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MAL ROUGE

L’hygroma ou kyste profond de la nuque est constitué par la dilatation excessive d'une petite bourse séreuse qui facilite le glissement de la corde cervicale. Dans la plupart des cas, il apparait subitement et se manifeste sous forme d’une tumeur molle, fluctuante, insensible, régulière ou bilobée par la dépression médiane qu’exerce à sa surface la corde cervicale. L'animal qui en est atteint se tient immobile, l’encolure allongée, la tête basse ; les mouvements de l'encolure augmentent la tension de la poche et causent une assez vive douleur. On a quelquefois remarqué un certain état comateux avec des troubles de la respiration et de la circulation, symptômes paraissant produits par la compression du bulbe à travers le ligament capsulaire de l'articulation de la tête avec l’atlas. Il est très rare que l’hygroma de la nuque disparaisse par résorption : l’état chronique, la distension progressive, la transformation purulente en sont les terminaisons les plus ordinaires. On peut en obtenir la guérison par des frictions résolutives, des ponctions capillaires permettant l'évacuation du contenu, la cautérisation et les injections substitutives.

Le mal de nuque proprement dit consiste dans la nécrose des tissus fibreux, ligamenteux ou tendineux entrant dans la constitution de la région. Conséquence possible des violences extérieures qui portent sur la nuque, cette affection se traduit par une forte tuméfaction, nettement limitée à sa périphérie ou un peu diffuse, et par des trajets fistuleux multiples, donnant écoulement à une grande quantité de pus de mauvaise nature, grisâtre, infect, quelquefois chargé de parcelles de tissus mortifiés. Avec les progrès de la lésion, il peut survenir des décollements, des foyers purulents par congestion, de la carie des premières vertèbres cervicales et de l’occipital, enfin la destruction du ligament capsulaire et la pénétration du pus dans le canal rachidien.

La première indication à remplir dans le traitement du mal de nuque, c’est de procéder au débridement des fistules, afin de favoriser l’écoulement du pus sécrété autour de la partie nécrosée. Il faut ensuite agir sur celle-ci par des injections astringentes, légèrement escharotiques ou antiseptiques. On favorise leur action par des tubes à drainage placés dans les trajets fistuleux. Dans les cas graves, il est souvent avantageux de pratiquer la section transversale de la corde du ligament cervical. Et pour en finir avec la nécrose profonde de la nuque, il est quelquefois nécessaire d’extirper les parties mortifiées, de ruginer leurs insertions osseuses et les parties de l’occipital, de l’atlas ou de l’axis frappées de nécrose ou envahies par la

carie. P.-J. C.

MAL ROUGE (vétérinaire). — Voy. ROUGET.

MALADIE APHTEUSE (vétérinaire). — Voy.

APHTE.

MALADIE DES CHIENS (vétérinaire). — Affection spécifique, contagieuse, dont les manifestations sont très variées, et qui frappe ordinairement les chiens dans le courant de leur première année.

Parmi les auteurs qui l’ont étudiée, il en est qui l'ont assimilée à la gourme du cheval, d’autres à la morve, quelques-uns à la fièvre typhoïde. Déjà, au siècle dernier, Hayne et Viborg l'avaient considérée comme la variole du chien, doctrine que, dans ces dernières années, M. Trasbot s’est efforcé de faire prévaloir. |

Le plus souvent la maladie du jeune âge s’exprime par des accidents multiples dont l’ensemble symptomatique est fort complexe ; cependant, dans des cas assez nombreux, l'affection parait se localiser à un seul appareil organique : peau, muqueuse gastro-intestinale, muqueuse respiratoire, système nerveux.

Elle débute invariablement par un état fébrile plus ou moins intense, d'ordinaire peu accusé

MALADIE DES CHIENS

chez les individus vigoureux, déjà adultes, et chez la plupart des sujets de race commune, toujours beaucoup plus marqué sur les chiens des races distinguées et les animaux très jeunes ou‘débiles. Au bout de quelques jours, on voit apparaître des symptômes caractéristiques. Si la poussée morbide s'effectue vers la peau, une éruption se montre sur le ventre et la face interne des cuisses. À ces régions, le tégument est parsemé de petites taches rougeâtres, discrètes ou confluentes, auxquelles font suite des pustules superficielles renfermant une goultelette de sérosité, d’abord claire, transparente, ensuite trouble, blanchâtre, purulente.

Ici, comme dans les maladies éruptives, dès que la pustulation est terminée, la fièvre diminue et les animaux récupèrent la gaîté et l'appétit. Il est exceptionnel de voir se produire une seconde poussée pustuleuse, et toujours elle est beaucoup moins forte que la première. Quand la maladie se localise sur l'intestin, elle détermine une gastroentérite facile à reconnaître aux symptômes suivants : vomissements de matières alimentaires imprégnées d'un mucus glaireux, diarrhée de plus en plus liquide, grisâtre ou jaunâtre, quelquefois sanguinolente, fièvre, perte complète de l'appétit, amaigrissement rapide des sujets, bouche chaude exhalant souvent une odeur forte, désagréable, yeux chassieux, retirés au fond de l'orbite, coloration jaunâtre de la peau et des muqueuses apparentes lorsque l’ictère s'ajoute à l’inflammation intestinale.

Quand le mal se porte snr l’appareil respiratoire, il y provoque tantôt l’inflammation des premières voies (cavités nasales, larynx, trachée), tantôt celle des bronches et du poumon. Un jetage verdâtre, muco-purulent, des éternuements fréquents, des quintes de toux parfois accompagnées d'accès dyspnéiques, un abattement profond, le refus de toute espèce d'aliments, même du lait, la sensibilité de la gorge et du thorax, la matité de la poitrine, des bruits anormaux facilement perçus par l’auscultation : en voilà les principaux symptômes.

Les complications nerveuses (méningo-encéphalite, épilepsie, chorée, paraplégie) sont particulièrement communes sur les chiens des races délicates et sur les sujets exotiques. Dans quelques cas, elles sont d'emblée très graves; plus souvent, elles se constituent lentement. Les troubles qu’elles provoquent sont fort disparates, mais leur tableau symptomatique est surtout confus quand plusieurs formes sont réunies, associées, ce qui n’est pas rare. La conjonctivite et la kératite sont encore des accidents qui accompagnent fréquemment la maladie du jeune âge. La conjonctivite a peu de gravité, mais la kératite est souvent ulcéreuse, et lorsqu'elle n’est pas arrêtée à un moment rapproché de son début, elle peut amener la perforation de la cornée et la perte de l'œil.

Pour expliquer le développement spontané de la maladie des chiens, on a incriminé l'alimentation irrationnelle, les refroidissements, l’action longtemps continuée de l'humidité, l'accumulation des animaux dans des chenils trop étroits, mal aérés et mal entretenus. La maladie des chiens étant une affection spécifique, ne paraît pas avoir d’autre cause que l'infection ou la contagion. Les recherches de Semmer, Friedberger, Krajevski, et celles toutes récentes de Mathis, paraissent établir que l'affection est produite par un Diplococeus qui a été isolé et cultivé en dehors de l'organisme.

L'observation ayant enseigné que les chiens supportent d'autant mieux la maladie qu’ils sont plus robustes et plus âgés, il importe de donner aux Jeunes animaux une alimentation très nutritive et de les préserver de la contagion pendant les premiers mois de la vie. C’est une excellente coutume de les élever loin des chenils, à la campagne; là ils sont dans de bonnes conditions pour grandir et se fortifier à l'abri de l'infection.

MALADIES DES VINS

Donner aux malades une alimentation légère et de facile digestion lorsque l'appétit est conservé; les soutenir avec le bouillon, le lait, la viande crue hachée, leur faire prendre de petites doses répétées de thé ou de café, donnés seuls ou additionnés de quelques gouttes d’eau-de-vie ou de rhum : telles sont les premières indications à remplir au début de la maladie. Il faut combattre l'entérite par l’eau de Vichy, le bicarbonate de soude et le laudanum; les diverses localisations sur l'appareil respiratoire, par l'essence de térébenthine, le kermès ou l’iodure de potassium et les révulsifs ; les complications nerveuses par une intervention rationnelle, prompte et énergique; les accidents oculaires par des lotions tièdes au borax, au sulfate de zinc ou au sublimé. On n'aura recours aux purgatifs que s’il y a constipation. Enfin, la maladie des chiens étant de nature infectieuse, les locaux qui ont abrité des sujets malades doivent être désinfectés à l'acide sulfurique ou au chlorure de zinc. P.-J. C.

MALADIES DES VINS (œnologie). — Les altérations, auxquelles les vins sont sujets, en dehors de celles que la fraude commet, sont considérées comme des maladies. Parmi celles-ci, il convient de dénommer plus spécialement et de grouper ensemble, comme présentant des caractères communs, les maladies dues à la présence de micro-organismes dans le vin.

Depuis l’origine même de la préparation du vin, on a reconnu combien ce liquide est difficile à conserver; abandonné à lui-même sans soins particuliers, le plus souvent il s’altère, se dénature et perd ses propriétés alimentaires. C’est pour éviter ces accidents et assurer au vin une longue durée avant de le consommer que les anciens y ajoutaient des substances diverses résineuses ou salines, sub-

stances que nous savons aujourd'hui être de nature

à empêcher le développement des fermentations secondaires. La poix était surtout très employée ; on en enduisait l’intérieur des récipients en terre qui devaient contenir le vin de garde. Cette pratique, encore en usage dans certaines régions vinicoles des bords de la Méditerranée, donne des vins résinés d’un goût étrange et qui convient peu à nos palais modernes, bien que les habitants de ces pays aient une prédilection pour ces sortes de boissons. Dans les auteurs latins, traitant d’agronomie, on trouve nombre de recettes en vue de conserver le vin; c’est dans ce but aussi qu'on concentrait déjà les moûts pour obtenir des vins très sucrés ou très alcooliques. On éprouvait alors de grandes difficultés à confectionner les vins fins.

Les premières notions exactes sur la cause des maladies ne datent pas de très longtemps; on les doit presque tout entières à Pasteur, et c’est encore aujourd’hui à son étude sur le vin, publiée en 1865, que la plupart des auteurs font de larges emprunts.

Avant lui, Chaptal et ses contemporains attribuaient les maladies du vin à la continuation de la fermentation alcoolique ; elles dépendaïent du rapport entre la proportion de ferment et la proportion de sucre des moûts. Si le sucre était en plus grande abondance, le vin restait sucré, mais se conservait; si le rapport était convenable entre le sucre et le ferment, le sucre disparaissait complètement et le vin se conservait encore. Enfin, dans le cas où la proportion de ferment était relativement plus considérable que celle du sucre, il y avait dégénérescence du ferment en excès et maladie -du vin. Plus tard Mulder, sans préciser la cause des maladies, indiqua dans les vins malades la présence de corps acides étrangers aux vins normaux et provenant de la décomposition de ceux-ci.

Pasteur, enfin, comprenant l'étude des maladies des vins dans ses mémorables travaux sur les fermentations et les ferments, reconnut que corrélati-

MALADIES DES VINS

vement à ces maladies il y a toujours vie et multiplication de germes parasitaires, de micro-organismes provoquant, en végétant, une sorte de fermentation secondaire aux dépens des éléments constituant le vin. Suivant l'espèce de ferment dont le liquide est envahi, la nature du mal varie ellemême. À chaque maladie ou fermentation secondaire, correspond un ferment spécial donnant naissance à des réactions chimiques différentes.

Les actions chimiques provoquées par les ferments ont pour effet soit de détruire complètement et sans résidus certains éléments du vin, comme, par exemple, la combustion complète de l'alcool dans la maladie de la fleur, soit de les détruire partiellement en laissant dans le liquide, comme dans la maladie de l’aigre, des corps chimiques dérivés qui dénaturent complètement le vin. Ces maladies, sauf celle de la fleur, sont très redoutables ; au début, on peut les enrayer, mais à un état avancé, il faut renoncer à consommer le vin en nature. On ne peut remonter le cours des décompositions chimiques de la fermentation secondaire pour reconstituer le corps composé détruit; tout au plus peut-on masquer certains produits acides en les neutralisant, mais à la condition que le remède ne soit pas pire que le mal et qu’on n’introduise pas dans le vin des sels nouveaux en proportion nuisible à la santé. En résumé, les remèdes pour guérir un vin malade sont rares ou difliciles à appliquer. Les efforts doivent se tourner vers les moyens préventifs, soit en éloignant les germes de maladie, soit en les plaçant dans l’impossibilité d'agir par l'amélioration du vin ou l’addition d’une substance antiferment. La destruction complète du ferment, en le tuant par la chaleur (pasteurisation), est le moyen préventif le plus” radical qu’on puisse employer.

On connaît actuellement un certain nombre de maladies caractéristiques : 1° maladie de la fleur; 2° maladie de l’aigre, acescence, vins piqués, acétifiés ; 3° maladie des vins tournés ; 4° maladie des vins poussés, la pousse ; 5° maladie des vins gras, graisse ; 6° maladie des vins amers, amertume. Peut-être pourrait-on considérer comme maladie parasitaire le goût de moisi contracté par les vins au contact des tonneaux sur les parois intérieures desquels ont végété des moisissures.

Les ferments de maladie, bien différents des ferments alcooliques qui sont agents de la vinification, en transformant le sucre en alcool et en acide carbonique, sont comme eux extérieurs aux raisins; ils sont déposés par l’air, qui leur sert de véhicule sur la vendange ou dans le vin, ils se trouvent mélangés avec les ferments alcooliques et ce n’est qu'après que ceux-ci ont terminé leur œuvre en vinifiant la vendange qu’ils commencent leur action destructive. Les vins les plus sains, pendant le cuvage ou pendant les manipulations qui suivent au contact de l’air, donnent toujours asile à quelques-uns des ces germes. Si le vin est bien soigné, si sa constitution chimique est convenable, s’il est maintenu à des températures assez basses, il résistera aux germes. Ceux-ci même ne se développeront pas, se déposeront inertes dans les lies pour être séparés du vin avec elles. Au contraire, les vins faibles, mal faits, conservés sans précautions à des températures relativement élevées, se verront atteints par le mal, plus ou moins rapidement, suivant que les circonstances, que nous venons d'indiquer, influeront plus ou moins.

1° Maladie de La fleur. — Les vins atteints par la fleur, tout en restant parfaitement limpides, ont leur surface recouverte d’un voile d'aspect blanc velouté. Cette couche, mouillée difficilement par le liquide, se disloque par l'agitation et tombe au fond des vases pour faire place à un nouveau voile. L'examen microscopique, avec un grossissement

MALADIES DES VINS

de 600 diamètres, montre qu’on se trouve en présence d'une véritable végétation formée par un petit champignon unicellulaire dépourvu de chlorophylle. Sa forme est ovalaire, allongée ; il mesure dans son plus grand diamètre de 4 à 5 millièmes de millimètre ; il se reproduit par bourgeonnement. On lui a donné le nom de Mycoderma vini.

Dans le cas particulier de la maladie de la fleur il vit à la surface du liquide et porte son activité chimique sur l'alcool. Empruntant à l’air, avec lequel ilest en contact direct, l'oxygène nécessaire à sa respiration, il porte ce gaz comburant sur l’alcool du vin pour l'oxyder complètement et le transformer en eau et en acide carbonique suivant la formule :

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