges et plus nombreuses. Les feuilles du Mûrier noir, comme en général toutes celles des autres espèces du même genre, peuvent servir à la nourriture des Vers-à-Soie. Non-seulement ils s'y plaisent beaucoup moins, mais ils donnent un produit beaucoup inférieur en quantité et eri qualité.

On cultive encore dans les jardins, plusieurs autres espèces de Mûriers; telles sont : le Mûrier rouge d’Amérique, .Morus rubra de Michaux; le Mùrierde Constantinople, Motus ConsluHlinopolitatia de Poiret,elc. Le Mûrier de la Chine ou Mûrier â papier, el le Mûrier de Java, forment le geure Ü/outtsuneliu de l'Héritier. y. ItROUSsOXETIE.

Le Mirier pe Haie est le liubus fruticosus, L., et le Mûrier de Rexard le Hubus cœsius. y. Boxes.

MllllhUS. ois. On donne collectivement et vulgairement ce nom à divers Becfigues, Fauvettes et autres petits Oiseaux qu'on prend dans les haies où ils s'engraissent, vers l'automne, des fruits de la Rouce ou d'iuscclcs, el qui sont recherchés sur les meilleures labiés.

Ml'HINS. ma». Espèces des genres Loir et Vespertilion. y . ces mots. Yicq-d’Azvr et Illiger avaient donné le nom de Murins à une famille de Rongeurs.

Ml'RIQl'S. Muricatus. eut. Organe garni de pointes courtes et à large base.

WURK1SOINITE. mix. Substance minérale encore peu connue, d’un blanc rougeâtre, opaque, cristallisée eu prismes rectangulaires obliques, pesant spécifiquement 2,500, composée, selon Phillips, de Silice 69, Alumine 17, Potasse 14. Ou la trouve à Dawlisch, dans uu Granité.

MURM1DIE. Murmidia. ms. Ce genre, de l’ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Byrrhiens, a été établi par Leach; il doit avoisiner les Byrrhes et les Aspidiphores.

Mt RO. rois. y. Myie au mot Aiguille de l’article Mcrêxe.

MURRAYE. Murraya . bot. Genre de la famille des Aurantiacées et de la Dccandrie Monogynic, L., qui présente : un calice petit, quinquépnrli, persistant; cinq pétales connivents inférieuremenlen cloche, étalés â leur sommet; dix étamines dont les filets, quelquefois légèrement soudés entre eux par leurs bases élargies, portent des anthères arrondies; un petit disque à la base de l’ovaire; une baie revêtue d’une écorce mince et ponctuée, divisée intérieurement en deux loges monospermes, dont l’une avorte quelquefois; une graine qui, sous une (unique épaisse et laineuse, offre un embryon droit. On trouve les espèces, peu nombreuses, de ce genre aux Indes, ainsi qu'à la Chine et au Japon. Ce sont des arbrisseaux à feuilles pennées, avec une impaire, â fleurs disposées en corymbcs ou en panicules axillaires ou terminales. L'une d’elles, connue sous le nom de Buis de la Chine, est iigurée dans le Voyage aux Indes de Sonnerai (l. 159), qui lui donne le nom générique de Marsania. Elles portent celui de Chalcas dans la Flore cocbinchinoise de Lourciro. Quelquefois le nombre des pétales est porté à six, celui des étamines à onze ou douze.

Mi .brave a lüygces feuilles. Murraya long! folia, Blume, Dydr. 157. Les folioles sont au nombre de trois à cfnq, oblongues, aiguës à la base, alternes; l’épi est terminal, composé d’un assez grand nombre de fleurs. Celte espèce se trouve à Java.

Mirraye parici Lf.E. Murraya paniculala, Blume. Ses folioles sont ovales et acuminées; les fleurs sont subsolitaires. On la trouve aux environs de Batavia.

MURSB. pois. Espèce du genre Cyprin, y. ce mol.

MURSIE. Mursia. crust. Genre de l’ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Orbiculaires, établi par Leach et adopté par Latreille (Fam. nal. du Règne Anim.). Ce genre ne diffère des ilépates que parce que les pieds-mâchoires extérieurs ont, comme ceux des Crabes, leur troisième article court, presque carré et échancré intérieurement.

Mlrsie mai** f.v crête. Mursia crislata, Lat. Il est de taille médiocre; sa carapace est assez convexe, d'un jaune rougeâtre pâle, avec une multitude de points et de taches d’un rouge pourpré assez vif; elle a au milieu deux fortes protubérances étendues qui se touchent longitudinalement, trois autres protubérances latérales

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s’étendent de chaque côté de la carapace dont les bords antérieurs sont oblusémenl dentés; front droit, tronqué. graveleux au bord antérieur; pieds -mâchoires garnis latéralement de protubérances irrégulières, en forme de crête, et de fortes épines â leur base qui est rouge, tachetée de pourpre; la face interne est d’un gris rougeâtre. Les quatre paires de pattes sont d’un gris bleuâtre clair. De l’océan Américain.

MURUCOA. iiot. Pour Mouroucoa. y. ce mot.

Ml ItUCl’IA. rot. Tournefort avait déjà séparé tics Passiflores le Murucuia de Saint-Domingue. Jussieu, dans son Mémoire sur les Passiflorées (Ann. du Mus., C, p. 105), l’a de nouveau considéré comme un genre, qui a été adopté par Persoon. Ce genre ne diffère des vraies Passiflores que par sa couronne ou nectaire qui est simple et tubuleuse, au lieu d’être formée de filaments distincts. Mais ce caractère parait trop peu important pour former un genre distinct. F. Passiflore. Les espèces qui avaient été rapportées à ce genre sont : les Passi/lorn murucuia, L.; aurautia, Willd., et orbiculata , Willd.

MUS. IA». Synonyme de Rat. y. ce mot.

MUSA. bot. y. Baxarier.

MUSACÉES. Mutaeeœ. bot. Famille naturelle de plantes monocolylédones, à étamines épjgynes, avant pour type le genre Musa (Bananier) et offrant les caractères suivants : un calice irrégulier, coloré, pélaloïde. adhérent avec l’ovaire, à six divisions, dont trois extérieures et trois intérieures; dans le genre Musa, il y a cinq divisions externes, réunies ensemble et formant en quelque sorte une lèvre supérieure, et une seule division interne et formant une lèvre inférieure. Les étamines sont au nombre de six, insérées à la partie interne des divisions calicinaies ; les anthères sont linéaires, inlrorses, à deux loges, surmontées en général par un appendice membraneux, coloré, pélalofde, qui est la terminaison du filet. L’ovaire est infère, à trois loges contenant chacune plusieurs ovules attachés à leur an gle interne. Dans le genre I/c/iconia, on compte un seul ovule, parlant du fond de chaque loge. Le style est simple, terminé par un stigmate â (rois lobes ou à trois lanières, quelquefois concave. Le fruit est ou une capsule à trois loges potyspermes, s’ouvrant en trois valves portant chacune une cloison sur le milieu de leur face interne, ou un fruit charnu et indéhiscent. Dans le premier cas, au côté interne de chaque cloison, on trouve les graines qui sont plus ou moins nombreuses et qui, fixées sur chaque cloison, appartiennent â deux loges. Ces graines, quelquefois portées sur un podosperme, et environnées d’une touffe de poils disposés circulaireinent ù sa base, se composent d'un tégument quelquefois crustacé, d'un endosperme farineux, contenant un embryon axile, allongé et dressé.

Les Musacëes sont toutes des plantes herbacées et vivaces, dépourvues de liges proprement dites, ou ayant un bulbe d'une organisation et d’une forme toute particulière. Ce bulbe est en forme de lige, cylindrique et jusqu'à présent il a été considéré comme line tige ou stipc; mais i! a été démontré plus liant, à l'article Monucotyledoxs, que la prétendue lige désignée jusqu'à présent sous le nom de stipc, n'est qu'un véritable

Hîâ

bulbe. Le* feuille* soûl longuement pétiolées, entière*, très-grandes, offrant une côte ou nervure médiane. très-saillante, d'où parlent des nervures secondaires parallèles et très-peu saillantes. Les Heurs, qui sont très-grandes et souvent ornées des couleurs les plus brillantes, sont réunies par petits groupes, enveloppés chacun dans une spalhe monnphyltc en forme de carène.

Les genres qui forment celle famille sont seulement au nombre de quatre, savoir : Musa , Hélico nia. Sire • lilzia et Urania ou llucenala. ils ont la plus grande affinité avec les A montées qui n'en diffèrent essentiellement que par leur étamine unique.

MUSANGA. bot. Le genre que Cbr. Smith a établi sous ce nom. parmi le* Artocarpécs. diffère peu du genre Cecropia de Linné, et devra, s’il est adopté, prendre place entre ce geure et celui des ('.outsapoa d’Aublet.

MUSANGA. mak. Le Carnassier figuré par Horsfield dans ses Zooloyical Rctearches in Jara, sous le nom de 1’ i verra Mu tanga , parait être le Va radoxurus typus de Fr. Cuvier. K. I’arvdox ire.

•MUSARAIGNE. Sorex. «au. Genre de Carnassiers Insectivores, voisin par ses rapports naturels de celui des Desinans. et non moins remarquable à plusieurs égards. Ses dents sont ordinairement au nombre de l rente, savoir : douze à la mâchoire inférieure et dixhuit à la supérieure; mais celle-ci en a quelquefois, comme l’ont remarqué Geoffroy Sainl- Hilaire et Desmaresl, deux de moins, ce qui réduit le nombre total à vingt-huit. Le système dentaire des Musaraignes mérite toute l'attention des zoologistes, soit parce qu'il semble intermédiaire à plusieurs égards entre celui des véritables Carnassiers ou de* Carnivores, et celui des Rongeurs, et qu'il lie ainsi ces deux familles; soit à cause de l'extrême difficulté que présente son étude, lorsqu'on cherche à le ramener à celui des Mammifères normaux. La difficulté est même si grande que chacun des auteurs qui ont tenté de résoudre le problème, a. pour ainsi dire, adopté une solution différente, cl qu’il n’y a presque aucun rapport entre les résultats auxquels ils sont tous arrivés. On s’est seulement accordé à voir de véritables molaires dans les trois dénis qui terminent, de chaque côté, les deux mâchoires; et, à cet égard, leurs couronnes larges et hérissées de pointes, et surtout leur ressemblance avec celles des autres Insectivores, ne permettent pas de les méconnaître pour telles. Ces trois molaires, et on peut leur donner ce nom sans crainte d’erreur et sans hésitation, sont précédées par de petites dents semblables par leur forme à ce qu’on a coutume de nommer fausses molaires. et qui se trouvent, de chaque côté, au nombre de deux pour la mâchoire inférieure, et de cinq, ou quelquefois, comme Geoffroy Saint-Hilaire l'a indiqué, de quatre seulement pour la supérieure. Enfin chaque mâchoire est terminée en avant, par deux longues dents (une de chaque côté) dont la disposition rsl très-remarquable : les supérieures sont de forts crochets, terminés en pointe, et présentant, à leur hase et en arrière, une dentelure très prononcée et assez semblable, lorsqu'elle est bien entière, aux dents qui la suivent postérieurement, ou, ce qui revient au même, assrz semblable à

une fausse molaire : ces crochets sont très-comprimés, et peuvent être comparés à des laines dont les deux faces seraient latérales, et qui ne présenteraient ainsi en avant qu'un bord ou une arête. II est inutile de dire que, par celle disposition, la face interne de l'un regarde celle de l’autre; mais il esl (rès-important derc- 1 marquer qu’elle en est séparée par un petit intervalle j vide. Les dents inférieures présentent, comme les supérieures. des caractères très- singuliers : elles diffèrent d'ailleurs de celles-ci en ce qu'elles sont moins croi cimes, et surtout en ce qu’elles sont très- proclives,

! c'est-à-dire dirigées dans le sens de la ligne alvéolaire,

| au lieu de lui être perpendiculaires. Os dents, soit à l’une, soit à l'antre mâchoire, ressemblent beaucoup, comme on le voit, aux dents antérieures, ou. comme on les appelle ordinairement, aux incisives des Rongeurs; mais il y a celte différence qu’au lieu d’être séparées par un intervalle plus ou moins considérable de celles qui les suivent en arrière, elles leur sont immédiatement contiguës, et que les inférieures sont même un peu recouvertes par la partie antérieure des secondes dents.

On voit donc que les dents antérieures des Musaraignes sont, par leurs formes et leur disposition, fort différentes des incisives des véritables Carnassiers néanmoins elles ont été regardées presque générale- I meut comme leurs analogues. Quelle détermination ; doit-on maintenant adopter à l'égard des dents qui se trouvent intermédiaires entre les postérieures ou les molaires, et les antérieures ou celles qu’on a regardées comme les incisives? Il suffit, pour faire comprendre combien il esl difficile de résoudre ce problème, d’in- J? diquer les solutions admises par les divers auteur* qui | se sont occupés de la recherche de leurs rapports. Considérées il y a peu d’années encore comme des canines, le nom d'incisives latérales a ensuite été proposé pour elles, et on le trouve en effet dans un assez grand nombre d'ouvrages : mais cette seconde opinion a été, aussi bien que la première, rcjeléc par les naturalistes les plus récents, qui les considèrent comme de véritables fausses molaire»; en sorte qu’on les a successivement déterminées, comme canines, comme incisives et comme molaires, et qu’ainsi, fait bien remarquable,, toutes les idées qu'il était possible de concevoir à leur égard, ont été tour à tour en faveur. Enfin, au milieu de tant d'incertitudes et de contradictions, si l’on essaie, afin de jeter quelque jour sur cette difficile question, de comparer le système dentaire des Musaraignes à celui de la Taupe chez laquelle les trois sortes de dents existent bien distinctes, on obtient encore des résultats qui ne s’accordent complètement avec aucune des opinions le plus ordinairement admises. On a déjà vu que les trois dernières dents des Musaraignes ressemblent à celles des autre* Insectivores, cl par conséquent de la Taupe, et qu’elles sont ainsi de véritables mâchelières : on voit ensuite, chez celle-ci, de chaque côté de la mâchoire supérieure, quatre dents : l'une assez grande et tranchante, puis deux autres fort petites, et enfin une autre un peu plus grande. Si maintenant on vient â examiner le genre Sorex , on retrouve toutes ces mêmes dents, et presque avec les mêmes

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formes (>l les flbémtfs proportions ; c'est d'ailleurs exactement le même nombre chez tontes les Musaraignes qui n'ont que vingt-huit dents, et il n'y a chez les autres qu'une si légère différence, qu'il est inutile d'insister sur elle. Il semble donc qu'on ne puisse se refuser à considérer comme analogues ces dents que l'on vient de trouver si semblables chez les M usa raig lies et chez la Taupe, et à leur donner, dans le premier de ce# genres, le même nom qu'elles portent dans le second, celui de fausses molaires. Celle analogie peut encore être rendue plus évidente par d'autres comparaisons avec divers Insectivores; mais si on l'adopte, il en est une autre qu'il devient également difficile de rejeter, celle de la dent qui suit la grande fausse molaire, soit chez la Taupe, soit chez les Musaraignes, c’est-à-dire de la canine de la Taupe, et de ce qu’on nomme l'Incisive de la Musaraigne : on trouve eiv effet la plus grande ressemblance, entre elles, pour leur forme et leur position ; faits qui tendent tous à faire voir que la dent nommée incisive chez les Musaraignes est bien véritablement une canine, et que les véritables incisives manquent dans ce genre. Tels sont les résultats auxquels on est conduit par l’examen comparatif des dents de la mâchoire supérieure de la Taupe et de celles des Musaraignes : il suffira d'ailleurs de rapprocher les inférieuresilêcolles ci. pour se convaincre que la même chose a lieu â l’une et à l'autre mâchoire. k Ces rapports fort curieux, que Geoffroy Saint Hilaire avait déjà indiqués dans ses cours, semblent expliquer d'une manière satisfaisante la position très-remarquable des dents antérieures : leur position, qui se trouve à la mâchoire supérieure entièrement semblable » à celle des canines de la Taupe, et la direction de leurs faces tournées en dehors et non pas en devant, ne semblent-elles pas indiquer en effet des dents appartenant essentiellement à la rangée latérale, et devenues accidentellement antérieures, parce que, les véritables r dents antérieures se trouvant absentes, elles ont pu sc rapprocher l'unede l’autre sur la ligne médiane, comme le fout, soit chez les êtres normaux, soit chez les Monstres, tous les organes latéraux, lorsqu'il y a atrophie des parties intermédiaires? Les deux canines des Musaraignes ne sont d'ailleurs pasconligties : il reste entre elles un vide qu'on peut regarder comme un vestige de l'espace occupé dans l'étal normal, par les incisives. En supposant qu'il existe dans ce vide quelques dents si petites qu’on les distingue difficilement sans le secours d’une loupe, celle différence, bien peu importante, donnerait exactement le cas d'un grand nombre de Chauves-Souris chez lesquelles les canines sont ail moins, aussi rapprochées que chez les Musaraignes. Il faut ajouter que ces 'Chéiroptères présentent souvent eux - mêmes les caractères dentaires propres à ce dcr-< nier genre : il arrive en effet très- fréquemment que les incisives viennent à tomber, en sorte que les deux canines, placées, comme on vient de le dire, presque sur la ligne médiane, sc trouvent à la fois médianes et antérieures; h peu prés comme dans ces espèces dont Raffinesque a proposé de faire, sous le nom d'Alalaphe, un genre caractérisé par l’absence des incisives aux

deux mâchoires,

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Les membres des Musaraignes sont courts, et le paraissent encore plus qu’ils ne le sont réellement, parce qu'étant plantigrades, ils se trouvent raccourcis de toute la longitcur du métacarpe ou du métatarse. Lès pieds sont toufTferminés par cinq doigts libres, et entre lesquels on ne voit aucune trace de membranes, même chez les espèces les plus aquatiques : l'interne ou le pouce èt l'externe sont surtout profondément divisés cl susceptible* dej’écarler. avec beaucoup de facilité, des trois intermédiaires. Celte disposition, dan* laquelle on retrouve, ainsi que l’a remarqué Geoffroy Saint Hilaire, quelque chose d'analogue à ce qui a lieu chez plusieurs Marsupiaux (IcsPéraraèles et les Phascoloines), tieHlif cc que les phalanges métacarpiennes ou métatarsiennes I des doigts latéraux, sont beaucoup jdus courtes que 'celles des intermédiaires qui sc trouvent ainsi moins séparés. Les ongles sont assez courts, mais d'ailleurs* pointus, comprimés, crochus et relevés. La plante et la paume sont nues, et ont six tubercules, savoir ; deux à la hase des trois doigts intermédiaires, un à celle du pouce, et deux plus reculés en arrière. La queue, presque toujours plus courte que le corps, est d'ailleurs variable pour sa longueur, sa forme et la nature de ses téguments : ainsi elle est tantôt velue et comprimée, presque nue, écailleuse et arrondie.

Les organes des sens présentent presque tous des caractères renia rquahleqÿ soit par l'exlréinc richesse de développement où ils sont arrivés, soit au contraire par le degré d'atrophie où ils sont tombés. Les narines se prolongent beaucoup au delà des os maxillaires, et forment une petite trompe qui représente déjà, mais avec moins de graàdeur, celle des Dcsmans ; t*L leurs orifices se voient au milieu d'un mufle divisé sur la ligne médiane par un sillon très-profond. La petite trompe des Musaraignes n'est d'ailleurs point de même forme que dans le genre Mygale, et ne sc détache point du reste de la tête : elle est comparable à un cône fort allongé, dont le sommet correspond au uiiiHc, et la I hase â l'occiput. Les organes du goût sont peu connus : la langue est grosse, de figure à peu près conique, et ’ pointue à son extrémité; on voit ordinairement sur sa 1 surface, dans l'endroit où elle a le plus d'épaisseur,

I l'empreinte d’un certain nombre de sillons qui traversent le palais. L'oufc a beaucoup de finesse chez les Musaraignes, soit à cause de l'organisation de l'oreille 1 interne, soit parce que la conque auditive est le plus souvent membraneuse cl très développée. Ces Quadrupèdes se trouvent ainsi en rapport avec la plupart des Chauves-Souris; ils se rapprochent également, et d’une manière bien remarquable, de ces mêmes animaux, par ia faculté qu’ils ont de se rendre sourds à volonté, et « de pouvoir ainsi se soustraire au bruit, que, sans cette I précaution de la nature, la perfection de leurs organes leur rendrait souvent incommode. Les Musaraignes peuvent en effet bouclier les orifices de leurs trous audilifffnon plus au moyen du (ragusTcoinme les Chauves- Souris, mais au moyen de t'anlttragu* :« Cette partie, remarquable par sa grandeur, dit Geoffroy Sainl-llilaire ( Mém. du Muséum, 1. 1 ), vient se placer au-devant du conduit auditif, comme line porte dans sa baie; les poils qui en garnissent l'extérieur, sont en outre foulés

par l'hélix «|»u se renverse dessus, et forme là un • deuxième feuillet; double épaisseur qui ne permet ni ; au son ni à quoi que ce soit de pénétrer dans l’intérieur de l’oreille. * Enfin l’œil présente ces anomalies si remarquables qui constituent, on peut presque le dire, l'étal normal pour la famille des Carnassiers subterranéens : c'est véritablement un organe tombé en atrophie; le nerf optique a disparu. les muscles oculomoteurs et tous les nerfs, à l’exception de la branche oplilhalmiqiic de la cinquième paire, manquent également, et le globe lui-même se trouve réduit à un petit point noirâtre, que l’on distingue à peine. Mais ce qui tend surtout bien digne d’attention cet état nnlimen- ! taire de l’organe de la vision et cette absence complète du nerf de la première paire (/'. Mammifères), c’est qu'ils coïncident avec le développement très-considérable des tubercules quadrijumeaux ou lobes optiques, parties dont le volume se trouve ordinairement en rapport avec celui du globe de l’œil et des nerfs oculaires, el sur lesquelles s’insère même, lorsqu'il existe, le plus important d’entre eux. ou l’optique. On conçoit combien ce fait a dû paraître anomal, suivant les anciennes théories qui faisaient naître de l’axe cérébro-spinal tous les nerfs de la vie animale; et ce n’est en effet que dans ces dernières années, que les belles idées de Serres, sur le développement excentrique des organes Mammifères), en onL fourni une explication satisfaisante.

Enfin les Musaraignes sont encore remarquables par leurs glandes odoriférantes, dont on doit la connaissance à Geoffroy Saint-Hilaire (Sur les glandes odoriférantes des Musaraignes. Mémoires du Muséum, t. Ier). On savait depuis longtemps que ces Insectivores répandent tthe odeur très-forte, et qui ressemble à celle du Musc; mais on pensait, d'après Pallas, que la sécrétion qui la produit, se faisait dans la région anale, comme cela a lieu chez la plupart des Carnassiers, el même chez les Desmam. Il n'en est point ainsi dans le ! genre Sorex : les glandes odoriférantes sont situées k sur les flancs, un peu plus près des jambes de devant que de celles de derrière, et se trouvent ainsi avoir, par leur position, de l’analogie avec celles de la ligne latérale des Poissons. « Elles se composent, dit Geoffroy ( loc . c//.), de deux masses distinctes, d'un noyau lenticulaire, elliptique, qui adhère fortement au derme, cl j qui est en outre remarquable par son tissu serré, ses ! molécules homogènes et sa teinte chocolat; et d’une | très-grande quantité de points glanduleux, répandus ! autour, isolés el d’un rouge vif. Le noyau lenticulaire ' est opposé ù l’aréte en biseau, qui se voit à l’extérieur; : #»ou mieux, c’csl dans sa propre substance que se plongent et se perdent les racines des poils composant celte arête. Il m’a paru que plusieurs de ces racines s'insèrent dans un même godet.... Je n’ai point aperçu de ces pores ou orifices qu'on distingue si facilement à ( l’œil nu dans la Taupe et dans plusieurs espèces de * Kongcurs. Il faut alorsadinellre que l'humeur du musc, décrétée dans les Musaraignes par tout l’appareil glanduleux, arrive finalement à ces godets, pour traverser le derme, le long des poils formant l’arélc du dehors. • j On aperçoit sans peine ù l’extérieur, du moins chez les

i individus revêtus de leur robe d'été, des (races de cet;

; arrangement intérieur «dans un bourrelet en bUsàu,1 qui se compose de deux rangées de poils courts et roides : chaque rangée, en cherchant à se renverse*^ sur l’autre, y est retenue el adossée. Ces poils, con-.^ f slamment enduits de la viscosité fournie par TapparetnBmiérirur, ont un aspect gras et huileux; une aréole^ • produite autour par le nu des parties, contribue & rendre encore plus distincte cette singulière disposi-w tion des poils. »

Les Musaraignes ressemblent beaucoup, soit parleur*' formes extérieures, soit par la nature et les couleurs de ! leur pelage, soit même à plusieurs égards par leur organisation intérieure, aux petites espèces du genre Rat, dont on les distingue d’ailleurs facilement, au premier coup d'œil, par la forme allongée de leur tête et par leur petite trompe. Les hémisphères cérébraux sont petits et sans circonvolutions; ec qui n’empécbe pas que * le volume de l’encéphale ne soit assez considérable, ainsi qu’on peut en juger par l'examen de la Imite 4BB: .

braie, qui a beaucoup de longueur, el qui est mÀne assez élargie dans sa portion postérieure. Les mamelle* ne sont guère visibles qu’au temps de la gestation et de l’allaitement. Daubculon en a trouvé dix dans l'espèce qui porte son nom. savoir, la première paire près de*.., cartilages des fausses côtes, et les autres près de l’orl-V fi ce vulvaire; mais scs recherches, sur deux .Musaraignes vulgaires, ne tui ont fait apercevoir que six mamelons placés sur la partie postérieure du ventre. lè rectum et le vagin s’ouvrent très-près l'un de l'autre, et l'auus n’est séparé de la vulve que par une cloison qui ; s'aperçoit fort peu à l’extérieur.

Le genre Sorex doit être mis au nombre île ceux qu’on , a coutume de désigner sous le nom de cosmopolites : on le retrouve dans tontes les parties du monde, et sous presque tous les climat*, et on devrait même admettre, suivant les naturalistes américains, que quelques cspèees sont communes aux deux continents. Lcr Musaraignes n’ont pas toutes le même genre de vie : quelques-unes vivent dans les lieux secs, d'autre* se plaisent dans les prairies humides ou sur les bords des fontaines. Elles se tiennent ordinairement dans des trous; mais quelques espèces pénètrent aussi dans 1e*^ greniers à foin et dans les caves où leur présence se manifeste souvent par l'odeur qu'elles répandent. Elle* se nourrissent d’insectes, el ressemblent généralement aux petites espèces du genre Kat, par leur port et leurs habitudes, comine par leur extérieur, mais, toutefois, avec celte différence qu'elles ont beaucoup moins de vivacité. Les Chats lès poursuivent aussi bien que la Souris, mais ils se contentent de les tuer, et ne le* mangent pas, U cause de leur odeur musquée. Enfin, la plupart des espèces de ce genre sont fort petites, el c’est même parmi elles que se trouvent ceux de tous les Mammifères dont le volume est le moindre. Ainsi, celles que l’on va faire connaître sous les noms de Sorex religiosus cl de Sorex personatus, et celles qui ont été récemment décrites par Savi el par Lichtenstein sous ceux de Sorex etruscu m et de Sorex puicheltus, ont une taille qui surpasse à peine celle du plus petit de* <jiseaux-Uouchcs,el qui est même inférieure i celle de ; “

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plusieurs insecte*. On conçoit combien de* animaux d’une aussi extrême petitesse se dérobent aisément aux recherches des naturalistes : aussi ta plupart des Musaraignes sont elles très peu connues; et l’on peut présu mer qu’il en reste encore un grand nombre â découvrir dans diverses régions, et peut-être même en France.

Linné et plusieurs auteurs systématiques avaient réuni aux véritables Sorex, plusieurs Oiiadrupèdcs qui ont été depuis reportés dans d'autres genres, et quelquefois tnéine dans d'autres familles: ainsi le^'orer H ni si lien sis est considéré comme ne différant pas du bidclphe Touan (y. Didelfue), et les quatre animaux qu’on avait appelés Sorex aquaticus ou fusent, Sorex nuralus ou nsialicus, Sorex criataius et Sorex mouchât us. sont devenus les types des quatre genre# Sealope, Chry sochlore, Condylure et -Desman. (y. ces mots.)

Musaraigne des Alfes. Sorex Alpintti, Schinz. Son museau est large et court; ses moustaches très longues et blanchâtres; sou pelage est d'un gris ardoisé, assez pur dans les parties supérieures, passant insensiblement à une nuance un peu plus claire aux parties inférieures; les pieds sont cendrés; la quelle est très-longue, poilue, colorée, eendréeen dessus. garnie de grands poils blancs en dessous. Celle espèce que l'on a vraisemblablement confondue avec les Musaraignes vulgaire cl Carrelet, on est suffisamment distinguée par la grande longueur de sa queue et par les autres caractères qui viennent d'être analysés; elle a été observée au mont S*-Golliard par le professeur Schinz. de Zurich, qui la considère comme formant le passage des vrais Sorex au sous -genre Crossopus de Waglcr. Elle se lient le long des torrents alpestres. Sa taille est de cinq pouces deux lignes.

H [Musaraigne blonde. Sortit flaeeaccna , tsid. C.eoff. Tout le dessus du corps et de la tête est d'un blond rouss.1tre, qui se change sur la face supérieure de la queue en un cendré roussâtre très-clair. Toutes les parties inférieures du corps, de la tête et de la queue, la région interne et la partie inférieure des membres soit antérieurs soit postérieurs, et le tour de la bouche, sont d’un blanc légèrement cendré. On remarque sur le chanfrein, une ligne longitudinale, brunâtre, qui tranche avec la couleur claire des parties environnantes de la tête. Les dents sont entièrement blanches, et les ongles sont blanchâtres : les oreilles, aussi longues, mais proportionnellement uii peu moins larges que celles du Sorex ara tiens, sont aussi à peu près decelle couleur. Celte belle espèce a quatre pouces et demi du bout du museau â l’origine de la queue, et celle-ci n'a qu’environ un pouce et demi. De la Cafrerie.

Mes vraicne cannelle. Sorex cinnatHomeus, Licbt.

9 'Son pelage est d’un brun roux en dessus et gris en 'dessous; sa queue est cylindrique, couverte de poils serrés. Taille, cinq pouces. Du sud de l’Afrique. \ Musaraigne du Cap. Sorex Capensit,Geolt. S«-Uil. Longueur du corps, trois poifcea huit lignes; de la queue, un pouce m uf lignes. Elle se rapproche de la Musaraigne de l’Inde par la taille, la couleur des dents, la forme arrondie cl épaisse de la queue, la grandeur et te nu des oreilles et l'odeur de musc qu’elle exhale; mais elle parait cependant en différer essentiellement. Aucune

Musaraigne n’a le museau plus long et plus effilé, cl sa queue, qui n'esl que moitié plus courte que le corps, est proportionnellement beaucoup plus longue que dans la Musaraigne de l'Inde. Elle est d'ailleurs d'une couleur-rousse, qui- tranche avec celle du pelage; sa surface est couverte de |>oils ras et de quelques soies répandues çâ et là. Les côté* de la bouche sont roussit 1res.

Musaraigne carénée, y. Musaraigne oeDaibenton.

Musaraigne CArrelet. Sorex tetragonurua, llerm. Sa queue est parfaitement carrée, présentant quatre faces planes, séparées par des angles très-prononcés; elle offre à sa partie inférieure un léger sillon, et se termine tout â coup en une pointe fine, ce qui l'a fait comparer â l’aiguille désignée ordinairement sous le nom de Catycclet. Les oreilles sont beaucoup plus courtes que chez la Musette. Le pelage est ordinairement noirâtre en dessus et cendré brun en dessous. Le Car* rclel vil â peu près clans les mêmes lieux que la Muselle dont il a la taille; on le trouve assez fréquemment dans les jardins et dans tes granges.

Musaraigne des cher ins. Sorex viari us, lsid. Geoff. Son pelage est d’un roux grisâtre en dessus, d'un cendré clair en dessous; les oreilles sont grandes, non cachées dans les poils; la queue est un peu comprimée dans sa première portion, arrondie vers son extrémité, garnie de longues soies clair semées, dirigées en arriére. Taille, cinq pouces. Du Sénégal.

Musaraigne a courte queue. Sorex brericaudus, Say. Le pelage est en dessus d'un noirâtre plombé, plus clair en dessous; les oreilles, de couleur blanche, et entièrement cachées sous le' poil, sont très-larges, et ont deux dcmËcioisons distinctes. Les dents, dont la plupart sont brunâtres, avec le sommet noir, sont au nombre de trente, comme chez le Sorex conatrictua. Les incisives supérieures comprimées latéralement, crochues, sont blanches et séparées à leur hase, mais noires et rapprochées à leur sommet. Les fausses molaires sont toutes noires à leur sommet, à l'exception de la postérieure. Les pieds sont blancs; les trois doigts intermédiaires sont presque égaux, mais les latéraux sont beaucoup plus courts; les ongles des membres antérieurs sont presque aussi longs que les doigts. Entin la queue est courte, robuste, peu velue, un peu rçnllée dans sou milieu, déprimée, et à peu près de la longueur des pieds de derrière. Dimensions, trois pouces cinq huitièmes (mesures anglaises); prolongement caudal, un pouce. Du Missouri.

Musaraigne de Dacbenton. Sorex Daubcntonii , Erxl. ; Sorex fodiena, Palias; Sorex carinatua, Hermann. Son pelage est d'un brun noirâtre en dessus, d’un blanc légèrement gris-roussâlre en dessous, et ces deux coulenrs ne se fondent pas l’une avec l’autre sur les lianes. La face externe des cuisses et des bras, et toute la croupe sont de la même couleur que le dos; la lèvre supérieure et une petite tache correspondant à l'œil, sont blanches. Les incisives sont rouges dans leur portion terminale, et les mains sont généralement brunes, avec les doigts blanchâtres. Sa queue ressemble à celle du Sorex remifer; mais sa face inférieure présente une ligne blanche très-distincte. Cette espèce, dé-

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couverte par Daubenton, a trois pouces une ligne üu bout du museau à l'origine de la queue, celle-ci ayant deux pouces trois lignes.

Musaraigne roi issti'R. /'. Musaraigne me Dam en ton.

Musaraigne géante. Sorex tjigatilcus, Isid. Geoff. St.-Hil. Celle espèce a été confondue jusqu'à ce jour avec le Sorex Imlicus dont elle se rapproche par les couleurs de son pelage, mais dont elle se distingue parfaitement par deux caractères fort remarquables. Elle a près d'un demi pied de l'extrémité du museau à l’origine du la queue, et celle-ci a trois pouces et demi environ ; c’est-à-dire qu’elle forme fr peu près les deux cinquièmes de la longueur totale : au contraire chez le Sorex Imlicus, le corps a un peu moins de quatre pouces, et la queue a environ un pouce cl demi, c'està-dire qu’elle forme seulement un peu plus du quart de la longueur totale. Ces différences de taille et de proportions sont très-prononcées, comme on le voit, et il deviendra très-facile de distinguer l’une de l'autre les deux espèces de l’Inde.

Musaraigne gentille. Sorex pulchcllus, Lichtenstein. Elle n'a qu'un pouce dix lignes du bout du museau à l'origine de la queue, celle-ci ayant neuf lignes. Les flancs sont d'un blanc de neige, et le dessus de la tète est d'un gris clair qui se continue sur le dus en devenant plus foncé, et forme presque exactement un parallélogramme nettement séparé du blanc de la région caudale et des flancs. Au milieu de ce parallélogramme, on remarque aussi une tache blanche. Les oreilles sont d'un gris d'ardoise, et le museau est trèspointu. Celte jolie espèce a été trouvée pendant le voyage d’Orcmbourg à Boukhara , dans un désert sablonneux.

Musaraigne drl'Inde. .Sorex Imlicus, Geoff. St.-Hil. Longueur du corps, cinq pouces deux lignes, de la queue, un pouce six lignes. Le pelage est d'un gris brun, teint en dessus de roussâlre. Toutes les dents sont blanches. Sa queue ronde annonce un animal terrestre, et Buffon dit, en effet, que celte espèce habile dans les champs, d’où elle se répand quelquefois dans les maisons. Elle y trahit bientôt sa présence par l'odeur musquée qu’elle exhale.

Musaraigne 1. ki code. Sorex Lcucoilon , Hermann. Elle est de la taille du Plaron, mais sa queue est un peu plus courte. Elle se distingue par sou dos brun , par ses flancs et son ventre blancs : sa queue, assez semblable pour la forme à celle de la Muselle, est, en dessus, de la couleur du dos et en dessous, de celle du ventre. Cette espèce a été observée aux environs de Strasbourg.

Musaraigne basquEe. Sorex personatus, Cette petite espèce, que le voyageur Millier! a rapportée des Etats-Unis, est assez semblable à la Musette par ses proportions et par les couleurs de son pelage. Elle est cependant un peu plus brune, principalement sur la partie inférieure du dos, sur la croupe et sur la queue. Les oreilles ont à peu près la même forme que chez la Muselle, mais elles sont beaucoup plus petites et entièrement cachées dans les poils. La queue, qui est d’un brun foncé en dessus, et d'un blanc roussàlrc eu des-

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I sous, est terminée par d'assez longs poils d’un brui noirâtre; elle est peu velue et écailleuse en dessous mais elle parait lotit à fait velue en dessus. La gorge r et le dessous du corps sont cendrés, cl les pattes sont d'un roussàlrc clair. Les dents antérieures sont blaui chez dans presque toute leur longueur; mais la pointe des inférieures est noirâtre, et celle des supérieures rougeâtre. Les ongles sont d’un blanc jaunâtre, et les moustaches sont de couleur variable. Enfin, et ce dernier trait, quoique sans importance réelle, doit être noté avec soin parce qu’il peut servir à caractériser l’espèce, toute la portion antérieure du museau est, à l’exception de la lèvre, d’un brun noirâtre. Celte espèce a deux pouces du bout du museau à l'origine de la queue, longue elle-même d'un pouce.

Musaraigne mineur. So rexi c u nie ularius, Bcclist. ^

J y. Musaraigne Plaron.

Musaraigne Mi rixe. Sorex Murinus, Lin. Son 4| 4 pelage est généralement d’un brun foncé, avec le dessous du corps, la gorge et la face interne des membresd’un gris brunâtre; la queue est carrée, écailleuse, presque aussi longue que le corps, presque entièrement couverte de poils extrêmement fins et courts, du milieu desquels sedétachent. mais seulement dans ta preinhb moitié de la queue, quelques longues soies dirigées < arrière; oreilles grandes et non cachées dans les poill.

Taille, quatre pouces. De Java.

Musaraigne Musette. y. Musaraigne vulgaire.

Musaraigne noire a collier blanc. Sorex collari.%y Geoff. S'-lliI., Mém. du Muséum, t. i. Cette espèce d’Europe se distingue parfaitement de toutrs ses con- ! génères, par son collier blanc, qui lui a valu sou nom.

Musaraigne petite. Sorex parais. S a y a donné ce nom à une petite Musaraigne trouvée dans le Missouri, et qui aurait les caractères suivants : pelage cendrébrunâtre en dessus, cendré en dessous; oreilles cachées ^ dans le poil ; dents antérieures noires, les latérales brunâtres; pieds blanchâtres; ongles blancs, aigus; queue 5 ^ blanchâtre en dessous, courte, subcylindrique, d’une épaisseur moyenne, légèrement renflée dans sou milieu. ^Longueur du corps, deux pouces (rois huitièmes (mesures anglaises), longueur de la queue, trois quarts de pouce. Le Sorex parc us différerait^ plusieurs égards, comme on le voit, dti Sorex Personal us, avec lequel il aurait aussi quelques rapports.

Musaraigne Plaron, Daub.; Sorex conslf ictus, Hermann ; Sorex cunicularius , Bêchai. Kilo est de la taille de la Musette, et sa queue est aussi à peu près de la même longueur. Des poils droits, répandus sur les cartilages du nez, faisant paraître le boutoir plus gros et plus court; les oreilles velues et entièrement cachées dans les poils; la boite cérébrale plus large moins bombée que dans le Carrelet; queue plate, étroite^ et comme étranglée à son origine, épaisse, renflée cl ronde dans son milieu, aplatie à sou extrémité où les poils sc réunissent en pointe comme dans un pinceau; pelage assez long et doux au toucher, noirâtre dan- s i plus grande longueur et roux à sa pointe; ventre grisâtre; gorge cendrée. Le Plaron habile l’Europe, et particulièrement les environs de Strasbourg.

Musaraigne Porte rais. Sorex remifer . GflWT.

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