MANDARINE
gorlay, à Canisy; en 1866, à M. le vicomte Lacouldre de la Bretonnière, à Golleville; en 1874, à M. Bouchard, à Sotteville, commune des Pieux; en 1889, à M. Noël, à Saint-Waast-la-Hougue.
D’après tout ce qui précède, on voit que le département de la Manche jouit d’une grande fertilité, qu'il possède un climat exceptionnellement favorable à la culture herbagère et, par suite, à l’élevage et à l'engraissement du bétail. Les produits trouvent des débouchés avantageux; l'industrie laitière et le commerce des œufs procurent des ressources nombreuses. Mai: il importe que le département ne se laisse pas devancer. Rester stationnaire, c’est reculer. L'emploi des instruments perfectionnés pour la manipulation et la préparation du beurre s'impose ; il faut que les agriculteurs se pénètrent bien de ce principe s'ils veulent conserver les débouchés si avantageux qu’ils possèdent et ne pas se voir remplacer par des contrées moins privilégiées, mais plus entreprenantes.
C'est là le rôle des Sociétés agricoles, qui sont nombreuses dans le département. On y rencontre, en effet, les Sociétés d'agriculture de Cherbourg, d’Avranches, de Coutances, de Mortain, de Valognes et de Saint-Lô et les Comices agricoles de Brecey, Brehal, Cerisy-la-Salle, du Cotentin, d'Isigny, de Ducey, Gavray, la Haye-du-Puits et Lessay, la Haye- Pesnel, Montmartin-sur-Mer, Periers, Pontorson, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Saint-James, Saint- Malo-la-Lande, Saint-Sauveur-Lendelin, Tessy-Thorigny-Percy, Villedieu. On trouve également les Sociétés d'horticulture d'Avranches, de Cherbourg, de Coutances, de Mortain et de Valognes.
Le département possède une Ecole pratique d'agriculture et de laiterie à Coigny, près Prétot; une Ecole primaire supérieure agricole, à Sartilly ; un laboratoire agricole à Granville, et une chaire départementale d'agriculture. G. M.
MANDARINE. — Fruit du Mandarinier (voy. ce mot). C’est une baie sphérique déprimée, dont le diamètre en largeur est environ un quart plus grand que le diamètre en hauteur, à peau un peu rugueuse et d’une teinte orangé-rouge, peu épaisse, se détachant bien de la pulpe à la maturité. La mandarine est de la grosseur d’un abricot moyen; elle a une odeur caractéristique, plus forte que celle de l'orange; sa pulpe est moins acidulée et possède une saveur légèrement alcaline. Les mandarines sont recherchées, à l’état de maturité, par la consommation; les fruits verts sont confits dans des sirops sucrés. Ces fruits sont l'objet d’un commerce considérable.
MANDARINIER (arboricullure). — Le Mandarinier (Citrus nobilis Lour.) est une des plus petites espèces du grand genre Citrus, dans la famille des Aurantiacées. C’est un arbuste qui, par le semis, se reproduit identique à lui-même. Il dépasse rarement quatre mètres de hauteur; il se distingue de l'Oranger surtout par des feuilles petites, ovaleslancéolées, très entières, d’une couleur moins foncée que celles de cet arbre, à pétiole non ou à peine ailé, par ses petites fleurs blanches et par son fruit (voy. MANDARINE). La patrie de cet arbre paraît bornée à la Cochinchine et à quelques provinces de la Chine (A. de Candolle); il a été introduit en Europe au commencement du dix-neuvième siècle, et il s’est répandu en Espagne et en Portugal, dans les iles de la Méditerranée, en Italie, en France sur le littoral de la Provence et du comté de Nice, et plus récemment en Algérie. Il a été introduit aussi en Australie, où il donne des fruits excellents. Livré à lui-même, le Mandarinier prend le plus souvent l'aspect d’un grand buisson; aux expositions chaudes, il mürit son fruit assez hâtivement ; il parait plus rustique que l'Oranger. Le mode de culture est, d’ailleurs, le même que celui qui est appliqué à cet arbre (voy. ORANGER).
MANÈGE (génie rural). — Les manèges sont des
MANÈGE
appareils destinés à utiliser la force des animaux pour la mise en marche des machines agricoles ou industrielles, fixes ou tout au moins rendues fixes pendant la durée de leur fonctionnement. Leur but est encore de transformer le mouvement lent des animaux, se déplaçant au pas, en un mouvement circulaire plus ou moins rapide des organes constituant les machines commandées.
On peut diviser les manèges en deux grandes classes : 1° les manèges à piste circulaire (ou manèges proprement dits), dans lesquels les animaux se meuvent en cercle, et qui sont constitués par des engrenages combinés de manière à multiplier la vitesse et à transmettre à l'arbre ou à la poulie de commande de lappareil un mouvement de rotation continu rapide; 2° les manèges à plan incliné (encore appelés frépigneuses, en Angleterre tread-muill), dans lesquels les animaux marchent sur un tablier sans fin monté sur deux tambours, et déterminent par leur poids le glissement de cette plate-forme sous leurs pieds. Le mouvement de translation rectiligne est transformé en un mouvement circulaire, et la vitesse multipliée par des organes de transmission divers.
Les manèges ordinaires sont très employés en agriculture. Ils servent à la commande des machines à battre, des hache-paille, des concasseurs, des coupe-racines, et autres machines d'intérieur de ferme. Les trépigneuses ne se rencontrent qu'adaptées à des batteuses simples, et n’ont pas, jusqu'à ces dernières années, trouvé de nombreuses applications en France. Leur seul avantage est de’ n'exiger qu'une petite surface d'emplacement (6 mètres carrés environ); elles présentent au contraire plusieurs inconvénients (voy. TRÉPIGNEUSE).
Le nombre des paires de roues dentées qui com-. posent un manège dépend du nombre de tours définitif à atteindre. Si l'on suppose que les animaux fassent 2 tours et demi de piste par minute, et que le manège soit destiné à actionner une batteuse, il faudra trois paires d’engrenages pour communiquer à l'arbre du batteur la vitesse de 900 à 1100 tours qu’il doit avoir par minute sans employer des pignons trop petits. Deux paires d’engrenages suffiront pour la mise en marche d’un hache-paille, d’un coupe-racines. Une seule paire permettra de commander une pompe à piston, une pompe à chapelet, et en général les machines élévatoires à marche lente. On a tout intérêt à restreindre le nombre des engrenages pour diminuer le plus possible les résistances passives du mécanisine et augmenter par conséquent le rendement du manège.
Dans la plupart des cas, les manèges sont mus par des chevaux. Dans le midi de la France, en Espagne, on leur substitue des mulets, et parfois des ànes, lorsqu'on n’a besoin ni d’une grande force motrice, nid’une grande vitesse. Les bœufs ont l'allure trop lente, et pour ce motif ne conviennent pas à ce genre de travail. Le nombre des animaux attelés à un manège varie d’un à quatre, suivant la résistance opposée par les machines mises en mouvement. Il n’est pas recommandable d'aller au
delà de quatre, le travail produit n’étant pas pro-
portionnel au nombre des animaux employés, et la force déployée par chacun d’eux diminuant au fur et à mesure que ce nombre augmente.
Le travail des animaux au manège est toujours inférieur à celui qu'ils donnent en se déplaçant en ligne droite. L’effort moyen d’un cheval du poids de 500 kilogrammes, qui est de 60 kilogrammes dans la traction en ligne droite, tombe à 54 kilogrammes, lorsqu'il tire au manège. La vitesse moyenne par seconde s’abaisse également de 1 mètre à 0",90. De telle sorte que le travail journalier du cheval au manège n’est plus que de 1400000 kilogrammètres, pour une durée de huit heures, alors qu’en ligne droite le même animal peut fournir environ 1800000 kilogrammètres.
MANÈGE
Cette diminution du travail journalier tient principalement à la nécessité pour le moteur de se mouvoir en cercle, et à la fatigue résultant pour lui de ce déplacement circulaire. Il y a done inconvénient à trop réduire le diamètre des manèges. Une autre considération s'oppose également à la construction de manèges à faible rayon: le corps d'un moteur attelé à un manège se place comme une corde sur la circonférence de la piste; l'effort de traction est dirigé suivant cette corde, et peut être décomposé en deux : un effort tangentiel à la circonférence du manège, et un effort dirigé suivant la flèche d’attelage, vers l'axe du manège. Le premier effort agit utilement pour la mise en marche du mécanisme; le second effort, au contraire, donne lieu à un frottement de l'arbre principal sur ses supports et produit un effet nuisible. Or, il est facile de voir que cette composante nuisible de la traction augmente quand le rayon du manège diminue. On ne peut pourtant, sans incon-
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