SIR
Nous sommes obliges aë rappeler ces petite^ circftustances de la vie de saint Siméou , parcQ qu^on vénère toujours dans la Syrie les lieux qu'il illustra par ses extravagances.
Les singulières austérités d,e saint Siméon. ii'é* taient point approuvées des chrétiens véritable-* ment pieux ; ce (jui ne Tempècha pas de les coii-< tinuer ; et il fit bien , puisqu'on Fa placé pour cela parmi les plus grands saints, ^ ^
Mélèce , évéque d'Antioche , les lui reprocha , et fit couper la chaîne qui lui attachait le pied. Dès lors Siméon était si connu de la populace , que 'tous les cabareliers prenaient sa figure pour enseigne,
n voulut se distinguer davantage encqre ; il se plaça sur une colonne haute de cinquante-quatre pieds , et donna de \k se3 consultations à ceux qui vinrent le voir.
L'extrémité de cette colonne avait trois pieds de diamètre , avec une petite balustrade qui lui donnait un peu la tournure d'une chaire à prêcher^ Il s'était condamné à vivre debout le reste de ses jours. Lorsqu'il priait , il faisait humblement dç continuelles génuflexions. Théodoret dit qu'il^ip compta un jour douze cent quarante.
Il parait qu'il avait le corps très-souple , car quand il se prosternait il mettait son front sur ses talons : tout cela ne l'empêchait pas d'être doux et courtois. , comme dit le révérend père Ribadéneira .
Cependant les femmes n'entraient pas daus^
l'enclos où était sa colonne 5 il ne voulut même point voir sa mère , qu'il avait abandonnée dans sa jeunesse , et qui, ayant entendu parler de lui, était venue pour le voir avant de mourir.
Le bon saint se croyait très-grand devant Dieu, Dans un délire d'imagination qu'il eut un jour , il crut voir un ange qui venait le chercher sur un chariot lumineux. D leva le pied pour y entrer , mais aussitôt Fange et le chariot disparurent. Ce fut pour se punir de ce moment de vanité , qu'il se condamna à tenir en l'air, tout le reste de sa vie , le pied qu'il avait levé si légèrement.
Il lui vînt un ulcère où les vers se mirent : loin de spuflrir qu'on en prît soin , il avait chargé celui de ses disciples qui lui apportait à manger de remettre les vers à leur place, lorsqu'ils tom*baient de la plaie (i).
Il mourut en l'an 462 , à l'âge de soixante-neuf ans ;' il en avait passé quarante-sept sur la colonne. On révère encore cette sainte colonne , à quelques lieues d'Antioche.
Sou corps sembla* si précieux , que quelques-* uns voulurent l'avoir par la force des armes , et d'autres à prix d'argent. Mais le patriarche d'Antioche le transporta dans son église , où tous ceux qui osèrent le •toucher furent miraculeusepieiit puQis, Ce corps resta long-temps à Antioche,
(i) On deai9nde pardon au lectenr de mettre ces horreurs sions ses yeux ^ mais on y est forcé , comme on le veiTa a la fin de cet article,
taudis qu'où le montrait en même temps à Coii* stantinople. On vénérait aussi , dimsla première ville , la chaîne qu il porta au cou toute sa vie, en ^uise de cravate.
On dansait tous les ans , le jour de sa fête , autour de «a colonne j car les danses ont souvent fait partie des cérémonies religieuses. Evagre conte aussi que tous les ans, le 5 de janvier, on voyait une grosse étoile au-dessus de la coloâne de saint Siméon*.
Les dents que Ton montrait dans différentes villes , sous le nom de notre -saint , étaient plus grosses que des dents de cheval *, ce qui suppose i Siméon une taille honnête.
Mais la plus curieuse de toutes les reliques dç saint Siméon , c^est un ver de son ulcère , qu^UB de ses disciples donna à Bazilic, roi des Sarrasins, lequel ver se changea en perle (i).
SIMON, — Tun des douze apôtres , compagnofn de saint Jude , et mai tyr , à ce qu'on croit.
Les Grecs se vantaient de posséder , dans un faubourg de Çon8tantinople,*le corps de saint Simon , qui était aussi cfhezle% Anglais; mais les latins prétendent que saint Simon et saint Jude furent enterrés dans la Perse , où ils étaient morts , et que de là on les apporta à Rome , ^ù ils reçoivent un culte dans Téglise de Srfint-Pierrè au Vatican.
(i) Voyez la Tieilie légende de saint Siméon , écrite , à ce qu'on croit , par son disciple Antoine.
Saint Simon avait un quatrième corps à Toulouse ,' où Ton montrait aussi les reliqueà de saint Jude , avec des titres sans authenticité , comme à Rome. H avait une cinquième tète à Tabbaye de la Sauve-Majeure au diocèse de Bordeaux, une sixième mâchoire et un neuvième bras à Cologncf, et diverses reliques dans une multitude d'églises.
Les chrétiens grecs crôienft que aaint Simon est Fépoux des noces de Gaua.
SIMON, ou 6IMÉ0N, ou SIMONIN. ^ Ou vénère à Trente , dans une chapelle de Téglise de Saint-Pierre , le corps dû petit sa^nt Simonin , dont voici Fhistoire. t^ On dk que Fan 1:11769 lés Juifs dérobèrent renfant d-un cordonnier ,. nommé Simcm , et qu après lui avoir tiré tout son sang d^une manière extrêmement cruelle , pour s^en servir dans la célébration d!une de leurs fêtes , .ils jetèrent le cadavre dans un canal, qiii passe encone présentement dans la maison où la chose eat arriva, et où s'assemblait alor^leur sy^nagogue.
» Le ooi^s fut porté par le ruisseau dans la rivière, «t rappoité par des pèohevirs. Bientôt toute Taflaire fut «découverte ; les Juifs furent convaincus^ on en pendit trente-neuf ^ ^et les Ktttres furent bannis tic la' ville à peirpétuité (i).
» Sixte IV , qui létaît pape yslors , ayant é^ in-
(t) Ceux des accuses qui demànJèrent le haptéme furent simplement décapites ou brûlés , tandis que* les endurcis fi|' reDt roués , tenaillés , écartelés , etc.
formé de tout le fait , trouva à propos de canoniser Tenfant ^ il lui laissa Jie nom de Simonin qu'il portait , et qui est le diminutif de celui de Simon , que portait son père. Le corps fut donc embaumé , et on le voit tout à découvert , dans une châsse qui est sur Fautel de la chapelle qu'on lui a dédiée. «
)) On garde aussi , dans une armoire qui est à côté , un couteau , des tenaiUes , quatre grandes aiguilles de fer dont ses bourreaux le tourmentèrent , et deux gobelets d'argent dans lesquels on dit qu'ils burent son «sang. •
» Les Juifs furent tous chassés \ mais, quelques années après , ils obtinrent la permission de séjourner trois jours dans la 'ville , à cause du négoce. On assure que ces trois jours ont été réduits à trois heures , depuis qu'au dernier siège de Bade , ils ont défendu cette place avec tant d'opiniâtreté.
» On a peint cette histoire à Francfort sous la pîorte du Pont , pour charger d'un nouvel opprobre ceux d'entre ce misérable peuple qui demeurent dans cette ville , où ils sont en très-grand mépris. On y a aussi ajouté d'autres' figures infamantes , où les Juifs servent de jouets à des diables et à- des pourceaux.
» Le petit Simonin n'avait que vingt-huit mois selon les uns , et dix-huit mois selon d'autres ,
quand il fut ainsi martyrisé (i). »
(i) Missoii ,,yi>yafie tVltalic , tome i**". , i)aî;e i5i. — En