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un possédé , dont le démcm résialait à tous Ite exprcismes. Ils le prièreat de leur prêter les précieuses reliques qu'il avait apportées de Rome ; ce qu'il accorda voloutiers« On les porta en pompe k Féglise ; on les déposa solennellement sur Tautel i et au jour assigné , une multitude innombrable de peuple étant rassemblée , après les conjurations ordinaires, les moines appliquèrent les reliques* A Finstai^ même le démon.sortit hors du corps du possédé, avec les gestes et les grimaces ordi* naires. Chacun, cria miracle, et le prince rendit grâces au ciel de ce qu'il avait chez lui une boite de reliques A saintes.
Mais quelques jours après', comme il était toujours dans Tadmiration et qu'il ne cessait de vanter la vertu de ses reliques, il s'aperçut qu'un jeune gentilhomme de sa maison , qui avait la garde de ce trésor ^ souriait d'un air moqueur. Il voulut en savoir la cause. Le gentilhomme , ayant été assuré qu'on ne lui ferait aucun mal , déclara secrètement au prince, qu'en revenant de Rome^ il avait perdu la boite de reliques qu^on lui avait donnée en garde ; et que , n'ayant osé l'avouer , il avait trouvé le paoyen de se procurer un coffret pareil 5 qu'il l'aYiat rempli de tout ce qu'il avait pu trouver de petits os de bétes et de bagatelles semblables aux reliques perdues ; enfin qu'il avait lieu de s'étonner qu'on fit faire des miracles à cet amas d'ordures.
Le prince , voulant éclaircir la fourberie , fit venir lea moines et leur demanda s'il n'y avait
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plus de âénumiaques q^i eussent besoîn de ses reliques. Ils lui amenèrent bien vite un autre pos^ sëdë, qui faisait également des contorsions. Le prince commanda quen fit en sa présence les exoFcismes ordinaires^ mais tout fut inutile. Lé démon attendait , pour sortir , la sainte boite d^os de bétes.
On fit retirer les moines , sous prétexte qu^on voulait gardeff le démoniaque au palais jusqu at^ lendemain.
Quand les bons pères furent partis , le prince mit le possédé entre les mains de ses palefreniers tartares , qui , selon Tordre qu*ils avaient reçu ,, rexhortèrj&nt d'abord à confesser k fourberie. Une répondit que par des gestes furieux. Mais six vigoureux psdefreniers n'eurent pas plus tôt com* mencé de Texorciser k grands coups de fouets ^ qu'A coturut se jeter aux genoux du prince , à qui il confessa qu'il n'était possédé que pour faire utf miracle.
On rappela les moines , devant qui ce maHiei^ reux répéta qu'il nWait jamais été démoniaque > mais que ces bons pères l'avaient obligé à jouer le râle de possédé pour édifier le peuple.
D'abord les moines s'écrièrent que c'était imartifice du diable , qui parlait par la bouche de cet homme. Mais le prince répondît que si ses Tartares avaient pu contraindre le diable à dire la vérité , ils sauraient bien la tirer aussi de la bouche des moines. Les révérends pères, effrayés de la mine des palefreniers , qui apprêtaient déjà leurs coupa
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de foiiels , avouèrent rimpostore , et dirent que ce qu^ils en avaient fait était à bonne intention et pour «mpècher le cours de Fhérésie. Le prince les chassa de sa présence et embrassa la religion réformée (i).
n est probable qu'il ne garda plus avec tant de respect sa boitQ de saintes reliques.
-— Nous u avons point fait d'article pour, sainte Grimonie , vierge et martyre honorée à Lequielle près d'Autun, parce qu'il est trop évidemment reconnu que son histoire n'est qu^un petit conte imaginé il y a deux ou trois cents ans , et parce qu'elle n'est pas fameuse. U y a pourtant quelque chose de curieux dans la découverte de ses reliques , qui furent indiquées par un bœuf ^ car on observera que les bétes jouent totgours un grand rôle dans les rencontres des saintes reliques.
Il faut savoir d'abord que sainte Grimonie ^tait fille d'un roi d'Irlande ; qu'elle s'enfuit la première nuit de ses noces ; qu'on la trouva à genoux dans un champ y qu'on la ramena à son père qui lui dit : <i Ma fille, pourquoi me fuyez-vous? je ne veux que votre bonheur. »
A quoi Grimonie répondit : « Vous êtes païen, » convertisses-vons à Jésus-Christ , et faites péni- » tence , ou bien vous serez damné. »
Le roi , rugissant , la fit mettre en prison. Un ange l'en tira^ elle se réfugia ee. France au pays
(i ) Drelincourt , Réponse au prince Ernest , landgrave de Uessc y page BSy^ cité dans Bayle > au mot BadziwiL
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d'Autun. Son père , (jai la cherchait toujours , Tayaut encore trouvée à genoux dansuu oHampy lui fit couper la tête. On jeta le chef et le corps dans un grand trou.
Long-temps après, voici ce qui advint : Un gentilhomme du village de LequieHe avait des bœufs. Une de ces bonnes bêtes s'écartait trois fois par semaine du pâturage et allait seule se mettre à genoux à l'endroit ou reposait le corps de Grimonie. On remarqua cette conduite , extraordinaire dans une bête à quatre pieds.
On observa qu'il cornSiaii contre les buttes, comme pour montrer qu'il y avait là un trésor. Il revenait toujours, avec les cornes couvertes de cire odoriférante.
On s'approcha du trou qui renfermait les saintes relique^ ^ il en sortit une clarté , accompagnée d^unf odeur très-délicieuse.
'0^ tira le corps et la tête ^ mais on ne savait à quel saint il fallait l'attribuer, lorsqu'on vit venir un vieillard inconnu qui s'écria : « Bienheureuse Qriuionie ! » Il dévoila ainsi le mystère en peu de mois et s'éloigna , sans qu^on entendit davantage parler de lui. On ne douta pas qu'il ne fût envoyé du ciel. On cria miracle ! On bâtit une chapelle où l'on déposa le saint corps.
La chà&se de sainte Grimonie fut plusieurs fois brûlée , perdue , oubliée. On ne savait ce qu'elle était devenue en 1747* On la retrouva en 1748; et les miracles y furent grands.
La bienheureuse Grimonie préserve du ton-
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nerre et garantit des coups, de feu ceux qui vont l'honorer à Lequielle (i).
— Nous avons déjà dit que les sermens se faisaient sur les reliques. Les rois de France juraient souvent sur la châsse de saint Martin ; et dans les affaires qui demandaient de plus grandes précautions , ils exigeaient le serment de la même personne, sur les reliques de saint Denis, de saint Martin , de saint Germain et de saint Médàtd/'
Si le prévenu n'étaît pas tué par la foudre ou emporté par le diable , ses intentions étaient réputées pures.
Quelquefois , sur les mêmes reliques , Taccusé jurait qu'il était innocent , et l'accusateur jurait le contraire. Alors , si le saint ne faisait pas un miracle , les deux parties se battaient à coups de bâton ou à coups d'épée. Le jugement par les reliques était comme nos tribunaux ordinaires •, le jugement de Dieu par le duel était un tribunal de dernier ressort.
Quelques années après la mort de Chilpéric, comme Gontran , qui soupçonnait Frédégofade de quelques infidélités conjugales, avait peine à croire que le jeune Çlotaîre II fut véritablement fils du défunt , trois cents évêques jurèrent sur les reliques que Chilpéric était très-certainement le pore de Clotaire II.
(i) La f^ieet miracles de sainte G rimoitie^ vierge et niar* tyrej sans date, imprime répemmentà Saint -Quentin.
On demande â ces trois cents ëvêqueà s^il* avaient assisté à la conception de Frédégonde.
On pourrait citer d'autres sermens, remarquables pour leur absurdité ou pour leur barbarie^ Chramnus , fils de Clotaire I*"^. , promit à Cbildebertl*'. , roi de Paris, d'être à jamais l'implacable ennemi de Ootaire son père , et lui jura sur les reliques des saints qu'il mourrait dans ces bons sentimvns (i)*
•—Les légendaires prétendent qu*ilnepeutpasy avoir de fausses reliques, parce que les saints ne le soufifriraient pas» Ils ajoutent que les bienheureux sont très-sensibles aux honneurs qu'on rend icibas à leurs restes. Un convérs de Tordre de Citeau!x ayant reçu une des tètes des onze mille vierges , la lava dévotement dans du vin , et la baisa tendrement , après qu^il Teut lavée. H s'alla coucher ensuite. Vers deux heures du matin , il vît paraître devant lui une jeune pucelle , extrêmement fraîche, belle , charmante, qui l'embrassa avec un doux sourire et lui dît : « Hier , quand tu m*as lavé la tête , tu Tas baisée avec tant d*amour, que j'aî voulu te le rendre (2). »
— Les saints veulent quelquefois que ceux qui portent leurs reUques aient l'àme pure et le corps aussi. Un moine de Citeaux portait sous son froc quelques petites reliques de saint Jean et de saint
(1) Déjà cite dans le Dictionnaire féodal, au mot Jugement» Voyez aussi ^Introduction où Dictionnaire des Reliquei, 11) Ceesarii heist. miraéula* Lib. VIII , cap. 88.
Paul ^ et toutes les fois qu'il se laissait aller aux mouvemens impudiques ,' ces «saintes reliques lui pinçaient le flanc. D'abord il ny prit pas garde et alla son train ^ mais sa petite châsse le mordit si bien , qu'il reconnut ses fautes et en fit pénitence (i). •
On ne voit pas aisément le but moral de ces historres-là. Le voici pourtant 5 c'est qu'il faut acheter des reliques et les porter sur soi.
— Nous avons cité quelques saints, comme saint Quintien, qui ne voulaient pas qu'on honorât leurs os. Nous en avons vu d'autres qui prirent toutes leurs précautions pour avoir un culte après leur mort. Saint Guignolé' donna à sa sœur une de ses dents , comme une relique future ^ et l'on gardait pour le même usage les cheveux qui tombaient de la tête de la bienheureuse Isabelle de France , lorsqu'on la peignait.
Mais ces préparatifs n'ont pas réussi à tout le monde. Un jésuite du collège de Presk , nommé Bohola, laissa en mourant une cassette pleine d'argent, avec un billet qu'il avait signé de sa main, et qui était conçu en ces termes : « Je prie mon » cher confrère , dépositaire de cette cassette , de » l'ouvrir lorsque j'aurai fait des miracles. L'ar- » gent qu'elle contient servira aux frais du pro- » ces de ma béatification. J'y ai joint quelques » mémoires authentiques pour la confirmation
(i) Ejusdem Caesarii, libri ejusdem , cap. 67!
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» de mes gramles vertus et pour lutUitë de ceux » qui écrîrcmt ma vie (i). n Cependant smni Bokola n est pas encore hëatifié.
.—Il auteur de la Légende dorée ditqueies pierres mêmes ont c[uel<{uefois véiiéré les saintes reliques ; que les anges les ont toujours honorées , et cpie les bétes leur ont souvent rendu un culte. Suivons ces grands exemples y ajoute-t-il ; car les os des sai&ts so^t très-puissans ^ et lor$qu'<m met une châsse sur la tète d'un possédé , c'est un feu iHÙraculeux fpû brûle le diable , et Toblige à sor- ÙX UNit grillé (n).
-—C'était u^e chose si^mportante autrefois qu'une chasse de reliques , que les papes les avaient souimises aux taxes des parties casuelles. On voit dans le livre du pape Jean XXII , que celui qui a lue son père ou sa mère dc»t payer en cour de Rome, 17 liv. i4 sous 6 deniers^ et que celui qui se permet de transférer les reliques d'une ville;^ d'une paroisse^ aune autre, doit payer 33 livres i3 sous (3).
Ces di stinctions ne sont plus en usage , et on 90 paye plus rien sans doute pour le transport dçs saiiijttes reliqjues.
— lïenriEstienne observe que les saints pntjporté double profit aux gens d'église. Leurs corps ont
(1) Takicau de la bonne comptignie, tome II, page 99.
(a) Legendae , opeiis aurei , leg. i58.
(3) Voyez lea Taxes des parties casuéUes de la boutique du ffope 9 rédiffjées par^paa XXU et publiëei par Léon X , pour rabsolution (argent comptant) de toute espèce de crimes. Publie par M. J. de Saint-Acfaeul , rh. 99 et 4^ (>*• ^it. i8ar ).
fait des relicpies j'iet lëur^ âmes , placées daùs le ciel, mit été éhrfrgëes de divers patronages, ti Qttant Htb: re9i<jiies , ajôuté-t-ii ^ ils ne se^sont pas cChrrtetités dé fkîré atfôrei* les charognes de eettxrpl! Àtaaétft été tm peu plus gens de bien ijuê tes 'ïii^es -jîb' dût fait adorer aussi celles de (juelque* dftifflKés.' iSfitftomm corpora adàrantur in terris^ quorum animœ cruciantur in inferis,
» ^c laisse. dif «été deur /tromperies ({ui tehitient à ce: culte ; Fi;itfiB«fiuaid on fabak accroire à quël^ ïfjgi pajQTn saint ,c[ui n'y pensait Aûi mal , i^il «vaii'en une d|pi^i-^do«a«me d- bpeâl^s , aiHimt d^ ttains > ftutaiitdri|irafr^ autant de jambes. L^aulre tjèomperie-ebnsiste^ÂTeinfAàoer le^coips d-tin saiilt qpn efift poutt, par xln autre «corps , pittë frAis ê|; «[uelqBeftDÎs par le corps d'tift pendu. Mais ia cnr-^ c^se nry dUt rrat^cur fe perps d'^ËOL-'^int n'e^t ewfÉM nn autrequ'une diat^ogiicr. m Le cel^ ïi'eslt rien en effet. H doit être la proie des vers et retomber dans le néant . selon la sentence que Dieu porta dès le commencement.
; (( Çc^culqà^^ ,dit encore le mLème critique , comibien les relique^ ont rapporté. ]!^e ja^xxta^ . les i^fj^ù^es ^jçi'à cent mifie éci}« > quoîquijt y t©n ji^ (jpii fc^îent produit plosieiurs millions , les mpyeiiTi^s à ^i;sajQl^ inî% 49^? et les plus i^fiuyaiées à deyizjS.mjJk (i). « <^ Vofi cpçi^ wimtenant ^^ox^bîçn il jr^yjit.de ivâlexJiââses.
(i) Apologie pour ÙéroJoie , chap. 38.
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— Ce qu'il y a encorje de singulier , c'est que les restes d'un saint tout-à-fait inconnu occupent tous les pays chrétiens \ on sait partout où trouver les reliques nombreuses de saint ÎPancrace , qui n'a peut-être pas existé 5 pt très-peu de personnes sfiv^t que \e cerveau de Voltaire est chez M. Mitouard , à Paris , rue du Bouloi ,
. Tout un grand, royaume s'occupera de la perte d'un ossement précieux , ou de quelque smnblable béatille. Henri III prit des mesures extrêmes ^t dépensa deat' sommes énomies, «pour retrouver un morceau dela-vraiecroix que Ton «vait volé à la Sainte-Chapelle. On a mis en 1826 toute la police allemande .à la. piste des -dévots qui avaient dérobé à Cologne les jreliques dés trois rbis ; et il est rare qu'on fasse , pour préserver «ne ville de la peste , ce qu'on fait. pour conserver quelques restes inutiles.
— Leloyer donne aux saints moins d'immensi té qu'à Dieu ] mais il prétend qu'il sont plusieurs présences réelles \ que d^abord ils sont dans le ciel , et qu^ils sont également présens dans tous les lieiix où Ton vénère quelque chose de leiirs reliqfu^d. n a raison , si les miracles sont vrais. H cite les saints évêques Chrysante et Musohîus , qui signèrent après leur mort lé concile' dé Nicée. Il est vrai que le concile rétablissant le culte des reliques, les morts y étaient intéressés* Il cite encore les reliques qui punissaient le parjure , qui chas-
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saient les dëmons , et qui étrauglaieui les voleurs sacrilèges (i).
— Au dernier ^ède, lorsque la fameuse baguette divinatoire faisait tant de merveilles, on publia qu'elle découvrait les reliques des saints.
On porta à mademoiselle Ollivet, qui se vantait de remuer très-beureusement la verge de Moïse , et de distinguer surtout les reliques des saints d'avec les os des morts non canonisés , deux petits reliquaires à éprouver. Mademoiselle Ollivet prit la baguette^ et tout à (;oup on la vit tourner avec rapidité sur le premier reliquaire , tandis qu'elle ne fit pas la sixième partie d'iui tour sur le second , qui ne contenait en effet que quelques morceaux d'étoffe qui avaient servi â une carmélite de Baune , morte en odeur de grande piété. Le premier paquet était plein de bonnes reliques venues de Rome , comme celles du prince de Radzivfril (2)
Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire d^ajouter que la baguette divinatoire n'était qu'un petit cbarlataiiisme , que le père Lebrun met assez maladroitement sur le compte du diable (3).
— « Les prêtres , honmies rapineux et avares, » ont cherché à entretenir leur avarice , non-
(i) Leloyer , Risioire des Spectres , Liv. VI , chap. 10. (1) Histoire des pratiques . superstitieuses du P, Lebrun , tome m , page d8o.
(3) Voye2 aussi l'artick BiigueUe dans le Dictionnaire kn--
fernal,
» seulemenjt par Iç ojji^i^tèF^ <te l3L.jjiiprre et du » bois qu ils font adorer dans les nuages , mais » aussi en se servant des os des trépassé^ et des » reliques des saîÀ.ts mfu'tyr^ ', il« en ont failles )) outils et instrumens d,e leur art. et boutique» )) Us vendent Taltitôuch^ment et le baisei: de ces )) ctioses, les ornent et leur célèbrent desfètes » en grande pompe , et prècbcnt les. louanç^s » des saints , dont ils fuient la vie tant loin qu^ils » peuvent (i). )x '^
Voilà ce q^ùe disait Agrijppà au seizlèiue siècle ; é^Ies prêtres déclarèrent qu'Agrippaétai^ sorcier, sans doute parce qu il ayâît rencontra la védlé.
-T^I^s reliques des- bons sainXs^, qui faisaiiant peu de miracles. > n étaîjent pas tpès-^tneiv g^urdées. Quli^s laissait sur quelque plajCLche de sacvistiie. Mais les reliques pcécieusesétai^nt surveillées con* Uouelleuient. Les restes de saint Louise de Marseille, richement enchâssés, étaient dans cette ville S0U6 trois clefs , dont Tune était tenue, par. le sén^chd.de Provence, laujbre par quelqu'un des pjrincipaux habitans,. etla, troisième par'uxi religieux du couyem des fçèi:e&-miueurs, P'autre» reliques étaient enfermées plus soigneusement encore.
— Il y avait des églises qui possédaient les reliques de deux ou trois cents saints ou davantage, comme Sàhit-Victor de Marseille, la Saînte-Cha-
^i) Agrvf»]^» , àe la F'anUé dté'scièmoes , iratà. àb |f^^ el^ne- Turfjuet, chap. 57.
pelle^de Paris , FEscurial, et mille autt^s, à Cologne , à Rome , à Milan , à Raguse , à Naples , ece. Toutes ces reliques avaient leurs fêles de tran^sH tion , outre celle du saint. Mais toutes ces ck<Me8 subsistent encore ^ et de même qu'on fant le i**. de novembre la fête de tous les saints, OA cëièbre toujours, le 8 du méâme merîs, la fête de toutes les reliques.
— «H y a des cérémonies qui ne se font plus , en France du moins^ Dans les graoïdes fêtes pu-* bliques d'autrefois, on exposait les reKqtiesaupea* ple , sous la garde de trois ou quatre nobles eàpitaines. Nos généraux ne feraient peut-être pas de bon cœur aujourd'hui une pareille £eio» tion.
On ne recevait pas ikon jdus nn^ souveredii JMs une ville , sans porter au-deyant de lui les châsses cpie Ton vénérait ^ et la principale chose du prince était d'aller visiter les reliques et les madones , de faire d<es fondations et de dbnnei) de l'argent. Louis XIV n'y manquait pas.
— On cite dans les miracles des saintes relicpies deux corps morts qui ont chanté. C'étaient deux moines italiens que les Lombards pendirent à un arbre , en haine de La religion chrétienne. Quelque temps après, comme on allait décrocher leurs corps , on entendit avec surprise les deux sûnts pendus qui: chantaient les psaumes. €hi emogâgL leurs corps avec respect , on leur fit faire '4«H^ r miracles •, on. les honore encore en Italie , etla légende les fête le 1 4 de mars. ]%us ne savons pas leurs noms.
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• — N.OUS avons dit que , sans leur rendrp un culte , on avait souvent conservé avec un certain respect Içs tombeaux des grands hommes et les dbjets qui rappelaient leur souvenir. Nulle part on n a porté plus loin que les Anglais cette noble vénér.ation. Ds vont visiter, à Strafford sur l'Avon, le mausolée de Shakspeare , les rentes de son arquebuse , sa boite à tabac , l'épée avec laquelle il jouait le rôle du spectre dans Hamlet , la lanterne qu'il portait dans le personnage de frère Laurence 9 au tombeau que Roméo et Juliette avaient choisi pour refuge , et les débris de son mûrier , «. qui. semble, doué , pour se multiplier , de la » même vertu miraculeuse que la vraie croix, )) dont il reste encore assez de morceaux pour )) construire un vaisseau.de ligne (i) »
r. On voit toujours dans sa maison la chaise sur laquelle il aimait à s'asseoir. On garde un de ses vieux habits , comme on garde à Montpellier la robe de Rabelais , à Pise le froc de François d'Assise , à Paris l'armure de François I*'. et la veste de Damiens.