‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuseChapitre 16 sur 96 · ROS · texte numérisé non relu

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Oément VUE se crut obligé d y remédier 5 et au lieu qu'on fêtait saint Romuald le 19 de juin, avec saint Gervais et saint Protais , il ordonna que le premier serait désormais honoré le 7 de février , pour ne pas faire tort aux deux autres.

On a vu , dans Thistoire de saint Dominique , que les dévots lui arracliaîent sa chemise, pour avoir de ses reliques , comme les Catalans voulurent assommer saint Romuald , pour se le partager peut-être. Les dévots furent souvent animés de ce zèle violent»

Un jour que le capucin Marofd'Aviano , si cé« lèbre par ses miracles , à la fin du dix-septième siècle , devait prêcher à Venise , la dévotion du peuple se montra si grande envers ce saint homme 9 qu'on déchira son froc pour en avoir les pièces 'y on lui arracha les cheveux et lés poils de la barbe ; les pieux l'eussent démembré tout-à-fait pour avoir ses Veliques , si l'on ne se fût avisé de percer la muraille de l'église, et de le faire monter en chaire par une ouverture qui le mettait à l'abri des atteintes de la populace , prêt^ l'adorer (i).

ROSAIRE. -*-, Saint Dominique, au douzième siècle, releva beaucoup l'éclat du chapelet, en publiant que la Sainte Vierge lui en avait apporté un du ciel , composé mystérieusement d'un certain nombre de grains , qu'il appela le Hosaire,

Les chapelets ordinaires n'ont que cinquante-

(1) Misson , tome I , page 363,

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trois Ave et cinq Pater, Le rosaire se compose de ceiit cinquante grains qui font autant SAife^Ma* ria ; les dixaines sont séparées par un grain un peu plus gros qui fait un Pater. Ces quinze gros grains représentent quinze jnystères de la naissance , de la vie et de k mort de Jésus-Christ. H y a cinq mystères joyeux, cinq mystères douloureux , et cinq mystères glorieux (i).

Vers Tan 1470 9 un jacobin nommé Alain de la Roche , arrangea les prières du rosaire , le prêcha au lieu de TEvangile , et en fit une confrérie qui est deyenue célèl^ie , et que le pape enrichit de grandes indulgences. r

On publia aussi sur le rosaire un livre y « au )) commencement duquel il était récité qu'un » jour la vierge Marie était entrée en la cham- » brette dudit Alain^ et lui anrait fait un anneau de » ses cheveux , avec lequel elle Tavait épousé 5 » itetn quelle l'avait baisé, et lui avait présenté » ses tétins pour les manier et les téter ; en som- )) ' me , qu'elle était aussi familière avec lui qu'une )> femme a coiAtime d'être avec son mari (2). »

On imagina plusieurs miracles pour donner plus d'autorité au rosaire (3). Voici ce qu'on

(i) Histoire des religions de tous les peuples , tome V, p. 98.

(2) Henri Ëstienne, uépologie pour Hérodote , chap. 35.

(3) Mathieu Tjmpius prétead qae Blanche de Gastille , qui fit onze eni^ns , était d^abord ste'rile , qu^elle consulta saint Dominique qui lui donna le rosaire , et que ce fut par la vertu du rosaire que la France eut saint Louis. Prœmia fir' tutum f page 444'

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lit clans les Nous^eaux Mémoires sur T Italie : <( Un jacobin prêchajit à Venise , le jour d'une grande fête, en l'honneur du rosaire, racontait rhistoire suivante : Un voleur de grand chemin , assassinant quand Toccàsiou s'en présentait ^ était exact à dire tous les jours Iç rosaijre. Un voyageur qu'il avait attaqué se défendit et le tua. Il mourut sans confession ^ et son corps ^ dont Tàme ne voulut pas se détacher , fut enterré au pied d'un chône par ses camarades. Queques mois après , saint Dominique apparut en cet endroit , et appela le voleur par son nom. A cette voix , le défunt écarte la terre qui le couvre , sort de son tombeau , se jette aux pieds de saint Dominique , qui le confesse , l'absout, et emporte son âme en paradis.... »

ROSALIE. — On prétend que cette sainte était fille d'un roi d'Espagne. Elle vécut plusieurs années au mont Pelegrino en Sicile, dans une caverne semblable à la sainte Baume ."^ On ne sait pas de quoi elle faisait pénitence , et on ignore les détails de sa vie.

On voit à côté de sa caverne une fontaine où elle allait boire , et dont l'eau fait de fréquens miracles.

Le corps de Rosalie ayant été trouvé dans cette grotte , fut transporté à P4çrme et délivra la ville d'une grande pesie. En mémoire dç pe w*racle , sainte Rosalie fut déclarée patronpa i^o Palerme , où l'on célèbre sa fête' avec pompe le

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4 de septembre. Les miracles que fout ses reliques attirent tous les ans plus de cent milice pèlerins.

On a ëlevë aussi sur le mont Pelegrino Timage de cette sainte. Elle est d une hauteur si prodigieuse , que ceux qui sont en pleine mer peuvent la voir aisément ^ et l'on ajoute que dès qu'on la voit -on n'a point de naufrages à craindre.

ROSE , — religieuse du tiers-ordre de saint Dominique , à Lima au Pérou, morte en 1617.

On dit que son corps , avant d'être enterré , fit cent quatre-vingts guérisons miraculeuses. Sa canonisation fut , à ce qu'on prétend , la plus magnifique solennité qu'on eût vue à Rome jusquelà , parce qu'on voulait honorer dignement la première sainte du nouveau monde.

Son corps doit toujours être à Lima 5 cependant il est aussi k Viterbe. On le montre derrière un rideau , où la sainte , qui est couchée avec son habit de religieuse, semblait autrefois endormie.

ROSOLINE. — C'est encore une de ces saintes dont on ne sait rien. Son corps était honoré dans une jolie église , au village des Arcs près de Draguignan. Thomas Corneille dit , dans son Dictionnaire géographique , qu'on voyait de son temps le corps entiet" def cette sainte dans une belle châsse , et ^ue les ttahs de son visage paraissaient aussi Ix^aux et aussi marqués que quand elle vivait,

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quoiqu^il y eût alors plus de trois ç^ula ans qu elle était morte (i).

RUISSEAU DE BARBERON. — Les ruisseaux même se mêlaient autrefois de faire des mi* racles. Le fuisseau dç B^rberon , que nos pères comptaient au nombre des merveilles du Dauphiné , avait été si bien béni par^e ne sais quel saint, qu'il débordait pour annoncer une année abondante y et qu'il se resserrait dans son lit en signe; et présage de mauvaise année.

Beaucoup d^autres ruisseaux avaient des vertus aussi miraculeuses. •,,

SABAS 5 — fondateur de plusieurs monastères en Palestine , mort en 53 1. On ne sait ce qu*est devenu son corps , qui était fécond en miracles au douzième siècle , dans les environs de Jérusalem. Son capuchon est à Rome dans Téglise de Saint-jSabas -, il guérit le flux de sang et communique ses vertus curalives à une petite fontaine , 4ont les eaux emportant toute espèce de. maladies dans ceux qui boivent avec foi.

SADROC ouSARDOS, — en latin 5ace/^05, évèque de Limoges, mort au sixième ou au huitième ^

(i) A Tarticlc Dragui^tian,

STèelc. Son corp0, qui était au Sftrlai en Pcrigord^ fut brûlé par les huguenots , en 15^4 ) m^is on retrouva depuis six ossemens qui ont fait des milliers de miracles. Les rdiques de sainte Mondaine sa mère opéraient avéé les siennes.

Le bon prétrd saint Rîquie*, qui hérita de 1* chemise que saint Sàdroc, portait sur lui quand il décéda , n'eti voulut plus ihéttre d'a'ùtf e tant qu'il véctlt^ et l'on "ajoute que cette sdinte chemise n'était pas très-blattche lorsque Riquier la déposa.

SAINTS. — DE LA CONGRÉGATIOÎÎ DES RIl^S A ROMB.

« Cette congrégration a été fondée par le pape Sixte V 5 pour régler les cérémonies et les rits des nouveaux offices des saints, qu'on ajoute au calendrier romain , toutes les fois qu'il se fait quelque cariohîsàtîoni

\ î) Elle est cdmjioséô de huit cardinaux et d'un secrétaire , qui est du cbllége des prélats référendaires \ il y entré aussi detKx maîtres des cérémonies dû pape.

» Tous ces députés s'assemblent une fois le mois , chez le plus àiïcién cardinal , qui en est le préfet , et qui a la faculté de l'intimer plus soi^ vent, à proportion que son bureau est plus chargé d'affaires. ':^

» Quand il s'agit jle la canonisation de quelque saint, les trois plus ancîetis auditeurs de la rote ^ trouvêril dans cette assemblée , comme canonistcs experts en telles matières , avec un proto-

notaire apostolique participant, et le promoteur de la foi , qui est ordinairement Tavocai fiscal de la chambre apostolique.

» Il y entre encore pour ce sujet plusieurs consulteurs , qui sont théologiens et profès de difTérens ordres, entre lesquels sont le maître du sacré palais , ^ le préfet de la sacristie du pape.

» Tous ces assesseurs extraordinaires^ joints aux députés ordinaires de la congrégation , examinent les preuves de la sainteté de ceux qu'on souhaite de faire béatifier ou canoniser; et si elles sont trouvées bonnes et suffisantes , le pape rend ensuite un jugement en leur faveur, sur le vu des actes et procédures juridiques de cette congrégation , en ordonnant que leurs noms soient éerits dans le catalogue des bienheureux , s^il n j •est pas encore , et s^ils n'ont déjà été béatifiés par un jugement antérieur àcdlui-ci.

^ L'ordonnance du pape se rend en forme d'arrêt par lequel il est enjoint et commandé, en vertu de l'autorité absolue du souvewïtn pontife , que les noms de ces bienheureux soient mis dans les diptyques des saints , afin qu'ils soient invoqués par tous les chrétiens dans le service public de la religion , et que le sacrifice de la messe soit offert .ein leur honneur.

» Le pape ne prononce cet arrêt qu'après en avoir fait une déclaration préalable , dans un consistoire secret , de l'avis de tous les cardinaux et de tous les évêques et abbés qui se trouvent alors dans la ville de Rome , et qui formait une espèce

de concile, tout diâerent des assemblées générales du clergé romain , auxquelles on donne ordinairement ce nom.

w Les preuves que tous les opinans de cette • assemblée, ou congrégation consistoriale , tiennent pour valables et suffisantes , dans les actes et procédures de canonisation , sont le martyre , les miracles non contestés , les témoignages de bonne vie et les vertus héroïques de ceux qu'on souhaite de faire canoniser.

» On observe maintenant cette coutume , qui n'est suivie que depuis environ deux siècles , de ne pas commencer à faire le procès de la canonisation , qu'il n'y ait au moins cinquante ans passés depuis la mort de celui qui doit être béatifié, c'està-dire , selon le style du Vatican , déclaré bienheureux , et on difière tout ce temps-là de faire ces sortes de procédures , afin d'ôter les soupçons qu'on pourrait avoir, quelesparens de celui qu'on désire faire canoniser ne rendissent quelques faux témoignages en sa faveur , soit par intérêt , ou par amour-propre , s'ils étaient encore vivans et sur les lieux où se doivent faire les enquêtes (i). »

— Voyelles articles Corps saints^ Reliques ^ Châsses , Catacombes , etc. , et l'introduction. -^ Nous avons d^à dit que l'église romaine honore plus de cent mille saints , et plus de deux cents mille.

(i) Extrait du Tableau delà cour de liomc , par Jean Ay mon» cinquième partie , ohap. i5.

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SALOMÉ, — mère des apôtres saint Jacques et saint Jean. Son corps était à Jérusalem et aux Trois-Maries en Provence, où l'on prétend (ju'elle vînt avec la Madeleine. — Voyez l'article Mâ-

nes,

SALOMON. —Pour les chrétiens , ce n'est pas un saint , parce que l'Ecriture marque ses crimes sans parler de sa conversion ; et saint Augustin ne le traite que comme un scélérat (i).

Il est vrai qu'ayant reçu de Dieu tant de bienfaits, il devait être meilleur qu'un autre.

Les philosophes admirent la sagesse quHl montra 9 en donnant la liberté des cultes à son peuple, et en permettant d'élever des autels à des dieux différens.

Les Juifs regardent toujours Salomon comme un saint roi, qui entendait le langage des oiseaux, et qui avait bien d'autres privilèges.

Quelques Orientaux disent quil fut enterré dans rile de Ceylan. D'autres mettent son sépulcre dans un pays inaccessible , * où il est gardé par un serpent terrible qui tue les téméraires. On prétend qu'il n'est qu'endormi dans son cercueil.

Les musulmans font surtout grand cas de l'anneau de Salomon , qui porte sur une pierre précieuse le grand nom de Jéhova. C'est le pltte précieux de tous les talismans. Au moyen de cet

(0 Contra Faust, lib. aa , cap. 88.

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