LULLIN DE CHATEAUVIEUX
long. Les petites variétés, à mandibules courtes ct grêles, ont été distinguées sous le nom de Capreolus, Hircus, ete. Le Lucane cerf-volant est d'un noir mat avec les élytres brun de poix plus ou moins foncé. IL est commun dans toutes les forêts, tous les bois et parcs où l’on trouve des Chênes; c’est dans l’intérieur des troncs que se développe sa larve blanche et charnue, à tête cornée jaunâtre ou brun rougeâtre, à six fortes pattes de la même couleur. Cette larve vit quatre ou cinq ans et creuse des trous profonds dans le bois, causant ainsi un certain préjudice au débitage en planches; c’est elle qui est l’auteur de ces trous obliques que l’on remarque parfois au milieu des billes de chêne et qui leur retire de leur valeur. Au moment de se changer en nymphe, cette larve se construit en terre, au pied des Chênes, une logette ménagée au milieu d’une boule de mortier terreux grosse comme un petit boulet de canon, et d’une certaine dureté.
Fig. 284. — Lucane cerf-volant : larve, chrysalide, insectes parfaits mâle et femelle.
majorité de ces insectes habite les pays chauds; leurs larves vivent dans le tronc des arbres et s’y creusent de profondes galeries ; le développement complet de l'animal dure plusieurs années; le Lucane cerf-volant de nos pays met quatre ou cinq ans à accomplir les phases de son évolution.
Des différents genres composant cette famille, il n’en est que deux qui intéressent l’agriculture par les dégâts que peuvent commettre leurs larves dans le bois des Chênes, des Saules, des. Hêtres; ce sont les Lucanes et les Dorcus.
Les Lucanes (Lucanus) sont caractérisés par leurs antennes coudées, en éventail pectiné à l'extrémité, leurs mâchoires à lobes cornés munis de houppes de poils; leur corps, toujours grand, est en carré long, un peu arrondi postérieurement. L'espèce la plus vulgaire, la plus grande, le Lucane cerf-volant {Lucanus cervus), est connue de tout le monde; les mâles les plus grands atteignent 90 à 100 millimètres de la pointe des mandibules à l'extrémité de l'abdomen, la taille la plus ordinaire variant entre 40 et 70 millimètres; les femelles plus petites, à mandibules courtes, ont de 30 à 50 millimètres de
La durée de l’état de nymphe est de trois mois, l'insecte éclôt en été.
Dans le genre Dorcus, la taille est beaucoup plus petite, les mandibules sont également peu développées dans les deux sexes, le mâle les a cependant plus grandes et présente aussi une tête plus large. Les Dorcus diffèrent essentiellement des Lucanes par leurs mâchoires dont le lobe interne est en crochet corné chez les femelles, et réduit à une houppe plumeuse chez les mâles. Il en existe quelques espèces en Europe. Une seule habite nos pays, car le Dorcus musimon de la France méridionale parait surtout propre à l'Algérie et à la Sardaigne ; c’est le Dorcus parallelipipedus, très commun en été. C’est un petit Lucane noir long de 25 millimètres, finement chagriné, dont la larve perce ses galeries dans les Saules, les Hêtres, etc.; mais ses dégâts ont peu d'importance. M. M.
LUCIE (BOIS DE SAINTE-). — Nom vulgaire du Mahaleb (Cerasus mahaleb) (voy. MAHALEB).
LUCIOLE (entomologie). — Voy. LAMPYRIDES.
LULLIN DE CHATEAUVIEUX (biographie). — Michel Lullin de Châteauvieux, né à Genève en 1695,
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mort en 1781, agriculteur ct agronome suisse, s’est fait connaître par ses exemples et ses efforts pour propager le progrès agricole; on lui doit la con struction d’un des premiers semoirs qui aient été imaginés. IL a publié : Expériences et réflexions sur la culture des lerres dans les années 1754 à 1756. — Un de ses petits-fils, Charles-Jean-Marie Lullin de Châteauvieux, né en 1752, mort en 1832, s’adonna aussi après une brillante carrière militaire, aux études agricoles. On lui doit : Observations sur les bétes à laine (1804), Des prairies artificielles d'été et d'hiver (1819), Abregé d'agriculture et d'économie domestique (1825). — Jacob-Frédéric Lullin de Châteauvieux, né à Genève en 1772, mort en 1842, également petit-fils de Michel, s’est fait connaitre surtout par des voyages agricoles ; il fut membre étranger de la Société nationale d’agriculture de France. On lui doit : Lettres écrites d'Italie (1820), Lettres sur l’agriculture de la France (1817). H:<S,
LUMIÈRE (méléorologie). — La lumière, dont nous recevons l'impression par nos organes visuels, exerce une action sensible sur tous les êtres vivants; mais son influence est bien moindre sur les animaux qu’elle n’est sur les végétaux.
Les modifications qu’elle apporte dans la marche de l’existence des animaux sont, en effet, peu importantes et peu étudiées ; tandis que c’est sous l’influence de la lumière que les plantes assimilent le carbone et se nourrissent. A ce titre, son étude est intéressante au point de vue agricole; mais pour la poursuivre, il nous faut connaitre quelle est la nature de la lumière et comment elle se produit. Nous examinerons ensuite son action sur les plantes, et les moyens proposés pour la mesurer.
Sa nature. — La lumière est, selon l’idée actuellement admise, produite par les vibrations d’un corps hypothétique qu'on appelle l’éfher, corps que personne n’a vu, mais dont on est parvenu à découvrir les plus importantes propriétés.
Pour se faire une idée de ce que sont ces vibrations, le mieux est peut-être de se représenter le mouvement d'une Mouche qui vole dans un rayon de soleil sans qu'aucune cause, à nous connue, puisse nous expliquer et nous faire prévoir les changements de direction dans ce mouvement. Les oscillations des molécules de l’éther se produisent ainsi sans ordre connu; tout ce que l’on sait, c’est que ces molécules restent dans un même plan perpendiculaire à la direction du rayon lumineux, mais elles oscillent autour de ce rayon dans toutes les directions, en s’éloignant plus ou moins de l’axe.
Or on arrive à trouver que les mouvements de ces molécules produisent différents effets suivant la rapidité de leur succession, et nos organes ou bien des appareils spéciaux nous permettent alors de constater l'existence de ces ébranlements à partir de certaines limites.
Lorsque les molécules ne vibrent que lentement, il nous est Jusqu'à présent impossible de constater l'existence de leurs déplacements ; mais, à mesure que le mouvement s'accélère et à compter d’un certain nombre de vibrations, nous commençons à en percevoir les effets. Ges vibrations se traduisent par de la chaleur; un thermomètre placé dans un de ces milicux qui vibre indique une augmentation de température, et le degré est d'autant plus élevé dans une certaine mesure que les mouvements sont plus grands.
Si les oscillations s’accélèrent encore, le phénomène se complique d'apparition de lumière dont la couleur varie avec le nombre des battements. La première lumière apparue est rouge; si les mouvements sont plus fréquents encore, la lumière devient orangée, jaune, verte, bleue, indigo et violette; puis elle disparait pour nous. Notre organe visuel ne peut constater l'existence de la lumière qu'entre certaines limites, de même que
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notre oreille ne peut nous faire savoir qu'un corps est en vibration que si le nombre de ces vibrations est compris entre 30 et 40 ou 50000 par seconde environ. En deçà et au delà, nous ne percevons rien, le corps peut vibrer sans que nous nous en doutions, et nous ne pourrions constater que le mouvement existe que par des moyens physiques, par exemple par les déplacements de sable placé sur une membrane, par des projections lumineuses, etc.
De même pour la lumière, nous avons des moyens de nous assurer que les vibrations continuent à s'effectuer. Un très grand nombre de corps, tels-que les sels d'argent par exemple, sont impressionnés par la lumière; la photographie est une des applications les plus intéressantes de ce fait. Ces corps seront donc aptes à nous montrer d'une manière tangible l'existence des vibrations lumineuses. Or on remarque que ces corps s'impressionnent encore longtemps après que la lumière a disparu pour nous; pour s’en assurer, il suffit de promener une plaque de photographie dans un spectre solaire bien étalé sur un écran; les couleurs se succèdent dans l’ordre que nous avons indiqué, et, si le spectre a été produit au moyen d’un prisme, on voit que les premières de ces couleurs sont Iles moins déviées ou, comme on le dit ordinairement, les moins réfrangibles ; le bleu et le violet sont à l'extrémité du spectre, ce sont les plus réfrangibles au contraire. :
La plaque de photographie, traitée par les procédés ordinaires, s’impressionne faiblement dans le rouge, l’orangé, le jaune, mais l’action de la lumière devient de plus en plus sensible, elle est maxima dans le bleu et elle se continue encore dans la partie obscure du spectre. Ainsi voici une substance qui nous indique qu'il y a encore mouvement; ce mouvement est enregistré par l’impression produite, il est la cause de cette transformation du sel d'argent. Si l’on éloigne encore la plaque photographique dans le spectre, on voit que l'impression est de moins en moins sensible, de moins en moins rapide jusqu'à devenir nulle à une distance suffisamment grande.
Nous sommes donc en mesure de constater l’existence de certaines vibrations de l’éther.
Si elles sont suffisamment fréquentes, c’est de la chaleur ; plus fréquentes, c’est de la lumière; ensuite elles se traduisent par une action chimique si leur mouvement est plus rapide encore. Après nous ne percevons plus rien. Jusqu'à présent nous ne connaissons aucun moyen de constater l’existence des vibrations plus basses que celles de la chaleur, plus hautes que celles qui correspondent à l’activité chimique.
Nous avons donc tout à la fois dans ces vibra= tions comprises entre certaines limites : de la chaleur, de la lumière, une activité chimique, mais assez inégalement réparties.
Dans les couleurs les moins réfrangibles, rouge, orangé, Jaune, il y a beaucoup de chaleur et de lumière, peu d'activité chimique. Puis en s’avançant dans le spectre, on trouve que la chaleur diminue, la lumière maxima dans le jaune diminue aussi ensuite, tandis que l’activité chimique augmente. Après le violet, la chaleur est insensible, la lumière nulle, mais l’activité chimique, qui vient de passer par son maximum, est encore très forte et se continue longtemps après.
On conçoit aussitôt que l’action des rayons lumineux est extrêmement complexe et qu'il sera difficile de discerner si c’est la chaleur qui exerce une action prépondérante dans un phénomène plutôt que les vibrations lumineuses ou chimiques. Les effets produits seront d'autant plus complexes qu'il est assez difficile de séparer toutes ces vibrations, de les trier pour ainsi dire et de n’obtenir, par exemple, que des vibrations lumineuses à l’exclu— sion des vibrations calorifiques ou chimiques.
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On ne peut arriver qu'approximativement à ces séparations : par exemple une dissolution d’alun dans l’eau arrête assez bien la chaleur et laisse passer la lumière, une couche d’argent déposée en faible épaisseur sur une plaque de verre arrête la transmission de la chaleur et de la lumière, tout en laissant passer les rayons chimiques. Le sulfure de carbone, chargé d’une quantité suffisante d’iode, ne laisse transmettre que la chaleur ; mais, nous le répétons, ces triages ne sont pas absolus et les petites quantités de vibrations étrangères viennent quelquefois singulièrement compliquer les phénomènes ou fausser leur interprétation.
Il existe certains procédés pour ralentir le nombre des vibrations, bien peu pour les accélérer. Les corps fluorescents transforment les radiations chimiques en radiations lumineuses, quelques corps phosphorescents produisent la même transformation, mais en sens inverse, pour les radiations calorifiqnes.
Ainsi donc, dans la nature, nous aurons presque toujours affaire aux trois natures de radiations agissant simultanément, mais rien ne nous dit même que certains phénomènes encore inexpliqués ne sont pas produits par des vibrations plus lentes ou plus rapides que celles qu'il nous est donné d'apprécier.
Notons en passant que notre œil ne perçoit que peu de toutes ces vibrations.
__ Dans cette immense échelle que l’on peut ima-
giner depuis 1 jusqu’à 1 quatrillion par seconde, l'œil humain ne voit que celles qui sont comprises entre 450 et 900 trillions. C’est donc une octave seulement qui est perçue dans cet immense clavier imaginable et il est parfaitement possible que les végétaux en perçoivent plus ou moins. Le jaune nous paraît plus lumineux que le violet ou que le rouge, l’action de ces couleurs sur les végétaux peut suivre une proportion tout autre.
On conçoit, par ce que nous venons de dire, que les conclusions seront assez difficiles à tirer dans cette action de la lumière sur les plantes, puisque nous sommes obligés d’avouer, dès le commencement de cette étude, que nous ne savons pas très au juste si c’est bien la lumière, dans le sens ordinaire du mot, qui agit en réalité.
Son action. — Nous ne ferons que mentionner l’action sur les animaux; il est probable que la lumière contribue à la désassimilation (on ménage la lumière aux animaux que l’on veut engraisser); elle a une action certaine sur l’épiderme humain, qui reste pâle dans l'obscurité ; la peau se colore, au contraire, sous l'influence d’une lumière vive. Mais ces phénomènes, quoique assez bien constatés, sont d’une étude assez difficile. Presque toujours, pour l’homme en particulier, le manque de lumière coïncide avec un défaut d'aération, de nourriture, et l’on ne sait pas à quoi attribuer précisément l’anémie produite chez certains ouvriers, par exemple des mines ou des grandes villes. L’air vicié, la mauvaise nourriture, contribuent certainement à donner à de pauvres diables ces figures pâles et bouffies, cet air souffreteux, que font disparaître si vite le bien-être, le grand air et la lumière de la campagne.
Arrivons à l’action sur les végétaux, action beaucoup plus nette et de la plus haute importance. Lorsqu'on place un végétal à feuilles vertes dans l'obscurité et qu’on analyse l'atmosphère qui l’environne, on constate que cet air ambiant change de composition : la quantité d'oxygène diminue, la proportion d'acide carbonique augmente. À la lumière, le phénomène est précisément inverse : l'acide carbonique diminue, l'oxygène augmente. Voilà le fait, on peut facilement faire l'expérience et constater cette émission d'oxygène.
On place dans un flacon plein d’eau chargée d'acide carbonique quelques feuilles d’un végétal quelconque (l'expérience réussit très bien avec des
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feuilles de Potamogeton, d'Elodea Canadensis, ete.), on munit le vase d’un tube recourbé aboutissant sous une éprouvette et l’on voit, à la lumière, des bulles se dégager régulièrement. Le gaz est de l'oxygène. A l'obscurité le dégagement s'arrête.
Ce phénomène est presque indépendant de la chaleur, pourvu que la température reste comprise entre certaines limites.
Pour analyser cette observation, nous devons d'abord examiner ce qui s’est passé dans la plante.
Les feuilles des plantes renferment une matière verte nommée chlorophylle (voy. ce mot). Cette substance se produit et évolue dans les tissus des végétaux; elle se détruit et se renouvelle sans qu’on sache au juste quels sont les divers mécanismes de ces transformations et quelles sont les réactions qui se produisent. Peut-être la chlorophylle prend-elle naissance sous des influences réductrices, en tout cas son apparition est provoquée par la lumière dans la nature.
Les transformations successives de la chlorophylle se traduisent en dernière analyse par une formation de substances hydrocarbonées qui deviennent solubles et servent à la nutrition de la plante, mais le premier phénomène apparent est la production d'oxygène. En constatant cette production, on pourra conclure avec certitude que la lumière a eu de l'influence. Or l'apparition du gaz peut se constater soit par son dégagement, soit par des procédés chimiques, soit d’une manière plus élégante et plus curieuse par une action qu’exerce ce corps sur certaines bactéries. Les bactéries aérobies ont absolument besoin de l'oxygène pour vivre, et les mouvements de ces petits êtres sont d'autant plus rapides, leur multiplication est d'autant plus prompte que l'oxygène est plus abondant, les autres conditions restant les mêmes.
C'est par ce procédé que Reinke à pu étudier l’action des radiations plus ou moins élevées. Il s’est procuré au moyen d’un très petit prisme un spectre solaire de faibles dimensions qui était reçu sur la platine d’un microscope. Sur le porte-objet il plaçait la partie du végétal en expérience plongée dans un liquide contenant des bactéries aérobies.
Dans les portions du spectre qui coïncident avec le maximum d'absorption de la chlorophylle se trouve aussi le maximum d'action, ce que l’on constate par les mouvements des bactéries. Nous trouvons ce maximum dans le rouge, puis l’action décroit rapidement vers l’ultra-rouge, plus lentement vers le violet. Ainsi donc la lumière agit sur les plantes comme sur nos organes visuels, car la marche de l’action suit à peu près les proportions de l'intensité lumineuse. f
Dans la nature, les plantes ne sont pas exposées ordinairement à recevoir ces radiations d’une réfrangibilité déterminée et elles ne sont éclairées presque toujours que par la lumière blanche qui est un mélange de toutes les lumières colorées.
On trouve dans ce cas que la formation de l’amidon est proportionnelle à l'intensité de la lumière
et à sa durée. Le rapport © réel est indépendant
de la durée du séjour de la plante à l'obscurité, mais parait croître avec latempérature.
Les conclusions que l’on peut du reste émettre sur ces actions diverses ne sont pas générales, car les végétaux se conduisent de façons assez différentes dans les diverses circonstances, ce qui explique la contradiction de résultats trouvés par plusieurs savants ; nous retiendrons seulement le fait général.
Les plantes recherchent ordinairement la lumière, et lorsqu'elles sont placées à l'obscurité, on les voit allonger leur tige frêle pour recueillir un peu de cette lumière bienfaisante qui les fait vivre. Ce phénomène est très facile à observer en conservant