THÉ
THÉODOSIE , — martyre de Céwrée en Palestine , au quatrième siècle. Son corps est k Constantinople et à Moscou. Elle en avait un troisième a Tabbaye de Montiërender en Champagne , et divers demi-corps à Liège , à Bologne , en Espagne et aîUeurs,
THÉODOTE , ET LES sept vierges d'iNCYlLE. — -
Au commencement du quatrième siècle.
(( Nilus 9 témoin oculaire à la vérité, mais qui est inconnu , et c'est grand; dommage 9 assure que son ami saint Théodote , cabaretier de son métier ^ faisait tous les miracles qu'il voulait. Cétait à lui de changer Teauen ym \ mais il aimait mieux guérir les malades en les touchant du bout du doigt. Le cabaretier Théodote rencontra un curé de la ville d'Âncyre , dans un pré tout-à-fait propre à y bâtir une chapelle dans un temps de persécùtipa. c< Je le veux bien, dit le prêtre , mais il me faut des reliques. » — Qu à cela ne tienne , dit le saint , vous en aurez bientôt \ et voilà ma bague , que je vous donne en gage. » U était bien sûr de son fait , comme vous allez voir.
» On condamna bientôt sept vierges chrétiennes' d'Ancyre, de soixante et dix ans chacune , à être lii^rées aux bnUales passions des jeunes gens de la sfiUe. La légende ne manque pas de remarquer que CCS demoiselles étaient très-ridées ; et , ce qui est fort étonnant , c'est que ces jeunes gens ne leur firent pas la moindre avance , à Fexception d'un seul , qui , ayant en sa personne de quoi négliger
i5o THÉ
ce point-'là , voulut tenter Taventure , et s'en dégoûta bientôt. Le gouverneur, extrêmement ir-* rite que ces sept vieilles n^eussent paç subi le supplice qu'il leur destinait , les fit prêtresses de Diane ; ce que ces vierges chrétiennes acceptèrent sans difficulté. Elles furent nommées pour aller 4a ver la statue de Diane dans le lac voisin ; elles étaient toutes nues ] car c'était sans doute Tusage que la chaste Diane ne fût jamais servie que par des filles nues, quoiqu'on n'approchât jamais d'elle qu'avec un grand voile : deux chœurs de ménades et* de bacchantes , armées de thyrses ^ précédaient le char, selon la remarque judicieuse de l'auteur , qui prend ici Diane pour Bacchus ; mais , comme il a été témoin oculaire , il n'y a rien à dire.
» Saint Théodote tremblait que ces sept vierges ne succombassent à quelques tentations : il était en prières , lorsque sa femme vint lui apprendre qu'on venait de jeter les sept vieilles dans le lac : il remercia Dieu d'avoir ainsi aauvé leur pudicité . Le gouverneur fit faire une garde exacte autour du lac , pour empêcher les chrétiens , qui avaient coutume de marcher sur les eaux , de venir enlever leurs corps. Le saint cabaretier était au désespoir : il allait d'église en église ; car tout était plein de belles églises «pendant ces affreuses persécutions i mais les païens rusés avaient bouché toutes les portes. Le cabaretier prit alors le parti de dormir : l'une des vieilles lui apparut dans son premier sommeil^ c'était, ne vous déplaise,, sainte Técuse , qui lui dit en propres mois : « Mon cher
THE »5i
Théodote , touârirez - yous ({im no» corps soient mangés par les poissons ? »
» Théodote s'éveille ; il résout de repécber les saintes du fond du lac , au péril de sa vie. U fait tant qu au bout du trois jours , ayant donné aux poissons le temps de les manger , il court au lac par une nuit noire , avec deux braves chrétiens.
* Un cavalier céleste se met à leur tête , portant un grand flambeau devant eux 9^ pour empêcher les gardes de les découvrir : le cavalier prend sa lance , fond sur les gardes , les met êa. fuite } c-était, comme chacun sait , saint Soziandre , ancien ami de Théodote , lequel avait été martyrisé depuis peu. Ce n'est pas tout; un orage violent mêlé de foudre et d'éclairs, et accompagné d'une pluie prodigieuse , avait mis le lac à sec. Les sept vieilles sont repêchées et promptement enterrées»
» Vous croyez bien que l'attentat de Théodote fut bientôt découvert ; le cavalier céleste ne put l'empêcher d'être fouetté et appliqué à la question. Quand Théodote eut été bien étrillé, il cria aux chrétiens et aux idolâtres : « Voyez mes amis , de quelles grâces notre Seigneur Jésus comble ses serviteurs ; il les fait fouetter jusqu'à ce qu'ils n'aient plus de peau, et leur donne la force de supporter tout cela. » Enfin il fut pendu.
)x Son ami Fronton le curé fit bien voir alors que le saint était cabaretier ; car , en ayant reçu précédemment quelques bouteilles d'excellent ▼in , il enivra les gardes et emporta le pendu, lequel lui dit : tt Monsieur le Curé , je vous avais
iS^'