‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeusesChapitre 38 sur 89 · SUA · texte numérisé non relu

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ffai courut ensuite difl'érentes villes et vint à Cham* l)^i (i) en i45a.

En 1578, saint Charles Borromée, qui n'était pas difficile en fait de reliques, annonça qu*il voulait aller à pied honorer le saint suaire à Chambçri. Le duc de Savoie, pour lui épargner les peinçs de ce pèlerinage, fit venir la relique à Turin 5 et elle est toujours demeurée dans l'église métropolitaine de cette ville , où de grands miracles et un culte solennel ne permettent plus de douter de son authenticité.

SUAIRE DE BESÀIÏCOIÏ.

Le saint suaire que l'on révère à Besançon n oiSfre qu'une représentation de Jésus-Christ , vu par devant et sans ceinture. La peinture n'y est pas si forte qu'à celui de Turin , mais les membres y sont disposés de la même manière , et ïl a pafieilleihent huit pieds de long.

Le vénérable Bède , qui écrivait au huitième . siècle , raconte que des Juifs l'enlevèrent au saintsépulcre -, que Manvias , roi des Sarrasins , mit oette relique à l'épreuve du feu -, mais qu'elle en iaX garantie par on vent violent qui la poussa «ntre les bras d'un chrétien. On sgoute que ce «liaire fat apporté de la Palestine à Besançon ^ on «e tsaii ni c[uand ni comment , ni par qui cela s'est; fait. Chifflet^nne pouf raison de cette igno-

(i) François I«r. alla à pied de Lyon à Chambëry honorer en pèlerin cetiq pièce de toile.

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rance , qu en rannée 1 349 ' *^^ coup de tonnerre étourdit tellement les cerveaux, apparemment fsl^ blés, des habitans de Besançon, que tout le monde y perdit la mémoire.

Ce suaire échappa à différens incendies -, on assure même qu il ressuscita plusieurs morts ; et en i544 îl délivra la ville de Besançon d^une grande peste : c'est en mémoire de ce dernier événement qu'on établit , dans Téglise de Saint- Etienne , la célèbre confrérie du Saint- Suaire.

On rend à cette relique le culte le plus solennel. On le montre tous les ans au peuple , le jour de Pâques et le dimanche d'après FAscension. On prend de grandes précautions pour cette cérémonie ; et comme la foule est immense , et que Ton craint qu'un excès de zèle ne porte le peuple à se jeter sur une si précieuse relique , on ne la montre que du haut d'une galerie qui règne audessus de la corniche du haut de l'église.

On porte tous les ans le saint suaire en procession par la ville, le 3 de mai : alors il est escorté d'un fort détachement de troupes , et toutes les portes de Besançon sont fermées. La révolution n'a fait que suspendre un instant le cours de

ces cérémonies.

SUAIRE DE GOMPIEGNE.

Le saint suaire que Ton garde k G>mpiègne , dans Téglise de Saint-Corneille, enfermé autrefois dans une chasse d'or , est un linge long de deux aunes , qui parait être de coton ou de fil de lin ,

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tissu à la façon des toiles de damas., épaissi par les aromates , comme dit le procès verbal de la visite faite en 1628. Il ne porte aucune représentation ; et les moines n ont pas recouru aux peintres , pour abuser davantage la crédulité des dévots.

On prétend que ce suaire fut envoyé à Charleiùagne, avec la robe sans couture ; que ce prince le mît à Aix-la-Chapelle, et que Charles-le-Chauve le fit transporter à Compiègne , sa ville favorite.

SUAIRE DE €ADOUIN«

Le saint suaire de Cadouin en Périgord , n'est guère moins célèbre que les précédens , et il devrait être le plus vénéré^ car il est autorisé par quatorze bulles de papes , tandis que le suaire de Turin ne peut s'appuyer que de quatre.

On commença de le connaître en France au douzième siècle , et on le présenta comme une dépouille enlevée aux infidèles. Un prêtre périgourdin l'apporta , dit-on , vers Tan 1 1 1 5 , dans le haut d'un tonneau de vin , qu'il avait séparé avec des planches. Il le mit dans son église , ren-* fermé dans le même tonneau , et le tint caché , parce qu'il craignait qu'on le lui volât.

Les religieux de Cadouin, sachant qu'il possé-* daît ce trésor , crurent devoir profiter du malheur arrivé à son église , où le feu prit en son absence. Ils accoururent, sous prétexte d'éteindre l'incendie , enfoncèrent les portes , et emportèrent le petit tonneau dans leur monastère.

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Le I>on curé redemanda vainement sa relique.

Tout ce qu'il put obtenir fut d'être reçu au nombre ées moines , en quittant sa cure , et d'avoir la garde du prétendu suaire , le reste de ses jours. Cette reliijae obtint dès lors un grand culte et attira de toutes pai^ts les pèlerins. Il y eut tant de miracles , que les moines de Cadouin enrichis firent bâtir sept autres monastères de leur ordre.

 la fin "du quatorzième siècle , l'abbé ayant eu avis que les Anglais avaient fait le projet d'enlever cette relique , la porta secrètement à Toulouse. Elle y fut reçue avec beaucoup de pompe, et resta dans cette ville jusqu'en l'an l'igS , qu'on lui fit faire ulu voyage à Paris ; elle retourna au bout de cinq mois à Toulouse , et ne fut reportée qu'en 1455 à l'abbaye de Gadouii^. Il fallut pour cela que les moines usassent d'adresse \ car les Toulousains ne voulaient pas se dessaisir d'une relique aussi précieuse.

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