‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuseChapitre 15 sur 96 · ROL · texte numérisé non relu

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célèbre dans les fastes de la chevalerie , mort à Roncevaux en 778. On Ta béatifié,' du moins les légendaires le mettent au nombre des bienheureux.

On prétend que Charlemagne le fit enterrer à Blaye en Guyenne, où Ton possède encore son tombeau et sans doute le petit cor dont il sonnait pour appeler Tennemi.

Son braquemar que les chroniqueurs appellent la bonne épée Durandal, fut porté à Notre-Dame de Roquamadour ou du roc de Saint-Âmadour (i), dans le Querci. On raconte que Roland, visitant un jour cette chapelle J fit présent à la Vierge d'autant d'argent que pesait son braquemar. C'est sans doute à cause de cela qu'on donna ce braquemar à Notre-Dame-de-Roquamadour. Il s'égara dans les guerres de la ligue \ et les prêtres le remplacèrent par une lourde masse de fer, que l'on continua d'appeler l'épée de Roland. Les femmes du pays allaient en pèlerinage toucher ce braquemar afin de devenir fécondes (2).

On vénérait aussi à Notre-Dame-du-Mont-Roland , une vieille statue du preux chevalier, qui faisait faire également des enfans aux fenunes stériles. Celles qui avaient le désir d'être mères allaient -gratter un peu le mollet du bienheureux, qui avait une jambe si usée qu'elle ne tenait plus à rien. Elles buvaient cette poudre dans de l'eau

(1) Qui est dans les le'gendes saint Amafeur. . (») M. Dulaure, Description du Quercy, et principaux lieux êè kl France f tome III.

et ne tardaient pas de se trouver grosses , après toutefois qu'un homme avait aidé au miracle.

ROMAIN, — évoque de Rouen au septième siècle. Un dragon furieux ravageant la Normandie , Romain sortît de la ville , avec un scélérat condamné à mort, qu'il tira des prisons \ il prit le dragon par le cou avec son étole , le donna à conduire au criminel qui l'accompagnait ] et le dragon se laissa brûler tranquillement sur la place publique de Rouen. C'est en mémoire de ce grand événement , que tous les ans , à l'Ascension , on promenait en procession l'image d'un monstre que le peuple de Rouen appelait la GargoAUe (i). Le chapitre métropolitain , qui possède la fierté ou châsse de saint Romain , avait autrefois le privilège de délivrer ce jour là un prisonnier condamné à mort.

On conte aussi qu'un jour la Seine s'étant débordée , Romain accourut avec la croix et la fît rentrer dans son Ht.

Son corps, qui fut trouvé entier par l'archcvcquc Guillaume Bonne-Ame , à la fin du onzième siècle , était encore h Rouen à la révohiiion.

Saint Romain , fondateur des monastères du Mont-Jura , et abbé de S«iint-Claude en Fraiichc-

(i) (c Dans une autre fôfc on porte aussi très-religieusement » à Rouen Peffigie d^un hareng ; mais je n'ai pas encore dé- » couvert l'origine de cette ccriimonie. » ( M. Cadet de Gassi~ court. Voyage en Normandie , tome II , Lettre 3*. )

Comté , avait im corps au monastère de Baume^ . et un autre corps à Evora en Portugal.

Outre saint Romain , martyr de Césarée , qui était bègue et qui parla très-nettement lorsqu'on lui eut coupé la langue , il y a plusieurs saints du même nom qui sont assez célèbres , mais dont nous ne connaissons pas les reliques.

ROMARIC , — fondateur de l'abbaye de Remiremont en Lorraine , mort en 653. Son corps était à Remiremont.

Un jour que ses moines avaient soif, et que le pot était vide , Romaric pria , et aussitôt le pot se rempli Weau fraîche. Quoique les moines n'eussent pas fort admiré d'abord ce miracle , ils en tirèrent parti par la suite; car les malades qui buvaient de ce qui restait de cette eau qui ne tarissait point , recouvraient la santé.

On dit qu'une femme lépreuse se trouva radicalement guérie , pour s'être lavée dans un tonneau plein d'eau où le saint s'était baigné.

ROMUALD , — fondateur de l'ordre des camaldules , né à Ravenne , au milieu du dixième siècle^

Sergius, son père, s'était fait moine comme lui. Il s'en repentît au bout de quelques mois , et voulut retourner dans le monde. Romuald n'eut pas plus tôt appris celte nouvelle , qu'il songea à y mettre ordre. Mais les Catalans , chez qui il demeurait alors y ayant découvert que le saint allait

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quitterleur pays , délibérèrent siur les moyens de l'en empêcher. Le meilleur qu ils imaginèrent fut de le tuer , afin de profiter du moins de ses reliques , et des guérisons et autres miracles qu'elles opéreraient après sa mort,

La dévotion que les Gitalans avaient pour lui ne plut point du tout à sainiJRomuald (i) ; il contrefit l'insensé , pour leur persuader qu'il n'était plus saint , et partit nu-pieds , avec un bon bâton pour Ravenne.

Un bon fils doit aider ses parens , comme dit Ribadéneira. Saint Romuald enferma son père dans une petite cellule, lui mit les fers aux pieds, et le rossa si bien avec son bâton , qu'il lui fit revenir la vocation monastique. Quelque temps après , il eut le plaisir d'apprendre que son père était mort très-saintement.

Après avoir rempli de la sorte les devoirs de la piété filiale , Romuald se retira dans une solitude, où des moines à qui ses leçons moroses déplaisaient vinrent lui rendre un soir les coups de bâton qu'il avait*donnés à son père. Le saint assommé résolut de ne plus se mêler du salut des autres; mais il rejeta bientôt cette lâcheté, qu'il regarda comme une tentation du malin.

Il se réfugia d'abord dans le marais de Comachio pour se rétablir ; il ne pouvait choisir plus mal : le mauvais air le^rendit tout bouffi , enflé 5

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(0 Saint-Foix , tome II , page 354<

ses cheveux et sa barbe tombèrent ; sa peau de^ vînt jaune-sale comme celle des lézards.

Dans cet état de laideur , et ne sachant trqp ce que Dieu voulait faire ae lui, il alla au monastère de Classe , dont l'abbé venait de mourir, et il arriva tout juste pour le remplacer.

H fonda dans la su^ Tordre des çamaldules , et mourut dans un âge avancé , à soixante-dix ans selon les uns , à cent vingt ans selon d'autres.

Son corps était révéré au Val-de-Castro , où il attirait une grande affluence de pèlerins. En i48o, deux moines ouvrirent son tombeau pour voler le coi^ps ; on dit qu'au même instant les chairs qui n'étaient que desséchées , tombèrent en poussière. Les deux moines n'en furent point in-* timides *, ils prirent les os dans un sac et les emportèrent à Jési , dans la marche d'Ancône.

Le saint s'y déplut ^ et au bout d'un an , les moines du Val-de-Castro vinrent le reprendre. Ils étaient escortés des habitans de Fabriano, qui s'étaient mis en armes ] et malgré tous les eiForts des moines qui voulaient reconduire le saint chez eux , le mulet qui le portait alla droit à Fabriano où il fallut laisser les saintes reliques.

Il n'était resté à Jési qu'un bras qui fait sans doute encore des miracles. On transporta l'autre bras au couvent de Camaldoli.

Les reliques de saint Romuald devinrent si fameuses, et il se signala partant de prodiges, qu'au seizième siècle , on lui rendait plus d'honneurs qu'aux illustres saints Gervais et Protais : le pape

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