‹ Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs & graveurs de tous les temps et de tous les paysChapitre 206 sur 271 · BRE — 749 — BRE · texte numérisé non relu

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I concentrant sur lui toute leur piété, au lieu de l’épar- ' piller égoïstement sur des sépultures individuelles, les : fidèles de chaque paroisse rivalisent pour lui donner toute la magnificence possible et un éclat supérieur à celui des cimetières voisins. Considéré de ce point de vue, on peut dire qu’en même temps qu’une forme de la dévotion, le culte de la mort en Bretagne est une forme du patriotisme municipal. De tait, les plus beaux échantillons de l’art indigène se trouvent dans les cimetières ; château.x d’eau merveilleux, comme les fontaines à vasques de St-.Jean-du-Doigt et de Loguivy-lès-Lannion, grands calvaires à figuration dramatique, comme ceux de Tronoën, de Guimeliau, de Guélienno, de Plougonvien, de Plougastel, chaires à prêcher en plein vent comme celles de Pleubian et de Ploagrescant, portes d’entrée monumentales, comme celles de Sizun et de Berven, traitées à la manière d’arcs de triomphe pour signifier « que celui qui passe sous ces arcs, couché dans le cercueil, entre non dans la terre, mais dans le séjour de la joie et de la gloire » (Eugène Loudun), ossuaires somptueux et à la décoration des- 1 quels la race semble apporter on ne sait quelle volupté sombre, particulièrement sensible dans celui de St-'Ihéigonnec : avec ses pignons fleuronnés, ses colonnes de Tordre corinthien, ses niches à coquille, les élégantes [cariatides de son fronton, vous diriez un palais, et c’est lia maison de la mort. Les porches adventices, larges et garnis de bancs à l’usage de MM. les membres des assemblées syndicales, les curieuses tours aux balcons étagés, les clochers « à fraises », comme les appelait si joliment Mme de Sévigné, se multiplient aussi sous la Renaissance. L’intérieur des églises s’irise de magnifiques verrières sorties pour la plupart des trois grands centres principaux de fabrication du vitrail en Bretagne: Rennes, Quimper et Tréguier; la sculpture sur bois rivalise avec la sculpture sur pierre, pour l’ornementation des jubés (St-Herbot, Kerfons, St-Fiacre-du-Faouet, etc.), des stalles canoniales, des chaires, des baptistères, et, dans le mobilier civil, des « lits-clos », des vaisseliers, des coffres, des huches, des crédences, des poutrelles extéirieures qui s’entrecroisent sur la façade des logis. La iculpture funéraire, très abondante, n’a qu’un nom qui vaille d’être recueilli, mais c’est le plus grand nom de la Renaissance française : Michel Colomb. Le xvii® et le XVIII' siècle ont laissé peu de monuments originaux en Bretagne : tout au plus, peut-on signaler, avec trois DU quatre châteaux assez intéressants, comme Kernabat et Robein,le palais de justice de Rennes, le théâtre de Nantes et le calvaire de Pleyben, traité du reste dans le style et avec une figuration du xvi' siècie. L’inspiration est morte. Elle ne survit que dans le détail, dans quelques petites chapelles, quelques maisons éparses de la campagne bretonne, qui ont conservé miraculeusement un air du passé. Tel puits d’une cour de terme, daté du milieu du xviii' siècle, se souvient encore des Mans du gothique. Il n’y a rien à dire de la période contemporaine : comme partout, c’est le néant ou la copie iervile de formes d’art périmées. Seul, le mobilier breton se prolonge jusqu’à nous et garde une certaine originalité chez les « huchiers » de Cornouailles.

I Charles Le Goffic.

BRETON (Mme Vve Céleste-Sophie- Antoinette), peintre,

élève de Mme Jacquotol, née à Paris en 1787 (Ec. Fr.).

I Elle exposa, en 1836 : Marie Siuarl, d’ap. Rouget. lEn 1839 : La Courtisane, d’ap. Sigalon (porcelaine). BRETON (Charles Eugène), sculpteur, né à Tours au

XIX' siècle (Ec. Fr.).

Elève de Denys Puech, de Barrias et R. Verlet, cet •srtiste exposa au Salon des Artistes Français au début !lu XX' siècle.

BRETON (Charles-Léon), peintre, xix' siècle, né à Paris

(Ec. Fr.).

Elève de M. Ulysse Butin. Il exposa au Salon en 1874 : iFleurs, fruits, oiseaux (porcelaine). En 1882 : Un coin \de rue, à Ronfleur (aquarelle).

BRETON (Emile Adélard), peinfre .i i ,i- I paysagiste et graveur, né àfflîlilf’

I Courrières, mort dans la même localité en 1902 (Ec.

I Fr.).

i Elève de son frère Jules, Emile Breton bénéficia Igrandement de la renommée de son aîné. Il débuta au jSalon de 1861 avec trois paysages : Effet de matin, \Soleil couchant. Paysage d'automne et son succès s’afifirma aux expositions suivantes; il fut médaillé en 1866, 1867 et 1868. Talent modeste, Emile Breton a jpassé savie dans sa petite ville, vivant en dehors des jcoteries, et cherchant à traduire la mélancolie des vasjtes horizons du pays d’Artois. On peut lui reprocher une jîertaine pesanteur de forme; son coloris est sombre, mais une indiscutable émotion, un sentiment intense |ie dégagent de ses œuvres et, de ce fait, Emile Breton

s’affirme véritable artiste. Il fut décoré de la Légion d’honneur en 1878. Il obtint une médaille d’or en 1889. Emile Breton a gravé quelques eau.x-fortes.

Peintures. — Musées de : (Amiens) : Une source. — (Trétiakoff) : Pêcheurs à Menton. — (Amsterdam) : Au plus fort de la tempête. — (Bruxelles) : La nuit. — ^(Gal. Roussel) : Vos papiers; — Hiver. — (Lille) : Un étang; — (Etudes) : Veiliée après la bataille; — La nuit de Noël; — Paysage de nuit. — -(Soutii-Kensington) : Intérieur de ferme à Courrières; — Paysage d’hiver; — Clair de lune. — (Valenciennes) ; Avant l’orage; — L’hiver. — (Arras) : Un ouragan; — La nuit; — Avant ia tempête. — (Musée Mesdag a La Haye) : Champ de bataille; L’hiver en Normandie. — (Amsterdam, musée municipal) : Nuit de Noël.. — (Luxembourg) : La chute des feuilles.

Prix. — Peinture. Paris, 1892. V‘® de l’Atelier

d’Emile Breton : Noël; paysans se rendant par un temps de neige à la messe de minuit : 5.850 fr. — Vieux saules, à Wissant (Artois) : 2.020 fr. — Une ferme près de Montreuil-sur-Mer : 1.050 fr. — Bords de l’Oise : 1.100 fr. — 1889. V*' Van Gogh : Un soir d’automne : 3.040 fr. — Amsterdam. V*® 9-10 février 1909 : Canal dans la France du Nord : fl. 925. — New-York., 19 janvier 1906. V" Heber R. Bishop : Paysage : 8475. BRETON (Etienne), maître sculpteur à Lyon, 1683-1685.

Signait Estienne Breton; marié à Perrette Egret. BRETON (François-Pierre-Hippolyte-Ernest), dessinateur et archéologue, né à Paris le 21 octobre 1812, mort

le 29 mars 1875 (Ec. Fr.).

Elève de Watelet et de Champin; il débuta au Salon de 1835 : Vue du château de Saint-Phal (près Villefranche, Yonne). On lui doit un plan des fouilles de Pompéi et de nombreuses vignettes intercalées dans le texte.

BRETON (Joseph-Marcel), aquarelliste, né à Besançon

Elève do Benjamin-Constant et J. -P. Laurens, exposa notamment au Salon de 1904 : Fæderis Area.

Louis), peintre paysagiste, né à Courrières [Pas-de

Calais) le 1" mai 1827, mort à Paris en 1905 (Ec. Fr.).

Jules Breton eut pour premier maître Félix de Vigne, dont il épousa la fille en 1858. Il travailla ensuite sous la direction de Drolling et entra à l’école des Beau.x-Arts en 1847. Il songea tout d’abord à se consacrer à la peinture de genre, ainsi qu’en témoignent ses premiers envois aux Salons de 1849 et 1850, Mais ces toiles lurent peu appréciées et, dès l’année suivante, il commença à peindre exclusivement des paysages. Le premier enx'oi de lui qui fit sensation fut, en 1853, Le Retour des Moissonneurs, et lorsque deux ans plus tard il obtint une 3' médaille à l’Exposition Universelle de 1855, il était déjà connu et apprécié de toute la critique. Très sagement, Jules Breton ne se laissa pas griser par ces succès rapides et s’appliqua encore à perfectionner sa technique. Sa très belle toile. Bénédiction des blés, remporta une médaille de 2' classe au Salon de 1857 et mit le sceau à sa réputation. Dès cette époque il s’affirma comme un des maîtres de l’école contemporaine. En 1859, il fit une exposition de ses œuvres qui remporta un grand succès et la même année la médaille de 1" classe lui fut attribuée au Salon. Dès lors, Jules Breton marcha de pair avec les artistes les plus en vue. Un rappel de 1" médaille lui est donné en 1861 et il fut décoré à deux ans d’intervalle de la Légion d’honneur et de l’Ordre de Léopold de Belgique. Ses envois au Salon, de plus en plus admirés, furent régulièrement achetés par l’Etat ou par les collectionneurs. L’année 1867 lui fut particulièrement favorable. Il fut fait officier de la Légion d’honneur et obtint une médaille de 1" classe à l’Exposition Universelle. En 1872, la médaille d’honneur du Salon lui fut attribuée. Il fut promu commandeur de la Légion d’honneur en 1885 et l’année suivante, l’Institut lui ouvrit ses portes. Il fut membre du jury aux E.xpositions Universelles de 1889 et 1900, et a participé à de nombreux Salons étrangers. Parmi les œuvres ies pius remarquables de ce peintre, indépendamment de celles figurant dans les musées, on peut citer Le Colza, acheté par le duc de Morny, La Fin de la Journée (collection du Prince Napoléon), La Gardeuse de dindons, les Lys sauvages. Ce n’est pas sans raisons que l’on a pu dire de Jules Breton qu’il était un réaliste tempéré par un poète. Il n’a pas la facture énergique de Bastien Lepage, ni son sentiment de la vérité. Son réalisme s’arrêta au choix des sujets. L’interprétation chez lui est toujours empreinte d’une certaine grâce idéaliste. On ne peut pas dire de lui cependant qu’il fausse la nature, mais il en dégage uniquement le côté heureux. L’harmo-

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nie dans ses œuvres est essentielle et on la retrouve même dans l’art un peu factice dont il fait ses groupements. Mais on ne peut nier qu’il fut un peintre de la beauté campagnarde, robuste et saine, et un chantre inspiré des grands spectacles de la nature. Sa facture est très classique, très étudiée, d’une correction impeccable et son coloris auquel on pourrait peut-être reprocher, dans certaines toiles, un manque d’éclat, >.st néanmoins toujours fort soigné et très juste. Ce fut en définitive un grand peintre auquel il ne manqua qu’un peu de sentiment pour être un grand maître.

M. Bouchent de Grandval.

Peintures. — Musées de : (Anvers) : Portrait de l’artiste. — (Bagnères) : Le ruisseau. — (Lille) : Une cour de ferme à Souchez (Pas-de-Calais); — La Confidence;— Plantation d’un calvaire. — (Arras) : Misère et désespoir; — Le repos. — -(La Haye, musée Mesdag) : La moisson.' — (Luxembourg) : La bénédiction des blés; — Le rappel des glaneuses; — La glaneuse.

Pri.x. — Peinture. Paris, 1872. V*= Allou et Erler ; Jeune paysanne tricolani : 3.950 fr. — 1872. V‘® Pereire : Las Glaneuses : 18.200 fr. — 1874. V*® de M. E... : La Tricoteuse : 10.000 fr. — New-York : Un coin dans un village du Finistère : 91.000 fr. — 1886. Morgan :

Les communiantes : 225.000 fr. — 1888. V*® Spencer : Le Soir : 102.500 fr. — V‘® Boussod Valadon de New- York, 26 au 28 février 1902 : Bretonne au Pardon : 4.600 fr. — V*® de Mme Pretus-Martin, 7 février 1902 : Bords de rivière : 620 fr.— V‘® de Mme Corbineau, 15 mai 1902 : Les meubles : 190 fr. — V‘® de G. Lutz, 26-27 mai 1902 : Le Retour à la ferme : 3.300 fr. — V*® de M. X..., 28 au 30 mars 1904 : La Vendange : 580 fr. — Vergers avec arbres fruitiers en fleurs : 110 fr. — Abecge von Derwies, 15 novembre 1906 : L’Attente : 6.100 fr. — Sedelmeyer du 12 au 14 juin 1907 : La Gelée : 610 fr. — L’Hiver dans la forêt : 400 îr.— Jeune Bretonne allaitant son enfant : 10.200 fr. — Le Retour des Moissonneuses : 1.750 fr. — V‘® Robaut, 10 décembre 1907 : La Côte de Douarnenez : 250 fr. — V‘® au 13 mai 1910 : Moissonneuses : 130 fr. — V‘® du Baron T..., 28 mai 1910 : La Récolte des pommes de terre : 1.350 fr. — V‘® du 12 juin 1910 : Lever de lune : 560 fr. — Londres. V‘® 1®' juillet 1910 : Les Faneurs : £26 5s. — V‘® 22 mai 1908 : Le Cap d’Antibes : £115 10s.—

30 avril 1909 : Le Goûter : £2.835.— V‘® 10 juin 1909 : Une paysanne ramenant une vache à ta maison : £110 5s. — New-York. V‘® Austin H. King : Paysan Breton ; $1.010. — 1900. V‘® Lyall: La Fin du travail : $25.500. — l®f-2 avril 1902. V‘® F.-O. Matthiessen : Récolte des pavois : $36.500. — 8-9 janvier 1903 : Paysan Breton : $4.000. John A. Hoagland, 22 janvier 1903 : Les

Glaneurs : $7.000. — 15-16 février 1906. Alexander Blumenstiel : Le Retour à la maison : $775. — 1909. V'® Martin : Le Repos du moissonneur : $6.000.

BRETON (Louis-Pascal), porlrailisie, né à Paris, xix® s.

(Ec. Fr.).

Elève de Paul Delaroche et Dubuffe. 11 débuta au Salon en 1841.

BRETON (Luc-François), sculpteur, né à Besançon en

1731, mort dans la même ville en 1800 (Ec. Fr.).

Fondateur de l’Académie de peinture et de sculpture de Besançon; il tut pensionnaire de l’école française à Rome.

Sculptures. — Musée de : (Besançon) : Fontaine de la rue Neuve; — Projet d’un monument commémoratif;— Cicéron; — Maréchal de Vezet; — Blasons du président de Vezet; — -Benoît Doney; — Jallout; — Saint André; — Le général anglais James Wolf; — Le prophète Elie; — St Sébastien; — -Apothéose de St François- Xavier; — Diane chasseresse; — La liberté; — La loi;— La liberté présentant les tables de la loi;— St Jérôme; — Le prophète Habacuc; — -Christ en croix; — Mausolée de la Maison de La Baume-Montrevel; — Le Temps; — - L’Histoire; — La Vierge au Ciiristmort; — - L’un des Anges adora teurs, de la cathédrale de Besançon;- — -Ravissement de St Jean; — Mort de la Vierge; — Prophète Elie; — Tesl-ament d’Eudamidas; — L’Etude; — Double écusson; — Mme d’Arçon.

BRETON (Paul-Eugène), sculpteur, né à Toulouse au

XIX® siècle (Ec- Fr.).

Elève de Falguiére et de Félix Charpentier, exposa au Salon des Artistes Français au début du xx® siècle.

BRETON (Pierre), peintre à Nancy, xvn® siècle (Ec.

Lor.).

Travailla à Nancy à l’occasion de la décoration de la ville pour l’entrée du duc Léopold en 1698.

BRETS (Auguste de), peintre du xix® siècle (Ec. Flam.).

Le musée de Lyon conserve de lui ; Exposition de tableaux à Anvers.

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