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avait nourri quarante ans les Israélites. Mais cette manne devait-elle faire des miracles ? elle en fit pourtant à Arras. Lorsque Févêque Noailles voulut examiner le prétendu nombril de Chàlons- «ur-Mame (i) , on lui représenta qu'il devait craindre le sort d'un évéque d'Arras, qui devint aveugle au moment où il tenta d'ouvrir le vase qui renfermait la sainte manne quil souhaitait de visiter (2).
MARIEN., — solitaire de la forêt d'Entraigues, mort vers le sixième siècle. Après son trépas , les villes de Chambon et d'Evaux en Auvergne , se disputèrent son corps. On termina les altercations ejL plaçant le cercueil de saint Marien sur une charrette , à laquelle on attela deux bœufs indomptés. On convint que le saint corps appartiendrait aux habitans du lieu où les bœufs s'arrêteraient librement. Cette proposition fut^adoptée. Les bœufs prirent la route de Chambon : mais il fallait nécessairement passer par Evaux pour arriver à l'autre ville. Les habitans suivaient avec une inquiétude religieuse. Le char s'avance près des murs d'Evaux. S'y arrêtera-t-il ? Les bœufs sans entrer dans la ville , en cotoyent les murs et suivent la route de Chambon. Alors ceux
(i) Voyez le Supplément à l'article Jésus-Christ,
(2) Le P. Lebrun , Histoire des pratiques supentitieuses , tome IV, page 323.
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d'Evaux 9 désespérés , remplissent l'air de gémissemens , tandis que leurs adversaires poussent des cris de joie , et font retentir les échos de leurs chants d'allégresse. Ce concert flattait infiniment les oreilles du saint^ mais il penchait pour ceux d'Evaux : on dit même qu'il ne feignit de diriger le char yers Chambon y que pour éprouver combien il était aimé.
Bientôt tout changea de face. Les boeufs inspirés , qui semblaient avoir abandonné Evaux , tournèrent brusquement à droite, entrèrent dans cette ville , et s'arrêtèrent à la porte de l'église. Les habitans de Chambon se retirèrent confus et désespérés ^ et ceux d'Evaux témoignèrent , par mille actions de grâce , tout le plaisir que leur causait cet heureux événement.
On voit toujours , à une lieue d'Evaux , les ruines d'une chapelle qui porte le nom de saint Marien , et qui lui servait d'oratoire : les habitans vont , le lo d'octobre de chaque année, boire l'eau d'une fontaine, qui a surtout la vertu de guérir la fièvre (i).
MAXIMILIEN-HERCULE- — On trouva à Marseille le corps de cet empereur, vers le milieu du onzième siècle. U s'était conservé sans corruption , frais et vermeil, dans ime liqueur odorante. Sans l'inscription , c'eût été un corps saint.
(i) M. Diilaure, Description de l'Auvergne.
NOT ^/^i
Ij'archevèque d'Arles le fil jeter à la mer •, et un ▼ieux chroniqueur rapporte qu'à l'endroit où on le jeta on vît long-temps des tourbillons de fumée et des colonnes de flanunes (i).
NOTRE - DAMES, — Supplément à Varticle.
L'image de la Vierge qu'on révérait à Orcival, en Auvergne , est une petite statue qui fut , dit-on , sculptée par saint Luc. On la promenait avec confiance dans les temps de calamité.
On lit , dans Thistoire de sainte Lidwine , qu'un marchand ayant apporté à Schiedam une image en bois de la Sainte Vierge , qu'il voulait aller vendre à Anvers , il la fit mettre dans un vaisseau pour le transport \ mais l'image devint si ^pesante , que vingt hommes des plus robustes n^. la purent soulever , et qu'il fallut la laisser à Schiedâin , où elle fit de très-grands miracles.
Les femmes sonnent toujours les cloches de Notre-Dame de Liesse pour avoir des enfans.
Au siiége de Mézière , en 18149 une bombe tomba sur la chapelle d'une Notre-Dame, célèbre dans le pays, et s'arrêta dans la voûte , suspendue entre deux pierres par ses anses ,^ à peu près audessus de la tète de l'image. Ce phénomène , qui est peut-être un efiet du hasard , ou une œuvre de sacristain, est toujours admiré comme un miracle.
On vénère aussi à Bellînzone , chez les bons
(i) Chronicon Novalicense , liv. V , ap. And. Duchesne.
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Suisses , une image de la Vierge peinte par saint Luc, perdue en Turquie , retrouvée à Rome , et Apportée par un ange dans la chapelle où elle reçoit un culte.
A^OTRE-DAME-LA-GRAKDE DE POITIEES.
L'église de Notre-Dame-la-Grande , à Poitiers, était autrefois dédiée à saint Nicolas ; im miracle la mit sous la protection de la Sainte Vierge. On remarque à Tentrée du chœur une colonne de six à sept pieds j sur laquelle est gravé un cœur surmonté d'un arbrisseau. Cette colonne a été çlevée , dit-on 9 sur le tombeau d'un jeune homme qui mourut de douleur et de repentir auprès d'une femme de mauvaise vie. Bouchet raconte que ce jeune homme , ayant été inhumé en terre profane , il s'éleva quelques jours après , sur le lieu de sa sépulture , un rosier garni de fleurs. On découvrit la tombe , et on lui trouva dans la bouche un billet portant le nom de Marie. Ce nom j qui pouvait être celui de la femme débauchée auprès de laquelle il étaitmort, fut regardé comme le nom de la mère de Dieu. Le miracle parut suffisamment prouvé ^ on éleva la colonne dont nous avons parlé ; et ce fut à cette occasion que cette église reçut le nom de Notre-Dame, au lieu de celui de saint Nicolas qu'elle portait auparavant.
Un autre miracle confirma , à cette église , le titre de Notre-Dame. Les Anglais étant devant Poitiers j parvinrent à séduire le clerc du mairt
4è cette ville , qui s^engagea à leur livrer une des portes : il éveilla son maître à quatre hea« res du matin , et lui demanda les clefs de la ville , sous prétexte de laisser sortir un officier qui devait aller trouver le roi Philippe. Le maire chercha inutilement les clefs sous le chevet de son lit. 11 se leva avec précipitation , fît prendre les armes aux bourgeois , et courut remercier Dieu , dans Téglise de Notre-Dame , d'avoir eu le temps de prévenir la trahison.
En faisant sa prière devant la Vierge , il sV*perçut que cette statue tenait les clefs de la ville dans ses mains et les lui présentait. Les cris do miracle se firent entendre de toutes parts , et personne n'osa douter que la sainte Vierge ne fût venue , pr^dre elle-même , sous le chevet du maire, les clefs de la ville, pour les remettre entre les mains de sa statue.
Des critiques diront peut-être que ce miracle aurait pu s'opérer d'une manière plus simple et aussi avantageuse aux habitans de Poitiers. Mais les chanoines de Nolre-Dame-la-Grande n'en auraient pas retiré le même profit. C'est à cette occasion qu'ils durent plusieurs privilèges , et surtout celui de garder les clefs de la ville, d'exercer la justice pendant les trois jours des Rogations, et de délivrer tous les ans un prisonnier (i).
(i) M. Dulaure, toîne IV , page ia6, d« la Description dês principaux limm de Franoê*
ORIFLAMME. ^Supplément à Vdrtwle.On garde à la cathédrale de Brescia ui^e relique que les. moines appellent Toriflamme de Constantin. On ne la montre jamais entièrement. Le sacristain qui raconta au voyageur Misson les vertus de cette relique, lui dit seulement que c'était une croix bleue de matière inconnue , et que cptte croix était la même qui apparut autrefois à Constantin lorsqu^il allait combattre Maxence. On croit que c'est le Labarum (i).
PATRONAGEiS.— Ily aurait un gros volume à faire sur ce sujet. Nous avons indiqué déjà divers, patronages , dans les diiSerens articles des saints. Oii nous permettra d'en rassembler ici un petit nombre , dont quelques-uns seront peut-être répétés, j
Saint A Caire ou Acbard mitigé les personnes acariâtres. Saint Adelme et saintRobert d'Arbrissel donnent la continence. Sainte Afre est patronne des femmes qui tiennent comme elle une mauvaise maison. Elle fut martyrisée en Espagne avec trois de ses filles de joie et la servante de ces demoiselles.
Saint Agapet guérit les coliques venteuses. Sain t Agile protège les piétons. Saint Agobart ou Aiguebaud garantit du nouement de Taiguillette. Saint Aignan ou Tîgnan préserve de la teigne. Saint Andoche est le patron de ceux qui gardent les
(i) Misson , tome III , page 14.