MAROCAIN
grande proportion. C’est là d’ailleurs le caractère principal de l’agriculture marocaine qui est restée fidèle aux instruments de labour les plus primitifs. Il n’existe pas de documents précis sur la production du sol, mais on sait que les tribus qui occupent le pays se partagent en deux catégories : les unes sont sédentaires, surtout dans la région montagneuse, et s’adonnent à la culture; les autres sont nomades et s'occupent presque exclusivement de l'élevage des troupeaux. Toutes les plantes cultivées de l’Europe méridionale réussissent dans le pays : la Canne à sucre y a été plantée avec succès. Les céréales les plus importantes sont le Froment et l’Orge, mais l'exportation en est interdite; ensuite viennent le Mais, les Pois, les Lentilles, les Haricots, et les piantes potagères obtenues aux environs des grandes villes, dans des jardins bien tenus et bien arrosés.
Le Maroc est riche en forêts; aucun soin n'est apporté à leur conservation, et elles sont souvent inabordables à raison du manque de chemins. Les forêts de Chêne-liège sont nombreuses, mais il est interdit de les exploiter. L'arbre caractéristique du pays est l’arbre d’Argan ou Arganier (voy. ARGAN), qui est d’une très grande utilité pour les populations rurales; les forêts d’Arganiers sont surtout nombreuses au sud de l'Atlas. Dans les régions méridionales, dominent les Palmiers, notamment les Dattiers.
On évalue la richesse du pays en animaux domes-
tiques à un demi-million de Chameaux ou de che-
vaux, 9 à 6 millions de bêtes bovines, 40 millions de moutons, 10 à 12 millions de chèvres, 4 millions d'ânes et de mulets. L’exportation des moutons est interdite; celle des bœufs n’est autorisée que par le port de Tanger. Aussi le commerce .consiste presque exclusivement en peaux plus ou moins tannées et en laines; ces dernières sont appréciées pour leur finesse. Les légumes et les oranges constituent, après ces denrées, les principaux produits agricoles qui font l’objet d’un commerce avec les ‘autres nations. HS:
MAROCAIN (ampélographie). — Le Marocain est un cépage remarquable par la beauté de ses fruits qui le fait rechercher pour la table. Bien que son nom permette de supposer qu'il est originaire du Maroc, cependant aucun fait positif n’est venu jusqu’à présent démontrer cette hypothèse. M. Henri Bouschet le confondait avec le San-Antoni qui est un cépage spécial aux Pyrénées-Orientales, mais le bourgeonnement de ces deux vignes est très différent et permet d'affirmer qu’elles ne sont pas identiques.
Description. — Souche moyennement vigoureuse. Sarments moyens, semi-érigés, à mérithalles allongés. Feuilles moyennes, tourmentées, quinquélobées, sinus pétiolaire profond fermé par la superposition des bords des lobes adjacents; sinus latéraux supérieurs assez bien marqués ; sinus inférieurs profonds et fermés, dents aiguës en deux séries. Face supérieure glabre ; face inférieure recouverte d’un duvet aranéeux. Grappe longue peu serrée, un peu ailée, à pédoncule et pédicelles longs et un peu grêles. Grains gros ovoides, noirs et couverts d’une pruine assez abondante. Maturité à la troisième époque.
Le Marocain est surtout répandu dans les départements du midi de la France. Il en existe une variété grise qui ne diffère du noir que par la couleur de son fruit : ce n’est qu’une simple dégénérescence de ce dernier; M. Henri Bouschet la en effet trouvé dans sa propriété de la Calmette sur un pied qui portait aussi des grappes noires.
Le Marocain paraît exiger la taille courte. G.F.
MAROCAINE (zootechnie). — Est ainsi qualifiée une variété de la race bovine Ibérique, comme se trouvant au Maroc. Cette variété ne diffère de celle de l'Algérie (voy. GUELMA) que par sa taille un peu
MARONAGE
moins petite. Tandis que les Bovidés algériens ne dépassent guère 1,15, elle va jusqu'à 1,30 et même 1,35. Du reste, comme formes et comme aptitudes, les différences sont insensibles. | Que la variété Marocaine de la race Ibérique représente à elle seule tout le bétail du Maroe, c’est très probable, mais nous n’en avons nullement la certitude. Ce bétail n’est guère connu que par les relations établies du côté de la frontière de
- notre colonie. Nous avons donc seulement des in-
formations pour ce qui concerne celui qui est voisin de cette frontière, et elles ne laissent aucun doute sur sa communauté d’origine avec le bétail algérien. A. S.
MAROILLAISE (z0otechnie). — Les auteurs, tourmentés du besoin des distinctions, décrivent sous ce nom, dans la prétendue race bovine Flamande, une prétendue sous-race qui se trouverait dans les environs de Maroilles. C’est un pays d’herbages et il y a là, en effet, un centre important de production bovine pour l'exploitation laitière. Mais la population ne diffère, par aucun caractère zootechnique de quelque valeur, de eelle des autres parties de la Flandre française. Ainsi que nous l'avons dit dans le Trailé de zootechnie : « Ici, comme partout, il y a des centres de production meilleurs que les autres, où les conditions naturelles sont plus favorables, les éleveurs plus habiles et plus attentifs, où conséquemment les aptitudes propres à la variété atteignent leur maximum, où les sujets d'élite sont plus nombreux. Ce n’est pas douteux. Mais il ne s’agit là que de nuances insuffisantes pour établir une caractéristique, les passages étant pour ainsi dire insensibles, quand on suit les rayons partant de ces centres pour aller aux extrémités de l’aire géographique de la variété. » (Voy. FLA- MANDE.) A. S.
MAROILLES (FROMAGE DE) (laiterie). — Fromage doux, affiné, fabriqué dans le département du Nord, surtout aux environs de Maroilles (arrondissement d’Avesne), qui en est le principal centre de commerce. Ce fromage, appelé aussi fromage de Ma. rolle, pèse de 300 à 400 grammes, et il a une forme cubique. Le lait est mis en présure, à la température ordinaire ; après avoir fait égoutter le caillé, on le répartit dans des moules en osier, où il séjourne deux jours. Les fromages sont mis ensuite à sécher sur des châssis garnis de chevilles ; quand ils sont ressuyés, on les frotte de sel avec la main, et on les met à sécher sur des elaies garnies de paille, où on les retourne tous les quinze jours; au bout de cinq à six semaines, on les porte à la cave où ils s’affinent ; on les retourne de temps en temps, en les lavant avec de la bière; ils sont prêts à vendre quand la croûte a pris une couleur citron. La qualité des fromages de Maroilles dépend surtout des proportions dans lesquelles le lait a été écrémé.
On fabrique des fromages de Maroilles, dits Dauphins, avec du lait non écrémé, auquel on ajoute parfois de la crème. Ils diffèrent des fromages ordinaires de Maroilles, non seulement par la pâte, mais par la forme; on emploie, pour les fabriquer, des moules construits en croissant. Quelquefois, la pâte de ces derniers fromages est persillée, par l'addition au caïllf d’estragon et de persil hachés très menu.
Dans la même région, on fabrique des fromages blancs, dits larrons, qu’on fait tremper dans de l’eau salée pour en faire dureir la croûte. On donne parfois le même nom de fromage larrons à des fromages fabriqués comme les fromages de Maroilles ordinaires, mais dont le poids est un peu plus fort. :
Le fromage appelé tuile de Flandre est fabriqué de la même manière que le fromage de Maroilles ; son poids est de 400 à 500 grammes.
MARONAGE (sylviculture). — Terme employé en Lorraine pour désigner le droit d'usage en bois