MAL DE NUQUE
cervical, dans sa partie funiculaire ou lamellaire, lésion redoutable qui caractérise le mal d’encolure proprement dit. Quand elle existe, la plaie résultant de l’ouverture de l’abcès ou de l'élimination de l’eschare ne se cicatrise pas ; elle prend le caractère fistuleux : autour d'elle se développe un engorgement induré en rapport par son étendue avec la longueur du trajet fistuleux, et bien qu’elle soit très réduite, elle laisse échapper en grande quantité un pus liquide, grumeleux, infect, mêlé de débris de tissus mortifiés.
Les plaies fistuleuses de l’encolure, quelles que soient leur situation, leur profondeur et leur ancienneté, indiquent, dans tous les cas, une mortification locale portant sur un tissu réfractaire à la cicatrisation. A de très rares exceptions près, elles aboutissent à leur fond, soit sur la partie funiculaire, soit sur la partie lamellaire du ligament cervical. Une fois la nécrose réalisée dans cet organe, elle y étend rapidement ses ravages, d’arriere en avant, le long des fibres ligamenteuses, jusqu’à ce qu’elle rencontre un tissu vivant, susceptible de réagir énergiquement et de donner naissance à une barrière de bourgeons charnus, établissant la délimitation entre le mort et le vif. La substance du ligament cervical est impuissante à produire un tel résultat; privée de vaisseaux capillaires, pauvre en éléments cellulaires, sa vitalité est trop faible pour que la séparation entre le point mortifñié et les parties encore vivantes puisse s’y effectuer. Quand la nécrose a débuté en arrière, au voisisinage du garrot, si elle a son siège sur la corde, elle progresse sans relâche jusqu'à l’occipital; lorsque c’est la partie lamellaire qui est frappée, le mal s’étend en avant et en bas, vers les vertèbres cervicales. Dans l’un et l'autre cas, les progrès de l'affection sont dénoncés au dehors par l’extension de l’engorgement et par de nouvelles fistules qui apparaissent en des points plus rapprochés de la tête ou du bord inférieur de l’encolure.
La nécrose du ligament cervical s'accompagne souvent de complications très graves : de vastes collections purulentes qui s'étendent jusqu’à la région Jugulaire ou même qui s'ouvrent dans la poitrine, de nécrose ou de carie des vertèbres cervicales avec pénétration du pus dans le canal rachidien, d'infection purulente ou putride. Enfin, lorsqu'elle parcourt toute l’étendue de la corde, parvenue à la limite de l’encolure et de la tête, elle donne naissance au mal de nuque.
Le traitement du mal d'encolure comporte des indications nombreuses. Les excoriations, les plaies, les abcès, les tumeurs sanguines et les cors doivent être combattus comme il a été dit à propos de ces accidents localisés au garrot. Dès qu’il existe un ou plusieurs trajets fistuleux, il importe de favoriser l'écoulement du pus par des débridements, des contre-ouvertures, des mèches, des tubes à drainage. Il faut agir sur la partie nécrosée par des injections légèrement escharotiques (liqueur de Villate) ou antiseptiques (eau phéniquée, solution de sublimé). Si ces moyens sont insuffisants, on peut tenter la section sous-cutanée de la corde ou son extirpation. P.-J. C.
MAL DE GARROT (vétérinaire). — Voy. GARROT.
MAL DE LANGUE (vétérinaire).— Voy. GLOSSITE.
MAL NERO (vilicullure). — Voy. NERO.
MAL DE NUQUE ou MAL DE TAUPE (vetérinaire). — Des plaies superficielles ou plus ou moins profondes, des cors, des tumeurs sanguines des abcès s’observent assez communément à la région de la nuque comme à l’encolure et au garrot. Nous renvoyons au mot GARROT (MAL DE) pour les considérations relatives à ces accidents. Mais la nuque peut être le siège de lésions qui revêtent des caractères spéciaux dans leur mode d’expression et leur gravité. Les deux plus importantes sont l'hygroma et le mal de nuque proprement dit.