‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 12 sur 205 · LOUTRE · texte numérisé non relu

LOUTRE

TATION), mais pour ce qui concerne la conformation. Il y a lieu de compter que les éleveurs continueront de résister à toutes les sollicitations tendant à les faire sortir de la bonne voie qu'ils ont suivie. A. S.

LOUTRE (zoologie). — Genre de Mammifères carnivores, famille des Mustélides. Ce genre renferme plusieurs espèces, dont une seule se rencontre en France ; c’est la Loutre commune (Lutra vulgaris), animal aquatique, qui se nourrit de poissons, et qui est redouté pour les ravages qu’il cause dans les viviers et les cours d’eau (fig. 283).

La Loutre commune est un animal long de 0,65 environ, ou de 1 mètre avec sa queue, à tête large et presque plate, à oreilles courtes et arrondies, à pelage brun en dessus, grisètre en dessous, à queue déprimée ; les membres sont courts et forts et se terminent par cinq doigts palmés; la peau constitue une fourrure estimée. La Loutre vit isolée sur les bords des rivières où elle s’abrite dans les creux des pierres ou sous des racines d'arbres; elle nage avec une grande rapidité. Sans être commune, elle n’est pas rare. C’est un animal nuisible; on le chasse au fusil ou avec des pièges.

LOUVETERIE (chasse). — Bien que la destruction des Loups ait été activement poursuivie par les habitants des campagnes dont ces animaux féroces troublent la sécurité, aucune mesure générale ne paraît avoir été prise, avant le règne de Charlemagne, pour en réduire le nombre. C’est ce grand empereur qui organisa le premier la louveterie en créant, sous le nom de lupari, des officiers spécialement chargés de chasser le Loup. L’épargne royale allouait une prime pour chaque Loup tué.

Quand l'empire d'Occident, subdivisé en fiefs nombreux dont l’ensemble, consolidé par les liens multiples du vasselage, constitua la féodalité, l’institution de la louveterie dut disparaître ou se transformer, car on n’en trouve aucune trace dans les documents législatifs antérieurs au quatorzième siècle. Toutefois il est fait mention, dans quelques chartes, des redevances allouées par les payeurs de la contrée où un Loup avait été tué. Cet impôt, désigné sous le nom de faille du Loup, graverye ou bernage, devait sans doute être perçu au profit d'officiers pourvus de charges, car on voit le roi Charles VI obligé de révoquer en 1395 toutes les commissions de louvetier, à cause des abus auxquels se livraient ces officiers, qui se faisaient nourrir et héberger gratis chez les particuliers. Le même prince rétablit les charges de louvetier en 1404, et donna aux titulaires le droit de lever une taxe de 2 deniers parisis par tête de Loup et de 4 par tête de Louve, sur chaque feu de toutes les paroisses situées dans un rayon de deux lieues de l'endroit où la bête avait été prise. Il reste quelques traces de cet impôt dans certaines provinces, où, de nos jours encore, celui qui à tué un Loup parcourt les villages et les fermes en portant le corps de l’animal, et reçoit, pour prix de son exploit, des œufs, de la volaille et de l'argent.

Les louvetiers n’avaient cependant pas de monopole. François I° donna à la louveterie une organisation qui dura jusqu’à la Révolution. Il créa, par son ordonnance du 1% mai 1820, l'office de grand louvetier, office qui donnait au titulaire le droit de délivrer dans tout le royaume des commissions de lieutenants de louveterie et de sergents louvetiers. De nombreux conflits s’élevèrent entre les louvetiers et les officiers des eaux et forêts, qui avaient été chargés par diverses ordonnances de faire opérer des battues pour la destruction des Loups. Un arrêt du conseil, du 15 janvier 1785, mit fin à ces difficultés en fixant les attributions des uns et des autres. Aux termes de cet arrêt, les officiers de louveterie recevaient leur commission du grand louvetier; ils étaient indépendants de la juridiction des maitrises et avaient seuls le privilège de

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chasser le Loup, le Blaireau et autres animaux nuisibles, sauf lc droit des seigneurs hauts justiciers dans l’étendue de leurs terres. Les louvetiers devaient faire les battues aux Loups nécessaires, et pouvaient requérir les habitants des campagnes d'y participer. Les intendants pouvaient, de leur côté, ordonner des battues générales el commander dans chaque province le nombre d'hommes nécessaires pour y procéder, sous les ordres des officiers de louveterie.

La Révolution ne laissa pas subsister la louveterie. Napoléon la rétablit par un décret du 8 fructidor an XII, et la plaça dans les attributions du grand veneur. Cette institution fut maintenue et confirmée par l’ordonnance du 20 août 1814, dont les dispositions, modifiées par celles contenues dans des lois et des décrets ultérieurs, constituent aujourd’hui le code de la louveterie. Depuis 1852, c’est le préfet qui nomme les lieutenants de louveterie sur la présentation des conservateurs des forêts. Le nombre des lieutenants de louveterie ne doit pas excéder celui des arrondissements, mais le directeur de l’administration des forêts peut autoriser, s’il le juge nécessaire, la création de plusieurs emplois de louvetier pour :un même arrondissement. Les commissions de lieutenant de louveterie sont renouvelées tous les ans. Les officiers de louveterie sont tenus de se procurer les pièges nécessaires pour la destruction des Loups, Renards et autres animaux nuisibles. Ils doivent avoir un équipage de chasse composé au moins d’un piqueur, de deux valets de limiers, un valet de chiens, dix chiens courants et quatre limiers.

Les lieutenants de louveterie ont le droit de rechercher et de poursuivre les Loups dans toutes les propriétés ouvertes de l'arrondissement pour lequel ils sont commissionnés, sans que les propriétaires ou locataires des chasses puissent y mettre obstacle, mais ils ne peuvent faire de battues sans autorisation du préfet. Ils dirigent ces chasses et fixent, de concert avec le conservateur des forêts, le jour, le lieu et le nombre d'hommes à requérir. Quand ils procèdent à des battues, les lieutenants de louveterie sont tenus de prévenir les préposés forestiers; mais la présence de ces fonctionnaires n'est nullement obligatoire quand il s’agit des chasses au Loup. Attendu que la chasse du Loup ne fournit pas toujours l’occasion de tenir les chiens en ha-leine, ils ont le droit de chasser à courre, pendant le temps où cette chasse est permise, le Sanglier, deux fois par mois, dans les forêts domaniales de leur circonscription. Ce droit est personnel et ne peut être délégué. |

Nous ne terminerons pas cette trop longue étude … sans dire que l’on ne trouve pas toujours des chasseurs disposés à accepter les fonctions de louvetier, qui créent des charges sans compensation suffisante, et qu’il faudra bien un jour, si l’on veut sérieusement faire disparaître le Loup du territoire français, comme on l’a fait disparaître de quelques pays voisins, organiser des moyens de destruction plus efficaces que ceux qu’on a em ployés jusqu'à présent. B. DE LA G..

LOZÈRE (DÉPARTEMENT DE LA) (géographie). — Le département de la Lozère a été formé, en 1790, de la plus grande partie du Gévaudan, moins Saugues et le territoire de ce canton réuni à la Haute- Loire, et de quelques paroisses des anciens diocèses d’Alais et d'Uzès. Il est compris entre 4#6' 29” et 44°58/ 16" de latitude nord et entre 0° 38 40/' et 1° 39’ 48” de longitude est. Il est borné : au nord, par les départements de la Haute-Loire et du Cantal; à l’est, par l'Ardèche et le Gard, au sud, par le Gard et l'Aveyron ; à l'ouest, par l'Aveyron et le Cantal. Sa superficie est de 516 973 hectares. Sa plus grande longueur, de Paulhac, au nord, au signal de l'Hort-Dieu, au sud, est de 105 kilomètres ; sa plus grande largeur, des monts

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d’Aubrac, à l’ouest, à la rive droite de la Barne, à l’est, est de 80 kilomètres. e

Le département est divisé en 3 arrondissements, comprenant 24 cantons et 197 communes. L’arrondissement de Mende occupe le nord-est du département, celui de Marvejols le nord-ouest, et celui de Florac le sud. -

Le département de la Lozère est très montagneux; c’est peut-être de tous les départements français, celui dont l'altitude moyenne est le plus élevée. A l'est, quatre chainons parallèles, se détachant de la chaîne de partage des eaux, se prolongent à l’ouest avec une altitude variant de 1400 à 1600 mètres. À ces massifs s'appuient d'immenses terrasses : au nord, reliant la Margeride à l’Aubrac ; au centre et au sud, réunissant les causses aveyronnais au mont Lozère, ou le causse Méjean à l’Aigoual. Ces terrasses et ces plateaux vont en s'élevant de l’est à l’ouest et ont une altitude variant de 900 à 1300 mètres. Le département se divise ainsi en trois parties bien distinctes : les Cévennes, la montagne et les causses.

Les Cévennes formént le massif partant de l’Aigoual et allant jusqu’à la crête méridionale du chainon de la Lozère. Les sommets les plus élevés de l’Aigoual sont l’Hort-Dieu (1567 mètres), le Signal de l’Hospitalet (1112 mètres). A partir de ce point, l'axe des Cévennes s’infléchit à l’est, monte au signal de Saint-Maurice de Ventalon (1354 mètres), d’où se détache le chainon transversal des monts de Bouges; ce chaïinon, parallèle à l’Aigoual et aux monts de la Lozère, se dirige de l’est à l’ouest et descend entre le Tarn et le Tarnon par les monts de Remponenche, pour se terminer au confluent des deux rivières. Au delà du signal, la ligne de partage des eaux se continue dans la direction -du sud-ouest au nord-est par le col de Saint-Maurice, et va se souder au chainon transversal de la Lozère.

Ce chainon de la Lozère se dirige parallèlement à la Margeride, à l’ouest ; le sommet culminant est le pic Finiels (1702 mètres). La crête se dirige alors vers le causse de Mende et vers le causse de Sauveterre, qu’elle rejoint au sud-ouest. Les Cévennes se rattachent, à l’ouest-nord-ouest du département, aux montagnes de la Margeride et aux monts d'Auvergne, par la plaine de Montbel et le désert dit le Palais du Roi, plateau granitique, battu en. été et en hiver par les neiges et les vents.

La région des pâturages des monts de la Margeride et d’Aubrac constitue la montagne. La Margeride est une longue suite de plateaux granitiques ondulés, couverts de forêts et de gras pâturages, abondants en sources, qui servent à la transhumance des troupeaux de moutons de la région méditerranéenne. A l’ouest, les montagnes de la Margeride se relient par de grands plateaux aux monts volcaniques d’Aubrac. Sur les plateaux, les pâturages à moutons font place aux prairies où se pratique l'élevage des bêtes à cornes. Le principal sommet est le signal de Mailhebiau (1471 mètres). . La région des causses, qui monte de l’ouest à l'est, des causses du Querey aux granits de la Lozère et de l’Aigoual, couvre une superficie de 125 000 hectares dans le département. On y distingue le causse de Sauveterre et le causse Méjean. Le causse de Sauveterre a une superficie de 60 000 hectares environ ; sa population est de 4424 habitants, soit 7 habitants par kilomètre carré seulement; à l'ouest, son altitude moyenne est de 900 mètres environ ; à l’est, elle dépasse 1000 mètres. Le causse Méjean est un immense monolithe de calcaire jurassique d'une superficie de près de 40 000 hectares, sans eau, sans arbres ; son altitude moyenne est de 1000 mètres. Plus au sud, se dresse le causse noir, dont une parcelle seulement appartient au département.

. Le département de la Lozère ne compte pas moins de 437 cours d’eau, qui s’écoulent : dans le

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Rhône, par le Chassezac, par la Cèze et par les Gardons; dans la Loire, par l'Allier; dans la Garonne, par le Lot et le Tarn. Aucun d’eux n'est navigable dans le département.

La plus grande partie des eaux de la Lozère appartient au bassin de la Garonne. Le Tarn prend sa source dans la Lozère ; il y reçoit l’Alignon, le Rieumalet et un grand nombre de torrents, le Tarnon et la Joute. Le Lot a également ses sources dans le département ; il reçoit le Pelgéres, le Villaret, l'Aleniel, le Bouisset, les Rieucros, le Ginest, et surtout la Truyere.

L’Allier reçoit le. Masméjean, l'Espezonnelte, passe à Langogne où il se grossit du Langouyrou et du Chapeauroux.

Le climat du département de la Lozère est très variable ; en général l'hiver ne dure que quatre mois dans l'arrondissement de Florac, alors qu’il se prolonge pendant six mois dans les parties montagneuses des arrondissements de Mende et de Marvejols. Les températures extrêmes à Mende varient entre + 25 degrés et — 15 degrés ; la température moyenne est de <+ 9,95. La hauteur moyenne de pluie annuelle est de 1,244; mais si l’on prend la moyenne annuelle par bassin, on a 1%,830 pour les stations méditerranéennes, 1,156 pour le bassin de la Garonne, et 0",710 pour le bassin de la Loire. L'automne est ordinairement beau; l'été est souvent orageux. Sur les plateaux élevés on trouve encore de la neige en mai. Les vents du nord et de l’est dominent dans la partie septentrionale et les vents de l’ouest et du sud dans la zone méridionale.

Au point de vue géologique, le département de la Lozère appartient au terrain granitique, au terrain jurassique et au terrain schisteux.

Le pays granitique occupe toute la zone septentrionale. € Au sud du plateau central, dit M. Risler, dans son Traité de Géologie agricole, les montagnes granitiques forment deux promontoires, la montagne Noire et les Cévennes, et laissent entre eux une vaste échancrure, golfe jurassique qui s’étend depuis Rodez et Mende sur une partie des départements de l'Aveyron et de la Lozère. Le lias tapisse le fond de ce golfe, recouvert lui-même par une masse de plusieurs centaines de mètres de rocs calcaires. Ce sont les causses : au nord, les causses Noir, Méjean, de Séverac et de Concoulés, grands plateaux séparés les uns des autres par des vallées profondes à parois abruptes, au fond desquelles serpentent le Tarn et ses affluents sur un lit de marnes liasiques. La masse des plateaux appartient à l’oolithe inférieure; à leur surface, apparaissent de loin en loin quelques mamelons formés par l’oolithe moyenne. »

Le granit joue un rôle important; il forme de grands massifs sur les confins de la Lozère, de Ia Haute-Loire et du Cantal et donne naissance à des filons, injectés dans le gneiss ou dans les schistes cristallins. Dans les Cévennes, aux environs de Vialas, la granulite tourmalinifère ou granit à mica blanc a exercé, sur les schistes sériciteux encaissés, un métamorphisme qui ne paraît pas s'être étendu à plus de 100 mètres de la surface du contact. Cette action se résume dans la silitication du schiste, l'injection de petits filets de granulite à grain moyen et à mica talqueux, enfin la production de nœuds et de veines d’un feldspath tourmalinifère.

Le système liasique est représenté dans la Lozère

.par le toarcien composé de schistes bitumineux,

dits schistes cartons, d’une épaisseur de 2 à 13 mètres et divisibles en : 5, schistes à Belemniles tripartitus et Inoceramus; À, schistes et calcaire à Amm. serpentinus et Bel. gracilis; 3, calcaire à poisson (Ptychodus, Leptolepis, Lepidotus); 2, feuillet à Posidonia Bronni; 1, couche de passage à Monotis substriala.

Le toarcien est riche aux environs de Mende,

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où les vallées qui serpentent au pied des causses présentent des gisements d’ammonites pyriteuses de la zone à Ammonites bifrons.

Les étages inférieurs du système oolithique, y compris l’oxfordien, sont à l’état de calcaires compacts, souvent dolomitiques, mal stratifiés, parfois puissants de 500 mètres et formant au pied des Cévennes des plateaux monotones et arides, désignés sous le nom local de causses (causses du Séverac, du Concourès, etc.). Un petit nombre de profondes coupures, aux parois tranchées à pic, traversent ces plateaux et sont parcourues par des cours d’eau qui coulent sur le toarcien. Sur les limites du Gard et de la Lozère, le bajocien débute par 40 mètres de marnes et de calcaires siliceux à Fucoïdes, supportant 50 mètres de calcaires à Entroques, avec gites de pyrite. Au-dessus vient le bathonien, représenté par 60 mètres &e calcaires et d’oolithes madréporiques, que recouvrent 40 mètres de calcaires dolomitiques.

Le système oligocène comprend les filons et les amas de sables grossiers et d’argiles rutilantes, avec minerai de fer, qui traversent les calcaires jJurassiques des causses de la Lozère. La limonite, presque toujours manganésifère, s’isole en masses, en rognons ou en grains et quelquefois agglutine les graviers. Les gites se coordonnent suivant la direcion des principales failles de la contrée. — C’est là un type sidérolithique du système oligocène.

Enfin, les vallées renferment des alluvions appartenant à la période quaternaire.

Le sol est granitique, sablonneux ou basaltique, et en partie calcaire et schisteux dans la partie septentrionale du département; il est presque exclusivement calcaire dans la zone centrale ; schisteux, argilo-siliceux, calcaire, granitique ou sablon-

neux dans les localités qui appartiennent aux Cévennes.

La superficie de la Lozère est de 516 973 hectares. Voici comment elle est répartie, d’après le cadastre, achevé en 1845 :

Lerres Mbotrablés Pr MER 190 207 Dresser RM RS RARE 55 949 VAGNE SE SHARE LATTES MEET 1 018 BOISURLE MARIN RL EN PART ERR ARE 51214 Vergers, pépinières et jardins......... 737 Landes, pâtis, bruyères, etc........:.. 171 643 RU AUS TASER ES ST QC A TES 2 Châtaigneraies, müriers, oliviers ...... 30 332 Propre és DATES Ua den à: 799 Total de la contenance imposable...., 501901 Total de la contenance non imposable... 15072 Superficie totale du département...... 516973

La superficie des terres labourables représentait 36 pour 100 de la surface totale du département ; la surface consacrée aux prés formait 10 pour 100 de la même surface ; celle consacrée aux Vignes ne s'élevait pas même à 1 pour 100, et celle plantée en bois atteignait 10 pour 100.

Le tableau qui suit indique l'étendue des terres cultivées en céréales, en 1852 et en 1882 :

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