MAGON
avec les Dilléniacées, les Renonculacées et aussi avec les Calycanthées dont l’organisation florale est fort analogue, sauf que leur réceptacle est concave. Elles se relient enfin, par leurs types à ovaire uniloculaire, aux Bixacées parmi lesquelles certains auteurs placent les Canella et les genres voisins.
Quoique peu nombreuse, car on y compte moins de cent espèces, la famille des Magnoliacées a une grande importance technique. Presque toutes les plantes qu'on y connaît sont riches en principes aromatiques et usitées, comme telles, pour leurs propriétés stimulantes et digestives. Ce sont surtout les écorces et les fruits de certaines espèces qui recoivent leur emploi sur place ou s'exportent dans le monde entier.
Une des Magnoliacées les plus célèbres est l’Ulicium anisatum L., arbuste chinois, dont les fruits constituent l’anis étoilé du commerce, nommé aussi badiane. Ils ont une saveur chaude et une odeur très délicate, due à une huile essentielle abondante que contient leur péricarpe. On en fait une énorme consommation pour l'extraction de l'essence, ou pour la préparation de liqueurs très estimées, notamment les anisettes de Bordeaux et de Hollande. Les fruits de deux espèces américaines du même genre, 1. floridanum EI. et I. parviflorum Michx., possèdent les mêmes qualités et sont, dit-on, souvent suhstitués ou imélangés aux précédents.
Parmi les écorces de Magnoliacées généralement usitées, il convient de citer la cannelle de Magellan ou écorce de Winter, la cannelle blanche et quelques autres.
L’écorce de Winter, fournie par le Drymis Winteri Forst., plante analogue aux Badianiers, possède une saveur âcre, brûlante, comme poivrée. Elle est douée de propriétés énergiques qui la rendent précieuse dans diverses maladies, notamment le scorbut, les affections rhumatismales, etc. Elle est souvent remplacée par l'écorce, beaucoup plus commune dans le commerce, du Cinnamodendron corticosum Miers, plante originaire des Antilles et des parties voisines du continent.
La cannelle blanche est donnée par le Canella alba. Remarquable par son parfum d'OEillet et de muscade, cette substance ne sert pas seulement en médecine; on l'emploie comme condiment, et l’on en prépare une sorte de confiserie très estimée aux colonies.
Moins répandues, mais fort estimées cependant dans les pays de production, sont les écorces du Magnolia grandiflora, et surtout du M. glauca (Beaver tree des Américains), laquelle jouit aux Etats-Unis d’une réputation universelle comme antirhumatismale et fébrifuge.
Les fleurs de plusieurs Magnolia sont recherchées pour leur agréable odeur ; celles du M. Julan servent en Chine à aromatiser le thé.
Le bois des Magnoliacées est en général assez peu consistant et ne peut servir que dans les constructions intérieures. Celut du Tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera Trew.) est particulièrement usité.
Nous n'insisterons pas sur l’emploi ornemental des Magnoliacées. Tout le monde admire le port élégant et les superbes fleurs des Magnolia que l'on cultive dans tous les parcs. Le Tulipier de Virginie est un des plus beaux arbres connus, et on le voit atteindre, même sous la latitude de Paris, jusqu’à trente mètres de haut, et davantage. Son écorce, fort aromatique, pourrait sans doute être utilisée dans notre pays. E. M.
MAGON (biographie). — Ecrivain carthaginoiïs du déuxième siècle avant Jésus-Christ. Il écrivit sur l'agriculture un traité en vingt-huit livres qui fut recueilli par Scipion-Emilien, et traduit en latin par ordre du Sénat de Rome. Il en fut fait aussi, pär Cassius Dion d’Utique, une traduction partielle
MAHONIA
en grec qui parait perdue. Les citations nombreuses de Magon, faites par les écrivains latins, sont seules parvenues jusqu’à nous. Toutefois, d’après M. Joubert (Journal de viticulture pratique, 1870), l'ouvrage des Géoponiques, traduit au seizième siècle par Cornarius, et attribué à Constantin le Porphyrogénète et à Dion d’Utique, ne serait qu’une partie du traité de Magon réduit à vingt livres au lieu de vingt-huit. H. $.
MAGUEY. — Un des noms par lesquels on désigne souvent l’'Agave d'Amérique (voy. AGAVE).
MAHALEB (arboricullure). — Le Mahaleb ou Cerisier Mahaleb (Cerasus mahaleb), est une espèce du genre Cerasus pour certains botanistes, et du genre Prunus pour d’autres. C’est un arbuste ou un petit arbre indigène en France, pouvant croitre sur les terrains calcaires les plus maigres ; le seul intérêt réel qu’il présente est son emploi, dans les pépinières, comme porte-greffe pour le Cerisier (voy. ce mot).
MAHONIA (horticulture). — Genre de plantes de la famille des Berbéridacées. Les Mahonias (Mahonia Nut.) sont des arbrisscaux à feuilles persistantes, originaires de l'Amérique du Nord ainsi que de l'Asie orientale. On en cultive plusieurs espèces dans nos Jardins ; quelques-unes croissent aisément sous notre climat, au point de s'être répandues à l'état sub-spontané dans les grands pares et dans certaines forêts. Tous les Mahonias ont des feuilles persistantes et alternes; celles-ci sont composéespennées, tantôt avec un grand nombre de folioles, tantôt, au contraire, avec trois seulement. Les fleurs, hermaphrodites et régulières, sont jaunes. Le calice comporte deux rangées de trois sépales chacune alternant avec une corolle à pièces en nombre égal. Les étamines, dont le filet est muni de deux dents, sont au nombre de six. L’ovaire donne naissance à une baie contenant deux ou trois graines. Cette baie, recouverte, lors de la maturité, d’une belle efflorescence cireuse bleu clair, contient un jus rouge très colorant dont on se sert dans la falsification des vins.
Les espèces cultivées dans les jardins ont des exigences très diverses au point de vue du sol qu’elles réclament et du climat qu’elles peuvent supporter.
Mahonia à feuilles de Houx (Mahonia aquifolium Nut.). — Arbuste de 1 à 2 mètres, portant des feuilles composées de trois à cinq paires de folioles d’un vert gai et luisant en été, et prenant en hiver de belles teintes rouge cuivré. Ces folioles sont munies, sur les bords, d’aiguillons vulnérants. Les rameaux sont le plus souvent simples, rarement pourvus de quelque ramification latérale; ils se terminent, au printemps, par de grandes grappes composées de fleurs d’un beau jaune d’or, répandant une odeur fade peu agréable. Les baies qui succèdent à ces fleurs sont d’un très bel’effet ornemental. Cette espèce a produit, dans les cultures, de très nombreuses variétés, qui se distinguent par la forme des folioles : celles-ci sont plus ou moins découpées sur les bords, et leur forme se modifie également. Ce Mahonia est peu exigeant sur le choix du sol; on le voit prospérer dans les sols secs; cependant les terrains dans lesquels il acquiert les plus belles dimensions sont ceux qui ne sont pas dépourvus d’une certaine humidité. La multiplication se fait par division des drageons que la plante émet en abondance. Cependant la reprise est difficile et la séparation des éclats doit, pour bien réussir, être pratiquée à l'automne. Les plantes, même alors qu’elles sont pourvues de bonnes racines, supportent difficilement la transplantation.
Mahonia fasciculé (M. fascicularis DG.). — Cette espèce, plus ornementale que la précédente, porte des rameaux plus robustes et atteint des dimensions plus grandes. Les feuilles sont composées de cinq à sept folioles sessiles, ovales, très épineuses. C’est