‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 52 sur 148 · II É N · texte numérisé non relu

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Menthes te reconnaissent encore facilement à leur inflorescence ; elles ont des fleurs disposées en verticilles I très-denses, axillaires, ou en épis. Toutes leurs parties ' exhalent une odeur pénétrante, généralement trèsagréable, et qui est due à la présence d'une grande quantité d'üuile volatile. Les Mentha Pulegium et Certifia , L., qui ont un port particulier, avaient été érigés par Miller en un genre distinct, sous le nom de Pulegium. On ne les considère maintenant que comme une simple section des Menthes, caractérisée par l'orifice du calice fermé de poils, et parla lèvre supérieure de la corolle entière. Le nombre des espèces de Menthes a été porté à plus de soixante; mais comme plusieurs d'entre elles sont difficiles à bien déterminer, on a souvent donné comme espèces nouvelles des plantes qui ne sont que des variétés sans caractères fixes d’espèces j anciennement connues. La plupart des Menthes crois- jj sent dans les localités humides et ombragées des pays méridionaux de l'Europe; quelques unes cependant ha- i bilent le nord de l’Amérique, et l'on en rencontre aussi en Égypte et dans les Indes-Orientales.

Mextiik poivrée Mentha piperila, Smith, Fl. Brii. j 2. p. 013. Sa lige est quadrangulaire, dressée, rameuse, haute de trois à six décimètres, légèrement velue, à , rameaux opposés et dressés. Ses feuilles sont ovales, lancéolées, aigues, dentées en scie, portées sur des pétioles courts et caualiculés. Les Heurs, de couleur violacée, forment à l’extrémité des rameaux un épi court, ovoïde et très-serré. Celte espèce, originaire d'Angleterre, est cultivée abondamment dans les jardins. Son odeur est fort agréable, et sa saveur laisse dans la bouche une vive impression de fraîcheur. On en retire par la distillation une grande quantité d'huile volatile; celle qui autrefois était la plus estimée venait d'Angleterre, mais aujourd'hui on préfère avec juste raison • l’huile qui se tire de la Menthe cultivée en Italie et dans les pays méridionaux de l'F.uropc. lorsqu'on a mis tous les soins convenables dans son extraction. La Menthe poivrée est éminemment excitante; on l'emploie sous forme d'infusion aqueuse, et son eau distillée est le véhicule principal des potions toniques. L'huile volatile sert aux confiseurs et aux liquorisles pour aromatiser leurs pastilles et liqueurs de table.

MENTI ANE. bot. L'un des noms vulgaires du Fiburnum Lantana.

MENTON. zool. Saillie plus ou moins prononcée que produit la mâchoire, au-dessous de la lèvre inférieure. Itliger donne ce nom, dans les Mammifères autres que l'Homme, à la partie antérieure du bord inférieur de j la mâchoire inférieure. Les ornithologistes l'appliquent 1 improprement à la région inférieure de la tète des Oiseaux, comprise entre les branches de la mandibule et la gorge. Les entomologistes considèrent comme Menton, une pièce cornée, plus ou moins grande, formée 1 par un prolongement articulé à la base de la partie in- ! férieurc de la tète des insectes; et Strauss donne ce nom ! à une des deux pièces de la lèvre des insectes, qui s'é- | tend depuis la pièce prébasilaire , jusque vers l'extrémité des mâchoires, en recouvrant les parties internes de ces dernières, jusqu'aux pièces dorsales, qui restent ! libres sur les côtés. F. Boccbk.

MENTZÈLIACÈES. bot. Synonyme de Loasées. y. ce

MENTZÉLIE. Menlzelia. bot. Genre de la famille des Loasées et de l’icosandrie Monogynie, établi par Linné, et présentant un calice tubuleux, adhérent avec l'ovaire infère, terminé par un limbe à cinq divisions profondes, étalées et égales; une corolle de cinq pétales étalés, égaux, un peu onguiculés; des étamines très- nombreuses, insérées, ainsi que les pétales, à U base du limbe du calice. De ces étamines, dix sont plus longues que les autres, et placées deux à deux, en face de chacun des pétales. Les filets sont subulés, les anthères à deux loges opposées, s’ouvrant chacune par un sillon longitudinal. L’ovaire est infère à une seule loge, présentant trois Iropbospermes pariétaux, saillants, en forme de cloisons, donnant attache par leur côté tibre à un petit nombre d'ovules renversés qui se recourbent et s'appliquent contre les faces du trophosperme. Le style parait formé de la réunion de trois styles soudés, et se termine par un stigmate à trois lobes obtus. Le fruit est une capsule ovo l’d cal longée, couronnée par les lubes du calice, et s'ouvrant seulement par son sommet, au moyen de trois petites dents qui s'écartent les unes des autres. Les graines sont renversées; leur tégument est réticulé et recouvre un endosperme charnu, mince, contenant un embryon dont la radicule est tournée vers le hile. Les Ment aélies sont des plantes herbacées, rameuses, souvent munies de poils rudes. Leurs feuilles sont alternes, dentées, sans stipules; leurs Heurs sont jaunes, solitaires, opposées aux feuilles, ou géminées, réunies plusieurs ensemble et terminales. On en connaît six espèces dont deux croissent dans l'Amérique du nord, savoir: Mentzel a aurea et Menlzelia oligoaperma de Nullall; les quatre autres sont originaires de l’Amérique méridionale; ce sont : Menlzelia aspera, L.; Menlzelia hitpiday Cavan.; Menlzelia strigosa, kunth, et Mentzelia tcabra f id.

MÉNTCHON et MÉNUETS. bot. Noms vulgaires de \'j4nagallis artenai», L.

ME.N LISIÈRES, lus. F. Xylocops.

M EN IRE. Menuro. ois. Genre de l’ordre des Insectivores, ainsi caractérisé : bec plus large que haut A >a base, droit dans presque toute sa longueur, mais incliné vers sa pointe qui est échancrée; arête distincte; fosse nasale grande et prolongée; narines placées au milieu du bec, ovales, grandes et couvertes d'une membrane; pieds grêles; tarses du double plus longs que le doigt intermédiaire, celui-ci et les latéraux étant tous à p«-n près égaux; l’externe uni jusqu’à la première articulation, l'interne divisé; ongles aussi longs que les doigts, larges, convexes en dessus, obtus; ailes lourdes, concaves; les cinq premières rémiges étagées; les sixième, septième, huitième cl neuvième, égales entre elles, et les plus longues de toutes; queue à pennes très-longues, de diverses formes. Ce genre, extrêmement remarquable, n’est formé que d'une seule espèce qui habile ta Nouvelle-Hollande, et dont l’organisation cl les mœurs sont jusqu'à ce jour si imparfaitement connues, que les ornithologistes sont encore partagés sur la place qu'on doit lui assignerdans les méthodes. Placé d'abord parmi

les Gallinacés sous le nom de Faisan Lyre, ou sous ceux de Faisan de montagne el de Faisan des bois, qui lui sont ordinairement donnés à la Nouvelle-Hollande par les Anglais, il fut ensuite reporté parmi les Passereaux par tous les auteurs systématiques. Ainsi, suivant Cuvier et Tcmminck, il doit être considéré comme voisin des Merles, tandis que Vieillot te rapproche des Calaos; mais le bec est bien réellement échancré à sa pointe, comme l'ont remarqué Cuvier et Tcmminck, quoique d’autres ornithologistes, qui n'ont point aperçu l'échancrure, sans doute à cause de sa petitesse, aient affirmé le contraire. Du reste le Ménure est tellement différent des Merles par d'autres caractères, qu’il est encore bien permis de douter que ses rapports avec ce genre soient aussi intimes qu'on l'a pensé, et de le regarder comme l'un de ces êtres isolés dans la nature, qu'on a coutume de qualifier d’anomaux.

Mlîure Lyre. Menura Norœ llollatuliœ , Lalham, désigné aussi par divers auteurs sous les noms de Ménure Porte Lyre, de Ménure Parkinson, de Menura magnificat et de Menura lyrata. Il est de la taille d'un Faisan, et son plumage est généralement d’un brun grisâtre, avec la gorge, les couvertures supérieures et les pennes des ailes d’un brun roux. Mais ce qui distingue le mâle el le rend, malgré le peu d'éclat de ses couleurs. l'un des plus beaux Oiseaux de ta Nouvelle- Hollande, c’est la forme de sa queue composée de seize reclrices; savoir: douze formées par une tige mince el garnie seulement d'un petit nombre de barbes effilées, écartées les unes des autres et dirigées parallèlement; deux médianes garnies sur leur côté externe de barbes serrées et étroites, l’interne n’en ayant que quelquesunes très courtes; deux externes courbées en dehors à la manière des branches d’une lyre, ayant les barbes internes grandes el serrées, et représentant un large ruban; les externes sont très-courtes dans toute leur longueur si ce n'est au bout où ellesVélargissenl tout à coup. Cette queue figure très bien dans son ensemble une lyre, les deux pennes externes représentant les branches, et les douze médianes, les cordes de l’instrument; ce qui n’empéche pas que le nom de Lyre donné à l'Oiseau, par plusieurs ornithologistes, comme nom générique, ne soit fort impropre, puisqu’on peut concevoir des espèces toutes différentes du Ménure par la forme de leur queue, mais en même temps si voisines par tous les caractères essentiels, qu'elles doivent être placées dans le même genre. Ces conditions d’existence sont même pleinement réalisées chez la femelle qui diffère du mâle par sa queue composée de pennes simplement étagées, el ne présentant dans leur structure rien de remarquable; elles sont d’ailleurs au nombre de seize comme chez le mâle, et non pas de douze seulement, ainsi qu’on l’a toujours dit. L'espèce habite la Nouvelle Hollande où elle vit dans les montagnes. «C’est dans des forêts A'Eucatyptu» et de Casuarina, qui couvrent la surface entière des Montagnes- Bleues, et les ravins qui les divisent, qu'habile principalement, dit Lésion (Annales des Sciences naturelles), le Ménure, dont la queue, remarquable par sa rare beauté, est l'image fidèle, dans les solitudes australes, de la lyre harmonieuse des Grecs. Cet Oiseau, nommé Faisan des

bois parles Anglais de Port-Jackson, aime les cantons rocailleux et retirés; il sort le soir et le malin, el reste tranquille pendant le jour sur les arbres où il est perché. Il devient de plus en plus rare, el je n'en vis que deux peaux pendant toute la durée de mon séjour à la Nouvelle-Galles du Sud. •

NÉNYANTHE. Menyanthe ». bot. Ce genre de la Penlandrie Mnnogynie, L., fut établi et assez bien limité par Tournefort. Cependant Linné y réunit le Aymphoitle» de cet auteur, que plus lard on rétablit sous le nom de Fillarsia, Les caractères du genre Menyanthe», tel qu’on l'admet aujourd'hui, sont donc conformes à ceux que Tournefort a exposés. Le calice est partagé en cinq divisions profondes; la corolle est infundibuliforme, son limbe divisé en cinq segments ouverts, hérissés de papilles sur leur face supérieure; elle porte cinq étamines saillantes; l'ovaire est globuleux, surmonté d'un style el d’un stigmate en tête, à deux ou trois lobes; la capsule est uniloculaire, à deux valves qui portent les graines sur leur milieu. La place de ce genre dans l’ordre naturel n’est pas facile à déterminer. Jussieu l’avait relégué à la fin de ses Lytimachiées ou Primulacées; mais il en fut retiré par Ventenal el l)e Cnndolle, qui le firent entrer dans la famille des Gentianée». C'est aussi dans ce dernier ordre naturel, mais seulement à la suite des autres genres, que R. Brown a pensé qu'on devait le classer. Il s’éloigne néanmoins du reste des Gentianées par un caractère important tiré des organes de la végétation. En effet, ses feuilles alternes, trifoliées et dentelées sur leurs bords, s'opposent puissamment à ce qu'on le place définitivement parmi des plantes qui sont surtout remarquables par leurs feuilles opposées, simples el entières. Il faut ajouter à celte anomalie, celle non moins importante du mode de placentation des graines, laquelle est dorsale dans le Ményanthect sut urate dans les Gentianées, el on sera convaincu delà nécessité de créer pour le genre Menyanthe s un ordre naturel, fort voisin des Gentianées, mais pourtant suffisamment distinct. Le Villarsia ne peut être confondu avec lui, à cause de la structure de sa corolle cl de son fruit; sous ce dernier rapport, ainsi que par ses feuilles simples,ccl autre genre se rapproche davantage des vraies Gentianées.

Mexyanthr Triple d'eac .Menyanthe» tri foliota, L. Sa souche est herbacée, rameuse, horizontale, articulée et cylindrique ; à différents points de sa face inférieure elle donne naissance à des fibres radicales blanchâtres. Les feuilles sont alternes, amplexicaules, membraneuses à leur base, portées sur de longs pétioles et composées de trois folioles très glabres, ovales, obtuses, un peu dentelées sur les bords ; les fleurs sont blanches ou teintes d'unp légère couleur rosée, et elles forment un épi court au sommet d'une hampe allongée, cylindrique et extra-axillaire. On trouve le Trèfle d'eau dans les étangs et autres lieux marécageux de l'Europe méridionale et tempérée. Ses tiges el ses feuilles sont douées d’une amertume intense, qui est l’indice d'énergiques propriétés Ioniques. Aussi les emploie-t-on avec beaucoup de succès dans les fièvres intermittentes el dans toutes les maladies où il convient de donner une excitation à la fibre musculaire.

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MENZIÉSIE. Mensiesia. bot. Smith ( Planiarum Icône s haclenus ineditœ , fasc. 3, n° 50) a fondé ce genre qui appartient à la famille des Éricinées et à rOclandrie Monogvnie. L. Il lui a donné pour caractères essentiels : un calice raonophylle. sinueux sur les bords; une corolle monnpétalc, en grelot à quatre pc- | titcs dents; huit étamines dont les blets sont insérés sur I ta hase de la corolle; un ovaire libre, supère, surmonté | d'un style et d'un stigmate; une capsule supère qua- I driloculaire, dont les cloisons sont forint-espar les bords rentrants des valves. Cette structure de fruit avait fait placer le genre Mensiesia parmi lesRhodoracées; mais il a été démontré depuis que plusieurs genres de la famille des Éricinées avaient aussi la capsule à cloisons formées par l'inlroflexion des valves, et conséquemment qu'on ne pouvait, à l'aide de celle seule différence, distinguer les deux familles. I'. Émc ixées. La plante sur laquelle le genre en question a été constitué, a reçu le nom de Mensiesia ferruginea. C’est un arbrisseau à feuilles terminales, fasciculées, lancéolées, dentelées, velues en dessus, glabres en dessous, excepté sur les nervures; à fleurs disposées en faisceaux entre les feuilles, et portées chacune sur un long pédoncule. Cette plante croit dans les contrées occidentales de l'Amérique du Nord.

Jussieu (Ann. du Mus., 1. 1, p. 55) a rapporté au genre Mensiesia une espèce qui avait été placée par Linné d'abord dans les Erica , puis parmi les Atulromeda.

Il l'a nommée Mensiesia poli folia, nom qui a été changé par De Candollc (Flore Française, t. m, p. 074) en celui de Mensiesia Dabeoci , afin de rappeler le nom spécifique qui lui avait élé imposé par Linné, et celui que la plante porte vulgairement en Irlande. Cette espèce est un petit arbrisseau dont les liges sont grêles, rameuses, droites et hérissées de poils peu nomhreiix.Ses feuilles sont opposées ou lernéesdansle bas de la plante, alternes dans le haut, ovales, entières, un peu roulées en dessous sur les bords, blanches et cotonneuses à la surface inférieure, vertes supérieurement et munies de poils roux; les Heurs sont purpurines, pédonculées, pendantes, alternes, disposées en grappes simples, entremêlées de feuilles. Le Mensiesia Dabeoci est commun en Irlande; il se trouve en France près de Bayonne, et dans les Hautes-Pyrénées. Deux autres plantes, indigènes des États-Unis d'Amérique, ont été réunies à ce genre, l’une sous le nom de Mensiesia globularis, et l'autre sous celui de Mensiesia empetrifonnis.

MÉON. bot. Pour Méutn. Y. ce mot. Le nom de Méon a élé étendu à diverses plantes, et l'on appelle :

Mfcox aqcatiqoe, mtriculairc commune;

Mtox batard, le Séséli de montagne, etc.

MEOSCHIUM. bot. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., établi par Palisol-Bcauvois (Agrosl., p. 111, t. 9, f. 6), mais qui parait devoir être réuni à l'Andropogon- Y. ce mot.

MEOUVE. bot. Nom vulgaire du Mélèze d'Europe. V. ce mot.

MÉPH1TIÜIE. Mephilidia. bot. Genre de la famille des Bubiacécs, institué par le professeur Reinwardt pour dix-huit espèces qu'il a observées conjointement avec le docteur Blume, dans File de Java, et dont quel-

ques unes avaient élé précédemment indiquées par Jack comme très-voisines du genre Lasianthus. Les caractères du genre nouveau sont : limbe du calice denté ou divisé en trois ou six parties; corolle infundibuliforme et régulière, à quatre ou sixdivisions et le plus souvent poilue; quatre à six étamines insérées vers l'orifice de la corolle : leurs filaments sont très courts et leurs anthères linéaires, exsertes ou incluses; quatre à neuf stigmates linéaires, épais. Le fruit consiste en un drupe ou une baie couronnée par le calice persistant, renfermant autant de nuciiles triangulaires, monospermes, enveloppés d'une arillc coriace. Les Méphilidies, ainsi nommées à cause de l’odeur désagréable qu'elles exhalent, au moins pour la plupart, sont des arbrisseaux ou sous-arbrisseaux particuliers aux Indes orientales; leurs fleurs sont réunies en bouquets serrés ou en capitules axillaires ou terminaux, accompagnés de bractées.

Mêpbitidie a rnriT blbc. Mephitidia cyanocar/ta. Blume. Sous arbrisseau velu, à feuilles oblongucs. acuminées, atténuées à leur base; les fleurs sont jaunes ou blanchâtres, axillaires, ordinairement réunies par trois, accompagnées de bractées cordées. Le fruit, de la grosseur d'un Pois ou d'une Groseille, est velu et d’une belle couleur bleue. Dans les forêts montagneuses de Java et de Sumatra.

MEI’HITIS. ■ am. Synonyme de Mouffette. Y. ce mot.

MER. Mare, Pela gus. c£ol. Suivant l'acception la plus générale, on entend par la Mer ou les Mers, Puuiversalité des eaux salées qui, sans discontinuité, couvrent près des trois quarts de la surface du globe, entourent de toutes parts l'autre portion de celle surface qui s'élève au-dessus de leur niveau, et la partagent en plusieurs continents et en Iles. D'après plusieurs auteurs il faudrait réserver celte définition pour le mot Océan, et n'appeler Mer que les portions de l'Océao qui pénètrent dans l'intérieur des terres, par des ouvertures plus ou moins larges, comme la Mer Méditerranée, la Mer Rouge, etc., ou bien encore celles qui sont entourées par un continent et par des rangées d'iles, comme la Mer des Antilles, la Mer de la Chine. Le mot Mer a souvent été employé pour désigner tout grand amas d'eau salée ou d'eau douce, lors même qu'il est entouré complètement par les terres. On appelle encore généralement Mer Caspienne, Mer d'Aral, les vastes bassins qui, sur les frontières de l'Europe et de l’Asie, reçoivent un grand nombre de fleuves, sans verser leurs eaux au réservoir commun, et qui par conséquent sont de véritables lacs.

Les anciens paraissent avoir employé, comme on le fait souvent, les mots Mare ou Oceanus sans épithète, pour désigner d'une manière générale le réser voir commun des eaux; iis se servaient plus spécialement de Mare, en y ajoutant un nom de pays, pour les portions de la Mer voisines des cèles, attachant à Oceanus l’idée de la pleine ou grande Mer, qu’ils appelaient quelquefois aussi Mare Oceanum, en opposition du Mare inlei'num, qui pour eux était la Méditerranée. Dans le plus grand nombre de cas la langue française a consacré les mêmes applications : ainsi on dit simplement la Mer ou l’Océan, pour désigner l'uni-

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versalité des Mers; on appelle grand Océan, Océan at- . (antique, Mer Océane, etc., (es vastes plaines liquides qui séparent les continents; et pour les parties de la | Mer générale, qui bordent les côtes ou qui pénétrent dans l'intérieur des terres, on dit plutôt Mer d'Alle- ! magne. Mer des Indes, Mer Baltique, Mer Rouge, etc. Quant aux amas d'eau salée, qui ne communiquent pas ^ avec la Mer générale, et ceux d'eau douce, qui en sont 1 également séparés, ou bien qui seulement reçoivent des i fleuves, ce sont des lacs, quelle que soit leur étendue. | On ne saurait donc, sans vouloir innover, tracer une ! ligne de démarcation entre le sens que l'on doit attacher au mot Mer. et celui que l'on devrait attribuer au mot Océan; il faut regarder ces deux expressions comme synonymes, en les prenant dans une acception générale. Aussi, dans l'intention de rendre l'histoire des Mers la plus complète qu'il sera possible, et de la renfermer dans un même cadre, il ne sera traité, dans le présent article, que des généralités qui sont relatives à la Mer actuelle, en la considérant seulement dans ses rapports avec le globe et avec les terres qui s'élèvent au-dessus de sa surface; et on trouvera au mot Océan tout ce qui est relatif à l'examen des propriétés physiques et chimiques de ses eaux ; on y étudiera les mouvements réguliers et irréguliers dont elles sont douées, les phénomènes auxquels elles donnent lieu; on y examinera leur action sur les continents, leurs productions et les êtres qu'elles renferment, l'influence qu'elles exercent sur les plantes, sur les animaux, sur l'Uomme, et le rôle important qu'elles jouent dans l’étal de civilisation auquel il est parvenu. Ces recherches préliminaires, appuyées sur tout ce que l'observation a appris relativement aux Mers, telles qu'elles existent, depuis les traditions les plus anciennes jusqu'à ce jour, permettront peut-être, à l’aide de l'analogie et des documents que fournit la géologie, de remonter à une époque plus ancienne de leur histoire. On recherchera : quelle peut avoir été leur origine et leur état primitif; quels changements peuvent s'être opérés dans le volume et la nature de leurs eaux : on constatera les phénomènes et les effets produits à la surface du globe par le déplacement, la diminution et la rapidité des mouvements de celles-ci; on comparera par son action l'ancien Océan avec le moderne, et on verra en quoi les êtres qui le peuplaient à ses divers âges différaient de ceux qui l'habitent aujourd'hui.

Rapport de la mer avec le globe et le 8 terres.

I.a surface totale du globe étant évaluée à B, 100.000 myriamèlres carrés, 3,700.000 myriamèlres carrés, c'est-à-dire, un peu moins des trois quarts , sont recouverts par les Mers. Elles sont réparties sur le globe d'une manière très -inégale : l'hémisphère austral en contient plus que le boréal, dans la proportion à peu près de 8 à 5, et dans chaque zone le rapport des terres à celui des Mers est très-différent.

Pan* la glaciale du X. on compte lur 1000 m, c. Terrr 400, Mer, 600

la lune tempère. 5 id. T. MW, ». 4.1

Dana la aune lorndp » id. T. 197, ». 803

Dana la tooe torride do Sud ,rf. T. 312, ». fRS

Dana 1a lone Iptnpérè. B. id. T. 75, ». B2Î

Dana U tone glaciale » id. T. O, H. 100»

7 DTCT. DM SC (EXCES RAT.

$ I*». Figure générale des terres et des mers.

Les continents, qui ne diffèrent des Iles que par la dimension, sont, comme elles, entourés de tous côtés par la Mer; les uns et les autres sont les parties saillantes de l'enveloppe solide du globe, qui, plus élevées que le niveau général des eaux, ne sont point inondées par elles. Les continents paraissent comme groupés autour du pôle nord de la terre : en effet, l'ancien et le nouveau monde sont très-peu éloignés l'un de l'autre dans la zone glaciale, et ce n'est qu'en s'approchant de l'équateur qu'ils laissent entre eux deux vastes bassins, qui, avant d’arriver au 60° sud, se réunissent pour n'en plus former qu’un seul.

Un fait des plus remarquables, et dont plusieurs philosophes ont cherché à tirer de grandes conséquences, c'est : 1° que les terres continentales sont découpées par les Mers de manière à présenter des pointes ou caps saillants dirigés vers le sud, et 9° que, dans le rapport des continents et des groupes d'iles entre eux | et avec la Mer, les angles saillants formés par les uns | semblent correspondre aux angles rentrants que présentent les autres. On peut citer pour exemple de la première disposition la forme de l’Amérique méridionale, celle de l'Afrique, de la presqu’ile de l'Inde, de la Nouvelle-Hollande, du Groenland : et si l’on observe d’une manière générale un globe terrestre ou une mappemonde, on ne peut se refuser à voir, en considérant | seulement les masses, que la saillie de l'ancien continent, formée par l'Europe occidentale et l’Afrique du 5° au BO° latitude nord, correspond exactement à renfoncement qui sépare les deux Amériques sous les mêmes latitudes ; qu'au contraire, l'angle saillant produit par le Brésil entre l'équateur et le tropique du capricorne. est vis-à vis le golfe de Guinée, qui s'enfonce dans les terres d'Afrique, également entre l'équateur et le même tropique sud; et, enfin, que les archipels du grand Océan, dont la réunion semble former un (oui que l’on a compris sous le nom d'Océanie, s'avancent en pointe vers la vaste échancrure dessinée par les bords occidentaux de l’Amérique.

§ 9. Division des mers.

Quoique la Mer soit une, et que l'on puisse pour ainsi dire communiquer d'un point quelconque de sa surface à un autre sans discontinuité, on a jugé nécessaire de diviser, au moins par la pensée, l’espace immense qu’elle remplit, et l'on a distingué par des dénominations générales ses régions principales.

Le grand enfoncement que laissent entre eux l'ancien et le nouveau continent, c’est-à-dire, celui qui est entre l'Europe et l’Afrique d’un côté, et l’Amérique de l’autre, est occupé par l'Océan atlantique; le vaste goufre qui sépare l'Asie du même continent américain, contient le grand Océan, qui en longitude occupe environ 940 degrés, c’est â dire, les deux tiers de la circonférence totale du globe.

L'Océan atlantique et le grand Océan sont chacun subdivisés en boréal, équinoxial et austral, suivant les zones qu’ils occupent ; les Mers qui entourent l’un et l’autre pôle, prennent les noms d'Océan glacial arctique et d'Océan glacial antarctique.

Ces divisions n'établissent encore que de grandes

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coupes, dont il sérail impossible de tracer les limites, et elles sc rapportent le plus ordinairement aux espaces de la Mer qui sont éloignés des terres; car, les portions qui se rapprochent de celles-ci, empruntent assez ordinairement le nom des côles qu'elles baignent, et cela sans autre règle que celle déterminée par l'usage, qui varie suivant les localités : c'est ainsi que l'on dit la Mer d’Allemagne, la Mer d’Écosse, la Mer d'Espagne, etc.

§ 5. Bord» de la mer.

Il résulte de l'inégalité de la surface des terres et du niveau constant que prennent les eaux, que la ligne de contact extérieure des unes et des autres est découpée et comme déchirée d'une manière irrégulière et plus ou moins profondément, la Mer s'avançant sur les parties basses drs terres, et les points élevés de celles-ci se prolongeant au contraire dans la Mer. Cette disposition particulière donne lieu à ce que l'on appelle des médit erra nées, des golfes, des baies, des rades, des ports, des anses, etc., des caps, des plages, des falaises.

Les Mers Méditerranées sont celles qui, entourées par les terres dans la presque totalité de leur circonférence, ne communiquent avec la Mer générale que par un canal ou détroit : telles sont la Méditerranée proprement dite, par rapport à laquelle on peut encore considérer la Mer Adriatique, la Mer de Marmara, la Mer Noire, comme des Méditerranée»; telles sont encore la Mer Baltique, la Mer Blanche du Nord, la Mer Rouge, et la Mer qui s'avance entre l'Arabie et la l'erse et que l’on appelle improprement golfe Persique.

On appelle encore quelquefois Mers Méditerranées celles qui sont en partie circonscrites par la terre ferme et en partie par des rangées d'ilcs rapprochées les unes des autres, comme la Mer des Antilles, la Mer de la Chine, la Mer du Japon, la Mer d'ukoUk.

Les golfes sont plus grands que les baies : ce sont des échancrures plus ou moius profondes, que forme la Mer en s’avançant dans les terres : on peut citer le golfe de Gascogne entre la France et l'Espagne, le golfe de Guinée sur les côtes d'Afrique, et dans les Indes orientales les golfes d'Oman et du Bengale.

Les rades, les ports et les anses sont des découpures de même sorte, mais de dimensions graduellement inférieures, cl qui offrent en outre par leur disposition un abri aux vaisseaux.

Les rivages ou côtes sont les points de la (erre découverte, qui sont frappés et baignés par la Mer. On remarque que , dans un grand nombre de lieux, les rivages opposés d'un même bassin présentent la même structure géognoslique, et souvent les couches des terrains sc correspondent d’une manière si exacte qu'il semble qu'une rupture récente les ail séparés ; les côtes de la France et de l'Angleterre en offrent un exemple bien remarquable, ainsi que les rives de la Méditerranée et de l'Adriatique ; et si sur une plus grande échelle oii comparait avec soin les côtes du nord de l'Europe avec celles correspondantes de l'Amérique septentrionale, on trouverait peut • être les mêmes rapports, comme, au surplus, les connaissances déjà acquises sur la structure de ces deux pays paraissent l'indiquer.

Lorsque les côtes sont escarpées, elles forment des

récifs ou des falaises que la Mer vient battre avec violence; lorsqu'au contraire les terres s'approchent de la Mer par une pente douce et insensible, elles donnent lieu à de longues plages, le plus souvent sablonneuses, que le* eaux recouvrent et abandonnent périodiquement, avec tranquillité.

Les caps sont les pointes de terre qui s’avancent dans ta Mer (le cap de Bonne -Espérance, à l’extrémité de l'Afrique; le cap Born. au sud de la Terre de feu). On a vu que les Mers Méditerranées n'étaient en communication avec la Mer générale que par un canal resserré ou un détroit. On donne encore le nom de canal, de manches ou de détroits, à des portions de la Mer qui séparent des îles ou des continents peu éloignés les uns des autres. La France est séparée de l'Angleterre par le canal de la Manche; l'Irlande est de même isolée de l'Angleterre par le canal de Saint-Georges ; l'ancien el le nouveau continent seraient en communication sans le détroit ou canal de Behring; la Terre de feu est une portion de l'Amérique méridionale coupée par le canal ou détroit de Magellan.

Profondeur.

La Mer, à ce que l'on présume, n'a dans aucun point une profondeur indéfinie, quoique dans plusieurs endroits, notamment entre les tropiques et dans le Nord, on n’ait pu atteindre son fond avec des sondes de 1 ,800 mètres; mais, indépendamment de la difficulté de s'assurer que celles-ci sont bien descendues perpendiculairement cl qu'elles n'ont pas été entraînées par des courants, une profondeur de 3 à 5.000 mètres serait encore à peine appréciable par rapport au diamètre de la terre. Dans le plus grand nombre des cas on rencontre le sol à des distances variables, depuis quelques mètres jusqu'à 500 ou 400. Ce n'est que dans la pleine Mer. et plus rarement, que les sondes descendent jusqu'à 1.000 ou 1.300 mètres. La théorie déduite des connaissances les plus exactes sur les lois générales qui régissent l'univers, a conduit De Laplace à démontrer que la profondeur moyenne ne pouvait être qu'une fraction de la différence qui existe entre les deux axes de la terre, el qu'elle ne pouvait excéder 8,000 mètres. Si l’on compare la forme que doit avoir le fond delà Mer avec la surface des continents, l'analogie et les faits nombreux recueillis par le sondage portent plutôt à diminuer celte profondeur qu'à l'augmenter, el à faire présumer que les ahimes les plus profonds de la Mer s'enfoncent à peine autant audessous de sa surface que les liantes montagnes des continents s’élèvent au-dessus de son niveau. Il n'est pas plus facile de préciser quel peut être le volume des eaux de la Mer, el de juger si, comme l'ont avancé plusieurs auteurs, elles formeraient, étant n-unies, une sphère de 50 ou de GO lieues de diamètre, el si, en supposant la surface du globe parfaitement unie, elles la submergeraient de GOO pieds ou de plus. Il est certain que, quelles que soient les profondeur et volume que l’on puisse supposer aux Mers actuelles sans s’écarter des inductions tirées des faits constatés et de l'analogie, la masse de leurs eaux est bien peu considérable, comparée à la masse totale de la planète dont elles humectent quelques points de la surface extérieure; car, eu

si k n

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admettant. par supposition, celle surface unie cl enveloppée de toute part d’une couche d'eau de 10.000 mètres ou 30.000 pieds environ d'épaisseur, un globe auquel on donnerait un mètre de diamètre ne serait pas, dans la même proportion, recouvert d’un millimètre d'eau, puisqu'en effet 10.000 mètres sont la 1273* partie du diamètre de la planète terrestre.

Fond de la mer.

La structure géologique des continents actuels et des Iles, l’origine présumée de leur formation, la nature des substances qui composent le fond des Mers, la connaissance acquise sur les profondeurs relatives d'un grand nombre de points dans un espace donné, tout porte à croire que le fond des Mer» présente une configuration en tout analogue à celle de la surface des terres habitées; de longues chaînes de montagnes le traversent et semblent même se continuer avec celles que nous gravissons. Si les sommités escarpées de ces alpes sous -marines s'approchent de la surface extérieure des Mers, ou s’élèvent au-dessus, elles forment ou des lignes de récifs dangereux pour les vaisseaux, ou des groupes d'iles, comme cela arriverait si les Alpes, si les Pyrénées étaient inondées jusqu'à leur sommet ou jusqu'aux trois quarts de leur hauteur. Ces grandes chaînes principales se divisent, se ramifient; des chaînes latérales et secondaires les bordent; de larges et profondes vallées les découpent; à leur pied sont d'immenses plaines ou des collines plus ou moins élevées et arrondies, qui sont, ainsi qu'ou l’a dit plus haut pour leschaines de montagnes, en rapport avec la nature du sol des côtes contiguës. En effet, l'observation démontre aux navigateurs que, tels sont les rivages, tel est, jusqu'à une grande distance, le fond des Mers qui les baignent; si les côtes sont escarpées ou à pic, si la pente du sol est rapide, la Mer sera profonde; elle sera basse, au contraire, si elle s'avance sur une plage presque horizontale. Cette concordance entre la forme du fond de la Mer et celle des (erres voisines se fait bien remarquer sur les deux bords opposés de l’Amérique méridionale; mais le principe parait être vrai pour toutes les côtes.

Le fond des Mers doit éprouverdes changements analogues à ceux qui s'opèrent journellement sur la terre; car, bien que les masses minérales qui en composent le sol soient à l'abri de l'influence de l'atmosphère, l'action continuelle de l'eau, les chocs qui résultent de scs divers mouvements, doivent dégrader les points élevés et remplir les profondeurs, qui reçoivent en outre les matériaux chariés continuellement par les fleuves, ou qui sont enlevés aux rivages par les vagues : de sorte qu'en dernière analyse, snus les eaux, comme à la surface des continents, le sol (end à sc niveler. Les éruptions volcaniques, qui ont lieu sous les eaux comme à la surface de la terre, produisent des modifications analogues à celles que les volcans occasionnent autour de nous. Mais un changement dont on ne voit pas d'exemple sur la terre, c'est celui qui résulte de la formation de masses calcaires solides et immenses, dont le volume augmente chaque jour dans certains parages, et qui sont l'ouvrage de myriades d’animaux dont elles sont l'habitation.

Pour les propriétés physiques cl chimiques de l'eau de la Mer, pour l'histoire des phénomènes géologiques dus à la Mer ancienne et à la Mer actuelle, voyez OctA*.

MÊRANGÈiNE. bot. Même chose que Mélongène. V. Mobellb.

MEHASI’ERME. Meras/yerma. bot. Raffinesque a établi sous ce nom, un genre dans la famille des Conferves; mais il dit que les tubes sont inarticulés et comprimés, ce qui ferait croire que ce sont des Eclospermes qu'a voulu désigner ce naturaliste. Il en cite des espèces américaines, entre lesquelles est le dicholoma.

MÉRAT1E. Meralia. bot. Loiseleur Deslongchamps avait établi sous ce nom un genre dont le type était le Calycanthus piœcor , L.; mais ce même genre ayant été nommé Chimonanlhus (F. ce mol) par Lindley. le nom de Meralia était resté sans emploi. Cassini s’en est servi pour remplacer celui de Deliliat proposé par C. Sprengel (Bullel. de la Soc. i’hiloroat., avril 1823), parce qu’il existe déjà un autre genre dédié par Htimboldt et Bonpland au professeur Uelile. F. Lii.Ce.

Le genre Meralia de Cassini appartient à la famille desSynanthéréeB, tribu des liélianthées, et à la Syngénésie superflue. L. Voici les caractères qui lui sont attribués par ce botaniste : involucre double : l’extérieur beaucoup plus grand, formé de trois folioles, libres, inégales, à peu près orbiculaires, écbancrées à la base, mucronées au sommet, membraneuses, réticulées et hispidules, l’une d’elles plus grande, les deux autres à peu près égales, superposées cl opposées à la première; involucre intérieur beaucoup plus petit que l’extérieur, composé probablement de trois écailles oblongues, coriaces, glabres, soudées entre elles, formant par leur réunion un étui obovoïde, ohlong. Iriquètre, qui embrasse étroitement les ovaires des fleurs; réceptacle poncliforme, probablement nu; calatliide composée de trois fleurs, deux au centre ayant une corolle dont le tube est long cl grêle, le lirahe à cinq divisions; cinq anthères à peine cohérentes; l'ovaire en partie avorté, n’ayant qu’un style à deux branches écartées; la fleur du bord est unique, sa corolle est à peu près aussi longue que celles du centre, offrant un limbe en cornet, non étalé, fendu sur la face intérieure; son ovaire est surmonté d'un style à deux stigmatophores très-longs et arqués en dehors. Ces caractères, que l’on a abrégés pour ne présenter que les plus saillants, n’ont pas été ainsi exposés par Sprengel. L'involucre intérieur est entièrement de la composition de Cassini, qui refuse d’admettre l'existence d’un seul ovaire supportant (rois corolles de Sy liant Itérées, lesquelles contiendraient chacune des organes génitaux; il suppose, avec raison , quelque erreur d'observation de la part de Sprengel, erreur qui aura donné lieu à des différences imaginaires. Ainsi , ce que ce dernier botaniste a considéré comme le péricarpe île l’ovaire, n’est qu'un second involucre tel que celui qui est imaginé par Cassini et dont la structure a été développée plus haut. Le | Meralia a de l'affinité avec le Milleria, genre suscep- : tible d’être partagé en deux : l’un qui aurait pour type i le Milleria quinqueflora , L., cl qui conserverait le nom d e Milleria; l'autre qui serait fondé sur le Milleria 1 bi/lora, et qui recevrait celui é'Elcira.

M E fl

1ÎER

2lii

Mér atif. de Sprengrl. Mcratia Sprengelii, Cas*.; Dclilia Berlerii , Spreng., loc. cil. Plante herbacée, annuelle, légèrement hispide, et ayant quelque ressemblance extérieure avec un Melarnpodium. Elle a des feuilles opposées, péliolées, ohlongues. lancéolées, un peu crénelées et à trois nervures; les calathides de fleurs sont jaunes et rassemblées en faisceaux à l’extrémité des tiges ou portées sur des pédoncules courts et axillaires. Cette plante est originaire de l'Amérique méridionale près du fleuve de la Madeleine, où elle a été découverte par Berlero.

MERCADONIA. bot. Pour Mccartlonia. F. ce mot.

MF.RCA NETTE, ois. Synonyme vulgaire de Sarcelle d’été. F. Canard.

MERCAPTAN. cnn. Substance particulière, liquide, limpide, incolore, d’une odeur alliacée, d’une saveur sucrée et élhérée; sa densité est 0,842; son point d’ébullition est à -f- 02°; elle est peu soluble dans l’Eau, mais beaucoup dans l’Alcool et l'Éther; elle se combine avec le Potassium en abandonnant du Gaz hydrogène, et produit une masse saline, incolore, très-soluble, qui précipite en jaune par les sels de Plomb et en blanc par les deutochlorures de Mercure, d’Or eide Cuivre; elle se combine avec différents deutoxides, et forme avec eux des Mercaplidcs cristallisés. On l'obtient en traitant dans un appareil distillaloire du sulfovinale de Potasse avec une dissolution concentrée de deutosuifiire de Barium : le sulfovinale se change en sulfate, et il se forme une liqueur élhérée, qui se condense dans le récipient avec de l’Eau, sans qu’il sc dégage d’Hydrogène sulfuré. La liqueur élhérée, purifiée par le chlorure de Calcium, est plus légère que l’Eau; elle s'enflamme facilement en répandant l'odeur de l'Acide sulfureux. Distillée avec précaution elle se partage en deux produits : l’un, le moins volatile, est l'Éther thalique, l'autre est le Mercaplan.

MERCIÈRE. Merciera . dot. Genre de la famille des Campanulacées. institué par Alphonse De Candoile dans sa monographie des genres de celle famille, aux dépens des Trachelium de Linné et pour quelques autres espèces nouvelles, du cap de Bonne-Espérance. Les caractères du genre Merciera sont : calice à quaire ou cinq divisions, à tube ovoïde; corolle tubuleuse, à quatre ou cinq lobes cl à tube très-rétréci ; quatre ou cinq étamines à filaments extrêmement minces à leur base, et beaucoup plus courts que les anthères; ovaire infère uniloculaire, à cloison incomplète et à peine perceptible; quatre ovaires : deux ordinairement de chaque côté de la cloison, dans la partie inférieure de l’ovaire; style filiforme, très-souvent plus long que la corolle; stigmate très-courl et bilohé.

Mercière a feuilles rinces. Merciera tenui folia, A. De Caud.; Trachelium tcnnifoliutn, l in. f.,Thunb. C'est un sous-arbrisseau à lige droite et rameuse, à feuilles alternes, rapprochées, ciliées, linéari-lancéolëes, rigides, suhulées. Ses fleurs sont bleues, à cinq lobes plus longs que les feuilles du sommet, lancéolés, étalés et poilus sur le dos.

MERCK1A. bot. Le genre institué sous ce nom par David Don, dans la famille des Caryophyllées, n'a pas été adopté; la seule espèce qui le constituât a été con-

sidérée comme ne différant pas deVArenaria peptoùle» de De Candoile, qui forme le genre Ailenarium de Raffinesque, adopté par les botanistes.

MERCKIE. Merckia. bot. Genre de la famille des Caryophyllées, institué par Fischer qui lui donne pour caractères : calice à cinq divisions herbacées, serrérs contre la capsule; corolle formée de cinq pétales périgynes, spalulés, aigus et très-entiers; disque stibhypogyne; ses glandules sont charnues et Irès-pelites; dix étamines, toutes fertiles, insérées sur les glandules du disque; filaments suhulés et libres; anthères à deux loges longitudinalement déhiscentes; ovaire sessile, à trois ou cinq loges, bilocellées par une cloison secondaire, incomplète; plusieurs ovules distincts, attachés à une petite columellc centrale; trois ou cinq stigmates capillaires, alternes avec les folioles du calice. Le fruit consiste en une capsule membraneuse, renflée en vésicule, subglobuleuse, avec le milieu déprimé verticalement. marquée de trois ou cinq larges sillons qui indiquent l'existence des cloisons qui séparent les loges et vont aboutir h la columelle centrale; trois ou cinq valves en forme de coques, profondément sillonnées au dos, très-entières, avec le sommet en crochet recourbé. Les semences sont lisses, luisantes, d'un rouge brunâtre, à funicules raccourcis, épais et fongueux; l’ombilic est cslrophiolé; embryon annulaire, renfermant un albumen farinacé; les cotylédons sont étroitement linéaires et couchés.

Merckie physode. Merckia physoiles , Fisch. C’est une plante herbacée, faible, formant un gazon assez épais; ses feuilles sont opposées, subscssiles, elliptiques, exslipulées, à fleurs axillaires ou terminales et solitaires, peu nombreuses, longuement pédicellées et blanches. Celte plante se trouve au nord de l’Asie et de l’Amérique.

MEKCOLFüS. ois. ( Aldrovande. ) Synonyme de Rollier. F. ce mot.

.MERCORET. rot. L'un des noms vulgaires de la Mercuriale commune.

MERCURE, min. Genre de la classe des substances métalliques autopsides, composé de quatre espèces, dont l’une offre le Mercure à l'étal natif, et les autres le présentent combiné avec l'Argent, le Chlore et le Soufre. Ces dernières sont connues sous les noms de Mercure argentai. Mercure murialé cl Mercure sulfuré.

Merci re natif. Métal blanc, liquide à la température ordinaire; pesant spécifiquement 13.58; se congélanl à la température de 40" centigrades au-dessous de zéro, et se volatilisant par l’action d'une chaleur peu élevée. Le phénomène de la congélation du Mercure, observé pour la première fois en Sibérie par Delisle et Gmelin. dans les thermomètres dont ils faisaient usage, a été reconnu depuis et étudié par Braun, Æplnus, Black et Cavendish. Ce métal, en se solidifiant, cristallise en octaèdres. Ses usages dans les arts économiques et dans la médecine, ainsi que ceux de scs nombreuses préparations, seront indiqués dans la suite de cet article où ce métal sera considéré sous le point de vue chimique. Le Mercure natif existe tout formé dans la nature, mai* toujours eu petite quantité; en sorte qu'il ne fait jamais seul l'objet d’une exploitation.

Di

MER

Il accompagne fréquemment le Mercure sulfuré; se trouve en globules dans les tissures du minerai et quelquefois disséminé dans toute sa masse.

Merci: rk argextal. Amalgame naturel d’Argent; hydrargirure d’Argcnt, Beud.; substance d’un blanc d’Argent, cristallisant en dodécaèdre rhomboïdal, et composée de deux atomes de Mercure pour un atome d’Argenl, ou en poids de 05 parties de Mercure sur 55 parties d’Argent. Sa pesanteur spécifique est de 14.2. Elle donne du Mercure par la distillation, et se décompose par l’action du feu, en laissant sur le charbon un globule d’Argenl. On ne connait de celte substance que deux variétés principales : le Mercure argentai cristallisé, toujours en dodécaèdre rhomboïdal ou simple, ou modifié sur ses angles et sur ses arêtes, et le Mercure argentai lamelliforme, en lames minces ou en dendriles superficielles, étendues sur différentes gangues. L’un des cristaux décrits par Ilauy. est la réunion de six formes différentes, et possède 122 faces. Le Mercure argentai ne se trouve qu'accidcnlellement çàel là dans quelques mines de Mercure, surtout dans celle de Moschelandsberg, dans l’ancien duché de Deux Ponts. Sa gangue est tantôt un Grès, tantôt une Argile lilhoinarge.

Mercure cor hé. F. Mercure scruté.

Mercure ruriatê, ou mieux Chlorure de Mercure. (Juecksflber, //orna z, Wern. Substance d’un gris de perle, fragile et volatile par l’action du feu; déposant du Mercure lorsqu’on la passe avec frottement sur une ; lame de Cuivre humectée; cristallisant eu prismes à base carrée, terminés par des pyramides; les dimensions du prisme fondamental ne sont pas encore bien ! connues. C’est un bi-cblorurc de Mercure, contenant ! 15 parties de Chlore et 85 parties de Mercure. Ce minéral se rencontre quelquefois sous la forme de concrétions mamelonnées ou fibreuses, dans les cavités d’un Grès secondaire, à Almaden en Espagne, et dans la mine du duché de Deux-Ponts.

Mercure sulfuré, vulgairement Cinabre. Bisulfure de Mercure, composé de 14 parties de Soufre et 80 de Mercure; d’une couleur rouge foncé, passant au rouge brun; offrant dans sa poussière une belle teinte de rouge écarlate; soluble seulement dans l’Acide nitromurialique; se volatilisant complètement au chalumeau, en donnant une flamme bleue et une odeur sulfureuse; laissant un enduit d’un blanc métallique, lorsqu'on le passe avec frolleineul sur le Cuivre; ses cristaux se rapportent au système rhomboédrique, et HaUy a adopté pour forme fondamentale un rhomboïde aigu de 71<> 48’, qui n’offre point de joints très -sensibles parallèlement à ses faces, mais qui se divise très-nettement par des coupes parallèles à l’axe, en donnant les pans d'un prisme hexaèdre régulier; le Cinabre pèse spécifiquement environ 7; il est facile à gratter avec le couteau; ses formes présentent ordinairement les pans du prisme hexaèdre régulier, combinés avec les faces de trois rhomboïdes différents, qui tous dérivent du rhomboïde primitif par des modifications simples sur les anglcs-plansdes sommets. Les autres variétésdépendanles de la structure sont : le Mercure sulfuré lamellaire , l 'écailleux ou granuleux, le fibreux , le pulvérulent

dit vermillon natif, et le compacte. Quelquefois cette dernière variété est feuilletée ou teslacée; mais alors elle est mélangée de bitume; c’est le Mercure sulfuré bituminifère, ou Mercure hépatique. Le Mercure sulfuré, surtout celui qui est bitumineux, est la principale mine de Mercure que l’on exploite pour fournir aux besoins des arts et des manufactures. Il se trouve presque uni quement dans les terrains secondaires, et c’est particulièrement dans le Grès rouge, dans le Grès houiller et les Argiles schisteuses et bitumineuses qui l'accompagnent, qu'on le rencontre en abondance. Ces Argiles renferment des empreintes de Poissons, dont les écailles sont conservées, des plantes de la famille des Fougères, passées à l'étal charbonneux, des Coquilles fossiles, etc. Tous les minerais de Mercure sulfuré sont très-riches, même celui qui est bitumineux, qui renferme 81 parties de métal, et qu’on peut regarder comme le plus impor tant, parce qu'il existe en couches très-puissantes. Les principales mines de Mercure sont celles d'Idria. dans le Frioul; d’Almaden, dans la Manche, en Espagne; et du Palatinat, sur la rive gauche du Rhin. Il existe encore des exploitations de Mercure en Hongrie, en Bohème, dans plusieurs autres parties de l'Allemagne et dans les deux Amériques.

Le Mercure métallique existe naturellement dans plusieurs mines, mais jamais en masses considérables; l'immense quantité de celui dont on fait usage dans les arts, s'obtient en décomposant par la chaleur le Mercure sulfuré, après l avoir mélangé avec de la Chaux ou de l’Argile. Les procédés dislillaloires sont plus ou moins perfectionnés selon les différents pays où ce métal est en exploitation. Dans le Palatinat, on emploie des cornues de fonte que l’on place dans des fourneaux à galère, et qui sont lulécs à des récipients extérieurs contenant dé l’eau. Dans les mines d'Almaden en Espagne et d’Idria en Istrie, où l’on opère plus en grand, la distillation du minerai de Mercure se fait dans deux pavillons séparés par une terrasse inclinée vers le milieu en forme de toit renversé; l'un de ces pavillons fait l’office de cornue, et l’autre celui de récipient. La distillation, par ce procédé, est très-imparfaite, et l’on assure qu'il se perd une grande quantité de Mercure.

La liquidité de ce métal, sa pesanteur, son éclat vif et argentin, la pureté et l’homogénéilé qu'on lui fait acquérir par plusieurs opérations chimiques, la facilité avec laquelle il peut s'unir à d'autres métaux et former ce que l'on nomme des Amalgames, sont des qualités précieuses qui en rendent les usages aussi importants que variés. L’exploitation des mines d’Or et d'Argenl en consomme d'immenses quantités, puisque les mines de Mercure du Pérou et de l’Amérique méridionale, dont le produit annuel est pourtant de 17 à 18 cents quintaux métriques, sont tellement insuffisantes pour les besoins des mines d’Or et d’Argent de ces contrées, que la plus grande partie du Mercure d'Europe passe en Amérique, et qu'on a même eu recours, en 1782, à celui qui s’exploilc en Chine dans la province de l’Yun-Nan. Il est bon d’observer que, par l'effet d’une politique imprévoyante et mesquine, l'Espagne voulant tenir ses colonies d'Amérique daus une dépendance

MER

absolue, avail interdit l'exploitation des mines de Mercure du nouveau monde, et qu'elle envoyait d'Europe tout le Mercure nécessaire aux mines d'Or du Pérou et du Mexique. D’un autre côté, elle avail proscrit sur le continent européen la culture des Végétaux utiles, et dont l'acclimatation était presque certaine. Mais les révolutions politiques ont annulé tous ces réglements arbitraires. L’Amérique peut faire usage des ressources dont la nature s'est montrée prodigue envers elle, tandis que l'Espagne doit se trouver très-heureuse aujourd'hui de lui emprunter quelques unes de ses richesses naturelles, telles que la Canne à sucre, le Cacte de la Cochenille, etc., qui sont maintenant en pleine culture sur la côte de Malaga.

Comme le Mercure ne devient solide qu'à un froid très-vif (-10° centigrades au-dessous de 0), qu'il n’entre en ébullition qu’à une chaleur fort élevée (560® centigrades au-dessus de 0), et qu'ainst il peut rester liquide entre des limites de température qui comprennent 400 degrés; comme, d'uu autre côté, depuis 0 à 100 degrés, il se dilate uniformément selon Dulong et Petit, de 1/5550 pour chaque degré centigrade, ce métal fluide est d’une grande utilité pour la confection des thermomètres et des baromètres. Les chimistes en forment leur bain ou cuve hydrargyro-pneumatique, instrument si nécessaire pour l’extraction d’un grand nombre de Gaz. Les anatomistes en composent leurs injections délicates, et le font pénétrer dans les tubes les plus déliés des systèmes vasculaire et nerveux. Sous forme métallique le Mercure est très-employé en médecine; on sait qu'on divise le Mercure dans les corps gras, résineux ou gommeux, de manière à atténuer ses globules, et à lin tel point qu'ils deviennent imperceptibles même à la loupe ; cl que, par ce moyen, on obtient des préparations externes et internes fort usitées dans les maladies syphilitiques et cutanées, préparations que l'on connaît sous les noms d'onguent mercuriel, Mercure gommeux, pilules mercurielles, etc. Les opinions sont partagées sur l’état du Mercure dans ces préparations; selon les uns, il reste à l'étal métallique, selon les autres, il a déjà subi un premier degré d'oxidation. Quoique le Mercure u'ait pas de saveur ni d'odeur nuisibles, il communique néanmoins à l'eau dans laquelle on le fait bouillir un goût très désagréable, et qui lui fait acquérir des propriétés vermifuges.

Le nombre des combinaisons que le Mercure produit avec les autres corps est très-grand, Par souvent avec tel corpssimplc il en forme deux ou trois, d'où naissent ensuite à l'infini des combinaisons multiples. Voici celles dont les arts, les sciences et surtout la médecine ont su tirer parti :

Avec l'Oxigène, le Mercure donne naissance à deux oxides : l’un (proloxide) qui existe combiné avec les Acides, et forme des sels au minimum. On l'obtient en traitant par la Potasse ou la Soude un prolo-srl de Mercure, par exemple, le proto nitrate; le précipité se forme en une masse noirâtre, dont l'analyse a donné 4 pour 100 d'Oxigène. La quantité de ce dernier principe étant un multiple par un nombre entier de celle du deutoxide. le précipité noir est bien un protoxide et non un simple mélange. Le deutoxide de Mercure,

nommé anciennement précipité rouge, précipité per sej etc., est d'une couleur qui varie depuis le rouge orangé jusqu'au jaune, et qui dépend de l’étal du sel qui a servi à le produire. Les anciens chimistes le composaient directement enchauffant, pendant longtemps, le Mercure avec le contact de l'air dans ce qu'ils nommaient l'enfer de Bovle, c’est-à-dire dans une série de matras à fond plat, et placés sur un fourneau à galère. On l’obtient aujourd’hui beaucoup plus facilement en exposant au feu le proto nitrate ou le deuto-nitrale de Mercure, jusqu'à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs rutilantes. Si le nitrate employé est bien cristallisé, le deutoxide a une belle couleur rouge orangé; elle est d'autant plus pôle que le nitrate est plus pulvérulent. Le deutoxide de Mercure contient 8 pour 100 d’Oxigène; il est légèrement soluble dans l’eau, et sa solution verdit le sirop de violette. La médecine externe l’emploie comme escharrotique. pour ronger les chairs fongueuses. Trituré convenablement avec des corps gras, et dans une très faible proportion, il fait la base de plusieurs pommades anti opbtbalmiqiies. En se combinant avec les divers Acides, les Oxides dont il vient d'étre question, forment lin grand nombre de sels dont quelques-uns ont été employés en médecine. Tels sont . l'acétate de proloxide de Mercure, qui faisait la base des pilules ou dragées de Keyser, longtemps préconisées dans les afFeelions syphilitiques; les nitrates de Mercure employés aussi dans un grand nombre de préparations anti-syphilitiques et anli-psoriques; le soussulfate de Mercure, anciennement nommé Turhilh minéral, et que l'on donnait comme vomitif eldiaphorclique.

Le Mercure forme deux combinaisons avec le Chlore, savoir : un proto- chlorure et un deuto-chlorure. Le premier qui a reçu successivement les noms de Calomel, précipité blanc. Mercure doux, Muriatc de Mercure, contient 18 parties de Chlore et 100 de Mercure. 11 est blanc, jaunissant à l'air, sans saveur et insoluble dans l'eau. On l'obtient par divers procédés; le plus simple consiste à précipiter le nitrate de proloxide de Mercure dissous dans l'eau par le sel marin ou chlorure de Sodium. Ce proto-chlorure mercuriel est un médicament très-usité soit comme purgatif vermifuge, soit comme anti-syphilitique. Le deulo-chlorurede Mercure généralement connu sous le nom de sublimé corrosif, et qui dans la nomenclature de Guyton et de I Lavoisier était désigné sous celui de Muriale oxigéné : de Mercure, le deuto-chlorure, donc, se compose de 1 56 parties de Chlore sur 100 de Mercure. Il est en pains lamcllcux ou en aiguilles, d'un beau blanc qui ne s’altère point à l'air. Il n’a pas d'odeur, mais sa sa- I veur est d’une ûcreté excessive, laissant dans la bou- ! che un goût affreux; en un mol, c'est un des plus dan- : gereux poisons que la chimie ait fait connaître. II se | dissout facilement dans l'eau et dans l'Alcool. Il a de nombreux usages en médecine et dans les arts. Ou ! l'administre à l'intérieur, en solution ou en pilules, mais à des doses très-faibles, contre la syphilis; à l’ex- , lérieur, sous forme de lotion, contre les maladies de la ! peau. L'emploi de ces remèdes nécessite toujours beau- 1 coup de prudence de la part du praticien. Tout le

monde connall les effets redoutables du sublimé corrosif inséré à une plus forte dose dans l'économie animale; mais comme il se décompose facilement, et qu'il est ramené â l'état de proto-chlorure par la plupart des substances organiques où l'Oxigèue domine, on a indiqué une foule de contre-poisons; le plus efficace, lorsqu'on s'y prend à temps, est l'Albumine ou le blanc d'œuf On f.ül entrer le sublimé corrosif dans plusieurs préparations destinées à la conservation des pièces anatomiques et des objets d'histoire naturelle.

Les sulfures de Mercure sont, de même que les oxides et les chlorures, ail nombre de deux : l'un noir et l’autre rouge. Le premier (proto-sulfure) n'est considéré par Guibourt que comme un mélange du second avec du Mercure métallique. Cependant la même raison donnée pour leproloxide peut être alléguée en faveur de l’existence du proto-sulfure. Le sulfure rouge (persulfure), vulgairement nommé Cinabre, et quand il est pulvérisé Vermillon, contient 11» parties de Soufre sur 100 de Mercure. C'est le plus commun des minerais de Mercure, mais il n’offre pas ordinairement la pureté de celui qui est produit artificiellement et dont la peinture fait un grand usage. Sa préparation consiste à incorporer une partie de Mercure dans 4 parties de Soufre en fusion, et ù sublimer le mélange dans un vase approprié.

Les combinaisons que le Mercure forme avec les autres corps simples non métalliques, tel que l'Iode, le Phosphore, etc., u'ayaut qu'un intérêt très- borné, ne seront point examinées ici : mais il n'en est pas de même de certains amalgames ou alliages du Mercure avec quelques métaux; on doit au moins mentionner ceux qui sont d’une utilité très-grande.

On se sert, pour élainer les glaces, d'un amalgame d'Ëlain qui s'applique de la manière suivante : une feuille d'Étain, mise sur un plan horizontal, est recouverte d'une couche de Mercure qui s'y combiue par sa surface inférieure; on fait alors glisser dessus une glace, afin d'expulser le Mercure en excès, et on la charge de poids. Si le verre a été préalablement bien desséché, l'amalgame ne tarde pas à y adhérer fortement. Avec l'Étain et d'autres métaux, le Mercure forme des alliages utiles aux arts et aux sciences; tel est l'alliage de Darccl qui se fond à une température inférieure à celle de l’eau bouillante; tel est encore l'alliage que l'on emploie le plus communément pour augmenter l'intensité d’action des machines électriques.

L'amalgame d'Or s'obtient en plongeant l'Or rouge de feu dans du Mercure chaud. On sépare le Mercure non amalgamé en le faisant traverser une peau de chamois. L'amalgame qui reste dans celle ci, est blanc, et contient une partie d'Or et une demi -partie de Mercure; il sert à dorer l’Argent et le Cuivre sur lesquels, après les avoir bien décapés, il suffit de l’appliquer. On chauffe ensuite pour volatiliser le Mercure, et on donne à la dorure le Ion de couleur désiré en la recouvrant i d’une bouillie de Nilre, d'Alun et de Sel marin. On fait chauffer de nouveau, on lave à l'eau bouillante et l'on essuie la pièce.

Il est un amalgame triple qui conserve la fluidité du

Mercure; c’est celui de trois parties de ce métal, une de Bismuth et une de Plomb. Comme ces deux derniers métaux ont moins de prix que le Mercure, il n'est pas rare de rencontrer, dans le commerce, celui-ci falsifié au moyen de l'amalgame en question; mais on le reconnaît facilement en ce qu’il fait la queue, c'est-àdire qu'au lieu de former des globules sphériques, lors- I qu'on le divise sur un plan de verre, il prend alors des formes irrégulières en laissant des traces grises et sans éclat métallique.

MERCURE DOUX. mix. Nom donné au deuto chlorure de Mercure que l’on prépare avec le prolo chlorure, cl dont la différence de propriétés avec ec dernier lui a valu ce nom vulgaire. y. Mercure.

MERCURIALE. Metcurialis. dot. Genre delà famille des Euphorhiacées, et placé par les auteurs systématiques dans la Diœcie Ennéandrie, L. Ses fleurs sont monoïques ou plus ordinairement diulques; leur unique enveloppe est un calice tri ou plus rarement quadriparti. Dans les mâles, on trouve des étamines au nombre de huit ou douze, ou davantage, dont les filets libres et [ saillants sont terminés par line anthère à deux lobes ; distincts et globuleux; dans les femelles, deux styles courts, élargis et dcnticulés dans leur contour; un ovaire partagé en deux lobes par un sillon profond, que suit de chaque coté un blet stérile, à deux loges renfermant chacune un ovule unique; le fruit est une capsule ù deux coques, revêtue d'aspérités ou d'un duvet (omenleux. Les espèces de ce genre sont au nombre de dix environ, à tiges frutescentes ou le plus ordiuaire- 1 ment herbacées. Il est à remarquer qu'il y en a deux | seulement exotiques, l'une originaire de l'Inde, l'autre I du Sénégal, et que précisément dans ces deux seules,

! tes coques sont souvent au nombre de (rois et les feuilles alternes. Elles sont opposées dans toutes les autres qui croissent en Europe; dentées ou entières, stipulées et se teignant, en séchant, d'une couleur bleuâtre plus ou moins foncée; les fleurs sont axillaires ou terminales; les males sur des épis, où ils forment de petits pelotons accompagnés chacun d'une bractée; les femelles tantôt solitaires, tantôt en épis ou bien en faisceaux. Deux espèces sont extrêmement communes : la Mercuriale vivace. Met eut ialis pet entiis, Lin.,

| et surtout l'annuelle, Mercurialit annua, Lin., qui infeste tous les lieux cultivés. Elles participent aux propriétés purgatives de la famille dont clics font partie.

MERCURIALE DE VIRGINIE oc MERt.URIASTRUM. bot. (Ileister.) Synonyme d'Acalyphe. y. ce mot.

MÈRE DES CAILLES. Nom que l'on donne assez vulgairement au Râle de Genêt. V. Gallixdle.

MÈRE DE GIROFLE, bot. Même chose que AnloÛes. V. ce mol et Girofle.

MÈRE DE PEHLESoi MÈRE PERLE, copich. Nom que l’on donne vulgairement aux valves du Mj tilus marga ri fer us, L.

MÈRENDÈRF. Meretulera. bot. Une plante des Pyrénées, que l’on avait confondueavec le Bulbocotlium terttum, auquel elle ressemble en effet d’une manière frappante par le port ainsi que par les dimensions et les couleurs de sa (leur, est devenue le type d'un genre

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établi par Ramond (Bullet. de la Société Pliilom., n° 47, p. 178, 1. 12) et adopté par De Candolle dans la seconde édition de la Flore Française. Ce genre, qui appartient à la famille des Colchicacées et à l’Hexandrie Trigynie,

L-, est ainsi caractérisé : périanthe divisé jusqu'à la base en six segments rétrécis en onglets allongés , sur lesquels sont insérées six étamines à anthères longues, étroites, pointues, sagiltécs, droites et adhérentes aux filets par leur base; trois ovaires réunis par leur partie inférieure, surmontés chacun d’un style simple; capsule à trois lobes droits, non renflés, semblable à celle des Colchiques. La principale différence qui existe entre ce genre et le Bulbocodium, consiste dans la pluralité des styles du Merendera. Ce caractère ne peut avoir beaucoup de valeur; car lorsqu'on observe le Bulbocodium sur le vivant , on voit qu'il offre aussi réellement trois styles; mais ces styles étant soudés dans presque toute leur étendue, simulent la structure d’un style simple et (riquèlre. Comme ils ne sont unis que par un léger tissu cellulaire, on peut les séparer sans lacération, pour peu qu’on écarte leurs stigmates. L'organisation du Merendera parait donc tellement semblable à celle du Bulbocodium, qu'il est bien difficile d'admettre la séparation de ces genres. L’auteur de la Théorie élémentaire de la Botanique a le premier démontré combien il était important pour la taxonomie de se tenir en garde contre les soudures naturelles. C'est donc, appuyé des propres principes de De Candolle, que Guilleinin propose d'éliminer un genre adopté dans la Flore Française avant que l'on eût connu la véritable organisation de la plante dont on l’avait séparé. Quoi qu’il en soit, le Merendera Bulbocodium, Ram., DC. et Redouté (Liliacées, 1, tab. 9»), est une plante spécifiquement différente du Bulbocodium vernutn. Si l'on admettait cette opinion relativement à sa classification, on pourrait la nommer Bulbocodium Merendera. Elle ne s'élève pas à plus d'un décimètre; son bulbe ovoïde émet à la fin de l'été une fleur solitaire d'un lilas purpurin, à laquelle succèdent des feuilles linéaires, concaves et étalées; le pédoncule s’allonge considérablement après la floraison, et porte une capsule qui s'ouvre en trois valves lors de sa maturité. Celte espèce croit dans les pelouses des Hautes-Pyrénées. Desfonlaines l'a aussi trouvée sur les collines des environs d'Alger. Ramond a donné sur l'évolution de sa racine des détails extrêmement curieux. Selon ce savant observateur, elle se compose d’un gros bulbe qui pompe les sucs de la terre par de nombreuses radicelles, et nourrit un très-petit bulbe naissant latéralement de sa base. C'est de celui-ci que procèdent les feuilles et la fleur qui percent les enveloppes communes aux deux bulbes, en sc glissant le long d’une rainure pratiquée dans le premier. Les tuniques propres de ce petit bulbe donnent naissance aux feuilles et aux organes de la fleur, excepté aux ovaires et aux styles qui, ainsi que la hampe, sont produits par un noyau parenchymateux. Ce bulbe florifère s'enracine immédiatement après la fécondation, et prend subitement son accroissement en repoussant l'ancien bulbe qui se flétrit, s’aplatit et demeure enfermé comme un corps étranger entre ses propres (uniques. Marscball Bieber- I

slein,danssa Flora Taurico-Caucasica , a formé une seconde espèce de Merendera , sous le nom de Merendera Caucasica, qui a pour synonyme le Bulbocodium trigynum d'Adams.

MÉRENUÉRÉES. bot. (Mirbel.) F. CoLcmcACJtES. MÉRÉTRICE. Merci rix. boi.l. Nom que Lainarck a d'abord donné au genre qu’il démembra des Vénus de Linné et auquel il donna plus lard la dénomination plus convenable de Cylhérée. F. ce mot. Blainville a conservé ce nom pour une de ses nombreuses divisions des Vénus. V. également ce mot.

MERGANSER. ois. Syuonyine de grand Harle, adopté par Linné comme nom spécifique de cet Oiseau.

MF.RGEL. «us. Synonyme de .Marne. V. ce mot. MERGULE. Menjulun. ois. Genre de la méthode de Vieillot, qui ne comprend qu'une seule espèce, le Guillemot nain de la méthode de Temminck. F. Gulllmot. MERGLS. ois. F. Harle.

M EMANA, bot. Le genre formé par Adanson sous ce nom, d’après Trew, rentre dans le genre Anlholyze.

MÉRIANDRE. Meriandra. bot. Genre de la famille des Labialées, institué par Bentham qui lui assigne pour caractères : calice ovale, bilahié : lèvre siqiérieure concave, entière ou courlemcnt tridenlée, l’inférieure bifide, avec l'orifice nu; tube de la corolle égalant en longueur le calice; limbe divisé presque également en quatre lobes plans, dont le supérieur entier ou échancré; étamines fertiles; presque toujours les deux inférieures sont dressées et distantes, tandis que les supérieures sont un peu fléchies, et de plus l’une des deux avorte; filaments glabres; anthères à deux loges disjointes, slipitées, égales, pendantes, à connectif linéaire, court, articulé avec le filament vers le milieu ; style bifide au sommet, terminé par deux stigmates.

Meriaxdre du Bexgale. Metiandra Bengalensis, Ben t li.; Sait ta Bengalcnsis , Roxb. C'est un sous-arbrisseau à feuilles entières, à fleurs réunies en grappe ou en épi paniculé. Toute la plante exhale l'odeur du Camphre. Ou la trouve dans l'Inde.

MÉR1AME. Meriania. bot. Genre de la famille des Mélasloraacées, établi par Swarlz, aux dépens du genre Bhexia, avec les caractères suivants : tube du calice campanulé : son limbe à cinq ou six lobes membraneux, dilatés à leur base et subulés au sommet; cinq ou six pétales; anthères obtuses au sommet, à deux pores, insérées par leur base sur un petit prolongement éperonné; ovaire globuleux, un peu déprimé, glabre au sommet; style filiforme, en massue; le fruit consiste en une capsule libre, à cinq ou six loges, à placentaires lunules ; les semences sont très-petites et cunéato-angulcuses. Les Mérianies sont des arbres ou des arbrisseaux de l’Amérique méridionale et des Antilles; leurs feuilles sont pélioiées, denticulées, glabres ou faiblement tomenteuses sur les veines et les nervures; les fleurs sont pédicellées. solitaires, axillaires, blanches ou purpurines. De Candolle en décrit six espèces parmi lesquelles on remarque :

Mériaxie blaxchatre. Meriania leucanlha , Sw. Rameaux lélragono comprimés et glabres; feuilles pélioiées, ovales-oblongues, acuminées, denticulées, glabres, à trois nervures; pédoncules axillaires, solitaires;

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sous chaque fleur deux bractées ovalo- lancéolées, à trois nervures très-entières. Se trouve à la Jamaïque.

MERICARPE. Mericarpium. bot. Nom donné par De Candolle à chacune des deux portions du fruit des plantes Ombellifères, composée de chaque carpelle et du calice persistant qui en revêt la partie externe.

MÉR1COTHÊRE. A/e/v'fo//«eriM»i. xam. ross. Ce genre a été formé par bojanus d’après l’examen de dents trouvées en Sibérie, et qui ont dû apparlenirà un animal voisin des Chameaux, et ayant quelques-uns des caractères des Moutons et des Chèvres. Ces dents molaires comparées à celles des Ruminants connus, ne sont rapportées assez particulièrement qu'aux dents des animaux des familles que Bojanus a nommées Camelines et Ovines (Actes de l'Acad. cæs. Léopold, car. des curieux de la nature, vol. xii, p. 1), et leur principal caractère, est d'avoir des arêtes entre les colonnes. Cuvier ayant examiné ces dents avec toute l’attention nécessaire, a reconnu que les différences qu'elles présentent avec celle de l'espèce actuellement vivante, n'étaient dues qu’à l’âge; ce qui tend à faire regarder le nouveau genre comme sujet à de nouvelles observations.

MÉK1DA. bot. Necker (Eletn. Dot., n° 1195) a donné ce noui à un genre qui a pour type le Portulaca quadrilla, L. C’est le même genre que Schrank a nommé Meridiana , dénomination employée par Linné fils pour une autre espèce de Portulaca , qui rentre dans ce genre. P1. Miridiaîia.

MERIDIANA. bot. Ce genre, établi par Linné, fut réuni par son fils au Portulaca. Schrank (m Botan. Zeituug ., n® 25, 1804, p. 354) l’a rétabli en le caractérisant ainsi : calice nul; corolle à quatre pétales; huit étamines; un style (ou quatre?); pyxide ou capsule se fendant en travers. A ce genre appartiennent le PortulacaJHct idiana, L., Suppl., et le Portulaca quadriftda, L.elJacq.,Collect.,2,p.350,t.xvii,f. 4. ou Portulaca tinifolia de Forskahl. Le premier croit dans l'Inde orientaient le deuxième en Égypte. Schrank ( loc . oit.) a décrit une troisième espèce sous le nom de Meridiana axilliflora, et dont la patrie est ignorée.

MÉRIDION. zooi. bot. Le genre formé sous ce nom, par Agardh dans son Systema Algarum, parait n’élre qu’une espèce du genre Chaos de Bory, pénétrée de ce que Lyngbye appelait Echinella , que l'algologue de Lund nomme Prustulis, et qui sont des Lunulines, des Slylaires, etc. P. ces mots.

AJËRIE. Aieria. ms. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Scoliètes, établi par lliiger et ayant pour caractères: palpes maxillaires courtes, composées d'articles presque semblables, avec le premier article des antennes allongé, presque cylindrique, recevant le suivant et le cachant; mandibules n'ayant point de dentelures. Ce genre ressemble beaucoup à celui de Myzine; mais il s’en distingue parce que ce dernier a les maudibules dentées. Les Tipliies et les Tengyres en sont séparés par leurs palpes maxillaires, qui sont longues, tandis qu’elles sont courtes dans les Méries; enfin les Scolies en sont distinguées par le second article de leurs | antennes, qui est découvert et non emboîté dans le pre- I

rnier. Jurinc a donné à ce genre le nom de Tachus ; Fahricius l’a placé avec ses Bethilus. Ces insectes ont la tête arrondie; leurs antennes sont moniliformes , courtes et épaisses; leurs mandibules sont fortes et arquées; le segment antérieur du tronc est de figure presque carrée; les ailes supérieures n'ont point de cellule radiale ; les cellules cubitales sont au nombre de trois, la deuxième est très-petite et pétiolée, la troisième est fort grande et reçoit les deux nervures récurrentes; l'abdomen est en forme d'ovoïde allongé et déprimé; les pattes sont courtes et forles avec les cuisses comprimées. Ces insectes se trouvent dans les départements méridionaux de la France, en Espagne et en Italie; on n'en connaît encore que peu d'espèces.

Marie de Latreii.le. Mena Latreillii, Illig.; Bethilus Latreillii y Fab.; Tachus slaphylinus , Jurine, Hym., pl. 14. Longue de cinq à six lignes; noire avec le devant du corselet et les premiers anneaux de l'abdomen rouges; sur chaque côté de celle partie est une rangée de points blancs.

MÉRIKR. bot. Pour Mûrier. P. ce mot.

MËR1GÈNE. bot. L'un des noms vulgaires du Solarium tnelongeua. P. Morelle.

MERILLO, MERILLtiS, MER1STIO, MERL1NA. ois. Noms divers donnés à rÉmerillon. P. Fadcofi.

MÉRIMÉE. Mcrimea. bot. Genre de la famille des Platinées, institué par J. Cambessèdes, dans la monographie qu'il a publiée de celte famille, ainsi que de celles des Crucifères, des Caryopbyllécs, des Paronichées, etc. Caractères: calice à cinq divisions; cinq pétales hypogynes; dix étamines hypogynes; cinq styles réunis et soudés à leur base; un ovaire à cinq loges renfermant plusieurs ovules. Le fruit consiste en une capsule à cinq loges, s'ouvrant par cinq valves dont les bords, repliés *en dedans, constituent les cloisons. Les semences sont attachées à un placentaire central; elles sont ellipsoïdes et oblongues , leur embryon est dressé, elles ne présentent point de périsperme. Les plantes que renferme ce genre nouveau appartiennent au Brésil; elles sout herbacées; on n'en connaît bien jusqu'ici qu'une seule espèce.

Merikée ARE3ARI0ÏDE. Me ri mea a renarioides, Camb. Ses tiges sont radicantes, garnies de feuilles opposées, dont les plus jeunes sont souvent implantées dans les aisselles des anciennes ou subfasciculées à la naissance du rachis des ramifications latérales. Les fleurs sont axillaires, solitaires et pédonculées.

MËR1NG1E. bot. Pour Mœhringie. P. ce mot.

MÉRINOS. ■ ah. Race espagnole de Moutons.

MÉR10LYX. bot. Le genre proposé sous ce nom par Raffinesque, pour VOEnotheia serruluta , n'a pas été adopté.

MÉRION. Malut us. ois. Genre de l'ordre des Insectivores. Caractères : bec plus haut que large, comprimé dans toute sa longueur, fléchi et légèrement courbé vers la pointe qui est un peu échancrée; arête distincte, qui se prolonge même jusques entre les plumes du front; base garnie de petits poils rudes; narines placées de chaque côté du hcc, près de la base, et à moitié recouvertes par une membrane ; pieds longs et grêles; doigt externe uni à l'intermédiaire jusqu'à la première arli-

filiation ; l’interne divisé; ailes très-courtes, arrondies, les trois premières rémiges également étagées, souvent les trois et même les quatre suivantes d'égale longueur et dépassant les autres; queue très-longue, conique; reclrices étroites et souvent à barbules rares et décomposées. La formation de ce genre est due à Vieillot. A l'exception de quelques espèces anciennement connues, I et que, jusqu'alors, on avait réparties dans les genres Merle et Sylvie, celles qui le composent sont nouvelles; elles ont été trouvées dans l’archipel des Indes et dans l'Océanie. Deux ont été rapportées parles naturalistes de l'expédition de découvertes autour du monde, commandée par le capitaine Freycinet. Les docteurs Quoy et Gaimard ont procuré à la science des documents bien précieux dans les descriptions parfaites et les figures bien exactes dont se compose la partie zootogique du nouveau voyage autour du monde. Il est à regretter que la marche rapide qu’exigeaient la sûreté et le succès de l'expédition, n'ait point accordé aux naturalistes le temps nécessaire pour leur permettre toutes recherches et observations relatives aux objets qu'ils ont rapportés. Ils eussent infailliblement tracé l'esquisse des mœurs et des habitudes des Mérions, et l’on ne serait point dans la triste nécessité de passer sous silence tout ce qui lient aux généralités historiques de ces Oiseaux.

Mériox Bixxiox. Muscicapa maluchura , Lalli.; Malurus paluslris, Vieill.; Levait!., Ois. d'Afr., pl. 129, fig. 2; Megalurus paluslris, liorsf. Parties supérieures d'un brun ferrugineux avec la tige des plumes noirâtre; sourcils bleus; tectrices alairesel rémiges noirâtres, bordées de hrun-roussâlre ; barbules roides qui ne sont en quelque sorte que des soies noires placées à certaine distance les unes des autres; gorge cl devant du cou bleus; milieu du ventre blanc; le reste des parties inférieures roussàlre; bec et pieds noirâtres. Taille, sept pouces. La femelle n'a point de bleu aux sourcils ni à la gorge. Cette espèce habile les parties marécageuses de la Nouvelle-Hollande où elle se nourrit d’insectes et de larves aquatiques.

Mériox braciiyptêRE. Turdu a brachypterus, Lalb. Parties supérieures et poitrine d'un brun cendré; parties inférieures grisâtres; reclrices étagées; bec et pieds noirâtres. Taille, neuf pouces. De l'Océanie.

Mériox bride. Malurus frenatus, Tem. f'. Arcye

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