‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 74 sur 205 · ES · texte numérisé non relu

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trop aléatoires, tandis qu'ils peuvent être aisément multipliés par le marcottage.

La production des racines adventives sur les branches ou les rameaux que l’on marcotte, s’obtient en les plaçant dans un milieu constamment humide dans lequel ce développement puissese faire aisément. Toutes les fois qu'il s’agit de végétaux à rameaux souples et notamment de plantes sarmenteuses, il est aisé d’incliner Les rameaux vers le sol et de les y enfouir pour les voir produire au bout d’un temps variable des racines adventives ; que si, au contraire, la plante est à rameaux rigides, il devient nécessaire de laisser les branches dans

Fig. 335. — Marcottage chinois.

saison qui précède le marcottage. Dans ce cas on ouvre dans le sol une jauge dans laquelle le rameau $era incliné. Si ce rameau est essentiellement souple, le seul poids de la terre qui sera déposé dans la jauge pour la combler, suffira pour le maintenir en place ; si au contraire ce rameau est rigide, il convient de le maintenir dans une position fixe à l’aide de crochets en bois ou en fer mis à cheval sur la partie enterrée. L’extrémité du rameau doit

MARCOTTAGE

être, dans tous les cas, munie d’un tuteur qui la imaintiendra dans la position verticale et en favoriscra le développement.

Il importe que la partie enterrée soit recouverte d’une couche de terre suffisante, pour que le desséchement du sol ne puisse atteindre la marcotte, mais cependant pas trop épaisse pour que l'air puisse pénétrer aisément les couches dans lesquelles le rameau est enterré. L'expérience montre en effet que, quand la couche de terre est trop épaisse, l’enracinement se fait mal et ne se produit que

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Fig. 336. — Marcottage en l'air.

près de la surface du sol, au lieu de se faire sur toute la partie enterrée. Par contre, quand la couche de terre est insuffisamment épaisse et que le desséchement vient à gagner la partie du sol où se trouve placé le rameau, l’'enracinement ne se fait pas du tout. I y a done un juste milieu à saisir. Il est assez difficile d'indiquer d’une façon précise quelle doit être cette épaisseur de terre ; elle varie avec la nature du sol et aussi avec celle des plantes qu'il s’agit de multiplier. En général, une épaisseur de 10 à 20 centimètres de terre est convenable. Dans tous les cas, on se trouve bien de répandre sur la surface du sol une couche de paillis qui empèchera le desséchement.

Le marcottage simple donne d'excellents résultats, quand on l’emploie pour la propagation de

MARCOTTAGE

végétaux à enracinement facile, mais il est des plantes qui, dans ces conditions, ne s’enracineraient jamais. On peut, quelquefois, provoquer la venue des racines adventives. On sait, en effet, que lorsqu'on vient à produire sur une plante une blessure qui produira du tissu cicatriciel, les racines se développeront aisément en ce point. Mettant cette connaissance à profit, on produit sur la partie enterrée une blessure volontaire faite dans des conditions déterminées. Il suffit, dans certains cas, d’appliquer un lien étroit autour duquel il se produira un bourrelet pour voir bientôt des racines naître en ce point. D’autres fois, on pratique sur la partie enterrée une entaille plus ou moins profonde qui reste béante dans le sol et favorise encore l'émission des racines.

Le marcottage simple peut être modifié quand on s'adresse à des plantes à rameaux très flexibles. On peut, dans ce cas, faire plusieurs marcottes avec le même rameau. Après avoir enterré une première fois le rameau, on le couche une seconde fois, puis une troisième fois, en laissant entre chaque partie enterrée une portion de tige à découvert. L’enracinement venant à se produire de place en place, on obtient autant de végétaux nouveaux qu'on à enterré de fois le sarment. On donne à cette disposition le nom de marcotite en serpenteau.

D'autres fois, au lieu de coucher dans le sol simplement un rameau de l’année précédente, on enterre des branches entières. On à le soin, dans ce cas, de relever chaque extrémité de rameau et l’on obtient alors un résultat très rapide, car chaque extrémité fournit une plante complète. Il faut avoir soin de fixer solidement la branche au moyen de crochets et de relever chaque extrémité à l'aide d'un rameau. Ce mode de marcottage est désigné sous le nom de marcottage chinois. Il peut être employé pour la multiplication d'un grand nombre de végétaux. On l'utilise quelquefois dans la culture de la Vigne, ainsi, que pour la multiplication de certains arbustes d'ornement, tels que Cerisier, Laurier-cerise, Fusain, etc.

Dans les pépinières, on pratique souvent le marcottage par cépée. Ce mode de multiplication consiste à receper l'arbre, qui doit être multiplié, au ras du so]. Cette opération a pour effet de faire émettre à la plante une foule de rejets vigoureux. Dès l'automne qui suit le recepage, on entoure cette cépée d'une butte de terre et ce seul soin suffit pour faire produire, dans certains cas, d’abondantes racines à chaque rejet. .Une souche ainsi traitée peut fournir des marcottes pendant plusieurs années de suite, car à mesure que les plants enracinés sont enlevés, d’autres rejets se produisent et on peut les traiter de la même façon.

Il cest des cas où aucun de ces modes de marcottage ne peut être appliqué, pour la raison que les branches qu'il s’agit de faire enraciner ne peuvent être inclinées vers le sol. Il convient alors de pratiquer le marcotlage en l'air. On se sert, dans ce cas, de pots à fleurs qui sont fendus sur le côté, de façon à pouvoir laisser passer la tige qu'ils doivent emprisonner. Quand il s’agit de faire une telle marcotte, il est le plus souvent utile de faire subir à la tige qui doit être marcottée, soit une incision, soit une ligature, afin de favoriser l'émission des

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