SUR HOMÈRE
ne comprenait pas primitivement des vers iam= | | biques. De là vient que, dans nos collections, | les fragments de ce poëme fi igurent avec plus | sieurs autres, avec les petites pièces, plus ré- ! centes encore, nommées les Épigrammes, avec ἡ la Batr achoïÿomachie , avec les Hymnes || grands et petits, à la suite de l’Iliade et de l'Odyssée, tous ces ouvrages si. divers par Ja date, le caractère, l’importance,n “ayant guëre d'autre lien entre eux que d’avoir été égale ment récités par les rhapsodes, et dont quelques-uns même furent composés, sans doute par ces successeurs , Souvent peu dignes, des Homérides.. | ΤΙ fallut la vaste érudition et l'application Ἵ définitive de la critique à la littérature qui distinguèrent les grammairiens , c’est-à-dire, les littérateurs de l’école d'A lasbaitiiie 5 fallut jes travaux successifs des Zénodote ᾿ des Aristophane de Byzance, des Aristarque, | travaux dont Homère devint le centre, dans. | cet âge de science et de recherches, comme. : il avait été, dans l’âge antérieur, une source FA d’artet de poésie, pour quefnstice fat faite de "4 ces suppositions plus ou moins volontaires. ὁ
Alors le cercle immense des chants successi | | vement groupés autour du nomsymbolique. ! |
d'Homère, pendant quatre ou cingsiècles, se.
rétrécit toujours davantage; alors furent 46--
couverts les noms individuels des auteurs véritables de la plupart des poëmes cycliques, ᾿ ὴ de quelques-uns 465 hymnes, du Margitès, de | la Batrachomyomachie ; alors l’Iliade et l’ 0 ΕΠ dyssée, se séparant de tont Je reste, rentrè— | rent en quelque sorte dans leur mjeense |
solitude sur la limite des temps héroïques ets … |
des temps épiques, admettant seulement dans, ἢ
leur voisinage, quoiqu’en une sphère plus. «|
humble, les CEuvres et Jourset AT héogonie, les plus authentiques, des compositions, décorées d’un autre grand nom , celui d'Hé-, … siode. Homère retrouva donc sa person,
palité disséminée, mais pour la voir se dé- à
composer de nouveau et se diviser entre les.
deux ouvrages quiseuls lui restaient, ou plu. 4 tôt se concentrer tout entière dans l'Iliade au. sens d’une opinion qu'on peut dire la plus.
hardie de l'antiquité. Il s’agit des chorizontes, (ceux qui séparent) , dont nous connaissons:
deux par leurs noms, Xénon et Hellanicus, qu’il ne faut pas confondre avec le logographe de Lesbos. Ces critiques dont le senti-} ment fut qualifié de paradoxe et refuté à ce titre par Aristarque , soutenaient que l’ Iliade et l'Odyssée ne pouvaient avoir eu un seulet même auteur, se fondant , à ce qu'il parait à
mans
r les d'sparates de toute sorte qu'ils faisaient
N 2 transmission jusqu'à eux de ceux de 115 poëmes qu'ils regardaient en général |»mme authentiques, qu'ils tenaient pour les œuvres d'art, des œuvres personnelles, | rarquées dans leur ensemble du caractère 6 l'unité, avec quelque liberté qu’ils en |raitassent d'ailleurs les détails. Le plus |ncien fait historique, ou donné pour tel,
{re se rapporte à cette transmission, COn-
‘erne Lycurgue, le fameux législateur de
PAIE 4 et remonterait par conséquent au | x° siècle, qui fut celui d'Homère, suivant | Hérodote. Lycurgue aurait le premier ap- |lorté dans le Péloponnèse les poésies d’Hoaère, les ayant reçues des descendants de 4} “réophyle, a Samos , d’autres disent à Chios, 1 | li. de lui-même. ‘Nous avons ici }dans tous
ΩΝ se reproduit dès-lors de siècle en iècle, et nous rencontrons bientôt , appelé |»ar son nom , un Homéride de Chios, Cynébus , célèbre pour avoir introduit à Sy racuse es. poèmes d’Homère, non pas dans la xIx° olympiade , mais 450 ou 200 ans lus tôt, pour les avoir considérablement aterpolés , pour avoir même supposé au ieux chantre l'hymne à Apollon, où il le ait en scène sous les trails que nous avons us plus haut.Ces Homérides, manifestement, ‘hantaient ou déclamaient par parties déachées, par rhapsodies, dans les fêtes et ‘ans les réunions, les compositions dont ils ardaient le dépôt dans leurs puissantes méaoires , et à plus forte raison les rhapsodes roprement dits , leurs successeurs, tels que “eux dent Hlkthène. au rapport d'Hérodote, hrobiba les luttes poëtiques à Sicyone, vers ἃ fin du va siècle: Ceux-ci dispersèrent nm lambeaux le corps sacré d'Homère , omme s'exprime un ancien ; et c’est une tongue plainte dans l'antiquité que l'état ie désordre et de confusion où gisaient, ous des titres à part, dont nous ayons wuelques-uns,. les rhapsodies colportées par
TE φὸ
νυν: πω “eme ls “πολυ.
Er
πο, ii
- NOTICE SUR HOMÈRE
eux dans toute la Grèce. ΠῚ en était ainsi à Athènes , depuis longtemps sans doute, lorsque, 500 ans après Lycurgue, Solon, un autre grand législateur, entreprit d'y remédier. Comprenant toute l'importance des chants d’Homère pour l'éducation de ses concitoyens , poëte lui-même d’ailleurs, et nourri de ces chants, il voulut en rétablir la suite telle qu'il la concevait, telle peutêtre qu’il l’avaitretrouvée en Ionie, dans ses voyages, etil ordonna aux rhapsodes de les réciter désormais aux grandes Panathénées, dans un ordre qu’il prescrivit, en se repre-
nant l’un l’autre, comme avaient fait pro.
bablement les Homérides. Dès lors et plus que jamais on sentit le besoin de posséder l’ensemble et le véritable enchainement des rhapsodies homériques, besoin que Pisisirate, aidé d’Hipparque, son fils, et l’un et l’autre des savants de leur temps (parmi lesquels sont cités Onomacrite d'Athènes, Osphée:
de Crotone, Zopyre d'Héraclée, et, selon toute apparence, Simonide de Céos), réussit à satisfaire. Ce fut lui, dit Cicéron, lui, « sa-
vant et lettré entre tous, qui le premier, à ce qu'on rapporte, disposa les livres d’Ho-
mère, auparavant confus, selon l’ordre au-
jourd’hui existant. » Ce fut lui, ajoute Elien, dans un passage capital où il est évidemment l'écho des Alexandrins | qui « révéla l’Iliade et l'Odyssée. » Nul doute que, pour ce grand travail de compilation et d’agencement poétique, exécuté par des
poëtes, Pisistrate ne fut point réduit aux dépositions orales des rhapsodes; nul doute qu’il n'ait eu sous les yeux des manuscrits,
comme peut-être en avait déjà possédé Solon. Mais ce n’en est pas moins à lui , d’une part, que l’antiquité érudite fait honneur,
avec une remarquable unanimité, d'avoir recomposé les poëmes d'Homère, d’avoir donné à la Grèce un Homère complet; et,
d'autre part, il est plus que probable que les manuscrits antérieurs au sien, et plus ou moins partiels qui durent exister principalement dans les villes ioniennes, se fondaient en définitive sur la tradition orale.
Les Alexandrins le savaient aussi; car il est impossible de méconnaitre le résultat de leurs investigations , et comme le dernier mot de leur critique du texte d'Homère,
dans cét autre passage capital dont Josèphe, le défenseur et l'historien de* l’antiquité juive, se fit unearme : « Homère lui-mé 1e; assure-t-on, n'avait point laissé ses poésies écrites; mais,conservées de mémoire en divers
Jieux , elles furent tardivement : recueillies - d’après les chants (c’est-à-dire de la bouche des rhapsodes ) et composées en corps d'ou- vrage; delà les discordances nombreuses -qui s'y trouvent. » | ‘Tout annonce que le sièele d'Homère ne connut point l’écrilure, qu’à cette époque la Grèce ne l’avait point encore reçue de la Phénicie, et que, l'eut-elle reçue, elle ne put avoir, pendant plusieurs 8 géné rations , ni le moyen ni la pensée d'en faire l'application aux œuvres de l'esprit, longtemps et en partie pour celte raison , exclu- -__sivement poétique. Le chant était alors leur
organe unique, leur unique véhicule.et la mé-
moire leur seul dépôt, rhythme , développée, exercée sans cesse, portée à un degré extraordinaire de force et de sureté, Len des institutions locales, comme celle des Homérides, ou générales,
comme les rhapsodes, ces livres vivants.
Les poèmes homériques, de quelque manière que l’on conçoive leur origine, ne “furent donc fixés, rédigés qu'après coup, etlorsqu’ils avaient den subi des modifications considérables, tant de fond que de forme, dans le cours de cette longue transmission orale. L'opération même de la rédaction, surtout de la rédaction définitive, sous les Pisistratides , et par le fait de ce qu'on appelle les diascévastes , c'est-à-dire les arrangeurs, qu'ils soient ou non distincts des rédacteurs primitifs , leur en imposa de nouvelles. Vinrent ensuite les éditeurs proprement dits, Soit ceux que l’on connaissait
par leur nom, tels qu'Antimaque, le célébre:
poète épique de Colsphons et Aristote, s'il fut réellement l’auteur de la fameuse édition de la Gassette , faite pour Alexandre; soit les auteurs inconnus des éditions dites .des Villes ou encore anciennes , dont six sont alléguées, celles de Marseille, de Chios, d’Argos, de Sinope, de Cypre et: de Crète:
"Ces éditeurs poursuivirent, avec plus ou moins d’art et de science, l’œuvre peu ha bile, mais d'autant plus fidèle peut-être, -des diascévastes. Après eux, les grammairiens d'Alexandrie , See deS trésors amassés dans la riche bibliothèque de cette ‘ville par la libéralité éclairée des Ptolémées , -compulsérent tous les travaux, tous les documents antérieurs ; collationnèrent | pour leurs récensions nouvelles et de plus en plus critiques , tous les. manuscrits qu’ils purent découvrir. Or, 115. trouvèrent ‘entre ces manuscrits des différences frappantes, des
soutenue par le.
NOTICE SUR UOMÈRE. ΓΝ
variantes nombreuses, et dans tous, surtout dans les plus anciens, des disparates et des incohérences qu'ils ne réussirent pas toujours à faire, disparaître. Îls y signalérent) une multitude d'’interpolations , d’autant.
plus étendues qu’elles dataient d’une époque plus reculée, οἱ portant quelquefois!
sur des chants entiers, comme le 10° livre” de l'Iliade et toute:la fu dé l'Odyssée, de- | puis le milieu du 25° chant. Ils firent main-basse sur une foule de passages et de | vers isolés, ou toutau moins les notèrent de leurs signes critiques, à titre de suspects. Enfin, Aristarque, celui qui contribua le plus ! à polirle texte d' Homère, à lui donner l'unité de ton et de couleur , commeles dia- | seévastes et les premiers éditeurs avaient pré tendu lui rendre l'unité de la composition Fo | acheva de régulariser l'Ibade et l'Odyssée, en substituant à l'antique division en rhapsodies, de longueur fort inégale, la division symétri- | que en 24 chants, d après les lettres de 1᾽αἱ-phabet. Dés lier l'antiquité eut une sorte de Bible homérique, dont le texte , diversement || modifié depuis , mais seulement dans les dé- || tails, est resté la base de nos manuscrits et de» la HE actuelle. |} Ce rapide exposé suffit pour démontrer que | les Alexandrins, quand ils prenaient de telles :| libertés avec les grands poèmes homériques , | savaient bien ce qu’ils faisaient, savaient qu'ils avaient affaire à des ouvrages transmis jusqu’à eux dans des conditions tout à fait particu— lières, qui motivaient, qui autorisaient même, ces libertés. Maintenant,allèrent-ils plus loin, et les plus hardis d’entre eux, les chorizontes, cherchant à se rendre compte de la manière dont pouvaient s'être produits et conservés, dans l'absence de l'écriture, ces poëmes qu'ils rapportaient à deux auteurs ‘différents, conçurent-ils des doutes sur l'unité d'origine de chacun d’eux , et par conséquent sur l’unité de leur composition ? On l’a dit, maisrienne le prouve , et il était réservé aux temps modernes de disperser de nouveau les membres du poëte, comme avaient fait les rhapsodes ; de voir dans l’Iliade et dans l'Odyssée la production commune et successive des Homérides; dans Homère, tout au plus leur chef et leur maître , sinon le symbole de la réunion tardive de leurs chants; dans Pisistrate, dont l'œuvre pourtant était déjà bien assez divine aux yeux des anciens, non pas le restaurateur définitif , mais le véritable créateur del'épo- | pée grecque » au moins pour le plan ét pour | l'ordonnance. (6 qui n’avait été, au xvi° sié-
le, qu’ une boutade de mauvaise critique chez
saubon ; à la Es du XV, qu’une réaction
| épisode de la. fameuse querelle des anciens
1 des modernes (Francois Hédelin ou l'abbé δι λοι Charles Perrault, Houdard de Motte), devint, dés les prérnieres arnées du Ἀγ" , Un symptôme sérieux de l’esprit philopreique de ce siècle, de son dédain pour la radition , de ses sceptiques hardiesses, et de pplication qu'il en ferait à la littérature
I ‘comme à tout le reste. Deux génies bien différents, mais éminents l’un et l’autre, Richard
et Giambaïttista Vico , le précurseur de la philosophie de l’histoire, ouvrirent les deux oies par lesquelles on pouvait espérer d'arriver à la solution du problème homérique, dés lors posé, et que Vico trancha Ὁ premier coup, en niant la personnalité [NS Homère. Cette tentative audacieuse, qui ’|'amit en avant l’idée mal définie d’une poésie populaire et spontanée , opposée à la poésie d' art et de réflexion , eût d’abord peu de re- |'tentissement. Robert Wood (Essay on the ori- (gnal Genius of Homer, 1769), inspiré par Me spectacle des lieux décrits dans l’Iliade, et transporté par l'imagination dans les temps lanciens de la Grèce, se plaça, ainsi que J.-J. Rousseau , à un point de vue analogue , mais LE simple et plus yrai, pour juger les Chants ΜΙ lomère,qui, selon eux, avaient dû être pro- 115 sans l'intervention de l'écriture. Mais il fallait la publication inattendue ; faite en 17 88, par Villoison, d’après un manuscrit de Venise, du texte de Tilade avec les signes critiques des Alexandrins et les précieuses scholies compilées sur leurs commentaires ; ;il fallait le renouvellement des études philologiques dans les grandes écoles de l’'Allema- \gne,pour que les recherches trouvassent une base solide et prissent un essor de plus en plus assuré. Fr.-A. Wolf vint, Doué. d’un esprit pénétrant et d’une érudition profonde, occupé dès longtemps d’une récension nouvelle dès poèmes homériques, et frappé plus qu'un autre de ce qu'offraient de singulier leur histoire et celle des travaux dont ils ‘avaient été l’objet dans |’ antiquité ; il eutreprit de résoudre la question de leur origine , et, dans ses célèbres Prolégomènes , publiés en1 795, il éleva les conjectures de ses devanciers à Το πίζως d'une hypothèse scientifique à laquelle son nom est resté justementattaché. Lcrut pouvoir démontrer, par tous les argu-
NOTICE SUR HOMÈRE
caliger le fils, qu'un doute savant chez Ca-
, paradoxale ΠΡ ἡ τ classique ,
Bentley, le prince des philologues anglais, .
XF
ments que lui fournirent de concert la critique et l’histoire, non-seulement que l’Iliadeet } Odyssée n’avaient pas étéécrites dans le prin-. cipe, qu’elles n'avaient pas dû l'être > Mais que , formées successivement de la réunion de chants originairement distincts et appartenant aux membres divers d'une même famille poétique, elles n'étaient devenues de véritables épopées que par le travail des siècles et surtout par la compilation de génie faite au temps des Pisistratides et sous leur influence. Proclamant son fameux autant que faux axiome : Sero Græci didicerunt iotum ponere in poesi, il leur dénia toute unité primitive de plan et d'exécution, et fit honneur de l’ordonnance que rar y admirait bien avant Aristote, que les plus 8 œrands esprits parmi les . modernes n’ont cessé d’y admirer , au siècle même où la poésie épique avait perdu son originalité. Quelques restrictions que Wolf ait apporté plus tard à son système , tandis que d’autres, tels que Héyne, son rival, l’exagéraient; quelques transformations que lui aient fait subir les plus illustres de ses disciples, ἃ... Hermann, par exemple, en admettant un dessin, un noyau primordial de l'un et de l’autreouvrage, une petite Eliade et une petite Odys-. sée, développées peu à peu par voie de continuation ou d’interpolation dans l'école des
-Homérides, l’idée fondamentale demeure ,.
l'épopée n est plus une œuvre personnelle , une œuvre spontanée ; ; Homère est deshérité de sa création.
Il ne faut donc pas 8 ’étonner si des objec-. tions graves s’élevèrent dès l’abord contre l'hypothèse de Wolf, malgré les lumières inattendues que ses iravaux jetaient sur la question ; si les nouvelles et vastes recherches des Payne Knight, des Nitzsch,des Welcker, des ©. Müller, ont de plus en plus ramené.les esprits à l’idée de l'unité première des compositions homériques ;, si, au moins pour chacun des deux poèmes pris à part, levieil Homère se trouve de nos jours presque complétement réhabilité. Sans doute on a été trop loin dans la réaction, en essayant. de prouver que ces poèmes furent, comme tous les autres en Grèce, écrits dès l'origine : ils témoignent eux-mêmes du contraire par des indices de tout genre, et les faits extérieurs. viennent à l'appui de ces indices. Mais il n’est pas vrai non plus que, sans l'écriture, n’aient pu être ni transmises, ni surtout composées, des œuvres poétiques de cette étendue; qu’elles n’aient pas eu d’ubjet dans les temps où les place l’histoire; que leur dispersion dans La
bouche des rhapsodes, image de leur état primitif, exclue la possibilité d’une création individuelle, d’une grande conception d'art; qu’enfin, et malgré l’artifice d’une rédaction savante et d’une élaboration prolongée, elles manquent en elles-mêmes d’enchaîvement, d'harmonie, d’unité véritables. Nous l’avons dit ailleurs, à propos de la Théogonie d’'Hésiode (1), bien autrement incohérente au premier abord, bien autrement chargée de disparates,deremaniements, d’interpolations, quoique si peu considérable, et où pourtant nous croyons avoir fait ressortir une pensée fondameniale,une organisationréelle : « L’erreur des systèmes modernes nous parait consister striout dans un point de vue faussement critique, où, tout en distinguant 165 œuvres de la haute antiquité de celle des temps postérieurs, on leur demande des conditions d'art qu’elles ne peuvent remplir, tandis qu'on méconpait d’autres conditions bien plus
hautes sous l'empire desquelles elles furent et qui firent leur supériorité. Cet
produites, âge des Homère et des Hé:iode, plus que ceux quisuivirent, fut capable de grandes créations poétiques, dont les matériaux, poétiques déjà, s’accumulaient depuis des siècles. C’est une époque de fécondité puissante, où l’imagination et la mémoire, l'inspiration et la ré- flexion s’allient dans des proportions inouïes pour enfanter les premiers chefs-d’œuvre d’un art tout spontané. C’est le temps des naiveset merveilleuses synthèses de la foi et de la pensée, temps auquel ne saurait sans dan- .ger s’appliquer notre moderne esprit d’analyse... De là cette fausse direction qui égara la philologie à la fin du dernier siècle dans ses recherches les plus ingénieuses et les plus profondes d’ailleurs, et qui, sous son scalpel, finit par réduire en poussière quelques-uns des plus beaux monuments du génie humain »
En effet, les grands poëmes qui portent le nom d’Homère ne sauraient, quoi qu’on en ait dit, être considérés comme des poésies purement populaires, plus ou moins fortuitement amalgamées : ceux qui l'ont prétendu se trompent d’époque et se placent en dehors de toute histoire, en même temps qu’ils se méprennent sur le caractère esthétique de ces poèmes. Les chants populaires de la Grèce antique, les epea, qui célébraient les exploits des héros, leurs aventures, leurs malheurs, s'étaientsuccedés duraut bien des générations,
(1) ΚΣ οἷν la Dissertation intitulée de La T'héagenie d'Hésiode, Paris, 1835, in- 8e.
NOTICE SUR HOMÈRE. “© 1
- de leurs épopées, hitations évidentes des.
- temporains des piéneesee olympiades, et vers
avaient subi déjà bien des élaborations, bien: | des transformations diverses, avant que l’épo= |}
pée füt possible ; ils la rendirent nécessaire; |
ils s'y transfigurérent en s’y organisant, lors | ll qu'après une longue suite d'aèdes ou de simples chanteurs parut un poëte, nom qui, chose | remarquable, se rencontre pour la première | fois dans l'Odyssée, comme cet ouvrage nous | a conservé Ja tradition des espèces de bardes | qui furent les prédécesseurs d’'Homère. Il 4 a plus : si le nom d'Homère est significatif, s’il fut, ainsi que tant d’autres, un titre relatif à ja profession du poëte, un monument de l'invention qu’on lui rapportait, le sens qu ‘| implique est précisément celui qui caractérise || son œuvre ; Iomère, c’est l’auteur d’un en- | semble, le créateur d'un tout poétique. Aïnsi | se tronve reporté au sein des temps de grande. | inspiration, à l’époque culminante de Ja ρό- ἢ riode épique de la Grèce, ce travail de com-, | position et d’ orient de l'épopée, que, Wolfattribuait au vi‘ siècle avant notre ère 1 |
La nd), geo
aux siècles des derniers poètes cycliques. Ainsi
s'explique le contraste singulier que l’on observe entre les Chansons de geste, comme on. | peut les nommer, des vieux aèdes , tels que | Phémius et Démodocus, qui racontent en une journée la prise de Troïe ou le retour des chefs et le développement si riche et si vast d'une action beaucoup plus ἘΠΕ dan Y'Iliade et dans l'Odyssée. Ainsi, d’un autre côté, ce phénomène, trop peu remarqué 108-qu’à ces derniers temps, de la place déjà οὐ-} cupée par ces poëmes, dans une étendue ap-.| prochant de leur étendue actuelle, Jorsque parurent ceux qui, d’abord, se groupèrent | autour d'eux pour former pet à peu ce qu'on appela plus tard le cycle épique. Stasi-l nus de Cypre, Arctinus de Milet, Hagias de | Trézène, d’autres encore, choisirent les sujets
‘épopées homériques, dans les antécédents ous dans les conséquents de celles-ci; aucun d” eux n’imagina d’empiéter, soit Sur Plliade , soit. sur POdyssée ; aucun d’eux ne reproduisit ni la même action, ni les mêmes scènes, ne traïta, la colère d'Achille ou le retour d'Ulysse. Il en résulte qu à l'époque de ces poëtes, con—
le milieu du vrn° siècle avant notre ère, l Et liade et l'Odyssée existaient dans un certain! ensemble et comme types respectés de toute | cetie série concentrique de poèmes dont elles” furent le noyau. Ajoutez que la plupart de, ces premiers cycliques sont mis en rapport avec Homère ou donnés pour ses disciples,
NOTICE SUR HOMÈRE
si bien qu'on ἃ pu, non sans quelque vrai— semblance, les classer parmi les Homérides.
Nous pensons, au reste, que, dans l’intervalle qui s’écoula entre l'apparition d'Homère et la fixation par l'écriture des deux chefsd'œuvre décorés de son nom, fixation tardive, d’abord partielle peut-être, mais pourtant de beaucoup antérieure à leur rédaction définitive sous les Pisistratides, des circonstances durent exister qui, si nous les connaïssions bien, nous révéleraient le secret tout entier de leur composition, aussi bien que de leur transmission, sans le secours de cet art. La vie tant publique que pr ‘vée des Joniens, à cette époque reculée, qui fut celle du premier essor de leur civilisation, après les temps héroïques de la Grèce et dans les siècles, inspirés de ceux-ci, qui les suivirent, nous est malheureusement trop peu connue, Nous entrevoyons toutefois que le chant, et en particulier le chant épique, y tenait une très-grande place, non-seulement aux fêtes
et aux réunions solennelles des jeux, mais.
dans mainte autre occasion; qu’il y était la nourriture morale des peuples et comme le pain de chaque jour. Qui nous empêche de croire qu'avec la curiosité passionnée de ces peuples, avec Ja vigoureuse imagination et la mémoire non moins énergique de leurs poëtes, avec les matériaux de plus en plus poétiques qui s'étaient amassés jusqu’à eux d'âge en age, ces artistes populair es (comme Jes appelle” le chantre de l’Odyssée, qui fut Jus d'eux) ont pu, sur un plan ébuet d’un seul jet, exécuter l’une après l’autre les diffé . rentes parties d’un long poëme, les réciter à mesure en [65 rattachant toujours à ce plan, se continuer ainsi eux-mêmes dans une suite de journées, et intéresser jusqu’au bout leurs auditeurs captivés par le fil du récit non moins que par le charme des détails ? Leurs disciples étaient là, poëtes eux-mêmes, dociles ἃ l'inspiration du maitre et fidèles à sa voix, pour recueillir successivement les chants successivement échappés de sa bouche, pour les faire retentir après lui dans les solennités, pour se les transmettre selon l’ordre qu'il avait fixé, selon le mode qu'il avait établi, comme ün héritage sacré, come le titre de leur mission ; car 115 étaient ses fils au moins en esprit, ils se vantaient de descenüre de Jui, ils s ’appelaient les Homérides. Les ana- Jogies ne manquent, dans l’histoire de la poésie et de la littérature grecques, ni pour celte transmission orale, disciplinée, pour ainsi dire, qui, même au temps de l'écriture,
se perpétua par les didascalies lyriques et dramatiques ; ni pour Îles longues récitations en public, pour les exhibitions poétiques s’enchaînant les unes aux autres, se continuant de journée en journée, d’où procédérent, à l’époque du drame, les trilogies et les tétra— logies; ni, qui le croirait? pour la maniere de composer, dans laquelle l’unité d’un plan ‘conçu d'avance s’alliait avec l’exécution,avec la publication partielle, isolée, plus ou moins indépendante, des diverses portions de ce plan, peu à peu rattachées les unes aux autres, remaniées après coup, et fondues à la fin dans un grand ensemble, soit par l’auteur lui-même, soit par ses héritiers et $es continuateurs. Ainsi composait encore Hérodote si semblable à Homère, quoique en des temps différents ; qui fut aux logographes ce qu’Homère avait été aux aëèdes ; qui créa l'épopée en prose, mais qui 18 créa par intervalles, par parties détachées ; äont les histoires ont tant de rapport avec les rhapsodies, et dont l’œuvre totale ne fut probablement recueïllie et définitivement organisée qu'après sa mort. L'idée d’un tel mode de composition est celle qui peut le mieux rendre compte de ce qu’il y a de particulier et d’originaire dans le plan. un peu vague, dans l'ordonnance peu serrée, peu symétrique, en un mot dans l’allure propre de ces épopées de chant et de journées, où le fil du récit se rompt sans cesse et sans cesse se renoug, et qui se décomposent si aisément dans leurs parties. intégrantes, parce que chacune de ces parties dut former un petit tout dans le grand.
Le restè s’explique par le mode de transmis-
sion, par les reman'ements, les continuations,
les intercalations des Homérides, par l’intervention des rhapsodes qui brisèrent le faisceau traditionnel, par celle des diascévastes qui travaillèrent à le réformer, par les isterpolations des uns et des autres, toutes choses que nous n’entendons pas nier, d’où provinrent surtout les discordances signalées par les critiques anciens, mais qui, à notre sens comme au leur, se concilient avec l’unité première de conception, d'exécution même, jusqu’à un Certain point de chacun des deux grands poëmes homériques.
Ce serait une tâche laborieuse et dont le leu n’est pointici, d'entreprendre de prouver nos assertions par une analyse détaillée du plan, de l’économie intérieure, de Ja contexture générale de l’Iliade et de l'Odyssée.
Nous avons voulu seulement, dans le peu de pages qui précèdent, replacer à leur vrai point
de vue historique ces deux plus vieux, ces deux plus beaux monuments de l'épopée grecque, qui firent tomber dans l'oubli, de bonne heure, tout ce qui avait paru avant eux , qui éclipsèrent de leur gloire tout ce qui vint après. Nous avons voulu présenter sous toutes ses faces la question homérique, comme on l’appelle , question déjà soulevée en partie chez les anciens, et que les modernes ont poussée jusqu'à l'extrême limite du scepticisme aussi bien que de la crédulité. On a pu s’apercevoir, du reste, qu'en reconnaissant aux deux poëmes réunis , avec tant d’autres qui leur furent postérieurs , sous le grand nom d’'Homère, le cachet d’œuvres d’art spontanées et personnelles, abstraction faite des modifications qu’ils ont dû nécessairement subir par le fait de la tradition orale , nous inclinons pour l’opiaion qui les rapporte à deux époques successives et à deux auteurs différents. Cette opinion, renouvelée de nos jours avec beaucoup de savoir par l’Anglais Payne Knight, avec beaucoup de talent et de sagacité par Benjamin Constant, nous parait reposer sur un examen impartial de tous les caractères qui distinguent l’Iliade de l’Odyssée , tant dans le fond que dans la forme, malgré. leur air de famille et leur couleur commune. Les disparates qui, dans chaque poème, ne sont ni assez. graves ni assez nomMbreuses pour autoriser le système de Wolf, nous semblent | au contraire, décisives , de l'un à l’autre, en faveur des chorizontes. Ce sont , non-seulement deux états distincts de la vie, des mœurs, des croyances grecques, mais deux moments réellement successifs de l'épopée elle-même, dans son histoire à la fois et dans le progrès de l’art. L’Iliade, poëme de guerre et de batäilles , dut être composée dans des temps, dans des lieux, plus voisins de l’époque des héros dont elle respire encore l'esprit, du théâtre de leurs combats , qu'elle décrit ayec une si naïve fidélité ; elle dut être l’œuvre de l’'Homère achéo-éolien de Cyme ou de Smyrne. L'Odyssée, au contraire, dut prendre naissance dans l’une des villes ὁ ioniennes, à l’ époque du premier essor de leur ue des premières et aventureuses tentatives de leur navigation ; c'est , à bien des égards, une épopée.de marchands et d’explorateurs de terres lointaines, et son auteur fut, sans doute, un Homère , ou , si l’on veut, | le plus ancien et le plus he des Homes soit de Chios, soit de Samos. D'un autre côté, l’Iliade, selon la remarque d’Aristote, est plus pathé-
NOTICE SUR HOMÈRE
tique et plus simple , l'Odyssée plus morale et plus compliquée : c’est-à-dire que dans celle-là domine l'enthousiasme, que le mouyement d’un récit passionné y suffit à l'intérêt, tandis que, dans celle-ci, la réflexion épure le sentiment en même temps qu ’elle produit un plan combiné avec art. Il n’est pas jusqu’à la langue qui, malgré l’uniformité du dialecte épique, ne différencie assez clairement Jes deux poëmes , ne Jeur assigne des dates et peut-être des pairies distinctes , plus naïve et plus rapprochée des formes éoliques dans l'Iliade, plus savante déjà et plus voisine de l'ionien dans l'Odyssée. Cette langue, d’ailleurs, quelque modifiée, quelque polie qu'elle ait été dans le cours des âges par la bouche des rhapsodes ou par la lime des grammairiens , n’en garde pas moins un caractère général d’antiquité relative qui est une dernière preuve à l’appui de notre opinion sur l'origine des compositions homériques. Elle n’est pas une des moindres gloires des chantres de génie qui la créèrent, en même temps que l'épopée etpar une combinaison analogue, en choisissant dans le vieux fonds de 1 ‘idiome achéen, et dans les dialectes qui déjà s’en étaient séparés , les formés les plus riches, les plus ER DTESSIVES les plus sonores , et en les assouplissant par la puissance du rhythme. Nous avons déjà dit que le texte des poëmes homériques revu par Aristarque, dans le second siècle avant notre ère, et qui fut celui de la belle antiquité grécoromaine ὯΝ est demeuré la base des mänuscrits parvenus jusqu’à nous, mais après avoir subi une série de modifications dont les principales datent
du ν᾽ siècle après J.-C., époque où fut
arrêtée la vulgate actuelle. À ce texte vulgaire furent successivement rattachées des scholies, parmi lesquelles celles du fameux manuscrit de l'Iliade à Venise , recueillies au xi° siècle et publiées par d'Ansse de Villoison, tien— nent le premier rang. Eustathe, l’archevêque de Thessalonique , au xu* , composa ses Ilupexbolai 5 vaste travail d'exégèse, où manque la critique , Mais qui n’en est pas moins un trésor de notions précieuses sur tout ce qui tient de près ou de loin à Homère.
C’est d’après le commentaire d Eustathe et
lusieurs manuscrits , que Démétrius Ghalcondyle l’Athénien publia, en 1488, chez les Nerli, à Florence, HA l'Iliade, l'O dyssée, la Batrachomyomachie etles Hymnes, dans l’editio princeps des Homeri Opera, la seule édition que nous mentiornerons parmi les anciennes, avec celle de Henri Es -
LE
NOTICE SUR HOMÈRE
tienne, dans les Poetæ Græciprincipes, Paris, 1566, in-fol. Samuel Clarkeet son fils, depuis 1729, donnèrent à Londres une édition nouvelle d'Homère, en 4 vol. in-4°, avec la tra-
duction latine, les imitations , et de bonnes
remarques de prosodie et de métrique; Ernesti la reproduisit à Leipzig, en l’améliorant, 5 vol. in-8°, 1759-1764, réimprimés en Angleterre et en Allemagne. En 1794-95, six années après la publication de l’Jliade de Venise, par Villoison (1788, in-fol.), F.-A.
Wolf fit paraître, à Halle , la célèbre récension dont nous ayons parlé, chef-d'œuvre de la critique verbale, comme les Prolésomènes de Ja haute critique philologique, sousle titre expressif : Homeriet Homeridarum opera et reliquiæ (incomplète , 2 vol. in-8° ). Cette édition -capitale a été reproduite, ayec une préface importante qui sert de complément aux Prolégomènes , en 1804 et en 1817, 4 vol. in-8°, Vint ensuite l’Zliade de Heyne, moins heureux que Wolf dans la constitution du texte , mais dont l'immense travail sera toujours consulté avec fruit, tant pour les observations que pour les excursus qui en font la meilleure part (8 vol. in-8°, Leipzig, 1802, et un 9° vol. publié depuis par Græfenhan et renfermant les tables). Parmi les . éditions postérieures, nous devons citer avant tout la tentative hardie, mais peu justifiée ,malgré l’ingénieuse érudition de l’auteur, que fit Richard Payne Knight, d’abord dans ses nouveaux Prolesomena ad Homerum, en 1814, puis dans la récension bien plus nouvelle encore du texte, qui prit place à lasuite, en 1820, Londres, in-4°, pour faire remonter non-seu- ‘lement la critique, mais la forme même de ce texte bizarrement archaïse, par lui, au delà de l'époque de Pisistrate. Ce serait déjà beaucoup de nos jours, même après Wolf, de reporter la vulgate homérique à cinq ou six siècles en arrière , jusqu au texte fondamen- - tal d’Aristarque, comme paraît l’entreprendre un jeune philologue de haut mérite, M. K.
Lehrs, dans l’ouvrage qui a pour titre: De
Aristarchi studiis Homericis, Kœnigsb.,1835, in-8°. Les maîtres de la critique, J.-F. Boissonade ( Homeriopera, Paris, 4 vol. in-52), G. Hermann (2 vol. in-8°, Leipzig, 1825) et .G.Dindorf(2 vol.in-8°, Leipzig, 1824 et 1826)
ont été plus circonspects. Spitzner a donné (1832-56) l’Jiade avec des notes choisies, et
l'on attend beaucoup de l'Odyssée, que doit
publier. également dans la Bibliotheca Græca
de Jacobs et Rost (1), G.-W. Nitzsch, celui- (1) Elle paraît à Gothà depuis 1826, in-80.
Jà même qui a déjà donné, en langue Allemande, trois volumes de Remarques explicatives (Hanovre, 1. 1, 1826 ; t. II, 1851; t.IIT, 1840, in-$°) sur ce poëme,et qui semble avoir pris pour tâche de réhabiliter par la science la foi commune à Homère, dans une suite de programmes ou de dissertations, parmi lesquelles nous mentionnerons son Historia Homeri,dont il a paru deux fascicules, in-4°. Il serait trop long d’indiquer en détail même les plus essentiels parmi les innombrables ἰγά-vauxde tout genre dont Homère et ses poëmes ont été l’objet: nous nous bornerons à ce que nous en avons dit dans le cours de cet article, en traitant “16 question homérique.
Ajoutons cependant quelesystème de Wolf a été l’objet d’une exposition pleine de talent, quoique trop exclusive, dans l’ouvrage de G.
Müller intitulé Momerische Vorschule, 92° édit., avec une préface de M. Baumgarten- Crusius, renfermant un jugement étendu des opinions diverses sur la question. Feu Dugas-Montbel nous ἃ donné dans le même espritson Jistoire des poésies homériques, à la tête de sa traduction en français de ces ροέ-sites, la plus complète et la meilleure de toutes, avec le texte revu et un choix judicieux de commentaires, Paris, 9 vol.in 8°, chez Am- ‘broise-Firmin Didot, à qui nous devons une nouvelle édition du texte, accompagnée de la traduction latine et de tous les fragments des poètes cycliques, en un seul volume grand in-8°, dansla Bibliotheca Scriptorum Græcorum(1). En opposition avec Dugas-Montbel,M.ie marquis de Fortia d'Urban a publié, dans l’année 1832, un essai intitulé : Homère et ses écrits, que nous nous permettrons de qualifier d’excentrique à force de foi, comme à force d’hypothèse celui de feu Le Chevalier, sous le nom de Constantin Koliades :
Utysse-Homère, ou du véritable auteur de l'Iliade et de l'Odyssée, Paris 1899, in-fol., avec le supplément, 1832. On peut consulter sur ce point les articles de saine critique insérés par M. Letronne dans le Journal des Savants, années 1829 et 1852, et M. Welcker, qui a très-savamment commenté toutes les traditions sur Homère étles Homérides, à l'appui d’une opinion peu déterminée encore, quant au fond de la question, dans l’ouvrage étendu qui a pour titre : Der, epische Cyclus oder die Homerischen Dichter, Bonn, 1835, 1 vol. in-8°.
(1) C'est à cette édition que nous renvoyons dans nos citations du dictionnaire. (Theil).