‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 86 sur 205 · MARRUBE · texte numérisé non relu

MARRUBE

pour garnir les avenues et les promenades. Sa croissance est rapide, quand il est placé dans un terrain frais et profond. Les sols secs ou trop humides lui sont contraires.

Le bois du Marronnier est mou, spongieux, et se pourrit promptement. Aussi n’a-t-il guère d'emploi industriel. I brûle difficilement et donne peu de chaleur. On extrait du péricarpe du marron des couleurs rouges, brunes et noires. La graine très féculente conserve une àpreté qui a empêché pendant longtemps de l’employer à l'alimentation. Les chèvres et les moutons sont les seuls animaux domestiques qui s’en nourrissent.

Longtemps rejeté comme dénué de valeur, le marron d'Inde sert surtout à préparer de l’amidon pour apprêts d'étoffes. Sa pulpe soumise à la fermentation et distillée donne de l’alcool. Mais jusqu'à ce jour ces industries ne paraissent pas très développées, car il se perd chaque année de très grandes quantités de ces graines qui jonchent les promenades et les jardins publics où elles servent de jouets aux enfants. B. DE LA G.

MARRUBE (botanique). — Genre de plantes de la famille des Labiées, rangé dans la tribu des Stachydées.

Les Marrubes (Marrubium L.) se distinguent parmi les autres genres de la même famille (voy. LABIÉES) par leur calice à cinq dents qui alternent avec cinq autres divisions plus petites, toutes étant sétacées au sommet, et plus ou moins recourbées en dehors ; par leur corolle dont la lèvre supérieure est bilobée et presque plane; par leur androcée didyname, inclus, dont les deux étamines antérieures sont les plus longues; par leurs achaines lisses, ovoides, obtus au sommet.

.Les Marrubes sont des herbes vivaces, ordinairement tomenteuses ou laineuses, à feuilles rugueuses, dentées. Leurs fleurs, toujours petites, blanches ou rosées, forment à l’aisselle des feuilles de volumineux glomérules. On en connait environ trente espèces, presque toutes propres aux régions tempérées de l’ancien monde.

La flore française ne comprend qu’une seule es-

pèce de ce genre, le Marrube commun (Marrubium |

vulgare L.). Cette plante est vulgaire et se voit surtout aux bords des chemins, dans les rues de villages. On la désigne, suivant les pays, sous les noms de Marrube blanc, Marchemin, Herbe vierge, etc. Ses fleurs blanches et exiguës, ses feuilles crénelées, fortement ridées en réseau, tomenteusesblanchâtres (surtout à la face inférieure), son odeur forte, aromatique et comme musquée, la font facilement reconnaitre. (

Le Marrube possède une saveur chaude et amère, due à l’huile essentielle qu'il renferme. Il est également riche en tanin, car sa décoction donne avec les sels de fer une belle couleur noire. Très vanté autrefois contre un grand nombre de maladies, le Marrube est aujourd’hui peu employé par la thérapeutique officielle, et l'abandon dont il est l’objet parait tout aussi exagéré que l'était sans doute la vogue qu'il a perdue. C’est une plante qui possède à un haut degré toutes les qualités que l’on recherche dans les espèces aromatiques; elle peut rendre des services comme tonique, stomachique et expectorante. C’est d’ailleurs un remède placé à la portée de tous, exempt de danger, et qui peut être fort utile dans nos campagnes contre les affections légères des voies respiratoires ou digestives. Son infusion, faite à la dose de 3Ù) grammes environ par litre d’eau, est loin d'être désagréable.

On désigne sous les noms vulgaires de Marrube noù, Marrube puant, une plante également très commune, qui appartient au genre Ballola L. Les Ballotes sont très voisines des Marrubes dont elles différent surtout par les dents carénées de leur calice, par la lèvre supérieure de leur corolle, qui

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