‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 98 sur 148 · PLOMBÉ · texte numérisé non relu

PLOMBÉ

Mouette tridactyle. Larus tridactylus , Meyer; Mouette cendrée, Briss. Plumage d’hiver des adultes . parties supérieures d'un cendré bleuâtre; joues finement striées de noir ; rémige extérieure bordée de noir dans toute sa longueur cl terminée de noir, ainsi que les trois suivantes, dont deux ont aussi à l'extrémité une petite tache blanche : la cinquième a une bande noire vers l'extrémité qui est blanche; front, région des yeux et parties inférieures, d’un blanc pur. Bec d’un jaune verdâtre; aréole des yeux rouge; pieds bruns et olivâtres -. longueur du tarse, un pouce quatre lignes : un moignon dépourvu d'ongle remplaçant le pouce. Les jeunes ( Larus tridactylus , GmeL, Mouette cendrée tachetée ou Kutgegbef , Briss.. Buff. , pl. enl. 587) ont les plumes des parties supérieures d'un cendré bleuâtre foncé, tachetées de noir cl terminées de brun noirâtre; le pli et le bord supérieur de l’aile noirs; un croissant noir en avant des yeux ; un grand espace gris bleuâtre foncé sur la région des oreilles, une tache noirâtre vers l'occiput, une large plaque en croissant noirâtre sur la nuque; les rémiges noires; l’ex- Iréinilé des rectrices noire, bordée do blanchâtre, l’extrémité toute blanche; le bec, l’iris et l’aréole des yeux noirs. En robe d'amour, ils ont toute la tête et le cou d'un blanc pur. et le reste du plumage comme en hiver. Dans toute l'Europe.

Mouette variée. Larus nœrius, GmeL, Buff., pl. enl. 200. f'. Molette a manteau noir, jeune.

MOU

MOU

MOUFETTA. bot. C’est le nom d’un des genres établis par Nccker, aux dépens du V alerta nu de Linné, et qui n’a pas été adopté.

MOL'FETTE.Bot.L’undes noms vulgaircsdu Thlatpi U u r*a posions, L.

MOUFETTES, üéol. Même chose que Mofette. V ' . ce mot.

MOI FFETTE. Mephilis. VAX. (On écrit aussi Moufette.) Genre de Carnassiers, très-voisin du genre Marte, et particulièrement du sous-genre Zurille, dont il se distingue cependant à plusieurs égards, et particulièrement par son système dentaire. La mâchoire inférieure a, comme chez les Putois, six incisives, deux canines et dix màchelières, parmi lesquelles on compte six fausses molaires, deux carnassières et deux tuberculeuses; et toutes ces dents sont généralement semblables à celles de ce sous - genre : seulement les carnassières sont divisées par une cavité assez prononcée, en deux parties à peu près égales, dont l’antérieure est formée de (rois tubercules pointus, disposés en Irian- ! gle, et la postérieure, d’un talon terminé par deux tulœrcules aigus et assez minces. Les incisives, les canines, et, parmi les màchelières, les carnassières et les tuberculeuses, sont à la mâchoire supérieure en même nombre qu’à l’inférieure; mais les fausses molaires I sont (de même encore que chez les Putois) au nombre j de quatre seulement. Les incisives sont semblables à celles de toutes les Maries, et il en est de môme des | canines. La première fausse molaire de chaque côté j est très-petite et rudimentaire; la seconde a deux ra- I cinés et une pointe, et ne présente rien de bien remarquable. « La carnassière (dit Cuvier, Dents des Mamm., xxvtu) se fait remarquer par le grand développement du tubercule interne, qui lui donne une grande épaisseur et une forme triangulaire; et la tuberculeuse. par ses dimensions qui sont à peu près les ! mêmes du bord* antérieur au bord postérieur que du j côté interne au côté externe. Chez les Maries, au con- • traire, celte dent n'avait quelque étendue que dans ce dernier sens, et ses tubercules, peu saillants et arrondis, ne se marquaient pas nettement. Chez les Mouffettes, ces tubercules sont devenus très-forts et augu- i leux, cc qui en fait vraiment une dent triturante : il y en a quatre principaux, séparés par des creux assez profonds; mais l’extrême irrégularité de leur figure ne permet pas de les décrire. • Les membres sont penladactyles, comme chez toutes les Martes; et les doigts sont terminés par des ongles arqués, robustes et propres à fouir, comme chez les Zorilles. C’est encore de > ces derniers que les Mouffettes se rapprochent par les J couleurs de leur pelage ordinairement rayé de blanc j sur un fond noir ou noirâtre; et la ressemblance en- j tre ces animaux est si grande, que le Zorille avait été regardé comme une véritable Mouffette parSparrman j et par quelques autres naturalistes, qui regardaient j même son existence en Afrique, comme une preuve j certaine contre la grande loi de géographie physique, établie par Buffon. Les Mouffettes ne sont pas, comme les Maries, de véritables Digitigrades ; elles ont les talons de derrière fort peu relevés dans la marche, et sont, comme on a coutume de le dire, demi- plant i

grades. Leurs organes génitaux ne sont point connus, et leurs organes des sens ne le sout que Irès-peu ; les oreilles sont arrondies, et le mulle est assez étendu. La queue, assez courte, est couverte de très -longs poils, et il parait que l'animal la tient habituellement relevée en panache sur son dos. En outre les apophyses postorbitaires du frontal et du jugal sont presque effacées, caractère qui distingue cc genre de celui des Martes; le nombre des vertèbres caudales est de vingt -trois, et celui des dorsales, de quinze : elles ont ainsi une paire de côtes de plus que le Putois, ce qui n'empêche pas que leur corps ne soit beaucoup plus trapu et beaucoup moins vermiforme que celui de ce carnassier, parce que les vertèbres sont généralement beaucoup plus courtes (Cuvier, Oss. Foss., t. vi).

On voit que l’organisation des Mouffettes est encore très-imparfaitement connue; il en est à peu près de même de leurs habitudes. On sait cependant que ce sont des animaux nocturnes, qui vivent dans des terriers, mais qui, du reste, ont à peu près les mœurs des Putois, et se nourrissent comme eux de petits Quadrupèdes, d’œufs, de miel, etc. Leur nom de Mouffette (Mephitis), et ceux de bêtes puantes, d’Enfanls du diable, etc., qu'ils ont reçus en divers lieux, leur sont venus de l’odeur véritablement infecte qu'ils répandent, surtout lorsqu'ils sont irrités : celle odeur est produite par un liquide onctueux, sécrété par deux glandes qui le versent dans l'anus, et non pas. comme chez les Civettes, dans une poche particulière. Ou trouve de même chez les Putois deux semblables glandes, eu sorte que tes Mouffettes sont encore à cet égard eu rapport avec eux; mais elles les ont beaucoup plus grosses, et plus développées, et leur odeur est aussi beaucoup plus fétide : • elle est si forte, dit Kalm (Voyage dans l’Amérique septentrionale), qu'elle suffoque : s'il tombait une goutte de celte liqueur empestée (de l’urine) dans les yeux, on courrait risque de perdre la vue; et quand il en tombe sur les habits, elle leur imprime une odeur

si forte qu’il est très-difficile de la faire passer

En 1710 il vint un*de ces animaux près de la ferme où je logeais : c’était en hiver et pendant la nuit; les Chiens étaient éveillés cl le poursuivaient : dans le moment il se répandit une odeur si fétide, qu'étant dans mon Ut, je pensai être suffoqué; les Vaches beuglaient de toutes leurs forces. *

Geoffroy pense que la détermination et la distinction des diverses espèces du genre Mouffette sont encore impossibles dans l'étal présent de la science : tous les individus que possèdent les collections zoologiques de l’Europe et que les naturalistes ont pu comparer entre eux, et tous ceux qui se trouvent décrits dans les ouvrages des voyageurs, sont assez différents par les couleurs de leur pelage pour faire regarder comme probable l'existence de plusieurs espèces ; mais ils ne le sont pas assez pour que le nombre de ces espèces puisse être fixé avec quelque certitude. Aussi presque tous ceux qui ont cherché à résoudre cette question difficile, en ont-ils donné une solution différente. Buffon pensait qu'il existe cinq Mouffettes, et il les indiquait sous les noms de Coasc, de Conépate, de Cbincbe, de Zorille (l. xiii) et de Mouffette du Chili (Suppl, vil); mais le Coase, auquel il as-

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-ignait pour caractères d'avoir le pelade généralement brun, cl la queue non touffue, ne parait pas être une véritable Mouffette, et doit être rapporté au genre Marte suivant les uns. Coati suivant les autres. Le Conépate a sur un fond noir cinq bandes longitudinales. Le Chinche est blanc sur le dos, et noir sur les flancs et sur la tête ; sa queue est très-touffue et fournie de trèslongs poils blancs, mêlés d'un peu de noir. Le Zorille (dont le nom a été depuis transporté à un Carnassier du cap de Bonne-Espérance el du Sénégal, y. Marte) a des bandes blanches longitudinales sur un fond noir, et d'autres bandes blanches transversales sur les flancs : sa queue est noire dans sa première moitié, blanche dans sa portion terminale. Enfin la Mouffette du Chili, envoyée au cabinet du Roi par Dombey, a sur un fond noir deux lignes blanches, qui se réunissent vers l'occiput : la queue est blanche. Cette dernière espèce habite, comme son nom l'indique, le Chili : le Conépate est répandu dans la Nouvelle-Espagne, la Louisiaue, la Caroline, etc.; le Chinche et le Zorille sont au contraire propres à l'Amérique équatoriale. Au reste Buffon remarque lui-méme que le Chinche et le Zorille qui ont, commeonlevoil, la même patrie, pourraient bien n'èlrc que des variétés du même animal; et comme le Coase n'est d'ailleurs pas une véritable Mouffette, le nombre des espèces de Buffon se réduit à trois, le Conépate, le Chinche ou Zorille, el la Mouffette du Chili. Lps deux dernières ont seules été admises par Geoffroy, qui ne donne comme espèces distinctes que le Chinche (f'iverra Mephiti» des auteurs systématiques) qu'il appelle Mephitia lalicaudata , et la Mouffette du Chili, qu'il nomme Mephitia Chiienaia. Celle manière de voir a été adoptée par plusieurs naturalistes, et par Fr. Cuvier. Enfin Desinaresl et Ranzani remarquant, d'après Cuvier, que les différentes variétés qu'indiquent les descriptions des voyageurs, rentrent tellement par nuances les unes dans les autres, qu'on est presque tenté ou de n'admettre qu'une seule espèce ou d'en admettre dix-huit, réunissent ensemble toutes les Mouffettes sous le nom de Mephilia A tnericatta . • Nous ferons observer néanmoins, ajoute Desmarest (dans sa Mammalogie, ir* partie), que les variétés qu'elles présentent dans la disposition des bandes blanches de leur pelage, sont le plus souvent assez constantes dans une même contrée, el que l’espèce (s’il n’y en a réellement qu'une) s'étend dans toute l’Amérique, depuis le centre des États-Unis jusqu'au Paraguay, dans les plaines comme dans les pays de montagnes, dans les endroits ; boisés comme dans les lieux découverts. » Desmarest donne ensuite, d'après Cuvier, le tableau des Mouffettes décrites par les voyageurs cl les naturalistes, el in- ' dique leurs caractères avec autant d'exactitude qu'il a été possible de le faire d’après le peu de détails qu'on trouve dans les auteurs originaux : on ne peut donc mieux faire que de renvoyer à son ouvrage, ou aux Recherches sur les Ossements Fossiles de Cuvier (t. tv), en remarquant seulement que les nombreuses variétés admises par ces savants ont reçu, en outre, des noms que l'on a déjà vus, ceux de Polécat, de Conépall , de Mapurilo, de Mapurita, d'Isquiepatl, de Zorra, d'Yagouare, d'Ortohula, de Tamaxla, etc.

Au reste il ne serait pas impossible, comme on l'a aussi déjà remarqué, que quelques-uns de ces animaux dussent être, lorsqu'ils seront mieux connus, reportés dans d'autres genres.

On trouve des Mouffettes dans presque toute l’étendue de l'Amérique; il n'en existe point au contraire dans l'ancien monde -. la prétendue Mouffette du Cap est le Zorille; el la Mouffette de Java, espère découverte il y a quelques années par Leschenault de la Tour, est devenue le type du nouveau genre Mydas.

MOUFFLE. six. Petit fourneau qui sert aux mais de métallurgie, dans l’analyse des minéraux.

MOUFLON*, sas. Ce nom, qui appartient en propre à une espèce du genre Ocist est donné maintenant d’une manière générale à tous les Moulons sauvages, y. Moi -

TOX.

MOUGE. bot. Synonyme vulgaire de Ciste, y. ce mot.

MOUGEOTiA. bot. Ce genre établi par kiinlh (Mov. Gen. A mer. ,5, p. 526), avait été précédemment publié par Yenlenal sous le nom de Hiedla. y. ce mol. Un autre genre Mougeolia avait été proposé par Agardh dans la famille des Algues des Conferves (Sjrat. xxvi); mais il a été reconnu bientôt après analogue au genre Zygncma du même cryptogamistc.

MOULE. Mytilua. sou. Ainsi que tous les Lamellibranches, les Moules qui ont une coquille symétrique et équivalve, sont également symétriques dans leurs parties; le manteau a les lobes égaux, les bords sont libres, excepté sur le dos où ils se réunissent, cette réunion sc prolongeant au delà de la longueur du ligament de la coquille pour donner naissance à une ouverture complète, qui est celle où se décharge l'anus; audessous et postérieurement , les bords des lobes sont assez épais, garnis de tentacules, et leur rapprochement simule assez bien l'ouverture du siphon branchial; cependant on ne peut nommer cette partie un siphon, puisque le manteau reste ouvert depuis l'anus jusqu'à la partie antérieure de 1’auimal; les bords de cet organe sont épais, charnus, fortement adhérents au limbe de la coquille; le reste des lobes est celluleux et souvent chargé d’une substance d’un blanc jaunâtre, qui remplit toutes les cellules. Le système musculaire se compose de deux parties distinctes, les muscles adducteurs et les muscles du pied; les adducteurs sont fort inégaux, l’antérieur étant très-petit, comparativement au postérieur qui est aussi grand que l'impression qu'il laisse; les muscles du pied se partagent en trois faisceaux principaux : les muscles antérieurs qui se fixent presque dans la cavité du crochet, les muscles moyens, que l’on pourrait nommer muscles intrinsèques du pied, qui se bifurquent et sont pour ainsi dire à cheval au centre de la masse commune, à l'endroit de la réunion de tous, et concourent principalement à la formation du pieil; les postérieurs enfin forment une masse assez considérable, divisée en trois faisceaux fibreux, qui s'attachent en rayonnant à la coquille, depuis le muscle adducteur postérieur, en remontant jusque vers le milieu de la longueur du bord. Ce muscle donne principalement naissance au byssus, qui est à la base du pied dans l’endroit où les fibres des rélracleurs antérieurs «t des postérieurs se réunissent et s'entrecroisent d'une

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manière inextricable, en donnant un grand nombre de ■ fibres au pied proprement dit. '

l.es organes de la digestion se composent d'une ou- : verture buccale cachée parties plis labiaux transverses qui se continuent à des palpes, une paire de chaque côté, assez grande, charnue, finement striée; par un œsophage très court, on arrive à une cavité stomacale, ovalaire, remplie de lames ou cryptes hépatiques; cet organe, aussi bien que la plus grande partie des intestins, est enveloppé par le foie, de la même manière que, dans les autres Lamellibranches, l'intestin, après ; plusieurs circonvolutions, remonte vers le dos, ou il se \ place dans la ligne médiane, ou il est enveloppé par le ' cœur, et se termine par un orifice qui se décharge par j l'ouver^rc anale du manteau. Les organes de la circulation sont semblables à ceux des autres Lamellibranches : un cœur fusiforme sur le rectum, deux oreillettes fort milices, deux aortes, etc., comme dans les autres Mollusques du même ordre. Les branchies se composent de deux paires de feuillets très-minces et faciles à déchirer transversalement, l'externe est plus grand que l’interne. Les organes de la génération sont semblables à ceux des autres Lamellibranches (/'. Mollusque}.

Les Moules sont presque toutes marines ; quelquesunes cependant habitent les grands Neuves; elles vivent ordinairement par bancs souvent considérables dans Je voisinage des eûtes, fixées les unes aux autres, ou aux sables ou aux galets du fond de la mer; le plus souvent elles préfèrent les endroits où les basses marées les tiennent à découvert, quelquefois cinq ou six heures; mais celles-ci, pour la nourriture, sont moins estimées que celles qui restent constamment couvertes par les eaux; certaines espèces vivent plus isolément, s’attachent dans le creux des rochers où elles vivent suspendues par leur byssus.

La coquille des Moules est d'un tissu serré, compacte, compose quelquefois d'une très-belle nacre, le plus ordinairement d'une matière calcaire violette, plus ou moins foncée, revêtue d'un épiderme brun, corné, tenace, très adhérent à la coquille; quelquefois il est d’uu beau vert, ou il n'exisle pas du tout sur les espèces, surtout celles qui ont de fines stries. Le genre Moule est caractérisé de la manière suivante : animal ayant un corps ovalaire, plus ou moins convexe; le manteau ouvert dans tout son bord inférieur, depuis les soumets jusqu'à l'ouverture anale, simulant un siphon branchial par son épaississement garni de tentacules dans cet endroit seulement; appendice abdominal, linguiforme, canaliculé dans son milieu, uni par plusieurs muscles réfracteurs, qui donnent attache à un byssus placé à la partie postérieure de la base du pied; bouche simple, labiée, garnie de palpes épaisses et grandes. Coquille longitudinale, équivalve, régulière, pointue aux sommets, se fixant par un byssus; les crochets presque droits, terminaux, pointus; charnière latérale, le plus souvent édentée, quelquefois une ou deux dents obsolètes sur le crochet; ligament marginal, sub-inlérieur; une impression musculaire allongée, en massue, postérieure, une autre très- petite sous les crochets, antérieure. Ou trouve des Moules dans presque toutes les mers ; mais

les plus grandes espèces sont propres aux climats chauds. Les espèces de ce genre peuvent être divisées, comme l’a fait Lamarck, en deux sections.

7 Espèces striées.

Moule de Magellan. Mylilus Mayellanic us, Encyelnp., |>1.'2I7, fig. 3. Coquille oblougue, violette, à crochets blancs, pointus et droits, chargée de gros sillons longitudinaux, grossiers et ondulés.

Moule septifEre. Mylilus bitocularis, Lin.; Encyclop., pl. *18, fig. 5, a, b, et pl. **0, fig. 1, a, b. Es- |>èce remarquable par les stries nombreuses et fines qui la couvrent, aussi bien que par les variétés vertes, brunes ou rouges qu'elle présente; elle est très-reconnaissable par la lame sepliforine qui couvre, à l'intérieur, une partie de la cavité du crochet, de manière qu'une valve isolée a quelques ressemblances avec certains Crépidules.

Espèces lisses.

Moule comestible. Mylilus alu li.s, L.; Encyclop., pl. *18, fig. 3. Elle est d’une taille médiocre, blanche en dedans, excepté le limbe cl l'impression musculaire postérieurs qui sont d’un violet foncé en dehors; elle est couverte d'un épiderme brun, corné; quand elle est polie, elle est quelquefois d’un violet foncé uniforme, et le plus souvent ornée de rayons d'un violet obscur sut uue teinte plus pâle de la même couleur.

Moule d'Afrique. Mylilus ufer , L.; Encycl., pl. 218, fig. I. Elle est couverte d'un épiderme fauve ou vert, subdiaplianc; à travers, ou voit les lignes anguleuses, brunes, en zigzag, qui ornent la coquille; la charnière offre sur les crochets une dent sur une valve et deux sur l’autre. Celte Coquille se trouve sur les côtes de Barbarie.

Les marchands de Coquilles ont appelé :

Molles des Canards ou d' Etangs, les Anodonles.

Molles cylindriques, les Pholades.

Moules des Papous ou Tulipes, la Coquille qui forme aujourd'hui le type du genre Modiole, Mylilus Motliolus, L.

Moules des Peintres, les Muleltes, Unio.

Molles aux Perles ou PerliEres, V Unio margaritifera, et les Pinladines. V . tous ces mots.

MOLLLXSIE. ,1/oM/i/is/a. bot. Genre de la famille des Sapimlacées, et de l'üclaudrie Monogynie de Linné, dédié au botanograpbe Ch. Desmoulins par le professeur Don. Caractères: calice à quatre divisions inégales; corolle composée de quatre pétales inégaux, onguiculés, insérés à la base extérieure du disque; huit étamines insérées entre le disque et l'ovaire : leurs filaments soûl libres; un disque en forme d'anneau, entourant l'ovaire; il est charnu, ondulé et pentagone; ovaire supère, à trois coques; trois styles courts, connivenis el un peu épais. Le fruit consiste en trois drupes comment*, monosomies. dont deux avortent ordinairement; ils cuiitienneul un noyau à deux luges monospermes.

Moilinsik RotiLLEE. Moulitisia rubiginosa , D.; Sapindus rubigiuusus , DC., Roxb., Cor. 1, pl.G2 C'est un arbre d’une hauteur assez considérable , dont les rameaux sont droits el nombreux; les feuilles sont alternes , fort amples, ailées ou piunées, composées de

folioles oblongues, lancéolées, aigues, entières, velues en dessous, opposées , un peu pédicellées, au nombre de buil ou dix; les fleurs sont réunies en panicule droite, terminale, étalée; les ramifications sont simples, élancées; les divisions du calice sont courtes, ovales et obtuses; les pétales sont blancs, glabres, obtus et petits; le style est presque de moitié plus court que les filaments des étamines. Cet arbre se trouve à la côte de Coromandel.

Movlissie ci paxioïde. Moulinsiacupanioides, Gambes. Feuilles brusquement pinnées; quatre ou cinq paires de folioles oblongues, rétrécies à la base et au sommet, subacuminées, péliolulées, très-entières; fleurs réunies en grappes qui forment elles-mêmes un faisceau au sommet des branches ou de leurs ramifications. De Java.

MOCRA. ois. Nom vulgaire du Canard Souche!.

MOI RE Al . ois. Synonyme vulgaire de Rouge-Gorge. y. Sylvie.

MOUREILLER. bot. Quelques botanistes ont substitué ce nom à celui de Malpighia. y. Mupigiiie.

MOURKKL. Mourera. bot. Sous le nom de Mourera ftuciatilin, Auhlet (Riantes de la üuiane. p. 382, t. 235) a décrit et figuré une plante qui forme le type d'un genre de la Polyandrie Digynie, L.. auquel Schreberet AVilldenow ont substitué, sans motifs, le nom de Lacis. Celle plante a une racine rampante, charnue et divisée en radicelles nombreuses, attachées sur les rochers; les tiges sont herbacées, simples, cylindriques, garnies de feuilles alternes, sessilcs, rudes, sinuées, divisées profondément en plusieurs lobes arrondis et crépus comme ceux des feuilles de l'Acanthe, munies en dessous d'aiguillons; les tiges élargies au sommet, convexes d'un côté et creusées en gouttière de l'autre, portent sur leurs bords une longue suite de Heurs très-serrées; à la base du pédicelle de l’ovaire est une gaine lubulée cl entourée de trois bractées: ü n'y a point de calice ni de corolle; les étamines sont nombreuses, placées sur un disque garni de longs aiguillons, à filets violets, dilatés à la base et portant des anthères sagiltées; l'ovaire est strié, pédicellé, surmonté de deux styles recourbés; la capsule est membraneuse, à huit stries, à une seule loge et à deux valves, renfermant plusieurs graines très-petites, attachées à un réceptacle central. Celle plante croit à Cayenne sur les rochers qui barrent la rivière de Sinamari. Elle est entièrement submergée, excepté la partie de la lige qui porte les fleurs.

Martius (Not. Gen. Spec. Plant. Brasil, t. 1, p. 5, t. 2) a décrit et figuré sous le nom de Lacis fucoidcs une autre plante à laquelle il est juste de restituer le nom générique de Mourera proposé par Aublet. Celte espèce a une tige rameuse, dressée ou flottante, des feuilles planes, laciniécs,el des fleurs axillaires, solitaires; elle nage à la surface des eaux, attachée aux pierres, dans la rivière d’Ilahype, de la province de Rohia au Brésil. Martius réunit à ce genre I e Marathrum de Uumboldl et Ronpland. genre placé dans la famille des Rodostémées de Richard et de Kunth.

MOURET et MOl'RKTIA. moll. Adanson, dans son 'oyage au Sénégal , p|. 2, a donné le nom de Mourcl à une coquille que les auteurs ont placée parmi les

Patelles, et qui forme le type d'un genre nouvellement créé par Sowerby.

MOURICOU. bot. (Rhéedc, Mulab. 6, lab. 7.) Synonyme vulgaire d'Erylhrine des Indes, y. Krytiirixe.

MOI HIER. ois. (Charlelon.) Synonyme vulgaire de Mésange à longue queue, y. MIsoge.

MOLRINE. Myliobatis. rois. Genre formé aux dépens des Raies, par Duméril; ce sont les Raies-Aigles ou Aétobales de Blainville; elles diffèrent des Raslenagues, dont elles ont l’aiguillon denté sur deux rangs à la queue, en ce que leur télé arrondie demeure libre, c'est-à-dire que les pectorales ne s'y étendent pas au pourtour. La queue est d'ailleurs bien plus longue, nue, cylindrique et fort pointue; elle a la forme d'un fouet. Les mâchoires sont garnies de dents plales^assemblées comme les carreaux d'uu pavé mosaïque, et conséquemment fort différentes de celles qui caractérisent le sous -genre Pastenague. L'aiguillon caudal des Mourines, souvent double, long, assez dur. trèspuintu. et avec des dentelures d'avant en arrière, est une arme fort dangereuse quand ranimai, pour s'en servir, fouette de sa queue qui produit une grande force de projection, et contribue à porter plus profondément l'aiguillon dans les chairs. C'est par ce mécanisme que les Raies, dont il est question, tuent leur proie quand elle veut fuir et qu’elles ne peuvent s’en assurer autrement. L’espèce la plus répandue, et qui forme le type du genre Mourine, est l’Aigle de mer, appelé aussi par les pécheurs, selon les pays, Ratle- Penade ou Bœuf, Raja Aquila , L., Grael., loc. cit.f Encycl. Pois., pl. 4, fig. 10, qui se trouve dans la Méditerranée et. dit-on, dans l’Océan de toutes les parties du globe. Blainville y ajoute les Aetobatus obtusus, flagella tu, lobatus, Sinensin , Michotii, fit ica udalus, ha status , ocellatus, Xarinari cl Forsterii.

MOURIRIE. Mouriria. bot. Genre de la Décandrie Mouogynie*. L., établi par Aublet (Riantes de la Guiane, p. 432, t. 180), et dont le nom a été changé par Swartz en celui de Petaloma. Il offre pour caractères essentiels : un calice urcéolé, à cinq dénis et muni de deux écailles à la base; une corolle à cinq pétales très-larges inférieurement et attachés sur le bord du calice; dix étamines inégales, dont les anthères sont oblongucs; un ovaire infère, surmonté d'un seul stigmate; une baie couronnée par les dents du calice resserré dans sa partie supérieure, globuleuse, uniloculaire et renfermant quatre graines. Le Mouriria Guianetisis, Aubl.; Petalotua Mouriri , Swartz (Fior. Jnd.-Occ.t 2, p. 835), est un grand arbre dont les branches sont noueuses, garnies vers les nœuds de feuilles opposées; les fleurs peu nombreuses sont disposées en corymbes sur des pédoncules bractéolés. Cet arbre croit dans les forêts de la Guiane.

Une autre espèce a été décrite par Swartz sous le nom de Petaloma myrlilloides . C'est un arbrisseau qui atteint un mètre au plus d'élévation, et dont les rameaux, diffus, portent des feuilles sessiles, uvales-acuiii i nées et très-entières. Les fleurs sont solitaires et axillaires. Celle plante est indigène de la Jamaïque et du Mexique.

MOURON, bot. Nom vulgaire des diverses espèces

du genre Anagallis , L. V. Aragallive. On a élendu cc nom à diverses autres petites plantes; ainsi l'on a appelé :

Mot ro* d'Alouette, le Cerastium vulgare.

Mot ro* blanc ou simplement Mouron, la Morgeline, Al si ne media.

Molro* d'eau, le Satnolua ralerandi.

Moi ru* de fontaine, le Montia fontana.

Mol'Ro* de* Galibis, le Cordia Collococca.

Moi ro* de montagne, le Mwhringia muscosa.

Molro* des Oiseaux, la Morgeline.

Mocro* violet, la Cymhallaire. L ' Anagallis phœnicea est plus particulièrement appelé Molro* male, et le cœrulea Mouron femelle.

MOURONGUE. bot. Four Morongue. y. ce mol.

MOUROUCOA. bot. Genre établi par Aublet pour un arbuste sarmenteux, qu'il décrit et figure sous le nom de Mouroucoa tiolacea, Aublet, Guian., 1, p. 143, t. 54. Cet arbrisseau, qui s’élève et s’enlace autour des grands arbres, offre des feuilles alternes, ovales, glabres, très-entières, coriaces, pétiolées, presque pliées en deux par leur face supérieure. Les Heurs sont trèsgrandes, bleues, disposées en uu corymbe axillaire porté sur un pédoncule commun, long et épais. La corolle est monnpélalc, campanuliforme, à cinq lobes obtus, et les cinq étamines, selon la description et la figure d’Aublet. sont placées devant chacun de ses lobes. Le fruit est une capsule environnée à sa base par le calice. Celte capsule est ovoïde, allongée, terminée en pointe à son sommet. Elle offre trois loges contenant chacune une seule graine.

1UOURRIDE. bot. Synonyme vulgaire d 'Arum maculatum, L. f\ Goiet.

MOURVENC. bot. L’un des noms vulgaires de l'Oxycèdre. y . Genévrier.

MOUSSA, bot. (Gouan.) L’un des noms vulgaires du Zoalcra marina.

MOUSSE DE CORSE, tolyp. Même chose que Mousse de mer.

MOUSSE D'ISLANDE, bot. Synonyme vulgaire de Lichen Islandicus, L.

MOUSSE DU NORD. bot. Nom vulgaire du Lichen rangiferinus, L.

MOUSSEL. ma*. Espèce du genre Lièvre, y. ce mot.

MOUSSELINE, bot. L'un des noms vulgaires de la Chanterelle, Meruliua Canlhareltua.

MOUSSERON, bot. On désigne par ce nom vulgaire plusieurs espèces de Champignons comestibles, fort recherchés des amateurs de bonne chère, et qui croissent en général sur les friches et les pelouses, parmi les Mousses. La distinction de ces Mousserons est en général difficile, la limite des variétés et des espèces, déjà fort embarrassante à fixer dans les végétaux plus parfaits, l'étant encore plus dans des êtres aussi polymorphes que les Champignons.

Le véritable Mousseron, Agaricua Mousseron, Bull., pl. 143; Agaricua prunulua, Fries, etc-, est le plus délicat. Il est commun dans toute l’Europe, mais plus particulièrement dans les provinces un peu méridionales de la France, dans la Suisse et l'Italie. 11 est d'une

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couleur fauve claire, uniforme; son stipe est court, charnu, renflé, sans volva ni collier; le chapeau, trèsconvexe et épais, a la chair blanche et de petits feuillets d'un jaune sale; il croit au printemps.

Le Faux-Mousseron, Agaricua Pseudo-Mousseron, Bull., t. 144, ou Mousseron d'automne, diffère du précédent parson pied grêle, également plein, cylindrique, assez élevé, par son chapeau plus plat et moins épais, par ses feuillets beaucoup plus grands. Sa couleur est ordinairement un peu plus foncée. L'un et l’autre ont un goût et un parfum très-agréables, mais le premier est plus charnu et plus tendre, le second est plus mince et plus sec; le dernier porte, suivant Paulct, le nom de Mousscrons-Godailles, ou de Mousserons de Dieppe. On fait sécher le vrai et le faux Mousseron, et on les conserve tous deux dans cet étal pour les mettre dans les sauces.

Outre ces doux espèces qui sont les vrais Mousserons de France, ou du moins les plus communes, il y en a linéiques autres souvent confondues avec elles. Ainsi Persoon regarde les Prunoli ou Prugnoli des Italiens, comme une espèce distincte du Mousseron de France, et c'est à celle espèce qu'il donne le nom d 'Agaricua prunulua, tandis que Fries a réuni sous ce nom les deux espèces. On emploie encore soiis le nom vulgaire de Mousseron Y Agaricua Orcella de Bulliard, l. 573, f. 1 et t. 501. Il est fort sain, mais moins estimé et plus facile à confondre avec d'autres espèces peut-être nuisibles. Parmi les vrais Mousserons, Paulet a distingué sept espèces sous les noms de Mousseron d’Anuas, de Mousseron gris ou vrai Mousseron, de Mousseron de Suisse, de Mousseron de Bourgogne, de Mousseron blanc, de Mousseron Palomel et de Mousseron Saint- George; mais il est bien difficile d'admettre ces plantes pour des espèces; il est plus prbbable que cc ne sont que des variétés. On peut en dire autant des deux espèces qu'il distingue dans les faux Mousserons ou Mousserons Godailles; l'un est le faux Mousseron de Rulliard; l'autre le Mousseron cheville ou tire bourre de Paulet. qui ne diffère du précédent que par son stipe aminci du bas et se tordant en spirale vers la base par la dessiccation ; quant aux Champignons que le même auteur désigne sous les noms de Mousserons d’eau et de Mousscrons-Godailles des bois, et parmi lesquels il distingue plusieurs espèces ou variétés, ils diffèrent beaucoup plus des vrais Mousserons, leur goût n’a rien d'agréable et leur qualité est suspecte.

MOUSSERONNE. bot. Variété de Laitue.

MOUSSES. Musci. bot. On a d'abord désigné sous ce nom la plupart des Cryptogames terrestres, qui n'étaient ni des Champignons ni des Fougères; mais depuis longtemps on en a séparé les Lichens et les Hépatiques; les premiers n'ayant avec les Mousses proprement dites aucune analogie de structure; les seconds, malgré les rapports nombreux qui les unissent aux Mousses, devant former une famille distincte, mais voisine de celle-ci. Les Mousses véritables sont des plan* : tes cryptogames, dépourvues de vaisseaux, présentant une tige et des feuilles distinctes, et dont les séminules sont renfermées dans une capsule traversée inlérieure- ! ment par un axe ou columelle, et s’ouvrant au moyen

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ü'un opercule ordinairement caduque, mais qui, dans quelques genres, ne se détache jamais.

Tel est le caractère distinctif de cette famille; sa structure a été l’objet des recherches d'un grand nombre de botanistes; les auteurs anciens qui ont commencé à prêter attention à ces petits végétaux sont principalement Dillen. Micheli et Vaillant. Linné, voulant les soumettre à son système sexuel, regarda l’urne comme une étamine, les séminules comme du pollen; il avoua d'abord son ignorance par rapport aux organes femelles ; mais ensuite il voulut les trouver dans des organes verdâtres, granuleux, groupés aux aisselles des feuilles, ou en têtes terminales; d’après les modifications de ces organes, il divisa la famille des Mousses en six ou sept grands genres, et y adjoignit les Lycopodes dont la structure est si différente. Iledwig, à la fin du dernier siècle, soumit tous ces végétaux à un examen attentif, et l'on peut dire que c'est lui qui le premier nous a donné des notions exactes sur leur organisation; on lui doit la connaissance de la structure de la capsule, l'histoire de son développement, la découverte d'organes très-curieux qu'il regarda comme les organes fécondants, des preuves évidentes que la capsule est un organe femelle renfermant des séiniuules, enfin de bonnes coupes génériques établies parmi ces végétaux que leur petitesse et la complication de leur structure rendent encore plus singuliers, l'eu de temps après, Palisol de Beauvois chercha à renverser le système d’Hedwig, cl à prouver que les organes mâles et femelles Sont réunis dans la capsule ellc-inéine ; mais ce système fondé sur des observations la plupart inexactes ne fut adopté par personne; plus lard divers botanistes et particulièrement Richard, et de nos jours llookcr, Grevillc cl Arnolt, admirent que ces végétaux étalent privés d'organes fécondants, qu'ils étaient de vrais Agames. D'un autre côté, Schwægrichen en Allemagne et R. Brown en Angleterre, paraissent soutenir complètement les opinions d'Hedwig, cl ce dernier, dont l'exactitude et l'esprit judicieux sont bien connus, a donné surtout une attention particulière aux organes mâles de ces plantes, dans les derniers travaux qu'il a publiés sur celle famille. Enfin, à ces auteurs qui se sont occupés d'uue manière philosophique de l'élude de celte famille, on devrait ajouter quelques botanistes qui, en multipliant les genres et les espèces sans un examen suffisant, ou d'après des caractères de peu d'importance, n'ont fait qu’embrouiller l'histoire de celte famille. Avant de discuter les deux opinions qui partagcul maintenant les botanistes à l'égard des Mousses. celle d'Hedwig et celle des agamisles, il faut commencer par faire connaître avec soin la structure des organes de la fructification.

On trouve, soit à l'aisselle des feuilles, soit â l'extrémité des liges, des bourgeons composés de feuilles souvent un peu différentes des autres et auxquelles on a donné le nom de feuilles pêrichwliales; elles renferment des organes de deux sortes, tantôt réunis dans le même involucre, tantôt séparés, mais sur la même plante, tantôt portés sur des plantes différentes. L’un de ces organes consiste en une sorte d’ulriculc membraneux, fusiforme, se terminant en un col allongé,

évasé au sommet, traversé d’un canal étroit; dans son intérieur se trouve un corps allongé, sétacé, inséré au fond de cet utricule, charnu et dans lequel on ne peut alors distinguer aucune organisation intérieure. Bientôt cet utricule se renfle, le corps qu'il renferme augmente et s’allonge; l’ulricule se rompt vers la base, le corps intérieur s'allonge toujours de plus eu plus, sous la forme d'un filament grêle, emportant à son sommet la partie supérieure de l'ulricule qui prend alors le nom de coiffe; dans cet éjat, il est membraneux, renflé, et on ne voit que rarement quelque trace de l'ouverture qu’il présentait à son sommet ; l'urne, renfermée dans son intérieur, qui jusqu'alors ne s'était offerte que sous la forme d'un filament grêle et d’un diamètre égal, se renfle vers le sommet, et bientôt on distingue parfaitement le pédicelle qui la supporte, l’urne renfermée dans la coiffe et l 'opercule qui la ferme. C'est à cette époque qu’on commence à pouvoir bien étudier la structure de cet organe : la paroi externe de l'urne est formée par une membrane composée de cellules hexagonales très-régulières; cette membrane s'étend jusqu'à l’opercule, mais elle est parfaitement distincte de celle qui compose celle partie, et dont le tissu est formé de cellules hexagonales, beaucoup plus petites. C’est de son bord supérieur en dedans de l'opercule, que naît lepcm/owicqui peut presque être considéré comme sa terminaison. Intérieurement cette membrane externe est tapissée parune autre membrane qui lui est unie vers son bord supérieur, près de l’orifice de la capsule, et au fond de celte capsule où elle est même portée sur un pédicelle plus ou moins long; du reste elle n'adhère pas à la membrane externe, ou du moins elle n'est unie à elle que très-faiblement par quelques filaments; dans quelques genres même, tels que les Buxbautnfa, Diphyscium , Üartramia, ces deux membranes sont séparées par un grand intervalle vide; dans lotis les cas, elle est très-distincte de la membrane externe par son tissu qui est formé de petites cellules quadrilatères qui, sous le microscope, lui donnent presque l’aspecL d’un damier; cette membrane, qu’on a nommée le sac sporulifère, parce qu’elle renferme immédiatement les iporules ou séminules, est continue inférieurement et supérieurement avec la coin Nielle, sorte d'axe celluleux qui traverse la capsule depuis sa base jusqu'à son sommet. Cette coluinelle est formée d'un tissu cellulaire analogue à celui de la membrane interne, c'est-àdire de cellules quadrangulaires, très-petites, qui sont assez faiblement unies entre elles; elle se continue inférieurement avec le centre du pédicelle et supérieurement elle adhère fortement, à cette époque, à l'opercule : ces deux parties de la columellc ont un aspect très-différent; la partie inférieure presque jusqu’à son point d'union supérieure avec le sac sporulifère, est j verte, les cellules étant toutes remplies de substance i verte, granuleuse; la partie supérieure qui occupe toute la cavité de l’opercule, est au contraire d'un blanc jaunâtre, sans aucun granule vert; c'est entre celle columelle et la membrane interne, et dans une cavité fermée de toute part, que se développent les séminules; elles sont libres dès l'époque où on peut les apercevoir, et ne paraissent d'abord formées que par quelques

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