L'ÉTAT ER EE
Te
LOZÈRE
Le Gévaudan était autrefois la région la plus boisée de France. Au quinzième siècle, il y avait encore 250000 hectares de bois; mais en 1789, on a commencé le défrichement des bois. Ce déboisement a été néfaste. Les forêts les plus importantes sont celle de Mercoire, entre Langogne et Villefort, celle de Fau-des-Armes, près de la Lozère, au sud de Villefort; celle de l’Aigoual sur les confins du Gard, et celle de l’Aubrac, près de l'Aveyron.
Le Pin Sylvestre domine dans les futaies; le Hêtre, le Chêne blanc et le Noisetier, dans les taillis. Le Châtaignier est l'essence dominante dans les taillis des Cévennes. Le Sapin est répandu sur le versant de la Lozère, le Pin sylvestre, dans les montagnes granitiques, le Chêne vert dans les Basses-Cévennes. On a commencé des reboisements à l’aide du Pin noir d'Autriche, du Pin sylvestre, du Pin laricio, de l’Epicéa et du Chêne.
La Lozère est certainement un des départements le plus en retard au point de vue agricole. Ce n’est pourtant pas la faute des habitants qui sont énergiques, robustes et travailleurs ; mais, et c’est là un point important, les voies de communication sont peu développées ; les capitaux font défaut, et
le progrès en agriculture exige de l'argent.
Les terres labourables, lors de la confection du cadastre, occupaient 190 207 hectares ; en 1852, elles s’étendaient sur 191210 hectares ; en 1862, sur 192054; en 1882, sur 147196 hectares. La superficie productive, en 1882, comprend 351 878 hectares et la superficie non cultivée 148681 hectares, comprenant :
hectares
Éandess DAtis, DrUvVéres AS LEE PR 99649 Terrains rocheux et de montagnes, incultes..... 47796 EUR MAN ÉCART OUTRE SPA EUR he : 1299 Todchièresne cnrs Me he ee do 5 14
L’assolement généralement adopté dans la montagne est l’assolement biennal, comprenant : 1° Jachère ; 2° céréale. Les cultivateurs des causses ont adopté depuis longtemps l’assolement triennal, comprenant : 1° jachère; 2° céréale d'hiver; 3° céréale de printemps. La Luzerne et le Sainfoin occupent toujours une sole hors de la rotation. Les engrais sont peu abondants, les céréales occupant une faible étendue. L’écobuage est en usage dans les terres granitiques.
Le tableau suivant donne, relativement à la population animale du département, les chiffres accusés par les recensements de 1852, 1862 et 1882 :
1852 1862 1382 CHEVAL = nue 6003 6318 6469 Anes el Anesses:. ne 596 766 1132 Mulets et mules ....... 1 293 4105 896 Bétes-bovines.. 414.72. 53319 78973 19572 EE MPOVITÉSE ES sc 307 910 367 095 381387 = MPOrCINES 4. +. se 16 126 26 088 43 639 — caprines ....... # 8370 10 878 18631
Le nombre des chevaux, des ànes et des mulets a peu varié de 1852 à 1882; il est, pour ainsi dire, resté stationnaire. Les chevaux sont de petite taille. Dans l'arrondissement de Florac, le mulet est, à la fois, une bête de trait et de monture, il sert aussi au dépiquage des grains.
L'espèce bovine a gagné 26000 têtes de 1852 à 1882 ; d'après la statistique de 1885, le nombre des bêtes bovines serait encore plus considérable ; il est évalué à 81686 têtes, dont 31797 vaches. Tous ces animaux appartiennent aux races d’Aubrac, de Salers ou du Mézenc, pures ou croisées entre elles. La race d’Aubrac, qui occupe les montagnes de ce nom, est la plus répandue. La race de Salers se trouve surtout dans la montagne, aux confins du Cantal; on fabrique, dans les montagnes de l’'Aubrac, un-fromage assez renommé.
LOZÈRE
Les bêtes ovines sont en augmentation continue ; elles ont gagné 74000 têtes de 1852 à 1882. Les pelouses des hautes montagnes nourrissent pendant l'été les troupeaux transhumants du bas Languedoc et de la Provence. Ces pâturages sont en général des communaux. La race Mérinos et la race Dishley ont été introduites sans succès dans le Gévaudan.
Les animaux de l'espèce porcine sont en augmentation de 27 000 têtes environ, de 1852 à 1882, c’està-dire que le nombre des animaux a presque triplé. C'est encore là un progrès considérable.
Les bêtes caprines ont gagné pendant la même période près de 10000 têtes. Cette augmentation est-elle un bien? Il est permis d’en douter, car la Chèvre détruit les bois; le déboisement n’a déjà que trop compromis la situation du département.
Les ruches en activité sont au nombre de 16059. Elles sont situées principalement dans les arrondissements de Florac et de Mende, dans les localités où le sol est calcaire et où les Légumineuses sont abondantes.
D’après la statistique de 1885, le nombre des sériciculteurs du département serait de 1935. Ces éducateurs ont mis à incubation 3604 onces de graines qui ont produit 39 653 kilogrammes de cocons, représentant une valeur de plus de 160 000 fr. L'éducation des Vers à soie a lieu dans la portion des Basses-Cévennes qui avoisine les arrondissements d’Alais et du Vigan (Gard).
D’après le recensement de 1881, la population de la Lozère est de 143565 habitants, ce qui représente une population spécifique de 28 habitants par kilomètre carré. En 1806, on y comptait déjà 143 247 habitants. La population a donc peu augmenté depuis le commencement du siècle. Ce fait tient à la pauvreté du pays et surtout au voisinage des mines d’Alais, de la Grand’Combe et de Bessèges.
La population agricole (mâles adultes), de 1862 à 1882, a subi les modifications suivantes :
1862 1882 Propriétaires agriculteurs .. 24835 26 640 L'UTRACESL AE 'oL te 918 933 Métayers il tasse tous 232 209 DOMESUQUES MA Shen 13568 14743 Jontnaliors 2eme 4045 4046 43 598 46541
Le département comprend 692103 parcelles d’une contenance moyenne de 62 ares.
Le nombre des exploitations qui, en 1862, était de 21 001, s'élève, en 1882, à 36103. Pour expliquer cette différence considérable, il faut se rappeler qu’en 1862, les exploitations de moins de 1 hectare n’ont pas été recensées ; d’après la statistique de 1882, ces exploitations sont au nombre de 10763.
Les exploitations se divisent comme il suit :
Exploitations de moins de 5 hectares... 9654 20 744 — de 5 à 10 hectares...... 4965 6053
— de 10 à 40 hectares ..... 5 343 6853
— au-dessus de 40 hectares. 1736 2453
Les propriétés dans les Cévennes sont généralement moins étendues que dans les autres montagnes. Dans la zone granitique et la zone calcaire on rencontre souvent des domaines de plus de 100 hectares.
Comme dans tous les pays pauvres, la culture directe est presque générale; on trouve quelques fermiers, mais le métayage est l'exception. On peut s’en rendre facilement compte par les chiffres
suivants empruntés à la statistiques de 1882 :
NOMBRE CONTENANCE D'EXPLOITATIONS MOYENNE hectares Culture directe.......... 29955 7,58 Fermage, een 2177 30,49 Mélayase AE TUE 354 20,82
LOZÈRE
La contenance moyenne des cotes foncières, par suite de l'augmentation sans cesse croissante du nombre de ces cotes, a subi des diminutions assez sensibles depuis la confection du cadastre. Ee était :
hectares .
D'aprèsile cadastre. 452 22 tete 11,00 Ent ASS ANSE REC APE SR À 9,93 En AIGLE RM EE 9,27 Et ASTRA ET 8,16 En #81. RU MES LES TT 8,41
La valeur vénale de la propriété, de 1852 à 1882, a subi les fluctuations suivantes :
1852 1862 18382 francs francs francs Terres labourables:. 299 à 1 337 548 à 2093 493 à 3202 Press rsne 102% 39248 1301 40923 1068 4897 Vignes ...... 597: 29237: 89% 2464 1800 4737 Bots re ure 282 1047 933 2338 236 2538
Pendant la même période, le taux du fermage par hectare a subi les variations ci-après :
1852 1862 1882 francs franes ee Terres labourables.. 9à 41 18àa 69 40 à 136 Prési rss LT 34. 419 50 153 86 225 Nignés..s sure 20 67 26 68 88 155
L'outillage agricole est encore dans l'enfance. En 1852, le département n'avait aucune machine à battre; en 1862, on en comptait trois, dont une à vapeur; en 1889, il y en a 74, dont 3 à vapeur. En 1862, on trouvait une faucheuse et un râteau à cheval ; en 1882, on retrouve les mêmes machines, avec une moissonneuse et 4 nouveaux râteaux.
La force motrice utilisée par l’agriculture est de 233 chevaux-vapeur fournis par 66 roues hydrauliques et 3 machines à vapeur. -
Les voies de communication comptent 8272 kilomètres, savoir :
kilom.
3 cheminsdé Ter... senc M DE 4111 Routes nationales. # LEE REC 436 Chemins vicinaux de grande communication..... 41030 =" — d'intérêt commun............ : 370 24 +" sopdinaires net 0 NSP 63925
«Ce qu'il est impossible de rendre, a dit M. Thiers en parlant du Gévaudan, c'est ce mouvement si varié des oiseaux de toute espèce, des troupeaux qui avancent lentement d’une haie à l’autre, de chevaux qui bondissent dans les pâturages ou au bord des eaux; ce sont surtout ces bruits confus de sonnettes des troupeaux, des aboiements des chiens, du cours des eaux et du vent, bruits mêlés, adoucis par Ja distance, et qui, joignant leurs effets à tous ces mouvements, expriment une vie si étendue, si variée et si calme. Je ne sais quelles idées douces, consolantes, mais infinies, immenses, s’emparent de l’âme à cet aspect, et la remplissent d'amour pour cette nature et de confiance pour ses œuvres. » Certes la Lozère est un pays pittoresque, mais ce mouvement, cette diversité, cette stérilité même, seraient remplacés avec avantage par une culture lucrative, par la culture progressive, résultant des connaissances scientifiques acquises. Si la nature sauvage est poétique, la culture rationnelle permet de vivre, de s’alimenter ; la Lozère ne perdrait pas au change.
Depuis la fondation des concours régionaux agricoles, quatre de ces solennités se sont tenues à Mende, en 1857, en 1866, en 1874 et en 1883. La prime d'honneur y a été décernée quatre fois; en 1857, à M. Desmolles, aux Barres, près Langogne ;
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en 1866, à M. le comte de Morangiès, à Fabrèges, près Langogne ; en 1874, à M. Ch. Durand, à Salles- Basses, commune de Salce; la même année la prime d'honneur des fermes-écoles a été décernée à M. Grousset, directeur de la ferme-école des Recoulettes ; en 1883, à M. Rodier, à Langogne. Le département possède plusieurs sociétés d’agriculture, ce sont : la Société départementale d’agriculture et les comices agricoles de Mende, Florac et Marvejols. La Lozère à un professeur départemental d'agriculture ; elle possède une ferme-école aux Recoulettes, dans l’arrondissement de Marve- Jols. G. M.
LUCANIDES (entomologie). — Famille d'insectes Coléoptères lamellicornes dont le type est le Lueane ou cerf-volant. Les Lucanides sont des insectes de grande taille ; les mâles portent généralement des mandibules très développées, fourchues et branchues, parfois plus longues que le corps. La grande
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