‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 10 sur 198 · HUCH · texte numérisé non relu

HUCH

Genève (Suisse) en 1750, mort en 1831, naturaliste, s’est fait connaitre surtout par ses recherches sur les mœurs des Abeilles, qu'il continua avec l’aide de sa femme, lorsqu'il devint aveugle. Ces études ont été publiées sous forme de lettres à Ch. Bonnet, avec le titre : Nouvelles observalions sur Les Abeilles (1792).

HUCH (pisciculture). — Le Huch est le Saumon du bassin du Danube. Il à les mêmes mœurs et habitudes que celui de l'Océan, le Salar, dont nous aurons à parler. Ce Salmone, qui s'élève très bien en stabulation, est le plus grand producteur de viande connu. Ce fut le premier produit de la pisciculture artificielle de cette belle et utile famille des Salmonides vu vivant à Paris en 1856. Il provenait d’un œuf fécondé sur le haut Danube par un pisciculteur d'Huningue où il fut incubé et enfin élevé dans un des bassins de cet établissement. Apporté à Paris pour l'exposition universelle de 1856, il périt par suite de la maladresse d’un ouvrier fontainier. Conservé dans les collections de Coste au Collège de France, il avait au moment de cet accident environ 3 ans et pesait 2300 grammes |

Ce poisson rustique et délicieux, pouvant atteindre jusqu'à 30 kilogrammes, cest depuis des années le sujet de toute l'attention des pisciculteurs allemands et autrichiens. En Hongrie et en Gallicie, 1l y est avec toute raison l’objet d’une culture spéciale. Comment, après un tel début, l’'Huningue français n’a-t-il pas su tirer un meilleur parti d’une si éclatante initiative réussie devant tous ?

Malgré l’acclimatation du Quinnat américain, nous espérons que la France reprendra le Huch, avec lequel elle remporta ses premiers succès piseicoles. C.-K.

HUERNE (biographie). — L.F.Huerne de Pommeuse, né à Paris en 1765, mort en 1840, agriculteur francais et économiste, fut membre de la Chambre des députés sous le gouvernement de la Restauration ; il fut un des premiers importateurs des moutons anglais en France. On lui doit : Des canaux navigables (1832), Des colonies agricoles et de leurs avantages (1832), Observalions sur les causes de l'existence des marais et sur les moyens de Les assainir (1834). Il fut membre de la Société nationale d'agriculture. H,S.

HUILE, HUILERIE (fechnologie). — Les huiles sont des corps neutres principalement constitués par un mélange de trimargarine et de trioléine qui sont des éthers de la glycérine: ces éthers résultent de la combinaison d’un équivalent de glycérine avec trois équivalents d’acide gras ; six équivalents d’eau sont éliminés; si l’on représente la glycérine par la formule C6H806, l'acide margarique par C32H%20£ et l'acide oléique par C36H340#, la trimargarine et la trioléine seront représentées par les formules de constitution :

CSH5056 +- 3 (C#H#0:) — CSH2 (C32H201}3 + 6H0O ne TT Se DR Qu. ed glycérine ac. margarique CSH305 + 3 (CE6H5 105) = CSH?2 (CSH#401)5 + 6HO TS ne DR.

trioléine

trimargarine

ac. oléique

En notation atomique :

CSHSO3 + 3 (CIH#02) — CH? (CH3%202) + 3 H20 CH803 + 3 (C'8H%0?) — CH? (C'SH#02)3 + 3 H?0

Les autres corps gras que l’on rencontre dans les huiles sont constitués d’une matière analogue. La présence de la glycérine dans ces composés est mise en évidence par la décomposition que leur font subir les alcalis qui régénèrent celle-ci et forment avec les acides des margarates et des oléates ou Savons.

HUILE

La trimargarine fond à + 61 degrés, la trioléine au-dessous de + 10 degrés ; il en résulte que les huiles sont d'autant plus fluides qu’elles renferment une plus grande proportion de trioléine.

Les corps gras qui résultent de la combinaison de la glycérine avec les acides sont incolores et inodores ; ce n’est donc pas à eux qu’il faut attribuer la coloration et -la saveur des huiles, mais à des substances encore mal connues qui les accompagnent.

Les huiles sont plus légères que l’eau ; leur densité varie de 0,915 à 0,970 : elles sont insolubles dans l’eau, généralement peu solubles dans l'alcool, très solubles au contraire dans l’éther, la benzine, le sulfure de carbone, le pétrole et les huiles essentielles, dont elles se distinguent en ce qu’elles font sur le papier des taches graisseuses permanentes.

Les huiles se décomposent sans bouillir vers 300 degrés en émettant des vapeurs très âcres.

L'air exerce sur les huiles une action oxydante d’une intensité très variable, mais toutes absorbent l'oxygène, et leur oxydation s’accompagne parfois d’une élévation de température capable de causer des incendies ; les accidents de ce genre se produisent surtout lorsque l'huile imprègne certaines substances organiques telles que la cellulose (chiffons). L’accumulation d’une grande quantité d’huile dans d2s caves peut rendre l'atmosphère de cellesci irrespirable, à cause de la disparition d l'oxygène. à

L'action de l'air sur les huiles les a fait distinguer en huiles siccatives et huiles non siccatives.

Au nombre des premières sont l'huile de Lin, de noix, de chènevis, d'OEillette, de Ricin, de Croton, de Madia, de Grand-Soleil, d’'Epurge, de Pin, de, Courge, de Belladone, de Pavot cornu, de Tabac, de raisin, de marrons d'Inde. Leur solidification est accélérée par certaines substances oxydantes telles que la litharge, le minium, le bioxyde, le borate et l’acétate de manganèse.

Les huiles non siccatives rancissent à l'air en devenant acides par suite probablement d’une fermentation provoquée par les matières azotées qu’elles renferment et dont on peut atténuer l'effet nuisible en les coagulant par la chaleur. La constitution des huiles a été établie par M. Chevreul, l’action de l'air a été spécialement étudiée par M. Cloez.

Action des réactifs sur les huiles.— La décomposition la plus nette que puissent subir les huiles se produit, comme nous l’avons dit, sous l'influence des alcalis, mais les acides énergiques les convertissent en acides gras. L’acide sulfurique concentré s’échauffe au contact des huiles et donne de l’acide sulfureux. L’acide azotique concentré oxyde violemment les huiles ; étendu, il agit encore comme oxydant et à l’ébullition les convertit finalement en acide oxalique.

Le chlore, le brome et l’iode enlèvent de lhydrogène aux huiles végétales en donnant des dérivés incolores ou de couleur jaunâtre. Les huiles dissolvent le soufre et le phosphore.

FABRICATION DES HUILES DE GRAINES. — La graine à l’état naturel renferme l’huile dans des cellules à parois de résistance variable, d’où elle ne s'écoule qu'après la rupture de l'enveloppe; mais il ne suffit pas de déchirer les parois des cellules pour déterminer l'écoulement de l'huile ; sa viscosité et son adhérence aux parties solides nécessitent un traitement spécial ayant pour but de la fluidifier et d’en déterminer la séparation par une pression énergique. La fluidification par le chauffage est généralement employée; elle fournit en deuxième et troisième pression l'huile de rebat, l'huile obtenue à froid par première pression portant le nom d'huile de froissage.

La fabrication des huiles de graines comporte en

HUILE

résumé cinq opérations : 1° nettoyage de la graine ; 2 concassage et broyage; 3° chauffage par la vapeur; 4 mise en sacs; 5° pression. Les graines pressées subissent en outre un deuxième chauffage et une nouvelle pression.

Le nettoyage des graines s'exécute sur un tamis plat automatique ou dans un tarare; on les débarrasse ainsi des pierres et des graines plus lourdes ou plus légères qui les accompagnent.

Le concassage et le broyage des graines peut s'effectuer de différentes manières : dans le département du Nord, on emploie des pilons de bocard mis en mouvement par des moulins à vent; mais ce procédé ne peut être appliqué en grand.

Dans les huileries bien montées, le broyage de la graine se produit suc-

HUILE

l’un des cylindres, qui transmet sa vitesse au second par l'intermédiaire d’un ‘engrenage (on emploie aussi des cylindres marchant avec des vitesses différentes). Une trémie en bois C, continuellement pleine de graines, alimente uniformément le {ordoir au moyen d’un petit rouleau cannelé D, dont on fixe à volonté la vitesse au moyen d’une poulie à plusieurs gorges.

Une machine de ce genre, dont les cylindres ont 0,60 de longueur, 0",13 de diamètre et une vitesse de 45 à 50 tours par minute, broie par jour 4 hectolitres de graines et alimente deux paires de meules. La force motrice nécessaire est d’un cheval-vapeur.

cessivement avec deux machines différentes ; la première concasse la graine pour l'empêcher de glisser sous les meules qui doivent terminer le broyage.

La machine la plus employée pour:

le concassage des graines se compose (fig. 124) de deux cylindres creux À, B,

NN

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