SAINTS. — DE LA CONGRÉGATION DES BITS A ROME
« Cette congrégration a été fondée par le pape Sixte V , pour régler les cérémonies et les rits des nouveaux offices des saints, qu'on ajoute au calendrier romain , toutes les fois qu'il se fait quel- (Jue canonisation.
» Elle eit cofliposée èe h\iit cardinaux et d'un secrétaire , qui ett dû collège des prélatfe référendai^s *, il y entre aussi deu^ maîtres des cérémonies du pape.
)>^ TôxLs ces députés s'assembleâi tuiié fois le tAois, chez le pluis ancien cardinal', qui en est |e préfet, et qui à la faculté de l'intimer plus souvent, à proportion que son' bureau est plus- chargé d'affaires.
» Quand il s'agît de kcânonisatîbii'dfe^fttelque saint , Ifes trt*s plus andéns àuditeurd de' Itf rote sé^ trouvent dans cette «assemblée, comme oanonistes experts en telles matières , avec un proto-
notaire apostolique participant, el le promoteur de la foi , qui est ordinaîremenft Tavocat fiscal de la chambre apostolique.
» n y entre encore pour ce sujet plusieurs consulteurs , qui sont théologiens et profès de difTér rens ordres , entre lesquels sont le maître du sacré palais , et le* préfet de la sacristie du pape.
» Tous ces assesseurs extraordinaires, joints aux députés ordinaires de la congrégation , exar minent les preuves de la sainteté de ceux qu'on souhaite de fairô béatifier ou. canoniser ; et si elles sont trouvées bonnes et suffisantes , le pape rend ensuite un jugement en leur faveur, sar le vu des acte» et procédures juridiques de cette congrégation , en ordonnant que leurs noms soient écrits dans le catalogue des bienheureux , s'il n'y est pas encore , et s'ils n'ont déjà été béatifiés païf un jugement antérieur àcelui'-ci.
)) L'ordonnance dp pape se rend en fonn^ d'arrêt par lecpiel il est enjoint et commandé, eh vertu de l'autorité absolue du souverain pontife , que les noms de ces bienheureux saient mis dans les diptyques des saints , afin qu'ils soient invor qués par tous les chrétiens dajxs le service public de la religion , et que le sacrifice de la messe soit offert en leur honneur.
» Le pape ne prononce cet arrêt qu'après en avoir fait une déclaration préalable , dans un consistoire secret , de l'avis de tous les cardinaux et de tous les évèques et abbés qui se trouvent alors dans la ville de Rome , et qui forment une espèce
de concile, tout diÛë^eDt des assemblées générales du clergé romain, auxquelles on donne ordinairement ce nom.
M Les preuves que tous les opinans dé cette assemblée, ou congrégation consistoriale , tiennent pour valables ^t suffisantes , dans les actes et procédures de canonisation , sont le martyre , les miracles non contestés , les témoignages de bonne vie et les vertus héroïques de ceux qu'cm souhaite de faire canoniser.
)> On observe maintenant cette coutume , qui n^est suivie que depuis environ deux siècles , de ne pas commencer à faire le procès de la canonisation , qu'il n'y ait au moins cinquante ans passés depuis la mort de celui qui doit être béatifié, c'està-dire , selon le style du Vatican , ^ déclaré bien^ heureux , et on diffère tout ce temps-là de faire ces sortes de procédures , afin d'ôter les soupçons qu'on pourrait avdîr, que le^parens de celui qu'on désire faire canoniser ne rendissent quelques faux témoignages en sa faveur , soit par intérêt , ou par amour-propre , s'ils étaient encore vivans et sur les lieux où se doivent faire les enquêtes (i). »
-^ Voyez les articles Corps saints y Reliques], Châsses , Catacombes , etc. , et l'introduction. — Nous avons déjà dit que l'église romaine honore plus de cent mille saints, et plus de deux cents mille.
(i) Extrait du Tableau de la cour de Rome '; par ïean Âymon, cinquième partie , cbap. i5. '