MARC DE COLLE
Pour les bêtes bovines, une quantité de 10 à 12 litres, matin et soir, constitue le maximum de la ration. En résumé, l’utilisation du marc par les animaux constitue le meilleur moyen de l’employer et d’en tirer un excellent engrais.
Si, à défaut de bétail, on doit employer le marc directement comme engrais, la meilleure méthode consiste à le mélanger par lits au tas de fumier, ou à en préparer des composts avec de la chaux éteinte.
Marc de raisins secs. — La fabrication du vin de raisins secs a pris une telle importance qu'il convient de s'inquiéter de la valeur alimentaire des grandes quantités de résidus qu’elle laisse. On doit à M. Sanson des recherches sur la composition de ces marcs. RE
Des échantillons pris dans une masse séchée à l’air après avoir été extraite du fût dans lequel s'était poursuivie la fabrication, renfermaient 42,50 pour 100 d'eau et 57,90 de substance sèche totale. Cette dernière se décomposait comme il suit :
Argent
BrOtEINE Les reee Share te sites els s 2 AO) Matières solubles dans l’éther ....... 3,96 Extractifs non azotés.......... RE 32,80 Géllulose rule RE RE 12,29 Maütières minérales ou cendres....... 4,00
Total RES eee fre 00/00)
Cette composition dénote une grande valeur nutritive. Les agriculteurs peuvent donc trouver dans les fabriques de vins de raisins secs de grandes quantités de matières alimentaires qu'ils utiliseraient avec profit.
Les marces de raisins secs sont parfois sujets à une falsification qui consiste à y mélanger du glucose pour remplacer le sucre réducteur enlevé pendant la fermentation. Il importe de la signaler pour mettre en garde contre ce mélange.
Marc de pommes. — Le marc de pommes, résidu de la fabrication du cidre, sert comme aliment pour le bétail, ou comme engrais. Les méthodes de conservation et d'emploi sont indiquées ailleurs (voy. CIDRE).
Marcs de fruits. — Les marcs qui restent après la distillation des fruits servent le plus souvent comme engrais; on les mélange au fumier ou on les fait entrer dans des composts. Ils sont généralement en trop faibles quantités dans les fermes pour qu'on en fasse la base de l'alimentation des animaux.
MARC DE COLLE (fechnologie). — On donne le nom de marcs de colle aux résidus du traitement des rognures de peau pour la fabrication de la colle forte. C’est un mélange de matières organiques qui ont tendance à se putréfier rapidement, mais qui, après dessiccation, se conservent pendant longtemps. Ce produit est employé avec avantage comme engrais. On comprend que la valeur doit en varier beaucoup, suivant les matières premières dont il provient. Voici le résultat d’une analyse de marc de colle (Ladureau) :
Eau sens master TERRE 1 5 249,90) Matières organiques animales....... 41,10 Phosphate ‘de chaux PRE eNR et 1,74 Sels de chaux et autres..." 7,96
100,00 Azôte pour 400.6 PRE RS 7,10 Acide phosphorique........ tre Ne 0,80
Cette substance n'ayant qu'une faible teneur en acide phosphorique, il peut être utile de l’'employer en mélange avec des superphosphates.
MARCAIRE (économie rurale). — Nom donné, dans le département des Vosges, aux petits cultivateurs ou fermiers qui s’adonnent spécialement à la fabrication du fromage.
MARCEAU. — Voy. SAULE.
MARCHOISE
MARCELLIN (SAINT-) (FROMAGE DE) (laiterie). — Fromage à pâte molle affinée, fabriqué dans le département de l'Isère avec du lait de chèvre, mélangé souvent à du lait de brebis. C’est un petit fromage rond, de 8 centimètres de diamètre et de 2 centimètres d'épaisseur. La fabrication est très simple. On partage le caillé entre de petits moules percés de trous où il s'égoutte. Les fromages égouttés sont exposés à l'air dans une cage d’osier et sur un lit de paille ; lorsqu'ils sont suffisamment secs, on les sale sur les deux faces. On peut les vendre de trois à huit jours après la salaison, suivant l’époque de l’année.
MARCHOISE (z0o{echnie). — Deux variétés animales, l'une bovine et l’autre ovine, sont qualifiées de Marchoises, comme habitant l’ancienne Marche, aujourd’hui la partie nord du département de la Creuse, les arrondissements de Boussac et de Guéret.
VARIÉTÉ BOVINE. — La variété bovine Marchoise appartient à la race Vendéenne ou race du bassin de la Loire (B. T. ligeriensis). Sur les confins septentrionaux et occidentaux de son aire particulière, elle se confond facilement avec la variété Berrichonne et la Poitevine, de la même race. Là, il serait difficile de marquer les limites qui les séparent, surtout en allant du côté de la Châtre. La différence principale est dans la composition de la population. Dans l'ancienne Marche, les vaches prédominent de beaucoup, tandis qu’en Berry et en Poitou ce sont les bœufs.
Dans l’ensemble, toutefois, le pelage des bêtes Marchoises est de nuance plus foncée. Les tons bruns aux parties antérieures y sont communs, avec le reste du pelage de la couleur du blaireau, tandis que les Berrichons et les Poitevins sont de nuance claire, allant jusqu’au gris jaunâtre. La taille dépasse rarement 1",35. Comme dans toute la race, le squelette est grossier. La peau est épaisse, dure et ordinairement adhérente. Les masses musculaires sont peu épaisses, les saillies osseuses accentuées et les membres souvent déviés. En somme la conformation manque de régularité.
Les vaches ont conservé de l’aptitude naturelle de leur race pour la lactation plus que leurs voisines du Berry. On en rencontre, dans les situations favorables, qui donnent de 1800 à 2000 litres de lait par an. Toutes sont exploitées comme laitières par les petits ménages qui les possèdent. Elles sont soignées par les femmes, la plupart des hommes valides émigrant chaque année durant l'été.
Les bœufs Marchois, peu nombreux, sont bons travailleurs, mais ils n’ont que peu de besogne à accomplir, les terres cultivables étant de faible étendue et fort légères. Ils sont durs à l’engraissement et donnent de faibles rendements, ce qui se comprend sans peine. Mais, quoique leur viande soit un peu dure, elle n’en conserve pas moins une saveur agréable. Il suffirait, pour l'améliorer en qualité et en quantité proportionnelle, que le progrès agricole s’introduisit chez les petits cultivateurs marchois. C’est le régime alimentaire d'hiver qui laisse beaucoup à désirer pour le jeune bétail.
VARIÉTÉ OVINE. — Appartenant comme la variété Limousine, sa voisine immédiate, à la race du Plateau central (0. À. arvernensis), ia variété Marchoise a été beaucoup plus nombreuse qu’elle ne l’est maintenant. Il n’y a plus dans la Marche que de petits troupeaux, la plupart des grandes pâtures ayant été défrichées. Toutefois l'effectif total des moutons Marchois est encore considérable et il forme la principale population animale, ainsi que la plus forte part du revenu des terres marchoises, qui nourrissent cette population à peu de frais.
Ces moutons Marchois se distinguent, dans leur race, non point par leur petite taille (0",40 environ), celle-ci étant à peu près la même que celle des Limousins, mais principalement par la présence presque constante des cornes, même chez les indi-
MARCOTTAGE
vidus émasculés. Elle se caractérise aussi par la forte proportion de toisons noires ou brunes qu’on y rencontre. Lorsque la toison est seulement de nuance grisâtre, il est rare que la face et les membres ne soient point marqués de taches brunes ou rousses très accentuées.
La petite variété Marchoise est basse sur jambes, avec un squelette très fin.
Les formes de son corps sont correctes et ses petits gigots sont courts et dodus.
Son poids vif va de 20 à 25 kilogrammes. Il atteint au plus 30 kilogrammes après un engraissement complet. Le rendement à la boucherie va souvent jusqu’à 60 pour 100, et la viande .est très estimée pour sa saveur fine et délicate. Il s’en consomme beaucoup à Paris, presque toute la production étant exportée.
La laine n’a qu’une faible valeur, n'étant ni fine, ni douce, ni résistante, en outre de sa couleur la plus habituelle. Elle se consomme dans les ménages
du pays. Chaque toison, du reste, n'en fournit pas
MARCOTTAGE
leur position normale et de mettre les plantes dans un milieu favorable à l'émission de racines adventives, en les entourant de terre ou de toute autre substance capable d’entretenir une humidité suffisante. On donne à cette disposition spéciale le nom de marcottage en l'air.
La pratique du marcottage en terre est simple;
plus de 600 grammes. A. S.
MARCOTTAGE (horliculture). — On donne ce nom à une opération qui consiste à faire produire à des branches ou des rameaux d'une plante des racines adventives, puis à ; à séparer cette branche qui constitue désormais une plante complète. Bon nombre de végétaux produisent des marcottes naturelles : tels sont les Fraisiers dont les coulants s’enracinent de place en place au contact du sol humide ; le plus souvent cet enracinement doit être provoqué par des opérations spéciales. Le marcottage est un mode de multiplication avantageux en ce sens qu'il donne des résultats assurés; il présente, par