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rl les usages de la vie. Sous ces rapports, il existe entre eux de grandes différences. Les espèces minérales ne sont pas également distribuées à la surface et dans l'intérieur du globe : elles correspondent cl à diverses époques el à divers modes de formation. Les unes onl été formées par voie de cristallisation el de dissolution préalable; d’autres par voie de fusion ignée; d'autres enfin par voie de sédiment ou de dépôt, dans des eaux qui tenaient leurs particules en suspension. Les unes se présentent, mais de différentes manières, dans les terrains de toutes les époques; d’autres appartiennent plus particulièrement à telle ou telle classe de terrains. Les unes entrent dans la composition des grandes masses minérales ou forment à elles seules des montagnes, des couches, des amas ou dépôts limités, des veines ou des filons. Les autres sont répandues en noyaux, en rognons, en petits nids ou veinules, dans les grandes masses. Elles se présentent en général de deux manières bien distinctes : ou disséminées en cristaux et en grains dans l'intérieur des roches, ou implantées sur les parois des cavités souterraines. Enfin il en est qui ne se montrent qu'en enduit ou efflorescence à la surface de certaines pierres, el d'autres qu’on ne trouve ordinairement qu'en solution dans les eaux minérales. Ces diverses manières d’être des minéraux constituent ce qu’on nomme le gisement de l’espèce, auquel on peut ajouter l’indication des diverses localités où elles se rencontrent. Les minéraux différent encore entre eux, sous le rapport de l'application qu'on peut en faire aux besoins et aux agréments de la vie, et l'on peut même dire que le règne minéral est peut - être celui qui fournit le plus de ressources à l’industrie cl répand le plus de richesses dans la société.
MINÉRAUX. Corps bruts ou inorganiques, dont la formation a été naturelle, et qui fout partie de l’enveloppe extérieure du globe terrestre. Tels sont ceux auxquels on a donné les noms vulgaires de Pierres, de Sels, de Bitumes et de Métaux, et dont l’ensemble compose le règne minéral. Le mot Fossile est synonyme du mol MixErxux dans plusieurs langues; mais en français, il est pris dans un sens plus restreint, et ne s'applique qu’aux débris organiques, enfouis dans le sein de la terre, où ils subissent des altérations qui souvent les transforment en de véritables substances minérales.
MINERVE, rïpt. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot.
MINES. Dès que l'Homme fut assez avancé dans la civilisation pour sentir toute l'importance cl se faire une nécessité de certaines substances minérales, il tenta de les extraire du sein de la (erre par des fouilles ou par des excavations pratiquées selon la direction que présentaient les amas de ces substances. On donna le nom de Mines à ces excavations, lorsqu’elles avaient pour objet la recherche des matières d'une valeur assez considérable, telles que les substances métalliques qui dans leur état de nature et mélangées avec d'autres substances sont désignées sous le nom de Minerais; et l'on appela simplement Ca mères, les excavations creusées pour l'extraction des terres, des sables el des sub-
stances pierreuses d'une très- faible valeur intrinsèque. L’art des Mines ne reçut de grands développements qu’après que les sciences physiques eurent fait préalablement des progrès étendus. Il fallait d'abord trouver le minéral, eu reconnaître la composition el les propriétés physiques ; c’était la leçon que le minéralogiste seul pouvait enseigner; connaître les moyens de s'enfoncer dans les profondeurs de la croûte terrestre, qucllequ’en fût la résistance. quelques obstacles qu’elle présentât par la présence des voies d'eau ou d'autres fluides qui la traversent accidentellement : c'était l’art du mineur proprement dit; enfin ou devait ensuite, par les procédés les plus économiques, en retirer les substances utiles et les amener à l'état de pureté : c'était l’affaire du métallurgiste cl du chimiste. Puisque tant de connaissances étaient nécessaires, il dut s'écouler bien des siècles avant qu'on ne commençât l'exploitation des Mines de métaux altérés par leur combinaison avec une foule de corps étrangers â leur nature. Aussi les métaux qui se rencontrent presque purs, ou seulement engagés dans des combinaisons faciles â détruire, ceux qui d'ailleurs possèdent une grande ductilité, de l’éclat el une certaine dureté, furent-ils les premiers en usage : le Cuivre, par exemple, est la matière de la plupart des vases que l’on découvre dans les monuments de la plus haute antiquité. Mais aussitôt que l'Homme eut reconnu la grande utilité du Fer et sa supériorité réelle sur toutes les autres substances métalliques, il dirigea d’abord toute son attention vers l'extraction de ce métal; il y arriva enfin par des procédés qui, à la vérité, ne découlaient d’aucunes connaissances chimiques, mais qui. cependant, reposaient sur les théories que le perfectionnement des sciences, et l’investigation des savants modernes sont parvenus â établir. Quant aux principaux moyens de pénétrer dans l'intérieur de la terre, il suffit de rappeler la puissance de la force expansive de la poudre à canon, pour faire sentir toutes les conséquences utiles de cette admirable invention. Que de travaux longs et dispendieux n'a-t-elle pas épargnés, depuis son introduction en IGlTi, dans l'art du mineur! La perforation des roches quartzciiscs et granitiques; la division de celles qui offrent des scissures naturelles, mais dont les masses étaient énormes, ne s'opéraient qu’avec une lenteur tellement désespérante qu’il fallait pour la surmonter la persévérance opiniâtre des malheureux condamnésaux plus pénibles travaux; l'emploi de la poudre abrégea donc les efforts des Hommes en leur facilitant l'accès des minerais enfouis dans les abiines que l'on jugeait jusqu'alors impénétrables avec le seul secours des outils.
Les travaux des Mines s'exécutent, soit par des tranchées ou excavations à ciel ouvert, soit par des puits ou des galeries souterraines. La Tourbe, les terres cl les sables où gisent l'Or, les Diamants el les minerais d'alluvion. sont exploités par le premier moyen. On met en usage les autres, lorsqu'il est nécessaire d’étai blir des ouvrages fort compliqués, lorsqu’il s'agit de l'extraction des minerais dont les amas et les filons sc prolongent à une grande profondeur et suivant des I directions variables. Dans les houillères, par exemple,
on pratique des ouvrages en gradins, c'est-à-dire en formant des entailles semblables aux marches d'un escalier. Les gradins sont dits droits ou descendants, lorsqu'on attaque les minerais par-dessus, et on les appelle renversés ou montants quand le minerai est attaqué par-dessous. Les deux sortes d’ouvrages ont désavantagés cl des inconvénients particuliers. qui les font préférer suivant les circonstances. Lorsque la couche est assez épaisse cl peu mélangée, que le toit est difficile à soutenir, et qu’on veut exploiter à de grandes distances sans être obligé de beaucoup étayer, ou travaille par chambres. Ce sont des tailles droites de dix à vingt métrés de largeur, qui avancent dans la Houille sans galeries préparatoires, soit suivant la direction de la couche, soit suivant son inclinaison. Cette sorte de travaux est employée avantageusement quand on craint le voisinage de quelques amas d'eau qu'il est facile de reconnaître par le sondage, et qu’on peut arrêter par la construction d'une digue solide derrière le front de la taille. Quelquefois, après avoir donné aux chambres la plus grande largeur possible, de manière cependant que le plafond ne risque pas de s'ébouler, on laisse des massifs de Houille comme moyen de soutènement , et une portion de la couche supérieure quand le toit de celui-ci est éboulcux. L'est ce qu'on appelle exploitation par piliers ou en échiquier. Ce inode est désavantageux, en ce que les massifs qui forment les piliers sont des matériaux perdus, c’est pourquoi on ne leur donne que les dimensions nécessaires pour remplir leur objet.
Les moyens ingénieux et hardis que les mineurs emploient pour extraire les masses minérales sont trop nombreux, trop importants pour que l'on puisse en donner ici une idée. On se bornera à présenter une récapitulation générale des Mines, eu suivant la division adoptée par les géologues, qui les partagent eu trois classes, savoir : 1° les Mines des terrains antérieurs à la Houille; 2° les Mines des terrains secondaires et de sédiment; 5» et les Mines des terrains d'alluvion.
Mines des terrains antérieurs à la Houille.
Elles n'existent que dans certaines régions montagneuses, et sont ouvertes pour la plupart sur des filons, des amas et des couches métalliques. Dans cette classe, les Mines de l'Amérique espagnole sont les plus célèbres; la richesse de celles du Pérou et du Mexique est même devenue proverbiale. Elles sont situées dans la grande chaîne nommée Cordillière des Andes qui longe tout le littoral de l'Océan pacifique; mais ces montagnes lie paraissent pas être également métallifères dans toute leur étendue, et les exploitations se trouvent seulement dans des cantons très-éloignés les uns des autres. L'Argent y est le métal le plus commun ; on y a aussi ouvert quelques Mines d’Or, de Mercure, de Cuivre, de Plomb, et même de Sel gemme. La fameuse montagne de Potosi, située vers le aO1- degré de latitude australe sur le versant oriental de la chaîne, ne fournit plus comme autrefois un minerai très-riche; néanmoins le produit n'en a pas diminué, parce que l'abondance de ce minerai a suppléé à la richesse. Dans les premières années de leur exploitation, c'est à-dirc vers le milieu
du XVIe siècle, on trouvait communément des minerais qui rendaient 40 à 45 pour cent; depuis le commencement du siècle qui vient de s'écouler, la richesse moyenne n'est plus que de 48/100 à 08/100 d’once par quintal, ou 0.0003 à 0,0004. La masse (l’Argent produite jusqu'au commencement du siècle présent, par les Mines de Potosi, est estimée par Hiimboldt à 5.750,000,000 de francs. Le minerai est en filons Irès-nombrcux dans un Schiste argileux primitif, qui constitue la masse prin cipale de la montagne et qui est recouvert par une couche de Porphyre argileux.
D'autres districts de l’Amérique méridionale sont aussi fameux par leurs Mines (l'Argent. Ceux de Uuan tajaya, de Pasco et de Chola l’emportent de beaucoup sur les autres par l'abondance de leurs minerais. C’est dans les Mines de Huanlnjaya qu'on a trouvé les plus grandes masses d'Argenl natif; on en découvrit une, en 1758, qui pesait huit quintaux. Dans les Mines de Pasco, le minerai est encore très riche, puisque le produit moyen de tous les minerais est de I once 28 centièmes par quintal, et qu'on en trouve même qui donnent 30 ou 40 pour cent. Combien il est à regretter que ces riches dépôts aient été ta possession des plus ignorants d'entre les hommes ! Durant plus d'un siècle et demi, on avait criblé le sol, sans aucun ordre, d'une grande quantité de puits, et l'épuisement des eaux ne se faisait qu'à bras d'homme, et d'une manière trèsdispendieuse. Il n’y a que quelques années que des mineurs européens ont établi dans ces Mines des machines à vapeur pour l'épuisement des eaux; et déjà l'exploitation a donné des résultats infiniment avantageux. La partie équatoriale des Andes est encore trèsriche en minerais d'autres métaux que l'Argent. On exploite dans les districts de Iluailas et de Pataz, des Mines d'Or et de Plomb. Le Pérou offre aussi plusieurs Mines de Cuivre et de Mercure. Ces dernières ne sont pas nombreuses; la plus remarquable et la seule importante est celle de Huancavelica qui se trouve sur le revers oriental des Andes du Pérou à 15° de latitude australe, et à 5732 mètres au-dessus de la mer. Enfin on connaît au Pérou quelques Mines de Sel gemme, sur lesquelles Rivcro, ingénieur péruvien, qui a achevé son éducation scientifique en France, a donné de très-curieux renseignements. Les Cordillières dans la partie qui se rapproche de l'isthme de Panama, c'est-à-dire dans les Étals priucipaux de la république de Colombie, sont peu riches en gîtes métallifères, tandis qu'au contraire les terrains d'alluvion y fournissent par les lavages une quantité d’Or très considérable.
Le Mexique a toujours été célèbre par la grande variété de ses minerais; néanmoins on s’y borne presque exclusivement à l'exploitation des Mines «l’Argent. Situées principalement à l'ouest de la chaîne des Cordillières, elles se trouvent en général à une très-grande élévation nu-dessus de la mer. Les travaux forment environ trois mille Mines distinctes qui sont réparties autour de cinq cents chefs-lieux que l’on nomme Renies. Ces Mines embrassent une superficie de 12000 lieues carrées, c’esl-à dire à peu près la deuxième partie de la surface du Mexique. Quelques Réales sont remarquables par leur excessive richesse, tandis que d'autres
n’offlrent que de* minerai* très-pauvre*. Le* gîte* sont j principalement des filons qui traversent des roclies pri- j mitives ou de transition. Les énormes produits d’Ar- j gent que verse te Mexique dons la circulation, sont plutôt dus à la facililé de l'exploitation et à l’abondance des minerais qu'à leur richesse intrinsèque, et les pro- , duils seraient susceptible» de beaucoup d’augmenla- 1 lion, si les travaux des Mines étaient mieux dirigés qu'ils ne l’ont été par les Espagnols ou les Mexicains. Des compagnies anglaises ont entrepris de les améliorer, mais elles ne paraissent pas avoir parfaitement réussi, et le bien qui semblait devoir en résulter vient d’étre annihilé par l'effet des secousse* politique* ou peut-être par l’avidité des entrepreneurs. Les Iléales du Mexique ne sont pas distribuées uniformément sur toute l'étendue des Cordillières. On peut le* considérer comme formant huit groupes qui ont reçu les noms des province* dans lesquelles ils sont situés. Le plus remarquable est le Groupe central , dont le point principal est la grande ville de Guanaxualo, à soixante lieues N. N. O. de Mexico, et qui comprend les fameux districts des Mines de Guanaxualo, Calorce, Zaealecas et Somberete, les plu* riches du Mexique, puisqu'il eux seuls ils fournissent plus de la moitié de l'Argent que cet empire met en circulation.
Le filon principal du district de Guanaxualo est connu sous le nom de la yeta-Madrc. Sa puissance est de ! quarante à quarante-cinq mètres, et il est reconnu sur une longueur de 12,700 mètres. On y compte dix-neuf exploitations, dont le produit annuel a une valeur de I près de trente millions de francs. La plus riche est celle ! de Valenciana, découverte en 1704, et qui n'a jamais produit moins de deux à trois millions de francs par année.
Le nord de l’Amérique est loin de pouvoir être comparé, sous le rapport de la richesse minérale, avec les contrées méridionales de celte partie du monde. Il est vrai qu'on ne connaît pas suffisamment la géologie de la vaste région de l'Ouest, quoiqu'elle ait été naguère explorée par plusieurs savants minéralogistes; mais il parait que la nature n'y est pas abondante en produits métalliques. La chaîne des Alleghauys qui court parallèlement aux rivages de l'Océan Atlantique, renferme un assez grand nombre de gîtes de minerais de Fer, de Plomb et de Cuivre, quelques minerais d’ Argent , de Fer carburé et chromaté; mais la plupart des tentatives faites pour les exploiter sont demeurées sans succès.
De ce que l'ancien continent a été habité par des hommes beaucoup plus avancés dans les arts et les sciences, il en est résulté que l'emploi des métaux, soit comme signe représentatif des richesses, soit comme matières premières pour la confection de tous les instruments nécessaires à l'Homme social, a puissamment excité la recherche des Minerais enfouis dans toutes les localités de cette partie du globe. Aussi les découvertes s'y sont elles multipliées à l'infini, elle nombre des Mines y est tellement considérable, qu'il n'entre point dans le plan de cet ouvrage de les énumérer avec quelques détails. On indiquera seulement les contrées de l’Asie et de l'Europe qui sont surtout remarquables par l'exploitation de leurs Mines, et parmi ces dernières
on fera connaître celles dont les produits sont les plus considérables.
Dans le grand nombre d'exploitations importantes que possède la Sibérie, les plus riches en métaux précieux constituent l’arrondissement de Kolywau, et sont situées à l'extrémité occidentale de la chaîne des monts Allais. Ces Mines sont ouvertes dans les terrains schisteux qui environnent au nord, à l'ouest et au sud-ouest, la croupe occidentale de la haute chaîne granitique dont ils sont séparés par des terrains formés par d'autres roches primitives.
La Mine de Zinéof située à 51° 9' 25" de latitude boréale, et 79° 49' 50" de longitude orientale de Paris, est la plus importante des Mines de l'arrondissement de Kolywan, lesquelles produisaient, en 1780, selon Patrin, environ trois mille marcs d’Or et six mille marcs d’Argent. Indépendamment de ces métaux, on y trouve encore des minerais abondants de Cuivre, de Plomb, de Zinc et d* Arsenic. Ces minerais ont pour gangues de la Baryte sulfatée, de la Chaux carbonatée, du Quartz et rarement de la Chaux flualée. Les premières années ont été les plus productives; mais les travaux commencés en 1715 étaient si mal dirigés, qu'ils avaient fortement compromis l'exploitation. Il a fallu que le gouvernement russe eût recours à des mineurs allemands pour parvenir à régulariser les travaux de ces Mines, lesquels sont très-compliqués en raison de la puissance et de l’inclinaison du gite. Celui-ci forme un filon reconnu sur une longueur de plusieurs centaines de toises et jusqu’à quatre-vingt-seize toises de profondeur. Il est incliné d'environ 50° dans sa partie supérieure, et il devient presque vertical à une certaine profondeur. On exploite, dans les monts Allais, quelques Mines de Cuivre qui donnent de grands produits; mais il n'y a pas de Mines de Plomb proprement dites : tout celui qui est employé pour le traitement .des minerais d’Or et d’Argent, est tiré de Nertschinck, Mine située à sept cents lieues de là, sur les bords du fleuve Amour. La principale fonderie de la région métallifère de Kolywan, qui existait dans ce dernier lieu, a été supprimée à cause de la rareté du combustible. Elle est maintenant à Barnaoul, ville située sur l'Obi et distante de cinquante lieues de Zméof.
Il n’est aucune contrée du monde plus riche en minerais de Plomb que la partie de la Daourie où est situé èiertschinck, chef-lieu du troisième arrondissement des Mines de la Sibérie. Le minerai est de la Galène qui a ordinairement pour gangue des minerais de Zinc et de Fer dont on ne lire aucun parti. Les filons se trouvent dans un Calcaire gris souvent siliceux et argileux, qui repose sur un sol de Granité et de Schiste. Ces Mines sont exploitées presque uniquement pour l’Arnent que contient le minerai, et dont la proportion n'est que de six à dix gros par quintal. La Litharge produite par la coupellation est rejetée comme inutile, et, près des fonderies, l'on en voit des tas plus hauts que les maisons. Une petite quantité cependant est conservée pour le traitement des minerais d'Or et d’Argent des autres arrondissements. L'exploitation des Mines de la Daourie date de la fin du dix-septième siècle; mais on n’a donné une grande impulsion aux travaux de ces Mines
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qu'après l'expulsion des Chinois, qui possédaient le pays, et qui en avaient commencé les premières opérations.
L'immense chaîne des monts Ourals, qui, sur une longueur de plus de cinq cents lieues, sert de limite naturelle à l'Europe et à l'Asie, contient des gîtes trèsriches de minerais de Fer, de Cuivre et d'Or. Les exploitations de ces mines sont situées sur les deux versants; mais elles sont beaucoup plus nombreuses sur le versant oriental, où elles constituent l'arrondissement d'Ekaterinbourg, depuis les environs de celte ville jusqu'à cent vingt ou cent (rente lieues au nord. Dans les mines <ie Cuivre. les filons sont en général remplis de matières argileuses, pénétrées d'oxide rouge de Cuivre et mêlées de Cuivre carbonalé vert et bleu, de Cuivre sulfuré et de Cuivre natif. Parmi les exploitations des monts Ourals, on cite comme les plus importantes celles de Tourinski et de Goumechefski. Le minerai des premières donne dix-huit à vingt pour cent, et en 1786, le produit annuel était de dix mille quintaux métriques de Cuivre. Les secondes sont célèbres par les belles Malachites qu'on y trouve : c'est de là que sont venus presque tous les beaux morceaux de celte substance employés en bijouterie. Le minerai n'y rend que trois à quatre pour cent de Cuivre; mais son abondance, en 1786, était telle, que le produit annuel s'élevait à vingt mille quintaux métriques de ce métal.
On exploite, dans les monts Ourals, un grand nombre de Mines de Fer. Les minerais du versant occidental se trouvent souvent dans un Calcaire gris, compacte, dont l'âge géologique parait beaucoup plus moderne que les roches de la chaine centrale. Le Fer oxidulé, doué du magnétisme polaire, est très-commun dans les Mines du versant oriental, sur lequel on voit des montagnes entières d'Aimant. Tous ces minerais de Fer sont exploités à ciel ouvert et rendent rarement moins de cinquante à soixante pour cent de Fer; ils alimentent de nombreuses usines dont les plus anciennes ont été fondées en 1698. Vers 1700, la quantité annuelle des matières fabriquées par les usines à Fer des deux versants s’élevait à plus de cinq cent mille quintaux métriques. Elles étaient embarquées sur les divers affluents du Volga, qui descendent de la chaîne de l'Oural, puis de là transportées dans l'intérieur de la Russie européenne.
Au pied des monts Ourals, du côté de l'Asie et à trois lieues nord est d'Ekaterinbourg, existe une Mine d'Or célèbre par le Plomb chromalé qu’on y a découvert en 1776, et par quelques variétés rares de minéraux. L'Or y est à l'étal natif, disséminé dans un minerai de Fer hydraté caverneux, qui constitue un large filon dont la profondeur n'est pas considérable, et qui diminue en richesse à mesure qu'on s'éloigne de la surface. Cette Mine d'Or n'est pas la plus importante des monts Ourals ; car la grande quantité de ce métal qu’on exploite dans ces contrées, provient des dépôts d'Argiles aurifères, qui appartiennent à d'autres terrains que ceux-ci. L’Or est en général si répandu dans ces terrains, que les matériaux dont sont construites les maisons de la ville d'Ekaterinbourg en contiennent une quantité assez considérable pour qu'on ait songé, vers
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ces derniers temps, à l’extraire avec beaucoup de bénéfice. C'est encore dans les monts Ourals que l’on exploite les belles feuilles de Mica connues dans le commerce sous le nom de Mica de Russie.
Après avoir sommairement exposé la statistique des Mines de la Sibérie ou de l'Asie septentrionale, U resterait à parler des Mines qui existent dans les autres régions de celle vaste partie du monde, telles que la Chine et l’Indoustan, si d’une part les renseignements que les voyageurs ont fournis sur ces contrées n'étaient pas trop insuffisants, et si, d'un autre côté, les principales exploitations de ces Mines n'avaient pour objet la recherche des métaux précieux ou des diamants qui appartiennent aux terrains d'alluvion, et dont il sera parlé plus bas. D’après l'ordre adopté pour ce dictionnaire, ne considérant d'abord que les Mines de terrains antérieurs à la Houille, on terminera l'exposition de cette catégorie par les Mines d’Europe. Ici le nombre des exploitations se multiplie tellement que l’on est forcé d’user encore plus de brièveté dans leur énumération, quoique leur importance, l'intérêt qu’elles doivent inspirer par les notions exactes que l'on possède sur elles, seraient de bons motifs pour s'étendre davantage sur les travaux qu'on y exécute et sur les produits importants qu'elles fournissent.
Ayant d’abord parlé des Mines de Sibérie, une transition naturelle conduit à dire un mot des Mines de l'Europe orientale et particulièrement de celles de la Hongrie et de la Transylvanie. Elles forment quatre groupes principaux, nommés d'après les villes principales qui s’y trouvent, ou mieux par leurs positions géographiques respectives.
Dans le groupe du nord-ouest, les districts de Schemnitz, de Kremnitz et de Kœnigsberg, renferment des Mines d'Or, d'Argenl et de Plomb, dont quelques-unes sont exploitées depuis le temps des Romains. A Schemnilz, le minerai se trouve dans des roches porpbyriques, le plus souvent vertes, qui ont les plus grands rapports avec les Porphyres métallifères du Mexique. Les filons de ce minerai sont nombreux et parallèles entre eux : ils sont en général très-puissants; mais leur étendue en longueur parait n'étre pas très-considérable. Parmi les minéraux dont ils sont composés, les plus importants sont l’Argent sulfuré, mêlé d’Or natif, et la Galène ou Plomb sulfuré. Tantôt ces deux principales substances sont isolées, tantôt elles sont mélangées de manière à donner des minerais de toutes les richesses, depuis ceux qui rendent soixante pour cent d’Argent jusqu'à la Galène la plus pauvre. L'Or y accompagne l'Argent dans une proportion extrêmement variable, mais qui ordinairement approche de celle de un à trente. Les travaux des Mines de Schemnilz sont généralement très-bien conduits; on y a ouvert de belles galeries d’écoulement, et les eaux motrices sont recueillies et employées avec art. Cependant il parait que l'état prospère de ces Mines commence à éprouver un mouvement de décadence, qui provient peut-être de ce que l’instruction des ingénieurs est moins soignée aujourd'hui, malgré les progrès des sciences, qu'elle ue l’était il y a une cinquante d’années, époque à laquelle Marie-Thérèse établit l’école des Mines de Schem-
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ni(E, qui avait d'abord acquis une Grande célébrité.
I.cs roches métallifères de Kreinnilz sont fort analogues à celles de Schemnilz, cl les filons y sont à peu près de même nature. Seulement, ils contiennent plus d'Or natif, et on y trouve de l'Antimoine sulfuré et de l'Antimoine bydrosulfuré qui n'existent pas dans les autres. Kreinnilz est le siège d’un hôtel des monnaies où l'Or et l'Argent de toutes les Mines de Hongrie ,»st soumis au départ, et où s'exécutent en Grand (ouïes les opérations chimiques et la préparation des substances nécessaires à la mélallurGie.
PrèsdeKœnigsberg, ville située à six lieues de Schemnilz, existent des Mines dont les filons ont une position très-irréGulière et très- incertaine, ce qui fait que les mineurs ont peu de données fixes sur la conduite des travaux et sur les produits des exploitations. Leurs minerais ont pour gangue une roche feldspatbique, et se composent principalement d’ArGcni sulfuré aurifère.
Les environs de la petite ville de èieusohl sont remarquables par leurs minerais de Cuivre, exploités depuis le treizième siècle, et qui contiennent six onces d’Argent par quintal. Ces masses de minerais paraissent constituer des filons dans le Schiste micacé ou dans les couches inférieures de Grauwacke, formant des montagnes assez élevées. A quinze ou vingt lieues, à l'est de Neusnhl , existe encore une contrée très-riche en Mines de Cuivre argentifère et surtout en Mines de Fer. Ce dernier métal s’y trouve en couches dans des Schistes tatqueux et argileux et à Pétai de Fer spalhique, ou le plus ordinairement de Fer hydraté, concrétionné et compacte. C'est aux environs de Bethlcr, Scluiurlnilz, Gcplnitz. F.nsiedcl, Prakeudorf, ltosenau, etc., que sont situées les principales Mines. Enfin si l'on voulait faire connaître la totalité des richesses minérales de cette contrée, on parlerait de la Mine de Mercure de Z alalhna, de celle d'Anliinoine de Kosenau et des Mines d’Opalesde Czervcnitza.
On exploite une grande variété de métaux dans les Mines qui forment le groupe de Nagybanya ou du nordest. Elles se trouvent dans une grande chaîne de montagnes dont la composition est analogue à celles de SchcmniU, et qui partant des frontières de la Buchowine où elle se lie aux monts Krapacks, viennent se perdre au milieu des Grès salifères, sur les frontières de la Transylvanie. Toutes ces Mines donnent de l'Or; mais les plus importantes sont aussi exploitées pour d’autres métaux employés dans les arts. Ainsi, les Mines de Laposbanva produisent aussi du Plomb sulfuré argentifère; celles d’OIaposbanya contiennent du Cuivre et du Fer; celles de Kapnick du Cuivre; celles de Fetsobanya du iléalgar. et celles d’Oblalapos de l'Orpiment. Il en est d'autres qui produisent de l’Antimoine sulfuré et du Manganèse. Enfin, dans le comté de Marmarosb, vers le nord, existe l’importante Mine de Fer de Borscha, et sur les frontières de la lluchowioc, la Mine de Plomb de Radna, qui contient en outre beaucoup de minerais de Zinc.
Dans les montagnes qui occupent la partie occidentale de la Transylvanie, entre la Lapos et la Maros. sont situées les Mines formant le groupe de l’est ou d'Ahrudbanya. Les minerais y gisent principalement
dans des roches porpbyrlques, analogues à celles de Scliemnitz, quoiqu'on en trouve également dans le Micaschiste. la Grauwacke et jusque dans le Calcaire. On compte environ quarante exploitations qui fournissent toutes des minerais aurifères. Elles produisent en outre I du Cuivre, de l'Antimoine, du Manganèse et du Teli lure. C’était même la seule localité connue de ce dernier métal, avant qu’on ne l’eût retrouvé, il y a peu d’années, en Norwègc. Les Mines de Nagyag sont les mieux exploitées; elles sont aussi les plus riches; car les filons y sont fort nombreux et moins irréguliers que dans les autres Mines où les travaux sont en général très-mal combinés.
Le dernier groupe des Mines de Hongrie et de Transylvanie, celui du sud-est ou du Bannal de Temeschwar, est situé dans les montagnes qui viennent barrer à Orschova la vallée du Danube. Les dépôts métalliques y forment des couches entre le Niraschiste et le Calcaire. quelquefois entre celui-ci et leSyénil-Porphyre; ils se montrent aussi en filons bien prononcés dans le Syénit-Porphyrc cl le Micaschiste. Le Cuivre argentifère contenant un marc d’Argenl par quintal, et quelquefois un peu d’Or. est le plus important minerai des exploitations de cette contrée. C’est là que l’on rencontre les plus beaux échantillons de Cuivre carbonaté bleu. D'importantes Mines de Fer, quelques-unes de Plomb, de Zinc et de Cobalt, sont aussi exploitées dans le Ban liât de Temesch war.
Indépendamment des Mines qui viennent d'être citées, la Hongrie en possède quelques autres éparses dans diverses parties de ce royaume. Elles ont principalement pour objet l'exploitation de la Galène, de la Houille et du Sel gemme.
D'après les évaluations de Héron de Villefosse, les Mines de Hongrie et de Transylvanie produisent annuellement 1 .277 kilogrammes d'Or et environ 20,803 kilogrammes d’Argenl, c'est-à-dire à peu près la totalité de l’Or et le tiers de l’Argent que produisent les Mines de l'Europe. Elles donnent en outre dix-huit à vingt mille quintaux métriques de Cuivre.
L'Allemagne orientale, qui comprend, sous le rapport géologique, l’Autriche, la Bavière, la Moravie, la Silésie, les parties adjacentes de la Bohême et de la Saxe, possède, dans ses terrains primitifs et de transition, un nombre prodigieux de Mines; elles sont situées dans les diverses chaînes de petites montagnes que présentent ces contrées. La plus riche en gîtes de rainerais est celle qui sépare la Saxe de la Bohême, sur la rive gauche de l'Elbe, et que l'on connaît sous le nom d'F.rzgebirge; ses produits principaux sont l’Argent, l’Étain et le Cobalt. Les Mines du versant septentrional sont célèbres depuis plusieurs siècles. C'est là qu’est établie la fameuse école des Mines de Freyberg. Sa position est à quatre cents mètres au-dessus du niveau de la mer, dans un pays agréable et commerçant, mais malheureusement dépourvu de bois. Les travaux souterrains y sont exécutés avec une grande régularité, et l'on y admire surtout la perfection des machinesd'épuisement et d'extraction. Une seule administration y dirige les opérations qui occupent neuf à dix mille hommes répartis dans plus de quatre cents Mines, parmi
lesquelles celles des environs de Freyberg sont les plus | productives. Leur prospérité va toujours croissant mal- I gré la profondeur qui, en quelques lieux, est déjà poussée à quatre cent quatorze mètres, c’est-à-dire à peu près au niveau de la mer. Ces Mines d’Argenl sont ouvertes sur des filons qui traversent le Gneiss. Celles de Maricnberg. petite ville siluée à sept lieues de Freyberg, étaient jadis les plus florissantes; car au seizième siècle, on a trouvé à peu de dislance de la surface, des minerais qui donnaient une quantité presque incroyable d’Argent; mais depuis la guerre de trente ans. ces Mines ont considérablement déchu, et se sont presque anéanties. Les autres Mines de la Saxe ont été exploitées successivement pour l'extraction de l’Argent, du Fer et du Cobalt. On en relire aussi du Bismuth, du Manganèse, un peu de Galène argentifère et du Cuivre gris. Les minéraux dont l'Argent est la base constituent les principaux minerais, et on les traite en partie par l'amalgamation. La richesse moyenne n’est que de trois à quatre onces par quintal; cependant elle est à peu près égale à celle des minerais du Mexique et supérieure à la richesse actuelle de ceux du Potosi. Ce n’est donc que par leur abondance que les minerais d’Amérique sont les plus productifs du globe. Le Cobalt est exploité en Saxe et travaillé de la manière la plus étendue. On le retire des mêmes filons que l'Argent, et on en fabrique du Smalt ou bleu de Cobalt. Le Cuivre et le Plomb n’y sont que des produits accessoires.
Les Mines d'Élain de FErzgebirge sont les plus importantes après celles d’Argenl. La Mine d’Allenberg est en exploitation depuis le quinzième siècle. Le métal s’y trouve en amas et en filons, disséminé dans des masses d'Hyalomycle. intercallées dans le Granile. Ces roches sont extrêmement dures, et l’on est obligé de s'aider par le feu pour l’attaque du minerai. Néanmoins on y a pratiqué des chambres immenses, qui, à diverses époques, ont occasionné des ébouleinents fâcheux. On estime à deux mille deux cent quintaux métriques le produit annuel des Mines d'Élain de l'Erzgebirge. On obtient en outre une grande quantité d’oxide d'Arsenic. par le grillage des minerais d'Élain, qui sont accompagnés de Pyrites arsenicales.
Les autres chaînes de montagnes de l'Allemagne orientale renferment plusieurs Mines importantes de Fer, de Cuivre, de Plomb argentifère quelquefois accompagné de Blende dans laquelle on a reconnu la présence du Cadmium. On ne peut donner ici des détails étendus sur ces Mines qui sont disséminées dans l'Autriche, la Bohême, la Moravie et la Silésie.
Ayant commencé l'histoire abrégée des Mines de l'Allemagne, par l'Orient, c’est le lieu d’exposer de la même manière celle des Mines de l’Allemagne occidentale, dont les principales forment celte contrée classique des Mines que l’on nomme le Bartz, c’csl-à-dire celte petite partie du continent, qui correspond à une portion de l’antique Sylra Ilercynia de Tacite. C’est un pays de forêts qui s'étend autour du Broken, montagne siluée à l'ouest de Magdebourg, et qui s’élève à mille cent trente-deux mètres au-dessus du niveau de la mer. Son étendue est à peu près de douze myriaraèlres carrés de surface. Les filons de Plomb, Argent I
et Cuivre, qui forment la richesse fondamentale du Uartz, se trouvent principalement aux environs des villes d’Andreasberg, Claustbal, Zellcrfeld et Laulhental. Ils se dirigent généralement du nord-ouest au sudest et plongent au sud-ouest, en faisant avec l'horizon un angle de 80«*. Ils ont pour gangue une roche de Gramvacke commune cl schisteuse, recouverte par du Calcaire de transition; ce système est supporté par le Granité qui constitue la montagne de Broken. C’est dans les districts d’Andreasberg et de Claustbal que sont exploités les minerais les plus riches et qui consistent en Plomb argentifère. en minerais d’ Argent proprement s dits, tel que de l’Argent rouge, et en minerais de Cobalt.
Le district de Goslar est remarquable parla mine de Cuivre de Rammclsberg, ouverte depuis près de neuf siècles, et dont le produit annuel est de douze à treize cents quintaux métriques. Le minerai conlieul aussi de la Blende, accompagnée d'une petite quantité d'Argent et d'Or, susceptibles néanmoins d’en être séparés avec bénéfice.
L’époque de la plus grande prospérité des Mines du Hartz a été le milieu du siècle dernier. En 1808, leur produit brut annuel avait une valeur de cinq à six millions de francs. Elles livrent annuellement trente mille quintaux métriques de Plomb, seize à dix -sept cents quintaux métriques de Cuivre, huit mille cinq cents kilogrammes d'Argenl et une immense quantité de Fer.
Les travaux de ces Mines sont admirables par leur étendue et l'habileté avec laquelle ils ont été conduits. C'est surtout par la manière dont les eaux sonl recueillies et économisées pour le Hollagc des bois et le mouvement des machines, que le Hartz esL célèbre; aussi les mineurs de ce pays méritent par leur patience, leur activité et leurs talents, d'élre regardés comme ceux qui ont poussé le plus loin les progrès de leur art. Hans la Mine de Samson, près d'Andreasbcrg, on voit le plus grand ouvrage à gradins qui se rencontre dans aucune Mine; il sc compose de quatre-vingts gradins droits, et sa longueur est de plus de six cents mètres. Les aqueducs présentent un développement total de vingt myriamètres; ils sonl pratiqués soit à ciel ouvert autour des montagnes, soit dans leur intérieur comme des galeries souterraines.
Les régions boréales de l'Europe, où l’âpreté du climat imprime à la nature une physionomie si chétive dans ses productions organiques, sont en revanche dotées d'une grande opulence minérale.
La Suède et la Norwège possèdent de riches mines de Cuivre, de Fer et d’Argenl. Pendant longtemps on a exploité à quinze ou vingt lieues sud-ouest de Christiania, des Mines d'Argent qui ont fourni une grande masse de ce métal; mais depuis 1792. elles n'ont donné qu'un très -faible bénéfice. La Mine de Sahla ou Sahlberg, à environ vingt-trois lieues nord-ouest de Stockholm, était autrefois très- productive; elle ne donne aujourd'hui que quatre à cinq mille marcs d'ArgcnL par an. En général les produits des Mines de Suède et de Norwège ont beaucoup diminué quant aux métaux précieux, comme l’Or, l'Argent cl le Cuivre; mais ces contrées conservent encore leur réputation pour les
Fer* excellent* qu’elle* produisent. Ce métal forme arec le Cuivre la principale richesse de la Suède, dont les Mines et Usines donnaient, en 1809, un produit brut de 36,590,000 fr. Les dépôts de minerais de Fer y semblent inépuisables et sont situés au milieu de grandes forêts de Bouleaux et de Conifères dont le Charbon passe pour le plus propre à la réduction du Fer. On évalue à sept cent cinquante mille quintaux métriques de Fer ou de Fonte moutée, le produit annuel des Mines et Usines de Suède; sur celte quantité, cinq cent mille quintaux sont versés dans le commerce extérieur. C'est dans les provinces de Wermetand, d'Upland, de Sraoland, dans la Laponie, la Dalécarlie, et nie d'L'toe, qu'existent les plus considérables Mines de Fer. Parmi les plus importantes, on cite celles de Nordmarck et de Persberg, situées près de Philipsladt, sur le rivage septentrional du lac Wener. Elles ont été ouvertes, en 1650, sur des filons ou couches de Fer oxidulé, de plusieurs mètres de puissance, dans un terrain composé de roches amphiboliques talqueuses et granitiques. L'emploi de la poudre a considérablement abrégé les travaux de ces Mines, qui d'abord s'exécutaient à l'aide d'instruments de Fer, et qui offrent des tranchées verticales, à ciel ouvert, de cent vingt mètres de profondeur. Les Mines de Dannemora, situées à onze lieues d'Upsal, tiennent le premier rang parmi celles de la Suède et même de toute l'Europe. Le minerai magnétique qu'on en retire fournit un Fer extrêmement susceptible d'être converti en Acier. On en exploite les masses dans un terrain formé de roches primitives, en employant le feu cl la poudre. Ces travaux sont exécutés à ciel ouvert, sur une longueurde plus de quatorze cents mètres, et à une profondeur effrayante.
Après les exploitations de Fer. celles de Cuivre sont les plus importantes de la Suède. La Mine de Fahlun en Dalécarlie, est creusée dans une masse irrégulière et très puissante de Pyrites enveloppées par des roches talqueuses ou amphiboliques. Ces Pyrites sont en quelques points presque uniquement ferrugineuses, et en d’autres, surtout près de la circonférence, elles contiennent une plus ou moins grande proportion de Cuivre. Les travaux de ces Mines ont d'abord été exécutés à ciel ouvert; l'éboulement des parois de l'excavation, arrivé en 1647, a fait renoncer à ce mode d’exploitation, et depuis ce temps, on a creusé des puits et des galeries jusqu'à la profondeur d’environ quatre cents mètres. Cette Mine qui, dans ses temps les plus prospères, rendait cinquante mille quintaux métriques de Cuivre par an, n'en fournit plus maintenant que six à neuf mille. On en relire en même temps trois cents quintaux métriques de Plomb, une faible quantité d'Argent et d'Or. et beaucoup de Soufre qui sert à la fabrication de l'Acide sulfurique, et d’autres produits chimiques. C'est dans cet établissement que le célèbre Berzélius a fait la découverte du Sélénium. Parmi les autres Mines considérables de Cuivre, on peut se contenter de citer celles de Garpcnberg à dix-huit lieues de Falhun, de Nyakopparherg en Néricie à vingt lieues de Stockholm, et d'Alwidabcrg en Oslrogolhie. Ces Mines sont remarquables, non-seulement par leurs énormes produits, mais encore par la forme et la disposition sin- ;
gulière de leurs masses de minerais. On a commencé à exploiter en Suède, depuis une quarantaine d'années, des Mines de divers autres métaux, comme l'Antimoine et le Cobalt; leurs produits, dont la qualité est d’ailleurs excellente, ne sont pas en quantités considérables.
Les autres parties de l’Europe boréale ne peuvent être comparées à la Suède sous le rapport de l'importance de leurs Mines. En Finlande existent bien quelques Mines assez considérables; mais il parait qu'elles ont beaucoup déchu, depuis que ce pays a cessé d'appartenir aux Suédois. Les tentatives que l'on a faites pour l'exploitation de plusieurs Mines découvertes sur les bords des lacs Ladoga et Shuyna. dans le nord de la Russie européenne, ont été pour la plupart infructueuses.
La Grande-Bretagne, déjà si riche par ses immenses relations commerciales, possède dans son sein un fonds de richesses moins factice, et qu'aucune nation ne pourra lui enlever; ce sont ses abondantes Mines d'Ëlain, de Cuivre et de Plomb, abstraction faite des énormes produits eu Fer que fournissent les terrains houillers et dont il sera fait mention ultérieurement. On peut juger de la richesse minérale de l’Angleterre par l'immense quantité de Cuivre seulement que produisent ses Mines, quantité que l’on évalue à cent mille quintaux métriques par année.
Ces Mines sont situées : 1° dans le Cornouailles et le Devonshire; 2° dans le sud-est de l'Irlande; 3° dans l’Ile d'Anglesey et les parties voisines du pays de Galles; 4° dans le Cumberland, le Weslmoreland, le nord du Lanscashire et l'ile de Man ; 5° dans le midi de l’Ecosse; 0" dans la partie moyenne de ce dernier royaume.
Les minerais de Cuivre du Cornouailles et du Devonshire consistent en Pyrites cuivreuses et en Cuivre sulfuré, accompagnés de Pyrites arsenicales; ils constituent des filons dirigés à peu près de l’est à l’ouest, et encaissés ordinairement dans un Schiste argileux, lalqueux ou ampbibolique, que l'on nomme killas; quelquefois ces filons sc trouvent dans le Granité qui forme des protubérances au milieu du Schiste. C'est aussi la manière dont se présentent les filons d’Étain, mais leur inclinaison est tellement différente, qu'ils sont coupés et interrompus par les filons de Cuivre, dont la formation est par conséquent postérieure. Les minerais d’Ktain forment aussi des amas qui paraissent sc rattacher aux filons par un de leurs points. Près de l'entrecroisement des filons, on trouve des mélanges de minerais de Cuivre et d'Ëtain. Ainsi quelques Mines donnent à la fois de l'Ëtain et du Cuivre, mais la plupart ne produisent. en quantité notable, qu'un seul de ces métaux. En certains lieux du Cornouailles, les filons croiseurs contiennent du Plomb argentifère et divers minerais d'Argent. Le produit annuel des Mines du Cornouailles cl du Devonshire est d’environ vingt-huit mille quintaux métriques d'Ëlain, quatre-vingt-cinq mille quintaux métriques de Cuivre, et sept à huit mille quintaux métriques de Plomb. Toutes les opérations sont faites, dans ces Mines, de la manière la plus économique et la mieux étendue; c'est là qu'on voit des tnacluues à vapeur, d’une force prodigieuse, suppléer avec un ira- ; inense avantage aux moyens ordinaires, aux bras des
hommes dont le service est extrêmement coûteux en Angleterre. Quelques exploitations sont célèbres par la hardiesse de leurs travaux. On cite par exemple celle appelée Hotallack - Mine, près du cap Cornwall; elle est ouverte dans les rochers qui forment le rivage de la mer, et s’étend à plusieurs centaines de mètres sous ses eaux et à plus de deux cents mètres au-dessous de son niveau. L’épaisseur du rocher qui soutient en quelques points les eaux, est si faible qu'on entend distinctement le roulement des cailloux pendant les tempêtes.
L’Irlande possédait autrefois un très-grand nombre de Mines de Fer; elles ont beaucoup diminué par suite de la destruction des forêts. Les principales Mines de ce pays ont pour objet l'exploitation de Pyrites cuivreuses, accompagnées de quelques autres minerais de Cuivre, de Plomb et d’Antimninc sulfurés.
Les côtes du pays de Galles qui avoisinent l’ile d’Anglesey et celle île elle -même, sont remarquables par leurs Mines de Cuivre. Elles ont pour objet des masses de Pyrites cuivreuses, quelquefois d'un volume considérable, et qui paraissent former des amas dans un terrain renfermant des Serpentines et diverses roches lalqueuses. On traite tous ces minerais dans uue usine établie dans Pile d'Ariglesey. Les Mines de West more land, du Cumberland et du Lancashire sont assez importantes par l’abondance de leurs minerais de Cuivre et de Fer. C’est à Borrowdole, dans le Westmoreland, qu'on exploite la Mine de Plombagine ou Fer carburé qui fournil les excellents crayons anglais. Ce minéral forme des amas dans un terrain (alqueux.
Dans le midi de l'Ecosse existent des Mines de Plomb célèbres, A Lead-Uills dans le Lanarckshire; les liions sont encaissés dans la Grauwacke et contiennent aussi du Manganèse. Une Mine de Cuivre a été découverte depuis peu à Cally, et une d'Anlimoine à West-Kirck dans le Dumfriessbire. Les Mines de Plomb de Strontian.dans l’Argylhshire, sont les plus remarquables «le la partie moyenne de l'Ecosse. Elles sont ouvertes sur des filons qui traversent le Gneiss. Le produit annuel de ces Mines ainsi que de celles de l'Écosse méridionale, est de vingt-cinq mille cinq cents quintaux métriques de Plomb.
Plusieurs contrées montagneuses de l'Angleterre sont formées par un Calcaire Immédiatement inférieur au terrain houiller, et qui en un grand nombre de lieux, renferme d'abondantes Mines de Plomb. Les filons offrent généralement celle disposition remarquable, qu'ils 8’amincissentel même s'interrompent brusquement lorsqu’ils rencontrent des couches de Grès ou de Roches trapéennes, qui se trouvent inlercalléesdans le Calcaire. Les produits fournis par ces Mines de Plomb sont immenses. On évalue à cent soixante dix mille quintaux raélri«|ues celui d'Alston-Moor en Cumberland, mais il y a lieu de croire que c’est de la Galène et non de la quantité de Plotnb métallique que les savants Anglais ont voulu parler en donnant celle évaluation. Les Mines du Derbyshire, très-nombreuses et peu considérables, commencent à s'épuiser ; elles donnent annuellement neuf mille quintaux métriques de Plomb, et un peu de Calamine eide Cuivre. On rencontre dans les filons du
Derbyshire des échantillons de minéraux de la plus grande beauté. La partie nord-ouest du pays de Galles forme le district le plus productif après celui d'Alston- Moor; il produit chaque année soixante-neuf mille quintaux métriques de Plomb, et une certaine quantité de Calamine.
Les terrains primitifs de la France, bien qu'ils occupent une assez grande étendue de sa superficie, ne sont point aussi métalli«|(ies que les autres contrées de l’Europe i|ui viennent d'être successivement examinées. Si des minerais s'y présentent fréquemment, ils ne sont pas d’une assez grande importance pour donner lieu à des exploitations qui puissent être comparées à celles du Hartz, de Saxe et d'Angleterre. Malgré tout l'intérêt qu'une notice détaillée sur les Mines de France pourrait offrir aux lecteurs de cet ouvrage, on est obligé de se borner ù indiquer les principaux gites de minerais en exploitation, soit dans le centre de ce royaume, soit dans les chaines de montagnes qui en forment les limites naturelles, sans avoir égard aux divisions territoriales politiques, si mobiles depuis le commencement de ce siècle. Les circonscriptions géologiques sont en effet les seules immuables; ainsi quel que soit le souverain qui ail étendu sa domination en deçà du Rhin et des Alpes, la Belgique et les contrées Alpines n'en font pas moins naturellement partie de l'empire des Gaules. Le naturaliste va même plus loin, il ne s’arrête pas à une seule considération géologique; il regarde comme faisant partie d'une même contrée, tous les pays enclavés dans les bassins naturels, où non seulement s'observe l'analogie de la nature des terrains, mais encore où l'on trouve une grande similitude dans les productions.
Les Yosges forment avec les montagnes de la Forêt- Noire qui n’en sont séparées que par la vallée du Rhin, un seul système composé des mêmes roches, et où se voient plusieurs centres d'exploitation de minerais de Plomb et de Cuivre argentifères, des minerais de Fer et quelques Mines de Manganèse et d'Anlhracitc. Parmi les principales Mines des Vosges, on remarque celles de La Croix-aux-Mines, de Sainle-Marie-aux-Mines et de Giromagny. Dans les premières, un filon de Plomb argentifère a offert une puissance de plusieurs toises, et a été reconnu sur plus d'une lieue de longueur. Après les filons d'Amérique, c'est un des plus grands que l’on connaisse; il contient du Plomb phosphaté, de l’Argent anlimonié sulfuré, etc. Sa direction est du nord au sud parallèle à peu près à la ligne de jonction du Gneiss et d’un Granité porphyrolde. Il coupe le Gneiss en plusieurs points, mais peut-être se trouve- l-il quelquefois entre les deux roches. C’est aussi le Gneiss que traversent les filons exploités à Sainte-Marie-aux-Mines. Ils se dirigent perpendiculairement aux filons de La Croix, dont une montagne syénilique les sépare. Outre le Plomb sulfuré, ils contiennent divers minerais de Cuivre, de Cobalt et d'Arsenic, tous plus ou moins argentifères. Des minerais à peu près semblables constituent les filons des environs de Giroinagny, sur la cr oupe méridionale des Vosges. Ces filons sont dirigés A peu près du nord au sud, et traversent des Porphyres et des Schistes argileux, système qui rappelle le terrain mé-
lallifèrc de Schcmnitz. Malgré les avantages que semblaient promettre les Mines des Vosges, par les produits qu’elles ont fournis à diverses époques, elles sont abandonnées en ce moment; ou espère que celles de LaCroix et de Sainte-Marie aux Mines seront reprises incessamment.et qu'elles seront longtemps productives, attendu que leur exploitation li a jamais été poussée au-dessous des vallées voisines.
Au delà du Rhin, les environs de Fribourg en Brisgaw offrent des exploitations de Plomb en grande activité; elles forment six Mines distinctes qui donnent annuellement quatre cents quitilaux métriques de ce métal, et deux cents marcs d'Argent. A Witlichen, dans le Furstemberg, existaient des Mines de Cuivre, de Cobalt et d’Argent, «pii produisaient, il y a quelques années, près de quatre cents kilogrammes d'Argent. Elles alimentent une fabrique de Smalt et de produits arsenicaux.
Les plus importantes Mines de Fer des Vosges, sont celles de Framout et de llothau. Les minerais des premières sont du Fer oxidé rouge cl de l'Uématite brune qui se trouvent en filons très-épais et très-irréguliers, dans un terrain composé de GrUnslein, de Calcaire et de Grauwacke. On y a découvert récemment un filon extrêmement riche de Cuivre sulfuré. Les filons des Miues de Rotliau traversent un Granité syénilique, et se composeul d’oxide de Fer rouge le plus souvent magnétique. Enfin un grand nombre de gîtes de minerais de Fer sont exploités en divers points des Vosges, à Saulnol près Belfort, aux environs de Tbann et de Massevaux non loin des sources de la Moselle, et dans le nord des Vosges, près d'Krlenbacli, cl de Scliœnau. Le minerai de Fer y est quelquefois remplacé par divers minerais de Plomb, dont le plus abondant est le Plomb phosphaté qui est en exploitation à Erlenbach et à Kalsental. Les Mines de Manganèse des environs de Sarrebruck, renommées par la bonté de leurs produits, constituent dans le Grès des Vosges, un filou anologue à ceux de Fer qui viennent d’étre mentionnés.
Plusieurs Mines célèbres de Fer, de Zinc, de Plomb et de Cuivre, existent dans les terrains de transition qui forment un pays de collines assez étendu en Belgique et dans le nord ouest de l’Allemagne C'est sur la rive droite du fthin, dans les principautés de Nassau et de Berg, qu'on trouve les principales exploitations de Cuivre et de Plomb argentifères. Toutes ensemble produisent annuellement six mille quintaux métriques de Plomb et trois mille cinq cents marcs d'Argent. On cite encore quelques Mines de Cobalt aux environs de Siegen, ainsi que dans le grand-duché de Hesse-Darmstadt cl dans le duché de Nassau-Usingen. Les Mines de Fer ] de la rive droite du Khin donnent des produits très- ! considérables. Leurs minerais sont composés de Fer hydraté en filons, de Fer spathique en amas, et de Fer j oxidé rouge disposés par couches. Dans les provinces j prussiennes de la rive gauche du Rhin, existent aussi beaucoup de Mines de Fer dont les minerais sont du Fer hydraté, quelquefois zincifèrc, formant des filous ou des dépôts 1res -irréguliers dans tes terrains de transition. Les Mines de Plomb de ces provinces, jadis assez importantes, sont maintenant complètement abandon-
nées. F.n s’avançant vers le nord, on rencontre les gîtes de Calamine dont le plus considérable est situé dans le pays de Liinhourg et une partie du royaume des Pays- Bas. Les Espagnols qui entreprirent de l'exploiter, il y a plusieurs siècles, n'avaient d'abord exécuté que des travaux à ciel ouvert; on en est venu aux galeries souterraines qui sont percées jusqu'à la profondeur de quatre-vingts mètres. La Calamine est encore retirée de diverses Mines situées dans les environs d’Aix-la-Cliapclle, qui en fournissent quinze à vingt mille quintaux métriques aux fabriques de Laiton. Ait nord de Namur se trouve la Mine de Vedrin ouverte sur un filon de Galène à peu près vertical, d’une puissance d’un à trois mètres, sur une longueur d’une demi lieue. Cette Mine a produit jusqu'à neuf mille quintaux métriques de Plomb; mais aujourd'hui elle ne donne plus qu'environ deux mille quintaux métriques de Plomb et sept cents marcs d’Argent.
Le sol de plusieurs départements du centre et du midi delà France est constitué par des terrains granitiques, qui n’ofTrent que des Mines isolées et de peu d'importance. Elles se trouvent toutes vers le bord oriental de la masse des terrains anciens, dans une zone où les roches schisteuses sont trés-ahoiidanles. Les Mines du département de la Lozère sont remarquables par la régularité de leurs travaux, mais elles ne produisent annuellement que mille quintaux métriques de Plomb et mille six cents marcs d'Argent. A Chessy et à Saint- Bel, au nord-ouest de Lyon, on a exploité avec succès des veines très étendues de Pyrites cuivreuses, renfermées dans un schiste lalqueux, au-dessus duquel est nu Grès rouge ou bigarré, qui contient une grande quantité de superbes cristaux de Cuivre carhonalé bleu et de Cuivre oxidulé. Le Manganèse oxidé forme un amas très-abondant dans le Granité, à Romanèche, département de Saône cl-Loire. Non loin de là, est la montagne des Écoucliels près de Couches, qui renferme un gîte d'oxide de Clirôme.
il existe en Bretagne deux grandes exploitations de Plomb. Ce sont les Mines de Poullaouen cl de Uuelgoat, près de Carhaix ; on les regarde comme les plus importantes des Mines métalliques de France. La Mine de Uuelgoat est ouverte sur un filon de Galène, qui traverse des roches de transition, et dont l'exploitation commencée il y a environ trois siècles, atteint une profondeur de deux cents mètres, bile est célèbre par le Ploinb-Gomine qu’on y a découvert. Le filon de Poullaoucn, découvert en 1741, se présentait d'abord avec une grande puissance; mais il s'est considérablement appauvri et divisé à mesure qu’on a creusé, ce qui n’en a pourtant point arrête les travaux. Ces Mines occupent pins de neuf cents ouvriers, et on y remarque de belles machines hydrauliques pour l'épuisement des eaux. Elles livrent annuellement plus de cinq mille quintaux métriques du Plomb, quelques quintaux de Cuivre et environ quatre cent soixante -dix kilogrammes d’Argent.
Quoique les Alpes et leurs embranchements possèdent un certain nombre de Mines, celles ci sont encore loin de correspondre à la masse et à l'étendue de ces montagnes primitives. Dans les Alpes proprement dites,
c’est-à-dire dans les chaînes qui se groupent autour du Mont-Blanc, on ne compte que fort peu de Mines en activité. Celles de Pesey et de Maeot, à sept lieues de Moutiers, en Savoie, sont les plus considérables. C'était dans ce lieu que l'empereur Napoléon avait établi une école pratique des Mines. Le Plomb sulfuré s'y trouve en amas dans des roches lalqucuses et mélangé avec du Quartz, de la Baryte sulfatée et de la Chaux carhonatée ferrifére. La Mine de Pcsey a donné, sous le gouvernement impérial, un produit annuel de deux mille quintaux métriques de Plomb et de deux mille cinq cents marcs d'Argenl. Cette Mine commence à s'épuiser; mais celle de Macol, ouverte depuis peu d’années, donne déjà des produits considérables. A Servez, dans la vallée de l'Arve et dans une montagne schisteuse qui fait face au Mont-Blanc, est une Mine de Pyrites cuivreuscs dont l'exploitation est maintenant suspendue.
La partie du département de l'Isère qui forme le pied des Alpes, est remarquable par ses nombreux gîtes de minerais. Malheureusement, leurs exploitations sont pour la plupart abandonnées. La Mine d’Allemnnl a donné annuellement, vers la tin du dix-huitième siècle, jusqu'à deux mille marcs d'Argenl, sans compter les rainerais de Cobalt, l’Antimoine natif, le Mercure sulfuré, etc., qu'on a mis à profit.
Les Mines du Piémont ont aussi considérablement déchu. Dans les unes, telles que les Mines de Manganèse de Saint-Marcel, c'est faute de débouchés; dans le plus grand nombre, telles que les Mines de Cuivre d'Allagne et d'Ullomuiil, les Pyrites aurifères de Maeugnaga au pied du Mont Pose, la cause doit en être attribuée à la pauvreté progressive des minerait. Mais le Piémont possède, par compensation, des Mines de Fer très-florissa nies, cl qui consistent en des amas de Fer oxidulé analogue à celui de Suède. Leur produit total est de cent mille quintaux métriques de Fer en barres.
C’est encore le Fer qui fait la richesse fondamentale des ramifications que les Alpes envoient dans les États autrichiens. Elle consiste principalement en minerais de Fer spathique, qui gisent au milieu de roches de diverse nature et appartenant au terrain de transition ancien des Alpes. Le produit annuel des Mines de Slyrie et de Carinlliie, est de deux cent cinquante mille quintaux métriques de Fer; celui des Miues de la Caruiole est de cinquante mille.
Tout le inonde connaît la fameuse Mine de Mercure d'idria, située au pied des Alpes, à dix lieues nordouest de Trieste. Le Calcaire dans lequel elle se trouve, est ce que les Allemands ont nommé le Zeclislein, ou le plus ancien des Calcaires secondaires. Les Mines de Fer de l'ile d'Elbe, dont la position et la nature du terrain en foui une dépendance du système alpin, ne sont pas moins remarquables; célèbres dès la plus haute antiquité, elles passaient, au siècle de César, pour inépuisables, et, depuis ce temps, ou n'a cessé de les exploiter à ciel ouvert, sur des amas énormes de Fer oligiste, criblé de cavités tapissées de cristaux.
Les Pyrénées et leurs annexes présentent, relativement à leur étendue, encore moins que les Alpes, des Mines en exploitation. Les plus considérables consistent
en Fer spathique, en Fer hydraté et en Fer oxidé rouge. Elles se trouvent en catalogne, en Aragon, en Biscaye et en France, dans les déparlements de l’Arriége, des Basses Pyrénées et des Pyrénées-Orientales. Les minerais sc présentent tantôt en filons qui traversent le Grès rouge, tantôt en bancs ou en couches qui traversent le Calcaire de transition. On connaît, dans ces montagnes, les gîtes d’un très-grand nombre de filons de Plomb, de Cuivre, de Cobalt et d'Anlimoiiie ; mais ces Mines ne sont pas exploitées, ou leurs travaux ont été abandonnés. C'est dans ce dernier cas que sont : la Mine de Cuivre argentifère de Baygorry, département des Basses-Pyrénées ; celle de Plomb et Cuivre d'Aulits, dans la vallée d’Erce, département de l’Arriége, et la Mine de Cobalt de la vallée de Gistain. en Aragon.
Des Minesd’Oret d Argent étaient exploitées du temps des Romains cl des Carthaginois dans la péninsule Ibérique. L'histoire dit que ccs deux peuples rivaux se les sont vivement disputées, et l'on voit encore près de Soria (l'antique Numancc) et de Burgos. des restes considérables de leurs anciens travaux. Les Carthaginois avaient ouvert des Mines d'Étaiu dans le nord de la Lusitanie. Ces Mines oui disparu et n'ont pas été remplacées par d'autres, quoiqu'on ait découvert plusieurs filons de ce métal dans le midi de la Galice. Ou n'a tiré aucun parti, faute de combustible, de plusieurs gites d'Anlimoine sulfuré, de minerais de Plomb, de Mercure, de Plombagine, etc., qui existent en Portugal. C’est seulement le Fer qui, dans ce royaume, fait l’objet d'une exploitation suivie : il en existe plusieurs Mines près de Felguicra et de Torre de Mancorvo, et l’on en connaît depuis un temps immémorial deux établissements importants, situés dans FEstramadiire de Portugal, l’un dans le district de Thomar, et l'autre dans celui de Figuiero dos Vinlins : ils sont alimentés par du Fer oxidé rouge.
La Sierra-Morena présente les gîtes de minerais les plus remarquables de l'Espagne. Sur son liane septentrional se trouvent les célèbres Mines d'Almaden, qui ont pour objet des filons très-puissants de Mercure traversant lin Grès que l'on ne suppose pas antérieur à la Houille. La partie de la chaîne qui se rapproche de Séville, renfermait, à Villa-Gulliera , des Mines importantes d'Argenl qui paraissent n'élre plus productives. Celles de Guadalcanal et de Cazalla, à quinze lieues au nord de Séville, ne fournissent également qu'une faible quanlilé d’Argenl; leurs principaux rainerais sont l’Argent rouge et le Cuivre gris argentifère. Linarès, à douze lieues au nord de Jaen, et sur le versant méridional de la Sierra-Morena, est le centre de plusieurs exploitations considérables de Plomb. l:ne grande partie des travaux ont été exécutés par les Maures; mais comme les filons sont Irès-riclics près de la surface, on a criblé le terrain de puits nombreux, et l'on n’a pas poussé profondément la poursuite des filons. Six mille quintaux métriques de Plomb sont le produit annuel des six mines qui sont exploitées pour le compte du gouvernement. Il existe encore plusieurs autres Mines de Plomb dans les provinces de Murcie et de Grenade. Celles d'Alméria sont entre autres extrêmement productives, et leurs minerais sont en partie
traités sur les lieux avec de la Houille de New-Castle, en partie envoyés à New-Castle même pour y être travaillés. Des Mines abondantes de Zinc, situées prés d’AIcaras à quinze lieues nord-est de Linarès, y alimentent une fabrique de Laiton.
Minet île* terrain* fécondai r et.
Le plus ancien des terrains secondaires, le terrain houiller, lire son nom des Mines qu'il renferme. Il n'csl pas nécessaire de faire ressortir l’importance de ces Mines; tout le monde sait à quelle puissance manufacturière le précieux combustible qu'elles fournissent a élevé l’empire britannique. C'est en effet dans ce pays qu’existent les plus célèbres exploitations de Houille; et sous ce rapport, nulle autre contrée du globe ne peut être mise avec lui en parallèle. V. llnm.Lt.
C'est dans le terrain houiller, et même à côté de la Houille, que la nature a déposé le Fer carbonate, minéral de la (dus faible valeur intrinsèque, mais qui acquiert une très-grande importance lorsqu’il se rencontre en quantités énormes, comme cela a lieu dans plusieurs houillères d’Angleterre et d’Ecosse : on prétend que les usines à Fer de ce pays, alimentées uniquement par le Fer carbonalé des houillères, produisent annuellement plus de deux millions cinq cent mille quintaux métriques de fonte moulée et de Fer en barre dont la valeur est de cent millions de francs- Celle quantité est à peu prés double de celle que livrent toutes les forges réunies de la France.
Le Grès dans lequel on a vu que se trouve le Cuivre carbonalé bleu de Chessy, près Lyon, est analogue au Grès rouge regardé comme contemporain du terrain houiller. C’est dans un Grès presque semblable que gisent le* minerais de Plomb des environs d’Aix-la-Chapelle. dont l'exploitation est des plus faciles.
Le Calcaire auquel les géologues donnent les noms de Calcaire alpin et magnésien , Zechttein des Allemands, contient différents dépôts métalliques. Les Mines de Mercure sulfuré d'Idria, d'Almaden cl de Nuança vél ica, mentionnées plus haut, ainsi que celles du Palalinat, gisent dans ce terrain ou dans des roches à peu près du même âge. Mais on y rencontre plus communément des Schistes cuivreux argentifères en couches très-minces, susceptibles cependant de donner d'immenses produits. Telles sont les Mines du pays de Mansfeld, qui livrent annuellement vingt mille quintaux de Cuivre et vingt mille marcs d’Argenl ; celles de la Hesse, près de Frankcnberg, Biebcr et Riegelsdorf, où l’on voit des travaux souterrains qui s'étendent, suivant la direction de la couche, sur une longueur de huit mille mètres, et s'enfoncent jusqu'à une trèsgrande profondeur.
Le Sel gemme a pour gisement ordinaire les terrains qui séparcpl le Zechstcin du Lias ou Calcaire à gryphites. C’est ainsi que celle substance si utile $c présente non-seulement en Europe, dans le Cheshire, à Vie en Lorraine, à Wieliczka en Pologne, à Saltzbourg, etc.; mais encore en plusieurs localités de l’ancien et du nouveau monde. Des terrains analogues renferment différentes Mines de Lignilcs cl d'autres combustibles fossiles.
Le Calcaire oolitique, qui forme le sol de plusieurs
points de la France et de la Belgique, renferme un grand [ nombre de gîtes de minerais de Fer déposés dans des cavités irrégulières et souvent très-profondes. Ces minerais se trouvent encore dans les terrains supérieurs,
■ comme les assises de Grès et de Sables inférieurs à la Craie, et dans les premières assises de celles-ci. Ce sont des Oxides ou des Pyrites qui donneul lieu à une foule d’exploitations qu’il serait trop long d'énumérer ici.
L'Argile plastique est remarquable par les nombreuses couches de Lignite qu’on y exploite, soit comme combustible, suit comme terre vilriolique. Daus ces Ligniles se trouve l'Ambre jaune ou le Succin. F. Lignite. Les autres terrains tertiaires et ceux d’origine volcanique ne présentent guère que quelques Mines de Fer, de Bitume, de Soufre et d’Alun.
Minet îles terrain s d’alluvion.
Citer les Mines de Diamant et de presque toutes les ! pierres précieuses qui se trouvent au Brésil et aux Indes- I Orientales, le Platine et la plus grande partie de l’Or de la Nouvelle Grenade, du Brésil et des sables Huvia- (iles de plusieurs parties du globe , l’Étain de la presqu'île de Malacca et des royaumes de Pégu et de Siam, etc., c’est donner une idée bien imparfaite de la richesse minérale des terrains d’alluvion. Les Mines de Fer qu’on y exploite, surtout en France, en Allemagne et aux États-Unis, sont si nombreuses, que l'on ne saurait comment en faire l'énumération. C’est aussi à celle classe de terrains qu'ori rapporte la formation de la Tourbe, combustible d’un emploi si fréquent dans une foule de localités marécageuses et déboisées. /'.Toi bbk et Toi RBIfcRES.
Après les détails abrégés que l’on vient de lire sur la | statistique des Mines, il reste à les considérer dans leurs rapports avec les sciences physiques et naturelles. On a vu au commencement de cet article, combien Part du mineur était redevable aux progrès des connaissances humaines dans le cours des siècles derniers; et l'on a fait la part de la minéralogie, de la physique et de la chimie. Guidé par ces sciences, le mineur est venu à sou tour leur rendre le tribut de scs découvertes; ne se bornant pas à la recherche des minerais utiles, son investigation s'est portée sur tous les corps naturels, qui se découvraient à lui à mesure qu'il pénétrait dans les profondeurs de la terre. La géognosie fut, à plus forte raison, un objet d'étude pour l'ingénieur des Mines; la connaissance de la nature des divers terrains et de leur ordre de superposition qui lui importait si fort, ne put être éclairée que par les fouilles profondes entreprises, à la vérité, dans un autre but, mais sang lequel l’occasion ne se serait jamais offerte pour les examiner. Ce fut ainsi qu’un art d'application réagit sur les sciences qui lui avaient servi de base, et que des points obscurs ou purement scientifiques de la | théorie, furent éclaircis par les hommes qui d'abord semblaient ne chercher que l'utilité immédiate de la i science pour les besoins de la société.
Eu ouvrant un chemin dans l'intérieur de la terre, { les Mines ont offert un théâtre précieux d’observations pour arriver h la solution d'une des questions les plus I importantes de l'histoire physique du globe, c’est-à- ' dire celle de sa température propre. Vers le milieu du
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dix-huitième siècle. Guellard, Deluc et Gensanne publièrent quelques observations faites dans tes Mines de Wieliczka, du Harz et de Giromagny, et qui permirent d'établir comme vérité, que la température augmente rapidement à mesure qu'on s'éloigne de la surface. Plus tard. De Saussure, de Humlmldl. Frcisleben , d’Aubuisson, itoh. Bald, Fox donnèrent des mesures exactes de l'élévation de la température des Mines. Ce dernier a en outre observé que le thermomètre enfoncé dans les filons métalliques du Cornouailles, indiquait généralement une température de 1 à 2°, 5 centigrades, supérieure à celle qu'on obtenait lorsque le thermomètre était plongé dans une roche granitique. La nature du minerai produisait aussi quelques différences; les filons d’Ëlain, par exemple, étaient plus froids que les filons de Cuivre. Il ne faut pourtant pas conclure de celle inégalité de température entre les filons de | divers minerais, qu'elle résulte de quelques change- ! meuls ou décompositions chimiques, et qu'elle est soumise à l'action de l'air et des eaux qui coulent sur les minerais. Pour que celte objection fût admissible, il faudrait avoir reconnu, par l'analyse chimique de ces eaux, la présence des Sels qui résulteraient de la décomposition chimique des minerais et dont la quantité devrait être en rapport avec la chaleur de l'intérieur des Mines; c'est ce que l'expérience n’a pas démontré. D'ailleurs ces minerais ne s'échauffent pas lorsque, après leur extraction du sein de la terre, ils sont exposés à l'action des agents atmosphériques, l.a différence de chaleur entre les filons de nature diverse, est un fait qui parait dépendre de leur plus ou moins grande conductibilité du calorique dont la source est dans le gloire lui-même. D'un autre côté, on a prétendu que l'élévation de température devait être attribuée à certaines causes accidentelles, telles que la chaleur dégagée par les ouvriers, par la combustion de la poudre et des lampes, par l'éclairage, enfin par la compression de l'air qui descend dans le fond des exploitations. Mais il en est de ces faibles influences, comme de tous les autres effets locaux, auxquels des personnes superficielles veulent donner une importance générale; quelquefois, à la vérité, elles peuvent légèrement aug- i menler le phénomène dans l’air ambiant ainsi qu'aux surfaces pariétales des excavations; mais jamais on ne peut les considérer comme les causes d’un effet constant et général. La progression croissante de la température, en raison directe de la profondeur des Mines, s'accorde exactement avec d’autres observations tort bien exécutées sur la température de l’eau des sources qui jaillissent à des profondeurs considérables, observations qui ont prouvé que la température de ces sources est toujours su|>érieure à la température moyenne des localités, et conséquemment que cet excès de chaleur est dû à une cause générale, inhérente au globe terrestre lui-même.
Par ce simple aperçu sur une seule question de la physique du glohe, il est aisé d'entrevoir les facilités | que les Mines doivent offrir pour d’autres observations ! scientifiques où il est absolument nécessaire à l'observaleur d'éviter les circonstances qui le gênent lorsqu'il ! est placé à la surface terrestre. Ne pouvant, ne devant
même pas les indiquer ici, à moins de sortir des limites de cet article, on le terminera par quelques mots sur les productions naturelles des Mines. C'est dans ces cavités que la plupart des minéraux ont été découverts. Sous le rapport de la minéralogie proprement dite, plusieurs exploitations ont acquis lino grande célébrité; telles sont celles de Cornouailles, du Derhyshire, de Sainle-Marie-aux- Mines, du Hartz, de la Saxe, des | monts Durais et Allais, de la Daourie, etc. Cependant, il est des localités ou l'on trouve beaucoup de minerais, sans cependant qu'on y voie d'exploitations remarquables. Ainsi les cavernes naturelles d'un grand nombre de montagnes, les terrains déchirés par les éruptions volcaniques, sont très-remarquables par la diversité de leurs minéraux et par la beauté de leurs cristaux.
Quant à l'histoire naturelle des Mines, sous le rapport de leurs productions zoologiques et botaniques, elle ne présente qu'un intérêt fort médiocre. Le défaut de lumière et la stagnation de l'air dans les galeries souterraines, nuisent au développement des êtres élevés dans l'échelle de l'organisation. Ils y seraient hors de leurs éléments naturels, et l'Homme lui-même, qui a regardé longtemps le travail des Mines comme une punition, ne peut, sous peine de maladies graves, y soumettre perpétuellement son existence. Des Reptiles immondes ou quelques Invertébrés sans couleur et sans ornements; des Champignons, des Algues et autres Cryptogames, sont les seuls êtres vivants qui composent la Faune misérable et la triste Flore des Mines.
Pour les débris des corps organisés, tels que les Pois sons, les Zoophyles et les végétaux fossiles qui se trouvent dans plusieurs Mines, notamment dans les houillères, F, les mots Fossile. Houille. Ligiute, Tek r Ain, ainsi que les articles où sont exposées les généralités concernant chacun des ordres des êtres organisés, comme Poissons, Crustacés, végétaux, etc.
MINETTE DORÉE, bot. Nom vulgaire du Medicago Lupulina.
MINEUSE, ois. Espèce du genre Alouette. F. ce mot.
MINIADE. ii»t. F. Miktade.
MINIÈRE. Ce noin était autrefois synonyme de Mines; il se prend aujourd'hui dans une acception plus restreinte, et ne s’applique qu'aux exploitations à ciel ouvert des minerais de Fer d alluvion, des Terres pyriteuses et des Tourbières. F. Mises.
MINIME, zool. On a donné ce nom, d’après leur couleur d'un marron foncé, à une Couleuvre, à un Cûne, au Murex Mario , L., ainsi qu'à un Coléoptère du genre Anlhribe.
MINIME A BANDES, ms. Nom vulgaire du Bombyce du Chêne, bombyx quercus, Fab.
MINISTRE, ois. Synonyme de Gros-Bec bleu. F. Gros-Bec.
MINIUM. Min.Deuloxide de Plomb, d'un rouge orangé très-vif. On le trouve rarement et en petites quantités dans la nature, à la surface des minerais de Plomb sulfuré; mais ou le prépare eu grand dans les arts, en opérant la fusion du métal . dans un fourneau de réverbère, dont Faire est creusée, et autour de laquelle se trouvent et le foyer et la cheminée. On y entretient la
fusion eu cnlevaul la couche de proloxide gris ou jaunâtre, à mesure qu'elle se produit ù la surface du métal fondu. On lave ce proloxide. on le fait sécher, on en remplit des caisses de fer-blanc, larges et peu profondes, puis on les porte dans un four où l’on entretient une chaleur rouge pendant vingt-quatre heures. On laisse alors tomber le feu, puis on retire le deuloxidequi offre une belle couleur rouge de feu.
M1NJAC. sol!,. Nom donné par Adnnson à une Coquille du genre Buccin de Linné, et qui est aujourd'hui le Dotium otearium de Lamarclc.
MINK. mas. Espèce du Genre Marte, r. ce mot.
MINO. Mi no. ois. Genre de l’ordre des Omnivores, établi par Lesson pour un Oiseau qu’il a découvert dans les forêts de la Nouvelle-Guinée, et que Cuvier avait considéré d'abord comme devant faire partie du genre Martin. Caractères : bec fort et arrondi; mandibule inférieure plus large que la supérieure; celle-ci convexe en dessus, recourbée, échancrécà la pointe; l'inférieure à branche» élargies, garnies en' dessous d’une membrane dénudée, descendant sur le devant du cou; commissure de la bouche anguleuse; joues revêtues d’une peau nue, hérissée de papilles érectiles, carénées, à demi cachées parles plumes du front, et recouvertes d’une membrane; ailes longues; deuxième, troisième et quatrième rémiges étagées et les plus longues; queue courte, rectiligne, composée de douze reclrices; tarses robustes, médiocres, largement sculellés.
Mixo ut Ui'Mo'iT. Mina Iiumontii, Les s. Front, sommet de la tète, parties supérieures, abdomen et flancs d’un vert noir, luisant; les plumes sont pinnulées sur chaque barbe, et du milieu d'elles naissent, sur la gorge et les côtés, un grand nombre de petites plumes blanches éparses, semblables à des poils qui vont en s’élargissant vers le sommet formant une 6orlc de palette; ailes et dessus de la queue d’un brun verdâtre; lorum, commissures du bec et abdomen jaunes ; lectrices subcaudales blanches ; sur les ailes un miroir blanc, formé par la base des grandes rémiges; bec et pieds jaunes. Taille, neuf pouces.
MINON. bot. Synonyme vulgaire de Massette. y. ce mol.
MINQtJAR. Minquartia. bot. Aublela décrit et figuré (PI. de la Guiane, Suppl-, p. 4, lab. 370) sous le nom de Minquar de la Guiane, Minquartia Guy une mit , un arbre dont les organes importants sont trop incomplètement connus pour qu’on puisse déterminer ses affinités naturelles. En effet, les fleurs en sont inconnues, et ce que l’on sait de ses fruits ne permet pas de lui assigner une place certaine dans l'une des familles connues du règne végétal. Cet arbre s'élève à plus de douze mètres; son écorce est cendrée; son bois est blanchâtre, dur et fort compacte ; le tronc est percé de trous quelquefois tellement profonds, qu'ils le traversent d'outre en outre, et les cavités soûl alors recouvertes par l’écorce; au sommet naissent les branches, qui sont garnies de feuilles alternes, pétioiées, ovales, aigues, glabres et très- entières; les fruits sont disposés eu grappes, dans l'aisselle des feuilles ou à l’extrémité des rameaux; ils sont ovoïdes, allongés, plus gros à leur partie inférieure, lisses, verdâtres, munis d'une écorce
épaisse, fibreuse et blanchâtre; leur cavité inférieure est partagée eu deux loges par une cloison membraneuse; les graines y sont disposées sur deux rangées placées de champ les unes sur les autres et enveloppées d'une substance pulpeuse; chaque graine est plate, blanche, composée d'une amande recouverte par une enveloppe mince, sèche et coriace. Cet arbre croit dans le quartier de Caux à la Guiane.
MINL'AKTIE. Minuarlia. iiot. Genre encore fort mal connu, rapporté à la Triandrie Trigynic, L., cl â la famille des Caryophyllées, mais qui paraît devoir être placé dans la famille des Paronychiées. Il se compose de trois espèces , qui sont de petites plantes herbacées, annuelles, ayant le port des Sc/eranlhu» et croissant toutes les trois en Espagne. Leur tige est simple ou ramifiée, portant de petites feuilles sétacées, connées à leur base; des fleurs sessilcs, également très -petites, composées d'un calice à cinq divisions très profondes; d'une corolle formée de cinq à dix pétales extrêmement petits, ce qui fait que plusieurs auteurs n’en ont pas reconnu l'existence; le nombre des étamines varie de trois à cinq, et même dix; elles sont alternes avec les pétales et périgynes; anthères caduques; ovaire globuleux, surmonté de trois styles recourbés. Le fruit est une capsule uniloculaire, s'ouvrant en trois valves et contenant plusieurs graines réniforines.
MINUNGA. dot. y . Biiujxca.
MIMIRIE. Minuria . bot. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Asléroulées, établi par le professeur De Candolte pour quelques plantes de la Nouvelle-Hollande, qui lui ont offert pour caractères distinctifs : un capitule multitiore; les fleurs du rayon femelles et ligulées, celles du disque mâles par avortement, tubuleuses et à cinq dents; un involucre formé d’un petit nombre de rangs d’écailles imbriquées, linéaires, acuminées et sca rieuses sur les bords; un réceptacle [dan et nu; akènes du disque sublurbiiiiiés , velus surtout au sommet où les poils figurent une sorte de double aigrette; ceux du disque sont grêles et glabres; aigrcltcsdu rayon formées de soies scahres; celles du disque se composent de paillettes, les unes trèscourles et très-serrées, les autres moins nombreuses, longues, séliformes et scahres.
Miiu'Hik leptopuyils. Minuria leplophylta , DC. C’est un sous arbrisseau fort touffu, à feuilles alternes, linéaires, aiguës, très-entières; l’extrémité des rameaux porte un capitule de fleurs blanches, dont les languettes sont trois fois plus longues que le disque. De l’intérieur de la Nouvelle-Hollande.
MINIJKOTHAM.NE. Minurolhamnus. bot. La création de ce genre de la famille des Synanthérées est encore due au professeur De Candolle, qui l'a opérée pour une plante du cap de Bonne-Espérance, que l’on a considérée comme une Inulée cl qui a beaucoup de rapports avec 1« genre Pegolctlia de Cassini. Voici les caractères qui en sont tracés daus le ProUtotnns : capitule mulliflorc, hélérogaine ; fleurs du rayon unisériées, ligulées et femelles; celles du disque tubuleuses, à cinq dents et hermaphrodites; involucre formé de deux rangées de squaimnes : les extérieures fort petites et acuminées, les intérieures plus longues, ohlu-
ses, subuieinbraneuses on leurs bords; filaments des étamines glabres; anthères courteinent bicaudées; style bifide au sommet, avec les branches étalées; akènes obovales, couverts d'une pubérulence blanche; aigrette stricte, formée de deux rangées de dix «oies chacune, scahres et jaunâtres : les extérieures sont plus courtes et les intérieures plus midc6. Le nom générique dérivé de ftnvpaç, milice, et oa/ivo«, arbrisseau, exprime suffisamment le faciès de la plante.
Mincrotbaixe magnaloïde. Minurotha innus phagnaloùles, De Cand. C'est un petit arbrisseau â rameaux cylindriques, nus au sommet qui est garni d'un capitule; les feuilles sont alternes, linéaires, très-entières, glabres en dessus, couvertes en dessous d’une pubescence très-serrée; l’extrémité des rameaux et les involucres sont tomenteux et roux; les fleurs sont jaunes.
MINYADE. Minyas. êchin. Genre d'Échinodcrmrs sans pieds, établi par Cuvier (Règne Aniiu., t. iv, p. 24) et dont les caractères sont : corps sans pieds, ouvert aux deux bouts, ayant la forme d’un sphéroïde déprimé aux pôles, et sillonné comme un Melon; bouche non armée, large, arrondie, bordée de trois rangs de suçoirs courts et vermiculairet; anus oblong. nu, ouvert dans une surface déprimée, arrondie et plane. Lorsque les Minyades errent sur la surface de la mer. pour saisir leur proie, elles sont convexes en dessus, renflées, étranglées et rétrécies à l'extrémité buccale qu'entourent des suçoirs nombreux, pressés l'un contre l’autre. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce. Cuvier la nomme Minyas cyanea. Elle est figurée pl. xv, fig. 8 de l’ouvrage cité. Elle vit dans l’Océan Atlantique.
Minyaoe azi-r. Minyas cœrulca , Cuv., Less., Cent., pl. 62. Elle est d’une nuance très-vive, que relèvent des points papillcux blancs, sur les côtes qui parcourent régulièrement le corps, dans le sens longitudinal. Les suçoirs sont d’un blanc pur, et les organes internes d’un rose tendre. La surface extérieure jouit d’une grande contractilité, mais en même temps d’une densité remarquable; sur les côtés sont placées des rangées de papilles cornées, solides et très-accrochanles. Dans les mers du cap de Ronne-Espérauce.
M1NYOPS. Minyops. ins. Coléoptères létramères; genre de la famille des Rbynchophores, institué par Schoonherr qui le caractérise ainsi : antennes courtes et épaisses, coudées, composées de douze articles dont le premier est le plus long et oheonique, les autres sont courts, perfoliés. augmentant d’épaisseur, à mesure qu’ils parviennent â la massue qui est courte et ovale; trompe presque du double plus longue que la tête, arquée, assez épaisse surtout vers le bout, qui est tronqué; fossette régnant sur les côtés, profonde, large etflexueuse; yeux petits et ovales; corselet transverse, presque tronqué à sa base, un peu proéminent au milieu, avec les côtés dilatés et arrondis antérieurement, puis brusquement rétrécis postérieurement , lobé eu arrière des yeux et caréné en dessus; élytres soudées, ovalaires, peu convexes en dessus, écliancrées à leur base, vers la suture, avec les épaules proéminentes en dehors; tarses étroits et spongieux en dessous. Le type
de ce genre qui appartient à l'Europe tempérée, est le Curculio carinntu» de Linné.
M1NYRE. Minyru». ixs. Coléoptères létramères; genre de la famille des Rhyncbophores, institué par Schoonherr, pour un insecte récemment apporté de Manille, qui lui a offert les caractères suivants . antennes médiocres, composées de douze articles dont les deux premiers les plus longs et obeoniques. surloul celui de la base qui est le plus épais, les autres transverses, lenticulaires et augmentant graduellement de largeur jusqu’à la massue qui est conique, acuminée et formée de quatre articles; trompe longitudinale, assez grêle, cylindrique et arquée; yeux arrondis et assez proéminents; corselet oblong. un peu tronqué â sa base et sensiblement rétréci en avant; élytres oldongues. presque carrées, ohlusémenl arrondies â l'extrémité et peu convexes en dessus; pieds robustes, médiocres et d’égale longueur, les antérieurs fort rapprochés à leur base; cuisses dentées; jambes cylindriques; tarses spongieux en dessous et biougtiiculés. Le Minyru» exuraius est noir avec le corselet profondément criblé et les élytres striées par des points et des sillons; les pieds sont bruns.
MIOCÈNE. g£ol. Desbayes et Lyell ont proposé le partage des formations marines de ta série tertiaire eu quatre divisions fondées sur la proportion numérique de leurs coquilles fossiles avec les espèces actuellement existantes. Ces quatre divisions sont désignées par Lyell sous les noms de Eucène, Miocène, ancien Pliocène et nouveau Pliocène. Le mol Eucène indique le commencement ou l'aurore de la création des existences animales; les couches de celle série contiennent une proportion très-faible de coquilles que l’on puisse rapporter à des espèces vivantes. Le Calcaire grossier de Paris cl l’Argile de Londres sont les exemples les plus connus de celle première formation tertiaire. Le mot Miocène indique que les Coquilles fossiles de celle période, qui appartiennent à des espèces récentes, sont en minorité. Ou doit rapporter â celte époque les Coquilles que l’on trouve â Bordeaux, Turin, Vienne, etc. L’ensemble des formations du nouveau et de l'ancien Pliocène fournit des Coquilles dont la plus grande partie appartient à des espèces contemporaines; ces dernières d’ailleurs étant beaucoup plus abondantes dans la plus récente de ces deux divisions. C’est â l’ancien Pliocène qu'il faut rapporter les formations marines subapennines et le Crag de l’Angleterre; au nouveau les dépôts marins plus récents de la Sicile, de Pile d'isebia et de la Toscane.
MIOLANE. bot. Nom vulgaire du Myrica Gale , L.
MlON. ois. L'un des synonymes vulgaires de Canard siffleur. P. Canard.
M1QUELIE. Miquclia. bot. Genre de la famille des Araliacées, institué par Meisner qui lui assigne pour caractères : fleurs dioïques, les mâles ont le calice â quatre divisions linéaires, valvaires dans l’est ivat ion; point de corolle; quatre étamines insérées sur un (orus glandulifonne, alternes avec les divisions de la corolle; filaments très courts et fort larges à leur base; anthères aussi longues que le calice, biloculaires, fixées sur le dos et à la base du filament; point de rudimeut
d'ovaire. Les Miquelies sont des arbustes grimpants, à feuilles alternes, penninervées. un peu coriaces, dentelées à leur base ou sublobécs. à pétioles volubiles. à pédoncules filiformes, aggrégés au-dessus des aisselles et formant une sorte d'ombelle simple, qa’enveloppe un iuvolucelle quadrifidc cl cilié. Ces plantes, dont on ne connaît encore qu'imparfaitement un petit nombre, appartiennent aux contrées de l'Inde.
Le docteur Blutne. dans le Bulletin des sciences physiques et naturelles de Méèrlaude (vol. 1, p. 03). institue un autre genr cMiquelia, pour une plante de Java, qui parait devoir faire partie de la famille des Primulacées. Les caractères de ce genre sont : calice à cinq angles, partagé en cinq dents égales; corolle hypogyne, presque en roue : son limbe est étalé, divisé en cinq lobes égaux; une étamine avortée, les quatre autres presque didynames; anthères réniformes, déhiscentes transversalement; ovaire globuleux, pseudobiloculé; style court; stigmate capité; le fruit est une capsule enveloppée parle calice persistant, que desspermophores roulés, épais et séminifères rendent presque quadriloculairc, «'ouvrant irrégulièrement; semences anguleuses. Le Miqucliu cærulea est une plante annuelle, à lige charnue, presque simple et un peu rampante inférieurement ; les feuilles sont presque sessiles et opposées, les plus grandes alternes, ohlongues. aigue», arrondies obliquement à la hase, inégales, penninervurées; les plus petites opposées, semi-lunées et slipulacées; les fleurs sont réunies en corymbes qui sortent des aisselles des plus petites feuilles; elles sont bleues, accompagnées de bractées à peine visibles. On le trouve dans les forêts vierges de l'ile de Java.
MlllABA>DÈS. ms. On donne ce nom â des insectes qui vivent en société, qui.au Brésil. attaquent et poursuivent les bestiaux à une distance considérable. On ne sait si c’est une Guêpe ou un Taon.
MIRABELLE. bot. Espèce de Prune.
MIR ABILIS, bot. Le genre ainsi nommé par Linné a été appelé hÿctago par Jussieu, nom qui a été généralement adopté, parce que le premier étant adjectif est conséquemment peu propre pour un nom générique. y. Nyctxge.
MIRAFRA. ois. ilorsficld a séparé du genre Alouette l'espèce nommée Nirafre pour en constituer lin genre particulier qu'il a nommé Mirafru ; il y comprend le type qui devient son Mirafra Jaranicn et le Mirafra phœnicura , espèce nouvelle de l'Océanie, qui a son plumage d'un brun cendré, avec le dessous du corps, les barbes internes des rémiges cl l'origine des rcclricesd'un roux vif, le bec blanc à sa naissance, avec l'extrémité brune. Taille, cinq pouces. Deux autres espèces ont également été ajoutées è ce genre par Meclelland; ce sont :
Mirafra assamica , dont le plumage supérieur est varié de brun cl de cendré, plus pâle vers le croupion ; barbes internes des rémiges et base de la queue rousses; parties inférieures d'un blanc roiissâlre, avec une tache noire sur chaque plume; une lunule brunâtre aux tempes. Taille, cinq pouces. De la Chine.
Mirafra flacicoltis. Parties supérieures d’un brun olivâtre, plus foncé sur le vertex ; deuxièmes tectrices
alaircs bordées de blanchâtre; parties inférieures jaunes. avec quelques traits brunâtres; queue et lectrices subcaudales blanchâtres; bec et pieds bruns. Taille, cinq pouces. De Malaga.
MIRAGE. F. Lajdbs et Lumièbe.
MIRAGUAMA. bot. Palmier du genre Coryphe qui croit dans l'ile de Cuba.
MIRA1LLET oc MIRALET. rois. C’est-à-dire Petit- Miroir, espèce du genre Raie. y. ce mol.
MIRAN. «oll. C'est ainsi qu'Adanson (Voy. ail Sénég., p. 50. pl. 4) nomme une Coquille qui est un Buccin pour les auteurs modernes, Buccinum wutabile de Bruguière. Représentée avec son animal, elle a servi de type au genre Vis établi par Adanson et adopté depuis par la plupart des ailleurs, pour d'autres Coquilles généralement plus allongées, y. Vis.
MIRBÉLIE. Mirbetia. bot. Ce genre de la famille des Légumineuses et de la Décandrie Munogynie, L., a été fondé par Smith (/Uni. Bot., 1. p. 511. et Traite. Liait. Soc., 9, p. 205) et adopté par Ventenat, R. Brown et De Candolle. Celui ci l'a placé dans la première tribu des Légumineuses, à laquelle il s donné le nom de Sopliorées. Voici ses caractères principaux : calice hilabié. à cinq divisions très-courtes; corolle papilionacéedonl l'étendard est droit et cordiforme, les ailes allongées, rabattues, plus courtes que l'étendard, munies d'une oreillette, la carène plus courte que les ailes; dix étamines libres; ovaire supérieur pédicellé, surmonté d'un style recourbé et d'un stigmate en tète; légume disperme. divisé longitudinalement en deux loges formées par l'inlrofiexion des deux sutures, et surtout de la supérieure. Celle structure remarquable du fruit rappelle celui des Astragales, mais le port de la plante, ainsi que la liberté de ses étamines, la rapprochent des Sophorées. Les Mirbélies sont indigènes de la iNouvelle -llollande. De Candolle ( Proüroin . Syst. Peget., t. il, p. 114) en décrit trois espèces sous les noms de Mirbetia reticulata, Mirbetia tpeciosa et Mirbetia dilalaia. La première a été figurée par Ventenat (Jardin de Malmaison, l. 119); c'était le Pullenœu rubiœ- \ folia d'Andrews {Bot. Bcposit ., I. 351). Cet arbuste,
[ dont le port est élégant, ne s’élève qu'â environ six décimètres. Sa tige est glabre, noueuse, à rameaux i opposés, ternés, quelquefois alternes. Elle porte des feuilles ternées, lancéolées, linéaires, veineuses, réticulées, mucronées. très-entières. Les fleurs, d'une couleur bleue violacée, sont disposées en grappes courtes et axillaires.
MIRE. bot. Pour Myrrhe, y. ce mol.
MIRETTE. bot. L'un des noms vulgaires de Prismatocarpe. y. ce mot.
M1RIDE. Mi ris. ibs. Genre de l’ordre des Uémiptères, section des Hétéroplères. famille des Géocorises, tribu des Longilabres, établi par Fahricius et adopté par Latreille qui lui donne pour caractères : point d'ocelles; antennes sélacées, plus grêles à leur extrémité, et allant insensiblement en pointe; corps étroit et allongé. Ces ! insectes se distinguent des Capscs. dont ils sont extrêmement voisins, en ce que ceux-ci n’ont pas les auten- 1 nés entièrement sélacées, et que leurs deux derniers articles sont plus menus que le précédent. Les Asleui-
mes en diffèrent par leurs antennes filiformes et non sétacées; enfin ils sont séparés des genres Myodoque, Béryte, Saldc, etc., par l'absence des ocelles. Ces insectes ont les antennes longues, insérées à nu sur la partie supérieure des côtés de la tête, composées de quatre articles cylindriques; le premier dépassant de beaucoup l'extrémité de la tête, le deuxième le plus long de tous, ayant à peu près la longueur du premier, le troisième presque aussi long que le premier, le dernier le plus court de tous; ces articles conservent dans toute leur longueur leur grosseur particulière : le premier étant le plus gros de tous, chacun des suivants plus mince que celui qui précède. Le bec est long, atteignant au moins les hanches intermédiaires, composé de quatre articles, et renfermant un suçoir de quatre soies. La tète est petite, triangulaire; les yeux sont saillants, globuleux; le corps est mou. ordinairement étroit et allongé; le corselet va en se rétrécissant à partir des ély très jusqu'à la tête; ses bords sont droits. L'écusson est triangulaire. Les élylrcs sont un peu plus larges et un peu plus longues que l'abdomen, assez molles, souvent demi -transparentes. L'abdomen est composé de segments transversaux dans les mâles; les avant-derniers plus ou moins rétrécis dans leur milieu, posés obliquement et en forme de chevrons brisés, ce dernier s'élargissant à sa partie moyenne dans les femelles; l'anus de celles-ci est sillonné longitudinalement; ce sillon renferme une tarière longue, comprimée, ployée en deux sur elle-même dans le repos, et pouvant être retirée; l’anus des mâles est entier, court, sans sillon longitudinal. Les pattes sont longues; les postérieures le sont beaucoup plus que les autres; leurs tarses sont composés de trois articles : le premier est plus long que les suivants, le deuxième et le troisième presque égaux entre eux, celui-ci terminé par deux petits crochets. Ces insectes n'offrent rien de particulier dans leurs métamorphoses; ils vivent sur les végétaux dont ils sucent le suc, ou sur les fleurs. Quoiqu'ils ne vivent pas précisément en société, on en rencontre un assez grand nombre d'individus de la même espèce sur une seule plante. Ils marchent et volent surtout avec une grande facilité; on croit qu'ils n'exhalent pas d'odeur désagréable. L'Europe nourrit un grand nombre d'espèces de ce genre, qui est divisé ainsi qu’il suit:
I. Pattes postérieures propres à sauter; leurs cuisses renflées; corps ovalaire; ses bords latéraux arrondis.
Miride cou MOUE. Miria luleicollis, Fabr.; Lygœua luleicollis, Pani. ( Faun . Garni. ). Noir, luisant; tête et corselet jaunes; antennes et pattes jaunes, avec les cuisses tachées de noir. De France et d'Allemagne.
II. Pattes postérieures propres à la marche seulement; leurs cuisses grêles; corps allongé; ses bords latéraux droits.
f Antennes insérées au-dessous et assez loin des yeux; tête allongée et peu distinctement séparée du corselet. 1
Mirioe vert . Miiit virent, Fabr.; Cirnex virent, Lin., Wolf ( Icon . Cimie., lab. 8, Hg. 75). Corps vcrl; abdomen, pattes et antennes un peu velus, celles-ci de couleur rouge, surtout vers leur extrémité ainsi que les tarses. Des environs de Paris.
tt Antennes insérées au-dessous et près des yeux; télé distinctement séparée du corselet.
Mibide sthi*. Miria alrinlua, Fabr.. Latr.; Ci tu ex alriaius , Degéer (Ins. I. 3. p. 290, n°29, pl. 15, fig. 14 et 15); Lin., Wolf; Lygœtts strialus, Panz. Noir, avec les ély I res rayées longitudinalement de ferrugineux et de noir. Dessus du corps noir. De France.
MIRIOPI1YLLE. bot. F. Myeiophylle.
MIRIS. iss. /'. Miride.
MIRLE. ois. Synonyme d’Éiuerillon. F, Faucox.
MIRLIROT. bot. L’un des synonymes vulgaires de Nélilnt officinal et de Luzerne Lupuline.
MIRMAU. bot. Adanson avait donné ce nom à un genre formé sur le Lycojxidiuin Selago. F. Lycopode.
M1HMECIA. bot. Synonyme de 'J'achia. y. ce mot.
M1RMÉCOD1E. Mirmecodia. y. MyrmEcodie.
M1RO. Miro. ois. Genre de l’ordre des Insectivores, institué par Lesson pour un Moucherolle de la Nouvelle-Zélande, auquel il a reconnu pour caractères distinctifs : bec mince, effilé, comprimé, plus haut que large; ailes courtes, concaves: première rémige courte, troisième beaucoup plus longue que la deuxième; queue médiocre, égale : reclrices tronquées à leur sommet; tarses très longs et grêles. On ne connaît de ce genre qu’une seule espèce; elle a été observée par Lesson â la baie des Iles, à l'extrémité nord de la Nouvelle- Zélande. Cet Oiseau vit sédentaire parmi les broussailles.
AIieo ai x loxus pieds, flliio longipcs, Muscicapa longipet, Garn. Zoolog. de la Coq., pl. 19. Tout sou corps à l’exception de l'abdomen offre des teintes brunes, mélées de gris cendré, un peu plus foncées sur le dos, et plus pâles sur la gorge et la poitrine; les par lies inférieures sont blanchâtres. La queue est longue de deux pouces, les lectrices s'étendant aux deux tiers. Le bec est noir, les pieds sont fauves. Taille, cinq pouces six lignes.
MIROBOLAN. bot. y. Myrobolax.
M1KOUOLANÉES. bot. y . MyrobolaxEes.
MIROIR, ixs. Espèce du genre Hespérie. F. ce mot.
MIROIR, ois. On donne ce nom en ornithologie, à une grande tache colorée et brillante, qui occupe le milieu de l'aile de certains Oiseaux. La plupart des Canards sont pourvus de cette plaque métalloïde.
MIROIR D'ANE oo DE LA VIERGE, mix. Les carriers de Montmartre nomment ainsi le Gypse laminaire. Ou a aussi appelé Miroir de Saixtb-Maiib d'autres variétés de Chaux sulfatée, et le Mica foliacé.
MIROIR DES INCAS. mix, Nom que l'on donne vulgairement aux cristaux cubiques de Fer sulfuré et aux fragments d’obsidiennes, bien nets.
MIROIR DE VÉNUS, bot. L'un des synonymes vulgaires de Prismalocarpe. F. ce mot. On a aussi appelé Miboib du Temps le Mourox rouge.
MIROITANTE, mix. ( Delamélherie. ) Synonyme de Diallage métalloïde.
MIROSI’ERME. bot. F. Myrospermb.
M1ROXYLE. bot. F. Myroxyle.
MIRSINE. bot. F. Myrsixb.
M1RSINËES. bot. F. MyesixEes.
MIRTE. dot. F. Myrte.
MIRTIL. ms. Nom donné par Engramellcel Geoffroy au Sa t y rus Jnnira.
MIRTIL. Mirtillus. bot. Espèce du genre Airelle. y. ce mot.
MISAGO. ois. y. Bisaco.
MISAINE, «oll. Nom vulgaire cl marchand du St rombus succinctus.
MIS ANDRA, bot. Lamarck a réuni au Gunnera ce genre établi par Commerson, et qui avait été d’abord adopté par Jussieu dans son Généra Plantarum. Celui-ci avait néanmoins indiqué le premier son identité avec le genre Gunnera. y. ce inot.Un autre genre du même nom avait été proposé par Dielricb. mais il n'a point paru différer en aucun point du genre Bonapartea de Ruiz et Pavon.
MISANTÈDUE. Misantcca. bot. Genre de la famille des l,aurinées, établi par Schlechlcndal (Linnea, vi, 3G7) et adopté par Nees Van Esenbeek {Progr., 13, Laurin . 273) avec les caractères suivants : fleurs hermaphrodites; périgone obconico-turhiné, anguleux, à limbe court, divisé en six lobes, égaux et décidus; neuf étamines disposées sur trois rangs au sommet du tube, dont six extérieures stériles, courtes, tronquées ou réluses et dépourvues de glandes, trois intérieures fertiles et plus grandes; anthères scssiles, soudées ensemble et formant une sorte de colonne quadrangulaire, glanduleuse à la base; elles sont orbiculaires, à deux pores et déhiscentes par des valvules qui se redressent en dehors; ovaire uniloculaire et à un seul ovule, délilescenl entre le tube du périgone et des anthères; style cylindrique; stigmate depresso-capité. Le fruit est line baie inucronulée , entourée du tube cyalhiforme du périgone qui est épais, tronqué, anguleux et pour ainsi dire mullidcnté.
MisAiwfeqi'E ne Mexiqie. Misanteca Mexicana , Schlecb. C’est un arbre élevé, à feuilles alternes, penninervées , à pédoncules aggrégés , formant une cyme ou capitule dense et multiflore.
MISCÈLE. Miscetus. lits. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Brachinides, établi par Klug qui lui assigne pour caractères : mâchoires fortement arquées, avec leur crochet soudé; lèvre supérieure allongée, ovalaire, recouvrant presque entièrement les mandibules; cbaperon distinctement échancré; corselet presque cordiforme; élylres aplaties, sinueuses et faiblement tronquées à l'extrémité; articles des tarses courts et presque cylindriques.
Miscêle apical. Miscetus apicalis , Kl. Dessus du corps d’un noir assez brillant; le dessous d'un brun rougeâtre, plus foncé sur les côtés; antennes, palpes et lèvres d’un brun rougeâtre; quelques rugosités transversales et peu sensibles sur le corselet; élylres fortement striées avec une tache arrondie et d'un brun rougeâtre sur la suture, vers l'extrémité. Taille, cinq ligues environ. De Java.
MISCHOCARPE. Mischoearpus. bot. Genre de la famille des Sapiudacées, institué par le docteur Blume, pour un arbre des forêts de l'ile de Java auquel il a reconnu pour caractères distinctifs : fleurs monoïques, polygames par avortement; calice petit et quinquéfide; point de corolle; un anneau charnu entourant les or-
ganes de la génération; huit étamines; ovaire pédicellé, trigone, à trois et rarement à quatre loges portant un seul spore; un style; trois et rarement quatre stigmates divariqués; capsule longuement pédicellée, trigone, triloculaire, à trois valves seplifères au milieu; semences solitaires, attachées par leur base, à demi couvertes par une arille membraneuse. Ce genre est trèsvoisin du genre Cupania .
Miscüocaiifk de la Son de. Mischoearpus Sundaicus, Bl.. Bydrag.f p. 238. Son élévation est d'environ vingt pieds; scs feuilles sont brusquement pinnées ou lernées, à folioles oblongues- lancéolées, coriaces et glabres ; les grappes de fleurs sont serrées et axillaires.
MISCOGASTKE. Miscogasier. ns. Hyménoptères. Genre de la famille des Chalcidiles, institué par Walker, avec les caractères suivants : antennes du mâle de quatorze articles, celles de la femelle de treize; tête médiocre, mandibules allongées, arquées, quadridentées; mâchoires ovales, prolongées en avant par un lobe assez long; palpes maxillaires filiformes, de quatre articles, les labiales de trois; menton court et obeonique; lèvre allongée, convexe, un peu plus large antérieurement; écusson étroit; sternum grand; abdomen aussi long que le corselet, presque linéaire, déprimé, à peine concave au centre : le deuxième segment grand, formant presque le tiers de l'abdomen, les trois suivants petits, le sixième plus long et le septième court; pieds grêles, presque égaux; jambes droites. Ce genre est fort nombreux ; Walker ( The Entomological magazine, 1, p. 459) en décrit quarante trois espèces européennes, qui paraissent toutes nouvelles.
NISCOLOBIER. Miscotobium. bot. Genre de la famille des Légumineuses, institué par Vogel qui lui assigne pour caractères : calice campanulé, à cinq dents, subhilahié, avec la découpure la plus profonde plus longue et plus étroite; étendard de la corolle ovatoorhicuié, un peu plus long que les ailes; celles-ci oblongues, divariquées; carène à peine plus courte que les ailes, ohlongue ou obovéc, obtuse, recourbée avec les pétales soudés au dos; dix étamines monadelphes; loges des anthères courtes, dressées, à peine distinctes, déhiscentes par le sommet; ovaire slipité, à deux ou trois ovules; style un peu courbé; stigmate oblique. Le fruit consiste en un légume ublung, presque droit, plan, comprimé, membraneux, indéhiscent, lisse ou faiblement réticulé, avec les bords de la suture à peine visibles; il renferme une ou deux semences grandes, rénifnrmcs. avec la radicule courte et courbée. Les Miscolobiers sont tous originaires du Brésil; ce sont ou des arbres ou de grands arbrisseaux, à feuilles imparipinnées, composées de folioles membraneuses et rarement subcoriaccs, à nervure médiane préminulente en dessous; à stipules décidues; à fleurs sessiles ou courteinenl pédicellées, accompagnées de petites bractéolcs décidues.
Miscolobier violet. Miscotobium ciolaceum, Vog. Feuilles composées de quinze â dix-sepl folioles oblougucs ovales, obtuses, émarginées et glabres; panicules laxiuscules, axillaires et terminales. Sur les bords du fleuve de Sl-François, dans la province de Minas- Geraes.
MISCOPÉTALE. Miscopetatum. bot. Uaworlh (égr-
nopsis succulent. Plant., p. 323) a établi sous ce nom un genre ayant pour type le Saxifraga rolundi folia. qui diffère essentiellement, selon lui, du
Saxifraga, par les pétales onguiculés et par son ovaire supérieur. Mais comme ces caractères Be nuancent dans les diverses espèces du Saxifraga , la plupart des botanistes ont pensé qu'on ne pouvait les employer pour former des coupes génériques. P. Saxifrage.
MISCOPHE. Miscophus. iris. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des l.arralrs, établi par Jurine, ayant tous les caractères des barres proprement dits, et n’en différant qu'en ce que leurs ailes supérieures n'ont que deux cellules cubitales, tandis que les barres, les Palares et les I.yrops en ont trois. Chacune des deux cellules cubitales reçoit une nervure récurrente, bes antennes sont filiformes et presque semblables dans les deux sexes, tandis qu’elles sont différentes dans les Dinètes, genre voisin.
Miscopue bicolore. Miscophus bicolor, Jurine (llyménopl., pl. Il, genre 25). C'est un petit Hyménoplère dont le corps est noir, avec l’extrémité des ailes supérieures noirâtre, et les deux premiers anneaux de t’abdomen ainsi que la base du troisième fauves. Il se plaît dans les lieux sablonneux, et se trouve dans toute la France.
M1SCUS. »!»s. Synonyme de Misque. P. ce mot.
MISÉI.IE. Miselia. ixs. bépidoptères ; genre de la famille des Nocturnes, tribu des Nocluctlites, institué aux dépens du grand genre Moctua de Fabricius par Treilschke pour les espèces vivement colorées, munies d’une touffe épaisse sur le dos et de gibbosités sur l'abdomen, dont les ailes antérieures sont ornées de larges taches blanches ou de couleur claire, et les postérieures présentent à leur angle interne un point blanc ou noir, fort distinct, bes chenilles portent aussi des couleurs vives, et une sorte de collier; elles contractent le premier anneau dans l'état de repos, et sur les derniers se montrent des gibbosités et de longs appendices. Elles habitent ordinairement le tronc et l'écorce des arbres et se transforment dans la terre.
MisElie SAtPot dbee. Miselia conspcrsa , Treils.j bombyx annulata, Fab. L’Arrosée, Engr., pl. 230, fig. 332, c, g. bes ailes supérieures sont, en dessus, d’un noir bleuâtre, mélangé d’un peu de jaunâtre, avec plusieurs taches blanches, dont une â la base rayée de noir, une grande au milieu qui absorbe l'orbiculaire et se réunit à la rénifortne, deux autres au bord interne, et enfin une cinquième â l'angle supérieur du bord terminal qui est longé par une ligne blanche, formée de plusieurs traits anguleux. Ces mêmes ailes sont en outre traversées par plusieurs lignes noires et ondulées; leur frange est uoirâtre, entrecoupée de blanc; les ailes inférieures sont grises, avec un croissant obscur dans le milieu et un point blanchâtre près de l’angle anal. Taille, quinze lignes, les ailes étendues. En Europe.
MISGURNE. Misgurnus. pois. P. Cobite.
MISIbE. Misilus. moll. Genre proposé par Monlfort (Conchyl. Syst., I. i, p. 295) pour un petit corps fort singulier, qui se trouve vivant dans l’Adriatique et fos-
sile aux environs de Sienne. Ce genre est caractérisé de la manière suivante par son auteur : coquille libre, univalve, cloisonnée, droite et formée en cruche un peu aplatie, carénée et année sur un des côtés; bouche ovale, ouverte; cloisons unies; siphon inconnu. Le Misile nommé Misile aquaire, Misilus agitait fer, par Montfort, est un petit corps ovale, aplati, muni d'une crête profondément découpée qui s’étend seulement sur uii des côtés. Ce petit corps parait si singulier et si anomal, que quelques auteurs ne le rangent qu'avec doute parmi les Mollusques.
MISIS. ix». Nom donné par Engramelle au Salyrns Eudora de l.atreille.
MISOCAMPE. Misocampe. ms. C’est-à-dire ennemi des Chenilles. Genre de l’ordre des Hyménoptères, section des Térébrans. famille des Pupivores. tribu des Chalcidiles, établi par batreille aux dépens des Cynips et des Ichncumones minuit de Linné, ou des Diplolèpes de Geoffroy, et ayant pour caractères : mandibules dentelées; antennes insérées près du milieu de la face antérieure de la tête, ou sensiblement éloignées de la bouche, composées de huit à dix articles, la plupart cylindriques, serrés, et sans verticilles de poils dans les deux sexes ; segment antérieur du tronc carré. Ce genre se distingue des Leucospis et des Chalcis, parce que les cuisses ne sont pas renflées, bes Chirocères de batreille ont les antennes flahellécs; les Eucharis et les Thoracantes en diffèrent par leur écusson qui est très grand et recouvre les ailes, bes Misocampes ont les antennes rapprochées à leur base, brisées, terminées un peu en massue et courtes; le premier article de chacune d’elles s’applique inférieurement dans un sillon longitudinal du front. La tête est verticale, comprimée, appliquée contre le corselet. Celui ci est tronqué antérieurement. L’abdomen est ovale et conique, souvent comprimé, quelquefois très- petit. Son extrémité est pourvue, dans les femelles, d'une tarière plus ou moins saillante, quelquefois de la longueur du corps, filiforme, de trois pièces, dont celle du milieu est seule la tarière proprement dite, les pièces latérales ne lui servant que de fourreau. Les ailes n'ont presque pas de nervures; on n'y aperçoit quelquefois qu’un point marginal et plus épais, avec une ou deux veines courtes, be corps est court, renflé, orné le plus souvent de couleurs très-brillantes, parmi lesquelles le verl, le bronze ou le cuivreux dominent. Quelques espèces ont la faculté de sauter par le moyen de leurs pattes de derrière; telles sont celles qui vivent dans les larves des Lépidoptères.
bes mœurs des Misocampes oui été observées par Degéer (Mém. sur les lus., t. 2, p. 479). Suivant cet auteur, la femelle du Cynips doré à queue, du Uédéguar lisse de Geoffroy (Ichneumon Bedeguaris, L.), sait déposer ses œufs auprès de la larve qui habile l’intérieur de celle galle, en introduisant sa longue tarière ou son oviduclus jusqu'au centre du corps qui avait produit le Bédéguar. Il parait que ce Misocampe ne pond qu’un œuf dans chaque Galle, puisque celte production ne renferme jamais qu'un seul habitant, et que sa substance ne peut suffire qu’à la consommation d'un seul individu de ce parasite. Les larves des Misocampes des
ÎOi MIS
Mouches se nourrissent de l'intérieur du corps des larves des Coccinelles et de celle* des Syrphes ou Mouches aphidivores, et se transforment en nymphes sous leur peau. L’insecte parfait en sort par le moyen d’une ouverture circulaire, qu'il y pratique avec ses dents. Itéaumur a été témoin de l’accouplement d’une autre espèce de Misocampe. qui pond toujours ses œufs dans des chrysalides de Lépidoptères, et qui épie le moment où la Chenille passe ou vient à passer à l'état de chrysalide, et où elle est encore molle, pour l'attaquer et lui confier ses œufs. Voilà comment a lieu la jonction des deux sexes : le mâle se place d’abord sur le milieu du corps de la femelle, de manière que les deux tètes sont tournées du même côté; mais il y a encore loin de celle du mâle à celle de la femelle, parce que celleci surpasse beaucoup l'autre en grandeur. Dès que le mâle s'est posé, il marche en avant jusqu'à ce que sa tête excède un peu celle de sa compagne. Alors il incline tellement la tête du côté de celle de la femelle qu'il semble lui donner un baiser. Celte caresse, qui ne dure qu'un instant, une fois faite, il va promptement à reculons, jusqu'à ce que son derrière se trouve par delà celui de la femelle. Il le courbe et le fait passer sous l'extrémité du ventre de celle ci; là, il le tient fixé un moment, puis il commence son manège. Réaumur l’a vu renouveler par le même jusqu'à vingt fois; le mâle ne s'est retiré que pour céder forcément la place à un individu du même sexe plus frais. L'organe de la génération est renfermé entre deux pièces qui forment chacune une demi-gouttière. On peut le faire paraître en pressant le ventre de l’insecte. Degéer a décrit une autre espèce de Misocampe, qui est aptère et remarquable par sa faculté de sauter portée au plus haut degré. Geoffroy parle d'une espèce de Misocampe qui va déposer ses œufs dans le corps d’une larve d'ichneumon très-petit, qui se nourrit de l'intérieur du corps des Pucerons. La larve du Misocampe attaque et fait périr celle de ce dernier, se métamorphose ensuite au même endroit, et perce la peau du cadavre où elle était renfermée quand elle s'est changée en insecte parfait. Guérin a eu occasion d'observer celle espèce sortant de la Cochenille du Peuplier. Enfin une autre espèce met ses œufs dans ceux de plusieurs autres insectes, la larve s’y nourrit de leur substance, s’y transforme, et l'insecte parfait en sort en perçant la coque. Les larves des Misocampe* ont beaucoup de rapports avec celles des Ichneumons, mais les nymphes des premiers sont nues, au lieu que celles des seconds sont renfermées dans des coques filées par les larves.
Misocamfk oc BedIglar. Misocampe Dcdeguaris, Ichneumon Bedeguaris , Lalr., Lin., Iléaum., etc. Scs antennes sont noires, une fois plus longues que la tête. Se* yeux sont bruns; la tête et le corselet sont d'un vert doré; l'abdomen est d'un pourpre doré, et les pattes sont jaunes. La tarière de la femelle est beaucoup plus longue que le corps. Cette espèce se trouve dans toute l’Europe; elle vil sous la forme de larve et de nymphe, dans les galles chevelues du Rosier sauvage, appelé Bèdéguar.
MISODKNDRE. Misodendrum . bot. Ce genre qui paraît appartenir à la famille des Loranlhacées, a été
formé par Banks, puis adopté par De Candolle (Coll. Mém. vi. n° 2, 1. 11 et 12), qui en a établi les caractères connus, de la manière suivante : Heurs diolques; les femelles présentant le tube du calice soudé à l’ovaire, le limbe très-petit et tronqué; capsule oblongue, trihèdre, déhiscente longitudinalement en suivant les angles des valves, couronnée par le limbe du calice persistant et par les vestiges de la corolle; elle renferme trois écailles oblongues, recouvertes de poils sétacés. aigreltés et blanchâtres, formant une columelle trihèdre. Les Misodeudres appartiennent â l'Amérique méridionale.
Misodebdre forctuU. Misodendrum pu net u latum. C’est un sous-arbrisseau parasite à la manière du Gui; il est dépourvu de feuilles; ses rameaux sont glabres, cylindriques, parsemés de points rugueux; des bractées ovales, demi-einbrassanles et obtuses alternent sur la longueur des ramifications, et de leurs aisselles naissent une ou deux fleurs scssilcs. On le trouve sur les arbres des forêts de Magellan.
De Candolle ajoute à celte espèce le Misodendrum Brachystachium , recueilli dans l'Amérique septentrionale et qu'il a observé dans l'Herbier de la société d'horticulture de Londres, ainsi que le Misodendrum qundriflorum, des mêmes localités que le précédent.
MISOLAMPE. Misolampus. iss. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Mélasomes, tribu des Blapsides, établi par Latreille et ayant pour caractères : palpes terminées par un article plus gros; le dernier des maxillaires sécuriforme; troisième et quatrième articles des antennes de la même longueur; corps convexe; corselet presque globuleux.
Ce genre a été formé par Latreille sur un Coléoptère du Portugal que Herbert avait décrit et figuré sous le nom de Pimelia. Il est très-rapproché de celui des Blaps; mais il en diffère par les antennes qui vont en grossissant vers leur extrémité, et par leur corselet qui est globuleux comme celui des Moluris; les tarses sont à peu près semblables dans les deux sexes; leur menton, qui est petit ou moyen, ne recouvre pas la base des mâchoires. L'espèce qui sert de type à ce genre est:
Misolaxpe de UorrvAnxsKco. Misolampus Hofftnannseggii, Lalr., Gen. Crust. et Ins., t. 10, fig. 8; Pimelia gibbula , Herbst. Col., t. 1, p. 20. fig. 7. Cet insecte est long de près d'un demi-pouce, d’un noir foncé, luisant et chargé de points; ceux des élylres y forment des lignes. Les antennes, les palpes et les tarses sont roussâtres. Il a été trouvé en Portugal par Uoffmannsegg.
Une seconde espèce a été trouvée par Goudot à Tanger, et Guérin lui a donné le nom de ce courageux voyageur : Misolampus Goudotii; elle est entièrement noire et longue de six lignes environ.
M1SOZV. bot. y . Mysob.
NISPIKEL. bib. Synonyme de Fer arsénical. V. Feu.
NISQUE. Misais, ixs. Genre de l’ordre des Hyménoptères. établi par Jurine et formé de quelques espèces d'Aminophiles et de Pompiles, ayant la troisième cellule cubitale pétiolée. y. Axmofmile et PoxriLE.
MISSALFNE. Missalena. aracbb. Genre établi par
Wallon a er et auquel Latrcille avait déjà donné le noin d’Ëriodon. F. ce mot.
MISSANDRA. bot. F. Mis andra.
M1SSOTTE. bot. C’est le nom vulgaire du Poa maritima sur les côtes occidentales et méridionales de la France.
MISY. min. Nom cité par Pline (Hist. nat., xxxiv,31), et sous lequel les anciens paraissent avoir connu le sulfate de Fer, qu'ils liraient principalement de l’Ile de Chypre. Il lui attribue une couleur jaune, ce qui pourrait faire croire que le nom de Misy s’appliquait aux efflorescences de Schistes alumineux.
M1SYE. ois. Espèce du genre Bouvreuil. F. ce mot.
MITCIIAGATCHI. ois. Espèce du genre Macareux, Fratercula cirrata.
M1TCHELLE. Mitchella. bot. Genre de la famille des Ruhiacécs et de la Télrandrie Monogynie, L., composé d’une seule espèce, originaire de la Nouvelle Hollande. Le Mitchella repens , L., Lamk., III., tah. G3, est un très petit arbuste de l'Amérique septentrionale, ayant sa tige grêle, rameuse, étalée, rampante, longue de cinq à six pouces ou davantage, et portant des feuilles opposées, courlement pétiolées. ovales, arrondies, obtuses et un peu mucronées au sommet, légèrement sinueuses sur les bords, coriaces, persistantes elaccnmpagnées de deux bractées très-petites et persistantes; les fleurs sont terminales et géminées, soudées ensemble par leur ovaire, ainsi qu’on l’observe dans un grand nombre d’espèces de Chèvrefeuilles ; chaque calice est adhérent avec son ovaire infère, surmonté seulement d’un limbe à quatre dents; la corolle est tubuleuse, inftindihuliforme; son limbe, qui est presque plan, est à quatre, rarement à cinq divisions allongées, trèsvelues sur leur face supérieure; les étamines sont de la longueur du tube calicinal; le style est plus long, saillant, terminé par un stigmate profondément divisé en quatre lanières linéaires, obtuses et glanduleuses; le fruit est un double nuculaine globuleux, presque didyme, qui se compose des deux ovaires réunis; il présente, vers ses parties latérales et supérieures, deux ombilics formés par les dents des calices : chacun d’eux contient quatre nucules ovoïdes, rapprochés les uns des autres. Ce genre a de grands rapports avec le genre Nertera de Banks, et surtout avec le Kertera tetrasperma de Kunth; néanmoins il en est fort distinct. Mitchell avait donné à ce genre le nom de Chamœdaphne.
1UITCUILLIEN. rois. Espèce du genre Exocet. F. ce mot.
MITE oo MITTE. Acarus. abachn. Dans la méthode de Linné, on désigne ainsi un genre d’insectes Aptères très nombreux en espèces et correspondant à la seconde tribu des Arachnides Holèlres de Lalreille, celle des Acarides. V. ce mot.
On désigne vulgairement sous le nom de Mite domestique ou Mite dti fromage YAcarus domeslicus de I)ec^cr î Mite des Moineaux YAcarus passerinus; Mite de la farine Y Acarus farina:; Mile de la gale YAcarus scabiei, etc. V. Acabcs.
M1TELLE. Mitclla. moll. Ocken a donné ce nom à un genre de Cirrhipèdcs que Uill avait désigné longtemps
avant sous le nom de Scalpcllum adopté par Lcach, et que Btainville a changé, dans son Traité de Malacologie, en celui de Polylèpe, Polylepas. F. ce mot.
If (TELLE. M itella. bot. C’est le nom d'un genre de la famille des Saxifragées et de la Décandrie Digynie, L., ayant pour caractères : un calice monosépalc, étalé, à cinq dents; une corolle composée de cinq pétales profondément laciniés sur leurs bords en découpures sélacées; dix étamines insérées, comme la corolle, à la paroi interne du calice; uu ovaire ovoïde, surmonté de deux styles fort courts; le fruit est une capsule presque globuleuse, à une seule loge polysperme, s’ouvrant en deux valves. Ce genre se compose de cinq à six espèces qui toutes sont originaires de l'Amérique septentrionale. Ce sont des plantes herbacées vivaces, ayant en général leurs feuilles toutes radicales, excepté le Mitclla diphylla, L., qui porte au bas de son épi de fleurs deux feuilles involucrales, opposéesel sessilcs; les fleurs sont petites, jaunâtres, disposées eu un long épi au sommet de la lige qui forme une sorte de hampe nue.
Mitelle dipbylle. Mitclla diphylla , L., Lamk., 111. ^ lab. 373, flg. 1 ; Gærln., 1, tab. 44. C’est l'espèce la plus commune et la plus grande de ce genre ; ses feuilles radicales sont réunies en touffe et portées sur des pétioles de trois à quatre pouces de longueur, hérissés de poils roussàlres; ces feuilles sont minces, membraneuses, cordiformcs et à trois ou cinq lobes aigus, peu profonds et doublement dentés; la lige, haute de six à douze pouces et même davantage, est simple, nue inférieurement, portant vers sa partie moyenne deux feuilles sessiles et terminées par un long épi de fleurs pédicellées, jaunâtres ; les capsules sont un peu comprimées, s'ouvrant en deux valves par leur partie supérieure et contenant plusieurs graines noires et luisantes. Les autres espèces de ce genre sont : Mitclla cordi folia , Lamk., III., tab. 373, flg. 3; Mitclla renifonnis, id., III., tab. 373, fig. 3; Mitclla grandiflora, Pursh; et Mitclla prostrata, Michaux.
MITHRAX. Mithrax. crcst. Genre de l’ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Triangulaires, établi par Leach et auquel Lalreille avait donné, dans la Collection du Muséum d'Uistoire naturelle de Paris, le nom de Trachonite. Ses caractères sont : test plus large que long, approchant de la figure rhomboïde le; serres et pieds gros, courts et très-épineux. Ce genre se distingue des Parlhénopes par les pieds antérieurs, qui, quoique très -grands, sont cependant moins longs que chez les Parlhénopes; ils se dirigent en avant, ce que ne peuvent pas faire ceux des Parthénopes, et n'ont pas les doigts des pinces en bec de Perroquet. Il se distingue encore des autres genres dé rivant de celui d’Inachus de Fabricius par des carac-' lères tirés de la forme et de la position des antennes et d’autres tirés de la forme du corps cl des pattes; les antennes extérieures des Mithrax sont placées près du canllius interne des yeux, très-courtes, terminées par une tige conique ou eu alêne, guère plus longue que leur pédoncule, dont le preroicrarlide est un peu plus gros, mais plus court que le second ; le troisième article des pieds-mâclioircs extérieurs est presque carré, avec
l’angle interne supérieur écliancré; les serres sont . grandes, mais moins que celles des [.ambres et des ! Eurynoines, dirigées en avant et ne formant pas d’angle avec l’axe longitudinal du corps; elles sont terini- j nées par des pinces plus ou moins ovales, dont les doigts | ne s'inclinent pas brusquement comme ceux des Etiry- I nomes et des Lambres; la carapace a un rostre bifide, elle est tantôt courte, tantôt renltée sur les côtés, trèsépineuse et inégale, tantôt oblongue et médiocrement inégale; les yeux sont entièrement renfermés dans une cavité cylindrique, ils sont gros et portés sur un court pédicule. Ce genre est assez nombreux en espèces.
Mithrax ti’xuÉ. Mithrax lunulatus , Latr. Il a le lest oblong, allongé, terminé par deux pointes trèsaplntics et mousses, avec le dessus sans tubercules et les côtés pourvus de quatre dents, dont la deuxième est la plus grande. Il se trouve à la Nouvelle-Hollande.
On doit encore rapporter à ce genre le Maia condy lia ta . H iss. ? et les Cancer npinipes, coutlyiialus, hi$pitlus et acu/cutus d’IIerbsl. Tous des Indes- Orientales.
NIT1IRIDATF.A. bot. Le genre Ambora de Jussieu était ainsi nommé par Commerson dans ses manuscrits. Scbreberel Willdcnow ont préféré cette dénomination, quoique le mol Ambora n'eût rien de choquant , et qu'il fût en harmonie avec celui que l'arbre porte à Madagascar. S» l'on eût regardé comme absolument nécessaire de s’en rapporter sévèrement ù la règle arbitraire qui veut que tous les noms vulgaires soient proscrits du langage scientifique, H aurait fallu au moins adopter pour le genre en question le nom de Tambourissa, d'abord proposé par Sonnerai. y. Ax-
BOXA.
NITIIRIDATIUM. bot. Ce nom est dans les anciens celui de la Dent de Chien [Erylhronium tiens Canft, L.). Adansou l'a employé comme nom générique pour désigner ce genre. y. Erythrumer.
M1TILÈNE. ois. Espèce du genre Bruaul. C. ce mot.
M1T1LL1NE. ixf. V. Mïtilixe.
MITINA. bot. Adanson fait du Carlina lanata , L., un genre distinct qu'il nomme Mitina , et qu'il distingue surtout par les écailles de l'involucre, qui sont dépourvues d'épines sur leurs bords, y. Carlme.
MITOPÉTALE. Milopelalum. bot. Le docteur Bluine a établi ce genre dans la famille des Orchidées, Gynandrie Alonandrie, L., pour une plante qu'il a observée dans les forêts de l'ile de Java et qu'il avait primitivement nommée Tuinia speciusa. I.cscaractèresdu genre sont : folioles extérieures du périgone ou sépales ringentes, très aigues, les latérales subposécs au labelle et soudées au pied du gynostème; les intérieures presque conformes, mais un peu plus petites; labeile articulé avec la partie inférieure ou le pied du gynostème, indivise, acuininé, rayé intérieurement et plus court que les folioles du périgone; gynostème droit, demi-cylindrique, prolongé à sa base; anthère charnue, terminale, légèrement convexe, à deux loges quadrilocellées ; huit masses polliniques un peu comprimées, élastiques au moyen d'une membrane.
Mitopetale tmiLLAXT. Milopelalum spcciosum , Bluuic. C'est une plante herbacée, terrestre, glabre, à
tiges radicantos et latérales, A feuilles membraneuses, nervtirées ; pétioles longs, renflés à leur base qui forme une sorte de pscudobtilbe; fleurs assez nombreuses, réunies en épi an sommet de la hampe ou lige.
MITOS VTES. Mit osa ta. ms. Fahricius donne ce nom au sixième ordre de sa classe des insectes; cel ordre répond à celui des Myriapodes de Latreille. y. Myriapodes.
M1TOL oc MIT!*, ois. Synonyme de Ilocco. y. ce mol.
MITR bot. Le genre établi sous ce nom par Houston fut adopté par Linné qui le nomma Mitreolay puis le réunit i l'0/)A/orA/sa. A. Richard en a de nouveau établi la distinction : il a définitivement rangé le véritable Ophiorhisa parmi les Rubfacéet, tandis que le Mitreola reste parmi les Gcnliariées. y. Mitréolp..
Le genre Mitra, établi par Fries dans la famille des Champignons Hyménomy cèles, ne diffère pas du genre f/tlcella de Linné.
N1TRACARPE. Milracarpum. bot. Genre de la famille des Ituhiacées, établi parZurcarini qui lui assigne pour caractères . tube du calice ovale, son limbe persistant, à quatre dents, dont deux souvent plus petites et quelquefois presque milles ; corolle bypocralérimorphe, avec son tube cylindrique, ayant une ligne circulaire. velue près dosa base et l'orifice glabre; son limbe est à quatre loties; anthères exserles ou incluses; stigmate bifide. Le fruit est une capsule membraneuse, couronnée par le calice, divisée en deux loges, s’ouvrant circulnireinent vers le milieu; chacune de ces loges renferme une semence attachée à la partie de la cloison très-voisine de la base. Ce genre, dont quinze ou seize espèces sont connues, appartient à l'Amérique du sud, à l'exception d’une seule espèce qui est africaine. Ce sonl des plantes herbacées ou des sous-arbrisseaux A feuilles opposées, pétiolées, accompagnées de stipules qui sont soudées aux côtés de la base du pétiole; les fleurs sont verlicillées, formant un capitule dense au sommet des liges ou des rameaux; elles sonl ordinairement blanches.
-Mitr.vc.arpe de Ucbroldt . Milracarpa Uumboldtiuna , Chain, et Sch. Sa lige est droite, à rameaux presque cylindriques et pubescenlsdans leur jeunesse, glabres quand ils sont adultes; les feuilles sonl linéairesohlongut’8 ou lancéolées, piibcscenles et même velues; stipules garnies de quatre ou cinq soies A l'exception du sommet qui est nu; fleurs composant un verticille serré ou une sorte de capitule terminal. Des environs de Rio-Janeiro.
MITKAGYN'E. dot. (R. Brown.) Synonyme de Mitrasacmc. y. ce inot.
M1TRAIRE. Mitraria. bot. Cavanillcs ( Icon . ror.,0, p. 57, t. 579) a établi sous ce nom un genre de la Didynarnie Angiospcrmic, L.,et qui parait avoir quelques affinités avec la famille de* Brgnoniacécs. Il offre pour caractères principaux : calice double : l'extérieur en forme de mitre, et partagé inégalement; l’intérieur .A cinq divisions profondes, inégales, linéaires cl aigues; corolle tubuleuse, renflée, à deux lèvres dont la supérieure est bifide et l'inférieure irifidc; quaire étamine» didynaines, ayant leurs filaments plus longs que la corolle, insérés A la base du tube de celle ci; une cin-
quièmc étamine rudimentaire; ovaire supère, ovale, surmonté d’un style suhiilé et d'un stigmate épais; baie succulente, uniloculaire, renfermant des graines nombreuses, nageant dans la pulpe, luisantes et allongées. Ce que l'auteur de ce genre considère comme la partie extérieure d’un calice double, n’est que la cohérence de deux bractées, ainsi que cela s'observe sur un grand nombre de plantes qui appartiennent à la classe des Monopétales. Ce caractère semble donc moins important que s'il dépendait d’une structure particulière dans les enveloppes florales; l’organe dont il s’agit ne faisant plus partie du calice, et devant être rejeté parmi ceux delà végétation, et assimilé aux feuilles, sur lesquelles on ne peut établir de bons caractères génériques.
Mitrmkl Ecarlate. Milraria coccinea , Cavan., loc. cil. Ses tiges sont ligneuses, grimpantes, divisées en rameaux faibles, opposés, obscurément tétragones cl légèrement velus. Scs feuilles sont opposées, quelquefois ternées, portées sur de courts pétioles, ovales, aigués ou allongées, dentées en scie, vertes et légèrement velues à la face supérieure, glauques en dessous. Les fleurs, d’un rouge écarlate, sont ordinairement solitaires, quelquefois géminées ou ternées, axillaires, pendantes et portées sur des pédoncules longs, rudes et épais à leur sommet. Celle plante croit près de San- Carlos, dans Pile de Chiloc.
Gmelin (Syst. regel.) a donné le même nom de Mitra ri a à un genre qui a pour type YEugenia racemosa , L., et qui a été nommé Stravadium par Jussieu.
MITRAL oc MITREFORME. bot. Désignation donnée par Palisot de Reauvois à la bàlc de quelques Graminées et à la coiffe des Mousses lorsque ces organes présentent laforme d’une Mitre.*
MITRASACME. bot. Labillardière (Nov.- Holland. Plant. Spec., I, p. 30, t. 49) a constitué sous ce nom un genre de la Télrandrie Monogynic, L., et il le considérait comme faisant partie de la famille des Scrophularinées. En adoptant ce genre, et proposant le nom de Mitragyne comme plus convenahle. Rob. Brown (Protir. Flor. Nov.- Holland., p. 435) l’a placé à la fin de la famille des Genlianées, parce qu'il a plus de rapports avec le genre Exacum qu'avec aucun de ceux qui composent les Scrophularinées. Voici les caractères qu'il lui a attribués ; calice anguleux, à quatre ou rarement à deux divisions courtes; corolle caduque dont le tube est anguleux, le limbe à quatre divisions profondes et égales; quatre étamines égales, ordinairement renfermées dans le tube de la corolle, rarement saillantes; anthères s'ouvrant à l'extérieur; style bifide à la base; capsules déhiscentes au sommet par les fentes qui séparent les branches du style. Les plantes de ce genre sont des herbes glabres ou poilues; à feuilles opposées, tantôt connées, tantôt rassemblées en rosettes au collet de la racine, et alors la lige est nue. Leurs fleurs sont disposées en ombelles terminales, plus rarement axillaires et solitaires. On doit considérer comme type le Mitrasacme pilosa , Labillard., loc. cil. Celte plante, velue sur toutes ses parties, couchée sur le sol,
feuilles ovales, à fleurs solitaires, axillaires et pédonculées. croit à la terre de Yan-Diémen. Rob. Crown a
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décrit dix -huit autres espèces, lotîtes originaires des environs du Port-Jackson, et de la partie de la Nouvelle-Hollande située entre les Tropiques; il les a distribuées en quatre sections : la première se compose de seize espèces que l'auteur a nommées vraies Milrasacmes (Mitrasacme rertr). Elle est caractérisée par son calice quadrifide, par ses étamines incluses cl insérées sur le milieu du tube de la corolle, par son style bifide à la base jusqu'au moment de l’épanouissement de la fleur, et par son stigmate bilobé. La deuxième section diffère essentiellement de la précédente par son calice bifide. Elle ne renferme qu’une seule espèce à laquelle R. Brown a donné le nom de Mitrasacme paradoxa. La troisième section offre les caractères de la première; mais on n'y retrouve point la structure si singulière du style. Le Mitrasacme counala possède en effet lin style dont la base est indivise même avant l'anthèse, et dont le stigmate est entier. Enfin, dans la quatrième section, l'auteur a placé le Mitrasacme ambigtta, dont le calice est plissé, à lobes concaves, les étamines saillantes, insérées sur l’entrée de la corolle, et la capsule qui finit par se diviser en deux valves.
MITRE. Mitra, non.. II est peu de genres parmi les Mollusques qui offrent des Coquilles dont les formes soient plus agréables et les couleurs plus vives et mieux distribuées. Voisines des Volutes, les Mitres sont des Coquilles qui habitent principalement les mers équatoriales; elles diminuent et disparaissent à mesure que l’on s’éloigne des mers chaudes. Quoique les collines subappeunines présentent à l'état fossile plusieurs grandes espèces, on n’en retrouve plus aujourd'hui que de petites dans la Méditerranée; elles sont d'ailleurs différentes cl fort rares; les environs de Paris en offrent aussi un assez grand nombre dont on ne connaît plus les analogues vivants. Le genre Mitre peut se caractériser de la manière suivante : animal peu connu, paraissant voisin de celui des Volutes; coquille turriculée, suhfusiforme ou cnniformc, à spire pointue au sommet, à base échancrée et sans canal; columelle chargée de pli* parallèles entre eux, Iransverses, et dont les inférieurs sont les {dus petits; bord columcllaire, mince et appliqué.
t Coquilles turriculécs ou bucciformcs, sans dépression sur le bord droit.
Mitre papale. Mitra papalis, Lamk.; i’oluta papa lis, L.. Encycl., pl. 370, fig. 1, a, b. Grande et belle Coquille striée transversalement, surtout dans le jeune âge, avec des points peu profonds dans les stries; ces stries et ccs points disparaissent presque entièrement sur le dernier tour; sur un fond blanc, celte Coquille est agréablement ornée de ladies d’un rouge briquelé; elles sont sériales. Les sutures de chaque lotir sont plissécs régulièrement et couronnées de dents. On voit cinq plis ô la columelle. et le bord droit est souvent dentelé dans toute sa longueur.
t+ Espèces qui ont un sinus sur la lèvre droite. Les Minarets.
Mitre flicaire. Mitra pticaria , Lamk.; l'otiita pli caria. L., Encyclop., pl. 373, fig. 0. C’est parmi les Minarets l’espèce la plus commune cl la mieux caractérisée sous le rapport du sinus du bord droit, qui
est assez profond cl assez semblable à celui dos Clava- I nies.
Mitre eei ivre. Mitra lyrata, Lamk.; Mitra tubdir isa, Lamk., Ann. du Mus., I. xvii, p. 504, n** 56; Encyclop., pl. 375, fig. 1, a, l>. Très jolie Coquille, élégamment ornée de cèles longitudinales, dislanles, étroites, cl dans leur intervalle se voient des slries transverses, fines et peu profondes.
•j-f-J- Espèces courtes, qui ont le bord droit épaissi, renflé dans son milieu.
Mitrb bizonalb. Mitra bizonali* , D.; ColombcUa bisonalis , Lamk., Encyclop., pl. 375, fig. 7, a, b. Lamarck, en confondant plusieurs espèces de Mitres de celle section avec les Colombelles, avait assigné à celles-ci un caractère qu'elles n'ont jamais, les plis à la cotuinelle; ces plis, dans ces Coquilles, sont absolument semblables à ceux des autres Mitres; ils ont dû servir de caractère essentiel pour les replacer dans leurs rapports naturels, et les huit ou dix espèces que l’on connaît font un groupe bien caractérisé parmi les Mitres.
•j-J-j-f Espèces olivaciformes ou conformes. Genre Coxelu, Sovv.
Mitre dactyle. Mitra dactylu», Lamk.; l'oluta dactylos, L., Encycl., pl. 372, fig. 51, a, b.
Mitre cdêrelêr. Mitra crenutata , Lamk.; roluta crenulata, Encyclop., pl. 372, fig. 4, a, b. Quoique la forme des espèces de celte section soit différente de celles des autres Mitres, on doit néanmoins ne pas admettre le genre de Sowerhy, car on arrive à ces formes par des passages insensibles.
MITRE I)E MER. FOL Y P. Ce nom a été donné, par d'anciens naturalistes, h des Psycbodiaires de la famille des Éponges.
MITRE DR NEPTUNE, MITRE POLONAISE, polyp. On a donné ces noms à une variété du Madrepora pi - (eus de Linné, dont Lainarck a fait une espèce sous le nom de Fongic Bonnet, y. Fongie.
MITREMYCES. bot. ( Lycoperdacéet .) Ce genre établi par Nées d'Escnbeck, a pour type le Lycoperdon Itelerogenum, décrit par Bosc dans les Mémoires de l'Académie de Berlin, t. v, p. 87, pl. C, fig. 10. On peut le caractériser ainsi : péridium double: l'extérieur globuleux, ayant son orifice fermé par une sorte décoiffé écailleuse et laciniée sur ses bords ; l'interne arrondi, beaucoup plus petit, fixé supérieurement au pourtour de l'orifice du péridium externe; sporules dépourvues de filaments. On ne connaît qu'une seule espèce de ce genre, qui croit dans la Caroline et dans quelques autres parties des États-Unis; Schweinitzen a donné une excellente description cl une très -bonne figure dans son histoire des Champignons de la Caroline du Nord (Comment. Soc. Kat. Car. Lipsiensis). Le pédicule de celte plante est épais, irrégulier, d'un brun foncé; il supporte un péridium gros comme une petite noix, sphérique, lisse, d'une couleur fauve; la petite coiffe qui couvre son orifice est d'un beau rouge; le péridium interne, beaucoup plus petit que l’externe, est suspendu dans la cavité de celui-ci, qu'il ne remplit pas à beaucoup près. Schweinilz a observé, dans la Pensylranie, une autre espèce de ce genre plus petite et rouge. Il
pense que le Scleroderma pist illare de Persoon doit également se ranger dans ce genre.
MITRÉOLE. Mitreola. dot. Linné avait nommé ainsi un genre appelé d’abord Mitra par Houston , et qu'il avait ensuite réuni à YOphiorhiza, placé par Jussieu dans la famille des Geulianées. Mais ayant étudié avec soin l'organisation des deux plantes nommées par Linné Ophiorhiza Mungos et Ophiorhiza Mitreola, A. Richard a reconnu (Mém. de la Soc. d'Uist. nal. de Paris, 1, p. 01) que ces deux espèces appartiennent non-seulement A deux genres différents, mais que ces deux genres doivent se ranger dans deux familles distinctes. Il a donc ôté la seconde espèce du genre Ophiorhiza, et rétabli pour elle le genre Mitreola qui reste dans la famille des Gentianées, tandis que le genre Ophiorhiza fait partie des Rubiacées. Voici les caractères assignés au genre Mitreola : son calice est à cinq divisions profondes, persistant et libre; la corolle est monopétalc, régulière, presque urcéolée, à cinq lobes. Les cinq étamines sont incluses. L'ovaire est libre, à deux loges polyspermcs; les ovules sont attachés à la cloison. Le style est court, simple, terminé par un stigmate également simple. Le fruit est une capsule terminée supérieurement par deux cornes qui s'ouvrent par leur côté interne.
Mitrêolc oPBiORHizof de. Mitreola ophiorhizoide», Rich., loc. cit t. 3. Elle est originaire de l'Amérique septentrionale et a le port d'un Héliotrope, surtout quant à la disposition de ses fleurs. Sa tige est simple, dressée, glabre, cylindrique, haute d'un pied à un pied et demi; ses feuilles sont opposées, sessiles, ovales, oblongues, aiguès, un peu sinueuses. Les fleurs, fort petites.
' formant une sorte de cime terminale composée d'un | grand nombredcramificalionsrouléesen crosse, comme dans les Héliotropes. Quoique l'ovaire soit terminé par I un style cl un stigmate simples, le fruit est néanmoins bicorne à son sommet. Voici comment se fait ce changement. Après la fécondation, peu à peu la cloison se sépare en deux lames, qui s'écartent l'une de l’autre, et il se forme une sorte de fente qui traverse l'ovaire dans sa partie supérieure, son sommet restant intact. Mais bientôt le sommet lui-mêtne se fend, et chaque moitié emporte avec elle une partie du style.
M1TRÉPI10RE. Milrephorut. irs. Coléoptères télramères; genre de la famille des Curculionides, institué par Scboonherr qui lui donne pour caractères : antennes médiocres, coudées, presque grêles, avec la tige composée de sept articles dont les deux premiers allongés, oheoniques, et les autres fort courts; massue ovale; rostre longiuscule, fort, cylindrique et un peu arqué; corselet ohlong, Insinué à la base, beaucoup plus étroit antérieurement où il se prolonge en une sorte de corne; écusson arrondi, un peu élevé et trèsdistinct; élytres cylindriques, trisinuées à leur base; pieds médiocres, presque égaux; cuisses un peu eu massue; jambes cylindriques, droites; tarses allongés.
MitrEphobe de Wateibolse. Mitrephoru» IValer j housei, Sch. H est noir, couvert de nombreuses écailles serrées et cendrées; rostre nu vers l’extrémité; élytres finement poinlillées; cuisses muliques. Du Brésil.
MITROGÉN1E. Mitrogeniu». ins. Coléoptères hélé-
10 mères; genre de la famille des Mélasomcs, tribu des Nyctélides, institué par Solier qui lui applique pour < caractères : menton presque aussi long que large, ré- j tréci à sa base qui est tronquée, et à sa partie anlé- [ Heure qui a une échancrure anguleuse, très-profonde; pédoncule échancré par un sinus très étroit; palpes maxillaires terminées par un article allongé, les labiales courtes, à articles épais; languette profondément écliancrée; antennes filiformes et velues; premier article court et en massue, le deuxième beaucoup plus court, transverse et nodiforme, les suivants coniques, étroits et à peu près égaux, le troisième excepté; les trois derniers sensiblement comprimés et un peu plus gros que le précédent; corselet légèrement élargi en arrière, avec les angles postérieurs prolongés; sa base est tronquée presque carrément; écusson légèrement saillant; corps ovale; élylres arrondies latéralement; pattes velues; jambes grêles; tarses filiformes, plus courts que les jambes.
Mitrogexie de Dejean. Mitrogenius Ihjcanii, Sol.
11 est noir, ovale; sa tête a une impression anguleuse, bien marquée; les élytres sont d'un cuivreux pâle, mouchetées de noir, principalement le long des bords; chacune d'elles a trois cèles médiocrement saillantes, mais bien marquées. Taille, cinq à six lignes. Du Chili.
MITROPHORA. bot. Necker (Elem. Bot., 11° 20#) a donné ce nom, comme générique, au Fatcriana Cornucopiœ , L., type du genre Fedia du Munich et de De Candolle. F. Fédie.
NITROl'ILLET. dot. L'un des noms vulgaires de la Gesse tubéreuse.
MITRULA. bot. ( Champignons . ) Persoon donna d'abord le nom de Mitrula Heyderii A un Champignon qu'il réunit ensuite «au genre Lcotia sous le nom de Ceotia Mitrula; Fries a rétabli le genre Milrula eu y plaçant plusieurs espèces nouvelles, et il a formé de l'espèce décrite en premier par Persoon une section particulière sous le nom de Heyderia. C es plantes se rapprochent des Clavaire s et des Leotia ; elles présentent un style charnu qui supporte un chapeau en forme de massue ovoïde, parfaitement distinct du slipe libre, même à sa base dans les véritables Mitrula, adhérent au stipe dans les Heyderia ; ce chapeau porte extérieurement, sur toute sa surface, une membrane fructifère. On connaît cinq espèces de ce genre, qui ont été observées particulièrement dans le nord de l’Europe, en Suède et en Angleterre; elles croissent sur les feuilles mortes, et plus spécialement sur celles des Conifères.
M1TSA. bot. Le genre créé sous ce nom par Dojer, dans la famille des Lahialécs, pour une plante de Madagascar. a été réuni au genre Calcus, précédemment établi parLoureiro.
MITSC1IERLICHIA. bot. Le genre de la famille des Nyclaginées, auquel Kunlli a donné ce nom, avait précédemment reçu celui de «Yeea. F. ce mol.
NITTE. a r r ; b x . F. Mite.
M1TU-PORANGA. ois. Espèce du genre Hocco. F. ce
MITZLI.hax. (Nierembcrg.) Synonyme de Couguar. F. Chat.
M1X1NE. Bois. F. Mïxixe.
M1XODË. pois. F. Myxodk-
MIXTINKRYË. Mixtinercis. bot. On dit les feuilles Mixlinervécs lorsque leurs nervures se dirigent en plusieurs sens.
MÎSASIUM. bot. Synonyme de flapatca. F. ce mot.
MISÈMIE. Mnemia. acal. Genre de la famille des Béroides, établi par Lesson avec les caractères suivants corps gélatineux, éminemment contractile, libre, régulièrement pair, lisse extérieurement, avec deux rebords ciliformes sur les côtés et des appendices autour de la bouche.
Mx&mie de Scuweigger. Mnemia Schtcciggeri, Less. Esc lise h., Ac., pl. 2, fig. 3. Son corps est ovalaire, mutique postérieurement et translucide. On le trouve dans la baie de Rio-Janeiro.
Mxkbik de Kim. Mnemia Kuhli, Less., Eschsch.; Acal., pl. 2, fig. 4. Son corps est également ovalaire, mais deux prolongements tubulés en terminent la partie postérieure. Celte seconde espèce habite les latitudes équatoriales du grand Océan, par ISO” de Greenwich.
MNEMOSILLA. bot. Ce genre de Forskahl a été réuui au genre Hypeconm. F. ce mot.
MftÉMOSINE. 1RS. Espèce du genre Papillon de Linné, placée par Latrcille dans le genre Parnassien. F. ce mot.
MNÉMOSYXE. bot. Synonyme de Tetraphis. F. ce
MNÉSITÉON. bot. Ce nom qui, chez les anciens Grecs, désignait le Genévrier, a été donné par Rafflnesque { F/or. Ludov., p. 67 ) à un genre qu'il a établi dans la famille des Synanthérées, et qui appartient à la Syngénésie superflue, L. Il offre pour caractères essentiels : un involucre à quatre folioles étalées; cala- Ibide radiée, dont les fleurons sont hermaphrodites, à corolles quadrifides; quatre étamines syngénèses; akènes comprimés, membraneux, ailés, couronnés par un rebord épais; réceptacle nu. Si ces caractères sont exacts, le genre Mnésiléon est très- remarquable parmi les Synanthérées, par le nombre quaternaire des parties de sa fleur. Mais l'auteur n'aurait-il pas observé une variété accidentelle, au lieu d'une structure constante, qui seule peut motiver l'établissement d'un nouveau genre? On est d'autant plus autorisé à faire cette réflexion, que le nombre des parties de la fleur varie assez souvent dans la même espèce, parmi les plantes qui appartiennent à diverses familles dont la corolle est monopétale. Quoi qu'il en soit, Raffincsqtie a formé son genre Mnésiléon de deux espèces sous les noms de Mnesileon album et Mnésiléon luteum. La première a des rapports avec le Buphtalmum anguslifolium de Pursh. Ces plantes sont indigènes de la Louisiane.
MNËS1THÉE. Mncsithea. bot. Genre de la famille des Graminées, institué par Kunth qui lui assigne pour caractères : épillels h trois fleurs dont la supérieure hermaphrodite, a deux paillettes, l'inférieure elliplicooblongue et concave, enveloppant la supérieure; une glurae antérieure, oblique et oblongue; deux squamimiles tronquées et glabres; trois étamines; un ovaire sessile et glabre; deux styles terminaux, avec des slig-
males plumeux. Ce Relire, formé aux dépens du genre Rottbollia de Robert Brown, appartient essentiellement au climat de l'Inde, et les espèces qu'il comprend sont peu connues; elles ont en général leurs feuilles assez larges et planes, leurs épis cylindriques et articulés, leurs épillcls géminés et opposés.
MxésituEe lisse. Mnesilhea lævis, K.; Ilollbollia loris. Retz. Scs chaumes sont ascendants, feuillés seulement jusqu’à la deuxième ou la troisièuiearliculalion; les autres articulations sont garnies de gaines d’où sortent trois ou quatre pédoncules longs de plus d'un pied; les articulations inférieures sont demi cylindriques, presque triangulaires, les supérieures sont arrondies; les feuilles sont courtes, carénées, munies de poils à l'orifice de leur gaine; les épis sont simples, droits, articulés, garnis à chaque articulation de deux épillcls latéraux et alternes; la valve extérieure du calice est oblique, ovale, cartilagineuse, parfaitement lisse; l'intérieure de même longueur, très-mince, membraneuse, ainsi que celles de la corolle. De Tranqtiebar.
NN ESTOTHÊLÉ.. l/nct/o/Ae/œus. bot. Épithète donnée par Allan, aux plantes dont la fleur offre simultanément un ovaire et un orgaue mâle.
MM AU K. Mniarutn. bot. Genre de la famille des Parouychiées, et de la Monandrie bigynie, 1.., établi par Forster sous ce nom qu'ont adopté Labillardière et
R. Brown : Banks et Gærtner, après lui, le nomment JJiloca. Son calice urcéolé, divisé jusque vers son milieu en quatre parties, porte insérée à sa gorge une étamine unique. Sou ovaire libre renferme un seul ovule, et est surmonté d'uu style biparti. Sou fruit est un ulriculc renfermé dans le tube endurci du calice persistant. Sa graine renversée présente un périsperme embrassé par un embryon à radicule supère. Les deux espèces de ce genre, qui croissent l'une cl l’autre à la Nouvelle-Hollande, sont de petites herbes, couvertes de feuilles courtes, opposées, tonnées à leur base, rapprochées et subulécs.Les pédoncules bitlorcs portent, vers leur sommet, quatre bractées et s'allongent après la floraison.
MMOPSIDE. Mniopsls. bot. Genre de la famille des Podostémécs, MonadelphieDiandrie, L., établi par Mariais, pour une petite plante herbacée, qu'il a observée dans la province de Goyazane, au Brésil, près de
S, c-Maric. Caractères : spalhe inonophylle, globuleuse, campanulée. fermée verticalement et incisée; point de calice et de corolle; trois étamines hypogynes, accolées à l'ovaire sur l'un de ses côtés; celle du milieu est linéaire, comprimée, bilide au sommet, portant quatre anthères insérées deux par deux, sur chacune des deux divisions du filament; les deux étamines latérales sont privées d'anthère3; ovaire globuleux ; point de style; un stigmate déprimé, bitide et quelquefois à trois divisions; capsule supère, bilocuiaire et bivalve; cloison orbiculaire, comprimée, plane, portant de petites semences anguleuses.
Mkiopmde des su laces. Mniopsis statut iginum , Mari. Ses racines sont fibreuses et très menues; la tige est droite, garnie de feuilles demi embrassantes, alternes, distiques, imbriquées presque horizontalement, ptesque setni or biculaires, avec le bord irrégulièrement |
denticulé et le milieu du dos écbancré, subbilohé; leur couleur est le vert obscur; les stipules sont presque semblables aux feuilles, mais infiniment plus petites, adnées cl transversalement décurrenles; la spathe est verte; l'ovaire est d'abord coloré en rouge pourpré, qui bientôt passe au brun. Ou trouve celle plante tapissant les parois voisines des sources et des fontaines.
Dtiuiorlier a proposé sous ce même nom de Mniopsis un sous-genre de Jungermannes qui serait caractérisé par des feuilles périchéziales, libres et conformes aux autres; par l'absence de colésule; par une coiffe exserle et nue. Le Jungermannia Uookeri serait le type de ce sous genre qui, s'il était adopté, devrait nécessairement changer de dénomination, vu l'antériorité de celle adoptée dans le paragraphe qui précède.
MN’IOTILLE. Mniolilla. ois. Genre de l’ordre des Insectivores, créé par Vieillot qui lui assigne pour caractères : bec court, subulé, droit, entier, comprimé sur les côtés; fosses nasales ovalaires et membraneuses; langue pointue et cartilagineuse; larscs sculellés; pouce robuste, terminé par un ongle allongé; ailes médiocres : première, deuxième et troisième rémiges les plus longues; queue de douze reclrices égales. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce que l'on avait placée à lorl parmi les Sylvies. Elle habite l'Amérique septentrionale et se retrouve assez souvent dans la plupart des îles Antilles, où ses habitudes n'ont rien qui la fasse distinguer des véritables Sylvies.
Mxiotille variée. Mniolilla varia , Vieill.; Sjr , varia, Lath.; Molacilla varia, Lin.; Ficedula dot. nicensis varia , Bris., pl. 27, fig. 5. Sommet de la lét blanc, les côtés noirs avec deux petites bandes blanches; dos et croupion blancs, variés de grandes taches noires; gorge noire; poitrine et ventre blancs, avec quelques taches noires, plus rapprochées sur les flancs; grandes lectrices alaires supérieures noires, terminées de blanc, ce qui forme sur chaque aile deux bandes transversales blanches; rémiges grises, bordées de blanc au côté interne; reetrices noires, bordées de gris bleuâtre. Bec et pieds noirs. Taille, quatre pouces et demi. Des Antilles.
MNILM. bot. Linné et Hedwig, ainsi que Schwægrichen ont donné ce nom à un genre de Mousses, qui a été définitivement réuni au Bryum par llookcr. F. Bry.
MOA. ois. L'un des noms vulgaires du Butor, Ardea stella ri s, L. /'. Héros.
MOACURRK. Moacurra. bot. Ce genre appartient à la famille des Cbailleliacéts de Robert Brown, adopté par DeCandolle ( Prodr 11, p. 57). 11 a été établi par Roxbourg pour un arbuste de l’Inde, qui lui a offert les caractères suivants : fleurs polygames; calice à cinq divisions ou folioles ovales; corolle formée de cinq pétales égaux en longueur, alternes avec les folioles du calice et plus étroits qu'elles; cinq étamines insérées au réceptacle, alternes avec les pétales cl plus petites qu'eux; anthères inlrorses, biloculaires, cordées, longitudinalement déhiscentes; cinq glamlules ovales, op posées aux pétales; ovaire ovale, cordé, un peu comprimé, à deux luges renfermant des ovules géminés, pendant réunis du sommet de la cavité; deux styles
recourbés; stigmate* suhhilnbés. Le fruit consiste en une capsule transverse, ovale, hi lobée, bilorulaire , courte ment bivalve au sommet ; semence solitaire par avortement dans sa loge, inverse, oblmigiie, convexe sur le dos, couverte d’une arille colorée et d'un lest tibreux, spongieuse en dedans; embryon sans albumen ; cotylédons semblables à la semence; radicule courte, supère; pliimule bi -qulnquelobée. On ne connaît encore qu'une seule espèce de Moacurre; c’est un arbuste à nombreux rameaux ascendants dont l'écorce velue et jaunâtre dans la jeunesse, devient âpre, brunâtre et ponctuée de blanc dans l'élal adulte; les feuilles sont alternes, courleinent pétiolées, largement lancéolées, acuminées, très-entières, minces, glabres, â stipules subulées et velues; les Heurs sont petites, réunies en faisceaux axillaires. De l’Inde.
NOBULA. rois. Dans son Ichlhyologie sicilienne, Kaffinesque établit sous ce nom. aux dépens des Raies, lin genre qui pourrait bien rentrer parmi les Céplialoplères, et n'éirc que le Mobular de Duhamel, que Cuvier regarde comme une espèce établie sur des Poissons mutilés.
MOBULAR. pois. Duhamel cite sous ce nom une espèce du genre Céphaloptère.
MOCANÈRE. Mocancra. dot. Genre décrit par Linné fils (Suppl. 30) sous le nom de f^isnea. auquel Jussieu a substitué celui de Mocancra , sous lequel il était connu aux Iles Canaries dès avant la conquête. Ce genre a été placé à la Hu de la famille desOnagraires. Mais il ne parait avoir aucun rapport avec cet ordre naturel, ainsi qu'on le verra par la description suivante de son organisation, qui, faite d'après nature, s’éloigne en plusieurs points de celle qu'on lui avait attribuée. I.c Mocancra Canariensis est un moyen arbrisseau toujours vert. Ses tiges sont cylindriques cl rameuses; ses feuilles, assez dures, sont alternes, elliptiques, Irèscourleinent pétiolées, inégalement dentées, à dénis peu profondes; leur face supérieure est glabre, et l'inférieure porte quelques longs poils couchés. Les Heurs sonl solitaires ou géminées à l'aisselle des feuilles, portées sur des pédoncules recourbés, longs de quatre à six lignes et tomcnleux. offrant chacun à leur sommet deux bractées fort petites et â peine perceptibles. Le calice est monosépale, persistanl, à cinq divisions profondes et obtuses, dont trois extérieures, et deux plus intérieures, minces et membraneuses sur leurs bords; la corolle est monopélale, rolncée, à cinq lobes obtus et très profonds. Les étamines sonl en nombre variable. Le plus souvent on en compte de dix-huit à vingt dans les individus cultivés; ces étamines sont insérées à la i base de la corolle, plus courtes qu'elle, un peu inégales, ayant leurs filets grêles, courts et glabres, leurs an- J Ibères terminales sagiltées, inlrorscs, biloculaires, terminéespar une longue pointe, l/ovaire est libre, ovoïde, ! allongé, terminé en pointe à son sommet qui se confond insensiblement avec le style, hérissé de poils. Le style est simple et velu à sa partie inférieure, Irifide et glabre à son sommet, dont chaque division est lermi- j née parut) stigmate peu distinct. L'ovaire, coupé transversalement, offre (rois loges contenant chacune deux, | très- rare ment trois ovules suspendus attachés vers la
partie moyenne de l'angle interne de chaque loge. Le fruit est une soric de noix , charnue extérieurement, â deux ou trois loges contenant chacune deux graines et accompagnée 5 sa base par le calice qui est persistant.
Celle description s'éloigne du caractère tracé par Jussieu -. 1" par la corolle, qui est bien certainement monopélale et non polypétalc; 2° par la forme des anthères; 3° et enfin par l'ovaire qui est tout à fait libre. Ce genre ne parait avoir aucun rapport avec la famille des Onagraires. ni par son port, ni par les caractères des organes de la fructification. Il semble au contraire avoir une affinité bien réelle avec la famille des Ternslrœmiacées, et en particulier avec le genre ’J'ern strœmia. En effet, le calice, la corolle, les étamines et l'ovaire paraissent avoir la même organisation dans ces deux genres. Chaque fleur y est également accompagnée de deux bractées. Quant au fruit et à la graine, n'ayant pas encore eu l'occasion de les examiner dans le genre Mocancra, on ne saurait assurer qu'ils offrent la même structure que dans le J’ernstrœtnia, mais les dcscriplions qu'on en donne ne s'oppo sent pas du tout â ce rapprochement qui parait naturel. On pourrait aussi lui trouver quelques rapports avec la famille des Éhénacées, dont il sc rapproche par la structure de sa fleur, mais l'organisation de son fruit l’en éloigne. Le Mocanère est un joli arbrisseau qu'on cultive dans les serres tempérées où il fleurit chaque année. Il lui faut une terre substantielle et consistante, et on le multiplie par marcottes et par boutures.
MOCIJOK. Mochocus. rois. Genre de l’ordre des Malacoplérygiens abdominaux, institué par Joannis pour un Poisson qu'il a observé dans la haute Égypte, aux environs de Thèbes. Caractères : bouche fendue au bout du museau; opercules â branchies mobiles; maxillaires garnis de dents en corde; une nageoire adipeuse accompagnant la dorsale qui est double et rayonnée, mais cou rie et non comme dans les Plotoses où elle va se réunir à la caudale.
Mocbok dü Nil. Mochocus Mtoticus, Joan. Sa télé qui forme à peu près le cinquième de la longueur du corps, est fort large, vue en dessus, et sa plus grande largeur est â l'insertion des pectorales; elle est terminée en avant, en forme de museau, et porte dans son milieu, un sillon assez profond et large, qui se rend en pointe au bout de ce même museau ; dents fort petites, n'existant qu’à la mâchoire supérieure où elles forment un simple rang sur le bord de celte mâchoire; opercule un peu ouvert en dessus; quatre barbillons à la lèvre inférieure et deux â la supérieure, près de la commissure; corps dépourvu d'écaillcs; nageoires pectorales composées de quatre rayons, accompagnées d'une forte épine ou rayon épineux; elles sont armées de forts crochets en arrière et de plus petits en avant; dorsale antérieure de six rayons dont le premier est une forte épine dentelée assez finement et antérieurement; deuxième dorsale de dix rayons articulés; anale de huit; ventrales de six; caudale, un peu échancrée, de dix-huit. La couleur du corps est le gris blanc, avec une teinte rosée, marbrée d’un brun noir; la lèlc plus chargée de celte marbrure que le reste du corps; l'extrémité de
la queue est rouge ; la caudale et la dorsale postérieure sont couvertes de taches noires. Taille, dix-huit lignes.
La piqûre des épines de ce Poisson passe pour trèsdangereuse, parmi les Arabes de l'Égypte. Ce petit Poisson habite ordinairement le fond des eaux et les rivages; il a constamment le ventre appliqué contre terre, ce qui joint à sa couleur, le dérobe à tous les regards, quand il ne remue pas.
MOCHON. pois. Espèce du genre Athérine.
MOCHl’S. BOT. C'est, selon Dodœns, YErvum Ervilia, cl, suivant Cisalpin, le Lattyrus sylvetirf».
MOC1NIA. bot. Le genre établi sous ce nom, dans la famille des Synanthérées, par le professeur De Candolle (Diss et le., 1815) pour une plante du Brésil qu’il avait nommée Mocinia tnutiscoidcs , a été ensuite fondu dans le genre Sliftia de Mikan. y . Stiftia.
MOCINNA. bot . Lagasca (fic»er. et Spec., p. 31) a établi sous ce nom un nouveau genre de la famille des Synanthérécs, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésic Polygamie superflue, L. Les caractères essentiels qu’il lui attribue sont : un involucre ovale, imbriqué; une calalhide radiée; les fleurons de la circonférence peu nombreux; les akènes couronnés d’une aigrette formée de plusieurs paillettes lancéolées et subulécs. Des caractères aussi incomplets ne permettent pas d’établir les affinités de ce genre; on le dit composé de deux espèces ligneuses, Mocinna serrala et Mocinna brachiala , qui croissent au .Mexique, dans les environs de la Nouvelle- Salamanque , et à l'isthme de Panama.
MOCO oc MOKO. max. Nom d’un Rougeur découvert au Brésil par le prince Maximilien de Neuwied, et décrit par lui sous le nom deC'arici rupetdri». Celte espèce est le ty|>e du nouveau genre Kcrodon de Fr. Cuvier, y. Kêbodox.
Buffon appelait Singe de Moco le Tartarin, espèce du genre Cynocéphale, y . ce mot.
MOCOCO. mam. Espèce du genre Maki. F. ce mol. MODAGAN. bot. (Rhéede.) Petit arbre dont les fleurs sont pentandres, inonogynes et à cinq pétales. Son fruit est en forme de poire, cl rempli de beaucoup de graines menues.
MODÈQI E. Modecca. bot. Rhéede (Mort. Malab., vol. 8, t. 20-23) a décrit et figuré sous ce nom quatre plantes qui ont le port des Passiflores, mais qui s’en distinguent essentiellement par plusieurs différences dans les organes de la fructification. Dans son Gênera Plantarutn, Jussieu, en 1780, avait indiqué la formation, avec ces plantes, d’un genre nouveau, et il reproduisit en 1805 (Ann. du Mus., vol. G, p. 106) celte indication dans un Mémoire sur les Passiflorécs. Lama rck (Encyclop., t. iv, p. 208) avait, dès 1795, constitué ce genre, eu fixant ainsi ses caractères : calice monophylle, campanulé, quinquéfide, à divisions ovales et pointues; corolle à cinq pétales vraisemblablement insérés au calice, et alternes avec les découpures de celui-ci; cinq étamines (gynandriques) moins longues que la corolle; ovaire supérieur, slipilé, ovale, surmonté d’un style trifidc supérieurement; capsule pédiceilée, ovale ou obronde, renflée, presque vésiculeuse, uniloculaire, polysperme, s'ouvrant en trois valves; graines I
attachées l'une près de l’autre à un placenta qui règne dans toute la longueur delà partie moyenne des valves. Linné avait cru que le genre Modecca pouvait être rapporté au Conrolculus; cependant par 6on port et ses vrilles, il ressemble aux Ciicurbilacées; son fruit supère le rapproche encore plus des Passiflores, dont j il se distingue surtout par l'absence de la couronne de filets, et par son fruit capsulaire à trois valves déhiscentes. Lamarck a réduit à deux les espèces décrites et figurées par Rhéede, cl il leur a donné les noms de Modecca palmata et Modecca ititcgrifolia. Il a de plus décrit une nouvelle espèce sous le nom de Modecca bracteata. Enfin, Fischer (in If'illd. En uni . Plant., suppt., p. 13) en a fait connaître une quatrième qu'il a nommée Modecca lobata. Ce sont des plantes sarmenteuses, munies de grandes feuilles simples ou multifides, et ayant des fleurs ordinairement disposées en grappes paniculées, axillaires Elles croissent dans les Indes-Orientales.
MODESTIA. bot. Ce genre de la famille des Scrnphularinées, établi par Chamisso (in Linnœa, tu, 4) n'a été considéré que comme une section du genre Stcmodia de Linné.
MODIOLA. bot. Le genre établi sous ce nom par Mœnch (Mcth. Plant ., 020). et qui a pour type le Malca C’a roi i nia na , L., n'a pas été adopté. De Candollcen a fait une des sections du genre Mauve, y. ce mol.
MODIOLE. Modiola. conch. Lamarck est le créateur de ce genre qu'il a démembré des Moules de Linné et de Bruguière. Il est ainsi caractérisé -. coquille subtransverse, équivalvc, régulière, à côté antérieur trèscourt; crochets presque latéraux, abaissés sur le côté court ; charnière sans dent, latérale, linéaire ; ligament cardinal presque intérieur, reçu dans une gouttière marginale; une impression musculaire suhlalérale, allongée, en hache; animal semblable à celui des Moules. Lamarck, dans l'énoncé des caractères, n'admet qu’une seule impression musculaire aux Modioles et aux Moules, ce qui l’a porté à ranger ces deux genres dans la grande division des Monomyaires, quoique réellement ces genres aient deux muscles adducteurs des valves, organisation qui doit les faire replacer dans la méthode parmi les Dimvaires, ainsi que plusieurs auteurs l'ont déjà fait. Les Modioles sont encore peu nombreuses dans les collections. Elles viennent de toutes les mers, et l'on en compte presque autant à l’étal fossile ou de pétrification qu'à l'étal frais. Elles ne peuvent se diviser qu’en deux sections, de la manière suivante.
f Espèces libres, non cylindracées.
Modiole des Papous. Modiola Papuana, Lamk., Anim. sans verl.. I. vi, p. 111, n° I; Chemnilz, Con- ; chyl.,1. vin, t. 85, fig. 757; Favannc, pl,8, îîg. b; Encyclop., pl. 219, fig. 1. C'esl la plus grande espèce du genre. Le plus souvent on la trouve décapée dans les collections. Dans cet étal, elle est d'un beau violet; elle est couverte naturellement d’un épiderme brun. Lamarck cite avec doute le Lulal d'Adansou, et effectivement celle coquille offre bien des différences avec la Modiole des Papous.
Modiole Tulipe. Modiola Tulipa, Lamk., Aniin. sans