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PRÉFACE
Il n'est pas un élève, pas un professeur en France, qui n’ait senti le besoin d’un livre spécial sur Homère. Telle est l’organisation desétudes grecques parmi nous , que les élèves de nos colléges, après avoir expliqué dans les classes dites de grammaire, 40 fables d'Esope, quelques dialogues des morts de Lucien, un discours d’Isocrate ou une vie de Plutarque, se trouvent tout à coup transportés, lorsqu'ils passent en troisième, dans le champ, tout nouveau pour eux, de la poésie épique. Ïls ne connaissent encore que la prose ; ils n’ont aucune idée des différents
dialectes de la langue grecque et on leur
donne Homère à expliquer. Ïls l’expliquent ;
mais comment ? à l’aide d’une traduction française, latine ou interlinéaire, à l’aide des notes plus ou moins exactes, plus ou mois explicites, parsemées dans les mille éditions classiques dont fourmille la librairie. Ils l’expliquent, c'est-à-dire qu’ils donnent le sens en gros ; mais entrez dans le détail, demandez Analyse des mots, priez l’éléve de rendre raison de chaque forme, de distinguer celles qui appartiennent exclusivement au dialecte épique de celles qui sont simplement poétiques, où qui sont propres à un autre dialecte
particulier; exigez qu’il ramène les unes etles
autres aux formes de la langue commune; et, quittant un instant le terrain de la grammaire,
interrogez-le sur Ja géographie, la mytholo-
gie, l'archéologie homériques; sur 1 état religieux, politique et domestique des Grecs dans l'âge où vivaient les héros d'Homère.
À ces questions, pour lui toutes nouvelles, il restera muet.
Est-ce la faute de l'élève ? non, avouons-le.
Est-ce celle des professeurs ? pas davantage.
A quoi donc cela tient-il et qui devons-nous accuser de cette ignorance de nos élèves ? la pénurie complète où nous sommes en France de ces livres classiques, si communs en Alle-
magne. Sans doute le professeur, par ses cbservations, peut suppléer en partie à cette absence des livres; mais, resserré dans les étroites limites du temps consacré aux explications, gêné par la multiplicité des matières, il ne le peut que d’une maniére incomplète, décousue, insuffisante ; d’ailleurs des observations orales, fugitives comme la parole, et dont le sort est soumis aux caprices de l'attention et de la mémoire, ne valent pas un livre spécial, où les faits présentés avec ordre, peuvent être interrogés à toute heure, où les solutions peuvent être trouvées aussitôt que cherchées.
Le désir de combler cette lacune déplorable de notre enseignement nous avait suggéré depuis longtemps l’idée de publier sur Homère un travail spécial, destiné à la fois aux élèves et aux professeurs. Familiarisés depuis longtemps avec la langue ailemande, désormais indispensable à quiconque s’occupe sérieusement de philologie, c'est à l'Allemagre, cetle terre classique de l’érudition et des livres élémentaires,que nous sommes allés demander l'ouvrage si vivement réclamé par le besoin de nos écoles. C'était un dictionnaire d’Homère qu’il nous fallait. Mais ce dictionnai. re, tout à la fois complet et portatif, l’Aliemagne elle-même ne le possédait pas encore. Une foule d'excellents travaux, destinés à faciliter . l'intelligence de notre poète, avaient été publiés depuis quelques années ; mais aucun de ces travaux ne répondaitexactementànos vues; c'étaient d’excellents matériaux pour l’ouvrage que nous avions CONÇU, mais Ce n’était pas l’ouyr age lui-même. Nous songions à le composer nous-mêmes avecces éléments précieux, lorsqu’en 1836 parut, à notre grande satisfaction, le Dictionnaire complet d’ Homère et des Homérides, publié par G. Cn.Crusius, sousdirecteur du lycée de Hanovre. C’était pour nous une bonne fortune, c’était la réalisation
de notre plan. Dans ce livre, en effet, se trouvait résumé , sous une forme succincte , tout ce qui est nécessaire pour l'intelligence parfaite d'Homère et des poèmes homériques ; ce n’était pas seulement une liste alphabétique des mots contenus dans Homère, avec leurs diverses significations ; on y trouvait, de plus et surtout, l'explication de toutes les locutions propres à notre poète et V’éclaircissement des nombreux passages que l’irrégularité de la construction ou l’acception particulière des mots rendent ou trop difficiles ou susceptibles de plusieurs interprétations; on y trouvait à chaque mot, et particulièrement à chaque nom propre, toutes les notions dont l’élève peut avoir besoin sur les antiquités, la mythologie, la géographie, en un mot toutes les connaissances accessoires qu’exige la lecture d'Homère. C'était là le répertoire général, l'espèce d’encyclopédie homérique dont nous avions éprouvé le besoin bien plus encore qu'il nese faisait sentir en Allemagne.
Nous donnerons tout à l'heure une exposiion détaillée du plan qui a été suivi dans la composition de ce livre; mais qu'il nous soit permis de justifier tout d’abord, par une revue rapide des différents ouvrages de même genre que l'on possédait déja, le titre qui Jui ἃ été donné de Dictionnaire complet.
Car c’est un des principaux avantages de ce travail d’embrasser, sous un volume qui n'excède pas les proportions d'un livre élémentaire , la totalité des poèmes homériques.
Le dictionnaire lé plus étendu que nous possédions sur Homère est l'ouvrage latin de Daux, qui parut en 1765 sous ce titre :
« Nooum Lexicon græcum etymologicum et reale, cui pro basi substratæ sunt concordantiæ Homericæ et Pindaricæ. » On sait quil embrasse, outre le vocabulaire de Pindare, les mots contenus dans l’Îliade et dans l'Odyssée, avec l'indication exacte des passages où ils se trouvent.
Une dernière édition de cet ouvrage, publiée en 1836, à Leipzig, par Rosr , professeur à Gotha, l’a considérablement amélioré ; d’abord lasubstitution de l’ordre alphabétique à l’ordre étymologique en a rendu l'usage plus commode, et les nombreuses additions ou corrections de l'éditeur l'ont mis à peu près au niveau de l’état actuel de la science. Bien que ce dictionnaire, fruit d’un immense travail, ne puisse ni par son étendue, ni par sa destination, entrer en parallèle avec celui de Crusius, il est cependant vrai de dire qu’il ne renferme pas toutes les richesses de
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la langue d'Homère; par ex.,on y chercherait en vain les mots et les noms propres contenus dans les Æymnes;il est même unassez grand
nombre de mots appartenant à l’Iliade et à
l'Odyssée que l’auteur a complétement omis; par ex. les mots ἄμαθος, ἀμπείρω ou ἀναπείρω; Δυμή, ἐχτάδιος, ἐλάσσων, πολύτρητος, ῥ ῥυαός, φώχη, elc., etc. ; omissions que, dans un travail
d’une aussi vaste étendue, il était μῶν τῷ im-
possible d'éviter.
Il y aun autre ouvrage intitulé: « 275.
SEBERI Argus Homericus > sive index vocabulorum in omnia Homeri poemata »; ce n’est qu'une liste nue et sans explication de toutes les formes homériques, Quelque précieux que puisse être cet index pour l’étude d'Homère , il ne pouvait servir à l’auteur du Nouveau dictionnaireque commeun moyen de vérifier s’il ne lui était point échappé quelque omission. Encore cette collation devait-elle être faite avec défiance , attendu que, depuis Ja publication de ce livre, le texte d’'Homère ἃ subi des τὰκ μον considérables.
Parmi les autres dictionnaires, nous mentionnerons encore celui de Koss, dont il n’a paru, en 1836, qu'un seul fascicule: contenant les commencements de l’A; et les dictionnaires particuliers de l’Iliade et de l'Odyssée, publiés séparément par Luns- MANN. Pour peu qu’on soit versé dans la matière et qu'on examine de près ces deux lexiques, on sait bientôt à quoi s’en tenir sur leur valeur; quant à l'explication des mots considérés isolément, on n'y trouve guère plus de détails que dans les dictionnaires généraux, etsous le rapport des difficultés à aplanir,des notions mythologiques, géographiques ou archéologiques , dont l'élève a surtout besoin, il n’y a rien ou presque : rien.
Restent donc les dictionnaires généraux de la langue grecque; or, on sait que, même en Allemagne, si complets que soient ces dictionnaires , ils ne le sont jamais autant que peut et doit l’être un lexique spécial; d’abord les noms propres en sont généralement exclus, ou, s'ils sont compris dans quelquesuns, c'est toujours avec trop peu de détail.
Nous devons toutefois signaler une exception; nous voulons parler du dictionnaire de Passow,helléniste habile, qui, dans Son savant ouvrage, ἃ eu particulièrement en vue Ja langue d’Homère. L'auteur du Nouveau dictionnaire a su mettre à profit, dans l'intérêt de son travail, les riches matériaux que lui offrait Passow; mais Passow lui-même
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laisse encore beaucoup à désirer; les difficul-
tés du texte homérique n’y sont pas suffisamment éclaircies, et une foule de noms propres , soit d'hommes, soit de pays, ou ne s’y trouvent pas ou s’y trouvent sans les explications désirables. IL suffit d’avoir fait quelquefois usage de ce dictionnaire pour s'être aperçu de ces lacunes, que l’auteur eüt sans doute comblées dans une nouvelle éditivn, si une mort prématurée ne füt venue l'enlever à ses travaux et aux lettres,
Voilà, en fait de lexicographie, les secours que présentait l'Allemagne à ceux qui voulaient aborder Homère et n’être point arrêtés par les difficultés de ce poète.
La France n’est pas plus riche, à beaucoup près; et, malgré les progrès notables qu’ont fait chez noûs depuis quelques années , les études philologiques ; malgré les excellents travaux de MM. Planche, Vendel-Hey}, et surtout de M. Alexandre, nos dictionnaires généraux sont bien loin encore de répondre, comme on le voudrait, au besoin spécial que nous ayons signalé. Un seul pourrait, à la rigueur, y satisfaire; c’est le Thesaurus linguæ græcæ de H. Esrienxe, tel que le publient les nouveaux éditeurs; mais ce précieux monument que la France élève aux lettres grecques avec le concours des sayants de tous les pays, ne saurait être un livre élémentaire , un manuel à l’usage de la généralité des élèves et des professeurs.
Le dictionnaire de Crusius est donc jusqu'à présent le seul ouvrage qui réponde parfaitement, par son plan, au besoin qui se fait sentir, en France comme naguère en Allemagne, d'un travail à la fois complet et suc-
-cinct, sur l’ensemble des poèmes homériques.
Voilà ce qu’il nous importait d'établir.
Aussi, dès que nous avons eu connais sance de cette publication, notre première idée a-t-elle été de faire ce qu’on vient de faire en Hollande, c’est-à-dire de la traduire.
Nous nous sommes donc mis à l’œuvre. Mais comme nous avions déjà à notre disposition les mêmes matériaux dont l’auteur s’est servi pour Ja composition de son livre, et que nous avions soin , tout en traduisant, de remonter aux sources, de consulter les originaux , de vérifier toutes les citations, nous n'avons pas tardé à nous apercevoir que, sous une foule de rapports et dans mille petits détails, l'ouvrage pouvait être considérablement amélioré; de plus, il nous a semblé, dans l’étude des passages difficiles , qu’à côté des diverses opinions expo-
sées, bien que ce fussent celles des maitres de la critique allemande , il était quelquefois possible d’avoir soi-même une opinion; que, même après eux, il restait encore de la place pour des vues nouvelles, non-seulement dans le champ si vaste des conjectures, mais aussi dans le domaine plusresserré des probabilités ; insensiblement nous nous sommes laissés aller à la tentation d'émettre notre sentiment personnel ; et bientôt nous avons pris tant de licence , qu'entre nos mains le dictionnaire de Crusius, presque entièrement transformé, s’est trouvé, non plus traduit, mais refait. Comme il ne serait pas juste de laisser peser sur la tête du sous-directeur du lycée de Hanovre une responsabilité qui nous appartient de droit, nous avons soin de prévenir nos lecteurs, afin que, le cas échéant,on recherche les coupables et que justice soit faite.
Voici maintenant l’exposé détaillé du plan qui a été suivi dans la rédaction de ce dictionnaire. Commençons par l’examiner sous le point de vue grammaæical. Nous croyons, sous ce rapport, avoir rempli, relativement à notre but, toutes les conditions exigées d’un dictionnaire spécial. Ainsi, à côté de chaque substantuf ou adjectif, nous avons mis les formes épiques et poétiques, que les différents cas affectent dans Homère, et le plus souvent nous y joignons l'indication de la forme commune. Mais le verbe surtout demandait une attention particulière. On a eu soin d'indiquer non-seulement les temps
principaux usités dans notre poète, mais
encore les formes épiques et poétiques.
Les personnes et les temps difficiles, dont l’élève aurait eu peine à se rendre compte, se trouvent dans notre dictionnaire, à leur ordre alphabétique, et si l'explication n'y est pas jointe, un renvoi indique le thème auquel on les rapporte, et où l’on peut aller chercher les détails. Nous n’avons pas cru devoir exclure de notre édition les renvois fréquents aux diverses grammaires allemandes. L'étude chaque jour plus répandue de la langue et de la littérature de nos voisins , la nécessité où se trouve aujourd’hui quiconque s’occupe sérieusement de philologie, de recourir à cetrésor d’érudition qu’ils grossissent chaque jour avec un zèle infatigabie, nous ont fait regarder comme utile de les conserver. Ces grammaires sont celles de Turenscu (la grande), celle de Burrmaxn (la moyenne, quelquefois la grande) ; celle de Rosr et enfin celle de Raphaël Kueuxer,
en 2 yol. in-8°, dont M. Bunnour, père,
un des juges sans contredit les plus compétents en cette malière, a rendu up compte on ne peut, plus favorable , ii y ἃ quelques années, dans le journal officiel de l’instruction publique. À côté de la forme ordinaire, nous indiquons souvent la forme poétique équivalente sous laquelle paraït quelquefois le même mot ( par ex. épyw , formes poétiques équivalentes : : ἐέργνυμι, ἐργάθω )3 mais . on sent que cela n’est possible que lorsque cette forme est connue, soit par les lexicographes, soit par les grammairiens. Enfin on a cru devoir, conformément à l'habitude des ‘ grammairiens,rapporter les différentes formes
de chaque racine verbale à la forme qui est:
usitée au présent (cf. ἀχαχίζω,, ἀραρίσχω ; δατέομαι, eic. )
Les étymologies ont été indiquées partout avec le plus grand soin dans les mots dérivés; les mots poétiques, c'est-à-dire qui ne se rencontrent que dans les poëles , ont été signalés par l’abréviation : Poët.; ; ceux qui ne se trouvent que chez les épiques, par Vabréviation : Ep. Il n'était pas toujours facile de faire cette distinction; le dictionnaire de Rosr nous ἃ été, sous ce rapport, de Ja plus grande utilité. Toutes les fois qu'il se présente quelque irrégularité dans la quantité des syllabes, on est entré, à cet égard dans tous les développements nécessaires.
Passons à l'explication des mots et à l’énumération des sens. Îl suffira de jeter un
léger Coup d'œil sur l'ouvrage, pour recon-
naître qu’on ἃ tâché de suivre partout l’ordre naturel de la filiation des idées. Sous ce rapport, les excellents travaux de Passow, de Rosr et de M. Alexandre nous ont été du plus grand secours.
On s’est même attaché, dans cette classification des divers sens, à la rendre saisissable dès le premier coup d'œil au moyen du signe de séparation [[ et du chiffre ou numéro d'ordre qui l'accompagne.
Les sens propres à la voix moyenne ont été partout signalés avec soin et distingués de ceux de la voix active. Dans les mots difficiles , on ne s’est pas contenté de comparer les cominentateurs et les traducteurs modernes ; on ἃ consulté religieusement les Scuozies des anciens grammairiens , le commentaire d'Eustare et le lexique d'APoL- Lonius. On ἃ quelquefois cité littéralement la célèbre traduction allemande de Voss, quand elle a parurenfermer des données précieuses pour l'explication d’un mot ou d’un
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passage. Pour apprécier lesoin quia été apporté à la rédaction des articles d’où pouvait résulter quelque lumière relativement à l’état domestique,religieux, politique et militaire des temps héroïques, il suffira de jeter les yeux sur quelques mots telque βασιλεύς, δῆμος, ἅρμα, eic. ; sur les noms mythologiques , Sur ceux qui désignent les vêtements , les armes , etc. On n’a pas mis moins d’exactitude à indiquer, dans la syntaxe des verbes, le cas qu’ils gouvernent, et les prépositions avec lesquelles ils se construisent ; les particules ontété également l’objet d'une attention particulière, et la grammaire de Kusnner si complète, si riche, sous ce rapport, a été largement mise
à profit. ;
Dans un dictionnaire spécial, qui doit en quelque sorte tenir lieu d'un commentaire perpétuel, il était nécessaire, non seulement de citer les passages expliqués , mais encore de renvoyer exactement à ceux où le même mot se présente dans une acception ou dans une construction différente s1on ἃ également tâché de répondre à ce besoin ; l’abréviation cf. exprime le plus souvent cette sorte de renvois; on a marqué d’une croix, 75) les ἅπαξ εἰρημένα OÙ λεγόμενα; c’est-à-dire les mots qui ne se trouvent qu’une fois.
Afin d'établir une distinction entrelalangue del’Iliade et de l'Odyssée et celle des Hymnes, on a fait précéder d’un astérisque *, les mots. qui ue sont employés que dans Les Hymnes et les autres petits poèmes. Ce même astérisque devant les initiales du mot Iliade ou Odyssée : (* IL. ; * Od. ), imdique que le mot se rencontre seulement dans l'Hliade δ seulement dans l'Odyssée.
Nous avons dit plus haut que le second avantage qu'offrait ce dictionnaire, était l’éclaircissement des passages obscurs. Nous ajouterons ici quelques mots à cesujet. Nous donnons en tête du dictionnaire la liste complète de ces passages ; il est facile de s’assurer qu’il n’en est pas un seul dont nousne donnions au moins la traduction, et lorsqu'il y ἃ lieu à plusieurs interprétations , nous ajoutons toujours les diverses opinions avec les raisons sur lesquelles elles se fondent .
Les noms propres appartenant soit à la mythologie, soit à la géographie, ont été insérés, à leur ordre alphabétique , dans le corps même, du dictionnaire et non, comme ailleurs, mis en réserve pour faire l’objet d’un index à part; deux motifs nous ont engagés à adopter cet ordre : le premier, c'est que souvent ces noms propres sont tirés de noms
* appellatifs dont le voisinage sert à les expli= quer; lesecond, c’est que SA différence d’ac-
1 φόρον 4] diétingtie toujours le nom propre du
nom appellatif , devient plus saillante par le | rapprochement. Dans la plupart des noms . propres qui ne se trouvent point en même - temps comme noms appellatifs , nous indiquons leur signification , le plus souvent d’après Hermanx ( Dissertatio de mythol.
Grœæcorum antiquissima et de ŒEistoriæ græccæ primordiis, Opusc. H, 1827; ; pour
… la mythologie, les principales sources où
nous avons puisé sont M. G. Hermann (Manuel de mythologie d’après Homère et {ésiode, en allemand); E. L. Camwan (1πtroduction à l'Iliadeet à l'Odyssée,en allem.), et ΒΕ. Jacozr (Dictionnaire de mythologie grecque et romaine. ). Pour la géographie,
nous ayons mis à contribution les excellents
onyrages spéciaux publiés sur la géographie d'Homère par une foule de savants , tels que SCHCENEMANN, Voss, Ucxrrs, G. F. Grorz-
. rEN»D, Vorrxer, et plusieurs autres écrits où
le même sujet ἃ été traité en passant, par exemple , la Géographie des Grecs et des
Ἢ De de Manexr : l'Histoire des races
Helléniques par Orrnixp Murrzer Ὁ δου:
. toutefois nous ayons dü nous renfermer dans
les limites de notre cadre, et n'emprunter à ces savants ouvrages que les détails les plus importants, ceux qui se rattachaient d'une
manière essentielle à notre plan.
C'est le texte de Wozr, reproduit dans l'excellente édit. Divor, qui a servi de base à notre travail. Ce qui ne nous a pas empêché d’avoir constamment sous les yeux, pour l'Iliade et l'Odyssée, les éditions de Heywe, de Borne, de SrirzNer et de Crusius ,
(Odyssée complète et 4 chants de l'Iliade » et pour les Aymnes celles d’Izcex , de Her- Mann et de Franke. Outre les notes de ces savants éditeurs, nous avons encore consulté avec le plus grand soin , les remarques de Korpren , de Hernrions , de Nrrzseu , de Nzxcezsac , ainsi que plusieurs écrits particuliers sur la langue d'Homère, comme le Lexilogus de Βυττμανν, et l'ouvrage de Leurs intitulé : de Aristarchi studiis Homericis. Nous avons aussi extrait quelques précieuses observations de la grammatica dialecii epicæ , de Grærenxan, ouvrage qui devait contenir une exposition exacte et approfoñdie de tous les faits que présente le dialecte épique , mais dont il n’a paru malbeureusement que le premier fascicule; les … Remarques grammaticales et critiques de
PRÉFACE. vY
ΘΤΑΡΕΙΜΑΝΝ sur l’Îliade dont il n’a encore paru que le 4° vol. , renfermant les quatre premicr ehants, nous ont été parfois utiles .
Notre intention première était de faire précéder se dictionnaire, #° d’une grammaire du dialecte épique, ou lon éûit trot vées rangées dans un ordre méthodique toutes les règles qu'il nous ἃ été possible de formuler, d’après l’observation exacte des faits grammaticaux signalés dans ce dictionnaire, c’est-à-dire au moyen d’un inventaire complet des poèmes homériques ; 2° d’une introduction à l'étude d’Homère, qui aurait réuni, dans une série de chapitres, toutes les notions que nous fournit Homère sur la civilisation de l’époque où vivaientses héros; ce qui eùt fait de ce livre une sorte d’ Ericyclopédie homérique , ‘un manuel général à l’usage de tous les Homérisants ; mais la crainte de grossir outre mesure un livre destiné aux écoles nous ἃ retenus, et nous.
nous sommes réservés de publier plus tard séparément ces différents travaux. En attendant, les élèves pourront, s'ils le jugent à propos, se servir du court exposé du dialecte
épique , brochure de trois feuilles, que nous
avons publiée tout récemment chez le même libraire. :
À défaut d’une introduction générale ,
telle que nous l’avions conçue, nous inau-
gurerons notre livre par un article très-remarquable, où l'une des parties les plus importantes du travail que nous avions projeté Se trouve traitée d’une manière aussi complète que succincte par le savant traducteur de la symbolique de Creuzer, et que l'auteur, notre ancien chef à l’école normale, a bien voulu, dans son extrême obligeance, nous autoriser à reproduire textuellement.
Nous voulons parler de cette immense question homérique , qui ἃ si longtemps et si bruyamment occupé le monde littéraire, sans avoir été jamais complétement résolue.
Dans cet article, écrit pour l'Encyclopédie des gens du monde, où il a paru récemment , M. Guignaut, membre de l'institut, envisage sous toutes ses faces cette intéressante question, et la présente sousun jour nouveau. Egalement éloignée de l’excessive hardiesse des hy pothèses s germaniques et de notre superstitieux respect pour les vieilles traditions classiques, la nouvelle solution qu’il propose ap-
‘partent au plus pur éclectisme; elle concilie
avec un rare bonheur les différents systèmes qui ont tour à tour prévalu, et nous ne doutons pas que tous les esprits sages ne 86
rallient bientôt à une opinion qui a pour elle la double autorité de l’érudition la plus solide et de la critique la plus saine.
Il ne nous reste plus qu’à consigner ici nos vœux et nos espérances. Puisse ce livre que nous avons coneu et exécuté dans un but d'uulité toute classique , trouver faveur parmi ceux à qui il est destiné! puisse-t-il contribuer, autant que nous le souhaitons, à faciliter | à populariser parmi nous l’étude de cette admirable littérature grecque à laquelle nous avons voué, autant par gout que par devoir, un culte de tous les jours et de tous les instants.
Nous recommandons cet ouvrage à MM.
les professeurs. Si nous n'avons pas craint d'entreprendre , à nos risques et périls, une
PRÉFACÉ.
publication où notre travail n'est pas seul ER
engagé , c’est dans la conviction qu’aujourd'hui, grâce à l'institution des concours d’agrégation, grâce à l’heureuse impulsion qui, des hautes régions de l'Université, s’est rapidement propagée jusque dans les rangs les plus humbles du corps enseignant, il pouvait y avoir enfin chance de succès en France pour les travaux philologiques; c'est dans la conviction que les membres du corps universitaire, jaloux d'encourager les publications de ce genre, voudraient bien , en signalant notre livre à l’attention de leurs élèves , seconder de tout leur pou- ἢ voir notre zèle pour les études grecques et s'associer en quelque sorte à de louables
efforts.
HOMERE, le nom le plus grand, sinon
leplus ancien , de la littérature grecque ; celui . qui futinscrit de bonne heure sur les premiers
. monumen!is conservés de cette littérature, (FZ . liade et l'Odyssée), mais qui s’étendit à une - foule d’autres œuvres, la plupart épiques, de - dates fort diverses , si bien qu'il embrasse , qu il dépasse même, toute la période du dé-
| veloppement original de l'épopée héroïque, - dont il marque à la fois le plus haut essor. L'on ne peut, selon nous , rendre compte, ni des traditions qui s’y rattachent, ni des nom- breux poëmes attribués de siècle en siècle à
. Homère, ni des caractères que présentent ceux deces poëmes qui sont parvenus jusqu’ ànous, qu’en admettant l’idée d’une sorte d’école de
| chantres épiques dont Homère aurait été le chef et serait demeuré le représentant. Cette école, qui fut celle des Homérides, continués jusqu’à un certain point par les rhapsodes s’identifia tellement avec son auteur, devenu pour elle un héros de la poésie et révéréàce titre, qu'elle lui rapporta toutes les œuvres produites en quelque sorte sous son invocation, plus ou moins inspirées de son esprit , en même temps qu’elle composa son histoire de tons les traits principaux de la sienne propre. Homère est donc toutensemble - une personne et un symbole, un individu et - un être collectif. Les premiers linéaments de celte grande figure furent demandés par ses disciples aux portraits des vieux aèdes, con- - temporains de la guerre de Troie, tracés dans . l'Iliade et surtout dans l'Odyssée , aux Tha- - myris, aux Phémius , aux Démodocus. De là . J’immortel aveugle de Chios, tel qu’il se,dé- . peint lui-même par l'organe de l’un des Homérides, dans l’hymne en l'honneur d’Apol- Jon Délien. Il habite l'ile rocailleuse, séjour connu de cette famille de poètes; mais il va - chanter aux fêtes de Délos et dans les autres villes habitées par les hommes, comme les aèdes de l’âge antérieur chantaient à la table