PETIT VOYAGE EN TERRE-SÀIIÎTE
Extrait^ à peu près textuel^ de la Relation fidèle d^un franciscain ^ publiée à Paris en ij6o.
« Je m'embarquai à Marseille \ et après quelques jours de navigation j'arrivai à Malte.
» La ville n'est pas grande, mais elle est fort peuplée. Ce que j'y vis qui me parut le plus précieux est une image qui crfTre le véritable portrait de la Vierge, peint par saint Luc. Elle a un petit visage basané, les cheveux, les yeux et les sourcils noirs , et le nez aquilin.
» A deux lieues dans Pile est la grotte de saint Paul. Tout le monde sait que cet apôtre allant à Rome, la tempête l'obligea de prendre port à
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File de Malte , où il prêcha 1 Evangile et convertit les Maltais \ et qu'ayant été piqué d'une vipère, il donna sa malédiction à toutes les bêtçs venimeuses , dont le nombre était infini dans cette île. Elles moururent toutes dans le moment , et se changèrent en pierres •, ce qui fait qu'aujourd'hui on ne peut fouiller la terre, ni casser les pierres et les rochers, que l'on n'y trouve des serpens , des Langues ou des yeux de ces animaux ; et c'est un remède infaillible contre toutes sorte de venin (i).
» Il y a encore dans cette île dcfs serpens vivans qu'on manie sans danger (2).
(i) Ces prétendues langues de serpent ne sont que des pfftriGcations qui ressemblent aussi bien A toute autre chose , et qui D^ont jamais pre'scrvë de rien.
hi) « J'ai vu des personnes religieuses garder très-devotcnwnt de la terre de Malte , pour se prémunir contre la ma-, lice et le venin des vipères. J'ai vu même des médecins de province l'employer «avec respect , et en reconnattre la puissance miraculeuse , quand le malade en revenait. On doit dire à un médecin que la pieté est un sentiment tréslouable, mais qu'il ne faut pas la confondre avec la superstition. Dans quel livre ont-ils vu que saint Paul ait attaché à la terre de Malte la prérogative qu'ils lui attribuent? Si la terre de Malte avait réellement le privilnj^e de guérir de la morsure des vipères , ce serait pour les Maltais , la source d'un commerce immense, avec toutes les 'l'arties di;| nionde; car en qiiel lieu ne se trouvent pas les vipères. Un vrai noiiracle serait assurément une chose digne du plus grand respect) mais il ne faut pas les prodiguer 5 s'ils étaient trop communs, ils ne frapperaient plus personne. C'est donc une religion bien entendue que d'en restreindre le nombre j et- l'on peut, sans trop d'impiété , douter des vertus de la terre de Malte. » ( M. Saignes , âes Erreurs et îles Préjugés , etc., t. II, p. a58.}
» Je visitai la Sicile^ de là je passai en Chypi^e et ensuite à Tripoli.
» De Tripoli au pied de mont Liban , il y a une lieue ; mais il en faut monter sept à huit pour arriver jusqu'aux cèdres. On en voit quelquesuns que Von tient être du commencement du monde : ils sont si gros que quatre hommes ne pourraient pas les embrasser. On a fait un autel dans l'un de ces gros arbres , et l'on y célèbre le sacrifice de la mess^. Les habitans sont chrétiens catholiques romains ; on les appeUe maronites ; ils ont une fort belle maison i^eligieuse à Kanobîn, où demeure leur patriarche <jui est soumis au saint siège. Ils savent ce qu'ils paient tous les ans au bâchai
» De Tripoli de Syrie , pour aller à Jérusalem, on suit la côte de la mer. On s'embarque sur de petits bateaux turcs pour venir à Baruch. C'est là que saint Georges tua le dragon.
» De Baruch , on vient à Séide, que l'Evangile appelle Sidon. On voitrendroît où était la maison de la Cananéenne , dont Jésus-Christ guérit la fille , qui était possédée du démon. On en avait fait autrefois une église. Les Turcs Font transformée en mosquée.
» A deux portées de mousquet , est une petite montagne où Notce-Seigneur prêcha.
» De Séide , on vient à Sour , que l'Evangile appelle Tyr. Mais avant on voit les ruines de la ville de Sarepta , ou le prophète Élie fut reçu par cette pauvre veuve, dont tout le monde sait
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rhifttoire. On voit aussi les f'oiitaînes de Salb^ mon , que rÉcriture appelle le puits des eanx vi-^ vantes.
n Nous sommes trop près de Damas, pour pas*« ser sans en parler. Ce qui la rend considérable , c^est que le grand apôtre allait à Damas poui* persécuter les chrétiens , lorsqu'il fut renversé de son cheval, et converti à la foi de Jésus-Christ.
» Le mont Carmel, qui n'est qu'à quelques lieues, n'est pas extraordinaîrcinent haut. Un religieux m'accompagna sur le haut delà montagne, où il me fit voir la grotte de saint Élie : c'est là qu'il se cachait , étant persécuté de Jézabel.
» Nous vîmes aussi un endroit qu'on appelle le jardin d'Elie. Ce saint prophète, passant en ces quartiers, vit un jardinier qui avait quantité de melons -, en ayant demandé un pour se rafraîchir, le jardinier lui répondit : hé , pauvre homme, ne vois-tu pas que ce sont des pierres? A quoi le saint répliqua : hé bien , si ce sont des pierres , qu'elles soient pierres. On y trouve en effet des pierres, qu'on prendrait pour des melons.
» Nazareth, à cinq lieues du mont Carmel, n*est aujourd'hui qu'un très-petit village dans la Galilée. Pour y arriver, on descend presque comme dans une cave. Mais on ne peut voir ce saint lieu sans un transport de joie.
» Nous fûmes d'abord visiter la chambre de la Sainte-Vierge. C'est une espèce de grotte obcure, et petite : eÛe est dans le rocher , et la voûte n*est que d'une seule pierre. Cettç pauvre chambre peut
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avoir six pas de long , et elle n'en a pas tant de large. Elle sert d'église et de chœur aux cordeliers, qui y font régulièrement Toffice , comme dans une cathédrale.
» Ce rocher était Toratoire de la Sainte- Vierge v c'est U qu'elle était en prière^ lorsque l'ange Gabriel lui vint annoncer, de la part de Dieu, la mystère de l'incarnation. C^est là ipi'après quelle eût donné son consentement^ le Verbe fut fait chair. La place est marquée par une belle colonne de marbre, que sainte Hélène y a (ait mettre.
)) Auprès de ce rocher , il y avait une autre petite chambre,, bâtie à la mode du pays. C'est cette chambre que nous appelons ai^ourd'hui Notre- Dame de Lorette, en Italie. J'ai eu le bonheui* de la voir à Lorette -y et j'ai vu à Nazaretli le lieu où elle a été prise par les anges , qui en ont laissé les fondemensc Je n'ignore pointle sentiment de quel* ques savans sur.ce fait^ et cela suffît.
» Au milieu de Nazareth,, se- voit l'ancienne synagogue des Juifs., où Notre-Seigneur expliquait les écritures. C'est de là qu'ils le menèrent sur une montagne fort haute, au bas de laquelle est un effroyable précipice, où ils voulaient le précipiter. On y voit encore les ruines d'une belle église que sainte Hélène y avait fait bâtir \ et l'on a creusé un autel dans le rocher, où nos religieux vont dire la messe.
» A douze ou quinze pas, on montre une grande pierre de la forme d'une meule de moulin ^ on l'appelle la table de Notre-Seîgneur. La tradition.
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porte qu^il mangea plusieurs fois dessus, ayec ses
apôtres.
» On Yoît aussi la fontaine de la Vierge , ainsi appelée à cause que la mère de Dieu y allait souvent.
» Le Thabor est éloigne de deux lieues de Nazareth , du côté de Forient : on peut dire quec*eaîl la plus belle montagne qui soit au monde (i).
» Notre conducteur nous montra les restes d^une vieille église, qui était au lieu où Notre- Seigneur laissa ses apôtres, lorsqu'il monta sur le Thabor , n'ayant avec lui que Pierre , Jacques et Jean. On voit deux petites chapelles Tune près de Fautre : la première est le lieu où étaient les trois apôtres \ la seconde celui où étaient Jésus-Christ, Moïse et EKe ; il y a trois petits autels que uoiM appelons les trois tabernacles, en mémoire dé ces paroles de saint Pierre : Seigneur il fait bon ici , faisons-y trois tabernacles.
» On voit aussi le Champ-des-Épis , appelé ainsi à cause que c^est là que les disciples ayant
(i) <t Cest sur cette montagne que le prétre-roî de Salem , Melchisëdech , vint à la rencontre d'Abraham , au retour de la victoire qu'il remporta sur les quatre rois qu'il défit et qu'il' mit à mort. Après l'avoir reçu à bras ouverts , il le régala de tout ce qu'il put , pour subvenir aux besoins qu'il en avait , et apaiser sa faim. En récompense , Abrahftm lui donna la dime de son butin j d'où est venu , pour les prêtre», le droit de dîme. Autrefois on voyait la table oii Melchisedech festoya Abraham ; mais je ne l'ai pas vue. v {Le père Goujon, Histoire et f^oyage de la Tenc-Sainte , page 74* )
faim , pressant des épis dans leurs mains , le jour du sabbat.
)) On voit plus loin une grande plaine où Jésus-Christ fit ce grand miracle de donner à manger à cinq mille personnes, et de les rassasier ftvec sept pains et quelques poissons.
)) Au milieu de cette plaine est une petite montagne, sur laquelle il prononça les huit béatitudes de l'Evangile.
» Celui qui prenait soin de nous conduire, ne nous a pas laissé sortir de ces quartiers, sans nous faire voir la ville dé Câna , où Jesus-Chiîst étant aux noces , changea' Fcaù en vin. La fontaine où Ton alla remplir les cruches se voit encore. Sainte Hélène avait fait bàtJr une église au lieu où se fit le festin ^il n'en reste que les ruines.
» Âissez près de Cana , on nous montra le sépulcre du prophète Jonas. Les Turcs y ont bàtî une mosqttée : ils paraissent Avoir de la vénération ■patir ce prophète.
'■ » Nous passâmes par la grande plaine d'Estrelon , qui est au midi du Tliabor. Au bout de cette plaine est la ville de Nàïm, où Notre-Seigneur ressuscita le fils de là vîeuve : ce n'est aujourd'hui qu'un très-pauvre village.
» Notre conducteur nous fit remarcjùer les ruinés d'une ville nommée Endor. C'ipst là que demeurait cette Pythbnisse, que Saûl alla consulter.
» Il me montra aussi le village de Genin, d'où sortirent les dix Icpi'eux pour aller au-devant de Jésus-Christ.
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» Derrière la ville de Naïm sont les montague^ de Gelboé , où Saûl se tua de son épce : on les appelle aussi montagnes maudites ^ il n^y vient ni herbes , ni buissons , et Teau du ciel ne tombe jamais dessus.
» Les montagnes de Samarie ne sont pas loin ^ et à une journée, on trouve le puits tant renommé dans TEvangile , où Jésus-Christ trouva et convertit la Samaritaine. Il y a apparence qu'autrefois on disait la messe dedans , puisqu on y voit encore une chapelle.
» L'on nous montra un village nommé Iscariote ; c'est le lieu natal du traître Judas.
» JaflFa est le dernier port de mer pour arriver à Jérusalem, on me conduisit en une maison, qui est la véritable demeure de Simon-le-Corrpyeur, chez lequel saint Pierre logeait , lorsque ComeUle le Centenier l'envoya quérir. C'est aussi dans Jaffa que demeurait cette bonne femme nommée Tabitha , que saint Pierre ressuscita , à la sollicitation des pauvres qui lui montraient les robes qu'elle leur avaient données.
» Rama est une ville assez propre pour la Turquie. Les Txircsy sont très-méchans. On m'y montra la maison de Joseph d'Arimathie.
» On nous mena aussi au village du bon larron, près duquel on découvre, sur une éminencey une vieille église où le prophète Samuel est en« terré.
» On voit encore près de là Anathoth , lieu natal du prophète Jérémie.
» Nous arrivâmes à Emaûs, ou allaient les deux pèlerins lorsque Notre-Seigneur leur apparut. J'avais pris quelques branches d'olivier par dévotion , je les perdis dans le chemin.
» En approchant de Jérusalem , on voit cette plaine où David défit Goliath.
yf Après avoir passé de très-mauvais chemins , nous arrivâmes enfin à Jérusalem. La coutume des chrétiens est de descendre de cheval, à la vue de cette sainte ville , qui en premier lieu fut nommée Jébus , et ses habitans Jébuséens \ ensuite elle fut nommée Salem, comme nous voyons que Melchisédech, qui en était le roi, est nommé roi de Salem.
n S'il est vrai, comme le marquent quelques auteurs, que le lieu ou Jacob eut la vision de l'échelle mystérieuse , était le même que celui ou Salomon fit bâtir le temple , nous dirons cp'elle a été encore nommée Lusa, et ensuite Béthel par le même patriarche , comme on le voit au vingt-huitième chapitre de la Genèse.
» Elle est non-seulement sur les montagnes , mais encore entourée de montagnes. L'ancienne ville renfermait le mont Sion ; et le Calvaire était dehors. Aujourd'hui le mont Sion, ou du moins une partie est au dehors de la ville , et le Calvaire est dedans. Elle a environ une lieue de circuit , et elle est presque aussi large que longue. Les rues y sont étroites, etlesbâtimenspeu remarquables. Le plus bel édifice est la principale mosquée , qui est bâtie à l'endroit où était le temple de Salomon.
Si par malheur nous y mettions le pied, il n'y aurait pas do milieu , il faudrait être empale ou se faire turc (i).
(i) M Le temple de Salomon est an plus bas de la ville de Jérusalem , a cent pas des murailles , vers Torient , sur le montMoria. Salomon voulant construire té'temple , assembla des ouvriers au nombre de trente mille , pour couper les bois de cc'dre et de cyprès au mont Liban. Des trésors immenses furent employe's à la perfection d^un si prodigieux ouvrage. Il fut détruit par Nabucbodonosor, quatre cent^quaranteun ans après qu'il fut bâti. — Zoroba bel le fit rebâtir, et cinq cent quatre-vingt-six ans plus tard , il fut de noavean brûlé par Titus. — Quant a celui qui se voit a présent, il a été bâii par les Turcs, au lieu même où était le Sancta Sanciorum de celui de Salomon , sur la partie orientale du mont Mbria. On entre par un parvis de cinq cents pas de longueur et de quatre cents de largeur. Pour entrer dans ce parvis, il j a douze portes , cbacunc couverte d^une voûte de dix ou douxe pas , où sont quatre on cinq lampes. Ces voûtes servent d'oratoire aux Mahômctans , lorsque le temple est fermé. — €e temple est tout eifrichi et revêtu par debors de tables de marbre , et de carreaux damasquinés» où sont peintes des moresques dorées , chose agréable a voir , lorsque le soleil darde ses nij^uns dessus , pour le grand éclat qu'ils xendént. -^ Il est tout couvert de plomb, et les vitres sont de diverses couleurs. — Dans l'intérieur , il y a trente-deux colonnes de marbre gris en deux rangs , dont seize graqdes soutiennent la première voûte , et les autres le dôme ^^'Iiacune est posée sur son piédestdl et ornée de son chapiteau. Tout autour des colonucs , il y a de très-beaux ouvrages de fer et de cuivre dore, faits en forme de chandeliers , sur lesquels sont poséea sept mille lampes , lesquelles brûlent depuis le jeudi après le coucher du soleil , jusqu'à vendredi à midi , et tous les ans , pendant le temps du ramazan ou carême , qui diire un mois. — Dans le milieu du temple est une petite tour de marbre , où l'on mcmle en dehors par dix-huit dejjrés 5 c'est là que se met le cadi , tous les vendredis , dt* puis midi jusqu'à
» Le mont Sion est en partie hors de la ville , comme nous l'avons dit ^ la tour de David et son palais étaient en cet endroit. <?/est d« là que, se promenant sur le soir , il vit Betzabée , qui se lavait dans la piscine qui est eti bas. Ce fut iaussi dans ce palais que ie prophète Nathan le vîtit reprendre de son péché ^ et c'est encore le tîeu où ce saint roi-prophète et son fils SftloMftoa sont enterres.
» Mais ce n'est pas tout , ce lieu lefet appelé afujourd'hui le saint Cénacle, à cauèe qtte ■è'étt là que Notre-Seigncur fit la cène avec Ses apétres. C'est là qu'il leur envoya le Saint-Esprit, et! qil'il fit mettre le doigt de saint Thomas dans se5s plaies.
deux heures que durent les cërëmonies. — Outre le temple de Salomon , que les Atabes appellent Haram , il y <m la un autre qu'ils nomment Dgiani-el-hadràh , qui est le teii^pte âe la Vierge , lequel est à cent ou cent vingt pas plus loin , du côte du midi. Après celui de Salomon , c^st. le plus bel édifice db la Terre-Sainte : il est de forme longue , dti midi an septentrion , bÀti de balles pierr»^ il y a trois Toutes couvertes de plomb, soutenues de deux rangs de colonnes de pierre grise \ la porte est au septentrion , prise dans le parvis du temple de Salomon ; le porche éët formé aè trois arcades soutenues de douze colonnes de marbre. C'est en ce lieu que la Vierge demeura depuis Tâge de trois ans » qu'acné y fut présentée par sainte Anne et saint Joachim , jusqu'à ce qu'elle fût prête de se marier. Ce lieu est en grande vénération parmi les Turcs , et leurs femmes vont ordinairement y faire leurs dévotions. »
( JYotes au voyage du Lei^ant de M. ie comte de Forbin , pages Z^ et suiif. de VédUion in-8**. ). \ oyez 1^ Introduction au dictionnaire des Reliques , tome I*'. , page xlij , notes.
» Au même endroil était une maison, dans^Ta-* quelle la sainte Vierge se retira avec saint Jeanle-Bien-aimé, après la passion de Notre-Seigneur : elle y demeura jusqu'à sa mort , qui arriva , si je ne me trompe , environ vingt ans après Fascension de Jésus-Christ ^ et selon la tradition , tous les apôtres se trouvèrent miraculeusement rassemblés pour assister à son glorieux trépas. Elle â vécu soixante-nlix ans, selon Topinion la plus commune (i).
» On nous mena à la Piscine probatique \ ce fut Salomon qui la fit bâtir. Ce qu'il y a de remarquable dans cette piscine , c'est ce que dit le «aint Évangile, qu'un ange venait tous les ans troubler Teau , et qu'aussitôt le premier malade qui y descendait était guéri de toutes sortes de maladies.
» Ensuite on nous conduisit à la maison de Caïphe, qui est dans la ville. C'est là que saint Pierre renia Notre-Seigneur. On montre le lieu où il se cbauSait , pendant que son maître était sous un olivier , que l'on voit encore , et que Ton dit être le même. Ce fut sous cet olivier que Jéaus reçut un soufflet de la main d'un soldat. On voit aussi ou le coq chanta ^ il est gravé sur la muraille.
«De la maison de Caïphe, nous allâmes à la
(i) Nous ayons remarque que le plus grand nombre dea' savans font mourir la Vierge à Éphése. Voyez Marie , et T/n* iroduction aux Wotre- Dames,
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IfTolte où l'on dit que saint Pierre vint pleurer son péché. Elle est devant un village que Ton nomme Silot , où Salomon tenait uue partie de ses coucut bines , où il adora leurs idoles , et leur donna de l'encens. Cestlà aussi qu'il avait une idole monstrueuse, toute de métal de fonte, à laquelle les pères et mères , plus dénaturés que les brutes, sacrifiaient leurs propres enfans (i).
» Nous passâmes par la grotte de Jérémie , où
ce saint prophète pleura sur la désolation qui de-*
vait arriver au temple de Salomon et à la ville de
'Jérusalem. Tout proche , Ton voit le puits où
il fut mis en prison.
» On nous mena à la maison d'Anne le Pontife, qui n'est pas loin de celle de Càïphe. Les Arméniens en ont fait un couvent. Us nous dirent que leur église était la salle même dans laquelle on fit comparaître Notre^eigneur. Ce qu'il y a de certain, c'est qu elle est bâtie au même endroit.
)) De la maison d'Anne, nous fîmes un bon trajet pour venir à celle de Pilate ; l'entrée est une grande porte cochère ronde. Cest là qu'était ce bel escalier de marbre blanc, qui a été transporté à Rome : on le nomme l'Escalier-Saint (2) à cause que Notre-Seigneur passa et repassa dessus , en dilant et sortant dé la maison de Pilate ; il ne se monte qu'à genoux , et j'ai eu une sainte conso-
(1) Le père Goujoq dit que Salomon avait autant d'idoles que de femmes , et il avait mille femmes.
(3) Scala- Santa.
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latioii après l'avoir monté cl examiné plusîoura fois à Borne , lorsque j'ai vu le lieu où il a été pris à Jérusalem.
» On nous montra le Prétoire , où l'on garde un morceau de colonne sur laquelle les soldats firent asseoir Jésus-Christ , pour lui mettre la couronne d'épines , après Tavoir fustigé.
» De la maison de Filate, on va sur une grande arcade qui couvre toute la rue ; c'est là que Pi la te mena lui-même Notre-Seîgneur, pour le faire voir au peuple , en leur disant : ecce homo. La rue qui passe sous l'arcade est appelée le Chemîn-de- Douleurs , à cause que Notre-Seîgneur y passa en portant sa croix ^ Aos religieux ôtent leurs sandales pour la travesser.
» On baise une grosse pierre qui est dans le chemin , et qui marque , dit-on , le lieu où Notre- Seigneur tomba , et où les soldats contraignirent Simon-le-Cyrénéen de l'aider à porter sa croix.
» Dans la maison de saint Joachim et de sainte Anne , on montre une grotte sous laquelle on dit que la sainte Vierge fut conçue.
» Nous fûmes voir la prison de saint Pierre , où l'ange étant venu rompit les chaînes , ouvrit les portes , et le conduisit jusque dans la rue. — On voit encore où les chaînes étaient attachées , et où cet apôlre était couché au milieu des soldats.
» Il y a une église qui renferme le lieu où saint Jacqucs-le-Majeur eut la tête tranchée. On voit une pierre de jaspe de la grandeur d'une as-
sîelle, que Ton baise avec grande dévotion, comme étant le lieu où ce saint fut martyrisé. L'histoire nous apprend que ses disciple portèrent son corps en Espagne.
» L'église du • Saint-Sépulcre e^ à peu près grande comme la nef de Notre-Dame de Paris ; «lie n'en a point la forme ^ il n'y a point d'ailes ^ elle est presque ronde , et soutenue de gros piliers d^une belle pierre dure. L'entrée de cette église est une grande porte que le Turc tient toujours fermée de barres de fer et d'un gros cadenas.
» La pierre de l'onction est la première qui se présente aux yeux : nous l'appelons ainsi, à cause que Notre-Seigneur fut embaumé dessus , après avoir été détaché de la croix. Il y a huit ou dix lampes d'argent qui brûlent continuellement.
» Le Calvaire est renfermé dans cette église : ce n'est pas une montagne élevée , comme la plupart se la figurent ; il n'y a qu'un escalier de dixneuf degrés , qu'on a fait dans le roc pour y monter. La tradition porte que c'est le lieu que Dieu marqua à Abraham , pour le sacrifice de son fils. On ajoute que l'endroit ou Notre-Seigneur fut attaché sur la croix , est le même -où Isaac fut mis sur le bûcher pour être immolé. L'Évangile le nomme Golgotha, et nous l'appelons Calvaire.
» Sur la gauche il y a une élévation de deux bons pieds , sur laquelle était plantée la croix du Sauveur , le trou y est encore , comme une espèce de foime de chapeau , en sorte que les pèlerins peuvent y mettre leurs dévotions.
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)> A un pas , se voit le rocher qui se fendit ; il . v.Bt ouvert de plus d'un pied de large. Pour la profondeur y on ne peut en voir la fin.
» A trois ou quatre pas est Tendroit où Nptre- Seigneur fut attaché sur la croix.
» Les lieux où les croix des larrons furent plantées, sont marqués par deux petites chapelles. Une belle pierre marque Tendroit où étaient la Vierge et saint Jean.
» On voit une grande arcade , qui donne sur la porte de Téglise; elle servait dans Tancien temps pour montrer la vraie croix au peuple.
» Quand on est sorti de ce saint lieu , et qu'on a descendu Tescalier , on trouve une chapelle , justement sous le Calvaire. Dans le fond de cette chapelle , il y a comme une fenêtre , avec une grille de fer qui la ferme , par laquelle on voit la continuité du rocher fendu. La tradition porte que c'est l'endroit où Adam fut enterré , ou* du moins sa tête.
1) Le lieu ou la vraie croix fut trouvée est justement sous le rocher du Gilvaire ^ c'était un véritable abime, ou l'on jetait toutes sortes d'ordures. C'est aujourd'hui une cave noire et obscure, qui ne reçoit la lumière d'aucune part , que par le moyen de cinq ou six lampes qui y brûlent continuellement.
» On trouve dans le même lieu , une chapelle où les soldats partagèrent les habits de Notre- Seigneur.
» Le Saînt-Sépulcrcî est dans l'autre partie de
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Téglise, à Topposîte de Finvention de la croix. Tout le monde sait que ce sépulcre est creusé dans le rocher. La porte n a que deux pieds et demi de haut et deux de large. On voit le lieu où était Tange , quand les trois Maries Tinrent au sépulcre., et qu'il leur dit : Jésus-Christ n'est pas ici j il est ressuscité. La place est marquée d'une pierre de marbre blanc , élevée d'un demi-pied.
» Le Saint-Sépulcre est pour sa longueur de la taille d'un grand homme. Le dessus est couvert d'une belle table de marbre blanc , qui sert d'autel pour dire la messe, sans autre ornement qu'une nappe. Au-dessus sont suspendues plus de soixante lampes d'argent , toutes différemment travaillées. Ces lampes brûlent nuit et jour.
» L'endroit où Notre-Seigneur apparut à la Madeleine , en forme de jardinier, après sa résurrection , n'est éloigné du Saint-Sépulcre que de neuf ou dix pas. H y aune grande pierre de marbre blanc , qui marque la place.
» Tout proche on voit une pierre de marbre gris, sur laquelle on dit que sainte Hélène fit apporter les trois croix , pour connaître celle de Notre-Seigneur d'avec celles des deux larrons. Derrière le Saint-Sépulcre , on voit deux autres tombeaux. On dit qu'ils sont de Joseph d'Arimathie et de Nicodème (i).
(i) n y aurait encore bien des choses à dire snr les ruines de Tancienne Jérusalem , snr son temple qu'on n^a pu rebâtir, etc.
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M Le sépulcre de la Sainte-Vierge n'est qu'A une portéie de mous({uet des murailles de JeFusalem. Pour y aller, on passe par la portQ de Saiot- Étienne , où Ton trouve une pierre de rocbe , sur lacjuelle ce s^intfut lapidé. )1 y a encore quelques vestiges de son corps , que F on voit imprimés sur le rocher.
n Le torrent de Cédron , qui va se décharger dans la mer Morte, et que je trouvai en chemin , n^est pas bien furieux, puisque, quand je l'ai vu, il n'y avait point d'cau : c'était à la fin de septembre*
2) Le sépulcre de la Sainte-Vierge est un grand bâtiment, profon^d icomme une cave. Chi nous fit voir les sépulcres de saint Joseph , de saint Joachim et de sentie Anne. Le Jardin des Olives était en ce mem£ endroit, à un jet' de pierre (i).
)) Derrière le sépulcre de la Vierge, nous voy<ms la grotte en laquelle J^otre-Seigneur sua sang et^ eau. L'endroit où Notrie-Seigneur priait , lorsque l'ange lui apparut , es^ marque par trois ou quatre mots latins que le temps a eâacés.
(t) On rappelle \^ montaj^ne des Olives , à cansç diç, qmntité d^olivicrs dont elle e'tait embellie. On la pon^me aussi la Montagne des trois lumières , parce que Godefroi de Bouillon assiégeant Jérusalem, quHl délivra , ses soklafs furent enf^ou-. rages par un cavalier céleste , qui apparaissait sur le mont des Oiiv.es avec un bouclier chargé de trois étoiles éclatantes , qui étaient peut-être trois l^pipions. Ce cavalier ne parut plus quand Jérusalem fut prise. ( Le père Goujon, page a35 , etc. )<
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)> Après qu'on est sorli de la sainte grotte , o» voit le lieu où étaient lès apôtres endormis.
» A sept à huit pas on remarque un petit olivier :%'est là que les soldats toitibèrent tous, quand Notre-Seigheur leur dit : C'est moi. C'est aussi là que Judas lui donna le baiser : c'est encore là que saint Pierre tira son épée^ et c'est là enfin que Jésus fut pris. Ce lieu est appelé le Jardin des Oliviers; il y en a encore sept ou huit, d'une hauteur et d'une grosseur extraordinaires , que l'on tient être du temps de Noire-Seigneur. On ne peut, sous peine d'excommunication , en ôter seulement une feuille. Lorsqu'on cueille les olivfes , les noyaux sont conservés 5 l'on en donne une poignée à chacun des religieux.
» Du Jardin des Olives , il n'y a pas un demiquart de lieue pour arriver à la cime de cette montagne , d'où Notre-Seigneur monta au ciel. On entre d'abord par une petite porte dans une grande place. On voit au milieu un bâtiment avec un dôme. La forme qu'il laissa de ses sacrés pieds était bien imprimée sur une pierre dure. Les Turcs en ont pris le pied droit , qu'ils ont mis dans leur grande mosquée ; le pied gauche est encore aujourd'hui à sa place.
» Tout proche on nous montra la grotte dans laquelle sainte Pélagie fit pénitence.
)> En descendant nous vîmes les endroits où Notrç-Seigneuir composa le Pater-Noster , et où il pleura sur Jérusalem. On qous mena ensuite
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dans une petite cave , où les apôtres étaient cachés lorsqu'ils composèrent le Credo.
» C'est dans la vallée de Josaphat que toutes les nations doivent être rassemblées , pour^recevoir le dernier jugement : sa largeur n'est pas plus que d'une portée de pistolet.
» On y voit le lieu où Judas se pendit. On nous montra aussi où le prophète Isaie fut scié \ et à quelque distance , la piscine de Siloé , où Notre-Seigneur donna la vue à l'aveugle-né.
» La coutume est de passer dans le champ du potier , qui fut acheté de l'argent que Judas avait reçu en trahissant Notre-Seigneur. Ce champ n'est pas grand \ et dans ce qu'il contient , il est ren* fermé sous une voûte , que sainte Hélène y a fait bâtir (i).
» Sur le chemin de Bethanie , qui est éloignée de trois bons quarts de lieue de Jérusalem , on montre l'endroit où était le figuier que Jésus- Christ maudit , pour n'y avoir pas trouvé de fiiiits.
» On voit ensuite les ruines de la maison de Simon-le-Lépreux : c'est là que Notre-Seigneur était à table , lorsque la Madeleine le vint trouver.
j> Bethanie est un très-méchant village, aussibien que les Turcs qui n'y valent rien. Nous y vîmes les ruines d'un beau bâtiment. Notre con-
O) On voit que sainte Hélène a fait bâtir bien des choses , pour le peu de temps qu'elle a passe ea Palestine. Foyez
Hélèhe.
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ducteur me dit que c'était le cbi^teau de Madeleine et de Lazare.
» On entre dans le sépulcre du Lazare, par une petite porte. On descend par un petit escalier de seize degrés taillé dans le rocher. Après cela il y a une échelle de huit pieds , qui conduit dans une petite cave , où Ton voit la pierre qui était sur le sépulcre, f^le est de figure carrée y un peu plus longue que large , et peut avoir deux pieds et demi de largeur et trois de long : elle sert de table pour dire la messe. On passe une autre petite porte , ou il faut presque se coucher, et marcher en cette postui'e le temps de deux Pater; après quoi on trouve une autre petite cave ; c'est là qu'était le Lazare depuis quatre jours , lorsque Jésus-Christ lui dît : Lazare , lève-toi.
» De Bclhanie, on revient par le mont des Olives ^ et ^Iff le chemin on voit une grande pierre , sur laquelle Notre-Seigneur était assis, lorsque la Madeleine , l'étant venue trouver , lui dît : Seigneur , si vous aviez été ici , mon frère ne serait pas mort.
» Sur la même route , on voit les ruines du château de Betphagé , où les deux disciples allèrent prendre l'ânesse , sur laquelle le Sauveur fit son entrée dans Jérusalem, le jour des Rameaux. La porte par où il entra , fait face^au mont des Olives. Les Turcs la tiennent toujours bouchée. Ils ont une prophétie entr'eux , qui dit que notre monarque très-chrétien doit conquérir la Terre-Sainte et entrer par cette porte dans Jéru-
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salem , uu jour de vendredi, lis ajoutent qnc lè temps est arrivé.
■ » De Jérusalem à Bedilcem on compte deux lieues. On me fit traverser une très -belle plains ; Li tradition porte que c^est'le lieu d^où venaichi ces iîommes de haute taille , que TEcrflure ap^ pelle les géans. ' '
» En continuant, on me fit voir sur la route les ruines de la maison du saint vieillard Siméon , qui reçut entre ses bras Notre-Seigneur dans le tenfjple: ensuite on me fit remarquer sur la droite le lieu où était autrefois un arbre que Ton appelle térébinthe , sous lequel la Sainte-Vierge s'arrêta avec Fenfant Jésus. La tradition porte que cet arbre épanouit ses brandies y pour leur faire ombrage.
» Plus loin, on trouve un beau puits , où Ton dit que les trois rois s'arrêtèrent , ayant perdu la vue de l'étoile qui les conduisait à BetUÉem.
» On voit encore le lit d'Élie : c'est une grande pierre de roche à rase terre, au bord du chemin, sur laquelle on voit comme la figure d^un grand homme. On tient que ce saint prophète passant pai; là fatigué , se coucha sur cette pierre , et: qu'elle reçut ainsi les marques de son corps.
)) On me montra l'endroit où était le proplkète Habacuc , lorsque l'ange le prit par les che<Teùgr^ et le transporta à Babylone sur la fosse aux lions, dans laquelle on avait jeté le prophète Daniel «
» Après cela , on trouve le sépulcre de la belle Rachel. Ou voit aussi un village nommé Rama , où tous les enfans furent égorges par le comman^
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dément d'Hërod^. EafiÂ, un péxx en-deçà dé Bethléem, on voit cette citerne to^ renommée que TÉcriture sippctie citerne de Bethléem , de laqiielfé David sotihaitait avec tant dé paâsioti d^avoir uiî peu d'eau.
)) Bethléem, oà Diavidfut sacré roi par SaniutF;!, n'est aujourd'hui qu'un village. Notre couveAt', avec l'église qui renferme la sainte étable, est à gauche. Le pôi^tail dé' l'église fait face au vilïage. Je trouve que cette égKse a beaucoup de rapport avec celle de Srfîht-Denîi en France , nori-seiildment pour être couvtôrte dé plomb , mais pour le dessin , excepté que celle de Bethlé'eni est plus grande.
» Ob entie par u«e grande porte cîtrréé. Nos religieux l'cait fait condamner , et ont fait' au mi- Ken une j^tité porte fort basse, pour énlp^^cibër les Turcs- d'y fairië entrer^leiirs àties' cl attires bestiaux^.
» La sainte ctable est entre fc chcfeur et la riëf : on y entré par deux éndroîts'du côté du chœur , qui est plus' élevé que lie reste de toute l'église. Les pories'sont d^un beaubrbnze, bien pOli etbitiu travaillé. On. descend un petit escalier demati>ré blanc, d'environ douze degrés , au bout duquel il y a un ^Utcl tin- peu à gauche»^ c'est' lé lieu où Notre-Seigneùr est né. Là place est marquée d'une pierre' dé jrtspe, dé la grandiEîuf d'iiné assiette , a^t^tNT dé laquelle On' a mis une bôrdtire d'argent avec des raybnè de riïênfef métal , qui forment une belle éroîle.' Cé^ rayons sont ornés de' grosses pirrrcn'ies et de diamans.
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Ji On descend encore trois petits degrés pour aller à la sainte crèche. Elle est de figure carrée, d'environ trois pieds et demi de long , et deux de large. Il est vrai que ce n'est que la place où elle était que Ton a conservée^ car pour la sainte crèche, elle a été levée et portée à Rome. Je Tai vue à Saintc-Marie-Majcure.
» Tout auprès de la sainte crèche , il y a une pierre que Ton conserve , sur laquelle , suivant la tradition , la Sainte-Vierge était assise tenant Fenfant Jésus , lorsque les trois rois vinrent Fadorer.
» On montre aussi Fendroit où Notre->Seignear fut circoncis.
)> On descend ensuite un escalier de quinze on vingt degrés. La première station est une chapelle de saint Joseph ; la tradition porto que ce grand saint, voyant le temps où la Vierge immaculée devait mettre au monde le créateur, il la laissa par pudeur et se retira pour quelque espace de temps dans oe lieu.
» La seconde station est le sépulcre des InncH cens. C'est une petite cave , dans laquelle on dit que plusieurs mères avaient caché leurs enfans , et qu'Hérode y envoya des soldats qui les massacrèrent.
)> Le sépulcre de saint Jérôme, est à Foccideat ; et à un pas tout vis-à-vis est le sépulcre de sainte Paule et d'Eustochie sa fille. Elles sont toutes lea deux dans le même tombeau , ou du moins elles y ont été ^ car leurs saintes reliques, aussi-bien que celle de saint Jérôme , ont été portées à Rome»
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» Moratoire de saint Jérôme , est une grotte un peu plus longue que large , d'une grandeur assez raisonnable *, c'e^ là que cet homme admirable a demeuré un si grand nombre d'années ; c^est dans ce rocher qu'il a tant passé de nuits, à étudier, à travailler , à traduire la Bible , à expliquer TEcriture, et à composer de si excellens livres.
» Ce que je trouve de plus remarquable dans le voisinage , c'est la grotte des pasteurs , où Fange vint leur annoncer la naissance du Messie , la nuit d,e Noël, comme ils étaient à veiller sur leurs troupeaux. Nos religieux l'appellent grotte ; mais c'est plutôt une méchante cave , qui peut avoir vingt pas de circuit.
» Nous passâmes dans un village de Turcs , qui est le pays natal de ces pasteurs.
» Pour revenir en Bethléem, on nous fit remarquer les ruines de quelques églises. En approchant du couvent , on voit une cave où se prend la pierre sur laquelle est tombée une goutte de lait de la Vierge. La tradition porte que la Sainte- Vierge , étant sur son départ pour s'enfuir en Egypte , entra dans ce rocher , pour s'y cacher pendant que saint Joseph était aUé à la ville pour prendre quelques provisions ; et comme elle donnait à téter au divin enfant, une goutte de son lait vint à tomber sur le rocher , qui s'amoUit. Depuis ce temps les nourrices qui manquent de lait s'en servent, ou en -prennent un peu dans du vin ou du bouillon ^ et Ton en voit tous les jours des effets merveilleux : les femmes turques en pren-
ncnteHcs-memes, pour Y expérience qu'elles eu dut.
» On nous montra les montagnes d'Engaddi , qui sont à deux bonnes lieues 4fi Bethléem : c'est • là que se voit cette grotte célèbre , dans laquelle David coupa le bout de la l'obe de Saûl.
» Saint-Sabas est une furieuse montagne' toute de roche, dans laquelle JR crois que Ton voit pins de vingt mille cellules telles quelles. La tradition et les histoires nous apprennent qu'elles étaient autrefois toutes remplies de saints religieux.
» Hébron n'est qu à tme journée de Bethlëen^ ; on y voit les sépulcres d'Abraham , de Sara , de Jacob et de plusieurs autres patriarches.
D y a deux lieues , de Bethléem ju^qu à Saîm- Jean ; c'est un village que nous nommons aiiisi , à cause que saint Jean-Baptiste y est né.
» Nous arrivâmes à la fontaine où saint Philippe baptisa Teunuque de la reine d'Ethiopie : elle est sur le bord du chemin, bien entretenue, et ornée de bcUes pierres.
» Une charmante église est bâtie à la place de la maison de sainte Elisabeth. Le lien ' où saint Jean-Baptiste est né , est à gauche du grand auiel. Il est marqué d'une perre de porphyre. La table de Tau tel est au-dessus ; on y célèbre ki messe, et au-dessous de cette table sont représentés eh sculpture les mystères de la vie de saint Jean; Tout cet édifice, qui était une petite chambre dans laquelle sainte Elisabeth accoucha du divin précurseur , est aujourd'hui une chapelle du plus beau marbrt du monde.
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» Après avoir denearé quatre jours dans ce saint Heu , je brûlais du désir de voir le désert où saint Jean avait proche la pérritence , .et où il Tavait mise en pratique* Il n'y avait qu'une petite lieue. Nous passâmes par desVigties et'des figtiiers. Toute la campagne pour y arrîvet est fort agi'éable^ et quand le saint Évangile appelle ce lieu' un désert , ce ne peut être que par rapport à ce qu'il était éloigné , comme j'ai dit , d'une petite lîcncf du village. C'est un des phis agréables séjours quî se puissent voir.
» La grotte dnns laquelle le grand saint se retirait, est une chambre fabriquée par la na turcdan» le rocher ^ la' porte et la fenêtre sont aussi proprement construites que si les a^chitcctes^ s'en étaient mêlés. La porte est élevée de dixpieds. — Il y a des trous dans le rocher , et l'oir monte comme on peut.
)) A l'extrémité de cette chambre , il y a une élévation du rocher , que nous appelons le lit dé saint Jean-Baptiste , parce que le saint j couchait. On dit la messe dessus.
» Au pied du rocher, on remarque une foàtaînequi fournissait l'eau au précurseur.
» A une douzaine de pas, on voit un arbre creux , ouvert et noir •, mais pour sa verdure c'ést une merveille. Cet arbre s'appelle un caiTadie. Les chrétiens du pays tiennent par ti^dition qu'il estdu temps de saint Jean-Baptiste , et qur'il en iaïaiigeait les fruits, qui sont commc^des cesses de grosses fèves ^ j'en ai apporté par dévotion*.
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» Nous passâmes par la maison de campagne de sainte Elisabeth , k un quart de lieue du village de saint Jean. Elle est en ruines. C'est Vendroit où la Sainte-Vierge vint rendre visite à sa cousine ^ le lieu où le Magnificat fut composé et conservé par nos religieux.
» De- Saint-Jean à Jérusalem il n^ a que deux lieues. Je ne sais rien de remarquable sur la route^ qu'un couvent de chrétiens schismatiques géorgiens, lisse sont établis là , disant que c'est le lieu où fut pris le bois dont on fit la vraie croix.
y> De Jérusalem , après avoir marché environ trois heures , on trouve le lieu où , comme dit TEvaugile , un homme venant de Jérusalem âr Jéricho , tomba entre les mains d^s voleurs.
» On voit aussi une fontaine , sur le bord de laquelle Notre-Seigneur s'arrêtait souvent avec ses apôtres.
D Ensuite on vient à la plaine de Jéricho. Le terrain n'en vaut rien ; ce n'est qu'un sable ingrat. L clvangile fait mention d'un nommé Zachée , qui était monté sur un arbre pour voir Notre-Seigneur j il était de Jéricho. On montre encore les ruines de sa maison , dans laquelle Jésus-Christ lui fit 1» grâce de manger à sa table et de le convertir avec sa famille.
» On voit aussi l'arbre sur lequel il était monté. La tradition dit que c'est le même. Il rapporte ui» espèce de fruit qui a des noyaux blancs , gros et longs comme de petites noix. L'Évangile l'appelle un sycomore.
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ji Rahab, que rÉcrîture sumoinme la Paillarde, était de Jéricho ^ elle cacha les espions juifs dans sa maison ; et Josué, ayant pris cette ville, mit tout à feu et à sang , excepté la maison de cette femme.
)) La fontaine d^Elisée est proche \ on Tappelle ainsi, à cause que ce prophète changea Tamertume de son eau.
» La grotte où Notre-Seigneur jeûna est éloignée de Jéricho d'une petite lieue. C'est un véritable endroit de pénitence , et il faut avoir une grande dévotion aux saints lieux , pour entreprendre d'aller dans cette sainte grotte ,' où le Sauveur jeûna quarante jours. On y monte par un mauvais chemin mal accommodé dans le roc \ ensuite on trouve des rochers droits, qu'il faut grimper comme si on escaladait des murailles -, mais ce qui est plus capable de faire perdre le jugement, c'est un abime furieux , dans lequel on tomberait ind^itablement , si par malheur le pied ou la main venait à manquer.
» Enfin, après bien des craintes et bien des frayeurs , on arrive à la grotte , qui fait deux parties. On entre dans une première chambre qui conduit dans l'autre , plus petite ; c'est là que Noire-Seigneur se retirait. Il y a apparence qu'autrefois elle était enrichie de belles peintures ^ on en voit encore quelques restes.
» On trouve aussi la place où étaient les pierres que le démon lui présenta , pour les changer en pains , et où les anges vinrent le servir après la tentation.
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» Le Jourdain sert de bornes à la plaine de JérîxîUo , qu'il sépare de celle de Moab. Tout le monde sait que saint Jean-Baptiste y baptisait ceux qui , de toutes parts , accouraient à lui. Notre- Seigneur le vint trouver , se mêlant dans la foule des pécheurs pour être baptisé comme eux (i). L'Évangile ne marque pas positivement l'endroit , et nous ne le savons pas non plus. Ceux qui veulent le déterminer prennent un peu trop de liberté. Le Jourdain décharge ses eaux dans la mer Morte , qui n'est pourtant pas une mer , mais un lac , et un lac bien extraordinaire , puisqu'il nous représente et nous prêchera jusqu'à la fin du monde les justes chàtimens de Dieu.
)) Tout le monde connaît Sodome et Gromoire, dont la seule histoire fait horreur. Outre ces deux villes , il y en avait trois autres , Adama , Seboin et Segor. Elles avaient chacune leur souverain ; elles étaient entourées de campagnes vastes et ^r« tiles. Cette abondance ne servit qu'à les précipiter dans des débordemens si désordonnés , que notre nature même , toute corrompue qu'elle est , en tremble au seul rapport de la Genèse , où nou» apprenons que le feu et le soufre tombèrent sur ces cinq misérables villes , qui furent abîmées et remplacées par ce lac dont nous parlons , qtfe les gens du pays nomment aujourd'hui lac de Lotk,
(i) GVst une grande dëvotion c)e se baigner dans le Jourdaia. M. de Ch<1(caabnant a rnpjmrté une bouteille dé 5on cai» sainte , que Ton ve'nère en divers lieux.
peut-être à cause qu il n'y eut que ce saint patriarche et sa famille qui n'y furent point sub-* mergés.
» Le nom vulgaire dans notre Europe est la mer Morte (i). Je trouve que cela lui convient assez *, premièrement , parce que ses eaux sont salées comme Veau de la mer ; secondement , elle ne produit rien de vivant. Que si on y met quelque poisson , il meurt aussitôt. Cependant Teau en est belle et claire j et il n'est pas facile d'en trouver la raison.
» Ce ko n'a guère que vingt lieues de long et
(i) La mer Morte, appelée aussi lac Asphaltite , a été le sujet cUï beauoqiip de contes. On disait autrefois ses eaux si épaisses et si fortes , qu^on pouyait y marcher comme sur un pavé solide. B|ais personne ne s^ fie. Oq çonUit aussi que l'odeur qui 8*en exhalait tuait les oiseaux au vol ; et qu^il croissait sur ses- bords des pommes superbes en apparence, ipais qui n'étaient., sous la dent , qu*un charbon qui tombait en cendres. Il est reconnu que le pays de Sodôme est tout simplement une contrée volcanique ^ que la mer Morte est un lac bitumineux. Quant aux fruits de cendres et de charbon , «e les voyageurs qui ont voulu vérifier , sur les bords du lac , ce phénomène merveilleux , ont ee effet remarqué des fruits qui , sous une belle enveloppe ^ ne contenaient qu'une poussière sèche ; mais ces fruits étaient des grenades gâtées , dont rintérimir s'était dess^dié , tandis que la surfece avait conservé Téclat de ses cpnleuTS. On a pris aussi pour un effet miraculeux uu autre phénomène qui se répète partout : il arrive souvent que des insectes piquent la feuille ou Fécoroo de quelques arbres. 11 s'j forme alors une tumeur qui se charge souvent de couleurs éclatantes , tandis que Pintérieur ne renferme que des insectes , ou quelques détrimens que Tamour du merveilleux a transformés en cendres. 9
( M. Salgues, des Erreurs et des Préjugés , etc. t.I, p. a63).
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quatre de large. Celait tout le circuit de ces cîtic^ villes. Les terres de ces belles campagnes, autrcffoi» si grasses et si fertiles , sont aujourd'hui comme de la cendre , qui ne produit pas seulement des chardons. On n'y voit prescpe point de pierres , et s'il y en a quelques-unes, on dirait, à les sentir, que ce sont des morceaux de soufre.
)) On m'a dit qu'il y avait, auprès de cette mer, des endroits où l'on voit des arbres qui portent un très-beau fruit , comme de grosses pommes ; 'mais en les pressant ils se cassent, et le dedans n'est que de la cendre. Je n'ai pas eu la consolation d*ei^ voir *, mais ce que j'ai vu fait que j'y ajoute foi facilement.
» Nous ne manquons pas de nos Français qui se piquent d'avoir tout vu. Il y en a mèmç qui disent avoir vu la statue de sel en laquelle fut transformée la femme de Loth ; je veux croire qu'elle y est encore ; mais l'impossibilité qui se trouve d'aller en cet endroit , à cause des Arabes , me fait conclure qu'ils ne disent pas la vérité (i).
» Après que j'eus visité tous les saints lieux de la Palestine , je revins par Marseille, où je m'étais embarqué à mon départ. )> —
n y aurait bien des choses à ajouter au voyage du bon père franciscain. Il ne parle pas de la mer Rouge , si fameuse chez les Juifs. Grégoire de Tours conte (iâ) que de son temps on voyait encore,
(i) Voyez Tarticle Ediih , femme de Loth, (a) Histor. lib. 1 , cap. Jo.
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au fond de la mer Rouge, les sillons tracés parles chars égyptiens. ... Il est vrai , dit-il ensuite, qu on les perd de vue quand les flots sont agités \ mais ils reparaissent dès que la mer redevient calme.
Il oublie aussi le mont Horeb , où Dieu apparut à Moïse dans le buisson ardent, où Moïse frappa le rocher dont il tira une fontaine , où Ton vénère la grotte dans laquelle le prophète Élie se réfugia lorsqu^il fuyait devant Jézabel, etc.
Nous avons indiqué ailleurs les autres lieux saints , auprès desquels on pourrait mettre Cologne , qui a trois cent soixante-^cinq églises pleines de reliques , Rome qui a plus de châsses que d'habitans, la Sainte-Chapelle de Paris , et beaucoup d^églises fameuses chez les catholiques.
C^est généralement Thabitude des pèlerins die rapporter de la Palestine quelques reliques locales , comme un peu de la terre du tombeau de Jésus-^Christ. Cette terre a fait souvent de grands miracles.
On vénérait, à l'abbaye de la Celle en Champagne, une poignée de la terre qui était sous les pieds de Jésus-Christ , au moment de la transfiguration. On guérissait les malades à San -Salvador avec nn peu de la terre qui se trouvait sous les pieds de Jésus , quand il ressuscita Lazare. On rendait un culte dans Tarascon à une petite châsse pleine de terre prise au pied de la croix , et trouvée sur le sein de sainte Marthe.
Saint Augustin, au livre XXII de la Cité de Dieu f chapitre 8 , parle d'une maison d'où l'on m. lo
rhasM une bande de malins esprits , en y mettant un peu de terre du tombeau de Notre-Seigneur. On dit que le cimetière que les Pisan» appellent le Campo-Santo dévore les cadavres en une heure. On ajoute qu'il a cette vertu , parce que la surface est couverte de terre sainte , que les Pisans apportèrent de la Palestine , au temps des croisades.
A Rome et partout , on avait quelques livres de terre sainte, quelques bouteiUes d'eau du Jourdain, et d'autres reliques qui ne doivent leur importance qu'au pays où Jésus-Christ mourut.
D n'est pas nécessaire d'observer que la Palestine était autrefois considérée comme une grande relique, pour la conquête de laquelle les chrétiens sacrifièrent des sommes énormes et des millions d'hommes.
Aux siècles des croisades , un pieux catholique ne pouvait faire son testament sans laisser quelque legs pour la délivrance du tombeau de Jésns- ' Christ. U fallait en faire le pèlerinage. Un brave n'était fameux que s'il avait porté les armes contre les infidèles.
Toutes ces choses ne sont plus que de brillans souvenirs qui ont fait naître de beaux romans.
TETRIC , — évêque d'Auxerre , où l'on conservé son corps. U fut massacré par son archidiacre ( qui voulait avoir ison évèché ) , sur un banc où il prenait un peu de repos. « Ce banc a été depuis
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une lource de lantë , pour ceux qui sont affligés du mal de dents (i).»
THADÉE , — apôtre d'Édesse selon quelquesuns , et Fun des soixante-douze disciples. Mais d'autres prétendent que c'est le même que saint Jude. Ses reliques sont peu connues. — - Voyez les articles Jude et Bernard.
THÈCLE , — vierge , née à Icône , convertie par saint Paul , et la première martyre du nom chrétien. Elle abandonna sa mère et Fépoux auquel on Tavait fiancée pour suivre les apôtres. Cet époux irrité la fit prendre , et la livra aux juges qui la condamnèrent aux bétes.
Elle parut toute nue dans Tamphithéâtre. Mais les lions vinrent lui lécher les pieds. On la condamna au feu qui ne la brûla point. Toutes les peines du tyran ne purent lui faire mal ; et elle mourut de sa belle mort. Mais on la dit martyre , à cause de ses supplices.
Elle fut enterrée à Séleucie ; et il y a apparence qu'elle laissa plusieurs corps, car on en montre un à Milan , un second à Chamalières en Auvergne, un troisième à Chartres, un quatrième à Tarragone , un neuvième bras à Prague , et beaucoup d'autres reliques ailleurs.
Ribadéneira dit que Pierre IV , roi d'Aragon , ayant voulu prendre un champ qu'on avait donné
(i) Le P. Girjr , i8 man , dans It Mart
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au corps de sainte Thècle à Tarragone , pourTentrctîen de ses prêtres , la sainte sortit de son tombeau , et donna à ce prince impie un grand, soufflet dont il mourut (i).
Ce soufflet devait en effet être un peu sec , car le corps de TarragoUe n'avait d^à plus que les os sans la peau (2).
THÉODORE , — soldat et martyr à Héraclée , au commencement du quatrième siècle. Son corps était à Héraclée \ mais il en avait un second dans la ville de Venise , dont il fut le patron avant qu'on Teût remplacé par saint Marc. On prétendait qu'il y était venu de Gonstantinople.
Son troisième corps était à Brindes j on lui en compte un quatrième à Chartres \ il avait une cinquième tête àTabbayedeMolesme^une sixième à Gaëte , et une foule de reliques à Rome , à Cologne , à Saint-Denis , à Cambrai , etc. On montrait son bouclier à Rome , à Dalisande en Asie , et ailleurs.
THÉODORE , - martyr qui soufirit la mort souslVUcliel-le-Bègue, pour la défense du culte des images. Son corps était à Chalcédoine en Bithynie.
(1) Fleurs des vies des saints , a3 septembre.^ (3) On donnait , dans les premiers siècles de Tëglise , le nom de Thècles aux femmes courageuses. Comme on abuse de tout } on appelle maintenant Thècles y en Provence , les filles effrontées et méprisables.