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Ou ajoute que saint Thomas visita aussi le Brésil , cl qu'il portait un habit tout rapetassé. On dit qu'il fut tué dans les Indes , par un prêtre du pays qui lui donna un coup de lance.
Lorsque les Portugais firent la conquête de lai presqu'île en deçà du Gange, ils trouvèrent à Méliapour , sur la côte orientale , une inscription qui leur apprit le martyre du saint apôtre. Us découvrirent auissi son corps qu ils transportèrent k Goa f avec la lance dont il avait été tué , le bourdon qu'il portait dans ses pèlerinages, et une cror che pleine de son sang.
Cependant le corps de saint Thomas était honoré à Édcsse , d'où il n'alla point aux Indes. On le vénérait à Edesse du temps de Grégoire de Tours. Le saint y faisait les plus beaux miracles. La veille de sa fètc , on lui mettait tous les ans dans la main un sarment sec , qui le lendemain se trouvait couvert de feuilles et de grappes mûres.
Grégoire de Tours dit (i) qu'à la fête de saint Thomas, qui se faisait alors en juillet ou -en mars, et qui se fait à présent en décembre , il y avait à Edesse une foire franche qui durait un mois , pendant lequel le saint se signalait par diverses merveilles. Premièrement, quoique la ville fût
aurait pu en donner connaissance ; le P^oyage au cenire dp ta terre en passant par la grande out^ertttre du pôU'nordf 3 Tol. m- 13. i8-ii.
(i) De (ijloriâ mai'tyruui , cap. 3a.
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infestée de mouches tout le reste de Taniiée , on n en voyait aucune durant la foire de saint Thomas. Ensuite , le dernier jour de la foire, le saint envoyait une grande pluie qui nettoyait les rues de toutes les immondices que les marchands y laissaient.
Le même écrivain assure encore que la lampe qui brûlait devant le tombeau de saint Thomas était toujours ' ardente quoiqu'on n^y mit jamais d'huile.
Le corps de Méliapour ne faisait pas moins de prodiges. Tous les ans le saint apparaissait aux fidèles et les faisait communier de sa main ; a cela » est rapporté par plusieurs auteurs et peut bien » être vrai , » comme dit le père Bibadéneira.
Saint Thomas laissa aux Indiens une croix blanche, qui a aussi beaucoup de vertus. Chaque année , le jour de sa fête , elle changeait quatre fois de couleur, devenant jaune, puis noire, puis azurée , puis reprenant sa couleur blanche à la fin de la messe.
 chaque couleur nouvelle que prenait cette croix , qui ne fait plus de si grandes choses , il en tombait des gouttes de sang que Ton avait soin de recueillir. Les années où ces miracles manquaient étaient très-malheureuses pour le pays.
Outre ces reliques , on en montre d'autres partout , depuis des temps éloignés. On en avait à Noie , sous Fépiscopat de saint Félix 5 la France en possédait beaucoup \ saint Ambroise en mit trois ou quatre pièces dans son église des apôtres.
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que je les fuis toutes. » L'ange de Técole aurait pu être un peu plus galant , sans perdre pour cela sa virginité.
Il se fit dominicain malgré ses parens , délivra sa sœur du purgatoire par ses prières , et mourut à Tabbaye de Fossa-Nova , près de Fondi (i).
Trois jours avant sa mort , on vit briller au* dessus de Fabbaye une étoile extraordinaire , qui disparut lorsqu'il trépassa. Albert-le-Graud , qui était à Cologne , eut révélation de sa mort , etTaiH nonça à Tinstant même où le saint rendait Fàme. Le prieur de Fossa-Nova qui se nommait père Jean (2) , et qui était aveugle , baisa les pieds du saint aussitôt qu'il fut mort , et se trouva inconti* nent retidu à i^^a lumière.
Le tombeau de Thomas répandit une suave odeur ; un chirurgien goutteux vint sauter aujurès de son cercueil et s'en retourna guéri. Un impie se railla de la sainteté de Thomas. Aussitôt la tète lui enfla grosse comme un tonneau ^ il ne revint à son état naturel qu'après avoir baisé la main du saint. U se fit une multitude d'autres prodiges aux reliques de Thomas d'Aquin.
Son corps, que l'on avait trouvé frais à l'exception du nez , sept mois après sa mort , demeura long-temps chez les moines de Fossa-Nova , qui lui coupèrent la tête , par la crainte qu'ils avaient
(1) Voyez dans le tomel , page {3 > le Mulet de saint Thomas d*Aquin,
(a) Ce n'est pas le père Jean du Compère Mathieu.
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qu on ne leur redemandât le corps. Dans la suite, comme ce corps tenait trop de place , ils le firent bouillir et le désossèrent. Le tout fut volé par le coml;e de Fondi , qui le vendit en i368 aux dominicains de- Toulouse, chez qui il est resté depuis. -
On en a détaché quelques parties qu'on honorait à Paris , à Naples , à Rome , etc. Partout il s'y faisait des miracles aussi surprenans que ceux que nous avons contés*
THOMAS DE CANTORBÉRY, — ou plutôt Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry. Il serait trop long de rappeler les détestables actions de ce prétendu saint, qui éleva en Angleterre des séditions funestes, et qui mérita le châtiment des factieux. Il était si bien soutenu par la cour de Rome , que Henri II n'osa jamais le fafre juger. Mais il désirait souvjent^c qu'on Le vengeât àe ce prêtre qui , à lui seul , était plus dangei^x que tous les rebelles de l'Angleterre. » Quatre gentilshommes , excommuniés par Thomas , aussi-bien que leur roi , assassinèrent le saint archevêque , que l'on déclara aussitôt martyr,
Ribadéneira dit qu'en dépouillant son corps on lui trouva le dos tout couvert de vermine^ Henri II fut obligé de demander pardon au pape d'un meurtre, illégal à la vérité, mais qu'il n'avait point ordonné , et il fallut qu'il se soumît à la pénitence publique que lui imposèrent deux légats envoyés exprès de Rome. On le fouetta cinq fois devant le IIL u