MARQUES
ainsi plus ou moins la toison. Celles qui sont appliquées avec des couleurs à l’eau n’ont pas cet inconvénient, mais, d’un autre côté, elles sont moins durables : la pluie les efface. Elles ne peuvent guère être employées que pour des nécessités temporaires ou passagères. Pour les besoins de l'exploitation, pour faire distinguer, première vue, par exemple, les antenaises des brebis, on préfère les peintures à l'huile qui résistent plus longtemps. Mais il y a pour cela un moyen plus simple et meilleur dont nous parlerons.
Les marques individuelles, c’est-à-dire les numérotages, se placent aux oreilles. On les pratique de deux façons. L'une consiste à imprimer sur la peau de la face interne de l'oreille, par tatouage, le numéro d'ordre. Au moyen d’ une pince spéciale et d’un jeu de chiffres à pointes trempées dans une encre bleue ou noire, l'opération est facile à réaliser. On trouve des pinces à tatouer de divers modèles chez les fabricants d'instruments de chirurgie vétérinaire et même chez certains marchands d'instruments agricoles.
Les petites plaies faites par les pointes des chiffres se cicatrisent en conservant, dans le derme, la couleur introduite, et ainsi le nombre se trouve marqué en cette couleur. L’instrument est peutêtre un peu délicat à manier, mais cependant son usage ne comporte point de réelles difficultés.
Dans l’autre mode, des signes conventionnels sont substitués aux chiffres. Ce sont ordinairement des entailles, ou encoches, ou crans pratiqués aux bords et à la pointe des oreilles, et des trous dans leur épaisseur. Cela s'obtient avec une pince à emporte-pièce. Les divers signes sont disposés d’après une clef qui donne à chacun sa valeur numérique, à peu près comme il en est dans la marque usitée pour le jeu de piquet. Parmi les entailles des bords, les unes sont des unités, les autres des dizaines, d’autres des centaines et, enfin, les dernières valent cinq cents. Cela dépend du bord et de l'oreille. À la pointe, l’entaille vaut d'un côté cinq et de l’autre cinquante. Les trous de l'oreille droite valent mille. C’est la clef admise dans le troupeau de l’école de Grignon, où ce mode de numérotage est usité. On voit qu'il est facile d'obtenir, à son aide, des nombres très élevés, car chaque bord de l'oreille peut aisément donner la place à cinq entailles au moins et la partie médiane à plusieurs trous. Cela ne cause autant dire pas de douleur, c’est à peine s’il s'écoule du sang et la cicatrisation est très prompte. L'opération du numérotage, d’après cette méthode, est done extrèmement simple. Elle n’exige qu'un petit instrument très peu coûteux cet nullement fragile.
A ces divers titres elle mériterait déjà la préférence sur le tatouage en chiffres. Mais 1l y a en sa faveur un autre motif bien plus important encore, et auprès duquel l'argument de la marque en chiffres lisibles pour tout le monde, que l’on à quelquefois fait valoir, ne saurait entrer en ligne.
Le numéro est tatoué, comme on sait, à la face interne de la conque auriculaire de l’animal. Pour le lire, il faut nécessairement saisir celui-ci, larrèter et lui retourner l'oreille, toutes choses qui le dérangent. Les entailles, au contraire, sont visibles à distance, même quand l'animal est en marche. Sans le toucher, on peut lire à tout instant son numéro, dès qu'on connaît la clef du système de numérotage. Il suffit pour cela de se placer à la distance de sa vue distincte. C’est ce que nous pouvons assurer par expérience personnelle nombre de fois répétée. Dans ces conditions, 1l n'y a pas à hésiter. Aucune autre considération ne pourrait être mise en balance avec un tel avantage. Et d’ailleurs il n’y en a point à faire intervenir. Il est, au contraire, évident que le manuel opératoire du tatouage est beaucoup plus compliqué el l'appareil instrumental beaucoup plus coûteux.
MARRE
Nous croyons donc devoir recommander plutôt, pour la marque individuelle des moutons, l'usage de l'emporte-pièce, que nous voyons pratiquer avec un succès constant depuis de nombreuses années, et qui est en outre beaucoup plus répandu.
Nous avons dit plus haut qu'il y a, pour faire distinguer les catégories du troupeau, un moyen plus simple et meilleur que celui qui consiste à imprimer une marque particulière sur la toison des sujets qui les composent. Le numérotage individuel fournit ce moyen.
Il suffit de le diviser en séries dont chacune correspond à l’une des catégories. Supposons que les agnelles grises appartiennent à la série des nombres au-dessous de 500, les antenaises à celle des nombres de 500 à 1000 et les brebis à celle des nombres au-dessus de 1000. Lorsque se feront les mutations que le temps amène nécessairement, toutes pourront conserver, dans leur nouvelle série, le rang qu'elles avaient auparavant. Il suffira pour cela d'ajouter une entaille au bord inférieur de l’oreille droite des premières et un trou à la même oreille des secondes. Le nouveau numéro, ainsi augmenté de 500 ou de 1000, indiquera tout de suite leur qualité. Il est bien entendu que cela implique la disparition d’un nombre de brebis égal à celui des antenaises qui changent de catégorie, ce qui est d’ailleurs le principe de toute bonne administration du troupeau. AS:
MARRE (outillage). — Nom donné, dans le Bordelais, à la houe à main (voy. HOUE), en usage pour biner les vignes.
MARRON. — Fruit du Marronnier (voy. ce mot).
On a signalé, dans les dernières années, de bons résultats obtenus en faisant consommer par les vaches et les moutons les marrons d'Inde dont on n'avait pas songé jusqu'ici à se servir comme substance alimentaire. L’àcreté qui caractérise les marrons disparaitrait par la dessiccation, et l’on pourrait, après les avoir foncassés, les donner au bétail en mélange avec des racines coupées en cossettes, des balles de céréales ou des tourteaux légèrement humectés.
On donne aussi le nom de marrons aux fruits de certaines variétés de Châtaignier (voy. ce mot).
MARRONNIER (sylviculture). — Le Marronnier d'Inde (Æsculus Hippocastanum), seul représentant européen de la famille des Hippocastanées, est un grand arbre à bourgeons écailleux d'un rouge brun, enduits d'une sécrétion résineuse. Ses feuilles