‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeusesChapitre 62 sur 89 · CLO · texte numérisé non relu

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place qui domine Vendroit d'où jaillit la foi^taine\ et le doyep , peir^^nt à peine avec son cortège la foule immense d^hommes et de femmes qui se pressent leç uqs les. autres , dépose ^e reliq^aire qui sert de piédestal à la statue , sur une table de pierre Siouteni^e par quatre colonnes d'un ordre çimple , et qi^ est couTiexte d'pne riche moisson de fleurs.

» Aussitôt que 1^ reliquaire est posé , ledoyeu s'avance précîpitamI^ent vers la fontaine, tenaxi^t seulement }a statue de sainte Clotilde , et quand il est parvenu au bord du bassin de pierre qu'op y a piiitîqué , U la plonge trois fpis dan$ Feau ^ au même instant deux hommes y versent des brocs de vin y sans doute pour servir de symbole au mii'acle de sainte CHotide ; et soudain les boi^ teux, les paralytiques^ les goutteux , etc., qi^i sont ranges autour de la fontaine, s'y précipitent tous eusemble ^ ca^ il est de croyance , que celui qui a le bonheur à,e s'y jeter Iç premier , est immanquablement guéri.

» Le doyen reprend 1^ reliquaire , et le el^gé s'en. retourne dans le même ordre qu'il est venu. Aussitôt. que le reliquaire , ^st enlevé, le peuple s'empare des fleurs qui couvrent la table de pierre^ on se les. disputiç:, on s€^ les arrache, on se bat pour lesobteidr..^es coups de poings et lesgourr mades voltigent sur les joues des fidèles ; et quand il ne s'offre plus de matières à cet objet de leur dévotion , hommes et femmes frottent sur la pierrç 4^9 çhapeauiç., des mouchuirs, deç bas, des eu--

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lottes , auxquelles on attribue des* vertus particulières.

)) La même dçvotiou se manifeste auprès du bas-r sin. On a'jpratiqué dans le mur qiâ ra,voisine , une petite niche où est une figure en bois , de sainte Clotilde , assez richement vêtue \ elle est entourée de plusieurs dpuzaipes de béquilles , qui attestent ses miracles passés. Mais comme le peuple ne sau-r r^t y atteindre, on se sert de loi^gues perches , au bout desquelles on suspend des colliers, desja^^ retières , des chapelets qu'on fait toucher à la figure \ et ce travail occupe pomhre 4^ bipas /pen^ dant nombre de jours.

tt Tout cela n^est encore rien en comparai soii

de ce qui se passe autour du bassin. La cuve de

pierre qui le. forme , peut avoir neuf pied^ de lon^

gueur^ quatre de langèur, et trois de profondeur :

il y a une grille de fer qui la sépare en deux par^

ties. Autrefois le^ hommes étaient d'un côté, et

les fnnmes de Tautre , mais aujourd'hui on n'y

regarde*pas de si près. Figurez-vous trente à qua-»

rante hommes et femmes en chemise , qui se pres-r

sent , se poussent , tombent les uns sur les autres

dans le bassin, qui sortent ensuite de Teau, cou^

reiit de là yei's la table de pierre , en font trois fois

le tour, passât trois fois dessous , puis, traversant

une populace nombreuse , se rendent dans un

large fossé qui règne le long du grand Andelys, pu,

déposant sa chemise mouillée devant les assistans ,

chacun se r habille à Faide de sqs parens ou de ses

amis \ vous aurez une idée fidèle de cette pieuse

saturnale.

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» J'ai vu , pendant uiie beitre à peu près > qnc j'eus la fermeté de contempler ce spectacle , pli^ de deux cents enfan$.,.depui4 l'âge de neuf à dix mois , jusqu'à celui de tfoîs Ans , plongés dans les eaux glacées de la fontaine , tordre leurs petits membres, et pousser des cris perçans, qui .devraient faire saigner tous les cœurs sensibles^ Tirons le rideau sttr celte scène cruelle, et reposonsnous sur un tableau moins attristant pour l'humanité.

» Le-soir amène une autre cérémiEmie. Vis-àvis de Téglisé , on allume un feu, au bruit des tambours ^ et ceux des pèlerins qui ont le plus de foi , eïï preânént quelques charbons , ^juî les préservent, . disent-ils, du tonnerre, des incen- <Ë<es , etc. Quand la nuit est venue, on dresse des tables Âous des tentëé \ on ihange, on boit, ou ^rie \ les uns se pft>mènent, les aùti^es daHsënt oiï se couchent pêle-mêle , hommes^ fémâieret ètifatis^

» Parmi les miracles attribués à Téau salti^re de cette fontaine , on en cite tm, arrivé il y a quelques années, dont toute la viUe a été témoin» Ua6 jeune paysa^ne9 ligée de dit-huit ans , qû^on croyait /ittaquée d'hydropisie , et que son père ât baigner dans la fontaine , deux heures après devint mère d'un gros garçon^ te n'est pfis en cela que git le miracle , mais en ce qtt'elle ne mourut pas des suites dé Fimitiersion , èf qu'elle et son fruit n'aient poiAt été les victimes de l'ignorance des chirurgiens et d'une piété inconsidérée (i). *

(i) Lettre de M. Noël (inspeclcur de l'univeisittî royulejt ,

CRU ai9

Il En fkoe 4e la foiHalne (ajoute M. Cadet de Gassicourt) , est u&e maison où se placent pour leur argent ^ les, spectateurs toujours jM^mbreux. Le sang normand est beau ^ et si toutes les baigneiss nom pas- de jolis traits, le plus grand nombre peut dédcHpmager les yeux pur d'autres

Cette fi^ se £ait toujours ^ et les. demoiselles normandes paraissent y tenir beaucoup^

COLOMBE Supplément à tartuih. — La

prose de sainte Colombe, dans le missel de Sens , dit que cette sainte ayant été liée pour être violée par un jeiliie bomme , fut défendue pat un ours femelle , car il faut de la décence. On la mit' ensuite sur un bûcher que la pluie éteignit» Enfin on lui coupa lii tète, les faiseurs de miracles n'ayant eâcore rien inventé qui puisse parer à ce genre dé supplice (i). On représente aussi sainte Colombe avec un ours,

CBiliCSFÏS.. — Supplément à t article. — On révérait extrêmement à Marseille , au portail de Téglise des Acoules , qui ne subsiste plud ai^ourd'hui, un vieux crucifix où Jésus était aOacbé, avec un habit d'évèque et la mitre en tète.

iHéti

insérée dans le journal de Normandie du i4.i<'^'i f7^> citiE^ dans le f^oyage de. Normandie ^ de M. Cadet de Gassicourt , tome II, pat;;e 77 et suiv. I

(1) M. Cadet de Gassicourt , f^ojrage en I^formatulU , t. II, page- 84.

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Les dévots ne manquaient pas non plus d^aller visiter chez les capucins d' Aix , en Provence , tin crucifix de bois qui reçut au bras gauche Un boulet, lorsque la ville fut assiégée en iSSg , par le duc d'Epernon. Le bras n'en fut qu^un peu i9)irci et le boulet se brisa ( i ) .

Nous avons parlé du crucifix de Sainte-'Marie-* des-Garmes, de Naples , qui fit un miracle à peu près semblable.

DIS AIN. •*— On doit garder encore à Ardes, en Auvergne , le corpé de saint Disain , dont on sait très-ppeu de choses. ILviirait du temps de Pepin-le* Bref. On dit qu'il ressuscitait les enfans , en les plongeant dans une fontaine qui porte son nom , et qui est près de la ville. C'est en mémoire de ces miracles , que les nourrices et les bonnes fenunes d'Ardes plongent encore leurs enfans dans la fontaine de Saint-Disain pour les fortifier (2).

DOMINIQUE D'OSMA. — Supplément à t article, -^ Les jacobins de Marseille conservaient avec beaucoup de respect Vaube et Tétole de saint Dominique, On dit que ces deux pièces de fripe*rie donnaient d'heureux aceouchemens aux fem-^ mes^ mais saint Dominique a tant fait de mal, qu'on ne peut croire que ses reliques puissent faire du bien.

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(1) M. fiërenger , Soirées prot^encales , tome III , page i58 , édition de 1786.

(3) M. Dulauro , Description de VAuwergno.

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ÊCROUELLES. — Supplément à tàrHch de saint Louis. — « François I«r. étant à Marseille pour le mariage de son flls , toucha et guérit plus de cinq cents personnes malades des écrouel^ les (i). »

EDITH. — Supplément à Varticle: — On trouve dans les yies des saints de Bretagne, du P« Albert , un petit conte qui est une imitation assez curieuse de l'histoifé de Sodome et de la femme à Loth. Nouj$ donn(ms ce morceau tel que l'a extrait Tauteur des Etrennes du bon uieux temps (a), '

« La ville d'Herbauges , Tune des plus grandes, riches et florissantes - de Bretagne, au pays de Retz, étant livrée à toutes sortes de vices et d'à-' bominationë, saitit Félix, évèquc de Nantes, y en- • voya saint Martin de Vertou, pour prêcher, Cte saint 7 étant entré , resta long-temps' sur le pavé, sans qu'aucun voulût le loger. Enfin une bonne femme, prenant compassion de lui , le retira ei| sa maison. Cette bonne femme et son mari se convertirent , mais les autres ne firent que se moquer du saint et de ses sermons. Saint Martin résolut de s^eù retourner à Nantes. Dieu lui révéla l'horrible punition dont l'incrédulité de ce peuple devait être cMtiée; il en avertit son hôtesse et son mari, leur commandant de sortir de la ville avec lui, el

(i) Ruffi , Histoire de Marseille , liv. VII, page 3ai(.

ip) Page ao. — Un vol. ûr-iS , publie sous le nom de Frère (Candide , ignorantin» Paris , chez Barrois aîné. i8ao. ^San» date.)

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leur défendit de regarder derrière soi vers It cité. Us sorltent tous trois de la ville. Saint Martin s'étant mis en oraison , voilà qu'il ae. fait um horriUe trend)lement de terre , laquelle s'enir'Quvrant enr gloutit en moins de rien cette ville avec ses iQUi^y murs, etc., et en leur lieu se fit un grand lac, qui contient deux grandes Ueuea de. lx>ng , une et demie de Wge et sept de circuit» L'hôtesse du sainte oyant le grand. bruit et fracas , se d^urna poi^r regarder ce quis c'était , mais elfe em. fiu puBÎe surle^hamp » ayani été convertie en une statu» de pierre* »

EGLISES. — SuppUmant^ à farticts* — ©n révère he^coup à Aix-la-Cl|a|^e , ^ma la cathédrale.9 une petite chapelle jcélàbre qpi a peut^ être donné so^ nom à la ville , k cause du preuM^çr miracle qui s j fit. On ne sait trop qt^el perspn*nage viut tout exprès du ciel pour la dédier. Mais deux saints évèques de Liègp^ Mpuulfe et Gondul^ phe, ressuscitèrent tout exprès pour assister à cette dédicace \ après quoi ils s'en retournèrent tçaijLr quillement dans leurs tombeaux.

On voyait à Bordeaux , dans Téglise de Sainte Surin ou Severin une in^ription latine dont voici la tradujction : « H y a dans le -monde 4]^ux. M cimetières célèbres , Fun à Arles dans les » Cbamps-Elysés , Tautre à Bordeaux à Saint-Se- )> vérin. Notre Seigneur Jésus-Christ les consacra )> tous deux sous la figure d'un archevêque , avec » sept évèques ci-dessous nommés qui n'osèrent

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