‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuseChapitre 42 sur 96 · TIB · texte numérisé non relu

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tombeau de Thomas : « remarquable eicemple k proposer aux rois catholiques , de se soumettre i Féglise , qui les châtie comme mère (i). »

Le corps de ce saint était à Cantorbëry j il fat brûlé publiquement par ordre de Henri VIII , qui tira de son église vingt-six chariots de richessai jusque-là inutiles.

On vénère une seconde tète de Thomas àHome, dans la grande église de Saint-Pierre. Sa tunique et son étole sont à Sainte-Marie-Majeure. Il avait une troisième tête a Tabbaye de Royaumont , quelques reliques à Paris, dans Téglise de Saint-Tkomas du Louvre , et ailleurs.

On attribue de grands miracles à ce saint. Une pie qui savait parler , se voyant poursuivie par un aigle , s'écria : ce Saint Thomas , ayez pitié de mm. » Au même instant Taigle tomba mort (a).

THYRSE , ,7- martyr^n Bithynie an troisième siècle. Son corps ayant été apporté à Constant!nopk, il apparut] un soir à Timpératrice Pulchérie , pour lui révéler les reliques des qmuwite martyrs , et la prier de les faire transférer auprès des siennes ; ce qui eut lieu. H avait un second corps à Limoges. U en a un troisième à Oviédo , dans les Asturies.

TIBURCE , MAXIME et VALÉRIEN,— mai-

(i) Ribadëneira, 39 décembre.

(i) Jacobi de Vonig. legenda undecima.

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tyrs à Rome ou ailleurs , au deuxième ou au troisième siècle. Leurs corps sont à Rome, dans l'église de Sainte-Cécile. Mais ils ont chacun un second corps à Mayence. Us sont en troisième lieu À Luques. Quatrièmement, on révérait leurs reli- -ques à Tabbaye de Saint-^Urbain , au diocèse de Châlons^sur-Marne. Enfin , on montre à Bologne un neuvième bras de saint Tiburce , et un neuvième bras de saint Yalérien.

TIMOTHÉE , — dîsciplede saint Paul, évéque d'Ephèse , et martyr. Son corps est à Rome, dans Féglise de Saint-Paul , au chemin d'Ostie. Il est aussi à Afinden en Basse-Saxe.

TITE-UVE. — En l'année i4i3 , on trouva dans un des jardins de Sainte-Justine , à Padoue , une chasse dr plomb faite à Vaiftique. On ne 4outa pas un seul moment que ce ne fût le cercueil de Tite-Live , par la raison que Tîte-Live était prêtre de la Concorde, et que le couvent des bénédictins de Sainte-Justine est bâti sur les ruines du temple de cette déesse. Dès qu'on sut cette découverte , toute la ville y accourut avec des acclar mations et des transports de joie. « Le peuple faisait loucher ses chapelets à la châsse du pré« tendu TiCe-Lîve , comme si c'eût été quelque nouveau canonisé ^ et Tite-Live , tout déman^bulé par une pop«lftce aSkmée de reliques , fut mis dans un coi&e de bois, chargé de branches de laurier , et porté en triomphe au temple de Sainte-

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Justioe (i) 5 w où il est , sans doute , tout surpris de recevoir les prières des dévots.

TOBIE. — Nous ne pourrions dire où Ton prit , au septième siècle, les corps des deux Tobies et de la jeune Sara qu'on apporta à Rome , et que Rotharis , roi des Lombards , transporta à Fkvîe. On déroba ces trois corps vers Tan i6i5 , et Ton ne sait où les voleurs les mirent.

TOILE DE LA RESSUSCITÉE.— « La femme d'un consul de Cologne , ayant été enterrée en 1571 , avec une bague de prix, le fossoyeur ouvrit le tombeau la nuit suivante , pour dérober la bague. Il fut bien étonné , quand il se sentit serrer la main , et quand la bonne dame Fempoignapour se tirer du cercueil : il s'en dépêtra pourtant et s'enfuft sans autre conversation.

» La ressuscitée se développa aussi du mieux qu'elle put, et s'en alla frapper à la porte de sa maison \ elle appela un valet par son nom , et lui dit en troi3 mots le principal de son aventure ^ afin qu'on ne la laissât pas languir; mais le valet la prit pour un fantôme , et courut tout effrayé raconter la cbose à son maitre.

» Celui-ci, également incrédule, le traita de fou, et dit qu'il croirait plutôt que ses cbevaux seraient dans son grenier. En même temps , on entendit dans le grenier un tintamarre épouvantable ; le

(1) MissoD f tome I , page i83.

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valet j mcmta et y trouva six chevaux de earrosse'^ sans compter le reste de Técurie. Le consul, étourdi de tant de prodiges, n^avait pas la force de parler» Le valet était évanoui dans le grenier ^ et la défunte qui n'était pas morte ^ grelottait dans son drap , en attendant qu elle pût entrer.

» Enfin la porte lui fut ouverte, on la réchauffa , et on la traita si bien , qu'elle recommença de vivre , comma si de rien n'eut été ; et le lendemain , on travailla aux machines nécessaires pour faire descendre les chevaux.

» Pour preuve de cela , on voit encore aujourd'hui dans ce grenier quelques chevaux de bois , qui sont revêtus de la peau des autres^ et on montre dans l'église des Douze-Apôtres , où cette aventure est peinte , un grand rideau de toile , que cette femme fila depuis son retour au monde , où elle vécut encore sept ans.

» n en est arrivé de l'histoire de cet événement , comme de celles de la plupart des autres événemens rares* On ne se contente pas de la pure singularité des faits , on veut les embellir par de nouveaux prodiges (i)« »

TOMBEAUX. . — • Sans compter les tombeaux des grands saints, où il s'est toujours fait des miracles , comme on l'a vu , plusieurs monumens de ce genre ont été signalés par des prodiges ,

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(i) Misson , tome I, page 5o. ♦- Voyez V Histoire des Fam* piœs, et dts Spectres malfaisans , UI*. partis > chap. 5 et 6.

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sans qu'on sut bien quelles reliques ils renfermaient.

Les deux bénédictins , qui firent le i^oyage UttércUre , content quHls virent dans une vieille église de Villeneuve-d^ Agénois , un grand tombeau de marbre blanc , où Ton avait enterré ml bienheureux Adouin, évèque. Un seigneur du pays voulut prendre le marbre de ce tombeatt pour remployer à des usages profanes. Ou sortit bien le vieux tombeau de Féglise , mais quand il fut à la porte , tous les bœufs du monde n'auraient pu Fébranler , et on fut obligé de le laisser sur la place.

Il n^est rien arrivé de semblable à ceux qui dépouillèrent les tombeaux et les châsses en 179^.

On voit peut-être encore à Dax, dans les Landes, trois tombeaux de marbre antique , qui sont vides depuis long-temps. Au déclin de la lune , les deux plus petits sont pleins d'une eau rougeâtre ; et dans la pleine lune, le plus grand se remplit de la même eau , tandis qu'il n'y a rien dans les petits. Du moins c'était encore ainsi au dernier sièùle.

On ne sait à qui appartiennent ces tOHibeaux : ce qui donne matière à beaucoup de contes et de suppositions miraculeuses.

On dit qu'en 1700, comme on voulait construire une petite sacristie dans le voisinage de ées tombeaux , on puisa Teau qu'ils contenaient pour faire le mortier. On s'aperçut aussitôt qu'ils se vidaient entièrement , et que l'eau n'y re^tenait plus comme à l'ordinaire. Les habitans prirent

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