‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 11 sur 205 · LOUDON · texte numérisé non relu

LOUDON

LOTTE (pisciculture). — Ce poisson (Gadus luta), ambigu de l’Anguille et du Silure, appartient à la famille des Gades. C’est un des poissons de la pisciculture de l'avenir, rustique, vorace, il se prend à tout, et vient presque partout. Sa croissance: est, après celle du Huch, la plus rapide que l’on connaisse. M. le docteur Fraal, ex-directeur de l'école vétérinaire de Munich, nous montrait, en 1855, au laboratoire de cette école, de jeune Lottes nées l'année précédente, longues de 10 centimètres et pesant 15 grammes.

Nous n'attachons pas d'importance à la fécondation artificielle de la Lotte. Une femelle qui, par livre de poids vivant, nous donne plus de 150 000 œufs qui viennent partout : herbes, cailloux, vase même si elle n’est trop molle (et cela en janvier ou février, où sur le lac de Thun nous en vimes prendre plus de 100 livres à la fois), rend cette opération inutile ; l'avenir, avec de telles ressources, n'est-il pas pour ainsi dire illimité ?

Placer la Lotte dans les milieux qui lui conviennent, la protéger quelques ans, lui fournir en aliments, soit morts, soit vivants, ce qui lui sera nécessaire, et le succès ne fera pas défaut. Poisson de l'avenir, avons-nous dit et tenons-nous à répéter. Il est difficile à prendre, car il se tient ordinairement sur fond, en dehors de son frai; sa conservation est facile ; il se nourrit avec tout, mange tout ; sa chair en été est délicieuse et très recherchée pour des estomacs fatigués.

Quoique habitant les eaux saumâtres et même la mer, son habitat de prédilection est dans les eaux vives, où, blottie derrière quelque pierre, la Lotte attend sa proie. Quelques lacs suisses, notamment celui de Bienne, en contiennent de grandes quantités. L’Oder en nourrit qui atteignent jusqu'à plus d’un mètre ; en France, rarement elle dépasse (",40.

La Lotte fraye en Janvier, se nourrit de vers et de petits poissons qu’elle happe, attirés qu'ils sont par les barbillons de sa mâchoire inférieure qu’elle dresse au repos et ne cesse d’agiter à cet effet; elle ne chasse donc pas, mais la bouche ouverte guette au reposer.

Comme tous les poissons serpentiformes, la Lotte a la vie très dure; tenue au frais dans des herbes et non pressés, nous en avons reçu qui, après un parcours de quatre jours, étaient en parfaite santé. La Lotte d’eau saumäâtre ne saurait, comme mets de choix, supporter la comparaison avec sa sœur des eaux douces et vives. Cela ne tiendrait-il pas à la différence de leur nourriture qui forcément ne peut être la même ?

Nous ne saurions trop recommander l'étude et l'éducation de la Lotte aux pisciculteurs et aux propriétaires d’étangs à fonds sableux et à rives douces, s'ils sont surtout traversés par un léger filet d’eau vive et fraiche. Avec la Carpe, c’est le poisson de nos eaux dont la mise en culture intelligente sera la plus rémunératrice. C.-K.

LOUCHET (outillage). — Nom donné à diverses sortes de bêches (voy. ce mot).

LOUDON (biographie). — John-Claudius Loudon, né à Cambuslang (Angleterre) en 1783, mort en 1843, agronome anglais, fut d’abord jardinier paysagiste, puis fermier à Tew-Park (Oxfordshire); il établit sur ce domaine une sorte d'école pratique pour les fils de fermiers anglais. Ayant acquis une fortune considérable, il renonça à la pratique, fit de nombreux voyages en Europe, et enfin commença la publication d’un grand nombre d'ouvrages d'économie rurale, dont la plupart ont eu un très grand succès en Angleterre. Les principaux sont : An encyclopedia of agriculture (1825), Encyclopedia of gardening (1822), Encyclopedia of plants: (1829). Il fut membre étranger de la Société nationale d'agriculture de France. — Sa femme, mistress Jane Loudon, s’est fait connaître aussi par des publications sur l’art horticole. HAS:

LOUP

LOUP (chasse). —Le Loup (Canis Lupus) appartient à l’ordre des Carnassiers et au genre Chien. Sa forme générale est celle d’un grand Chien mâtin, mais sa tête ressemble plus à celle du Renard. Il porte les oreilles droites; sa queue est aussi plus touffue que celle du Chien. Sa longueur varie de 1,15 à 1,65 du bout du museau à l'extrémité de la queue. Son pelage rude et épais est brun mêlé de gris; il est très variable suivant les saisons, les pays et même les individus. La vue du Loup est perçante, son ouie d’une extrême délicatesse, son odorat très développé; avec cela il a des mâchoires d'une force prodigieuse et sa puissance musculaire est telle qu’il peut emporter un mouton sans ralentir sa course.

Le Loup est essentiellement carnivore. Le gibier qu'il prend le plus souvent par surprise, mais qu'il chasse aussi en suivant sa piste, sans donner de la voix, fait sa principale nourriture. Lorsquele gibier fait défaut, il s'aventure hors des bois, s’approche des fermes, des bergeries et se jette sur les

Fig. 252. — Le Loup.

chèvres, les moutons, les poulains et les veaux. Poussé par la faim, il attaque les vaches, les chevaux et quelquefois les hommes.

Les Loups s’accouplent en hiver, de janvier à mars. La femelle porte de soixante-deux à soixantecinq jours et met bas, depuis le commencement de mars à la fin de mai, de trois à six Louveteaux. Sa tanière, qui prend le nom de liteau, est soigneusement dissimulée sous d’épais ronciers, et parfois dans une touffe de broussailles, au milieu des champs. Pendant l'allaitement qui dure deux mois, la Louve est nourrie par le mâle; puis elle pourvoit, le plus souvent seule, à la nourriture de ses petits. À six mois les Louveteaux deviennent des Louvarts ; à un an, ils sont adultes et sont réputés Loups ; à deux ans, ils ont acquis tout leur développement et prennent le nom de vieux Loups; plus tard, ils deviennent grands vieux Loups. La durée de leur vie est de quinze à vingt ans.

Les veneurs jugent du Loup par son pied qui, malgré sa ressemblance avec celui des Chiens de grande taille, s’en distingue cependant par sa forme plus allongée et par les trois fossettes que son talon imprime dans le sol. D'ailleurs le Loup ne se méjuge pas comme le Chien. Le pied de la Louve

LOUP

est plus long et plus étroit que celui du Loup; celui du Louvart est presque arrondi, il est très: difficile de le distinguer de celui du Chien.

Le Loup préfère aux grandes forêts les petits bois entrecoupés de pâtures. Caché pendant le jour dans les halliers, il en sort, à la nuit close, pour chercher sa nourriture; mais s’il peut, même en plein jour, saisir un mouton, une volaille ou un chien, il ne laisse pas échapper l’occasion. Dans les pays de pâturages, où les vaches passent la nuit en plein air, les Loups s'associent pour attaquer ensemble les jeunes bêtes qui s'écartent du troupeau ; ils les effrayent, les fatiguent à la course, et les dévorent quand elles s'arrêtent épuisées. Quand les chiens font trop bonne garde autour des troupeaux, le Loup se rabat sur les mulots, les taupes, les petits oiseaux qu’il saisit pendant qu’ils dorment sur les branches basses des buissons; il ne dédaigne pas les charognes qu'il évente de fort loin.

La destruction d’un animal aussi dangereux a, de temps immémorial, été considérée comme d'intérêt public, aussi les gouvernements allouent-ils des primes assez élevées à ceux qui tuent des Loups. Ces primes, fixées par une loi du #4 août 1882, sont de 100 francs par tête de Loup ou de Louve non pleine, 150 francs par tête de Louve pleine, 40 francs par tête de Louveteau. Est considéré comme louveteau l'animal dont le poids est inférieur à 8 kilogrammes. Lorsqu'il est prouvé qu'un Loup s’est jeté sur des êtres humains, celui qui le tue a droit à une prime de 200 francs. La personne qui réclame la prime pour la destruction d’un Loup doit faire dans les vingt-quatre heures, sur papier timbré, sa déclaration au maire de la commune sur le territoire duquel la bête a été tuée ou capturée. Le réclamant doit en même temps représenter le corps de l'animal couvert de sa peau. Le maire dresse un procès-verbal, dans lequel il constate la date et le lieu de l’abatage, le poids, le sexe, etc., de l'animal; après quoi la peau, la tête et les pattes de l’animal sont remises au réclamant qui reçoit ultérieurement un mandat du montant de la prime due.

Chasser à courre un grand Loup est une entreprise rarement suivie de succès. Il faut pour la tenter avoir une meute bien créancée, de nombreux relais et d'excellents chevaux, car le laisser courre peut durer plusieurs jours et entrainer les veneurs bien loin de leur point de départ. On cite des exemples de chasses qui, après trois jours de poursuite, se sont terminées par la prise du Loup à soixante lieues du lancé. Le Louvart, qui se fait battre comme un Lièvre sans quitter son enceinte, est au contraire facile à prendre, mais ce n’est pas avec des Chiens d'ordre qu'on arrive le plus souvent à tuer les Loups de tout âge. C’est en entourant de tireurs l’enceinte où on les a remis, et en la faisant battre par des Chiens soutenus par des piqueurs. Les Chiens. de ferme qui connaissent la voie du Loup sont souvent préférables pour cette chasse aux Chiens courants. On chasse aussi le Loup en battues, mais on réussit rarement à cause de la difficulté d'obtenir des nombreux traqueurs et tireurs le profond silence qu’exige ce mode de chasse.

De tous les modes de destruction, le plus simple

LOUP

LOURDAISE

et le plus fructueux est l’'empoisonnement. La noix ! premier, le plus remarquable, est celui de la taille;

vomique ou la strychnine, qui en est l’extrait concentré, sont les poisons les plus actifs et dont l'effet est le plus sûr. Pour s’en servir, on traine, avec une corde, le cadavre d’un mouton, d’une chèvre, ou mieux d'un chien, dans les chemins des bois hantés par les Loups, puis on le dépose sur une clairière, loin des endroits fréquentés, après avoir saupoudré de strychnine quelques ouvertures pratiquées dans les chairs. Il est recommandé de ne pas toucher l'animal avec les mains nues, afin que le Loup ne perçoive pas l'odeur de l’homme. Pendant quelques nuits, les Loups, toujours défiants, viendront, attirés par l’odeur, circuler à quelque distance de lappât ; puis, poussés par la faim et rassurés par l'absence de tout être humain, ils approcheront du cadavre et satisferont leur voracité. L’effet du poison se fait si promptement sentir que souvent le Loup meurt à peu de distance de l'appat. Quand on ne dispose pas d’un cadavre de gros animal, on peut $e servir de mulots, de taupes ou d’oiseaux qu'on place le long des haies ou

l’autre concerne l'aptitude exploitée. Péu différente entre les deux sexes, la taille descend jusqu’à 1°,15 et ne dépasse pas 1,25. Quand on la compare, par exemple, à celle des Garonnais, les plus grands de la race, l'écart est énorme. C’est un bel exemple de variation chez les Bovidés. Les formes sont généralement régulières et parfois d’une correction irréprochable. Nous avons eu l’occasion de voir, dans la plaine de Tarbes, des sujets ayant eu d’ailleurs de nombreux succès dans les concours de la région, qui étaient dans ce cas. Le poids vif dépasse rarement 3295 kilogrammes pour les vaches.

Celles-ci sont classées par les auteurs dans la calégorie des races laitières. Ce n’est pas, à coup sûr, à cause de leur aptitude. Elles ne rendent pas plus de 1400 litres de lait par an, et la généralité ne dépasse point 1200 litres. Ces rendements, il est vrai, sont obtenus en même temps qu'on exige d’elles du travail moteur, mais non point en forte

des fossés. En faisant sa tournée

nocturne, le Loup découvrira ces

cadavres, s’en repaitra et ira crever

à quelque distance. L'emploi de ces poisons nécessite de grandes précautions pour éviter les accidents dont les animaux domestiques et les hommes pourraient être victimes. B. DE LA G.

LOUP, LOUVE (pisciculture). — Filet dont on se sert dans la Loire pour prendre des Lamproies en marée montante; il est fixé sur trois pieux formant triangle allongé et est solidifié par un ancre calé sur sa base. La levée du filet doit être faite aussitôt après le passage du flot. C.-K.

LOUPE (arboriculture). — On donne ce nom à des tumeurs ligneuses accidentelles, de volume variable, qu’on remarque sur le tronc ou les branches des arbres.

Ces excroissances sont le résultat,

soit de chocs subis par les arbres,

soit de tailles mal soignées ; dans quelques circonstances, elles constituent un produit morbide, dû à des piqüres d'insectes. Les loupes sont souvent recherchées à raison de la nature spéciale du tissu ligneux qui les forme (voy. BROUSSIN).

LOUPE (vétérinaire). — Noy. TUMEUR.

LOURDAISE (z00technie). — On a, bien à tort, qualifié de Lourdaise la variété de la race bovine d'Aquitaine qui peuple les belles vallées de Bagnèresde-Bigorre, de Campan, de Barèges, d’Arreau, d’Argelès, de Lourdes, et s’étend jusque dans la plaine de Tarbes. On la trouve aussi dans la vallée d’Aure et au delà, dans les Basses-Pyrénées. Elle occupe donc le Lavedan, qui comprend toutes les vallées des Hautes-Pyrénées qui viennent d'être citées. C’est, croyons-nous, Magne qui lui a donné son nom officiel il y a déjà longtemps, pour ne l'avoir étudiée qu’autour de la petite ville de Lourdes, devenue célèbre depuis comme lieu de pèlerinage. La propriété est très divisée dans le Lavedan. Les travaux de culture y sont tous exécutés par des vaches, qui forment, pour ce motif, la population bovine, avec le petit nombre de taureaux nécessaires pour les féconder. Les bœufs y sont inconnus. La plupart des veaux mâles qui naissent sont donc sacrifiés de bonne heure, pour la consommation. Deux caractères principaux distinguent la variété Lourdaise de toutes les autres de la même race. Le

Fig: 233. — Loutre.

quantité. Les terres sont faciles à travailler et chaque cultivateur n’en a pas beaucoup. Les vaches du Lavedan sont donc laitières pour la simple raison que n'ayant pas à nourrir leur veau quand il est mâle, on exploite leur lait pour la fabrication du beurre. Il s’en vend chaque semaine, sur le marché d’Argelès, de fortes quantités. Chacune des vaches n’en donne guère par jour, ainsi qu'on vient de le voir, mais il y a beaucoup.de vaches qui en fournissent. Nombre de variétés d’autres races, qui pourraient être exploitées de même et qui le sont en effet, étant beaucoup plus aptes, exemple la variété Poitevine de la race Vendéenne, ne sont point qualifiées de laitières, mais bien de travailleuses.

Il est sans doute à peine besoin d’ajouter que la variété Lourdaise est de pelage blond, ce pelage étant uniforme dans toute la race d'Aquitaine. Chez elle, comme chez plusieurs autres, il est seulement toujours de la nuance la plus claire.

On n’a pas observé, jusqu’à préseut, la moindre velléité de rechercher l'amélioration de cette variété. en dehors de la sélection. Nous avons déjà dit que de très bons résultats ont été obtenus en ce sens, non pas à l'égard de l'aptitude à la lactation, qui est ce que le climat permet qu’elle soit (voy. LAc-

Page 1