‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 67 sur 198 · ESS · texte numérisé non relu

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IRRIGATION

Cette méthode est la plus usitée en France dans les irrigations des Vosges et du Limousin. Elle se prête à toutes les pentes, depuis celle de 0,04 par mètre jusqu'aux plus fortes inclinaisons que puissent présenter les prairies de montagne; elle cesse d’être avantageuse lorsque la pente du sol est inférieure à 0%,04 par mètre. Le seul inconvénient de l'irrigation par rigoles versantes, c’est qu’elle exige un soin méticuleux dans l'exécution des rigoles de niveau et dans leur entretien : c’est, en effet, du tracé rigoureux des rigoles et de son maintien que dépend la régularité de l’arrosage, condition indispensable pour le bon effet des irrigations.

La méthode d'irrigation par rigoles inclinées, qu'on appelle aussi irrigations par r'42es, COnsiste à répartir sur le terrain des rigoles principales de distribution, d’où se détachent des

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Fig. 174. — Plan d’une irrigation en prairie de montagne.

appelle aussi rigoles versantes, on doit veiller à ce que le bord inférieur, qui affecte toujours la forme d’un bourrelet, soit bien horizontal; c’est la condition indispensable pour la répartition régulière de l’eau au-dessous de la rigole. On forme ce bourrelet avec les gazons retirés en creusant la rigole. La distance à maintenir entre les rigoles de niveau varie suivant la nature plus ou moins perméable du terrain, et suivant sa pente. D’après Pareto, la distance entre ces rigoles peut varier

Fig. 175. — Coupe verticale d’une irrigation de prairie de montagne.

depuis 40 mètres pour les sols imperméables et les pentes les plus douces jusqu’à 2 mètres pour les sols perméables et les pentes accidentées : d’après M. Keelhoff, les limites entre deux rigoles successives, dans les sols perméables, varient entre 3 et 13 mètres. Dans chaque cas particulier, on doit se guider d’après les circonstances locales. Il peut arriver, en effet, et il arrive souvent que, par suite de la configuration du sol, deux rigoles voisines ne soient pas parallèles ; sur certains points de leur parcours, elles peuvent être très éloignées

l’une de l'autre, et sur d’autres points, au contraire, tres rapprochées.

rigoles secondaires, tracées en ligne droite ou en ligne courbe suivant la pente du terrain.

Cette méthode s'applique surtout aux terrains naturellement ondulés, mais sans pentes excessives sur les diverses parties à irriguer. Dans ce système, les rigoles de distribution sont dirigées suivant les lignes de pente du terrain, en ménageant au besoin des cascades pour ne pas donner au courant, le long des rigoles, une rapidité excessive; on leur donne une largeur uniforme jusqu'aux premières rigoles secondaires qui s’y embranchent, puis on la diminue progressivement jusqu'à l'extrémité, où elle n’est plus supérieure à celle des petites rigoles. Quant aux rigoles secondaires, elles ne sont pas établies suivant des lignes de niveau, comme dans la méthode précédente, mais en suivant une légère pente régulière. Cette pente varie de 0",001 par mètre dans les terrains imperméables, à 0",005 au plus dans les terrains les plus perméables. Pour assurer le déversement de l’eau dans les rigoles secondaires, de petites vannes sont disposées à leur point d’intersection avec la rigole de distribution; pour faire déverser l’eau uniformément par les rigoles secondaires, on peut arrêter le courant par des mottes de gazon ou de petites planches qu’on change de place suivant les besoins de l’arrosage. Quant aux rigoles de colature, elles sont placées dans les parties basses au-dessous des rigoles secondaires ; l’asséchement se fait facilement lorsque les vannes de distribution sur le canal de dérivation sont fermées.

Voici (fig. 176) une application de cette méthode sur une prairie de 12 hectares, très ondulée, et présentant plusieurs pentes de direction variable ; la différence de niveau entre le point le plus élevé et le point le plus bas est de 28,40. Sur le canal qui fournit l’eau, deux prises sont établies en A et A’. Sur la prise A, une rigole de dérivation se bifurque immédiatement pour former deux rigoles principales B et C, sur lesquelles s’embranchent un très grand nombre de rigoles secondaires, qui déversent l’eau directement sur toutes les parties de la prairie qu’elles dominent. De la prise A’ part une deuxième rigole de dérivation B' qui est dirigée jusqu’à l’autre cxtrémité de la prairie, et sur laquelle s’embranchent encore un grand nombre de rigoles secondaires. On comprend, sans qu’il soit besoin d’insister, que cette méthode d'irrigation exige une surveillance incessante et que la main de l’homme doit intervenir presque constamment pour assurer la régularité du mouvement de l'eau dans cet enchevêtrement de rigoles.

Il arrive souvent que, dans les prairies de mon-

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IRRIGATION

tagnes, on combine la méthode d'irrigation par rigoles de niveau avec celie d'irrigation par rigoles inclinées. On en voit un exemple dans la figure 174. Sur les rigoles de niveau a et b prennent naissance de plus petites rigoles dirigées dans le sens de la pente, et dont la largeur diminue progressivement jusqu’à leur extrémité, qui se termine en pointe. Comme ces rigoles ne peuvent contenir, à mesure qu'elles se rétrécissent, toute l’eau qui y arrive, cette eau se déverse assez régulièrement sur toute leur longueur. Cette combinaison pré-

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