‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuseChapitre 47 sur 96 · SAINTE URSULE · texte numérisé non relu

SAINTE URSULE

L'abbé d'un monastère de bénédictins en Thuringe eut une vision vers l'an 1200. 11 se crut transporté dans l'église des onze mille vierges à Col(^e , auprès d'un tombeau qui renfermait les reliques des saintes Théoniate, Cléomate et Ghristiancie. Il se bâta d'aller à Cologne , révéla sa vision 9 et demanda la permission d'emporter les trois corps qu'il avait rêvés.

Le fossoyeur de l'église découvrit effectivement trois corps , dont l'un avait sur sa poitrine un peigne de grand prix. Il mit le peigne de côté pour en faire son profit. Mais une religieuse nommée Friderinde étant survenue s'en empara par dévotion.

x8o URS

La nuit isuivante , les trois vierges apparurent à Fabbé et lui dirent : Nous ne voulons pas nous en aller avec toi. — Et pourquoi donc, mes chères dames, reprit-il. — Parce que j'ai perdu mon peigne que ma mère m'avait donnée dit .une des saintes. C'est le fossoyeur qui l'a pris , et la nonne Friderinde l'a emporté.

L'abbé alla le lendemain se plaindre à l'abbesse , qui fit rendre le peigne , après quoi il s'en retourna à son couvent avec ses reliques^ Des guerres survinrent bientôt. On cacha les châsses des trois saintes sur une corniche , et quand la paix eut dissipé les frayeurs , on les oublia. GLéor mate, Théomate et Christiancie finirent par a^eor nuyer dans leur coin^ On les entendit pendant plus d'un mois , frapper à grands coups dans leurs châsses ^ on ne les remit point en place honnête. Elles avertirent le sacristain qu'elles allaient^ s'en aller si on les négligeait^ on ne se pressa pas davantage , et un matin pendant la messe , on vit trois belles vierges sortir de l'église et prendre le chemin de Cologne ^ on courut aux chasses , les reliques avaient disparu.

Les trois saintes retournèrent avec leurs com^ pagnes , qu'elles n'ont plus quittées depuis (i).

On débite à Cologne beaucoup d'historiettes de ce genre;

(0 Csesarii miracula. Lib. VIH , cap. 85.

VAL i8r

VALENTIN , — prêtre qui souffrit le martyr^, ▼ers le troisième siècle. On croit qu'il i^ourut a Rome. Il guérit le. mal caduc.

Son corps est à Rome dans Fëglise de Sainte Praxède , et sa tète dans Téglise de Saint-Sébas-. tien. Alais il a un second corps à Bologne. Il avait encore une tète à Fabbaye de Jumièges , dans le pays de Caux , la moitié d*uh corps à Milan , un autre corps- à peu près entier à M elun , et quelques bras détachés à Macerata , dans la Marche d'Ancône , à Tabbaye de Sajat-Denis de Mons , à TEscurial /et ailleurs.

YALERE , — martyr à Soissons vers Tan 287.

Son corps est à Soissons et à Bologne. Il a un troisième crâne à Anvers.

VALERI , — abbé en Picardie , mort en 623.

On avait retrouvé son corps qui faisait des miracles. Hugues Capet fonda pour le placer honorablement Tabbaye de Saint-Yaleri , à l'embouchure de la Sonmie. Mais sous le règne de Phib'ppe U, comme les moines de Saint -Valeri faisaient la contrebande avec les Anglais , et introduisaient en France des marchandises prohibées à cause de la guerre , Philippe détruisit la ville et le monastère , chassa les moines et emporta le corps du saint dans la haute Normandie.

(Sa \ËR

Let moines le rapportèrent sous le règne suivant, et on Thonorait encore au dernier siècle; quoiquon montrât à Turin un second^ corps de saint Yaleri.

VENANT, — abbé k Tours , au cinquièBM siècle. Un jour qu'il disait la messe , et qu'il en était à ces mots de Toraison dominicale : et délwrez" nous du mal^ il entendit du fond de la terre une Toix qui répétait ces mêmes paroles. C'était im prêtre enterré là , qui se nommait Basin , et qui demandait des prières, parce qu'il étak en pnrgfrtoire : ce qui prouve, comme disent les cathoËques , qu'il faut payer des messes aux naioits (i).

Le corps de saint Yenan^ était à Saint-Martm de Tours , et à Paris dans l'église de Saint-Germain-des-^Prés. On avait beaucoup de vénëraticii pour ces deux corps du même saint,

VÉRONIQUE. — Veronîca , transposition de Vera icon , vraie image. — Le culte de la Véronique , ou vraie image de la sainte face de Jésus, n'est pas si récent que le croient certains critiques» Mais les histoires qu'on en fait ne . remontent guère plus loin que le quatorzième siècle.

Après que l'église eut autorisé le cidte des images , on honora particulièrement la représenta^ tion de la face du Sauveur , montant au Calvaire,

(i) Grégoire de Tours , hisl. Hv, lo , cap. 3i , et de glori^ €onf. cup. i5.

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, éontert de sueur et de sang. On croit ({ue dès le * huitième siècle, il y avait à Rome un autel du saint suaire , sous la coupole duquel on vénérait un voile qui portait l'empreinte de la sainte face. Il est parlé de cette sainte face dans un bref du pape Serge IV, en Fan loii. H paraît quon j entretenait dix lampes continuellement alkunées.

Nous ne savons pas quelles histoire;» on en contait dès lors , mais il s'y faisait de grands miracles , et Ton commença bientôt d'en vendre des copie» à la porte de Téglise du Vatican.

La sainte image s'appelait la Véronique^ et ceux qui en vendaient leff gravures , les marchands de f^éronîques ou vraies images. On n*y représentait comme aujourd'hui que le devant de la face de Jésus-Christ avec les cheveux. Celles de ces images que l'on avait peintes sur la toile , n'étaient point encadrées selon l'usage, mais flottantes pour mieux ressembler au tableau original. On les faisait tenir quelquefois par un ange, et plus souvent par une femme.

Cette figure ne fut regardée d'abord que comme un support de la Véronique. IVIais insensiblement on s'accoutuma à donner le nom de Véronique , à la femme même qui portait l'image.

Un chanoine de Mayence , qui fît le voyage de la Terre-Sainte en i483, racontait qu'il avait vu à Jérusalem la maison de sainte Véronique. Ou montra cette maison à d'autres pèlerins , et bientôt on raconta que sainte Véronique avait vécu

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long-temps avec Jésus-Christ, et îpi'elle ayaî^ épousé saint Amateur ( qui ne parût que quatre cents ans après dans le Quercy).

On prétendit même que cette sainte était rhé-. morroïsse deTÉvangile, et que saint Amateur ou- Amadour , était le même que Zachée le publicain.. On ajouta qu il avait été valet de la sainte Vierge > et apprenti charpentier dans la boutique de saitk% Joseph.

D autres savans y eSrayés du nom de Yéronique qui n'est pas juif, assurèrent qu'on avait estropié le nom , et que la femme qui essuya le visage^ de Notre-Seigneur, n'était auti^e que Bérénice^ nièce du roi Hérode.

Quoi qu il en soit , sainte Véronique avail une maison sur le chemin du Calvaire , à trois centiî quarante pas , ou environ ,. du palais de Pilate^ Lorsqu'elle vit passer Jésus-Christ chargé de sa croix, elle courut à sa rencontre, et lui présenta son voile de tête. Jésus essuya le sang et la sucmc qui découlaient de son visage , et lui rendit le voile , marqué de l'empreinte de sa face , pour prix de son bon office.

n y a quelque chose de gracieux dans ce peti^ conte , qui se débite encore d'une autre manière. Des auteurs du douzième siècle prétendent quç Notre-Seigneur était trop embarrassé de sa croix pour s^essuyer le visage , et qu'il fit l'empreinte de sa face sur le voile , non pas sur le chemin du Calvaire , mais au jardin des Olives , après l'ago^^ nie où il sua sang et eau,*

VÉR i85

I^es légendaires disent ensuite qu'après la dispersion des apôtres , sainte Véronique vint à ]VIar-> seille , avec la Madeleine , Lazare et sainte Marthe. Elle y vivait saintement , lorsque Tempereur Tibère étant tombé malade , et sachant les mer-^ veilles que Véronique faisait avec son voile y la fît venir à Rome ^ elle le guérit en un instant , fut comblée de présens et d'honneurs , passa le reste de sa vie dans la compagnie de saint Pierre et de $aint Patd y et légua Timage de la face , au pape saint Clément.

I] résulte des recherches de plusieurs savans , que Ton croit à Rome avoir la représentation de la sainte face de Notre-Seigneur , imprimée par lui-même sur un voile ^ mais que Fhistoire de la femme est récente, et qu il ny a pas quatre cents ans que cette histoire est faite.

Il ne faut pas dire comme Godescard , en recon-> naissant Véronique pour une sainte imaginaire , que « la méprise de quelques particuliers ne peut retomber sur Téglise , qui n'a jamais reconnu une telle sainte. » L'église a reconnu sainte Véronique. Elle est marquée au 4 de février , conmie une $ainte veuve, dans le martyrologe romain. Du SaussiQT 9 dans le martyrologe de France , la fait xnourir au diocèse de Bordeaux , et place sa fête au 1 5 de février. La plupart des missels du seizième siècle, portent également sainte Véronique.

A Paris , on fêtait Véronique et la sainte face le jour de carnaval, qui est la fêle des masques.

Dans les difierens pays , on a fait de sainte Vé-

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rônique une Tcuve , une rierge martyw*, une ntartyre non rierge, etc. On met ordinairetnent ses image en regard de celle de saint Fiacre , parce qu'on la prend pour liiémorroïsse , et que saint Fiacre a la réputation de guérir les hémorroïdes, lûifbi , on vénère à Rome^ dans Téglise de Saint- Pierre au Vatican , la sainte face que Kotre-^Seîgneur imprima sur un voile , et qui du moins devrait être unique. On avait pourtant aussi la vraie sainte face , h Paris , dans la Sainte-Chapellé. Elle est encore à Laon -, elle est également à Jaen dans V Andalousie , et dans beaucoup d'autres lieux (i).

DE LA SAIIÎTE FACE DE LAOH.

On se vante à Laon , comme à Rome et cestame

dans cent autres villes , de posséder le vrai voile

de sainte Véronique , et la vraie représentation

de la sainte face. Elle fut envoyée à Laon , en

1^49 j V^^ 1^ pape Urbain IV. On voit au

haut de Fimage ces quatre lettres : IC* XC,

qui signifient Jésus - Christ. On voit au bas

une inscription , qui donna beaucoup d'exercice

aux savans..Quelques-uns prétendirent que c'était

de l'hébreu , comme cela devrait être. Le P. Ma-

billon avoua qu'il n'en connaissait pas les-caiiic-

tères. Le P. Hardouin eut le talent d'y trouver un

vers grec hexamètre, sur lequel il puUia une

(i) Baillet, Traite des féus mobiles , au mardi de laQuin- ^uagésinte. — Godcscard au i3 janvier. — < M. Salgues, t. il, pag»! 35o , etc.

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grosse dissertation, imprimée es 1707, dans le journal des savans.

Mais enfin le P. Honoré de Sainte-Catherine crut reconnaître que Tinseription était ésclayone. On se moquait de lui , lorsque le czar Pierre-le- Grand vintàLaon, et avoua que le P. Honoré avait rencontré juste , et que Tinscriptiou portait ces Biôts : « Portrait du Sauveur , imprîmé sur le mouchoir de la Véronique. »

Cette relique de Laon , attire tous les ans un concours immense de dévots et balance utilement Wolre-Dame-de-Liesse qui est voisine.

On vend encore à présent , da^ns tous nos villages, de petites images de plomb qui représentent la sainte face de Laon *, c'est même un commerce important pour cette ville ; et les vendeurs ambulans assurent que ces petites médailles de cinq centimes , qui portent d'un côté la Véronique €^t de l'autre Notre-Dame-de-Liesse , sont un préservatif assuré contre le tonnerre et autres accidens.

VICTOIRE , —martyre romaine du troisième siècle. Son corps est à Monte-tjéone et à Plaisance. Elle en avait un troisième à Paris, dans le couvent des Filles-Dieu.

Ce troisième corps fut envoyé de Rome en 1 784*, lorsqu'on l'exposa , on fut émerveillé de voir une sainte , mone depuis si long«temps , conserver un teint frais et une peaûl^uperbe. Quelques incré- " dules ouvrirent d'autres yeux que ceux de la foi ;

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et Ton reconnut (jue les Filles-Dieu , pour ëriter aux dévots le spectacle hideux d'un squelette , et pour donner meilleure grâce à leur sainte , avaient couvert sa tète d*un masque de soie et le reste de ses os d'une longue robe (i),

VICTOR, -— martyr de Marseille , au tiroisiàme. siècle. Pendant que rempereurMaximien-Hercnle; était dans cette ville , Victor renversa d'un coup de pied un autel consacré aux idoles. Quoiqu'il fut officier des troupes de Tempereur , on l'arrêta aussitôt ; on le lia à la queue d'un cheval indompté : ce supplice ne tua point le saint. On le fouetta & coup de nerfs de liœuf , sans qu'il y ps^rût. On le crucifia , sans qu'il semblât moins à son aise.

Comme il chantait sur sa potence, on le mit en prison : pendant la nuit , il convertit ses geôliers, les baptisa , et fut foutté le lendemain plus rudement que la première fois.

On le mena ensuite devant la statue d'une idole, â qui il donna de nouveau un coup de pied. Ce pied très-saint fut coupé par ordre des tyrans, et Victor n'en marcha pas moins droit. On fut obligé de le faire mourir sous une meule de moulin.

On conte qu'il y avait autrefois â Marseille , dans la place qu'occupa depuis l'abbaye deSaint-Victfer, un bois de pins, où se retirait un serpent prodi- '

(i) Voyez M. Dulaure, Description des curiosités de Paris ^ lowç I , pjige 35a.

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{;ieUt , qui avalait un homme comme une lentillci Saint Victor, qui était soldat , le tua d'un coup de sabre ; c'est pour cela qu'on le représente avec un dragon à ses pieds*

Les restes de saint Victor furent enterrés honorablement : ils avaient surtout la vertu de chasser les démons. On compte une foide d'aveugles , de sourds et de muets qu'il guérit. Il ressuscita même quatre morts.

On vendait autrefois à MarseiUe des bouteilles d'eau bénite où l'on avait trempé, quelques osse«mens de saint Victor ; c'était un remède souverain contre toutes espèces de maladies*

Le corps et la tète de saint Victor sont à Mar-^ «eille ^ mais il avait une seconde tète à Sens , et un troisième crâne à Saint-Victor de Paris. On montrait aussi dans cette dernière abbaye , le vénérable pied , avec lequel Victor renversait les idoles. On dit qu'il a un second corps à Rome, dans l'église de Saint-Pancrace.

L'abbaye de Saint -Victor de Marseille était une des plus anciennes et des plus célèbres de France. On se vantait d'y posséder le premier autel où l'on a dit la messe, et le premier confessionnal où l'on a confessé. Ses moines étaient extrêmement riches*, ils possédaient un immense trésor de reliques 5 où l'on pouvait honorer toute sorte de saints. On dit que la châsse de Saint- Victor valait plus d'un million.

C'est dans l'église souterraine de cette abbaye , que Ton tremblait à la porte d'une petite chapelle ,

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dans laquelle les dames ne- pouvaient entrer satti përil.

On conscrTffii à Tabbaye de Montier-Ramej, auprès de Troyes , le corps d'un autre saint Victor, qui se sanctifia dans une solitude à trois lieues d*Arcis*8ur-Anbe.

VICTOR ,— surnommé le Maure , sans doute parce qu il était nègre , martyr à Milan an qtia-* trième siècle. Son corps est à Milan , et à Voiterre en Toscane. .

VINCENT , — diacre et martyr espagn<4 , qui souffrit vers Tan 3o3. Nous ne répéterons paa la hideuse légende de ses supplices. Le bréviaire à^ Sens dit qu on le fit rôtir après Tavoir assaisonné au sel. On jeta son corps à la mer avec une meule de moulin *, mais il surnagea. On Fexposa dans une voierie pour être mangé par les bêtes. Un corbeau vint le garder , et donna la chasse aux oiseaux de proie , aux bêtes farouches et surtout k un grand loup qui cherchait tous les mqyens de faire son souper avec le corps de saint Vinrent.

Les fidèles l'enterrèrent auprès de Valence , et son tombeau fit les plus grands miracles.

Lorsque Childebert faisait la guerre en Espagne, il épargna la ville de Sarragosse, parce que Févêqne eut l'adresse de lui donner la tunique de saint Vincent , que Ton véjiérait encore à Paris au dernier siècle, dans l'église de Saint-Gemirtîndcs-Prés. On révéra partout le» reliques d'un si

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grand eaint« Le cor^s ^iterré à Valence passa dans la suite à Lisbonne , mais il y en avait un second à Paris , avec la tuniqoe. Il y en a un troisième à Rome dana 1 église de Saint-Eusèbe , un quatrième à Metz , une cinquième tète au Mans , une sixième à Saint- Anastase de Rome , une septième dans la même ville , à Tégllse de la Sainte-Croix de Jérusalem , un neuvième bras au Mont-<mx-Malades y en Normandie , et beaucoup de pièces détachiées à Poitiers, a Toumay^ à Bruxelles , à Mayence » à Prague , etc. «

VINCENT-FERRIER , —dominicain mort en i4i9« Il faisait des miracles comme on n'en fait plus. Les Bas^BretonsTentendaient, quoiqu'il prêchât en espagnol. Il guérissait les malades par l'imposition des mains. Lorsqu'il faisait un sermon , des anges venaient se percher sur ses épaules , avec des figures de jeunes garçons.

Un jour qu'il disait la messe à Vannes, il alla chercher ses ^ands et son parapluie , qu'il avait oubliés â~Rôme ; et l'on ne s'aperçut point de son absence (i).

n ressuscita auprès de Valence un enfant moitié cuit et moitié cru , et fit environ huit cent soixante miracles de cette sorte. Le matelas sur lequel il est mort a guéri à Vannes plus de quatre cents malades. Son manteau chassait les démons. On

(i) Foytige dsns U Finitièr9 , tone f , page i^3.

t^i VIT

faisait même des miracles avec Peau où l'on atait lavé son corps.

Ce saint corps est toujours à Vannes , quoiqu'il ait été Tolé par Philippe II qui Temporta en Espagne. On révère sous son nom des reliques dé* tachées , dans trois ou quatre cents églises de TEspagne et de l'Italie.

VIT. — On l'appelle aussi Guy^ Mais soii nom latin est pàus. H souffrit le martyre en Italie, avec saint Modeste, son précepteur, et sainte Croissance (Crescentia) sa nourrice. Les corps de ces trois saints sont à Polignano. Mais saint Vit avait un second corps à la nouvelle Corbie en YTestphalie *, et les habitans des côtes de la mer B&ltiqae l'adoraient au douzième siècle comme un dieu,--

Saint Vit a un troisième corps à Sal2l>our^ , oi l'on croyait l'honorer en allant danser, des rondes devant sa châsse. On garde à Rome , dans Téglise de Saint-Vit , quelques reliques de ce saint dont il découle une huile qui guérit de la morsure des chiens enragés. Nous ne savons pas s'il guérit autre chose.

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