‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnesChapitre 99 sur 148 · II 0 U · texte numérisé non relu

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cellulès réunies entre elles d'une manière constante et régulière, cl remplies de substance verte granuleuse. On voit, d’après cela, qu’on peut se représenter l’urne des Mousses comme Formée extérieurement d’une membrane celluleuse â cellules grandes et solides, renfermant un sac qui adhère à la membrane externe inférieurement et supérieurement, et qui est traversé par un axe celluleux de même nature que ce sac. autour duquel se trouvent disposées les séminules. A l’époque de la maturité, la coiffe qui recouvrait celte urne se détache, l’opercule se sépare de la columelle au sommet de laquelle il adhérait et tombe; la columelle se contracte dans la plupart des cas et reste cachée au fond de l’urne ; dans quelques genres, tels que le SplacIihum, le Syityliutn, elle continue à faire saillie au dehors de l’orifice de la capsule; enfin dans quelques cas sa partie supérieure reste adhérente aux dents du périslomc. et donne lieu à celte membrane qui couvre l’orifice de la capsule dans les Polytrics, et à laquelle on a donné le nom d'épiphragme. Le périslomc, quoique remplissant des fonctions probablement moins importantes que la plupart des parties que l’on vient de faire connaître, a été étudié avec plus de soin, parce que ses modifications ont offert aux classificateurs des moyens pour distinguer les genres; il manque entièrement dans certains genres dont l’orifice de l’urne est nu; dans un grand nombre, il est formé par un seul rang de dents assez fortes, ordinairement jaunes ou rougeâtres; enfin dans d'autres on trouve, outre ce rang de dents externes, un second rang à l’intérieur de cils beaucoup plus ténus, blanchâtres, ou quelquefois une membrane entière ou laciniée. Ce péristome, soit simple, soit double, prend toujours naissance de la membrane externe de l'urne et jamais du sacsporulifère, excepté dans le Dawsonia, où une partie des filaments naissent de ce sac ou même de la columelle, ce qui parait dépendre de l'adhérence primitive de ces organes avec la membrane externe de l'urne, dans le point d’où naissent les filaments du péristome.

Telle est la structure de l'organe femelle des Mousses, organe dont les fonctions ont été bien déterminées, puisque la germination des séminules qu’il renferme a été observée plusieurs fois. Outre ces organes, on trouve réunis à l’aisselle des feuilles, ou à l’aisselle des sortes de bractées qui composent les rosettes terminales de plusieurs Mousses et particulièrement des Polytrics, de petits corps cylindriques ou fusiformes, d’un blanc grisâtre, portés sur un court pédicelle; ces petits corps sont des sacs formés par une membrane Irèsinince et remplis d'une infinité de granules sphériques ou ovoïdes; lorsqu’on jette ces organes sur l’eau, les granules commencent par s’accumuler vers l'extrémité libre du sac; bientôt ils le rompent cl s’échappent dans l'eau, sans se mêler avec elle cl en formant un nuage de granules; ces organes qu'on a comparés à des grains de pollen, en diffèrent beaucoup en ce qu'ils sont fixés par un bout, par leur déhiscence irrégulière, enfin par la grosseur beaucoup plus considérable des granules qu'ils renferment. Ils ont beaucoup plus d’analogie avec les organes mâles de la Piiulaire et du Marsiléa. dont ils ne diffèrent que par le plus grand nombre et

la plus grande ténuité des granules qu’ils renferment. Ils paraîtraient par ces caractères ressembler plutôt à des anthères uniloculaires, à pollen très-fin, comme celles de certains Conifères. Ces organes ont été observés dans un assez grand nombre d'espèces différentes, pour qu’on puisse être presque certain qu’ils existent dans toutes les Mousses; mais quelles sont leurs fonctions? Ilcdwig les a regardés comme des organes fécondants; R. Brown parait être de ta même opinion, car il les décrit toujours comme les fleurs mâles, dans ses Observations sur la Flore de l'ile Melville. D’autres auteurs n'ont voulu voir, dans ces parties, que des bourgeons ou des gemmules. On ne conçoit pas, s’ils les ont examinés, qu’ils aient pu soutenir une semblable opinion; en effet, ni leur structure, ni leur mode de développement n’a la moindre analogie avec ceux des gemmes de certaines plantes auxquelles on les a comparés; et comment concevoir le développement de bourgeons qui, dès qu'on les met en contact avec de l'eau, se rompent et répandent au dehors la substance qu’ils renferment? Au contraire, ces organes ont tous les caractères des organes mâles, caractères que l’on voit successivement se dégrader dans les familles qui forment, pour ainsi dire, le passage des Phanérogames aux Cryptogames; et la seule chose que, dans l’état actuel de la science, il semble qu'on peut sc demander, c'est de savoir si ce ne sont pas des organes mâles imparfaits, et dont le concours n’est peutêtre pas indispensable au développement des germes. Quant à ces germes eux mêmes que Bronguiard a désignés par le nom de séminules ou de sporules, leur organisation et leur mode de développement parait les éloigner, sous beaucoup de rapports, des graines des plantes phanérogames et leur donner beaucoup plus d'analogie avec les embryons de ces végétaux qui, comme eux, deviennent promptement libres dans l’intérieur de la graine. Dans ce cas, l'urne entière devrait être regardée comme analogue à la graine; cc serait une graine renfermant un grand nombre d’embryons, structure qui n’est pas sans exemple même parmi les plantes phanérogames. Sans prétendre adopter complètement celle opinion qui a encore besoin d'être confirmée par de nouvelles recherches, il est toutefois fort remarquable de trouver dans l'urne des Mousses et dans ses enveloppes presque toutes les parties qui composent l’ovule des plantes phanérogames, et celte manière de la considérer devient surtout très-vraisemblable si on adopte l'opinion de R. Brown sur la structure des fleurs femelles des Conifères; ainsi la coiffe, d’abord perforée au sommet, correspondrait au lesta ou à la membrane interne de l’ovule, l’urne tout entière à l'amande, sa membrane externe à la membrane du chorion ; le sac sporulifère au sac de l’amnios. l'opercule au mamelon qui termine l'amande; la pédicelle ne serait qu'un développement de la chalaze; la columelle serait formée par l’extension du tissu du mamelon d’imprégnation et de la chalaze, extension devenue nécessaire pour la formation et la nutrition d’un grand nombre d’embryons, et dont Brongniard a déjà démontré une sorte d’indice dans la graine roultiembryonéc des Cycas.

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