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» TertulHen est le premier qpi ait assuré que ces trois voyageurs étaient des rois. Lés uns out appelé ces trois rois Magalat , Galgalat , Saràïni -, les autres Atos , Satos , Paratoras ^ les catholiques les connaissaient sous les noms de Gaspar , Melchior et Balthasar (i). L'évêque Osorîus rapporte que ce fut un roi de Cranganor, dans le royaume de Calicut, qui entreprît ce voyage avec deux mages ; et que ce roi , de retour dans son pay^, bâtit une chapelle à la Sainte- Vierge.
» On demande combien ils donnèrent d'or à Joseph et à Marie? Plusieurs commentateurs assurent qu'ils firent les plus riches présens. Us se fondent sur l'Évangile dé 1 enfance, dans lequel il est dit que Joseph et Marie furent volés en Egypte. Or, disent-ils, on ne les aurait pa» volés, s'ils n'avaient pas eu beaucoup d*argent* Les deux voleurs furent pendus depuis ; l'an fut le bon larron et Fautré le mauvais larron.
» Le même Évangile de l'enfencé dît que ce furent des mages et non pas des rois qui vinrent à Bethléem ^ qu'ils avaient été à la vérité conduits par une étoile \ mais que l'étoile ayant cessé de paraître quand ils furent dans Fétablé , un ange leur apparut en forme d'étoile pour en tenir lien.'
)) Suarez a recherché ce qu'était deyenii l'or que présentèrent les trois rois ou les trois tnages. Il prétend que la somme devait être tràs-lbrt»^ et que trois rois ne pouvaient faire \m prés^t
(1) Ces ttoié 'ttOflii6 allemabda hMtr ont été donnés i Oôlo^e.
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médiocre. II dit que tout cet argent fut donné .depuis à Judas qui , servant de maître d'hôtel » devint un fripon et vola tout le trésor (i). »
Mftis les légendaires ne s'embarrassent aucu«nement des difficultés que présente cette matière^ On croirait même qu'ils étaient présens à tout ce qui s'est passé dans la sainte étable. Ribadéneira dit que les trois saints rois ne se troublèrent aucunement de ce que l'enfant Jésus n'avait pas un train royal. « Le fumier de l'étable ne leur fit pas ^ mal au cœur \ ils ne se scandalisèrent point de ji.de. la pauvreté des linges , ni de voir le divin .^ enfant prendresle tétin de sa très-sainte mère, au .9 contraire, ils se jetèrrot à ses pieds, » et lui offrî*^ rent de la myrrhe comme à uv homme, pour hono^ rer sa sépu^ure , de l'or comme à un roi et de l'encens comme à un Dieu^ car tout est symbolique.
« Ensuite , les dévotes larmes à l'œil , ils prirent » congé de la mère et du fils et s'en retournèrent » en leur pays , » bu ils se firent moines et se mirent à prêcher (2).
On montre dans la Terre-Sainte , à quelque distance dq Bethléem, la grotte où les trois rois iiwnt .avertis par un ange de n'aller point revoir Hérode(3);
On prétend qu'ils furent enterrés en Perse ou en Arabie , que l'impératrice Hélène fit apporter
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' (i) Voltaire , Dictionnaire philosophique , au mot Epiphanie, • {•) Ribadéneira , 6 janvier.
(3l) Fbjagcdu PèF9 Goujon en Terr^-Sainie y page d86.
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leurs corps à Constantinople, et qu^ils passèi^ent à Milan du temps de Tempereur Manuel Comnène.
Mais aucune histoire ne fait mention de ces circonstances.
Cependant les reliques des trois rois étaient à Milan , lorsqu'en Tannée 1162, cette ville ayant été détruite par le tyran Frédéric-Barberousse, on les, transporta à Cologne.
On révère toujours , à Saînt-Eustorge de Milan, le tombeau où reposaient les trois rois. L'odeur de sainteté qu'ils y ont laissée fait quelques petites guérisons; mais elle n'entreprend pas les cures difficiles (i).
Il faut que Calvin se soit trompé , en disant que les reliques des trois rois étaient à Milan et à Co** logne tout à la fois ; mais il n'y a pour cela rien de perdu ] car quoique leurs corps soient entiers à Cologne, on montre diverses parties de leurs reliques à Mont-Serrat, et quelques ossemens dans une infinité d'églises.
Les trois corps de Cologne sont dans l'église cathédrale où ils ont le renom de faire beaucoup de miracles. Ds en avaient tant fait dans le chemin (2), qu'ils attirèrent un immense concours dç peuple , qui agrandit considérablement la viUe.
On conte qu'une sécheresse extraordinaire ayant causé la famine en Hongrie, un gra^d nombre de gens de ce pays-là vinrent implorer le
(1) Bfisson , tome lU , page 29.
(a) Voyez rariiele Onezime , etc.
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«ecours des trois roîs, après aroir inutilement invoqué les saints de leur voisinage. Dès qu'ils eurent dit un mot à Cologne, la pluie tomba avec abondance. Depuis ce temps ^ il vient toutes les sept années A Cologne une procession de Hongrois, qui vont rendre hommage aux saintes relises , et qui sont traités pendant quinze jours par le principal magistrat, dans une maison bâtie exprès pour eux (i).
On porte k Douay, avec quelque cérémonie, et l'on vénère un billet qui 'a touché la tète des trois rois. Il faut que ce billet ait fait de^ miracles ; car ces sortes d'amulettes ne sont pas rare*. Missoii les vit vendre à Colosné im sou la douzaine. On dit que ces billets préservent les voyageurs dfe toute mauvaise rencontre.
On raconte cette petite hi^oire : Un capucin chargé de prêcher à Bruxelles, au dernier siècle , devant Une brillante assemblée de princes et de prélats , avait pris pour texte l'histoire des trois roîs dont on faisait la fête. Il était un peu ignorant -, l'assemblée qu'il avait devant les yeux ^e troubla. H commença pourtant ; et après avoir cité son latin , il s'écria : « Le premier lui oflFrit de l'en- » cens, le seeottd de l'or-myrrhe, le troisième. .. . » , Comme il avait mêlé la myrrhe avec l'or, il balbtttia'lc^ng-tém^ sur ce qu'avait pu ctfrir le troisième. ■
(i) Misson , tome I , page 46. — Yoyci Pierres miratmiouses dans ce dictionnaire. . .. . ' r *