‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 36 sur 205 · MAGNOLIA · texte numérisé non relu

MAGNOLIA

hauteur, très répandu dans les forêts de la Floride. Son tronc est grisâtre et sa cime conique et régulière ; c’est ce Magnolia qui fut importé à Nantes en 1732. Ses feuilles ont une certaine analogie avec celles du Laurier amande. Ses fleurs d’un blanc pur développent une odeur agréable très prononcée. Il se plait dans les sols frais. Son bois doit être employé à l’intérieur, car il se détériore facilement à l'air.

Cette magnifique espèce a donné naissance aux M. ferruginea, angustifolia, tomentosa, exoniensis, galisonniensis, microphylla, rotundifolia, variétés qu'on propage par la greffe.

On rencontre dans les provinces occidentales du Cambodge, au delà de 400 mètres d'altitude, une espèce à feuilles persistantes appelée M. Duperreana dont le bois sert à fabriquer une foule d’objets. Ce bois est blanc, mais il devient noir avec le temps.

Les principales espèces qui ont des feuilles caduques sont les suivantes.

Le Magnolia acuminé (A1. acuminata), commun

Fig. 301. — Port d’un Magnolia de serre.

dans les forêts de la Pensylvanie, a été introduit en France en 1776 par Collinson. Son tronc, haut de 25 à 30 mètres, est droit; ses feuilles sont longues, ovales et tombantes; ses fleurs blanc verdâtre sont peu odorantes. Cette espèce est rustique et aime l'ombre et la fraicheur ; son bois est serré, orangé et à cœur Jaune ; il est recherché par les ébénistes américains.

Le Magnolia parasol (M. umbrella ou tripetala) est un arbre de 8 à 10 mètres de hauteur. Ses branches sont étalées ; ses feuilles, très remarquables par leur longueur et leur largeur, forment une sorte de grande ombelle qui donne beaucoup d'ombre. Ses fleurs blanches développentune odeur peu agréable. Cette espèce a été introduite en Angleterre en 1752 ; elle est très rustique. ,

Le Magnolia glauque (M. glauca) s'élève jusqu’à 6 et 8 mètres. Ilest très rustique et commun dansles terrains fangeux, les sols frais situés sur les rives de l'Océan dans la Caroline. Son tronc est tortueux et rameux, ses feuilles et son bois sont légèrement aromatiques et ses fleurs blanches sont très parfumées. Cette espèce est de petite dimension dans les parties froides qui sont voisines de New-York et de Philadelphie ; son bois est très peu recherché.

On rencontre aussi à la Caroline le A/. macro-

MAGNOLIACÉES

phylla, qui à des feuilles d’une grandeur extraordinaire et des fleurs blanches tachées de pourpre ; le A1. auriculata, qui a de grandes feuilles tombantes et des fleurs blanches odorantes ; le AZ. cordala, qui se distingue par ses feuilles ovales et ses fleurs jaune verdâtre.

Le Magnolia de Campbell (M. Campbelli) à été trouvé par Hooker végétant entre 2500 et 3000 mètres d'altitude dans l'Himalaya. Cette espèce est remarquable par l’ampleur de sa tête ; son tronc est très développé et haut de 25 à 30 mètres ; son écorce est noirâtre. Ses grandes fleurs offrent des nuances qui varient depuis le blanc jusqu’au violet ; elles apparaissent avant les feuilles.

Le Magnolia yulan (M. yulan) est très commun en Chine ; il s’élève jusqu’à 4 et 5 mètres; ses fleurs blanches s’épanouissent toujours avant les feuilles. Il a été introduit en Angleterre en 1789 par Banks. On en cultive une variété appelée M. soulangeana.

Le Magnolia discolore (M. discolor ou purpurea) est originaire du Japon. Ses feuilles sont obovales et tombantes, ses grandes fleurs sont blanches en dedans et purpurines en dehors.

Les espèces américaines et celles de l’Asie orientale ou tropicale se multiplient par graine.

Les variétés hybrides se propagent par la greffe. Les unes et les autres demandent des terres saines, profondes, argilo-siliceuses et un peu fraiches ; les sols légers ou friabies leur sont peu favorables. Toutes craignent, quand elles sont jeunes, la grande ardeur du soleil ; elles résistent difficilement à des froids de —10 à — 15 degrés. G. H.

MAGNOLIACÉES (botanique).

— Famille de plantes Dicotylédones, ainsi nommée du genre Magnolier (Magnolia L.) que nous examinerons tout d’abord.

Les Magnolia ont la fleur régulière et hermaphrodite, dont le réceptacle consiste en un cône qui peut atteindre plusieurs centimètres de longueur. Le calice, inséré à la base épaissie de ce cône, est représenté par trois folioles, tantôt vertes, tantôt colorées, caduques, et dont une est antérieure (elle ne se montre pas exactement superposée à la bractée mère), les deux autres étant situées en arrière, à droite et à gauche du plan médian. Les pièces suivantes, considérées comme des pétales, sont au nombre de six, disposées en deux verticilles dont l’un alterne avec les sépales, tandis que l’autre leur est superposé. L’androcée comporte un grand nombre d’étamines insérées dans l’ordre spiralé, et formées chacune d’un filet subulé que termine une anthère allongée, biloculaire, introrse, à déhiscence longitudinale. Le gynécée occupe la partie terminale du réceptacle dont il couvre une étendue variable. 11 comprend un nombre indéfini de carpelles disposés en spirale comme les étamines, et tous semblables. Chacun d’eux a un ovaire sessile, surmonté d’un style [courbé en dehors et muni de papilles stigmatiques dans une partie de sa longueur. La cavité de l'ovaire contient, sur un placenta pariétal et ventral, deux ovules anatropes, descendants avec le micropyle dirigé en haut et en dehors (au moins dans le jeune âge). Le périanthe et les étamines tombent d'assez bonne heure, et le réceptacle porte à la fin un fruit multiple de follicules courts et presque ligneux, qui s'ouvrent par une fente dorsale pour laisser échapper deux graines

MAGNOLIACÉES

qui restent plus ou moins longtemps suspendues par une sorte de cordon formé par le faisceau des trachées qui parcourent le raphé et se déroulent peu à peu.

Les graines ont une structure toute particulière : elles montrent trois téguments dont le plus extérieur est épais et charnu, Le tégument moyen, très dur, présente, outre le canal micropylaire, un canal situé à l’opposite (héteropyle).

L’enveloppe interne, mince et membraneuse, entoure un albumen charnu, abondant, vers le sommet duquel se voit l’embryon.

Les Magnolia sont des arbres ou des arbustes à feuilles alternes, simples, persistantes ou caduques, accompagnées de stipules supra-axillaires, roulées en cône creux et caduques. Leurs fleurs sont solitaires à l'extrémité des branches ou à l’aisselle des feuilles. On connaît au moins quarante espèces de ce genre qui habite surtout l'Asie ou l'Amérique septentrionale.

On range ordinairement à côté des Magnolia quelques genres qui en diffèrent très peu; tels sont les Michelia L., dont les carpelles renferment plus de deux ovules et sont d’ailleurs séparés des étamines par une partie nue du réceptacle floral ; les Talauma J., dont les carpelles sont à peu près indéhiscents, et tantôt ligneux, tantôt plus ou moins charnus à la maturité. Plus facile à distinguer se montre le genre Tulipier (Liriodendron L.) dont on connaît une seule espèce originaire des

Fig. 302. — Fruit du Magnolia grandiflora.

Fig. 303. — Fruit du Tulipier.

Etats-Unis. Sa fleur est organisée sur le même plan que celle des Magnolia, mais les étamines ont l'anthère extrorse, et le style de chaque carpelle,

Fig. 304. — Fleur ouverte du Tulipier.

MAGNOLIACÉES

aplati en forme de lame lancéolée, persiste sur le fruit et s'accroît en une aile membraneuse qui aide à la dissémination. Les carpelles sont d’ailleurs nettement indéhiscents et constituent autant de samares qui abandonnent le réceptacle au moment de la maturité. Le Tulipier est un grand arbre à feuilles trapézoïdales, à fleurs solitaires et terminales, comme celles de la plupart des Magnoliers. Il possède des stipules sacciformes, analogues à celles de ces derniers.

Nous indiquerons encore, dans cette famille, les Badianiers (/{licium L.) et les Canella P. Browne,

Fig. 305. — Fleur et fruit du Badianicer.

qui méritent d’être connus à cause de l'importance de leurs produits.

Les Badianiers ont les fleurs régulières et hermaphrodites. Leur réceptacle, en forme de dôme peuélevé, porte d'abord un nombre variable (15 à 20) de pièces colorées, entre lesquelles il est le plus souvent très difficile de fixer une démarcation en calice et corolle. Les. étamines sont également indéterminées et varient en nombre d’une espèce à l’autre (7 à 25). Leur anthère est biloculaire et introrse. Les carpelles sont peu nombreux (8 à 15) et semblent, au moins à l’âge adulte, former un verticille. Chacun d'eux contient un seul ovule ascendant, anatrope avecle micropyle dirigé en dehors et en bas. Le fruit est formé d'autant de follicules qu’il y avait de carpelles, ordinairement étalés en étoile autour de l’axe floral, finalement coriaces et déhiscents par une fente interne. Leur graine est albuminée, comme celle des Magnoliers, mais son tégument externe n’est pas charnu. Les Badianiers sont des arbres ou arbustes tant asiatiques qu'américains, à feuilles persistantes, alternes, sans stipules, à fleurs terminales ou axillaires, diversement colorées.

Les Canella forment un type bien distinct, surtout par l’organisation des organes sexuels. Leur réceptacle convexe porte d’abord un calice de trois sépales dont un est postérieur. La corolle comprend cinq pétales dont un est situé en avant. Il y a environ vingt étamines réunies par leurs filets et par leurs anthères en un seul faisceau tubuleux qui entoure le gynécée; les anthères sont biloculaires et extrorses.

On ne compte que deux ou trois carpelles, et ceux-ci sont unis bord à bord en un ovaire uniloculaire, renfermant deux ou trois placentas pariétaux qui portent un petit nombre d’ovules descendants, à micropyle dirigé en haut et en dedans. Le style est simple, à peine lobulé au sommet. Le fruit est une baie polysperme, dont les graines contiennent un embryon plus ou moins arqué, entouré d’un albumen charnu.

On connaît un petit nombre d’espèces de ce genre; ce sont de petits arbres à feuilles simples, alternes, sans stipules, et pourvues de glandes translucides. Leurs fleurs forment des grappes de cymes terminales. EN EE

Les Magnoliacées ont des affinités très intimes avecles Anonacées qui ne s’en distinguent guère que par l’albumen ruminé de leur graine. Elles offrent également plusieurs points de ressemblance

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