DOM
Les do vols ne manquaient pas non plus d'aller visiter chez les capucins d'Aix , en Provence , on crucifix de Lois cpii reçut au bras gauche un boulet, lorsque la ville fut assiégée en iSSg , par le duc d'Épemon. Le bras n'en futqu un peu noirci et le boulet se brisa (i).
Nous avons parlé du crucifix de Sainte^Marie^ des-Carmes, de Naples , qui fit un miracle' à peu près semblt^le.
DIS AIN. — On doit garder encore à Ardes, en Auvergne , le corps de saint Disain , dont on sait très-peu de choses. Il vivait du temps de Pepin-le- Bref. On dit qu'il ressuscitait les enfans , en les plongeant dans une fontaine qui porte son nom, et qui est près de la ville. C'est en mémoire de ce» miracles , que les nourrices et les bonnes femmes d'Ardes plongent encore leurs enfans dans la fon^ tainc de Saînt-Disain pour les fortifier (2).
DOMINIQUE D'OSMA. — Supplémentàrarticle, — Les jacobins de Marseille conservaient avec beaucoup de respect l'aube et l'étole de saint Dominique. On dit que ces deux pièces de friperie donnaient d'heureux accouchemehs aux femmes; mais saint Dominique a tant fait de mal, qu'on ne peut croire que ses reliques puissent faire du bien.
(1) M. Bérenger , Soirées provençales , tome lïl , page i58 , édition de 1786.
(a) M. Diilaure , Description <Je VAnucrgnc.
ÉDl iit
ÉCROUELLES. — Supplément à t article de saint Louis, — « François ^J'. étaut à Marseille pour le mariage de son fils , toucha et guérit plus de cinq cents personnes malades des écrouelles (i). M
EDITH. — Supplément à Varticle. . — On trouve dans les vies des saints de Bretagne, du P. Albert , un petit conte qui est une imitation assez curieuse de l'histoire de Sodome et de la femme â Loth. Nous donnons ce morceau tel que Ta extrait Fauteur des Êtrennes du bon \fieux temps (2).
« La ville d'Herbauges, Tune des plus grandes, riches et florissantes de Bretagne, au pays de Retz, étant livrée à toutes sortes de vices et d'abominations, saint Félix, évêque de Nantes, y envoya saint Martin de Vertou , pour prêcher. Ce saint y étant entré , resta long-temps sur le pavé , sans qu^aucuu voulût le loger. Enfin une bonne femme, prenant compassion de lui , le retira en sa maison. Cette bonne femme et son mari se convertirent , mais les autres ne firent que se moquer du saint et de ses sermons. Saint Martin résolut de s'en retourner à Nantes. Dieu lui révéla l'horrible punition dont l'incrédulité de ce peuple devait être châtiée^ il en avertit son hôtesse et son mari, leur commandant de sortir de la ville avec lui , et
(1) BuiH , Histoire de Marseille \ liv. Vil, page 3a4-
(tt) Page 30. — Un vol. in-iS , publie sous le nom de Frère
Candide , ignorantin, Paris , chez Barrois aîné'. i8ao. ( Sans
date. )
leur défcudil tle regarder derrière soi vers la cite» Ils sortent tous trois de la ville. Saint Martin s'étaut mis eu oraison , voilà qu il se £ait un horrible irerablement de terre , laquelle s'entr' ouvrant engloutit en moins de rien cette ville avec ses tours, murs, etc., et en leur lieu se fit un grand lac, qui contient deux grandes lieues de long , une et demie de large et sept de circuit. Lliôtesse du saint, oyant le grand bruit et fracas , se détourna pour regarder ce que c'était , mais elle en fut punie surle-cliamp , ayant été convertie en une statue de pierre. »
F^GLISRS. — Supplémejii à V article. — On révère beaucoup à Aix-la-Chapelle, dans la cathédrale , une petite chapelle célèbre qui a peuletre donné son nom à la ville , à cause du premier miracle qui s'y fit. On ne sait trop quel personnage vint tout exprès du ciel pour la dédier. Mais dciux saints évêques de Liège, Monulfe et Gondulphc, ressuscitèrent tout exprès pour assister à cette dédicace , après quoi ils s'en retournèrent tranquillement dans leurs tombeaux.
On voyait à Bordeaux , dans l'église de Saint- Surin ou Severin une inscription latine dont voici la traduction : a II y a dans le monde deux » cimetières célèbres , l'un à Arles dans les )) Champs-Elysés , l'autre à Bordeaux à Saint-Se- » vérin. Notre Seigneur Jésus-Christ les consacra » tous deux sous la figure d'un archevêque , avec » sept évêques ci-dessous nommés qui n'osèrent
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» point lui demander qui il était , le reconnais- » sant bien pour le Seigneur , jusqu'à ce qu enfin » il disparut. H consacra aussi les églises de ces » deux villes. »
Les noms des sept évoques qu'on trouve ensuite et qui ne sont point les mêmes qui , selon Grégoire de Tours, prêchèrent les premiers l'Evangile dans les Gaules, prouvent assez que Fauteur de ce petit conte pieux était ignorant comme un moine du douzième siècle (i).
L'église de Saint-Paul de Lyon fut pareillement dédiée par Jésus-Christ , accompagné de tous ses anges.
On fait aussi beaucoup d'histoires sur les profanations des églises. Un gardeur de pour*^ ceaux s'étant réfugié avec ses élèves, par un orage, dans les ruines de l'église de Saint-Maxime , audessus de Riez en Provence , en fut si sévèrement puni , qu'il garda toute sa vie le cri peu gracieux de ses compagnons d'impiété* Beaucoup de prodiges semblables eurent lieu autrefois. Mais les saints ne sont plus si susceptibles. On ne voit pas qu'ils aient vengé dans la révolution leurs églises changées en salles de bal et de spectacle , etc. Il est vrai qu'il y aurait eu trop à punir.
ENNEMOND, — évèque de Lyon. On rapporta qu'ayant été assassiné en 667 par des émis* saires d'Ébroïn , près de Ghàlons sur Saône , son
(a) M. Dulaure , Deseription de la Guienne.
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corps fut exposé dans un bateau sans rameurs et sans guîde. Le bateau suivit le cours de la Saône , et arriva jusqu'à Lyon. Les cloches de toutes les églises sonnaient miraculeusement sur son passage. Malgré les invitations du clergé et du peuple , le saint corps ne voulut s'arrêter dans la ville que lorsque ses deux sœurs , qui étaient religieuses , vinrent Fen solliciter (i). On l'enterra dans l'abbaye de Saint-Pierre-les-Dames, où il faisait encore des miracles au dernier siècle.
ERCONWALD , — évêque de Londres au septième siècle. Son corps , qui était à Londres dans l'église de Saint-Paul , disparut à la réforme de Henri VIII. On opérait autrefois de grands miracles avec le chariot qu'il s'était fait faire dans les dernières années de sa vie , lorsqu'il ne pouvait plus marcher à pied. On avait gardé très-religieusement ce chariot, parce que tous les malades qu'on y mettait y laissaient leurs maladies. Les parcelles de bois qu'on en détachait guérissaient pareillement toutes sortes de maux (a). Oii ne sait ce qu'il est devenu.
ESPERIE. — Espérie ayant fait vœu de garder sa virginité , refusa constamment d'épouser un seigneur que ses parens lui proposaient pour terminer des querelles de famille. L'amant proposé y
(i) M. Dalaure , Description du Lyonnais*.
(3) Venerab. fied. lib. 4 » cap* 7 y hist.