‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeusesChapitre 34 sur 89 · SIL · texte numérisé non relu

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e( Ton jela leurs corps dans un puils. Ribadé-neira le met avec sa famille au rang des martyrs.

Au bout de trois ans , un saint abbé eut révélation que le puits du yillàge de la Colombe renfermait des reliques \ Y eau qu'on y puisait guérissait diverses josaladies ^ et Ton voyait souvent des éclats de lumière dans les alentours. On chercha ^ on découvrit les corps du roi Sigismond , de sa femme et de ses enfans ^ tous ces corps étaient frais et vermeils ^ on les transporta à Fabbaye d'Agaune , où ils firent des miracles.

Mais au temps des Normands, toutes ces saintes reliques disparurent^ et, par un prodige qui n'est pas rare , on retrouva le corps de saint Sigismond à Prague , où il travaille depuis le quatorzième sièclq. On montre, depuis le onzième siècle, un second corps à Imola ; il y en a un troisième à Milan , un quatrième à Gahors , un cinquième au Mont-Serrat. Partout il guérit les fièvres.

SILVESTRE, — pape , mort en Tannée 335 -, il a laissé deux corps , le premier à Rome , dans régUse de son nom , le second à Compostelle en Galice.

Le pape Silvestre II , qui n'était pas ui| saint comme Silvestre I". et que l'on met au Bombre des magiciens , ordonna qu'après sa mort on mit son corps sur un chariot traîné par des bœufs sans guide , et qu'on l'enterrât au lieu où ils s'arrêteraient. Les bœufs firent halte devant l'église de Saint-Jean-de-Latran , où le tombeau de Silves-

tre II présageait autrefois la moit des papes , par UB grand bmit des os au dedans , et par une espèce de sueur que la pierre du monument rejc^ tait au dehors (i).

Saint SiLYESTRE, éyèqiie de Châlons-sur^Marne, mort en 532 , couchait si^r un ti^is dé corde , qui fit des miracles après sa mort; tous les malade» qui pouvaient se rouler sur ce tapis recevaient guérison. On ôtait aux filles les pales couleurs en leur pendant au cou le lit du saint évèque.

Il paraît que ce saint ne nous a laissé que la moitié d^un corps. , qu'on ne retrouva même que trois ou quatre cents ans après son d^cès , et qui était honoré à Chalons-sur-M ame ?

SIMEON. — On prétend que les reliques de ce saint vieillard furent transportées à Cbnstantînople , et de là à Venise en Tan 1220. On montre toujours son tombeau dans la vallée de Josaphat auprès de Jérusalem ; et, ce qui est assez singulier, on le montre aussi sur l|i montagne des Oliviers.

Saint Siméon avait une seconde tête à Paris , dans le trésor de la Sainte-Chapelle , et un troisième bras à Saint-Denis. On prétendait que c^étail le même bras sur lequel il avait reçu Notre- Seigneur dans le tei^iplç.

SIMEON-, — évêquc de Jérusalem, cousin

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(i) Platine, dans la Vie des papes.

germain de Jésus-Christ et martyr : il fut crucifié en Tan 107 , à Fàge de cent vingt ans. Son corps est à Bologne , à Bruxelles , à Brindes, et k Torre- Laguna en Espagne.

SÏMÉON-STYLITE. —Tout jeune , il passait des semaines entières sans manger^ Il se serrait le ventre avec la corde du puits dç sl^|^^uvent. Unjûurqu^onFavaitcherchéeinutileH^Bpileurs, on trouva que cette corde était end^PHms sa chair , ou la corruption et les vers Commençaient à s'étahlir. Siméon ne voulut point q^on pansât sa plaie ; c'est pourquoi on le chassa du monastère , qu'ilILnfectait. ^

Gela se passait en Syrie ^ il se réfugia dans les montagnes voisines , trouva un puits sec , j descendit, au milieu des lézardé et des CMlj^uds, et y resta cinq jÉMrs sans manger , mais chantant continuellQmentTies psaumes.

Quelques moines qui Ten^ndirent le retirèrent avec des cordes^ on le ramena à son mo«nastère , où il iie voulut plus demeurer.

Il passa trois années dans une petite caVerne , et ce fut alors qu'il commeiiça le régîmie qu'il suivit exactement de jeûner les quarante jours du carême , sans prendre aucune espèce d'aliment.

n grinspa ensuite sur la croupe d'une monta^ gne , s'enchaîna par le pied à une grosse pierre ^ et se condamna à vivre dans cette situation , exposé au soleil , à la pluie et à toutes lés injures de l'air.

Nous sommes obligés de rappeler ces petites circonstances de la vie dé saint Siméon , parce qu'on vénère toujours dans la Syrie les lieux qu'il illustra par ses extravagances.

Les singulières austérités de saint Siméon n'étaient point approuvées des chrétiens véritablement pieux ; ce qui ne Fempècha pas de les continuer ^J^^ fît bien , puisqu'on Ta placé pour cela pd^^Kes plus grands saints*

Mél^iPmrâque d'Ântioche , les lui reprocha , et fit couper la chaîne qui lui attachait le pied. Dès lors Siméon était si connu de la populace , que tous les cabaretîers prenaifnt sa figure pour enseigne. «

Il voulut se distinguer davantage encore ; il se plaça sur une colonne haute de cinquante-quatre pieds f-et donna de là ses consultations à ceux qui vinrent le voir. A

L'extrémité de cette colonne avait trois pieds de diamètre , avec *ine petite balusti*îade qui lui donnait un peu la tournure d'une chaire à prêcher. Il s'était condamné à vivre debout le reste de ses jours. Lorsqu'il priait , il faisait humblement de continuelles génuflexions. Théodoret dit qu'il en compta un jour. douze cent quarante.

Il parait qu'il avait le corps très-souple , car quand il se prosternait il mettait son front sur ses talons : tout cela ne l'empêchait pas d'être doux et courtois , comme dit le révérend père Ribadéneira.

Cependant les femmes n'entraient pas dans

Tenclos où était sa colonne pi ne voulut même point voir sa mère , qu il avait abandonnée dans sa jeunesse , et qui, ayant entendu parler de lui^ était venue pour le voir avant de mourir.

Le bon saint se croyait très-grand devant Dieu. * Dans un délire d^imagination qu'il eut un joui^ il crut voir un ange qui venait le chercher sur un chariot lumineux. H leva le pied pour y entrer , mais aussitôt Tange et le chariot disparurent. Ce fut pour se punir de ce moment de vanité , qu'il se condamna à tenir en Fair , tout le reste de sa vie , le pied qu'il avait levé si légèrement.

H lui vint un ulcère où les vers se mirent :

loin de souffrir qu'on en prît soin , il avait chargé celui de ses disciples qui lui apportait à manger de remettre les vers à leur place , lorsqu'ils tombaient de la plaie (i). •

Il mourut en Tan 462 , à l'âge de soixante-neuf ans ^ il en avait passé quarante-sept sur la colonne. On révère encore cet^sainte colonne , à quelques lieues d'Antioche. A

Son corps sembla si précieux , que quelquesuns voulurent l'avoir par la force des armes , et d'autres à prix d'argent. Mais le patriarche d'Antioche le transporta dans son église , où tous ceux qui osèrent le toucher furent miraculeusement punis. Ce corps resta long-temps à Antioche,

(i) On demande pardon au lecteur de mettre ces horreur» sous ses yeux ; mais on y est forcé , comme pn le verra à la fid de cet article.

taudis qu ou le montrait en même temps à Constantinople. On vénérait aussi , dans la piremière ville , la chaîne qu'il porta au cou toute sa vie, en guise de cravate*

On dansait tous les ans , le jour de sa fête , aujtour de sa coloone ^ car les danses oM souvent fmt partie des cérémonies religieuses. Évagre conte aussi que tous les ans, le 5 de janvier , on voyaix une grosse étoile au-dessus d^ la calcine de saint Siijnéon.

Les dents que Ton montrait dans difiSérentes villes y sous le nom de notre saint y étaie^it plus grosses que des deqts de cheval *, ce qui suppose k Siméon^ uuQ taille honnête.

Mfiis la plus curieuse de toutes les reliques de saint Siméon , c'est un ver de son ulcère , qu'un de ses disciples ^onna à Bazilic, roi des Sarratsins, lequel ver se changea en perle (i).

SIMON , — l'un des douze apôtres , compagnon de saint Jude , et lîBn tyr , à ce qu'on croit.

Les Grecs ^vantaient de posséder , dans un faubourg de Gonstantinople, le coi^ps de saint Simon , qui était aussi chez les Anglais ^ mais les latins prétendent que saint Simon et saint Jude furent enlçrrés dans la Perse » où ils étaient morts , et que de là on les apporta à Rome , où ils reçoivent un culte daus Féglise de Saint-Pierre au Vatican.

(t) Voyez la vieille iegende de saint Siaie'on , écrite , à ce qu'on croit , par son disciple Antoine.

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Saint Sin^on avait un quatrième corps à Toulouse , où Ton montrait aussi les reliques de saint Jude , avec des titres sans authenticité , oomme à Rome. H avait une cinquième tête à Tabbaye de la SatLver-Majeure au diocèse de Boi^ deaux, uiie sixième mâchoire et ^n neuvitee bras à Cologne, et diverses reliques dans une mukitude d'églises.

Les chrétiens grecs croient que saint Simon est Vépoux des noces de Gana.

SIMON, ov SIIVJÉON, o^ SIMONIN. ^ On vénère à Trente , dans uixe cl^apellfe de Tégli^ç de Saint-Pierre , le corps ^n pètjit saint Simonin , dont voici Thistoire.tt Onditqueraa 1276, les Juifs dérobèrent Tenfant d*un CQrdoniijer , nommé 3imon , et qu après lui avoir tiré tout, soi^ s^mg June manière extrèmepient crHfsUç , ppur i^'en servir dans la célébration d'une de leurs fêtes , i^ jetèrent, le cads^vrç dans un ca^al , qui p^sse encore présentement dans la ipaisoi^ où la cl^ose est arrivée, et où s'assemblait alors leur synagogue.

» Le corps fut porté par Içi ruisseau dans la rivière, et rapporté par 4es pêcheurs^ Qientôt toute l'affaire fut décpuvertfi ; les. Juifs furent convaincus ^ on en pendit trente-neuf , et les autres firent bannis de la vîUe à. perpélw^é (i)* » Sixte ly , qi^i était papc a^lçirs , ay^^nt, été iu-

' ' . . ■'' ,. ' " ' M^y.^— ^—— ■ I I II I

(i) Ceux des 'accuses qui demandèrent le baptême furent simplemfeot décapita ou brûlés , tandis qoç les endurcis furent roués , tenaillés , écartelés , etc.

j^a SIM

formé de tout le fait , trouva à propos de cano^ niser Fenfant^ il lui laissa le nom de Simonin qu'il portait , et qui est le diminutif de celui de Simon , que portait son père. Le corps fut donc embaumé , et on le voit tout â découvert , dans une châsse qui est sur Fautel de la chapelle qu'on, lui a dédiée.

» On, garde aussi , dans une armoire qui est à côté , un couteau , des tenailles , quatre grandes aiguilles de fer dont ses bourreaux le tourmentèrent , et deux gobelets d'argent dans lesquels on dit qu'ils burent son sang.

» Les Juifs furent tous chassés \ mais, quelques années après , ils obtinrent la permission de séjourner trois jours dans la ville , à cause du négoce. On assure que ces trois jours ont été réduits à trois heures , depuis qu'au dernier siège de Bade , ils Ont défendu cette place avec tant; d'opiniâtreté.

» On a peint cette, histoire *à Francfort sous la porte du Pont , pour charger d'un nouvel opprobre ceux d'entre ce misérable peuple qui demeurent dans cette ville , où ils sont en très-grand mépris. On y a aussi ajouté d'autres figures infamantes 9 où les Juifs servent de jouets à ^^^ diables et à des pourceaux.

» Le petit Simonin n'avait que vingt-huit mois selon les uns , et dix-huit mois selon d'autres , quand il fut ainsi martyrisé (i). »

(i) Missou , Vr^ya^t tTIlafÀe ^ tome !*•■., page iSi. — En

SOT gS

SISINNE, MARTYRE et ALEXANDRE.

— Ces trois saints furent brûlés à Trente, en Fannée 897. On vénéra bientôt leurs cendres , que Ton distribua dans une infinité d^églises.

Dans la suite, on le savait presque oubliés *, mais il était notoire qu'ils n'avaient laissé que des cendres, lorsqu'au commencement du seizième siècle, on trouva leurs tètes entières à Trente, et leurs os à Milan ; ces dernières reliques font beaucoup de bien à ceux qui les honorent.

SIXTE ou XYSTE , — premier pape de ce nom , mort au deuxième siècle : on ne trouva son corps qu'en l'an 11 00', et on l'honora à ]Q.ome dans l'église de Saint-Pierre. Peu de temps après, il se perdit , parce qu'on s'en occupait peu 5 et il se retrouva en i584, à Alatri dans la Campanie, où il est toujours révéré.

SOTER, — pape du deuxième siècle, qui a laissé un'premier corps à Rmuc , dans l'églisf ie Saint-Sylvestre au Champ-de-Mars , et un second à Tolède.

SOTERE , — vierge , martyrisée à Rome ou

1180, vers la fête de Pâques, h s Juifs de Paris crncil^éreiit un jeune garçon de douze ans nomme Richard. Les criminels furent exécutes , tons les Juifs chassés et le jeune Richard canonise. On conte beaucoup d*histoires aussi peuyraisemhlables, imaginées dans des temps atroces pour persécuter les Juifs , qui sont de bons citoyens dans tous les pajs ou ils peuvent jouir des droits naturels.

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