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Jan-Peter Abraham, Philips Ferdinand Jan-Baptiste
(1628...) dit Ryngraaf (1631-1690) (1635...) (1637...) (1647...)
Gaspar. Hieronymus
(graveur),xviii' siècle.
BRUEGHEL (Abraham) ou Breughel, dit Ringraaf, peintre de fleurs et de fruits, baptisé le 28 novembre 1631, mort à Naples en 1690 (Ec. Flam.)
11 était fils de J an Brueghel II et frère de J an-Baptiste; il travailla à Rome, où il prit le nom de Ryngraaf. Quel-
ques auteurs le font mourir à Rome. Mais il est probable qu’il vécut à Naples, y gagna de l’argent et le perdit dans des spéculations malheureuses. Il peignit des fleurs dans les tableaux de Luca Giordano.
Œuvre peint. — Fruits (Musée d’Amsterdam). — Ste Famille et des anges au milieu d’une couronne de fleurs (Florence, Pitti). — Fruits et fleurs (Musée de Rotterdam). — Jeune fille avec une grappe de raisin Musée de Stockholm). — Fleurs et fruits (Musée de Turin).. — Intérieur de maréchal-ferrant. — (Rome, Galerie Dobia-Pamphili) : Vase et fleurs; — Fleurs et Fruits (Bordeaux).
Prix. — Peinture. Bruxelles : Bouquet de fleurs variées plongées dans un vase en porcelaine (Bois) : 400 fr. — Paris, 1898. V‘= Comte M..., 16 mai : Guirlande de fleurs encadrant un portrait d'homme : 2.450 fr. —1899. V*« Duc de Talleyrand : Jeune femme arrangeant des fleurs et des fruits : 1.195 fr.
BRUEGHEL ou Breughel (Ambrosius), peinlre de fleurs et de paysages, né le 10 août 1617, à Anvers, mort le 9 février 1675 (Ec. Flam.).
Il était frère de Jan Brueghel II. 11 eut pour tuteurs Jan Brueghel et David Teniers. Il tut maître à Anvers en 1645, s'y maria en 1649, fut doyen de la gible en 1653 et 1671. Ses œuvres sont rares, d’après le D' Von VVurtzbach.
Œuvre peint. — Couronne de fleurs (Anvers, église St-Jacques). — Paysage avec une femme ramenant son mari ivre à la maison (Düsseldorf, chateau Roland). — Paysage (Lille, coll. Lengbart). — Vase rempli de raisins et gibier à plumes (Christiania). — Fruits (La Fère).
BRUEGHEL (Ferdinand), peintre, baptisé à Anvers, le 3 juillet 1637 (Ec. Flam.). . ,
Fils du peintre Jan Brueghel, il fut étudiant d Anvers en 1662.
BRUEGHEL (F.-H.), probablement Franz Hiéronymus, graveur (Ec. Flam.).
On connaît de lui une suite de dix marines. BRUEGHEL (Jean) ou Bruegel, Breughel ditBrueghel de Velours, Brueghel de Paradis, peintre d’histoire, de paysages, de fleurs, de fruits et graveur, né à Bruxelles en 1568, mort à Anvers le 13 janvier 1625 (Ec. Flam.). Il était le plus jeune fils du grand Brueghel et peutêtre, parce que moins que ses aînés, il suivit la voie paternelle, sa réputation, au moins deson vivant, paraît avoir égalé celle de Peeler Brueghel lui-même. Il fut d’abord l’élève de sa grand’mère Marie de Bessemers, veuve de Pieter Coucke d’Alost, qui s’était chargée de lui lorsqu’il perdit son père. Il travailla aussi avec Pieter (le Goetkint et se fit une rapide réputation comme [leintre de fleurs et de fruits. Il se rendit en Italie par
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Cologne et s’arrêta dans cette ville. Ce voyage eut ur| influence considérable sur la carrière artistique dj jeune artiste : il modifia son genre et s’adonna au pa; sage. A son retour en F andre,en 1597, sa manière éta| complètement formée et son succès fut très grand, s’établit à Anvers et deux années plus tard il épousai Isabelle de Jode. De ce mariage naquirent trois enfant Jean II, né en 1601, et Paschasie qui plus tard épouE Van Kessell. En 1605, Jan Brueghel devenu veuf : mariait avec Catherina Van Marienbourg. Il eut de e seconde femme Ambrosius et Anna, laquelle, le 4 juilli 1637, lut la première femme de David Teniers. Bnu ghel occupa une place prépondérante dans la guildj d’Anvers; il en fut le doyen en 1602. Il fut aussi merabi de la Société «La Violette». Son intimité avec Rubei était très grande et l’illustre maître réclama souveil son concours pour peindre dans ses tableaux des pa; sages et des fleurs. Le plus important spécimen de ceti collaboration est la toile conservée au musée de La Hay^ représentant Adam et Eue dans le Paradis terrestre Brueghel peignit également pour Van Balen et Rottei hammer. Son fils Jan II parvint à imiter si parfait ment son style ciu’il est parfois difficile de distingui les œuvres de l’un de celles de l’autre.
(Musée du Prado) : La vue; — L’ouïe; — L’odora; — Le goût; — Le toucher; — Les quatre éléments avt| leurs attributs; — Les quatre éléments; — L’abondanC' — La vue et l’odorat; — L’ouïe, le goût et le toucher;- Les sciences et les arts; — Le paradis terrestre;^ — L’arcb' de Noé; — Le paradis terrestre avec Adam recevani d’Eve le fruit défendu; — -Les 4 éléments et les difb rentes scènes de la création depuis celle du premii homme jusqu’à l’expulsion du paradis; — Adam et E\| au pied de l’arbre de la science du bien et du mal;- St Eustache; — Paysage; — Orphée charmant les ani maux; — Guirlande de fruits soutenue par des nyn phes et des génies; — Couronne de fleurs; — La viert et l’Enfant Jésus au centre d’une couronne de fleuril — La vierge, l’Enfant Jésus endormi et deux anges;- Guirlande de fleurs et oiseaux; — Buste de la Viert dans une guirlande de fleurs; — Guirlande formée d| fleurs et fruits; — Pot de fleurs sur une table; — Fleu' dans un vase de porcelaine; — Vase avec fleurs;- Fleurs dans un petit vase de porcelaine; — Pot de fleui (2 tableaux); — Paysage avec rivière; — Paysage avf étang; — Le parc de Bruxelles au xvti» siècle; — Moub à vent; — Paysage montagneux (2 tableaux); — L( galères. Paysage; — Paysage avec moulin à vent;- Pays (dit : de la montagne); — Le géographe et le nati raUste; — Noce de village; — Bal champêtre; — Un goû ter à la campagne; — Noce champêtre; — Dîner de nocu — Marché et lavoir 'aux Pays-Bas; — Paysage de Fiai dre; — Marine et moulins à vent; — Marine. — (Abbe; ville) : 10 toiles représentant les mois. — (Amiens) Fête flamande. — (Amsterdam) : Village au bord d un rivière; — Vue d’une ville sur une rivière; — Latone me nacèe par les paysans; — Repos pendant la fuite e: Egypte; — Le Christ prêchant dans une barque de pe| cheurs; — Site au bord d’une rivière. — (Angers) L’automne. — (Anvers) : Vase de fleurs. — (Avignon) Un des quatre éléments, le feu; — Les quatre éléments — (Bale) : Vue sur la mer; — Vaisseaux et personnages — (Baveux) : Chasse au cerf sous Henri IL — (Berlin) La forge de Vulcain; — Chemin dans les champs.— I
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(Besançon) : Fête de village; — Paradis terrestre; — Fuite en Egypte; — Patinage; — Ste Famille; — Apparition de Jésus à la jMadeleine. — (Bourges) : Le Calvaire.— (Breslau) : Rue de village hollandais. — (Bruxelles) : L’automne. — (Budapest) : Enée aux enfers;— Diane et Actéon; — Le Paradis terrestre; — La Création d’Eve; — ^L’arche de Noé. — (Caen) : Les quatre éléments. — (Cassel) : Paysage de la Côte du Nord; — Scène dans une ville; — Partie en rivière; — Paysage d’hiver (cuivre);— Le Déluge; — -Une rue de village (cuivre); — Produit de la pêche. — -(Darmstadt) ; Paysage forestier. — (Dresde) : Juuon aux enfers; — Tentation de St Antoine; — Paysage, pécheurs, poissons; — Tour ronde près d’un lac; — Paysage forestier; — ■ Paysans sur une route; — Pierre et André dans un paysage; — Bûcheron au bord d’un fleuve; — Squelette de cheval au bord d’un fleuve; — Moulin à vent; — Route de village surmontée d’un clocher; — -Village avec église; — Le Moulin à vent;— Chemin animé; — -Bûcheron dans un chemin de la forêt; — Moulin à vent près d’une colline: — Maison entourée d’eau et d’arbres; — Une chapelle sous les arbres; — ^Paysage animé près d’un fleuve; — Village avec église; — Bataille des Israélites contre les Amalécites.- — ^(Dublin) : Paysage (avec Rubens). — (La Fère) : Paysage; — Passage du gué. — • (Florence. Galerie royale) : Un paysage; — -Petit paysage; — -Les quatre éléments; — Les quatre éléments; — Paysage. — -(Font.ainebleau) : Vertumne et Pomone dans un paysage;- — ^Vue de Flandre; — Paysage montagneux.— (Francfort) : Le Paradis terrestre; — -La
nuée de Latone; — Paysage. — (Genève) : Une foire en Hollande.— (Glasgow) : Le Triomphe de Bacchus; — Procession bacchanale; — -Nymphes apportant des offrandes à Vénus.- — (LIanovre) : A l’auberge du village;— Retour du marché; — Paysage. — (La Haye) : Le Paradis terrestre; — Le Repos en Egypte; — -Le Christ délivrant les âmes du Purgatoire.- — ^(Leipzig) : Village avec un canal et des navires. — -(Lille) : Repos de la Ste Famille; — -Vierge entourée d’une guirlande de . fleurs.- — -(Louvre) : La terre ou le Paradis terrestre; — - L’Air; — La bataille d’Arbelles; — Vue de Tivoli; —
- Paysage; — Paysage; — -Le Pont de Talavera; — Paysage.
- — (Lyon) : L’Air; — -Le Feu; — -La Terre et l’Eau. — -
I (Mayence) : Paysage, moulin à vent, forge; — Village,
! au loin une église; — Paysage. — (Milan, Ambrosiana) :
II L’Arche de Noé; — Daniel dans la fosse aux lions; —
I Madone avec fleurs; — Le feu; — -Ermite; — Scène infer-
nale avec une gloire d’anges; — Incendie de la Pentapôle; — Bois; — -Ermite; — Scène infernale; — Printemps;
, — -Un Ermite; — Un Ermite; — Jésus avec les Apôtres I dans une barque; — -Bois et marais: — ^Intérieur de , cathédrale; — ^Madone avec fleurs. — (Milan, G.alerib DI Brera) : Village. — (Montpellier) : Paysage. — (Munich) : Jean-Baptiste prêchant dans une forêt devant le peuple; — Crucifiement; — -Vue d’un port de mer; — Vue sur une vallée; — Grand marché aux poissons;— Chemin en forêt, paysans et voitures; — Halte devant une auberge; — Vue de rivière et montagnes; —
' Paysans dansant dans une rue de village; — Vue d’une ville de port de mer; — -Halte de gens en voiture, sur une place de village; — -Flora assise dans un jardin de fleurs, couronnée par des nymphes. — (Nantes) : Vue d’un -canal avec embarcations chargées de personnes I et de chevaux; — Paysage avec fond de montagnes. —
■ (Nottingham): Paysage, vue d'une rivière. — (Orléans) : Paysage avec figures. — (Rennes) : Village au bord d’un canal. — (Rome, Borghêse) ; 2 paysages sur I cuivre; — St Pierre martyr;— Orphée; — La Création de I l'homme; — Jacob luttant contre un ange; — -Loth ’ fuyant la ville de Sodome; — Prise de Jérusalem; — Ustensiles (sur cuivre). — (Rome. Galerie Doria ; Pamphili) ; Ste Famille; — -Création des animaux; — - L’Eau; — L’Air; — La Tentation d’Eve, au Paradis terrestre; — Fleurs et Fruits. — (Roumianzepf) ; L’attaque des brigands. — (St-Omer),: Scène de patiru g.;. — ;-(St-Pétersbourg) : Paysage avec une forêt; — - Diane et Actéon; — La route du village; — Une route près d’une ville; — Route près d’une grande ville; — - 3 paysages. — -(Saintes) : La Terre. — (Toulouse) : 2 paysages. — (Tournai) : Crucifiement. — (Troyes) : Paysage de l’âge d’or. — (Utrecht) : L’entrée dans l’arche.-— (Venise, Galerie royale) : Paysage avec moulin à veut. — (Vienne) : Foire de village; — Grand bouquet de fleurs; — -Bouquet de fleurs; — Terre, eau et air; — Habitants de ville visitant une famille de paysans; — Les rois Mages; — La Fuite en Egypte (cuivre); — La Crucifixion: — -La Tentation de St Antoine:- — Enée nnx enfers; — La Tentation de St Antoine; — Jonas jeté à la mer; — -Forêt. — (Vienne, Czernin) : Petit paysage. — (Vosges) : L’Eté;- — -Choc de troupes dans
- me clairière. — (Ypres) ; Adoration des bergers; — -ouronne de roses
Prix. — Peinture. Paris, 1750. V‘® Wassenaer d’Obdam : Paitsaqe avec rivière, figures et bateaux : 2.436 fr. — 1766. V'® Mme Allard De la Cour, Leyde : Adam et Eve dans le Paradis terrestre : 15.435 fr. — 1772. V‘® duc de Choiseul : Pagsage avec figures e animaux, entrée d'un bois avec mare : 3.910 fr. — 1860. V‘» Comte de Stenhuysse : Le feu; L’eau : 5.450 fr. — 1869. V“ Moreau Wolsey : Bacchus et Ariane : 9.500 fr. — Lo.n- DREs, 1882. V*® Hamiltoii : Allégories de l’air et de Veau (2 petits tableaux) : 6.825 fr. — Foire dans un village hollandais : 11.285 fr. — Dessins. 1768. Paris. V‘® Mariette : Un pagsage : 351 fr. — 1883. V‘® Marmontel : Pagsage, avec figures (Aquarelle) : 800 fr. — ^V‘® de la Princesse Mathilde, 17 au 21 mai 1904 : Pagsage montagneux : 170 fr. — V*® du 18 octobre 1907 : Pagsage avec rivière : 110 fr. — V'® du 12 février 1910 : Pagsage animé : 135 fr. — V*® du 18 mai 1910 ; Diane et Actéon : 405 fr.— V*® Lluybrecht d’ANVERS, 12 au 15 mai 1902 : Fleurs : 320 fr. — Fleurs : 380 fr. — Fleurs : 620 fr. — V‘® du 24 avril 1907 : Le Goût; l’Odorat; La Vue; L’Ouïe; Le Toucher: 40.000 fr. — V‘® du D® G. H. M..., 29 mai
1908 : Pagsage avec cours d’eau et figures : 280 fr. — - Londres. V‘® 23 novembre 1907 : Pagsages (4 panneaux) : £9 19s. 6d. — Un Pagsage : £3 13s. 6d. — V'® 15 mai 1908 : Vue d’une rivière : £7 17s. 6d. — V‘® 5 décembre 1908 : Scène de village : £8 8s. — V‘® 19 avril
1909 : La Tentation de St Antoine : £15 15s. — V‘® 28 juillet 1909 : Scène sur une rivière gelée : £10 lOs. — Dessins. V‘® 27 mai 1908 : Pagsans revenant de faner : £21. — Peinture. New- York, 8 janvier 1903 : Circé appelant Ulgsse : Sl.lOO. — Cologne. V‘® 5-6 octobre 1894 : Pagsage : M. 100. — Incendie de Troie : M. 2.301. — Pagsage de montagnes : M. 200.
BRUEGHEL (Jan II ), peintre, baptisé à Anvers le 13 seplembre 1601, mort le 1®' septembre 1678 (Ec. Flam.).
Il voyagea en Italie, où il fit connaissance de A. van Dyck, et à Gênes de Lucas de Wael; il connut aussi Tarchevêque Borromeo, protecteur de son père. Il revint à Anvers en traversant la F rance, après la mort de son père; en 1625, il entra dans la gilde et se maria le 5 juillet 1626. Il eut onze entants, dont sept fils; cinq furent peintres, J an-Peter, Abraham, Philipps, Ferdinand et J an-Baptiste. Il travailla avec Rubens, Janssens, S. Vranex, A. van Diepenbeek, J. v. Kessel, Fr. Vouters, H. van Balen, G. Coques. Ses œuvres sont si semblables à celles de son père qu’on ne peut distinguer que celles qui sont datées.
Œuvre peint. — ^Couronne de fleurs avec Ste Famille (Anvers, Coll. H. v. d. Wiel). — Cabaret de village. — Région montagneuse. — Tour au bord de la mer (Musée DE Dresde). — Adoration des Mages (Musée de Munich). — Marie et l’enfant dans un paysage. — Marie et l’enfant dans un jardin (Musée de Vienne). — Paysage avec Scipion l’Africain. — -(Milan, g.xlerie Brera) : Village. — -Eglise et grotte. — (St-Omer) ; Sacrifice d’Abraham. BR.ÜEGHEL (Jaa -Baptiste), peintre de fleurs et de fruits, né le 26 décembre 1647 (Ec. Flam.).
Il était fils de Jan Brueghel II; il visita l'Italie, vécut à Naples et à Rome, où il prit le surnom de Meleager.
Œuvre peint. — Un bol avec du pain et des figues (Musée de Turin).
BRUEGHEL (Jan-Peter), peintre, né le 29 août 1628, mort probablement en Italie (Ec. Flam.).
Il était fils de Jan Brueghel II; fut maître à Anvers en 1646 et travailla plus tard à Liège pour le peintre Walter Domerg.
Œuvre peint. — Les instruments de la Passion, avec le mouchoir de Ste Véronique dans une couronne de fleurs (Anvers, coll. T. v. Lerius).
BRUEGHEL (Peeter) dit Le Vieux. Le Rustique, Le Drôle ou Bruegel, Bruegels, Brenghels, né à Brueghel [près Breda) ou à Brueghel (près Bois-le-Duc), vers 1528, mort à Bruxelles le 5 septembre 1569 (Ec. Flam.). Fils de paysans, cet artiste sur l’origne duquel plane encore un certain doute dut prendre pour nom patro-
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nymique celui de' son village d’origine. Il commença son appreniissage artistique sous la direction d’un disciple de Jérôme Bosch, dont le nom ne nous a pas été transmis et qui, frappé des dispositions de son jeune élève, le décida à aller travailler à Anvers avec Pierre Coeck d’Alast, peintre de Charles-Quint. P. Coeck était le chef des italianisants de l’école flamande. Le graveur Jérôme Coeck que Brueghel prit ensuite pour maître n’était pas moins imbu des mêmes idées, et ce n’est assurément qu’aux leçons de son premier maître l que le jeune artiste dut d’échapper à cette déplorable
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influence qui mit un instant en si grand péril toute l’originalité artistique de l’école flamande. Car le fait est indiscutable ; Bruegliel relève directement de la technique et du sentiment de Jérôme Bosch. Reçu franc-maître de la gilde d’Anvers en 1551, Peeter Bruegliel partit peu après pour l’Italie. En cours de route il visita une partie de la France et n’arriva à Rome qu’en 1553. Son absence se prolongea plusieurs années et c’est de cette époque que date sa Bataille Navale dans le détroit de Messine. Mais il subit assez peu l’influence du milieu et lorsqu’il revint en Flandre en 1554, il avait conservé toutes ses précieuses qualités de réalisme. Il se fixa d’abord à An^ers où il demeura jusqu’en 1563, époque à laquelle il épousa la fille de Pierre Coeck d’Alost et vint habiter Bruxelles, qu’il ne quitta plus jusqu’à sa mort. Ce fut au cours de ces dernières années qu’il donna vraiment la pleine mesure de son admirable génie. Après s’être consacré surtout au paysage, il produisit les grandes compositions religieuses en lesquelles on trouve toujours trace de ce réalisme poignant et dramatique qui est la caractéristique de son œuvre. C’est l’époque de la Tour de Babel, deV Adoralion des Mages, du Sernwn sur la Montagne, du Dénombrement de Bethléem, du Chemin du Calvaire, du Triomphe de la Mort, Puis Bruegliel évolue encore. Son inspiration réaliste abandonne tout à lait les toiles de grande envergure et s’attache à riulerprétation de ces scènes familières entre quatre ou cinq personnages, dans lesquelles l’artiste donne l’impression d’une foi-ce dramatique réellement inconnue jusqu’à lui. C’est alors qu’apparaissent Le Bepas de Noce; La Kermesse; Le Couple de villageois attaqué par des routiers; La Bixe en tre Paysans; Les Aveugtes. La mort prématurée de Bruegliel mit un terme à une production de chefsd’œuvre qui sont peut-être de tous les tableaux anciens ceux en lesquels on trouve la conception la plus moderne et la plus réaliste de la forme et du sentiment. Pierre Bruegliel fut à la fois un rénovateur et un précurseur. Il arrêta l’élan de l’art flamand vers la copie servile des maîtres italiens, d’une part, et d’autre part ce fut un génial remueur d’idées. Il est l’ancêtre de l’école à laquelle vont se rattacher Brauwer, Ostade, Teniers sans qu’aucun d’eux n’arrive à le faire oublier, ni même à mériter d’être mis en parallèle avec lui. Le premier peut-être, il sut grouper une foule sans avoir recours à la convention. Le Sermon sur la Montagne est significatif à ce point de vue. Le premier, il eut l’audace des gestes libres et des tableaux dramatiquement réalistes. Ses scènes de paysans procèdent d’une technique essentiellement moderne. Ses contemporains ne comprirent pas très bien toute l’ampleur de son génie. On ne vit longtemps en lui qu’un caricaturiste fantaisiste et qu’un humoriste en quelque sorte, et ses surnoms de Bruegliel le Drôle et de Brueghel le Rustique témoignent assez de l'impression que produisaient ses œuvres. Mais Brueghel est en vérité le grand maître de l’école réaliste moderne et à travers trois siècles, on peut dire de lui qu’il eut pour disciples François Millet et Constantin Meunier.
M. Boucheny de Grandval.
Peintures. — Musées de : (Aix) : Foire dans une ville. — (Anvers) : Visite à la femme. — (Besançon): Sancho Pança. — (Bordeaux) : Fête flamande, dite de la Rosière.- — (Bruxelles) : Chute des anges relielles; — Dénombrement de Bethléem et Fuite en Egypte. — - (Budapest) : Un vieux couple.- — (Copenhague) : Lutte du Jeûne avec le Carême.- — (Darmstadt) : Danse sous la potence.- — (Dresde) : Paysans se battant; — Le Sermon de Jean-Baptiste.- — (Douai) : Attaque d’un village par des routiers. — (Dunkerque) : Les feux' de la St-Jean.- — (La Fère) ; Paysage;- — Effet de neige; — Lu Fenaison; — Paysage. — (Florence, Galerie royale) : Jésus portant sa croix en allant au calvaire; — Danse de paysans. — (Gratz) : Fête religieuse hollandaise.— (Grenoble) : Patineurs. — (Lille) ; La
Moisson; — Le Marché;- — Vase de fleurs; — Le Printeinps. — (Louvre) : La Parabole des aveugles;- — Vue d’un village; — Danse de paysans. — (Madrid) ; Triomphe de la Mort. — (Montpellier) ; Tête de Lansquenet; — Rixe de paysans. — (Naples) : Paysage d’hiver;- — Allégorie;- — Parabole des Aveugles. — (Narbonne) ; La Kermesse.- — (Rome, Galerie Doria Pampi-iili) : Port antique à Naples. — (Roumiakzeff) ; Le travail dans le jardin. — (St-Omer) : Danse de paysans; — Opéralion de la pierre de têle.- — -(Toulon) : Proverlies flamands. — (Vienne) : Marine; — Enfants jouant; — Paysage automnal; — Massacre des Innocents; — Paysage printanier; — Portement de croix; — Paysage d’hiver;— La Tour de Babel;- — La Disinite du Carnaval et du Carême; — Noce villageoise;- — Le Voleur d’oiseaux;— Kermesse villageoise;— Combat entre les Philistins et les Israéliles. — (Ypres) : Kermesse flamande.
Prix. — Peinture. Paris, 1742. V*' Prince de Car; gnan : Un Calvaire avec nombreuses figures : 1.900 fr.- 1873. V'» Papin : L’Opérateur : 5.800 fr. — 1892. V' Dudley, Londres : Noé et sa famille : 3.120 fr. — Ded sins. 1772. V‘® Huquier : Un Démoniaque entre U mains de trois hommes : 50 fr. — 1864. V" Comte Ai dréossy : La Foi; L’ Espérance; Le Courage; La Jui iice ; 103 fr. — Estampes. 1858. V*® X..., 6-7 septembre Le Jeu de boutes et ta danse des fous : 14 fr. — Vienni 1867. V*“ Comte X... : Vue d’un pays d’une vaste éter due: 48 îr, — V‘® Miniszech, 11 avril 1902. Peinture:/, Promenade : 2.950 fr. — V‘® Anybrechts d’ANVEP.r 12 au 15 mai 1902 : Le Dénombrement de BethUem 9.000 fr. — La Fenaison : 320 fr. — V‘® 17 et 18 févric- 1905 : La Fête des rois au village : 950 fr. — V‘® d M. L. de B..., 21 novembre 1904. Dessin : Groupe avoyageurs : 105 fr. — V‘® 6 mai 1909 : Paysan et s femme : 340 fr. — Peinture. Cologne. V' 8-9 mai. 1904 : Double portrait d’un vieux couple de paysans M. 85. I J .
BRUEGHEL (Peter II), appelé
Brueghel d’Enîer), peintre, né? -£RVEUKf L
à Bruxelles vers 1564, mort à s d //• rr -r
Anvers en 1637 ou 1638 (Ec. r-Jin.eVGLL’t
Flam.).
Il était fils de Peter P’’ et travailla tout d’abord ave sa grand’mère. Maria Verhulst, miniaturiste, et ensuit à Anvers avec Gilles van Conincxloo jusqu’en 158." Reçu maître, il se maria en 1585 et il eut un fils, Peter III qui fut son élève ainsi que Gonzalès Cocques, Françor de Grooten, en 1588, Fr. Snyders, Jean Tripon en 159o André Daniels en 1599 et Jean Garet en 1608; pour am ' il eut Josse de Momper. Il fit surtout des copies de[ tableaux de son père.
Œuvre peint. — L’adoration des rois (Musée d’Amsterdam).— Crucifixion. — Adoration des Mages (Musé' d’Anvers). — Kermesse (Musée d’Augsbourg). — Cru; cifixion.- — Bataille à la campagne (Musée de Berlin ; — L’incendie de Rome par Néron (Musée de Brunsi wick). — Le massacre des Innocents de Bethléem. — L recensement à Bethléem (copies de son père). — Prédi cation de St Jean-Baptiste (Musée de Dresde). — Viigile et Dante aux Enfers. — Orphée aux Enfers.- — Crucifixion (Florence, Uffizi).- — Triomphe de la Mort(copide son père, (Musée de Graz). — Proverbes flamand; (Musée de Haarlem). — Salle de tribunal (Musée d - Kônigsberg). — Massacre des Innocents (copie desoi père) (Londres, Hampion Court). — Quatre tableaux dj genre (Musée de Lucques). — L’enlèvement de Proseï! pine. — La Tour de Babel. — L’incendie de Sodome.- Plusieurs paysages (Musée de Madrid). — Le Chris dormant pendant la tempête. — L’arche de Noé. — Rc chers et ermite (Musée de Milan). — Kermesse (copi de son père). — Prédication de St Jean-Baptiste (Musé, de Munich). — Forêt et paysans dansant (Musée di Narbonne). — Le déluge (Musée de Stockholm).-! Paysans attaqués par des voleurs (Musée de Stock holm, université). — Massacre des Innocents (id.).- Combat naval pendant la nuit (Musée de Turin).-] Danse de paysans (Musée d’Utrecht). — Les sep œuvres de miséricorde (Vienne, Harrach). — Prédici I tion de St Jean-Baptiste. — Les aveugles (copie de so' père). — Le triomphe de la mort (copie. Vienne, LiechI tenstein). — Triptyque, la tentation de St Antoine (Mi sÉE de Wôrlitz).- — Musées de : (Bai e) ; Jean-Baplisi prêchant dans le désert:— Les Aveugles. — (Besançon - | Incendie de Troie (figures de Rottenhammer).- j (Eresl.\u) : Adoration des trois rois mages. — (Bri [ xelles) : Le Massacre des Innocents; — Dénombra ment de Bethléem et Fuite en Egypte; — Procession.- (Budapest) : Le Crucifiement.- — (Caen) : Le Paiemeiii de la dîme.- — (Copenhague) : Le Calvaire. — (H,»| novre) ; Loth et ses filles. — (Mulhouse) : Scène dj patinage. — (Nancy) : Fête de village flamand.-
(Rome, Galerie Doria-Pamfhili) : Vision de sain Jean à Patinos; — Création de l’homme au Paradis;-, Enée conduit par la Sibylle de Cumes à l’entrée d l’enfer; — Neige. — (Roumianzeff) ; L’Enfer; — Le Paradis.— (St-Omer) : Kermesse flamande. — (Vaien
ciennes) ; Le Travailleur mangé par l’usurier et l’usu( lier mangé par le diable;- — St Jean-Baptiste prêchant — Les Œuvres de miséricorde.- — (Vienne) : Paysagj d’hiver. — (St-Pétersrourg) : Une noce de village;-, St Jean-Baptiste prêchant au peuple. |
Œuvre dessiné. — Portrait du peintre P. Cock, plum et bistre (Paris, coll. Denon, répétition à Londres! COLL. Russell).
Prix. — Peinture. Paris, 1800. V‘® d’Orléans : Par, sage : 800 fr. — 1899. V‘® Stein : Rixe de paysans j 1.950 fr. — Gênes. 1899. V‘® Pallavicino Grimaldi i St Antoine dans le désert : 1.600 fr. — Dessins. 185!|
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[; • V' Kaïeman : Scènes grotesques : 5 fr. 50.Estampes. — [1375. V*“ Guichardot : Compositions satiriques (30 es- ' liinpes) : 112 tr. — Munich. V‘“ du 7 au 15 février 1901 :
' onstruction de ta Tour de Babel : M. 15. — V Alchilisle : M. 15. — Cologne. V‘” 5-6 octobre 1984 : Ttepré- ‘.nlalion fantôme dans un paijsage : M. 390. BUEGHEL (Peter III), peintre, né le 6 juillet 1589 (Ec. Flam.).
Fils de Peter Brueghel II et tut maître à Anvers en 308. Peut-être eut-il pour maître, de 1626 à 1627, Gonilès Cocques ? Aucune œuvre ne peut lui être attribuée liée certitude, sauf un St Ignace en prière (catalogue. . d. Straelen-Moons, Anvers 1885), et un Portement croix, au musée de Cologne
:RUEGHEL (Philipps), peintre, baptisé le 24 décembre 1635 (Ec.Flam.).
Fils de Jan Brueghel II, il fut maître à Anvers en 355. En 1657, il partit à Paris, pour trois ans, chez son Ucle Jan Valdor, graveur et marchand de tableau.x. RÜEL (Alexandre), paysagiste, né à Lyon, xi.x' siècle
(Ee. Fr.).
Elève de Paul Blondel. Exposa des paysages tuniens à l’Exposition Coloniale de Paris en 1906. Bruel htint une bourse de voyage au Salon de 1900.
R'UEL (Juan), peintre de Barcelone, xix® siècle (Ec- Esp.).
Il figura à l’exposition de Bruxelles en 1910.
IRUELLE (Gaston), peintre de marines et aquarelliste,
I xix=-xx' siècles, né à Paris (Ec. Fr.).
I Elève de Noël. Il a peint des toiles représentant des iijets maritimes et quelques vues de Constantinople, jarmi ses œuvres, on peut citer : Le Bosphore; Arrivée V Impératrice à Constantinople; Trouville, la sortie des \iteaux de pêche (1870); Barques de pêche; Côtes de Nor- \andie (1874); Un gros temps au Havre; Barque trouvilise (1877); Le port d’Hennebonl [Morbihan], aquarelles . 879).
RUELS (L.), peintre flamand, de genre et d'histoire, florissait en 1842 (Ec. Flam.).
Cité par le D' Mireur.
Prix. — Peinture. Paris, 1899. V‘® Hartmann : Une lOce de villageois romains ; 375 fr.
iRUENECH (George), peintre, des xix'-xx® siècles,
! tiiwaii à Toronto vers 1898 (Ec. Canad.).
‘ Membre de la Royal Canadian Academy et de la Art |isociation de Montréal.
RÏÏÈRE, peintre, graveur, mentionné à Lausanne en ' 1732 (Ec. Suis.).
RUÈRE (André-P.), paysagiste, né à Paris, xix' |Sièc/e (Ec. Fr.).
Il exposa cinq vues d’Espagne (à i’aquarelle), au idon d’ Automne de 1907.
•• RUESTLE (George-M.l, peintre paysagiste, des xix'- J XX' siècles, né à New- York le 22 déc. 1872 (Ec.) Am.).
A Elève de la Art Student’sLeague de New-York sous
I direction de Mowbray, et de Courtois et d’Amanjian, à Paris. Membre du Salmagundi Club à Newjork en 1906. Exposa à la National Academy of lesign et à l’Art Club de Philadelphie.
RÜGADA (Antonio), peinfre de marines, né à Madrid, Ij imori le 17 février 1863 (Ec. Esp.).
J 1 II fut élève de l’Académie royale de San Fernando à îladrid entre 1818 et 1821, puis il ^int travailler à 'j iris sous la direction de Gudin. En 1841, il tut nommé '■ -intre de la Cour. Ce tut un peintre de marines au lent indiscutable et dont les compositions rappellent |sez celles des Hollandais contemporains par leur icérité d’expression et le nourri de leur péte. Il par- ■ipa à toutes les grandes manifestations d’art en •pagne durant le xix' siècle. Parmi ses meilleures lies, on peut citer : Le combat de Trafalgar; Le calme \ mer (1838); Après la tempête (1848); Un épisode du \mbal de Lépanle; La Bourrasque. Les musée-, espaols possèdent de nombreuses toiles de cet artiste de leur.
M. Boucheny de Grandval.
JUGADA (José), peintre d’histoire, mort à Madrid en 1859 (Ec. Esp.).
Il était frère de Antonio Brugada. Il exposa au rcle littéraire et artistique de Madrid. On cite de lui ; Salon des Ambassadeurs au Palais Royal de Madrid. lUGAIROLLES (Victor), peintre, né à Congés, au Ixix' siècle (Ec. Fr.).
Elève de Cormon, exposa au Salon des Artistes ’ançais, notamment en 1900-1903-1904-1905 et au Ion d’ Automne en 1907. Parmi ses œuvres, on cite;
^ I Berger et la Mer; — -Dans les prés fleuris;— Le Soir; —
II i Lande; — Le vieux Moulin. Sociétaire des Artistes w lançais depuis 1901. Mention honorable en 1898.
BBUGAREL (Emile), peintre, du xix' siècle, ne à Paris
(Ec. Fr.'.
Elève de Loir. A exposé au Salon de 1880 : Une rue à Bercy; 1881 : Les bords du Tarn à Gaillac; 1882 : Une rue de Chalou.
BRUGES (Ecole de).
Les origines d’un art sont souvent malaisées à découvrir, car les divers éléments qui le composent ont subi des impulsions et des influences insuffisamment déterminées. Mais, pour la Flandre, des jalons précieux peuvent éclairer les débuts d’un art appelé à rayonner à travers les siècles sur le monde entier. Tel fut cet art flamand — et particulièrement l’art brugeois — concrétisé aux yeux du plus grand nombre par l’école de peinture du XV' siècle. Pourtant, l’architecture, la sculpture, la miniature, comptent des hommes d’élite; nombreuses sont les œuvres d’inspiration brugeoise que les siècles nous ont léguées. Les arts minfcu'’s ne furent point moins florissants et brillants. Si l’architecture et la sculpture romanes n’ont point laissé à Bruges de spécimens assez importants pour en dégager des caractères propres et conclure à un art autochtone, cette pénurie estlargement compensée dès le xiii' siècle. Nombreux sont les monuments prouvant l’existence d’une conception originale, d’une recherche personnelle et d’une inspiration primesautière, tant dans l’élaboration de l’ensemble que dans l’analyse des détails. Si certains éléments constructifs ont pu être déjà en usage dans des édifices privés — ayant d’ailleurs l’importance de monuments publics tant par leurs dimensions que par le rôle qu’ils jouent dans la vie communale — c’est dans la conception de l’LIôtel de Ville qu’ils ont trouvé leur complète expression et atteint le summum de leur évolution. Si l’inspiration autochtone est appréciable dans les constructions civiles et religieuses, si la recherche de l’élégance, n’excluant en aucune façon l’ampleur monumentale, est indéniable, la pureté du goût s’affirme supérieurement dans la sveltesse de la silhouette que viennent encore accentuer, dans presque toutes les constructions importantes, de gracieuses tourelles aux lignes variées et originales. L’architecture des habitations privées revêtit ' dès l’origine un caractère nettement local. Scs motifs inspirateurs sont plus aisés à analyser que ceux de l’architecture monumentale, dont beaucoup de spécimens ne nous sont plus connus que par des documents graphiques, tandis que les maisons bourgeoises de type divers sont encore très nombreuses. Il n’est donc point téméraire de dire que Bruges posséda de bonne heure une école d’architecture civile et religieuse dont les éléments d’ensemble et de détai s sont bien à elle, et qu’elle sut appliquer rationnellement pendant trois siècles au moins. Cette persistance de traditions constitue à elle seule l’indéniable preuve de l’existence d’une véritable école, au sens d’enseignement de doctrine, de construction et d’architecture. On ne conçoit pas l’art architectural atteignant une culture aussi raffinée sans une école de sculpture. Mais ici, malheureusement, les spécimens, sous leur aspect monumental, nous font défaut. Les statues monumentales de l’Hôtel de Ville, à la polychromie desciuelles collabora van Eyck, ont disparu. Mais il nous reste, dans les édifices publics, maisons privées et musées, suffisamment de spécimens de pierre et de bois pour affirmer l’e.xistence et la maîtrise d’une école de tailleurs de pierre et de bois obéissant à une technique età uneinspirationlocale.Les archives nous apprennent d’ailleurs des noms et démontrent que les étrangers ne dédaignaient pas de s’adresser à des Brugeois. 11 convient du reste de considérer cette question à un point de vue plus large. N’a-t-on point constaté un côté sculptural dans l’œuvre de Van Eyck? N’est-ce point précisément dans la pratique de cet art de la sculpture que nous devons rechercher la soudaine suprématie de leurs œuvres? Et quand nous voyons Van Eyck s’occuper de la polychromie des statues de l’Hôtel de Ville, pouvons nous admettre que son rôle se fût limité à une décoration? Ne fauVil pas plutôt supposer que le génie inquiet des Van Eyck les portait à s’assimiler une technique qui devait les rapprocher de leur idéal et qu’ils poursuivaient par la pratique d’un art dans lequel leur scrupuleuse conscience trouvait à s’exercer? La sculpture ne s’accommodait, en effet, à cette époque d’aucune défaillance; le réalisme le plus saisissant en marquait les productions. La pratique simultm -e de l’art sculptural et pictural n’était d’ailleurs point chose insolite,comme le prouvent nos archives corporatives. Cette opposition apparaîtra d’autant plus admissible qu’il pourrait sembler assez insolite qu’un art arrivât de prime saut à son apogée, alors que les prémices, à considérer tout au moins sous le rapport de la valeur purement artistique, en étaient si réduits. On peut concevoir que la décoration picturale monumentale et l’art de la miniature aient précédé la peinture de tableaux. Les spécimens primitifs
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qui nous restent sous ces deux formes sont choses rares; ils Sont précieux comme documents. Pour la miniature, citons comme provenant indiscutablement de l’école brugeoise, la Bible historiée, 1372, de Jean de Bruges, qui exécuta également les cartons des célèbres tapisseries d’Angers. Nous employons intentionnellement le mot école, car il nous semble indiscutable que ces œuvres remarquables soient le produit d’une longue pratique commune et non une floraison spontanée. Ceci semble d’autant plus indiscutable que nous voyons, entre 1399 et 1404, un autre brugeois, J. Coene, engagé comme chef de travaux à la construction du Dôme de Milan, fonctions requérant une préparation scientifique et pratique dérivant d’un enseignement organisé. La peinture décorative historiée nous fournit des éléments d’appréciation plus nombreux, même en faisant abstraction des polychromies historiées ou ornementales des caveaux funéraires découverts en ces dernières années. Le St Jean- Baptiste à St-Jacques, le St Louis à Notre-Dame, la Vierge de Damme sont des œuvres nettement caractérisées; elles peuvent se placer entre 1275 et 1350. Mais le premier panneau peint, de date pour ainsi dire certaine — vers 1400 — est le Calvaire de SLSauveur. Ces œuvres dénotent-elles un tempérament spécial? La réponse doit être affirmative, tant au point de vue graphique et coloriste que sous le rapport du modelé et de l’expression des attitudes et des physionomies. Ce sont donc là les éléments constitutifs de l’art que les Van Eyck et leurs successeurs devaient porter à une perfection si élevée. Pas un demi-siècle ne s’est écoulé entre le Calvaire de St-Sauveur et la Vierge avec St Donatien; mais l’idéalité entre ces deux œuvres est si diverse, que l’esprit se refuse à admettre qu’elle pût être atteinte en une étape; les intermédiaires nous manquent. De là provient l’habitude de dater du xv“ siècle l’école brugeoise, alors qu’elle avait pourtant atteint une maturité et un traditionalisme dérivant d’une pratique longue et développée dans les différentes branches. Mais, à partir de ce moment, l’école brugeoise poursuivra une marche féconde et glorieuse. P. Cristus, le maître de la Légende de Ste Ursule des Sœurs noires, les maîtres du St-Sang et de Ste Lucie, les panneaux du Séminaire, le maître de la Vierge entre les vierges nous relient au grand Memling, derrière lequel vont se presser les Boels, les G. David, les Ysembrandt, les Benson encore si insuffisamment connus. Durant toute la période de splendeur de notre école, les œuvres des miniaturistes abondèrent, et il est fort probable qu’à côté des professionnels comme Jean le Tavernier, Vrelant, etc., les plus éminents génies de la peinture collaborèrent, tel G. David, à l’enluminure de riches volumes. Si une influence classique commence à se taire sentir dans l’œuvre de Memling et de G. David, elle s’affirme avec J. Prévost, A. Cornélis, J. van den Coornhuse et surtout avec L. Blondel, dont l’œuvre, touchant à tous les arts, mérite une étude spéciale. Puis, les traditions se relâchèrent. Les Pourbus, les Clacissins produisirent de belles œuvres, mais les temps étaient résolus, les Romanistes entraient en scène. Nous eûmes encore de beaux peintres, mais l’école avec son originalité et sa caractéristique s’était éteinte. Mais si l’école brugeoise, en son acceptation la plus large, soit architecturale, sculpturale et picturale, sans oublier les arts mineurs qui eurent leur heure d’éclat, comme en témoignent les œuvres et les archives des pays étrangers, tut par son inspiration, sa tendance et ses créations, un fruit essentiellement et exclusivement flamand, encore eut-elle une influence et un rayonnement général. Ses éléments constitutifs, soit composition, dessin, coloris, expression, sont nettement autochtones, sans emprunts étrangers, même presque sans réminiscences. L’art flamand, sous toutes ses formes, s’imposa en tous pays; sa maîtrise inspira aux artistes étrangers un idéal dont leurs œuvres portent l’indéniable sceau. A cliaque pas, Bruges garde les glorieuses traces de son merveilleux passé d’art.