‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuseChapitre 58 sur 96 · CLO · texte numérisé non relu

CLO

» J'ai vu , pendant une heure à peu près , que j'eus la fermeté de contempler ce spectacle , plus de deux cents enfans , depuis l'âge de neuf à dix mois , jusqu'à celui de trois ans , plongés dans les eaux glacées de la fontaine , tordre leurs petits membres, et pousser des cris perçans, qui devraient faire saigner tous les coeurs sensibles. Ti* rons le rideau sur cette scène cruelle, et reposonsnous sur un tableau moins attristant pour lliu^ manité.

» Le soir amène une autre cérémonie. Yis-4-^ vis de l'église , on allume un feu, au bruit des tambours ; et ceux des pèlerins qui ont le plus de foi , en prennent quelques charbons , qui les préservejEit , disent-ils , du tonnerre , des incen-^ dies , etc. Quand la nuit est venue , on dresse des tables sous des tentes ; on mange, on boit, ou crie; les uns se promènent, les autres dansent ou se couchent pêle-mêle , hommes, femmes et enfahs.

)) Parmi les miracles attribués à l'eau salutaire de cette fontaine , on en cdte un, arrivé il y a quelques années , dont toute la ville a été témoin.. Une jeune paysanne, âgée de dix-huit ans , qu'oa croyait attaquée d'hydropisie , et que son père fit baigner dans la fontaine , deux heures après devint mère d'un gros garçon ; ce n^est pas en cela que git le miracle , mais en ce qu'elle ne mourut pas des suites de l'immersion, et qu'elle et son fruit n'aient point été les victimes de l'ignorance des chirurgiens et d'une pieté inconsidérée (i). »

(i^ Lettre de M. Noël (inspeclem de l'université royale) >

CRU o. j ()

» En face de la fontaine (ajoute M. Cadet de Gassicourt), est une maison où se placent pour leur argent , les spectateurs toujours nombreux. Le sang normand est beau, et si toutes les bai^ gueuses n'ont pas de jolis traits , le plus grand nombre peut dédommager les yeux par d'autres trésors. »

Cette fête se fait toujours, et les demoiscllea normandes paraissent y tenir beaucoup.

COLOMBE. — Supplénient à Varticle. — La prose de sainte Colombe, dans le missel de Sens , dit que cette sainte ayant été liée pour être violée par un jeune homme , fut défendue par un ouv^ femelle ^ car il faut de la décience. On la mit ensuite sur un bûcher que la pluie éteignît. Ëuûn on lui coupa la tête , les faiseurs de miracles n'ayant encore rien inventé qui puisse parer à ce genre de supplice (i). On représente aussi sainte Colombe avec un ours.

CRUCIFIX, — Supplément à t article, — On révérait extrêmement à Marseille, au portail de l'église des Acoules , qui ne subsiste plus aujourd'hui , un vieux crucifix où Jésus était attaché , avec un habit d'évêque et la mitre en tête.

insérée dans le journal de Normandie du i4 juin t^SS, citcc dans le Voyage de JYormandie , de M. Cadet de Gassicourt , tome II, pajiçe 77 et suiv. »

(i) M. Cadet de Gassicourt , f^oyagc en Normandie , t. Il , pa-c 84.

flîAO

Page 1