‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 69 sur 198 · LD · texte numérisé non relu

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Fig. 177. — Irrigation par planches en ados.

tres d’après Pareto. Pour la largeur des planches, il faut tenir compte de la perméabilité du terrain, de la régularité de l’arrosage, et de la dépense en eau, qui est d'autant plus grande que les planches sont plus étroites. La largeur doit en être d’autant plus étroite que le sol est naturellement plus

humide. En Lombardie, les planches les plus

Fig. 178. — Coupe d’une irrigation par demi-planches superposées.

étroites sont larges de 7 à 8 mètres, et les plus grandes de 40 à 50 mètres. D’après M. Keelhoff, les largeurs les plus convenables sont celles de 10 mètres dans les terrains sablonneux et de 16 mètres dans les terres argileuses ; si la forme du terrain l'exige, il peut arriver qu’une même planche ait une largeur variable d’une extrémité à

LOVE > % COS Lo CU 0 3 L LS 1 2 LL LL Z LS DD 5 D UULE L CZ, 227 2222225

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ment, 0,25 de largeur, 0",20 de profondeur à l’origine, et 0,25 au point où elles se jettent dans le fossé d’asséchement. Une bonne pratique consiste à arrêter les rigoles de déversement à une distance de 1%,50 de l'extrémité de l’ados et à ne faire commencer les rigoles d’égouttement qu’à la distance de 1 mètre de la rigole de distribution.

Pour donner l’eau dans ce système d'irrigation, il suffit de lever les vannes de la rigole de distribution et de fermer celles des rigoles de colature. Pour enlever l’eau, on fait l’opération inverse. Pendant l’arrosage, on doit surveiller attentivement le mouvement de l’eau pour la faire couler partout en nappes égales et éviter qu’elle ne reste stagnante sur quelque point.

L'irrigation par demi-planches superposées est une modification apportée au système précédent pour l’appliquer sur les terrains qui présentent une pente assez sensible. Cette méthode est relativement peu usitée. Les demi-planches sont toujours dirigées transversalement à la plus grande pente du terrain. On donne à chaque division une largeur et une inclinaison qui varient avec la nature du sol et sa forme. En haut de chaque demiplanche se trouve (fig. 178) une rigole de déversement a, et en bas une rigole de colature c. La rigole principale de distribution est dirigée dans le sens de la plus grande pente; un la divise en autant de biefs qu’il y a de demiplanches superposées. La pente de chaque demi-planche est comprise entre 0",02 et 0®,10. D’après Pareto, la limite de la longueur utile est de 90 mètres ; quant à la largeur, elle peut varier entre 5 et 25 mètres. Les rigoles de déversement alimentées par la rigole de distribution sont larges en moyenne de 25 centimètres, et on leur donne une très légère pente ; un bourrelet les termine en aval. Quant aux rigoles de colature, leurs dimensions sont à peu près les mêmes; on les dirige de telle sorte qu’elles amènent l’eau au bief in-

férieur de la rigole de dis-

tribution ; il y a ainsi re-

Fig. 179. — Plan d’une irrigation par infiltration.

l’autre. La pente des ados est généralement de 0®,05 par mètre; elle peut atteindre jusqu’à 0,10. Les dimensions qui paraissent les plus convenables pour les rigoles de distribution sont de 0,50 de largeur au fond et 0,15 de profondeur, avec une pente d'un demi-millimètre par mètre; pour les rigoles de déversement, 0",25 de largeur et 0",05 à 0,10 de profondeur; pour les rigoles d'égoutte-

prise de l’eau. Une petite digue sépare toujours la rigole de colature de la rigole de déversement de la demi-planche suivante.

Quant aux règles à suivre dans la conduite de l’eau, elles sont les mêmes que pour l'irrigation par planches en ados.

Dans la méthode d’irrigation par infiltration, l’eau ne couvre pas le sol comme dans les méthodes précédentes ; elle est maintenue, courante ou stagnante, dans de petites ri-.

goles creusées parallèle ment les unes aux autres; elle s’infiltre dans la terre qu’elle imbibe sur une étendue qui varie avec la nature du sol et avec la quantité de liquide qui circule dans les rigoles. Il est assez difficile que toute la couche soit imbibée uniformément. L'irrigation par infiltration n’est que rarement pratiquée sur les prairies; mais elle trouve des applications nombreuses, sous les climats méridionaux, dans la

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culture de certaines céréales, notamment.du Maïs et dans celle des plantes potagères; c’est la seule, d’ailleurs, que l’on puisse adopter lorsque le pied des plantes ne doit pas être baigné par l’eau; c’est aussi la seule méthode qni serve dans les irrigations à l’eau d’égout (voy. Ecour). Le plus souvent l’eau, prise dans les rigoles de dérivation, est déversée dans des rigoles secondaires horizontales ou n’ayant qu’une très faible pente. Ces rigoles, qui ont la

même forme que toutes les autres rigoles d’irriga-,

tion, sont disposées parallèlement et elles sont assez multipliées pour que nulle partie du terrain n’échappe à l’action de l’eau. Il est préférable d’augmenter la longueur de leur circuit que les dimensions de leur profil; on doit veiller à les curer régulièrement et à répandre sur les planches voisines le limon qui y est déposé par l’eau et qui peut mettre obstacle à l'infiltration.

La figure 179 montre une application de ce système à des cultures potagères. Sur le canal d'amenée AA’ qui traverse le terrain, sont prises deux rigoles de dérivation, BB' et CC’; sur ces rigoles s'embranchent les rigoles d'infiltration creusées entre les planches qui portent les plantes cultivées. Ces dernières rigoles sont profondes de 20 à 40 centimètres, suivant leur importance. Leur longueur doit être telle que l'absorption de l’eau soit complète dans le parcours d’une extrémité à l’autre; dans les sols assez perméables, cette absorption est complète après 40 à 50 mètres ; sur les sols argileux, l'absorption est plus lente, et alors il peut être nécessaire de reprendre les eaux par des rigoles de colature pour les conduire sur d’autres planches. Quant à la largeur des planches, elle peut varier de 1 à 3 ou 4 mètres, suivant la nature du terrain et suivant les espèces de plantes cultivées. On fait revenir les arrosages plus ou moins souvent, suivant la nature des cultures, suivant les saisons et les climats.

Pour en finir avec les méthodes d'irrigation, il ne reste plus qu'à donner quelques détails sur la combinaison du drainage avec l'irrigation, souvent préconisée, mais beaucoup plus rarement réalisée. Cette combinaison, qu’il ne faut pas confondre avec l'emploi des eaux s’écoulant des drains pour arroser des fonds inférieurs, est tout à fait propre à séduire. « En effet, comme le disait Barral, tout le monde a remarqué que l’obstruction accidentelle d’un drain ne tarde jamais à se manifester à la surface du sol par des aspects plus sombres et bientôt par une humidité nuisible. Il y a là l’indication d’un moyen à employer pour obtenir une irrigation par infiltration à l’aide des drains euxmêmes, qu'il suffira de disposer de façon qu’on puisse les boucher et les déboucher facilement. Il sera même possible de faire refluer l’eau à la surface, de manière à l’employer en irrigations par rigoles et par déversement. » C’est sur des considérations de ce genre qu'ont été établis les divers systèmes proposés pour combiner l'irrigation avec le drainage. Parmi ces systèmes, le plus simple est celui qui est appliqué en Angleterre dans les irrigations avec les eaux d’égout ; 1l y est adopté surtout dans le but de faire absorber de grandes quantités d’eau par des terrains naturellement peu perméables ; les drains sont placés d’autant plus profondément que le terrain est plus argileux. Mais le procédé qui réalise le mieux la conception indiquée plus haut est celui qui est connu en Allemagne sous le nom de méthode Pétersen, et qui présente une grande analogie avec le système préconisé en France par M. Rérolle il y a plus de trente ans. Ce système consiste à établir l'irrigation d’une part et le drainage d’autre part, à peu de chose près comme si chacun d’eux devait fonctionner seul, mais à la condition que les drains soient munis d'appareils quelconques de fermeture, permettant d'y arrêter la circulation de l’eau. A cet effet, on place sur les drains,

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de distance en distance, des puisards garnis de bondes destinées à fermer les conduits, et que l’on peut manœuvrer à l’aide de tringles. Pour arrêter le fonctionnement du drainage pendant l'irrigation, on ferme les bondes des drains qui correspondent à la partie de la prairie couverte d’eau; on obtient ce résultat en plaçant les puisards de telle manière que le fond de chacun d’eux soit au niveau de la bouche de celui qui leur est immédiatement inférieur. Si le drainage était organisé suivant les procédés habituels, on serait obligé, pour peu que la prairie ait une certaine pente, d'établir un grand nombre de puisards; on obvie à cet inconvénient en plaçant les premiers drains presque horizontalement et en donnant aux collecteurs seuls la direction de la plus grande pente ; il suffit alors de quelques regards disposés le long de ces collecteurs pour arrêter l’eau dans tout le réseau. Dès que l’on cesse d’irriguer, on rétablit la circulation dans les drains, de telle sorte que l’asséchement du sol se fait avec une grande rapidité. Quelquefois on ne suspend pas complètement le mouvement de l’eau dans les drains, et une certaine quantité d’eau en excès déborde par les puisards; cette eau est reçue dans les rigoles d'irrigation. On recommande aussi, dans la méthode Pétersen, d'établir les rigoles de niveau immédiatement au-dessus des drains; mais cette coïncidence n’est pas toujours réalisable, à raison de la pente nécessaire aux drains, et elle n’est d’ailleurs pas indispensable pour le succès du système. Les avantages de la combinaison du drainage avec l'irrigation sont exposés comme il suit par M. Charpentier de Cossigny : « Les terrains les plus humides et les plus marécageux pourront être fertilisés par cette irrigation avec drainage intermittent. Il suflira pour cela, sans augmenter le nombre des collecteurs, de multiplier les drains secondaires lorsque la nature du sol l’exigera. Cette méthode sera éminemment favorable à l'emploi de volumes d’eau très modérés, attendu qu’une aération énergique succédant à chaque arrosage, il n’y a pas à redouter les funestes effets d’une eau presque stagnante et insuffisamment pourvue d'oxygène. L'emploi de beaucoup plus grandes masses d’eau sera également possible, puisqu'on dispose d’un double moyen d'évacuation, écoulement superficiel comme dans les irrigations sans drainage, et écoulement intermittent par les drains. Il y a donc tout lieu de croire que, par le procédé dont il s’agit, on porterait les prairies au plus haut degré de fertilité qu’elles soient susceptibles d'atteindre. » Il faut ajouter d’ailleurs que les intermittences de circulation d’air et d’eau dans le sol constituent la situation la plus favorable pour la nitrification, c’est-àdire pour la mise des principes utiles à la disposition des végétaux, ce qui est éminemment propre à assurer le maximum de récoltes.

Colatures. — Dans toutes les méthodes d'irrigation décrites précédemment, on a insisté sur les rigoles de colature ou d’égouttement qui servent à évacuer les eaux en excès après l'irrigation. Il importe, en effet, que l'excédent d’eau s’échappe rapidement, dès que l’arrosage est achevé; autrement, on perdrait les fruits de l’opération. Autant l'eau vive est utile à la végétation, autant l’eau stagnante est contraire à la bonne venue des plantes. L’agriculteur qui irrigue doit donc avoir un souci égal de l'évacuation des caux en excès que de la bonne répartition de l’arrosage sur tout le terrain.

EXÉCUTION DES TRAVAUX D'IRRIGATION. — Les travaux d'irrigation comportent trois séries d’opérations : préparation du terrain, pratique des arrosages, travaux d'entretien. é

Préparation du terrain. — La préparation du terrain consiste dans la réalisation du plan d'irrigation étudié préalablement. Elle comporte l’exécution du canal de dérivation, du canal de réparti-

tion, des rigoles d'arrosage, des rigoles de colature

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et, dans certains cas, comme dans les irrigations par planches, des mouvements de terrain nécessaires pour donner au sol la forme propre à recevoir l'irrigation. ,

Le canal de dérivation prend l’eau, soit à un canal ou à un cours d’eau, soit à un étang ou à un réservoir. Les dimensions à lui donner dépendent de la quantité d’eau dont on peut disposer; il est utile que ses bords soient élevés de 0,30 environ au-dessus du niveau des plus hautes eaux qu’il doit porter. Si ce canal est légèrement élevé au-dessus du niveau de la prairie, au moyen d’une digue, il remplira d'autant plus facilement les canaux de répartition. Sa section est trapézoïdale. Les terres de déblai sont rejetées sur les côtés et, quand on le peut, recouvertes des plaques de gazon qui recouvraient le tracé du canal. Si le canal part d’un cours d’eau, il est généralement fermé à son extrémité par une vanne ou martellière (voy. VANNE) ; s’il part d’un étang ou d’un réservoir, il est fermé par une bonde (voy. ce mot). Il est bon qu'à son extrémité, il n’ait que le tiers de la largeur qu'il avait à son début; cette disposition maintient la hauteur de l’eau dans toutes ses parties.

Les canaux de répartition, intermédiaires entre le canal de dérivation et les rigoles d'arrosage, ne se rencontrent pas dans toutes les méthodes d’irrigation. On les établit d’après les mêmes principes que le canal de dérivation, en ayant soin, lorsque cela est possible, que leur niveau soit un peu élevé au-dessus de celui des rigoles d'arrosage. On les ferme avec des vannes, dont les dimensions varient suivant celles des canaux eux-mêmes.

L'établissement des rigoles d'arrosage comporte deux opérations successives : le tracé des rigoles sur le terrain et leur exécution. Pour tracer les rigoles, on en fixe la direction sur le terrain, en se servant du plan pour guide, par des fiches en bois ou en fer qu'on enfonce dans le sol; le long de ces fiches on fait courir un cordeau qui est maintenu rigide ; les fiches sont d’ailleurs assez rapprochées pour que le cordeau ne dérive pas de la direction de la ligne à suivre. Le long de la ligne indiquée par le cordeau, on tranche le gazon, soit avec une bêche à fer plat, soit, ce qui est préférable, avec la hache à pré (voy. DÉGAZONNEMENT). Lorsque cette première ligne est achevée, on en trace, de la même manière, une deuxième parallèle à la première, à la distance déterminée par la largeur de la rigole. On coupe en morceaux longs de 30 à 35 centimètres, cette bande de gazon séparée du reste de la prairie; on enlève les plaques soit avec un crochet, soit avec une pioche, et on les dépose sur le bord de la rigole. On achève la rigole avec une bêche qui taille les talus ; on en affermit, et en tous cas, on en dresse le fond avec une batte (voy. ce mot) ou avec une dame analogue à celle qui sert pour le drainage (voy. ce mot). Un niveau à fil à plomb suffit pour contrôler la pente des rigoles. Les plaques de gazon qui recouvraient la place des rigoles servent souvent à former sur le bord de celles-ci une petite digue qui le consolide et s'oppose à l'érosion par les eaux. On recommande quelquefois de ne pas creuser plus de 40 à 50 mètres de la rigole sans y mettre l’eau et en examiner le courant; mais cette opération est inutile lorsque le nivellement a été fait avec soin. On a préconisé, pour le tracé des rigoles, l'emploi de charrues rigoleuses analogues aux buttoirs; ces instruments sont peu usités, sauf pour le tracé des dernières rigoles dans les irrigations par rigoles inclinées ou dans l'exécution des rigoles sur les terrains plats; ils ne peuvent remplacer le travail de l'homme pour tracer les rigoles de niveau sur les terrains en pente. Les parois des petites rigoles

sont verticales ; celles des rigoles plus profondes-

sont inclinées, et l’inclinaison est d'autant plus forte que le sol a moins de consistance (fig. 180)

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Les dimensions à donner aux rigoles ne sont pas indifférentes. Les expériences de M. Keelhoff ont établi que la déperdition d’eau par imbibition est d'autant plus grande que les rigoles de déversement sont plus profondes; il a constaté, par exemple, dans des prairies de la Campine, que pour arroser par déversement des planches en ados d’une largeur de 5 mètres sur 25 mètres de longueur, avec une pente transversale de 0,05 par mètre, on devait dépenser, avec des rigoles profondes de 0",28, un volume d’eau de 79,66 par seconde et par hectare; sur des planches de même nature, la profondeur des rigoles étant réduite à 0,05 et les plafonds étant fortement damés, le volume d’eau nécessaire pour l’arrosage se réduisait à 311,59. Dans le premier cas, les rigoles de déversement absorbaient 6417, et dans le deuxième cas 16,12 seulement ; 101,99 étaient absorbés par

Fig. 180. — Coupe d’une rigole en sol perméable.

les rigoles d'alimentation. Les dimensions que l’on considère comme les meilleures pour les dernières rigoles qui répandent l’eau sur le sol sont les suivantes : profondeur, 0%,05; largeur, 0",25 à 0",28; ces dimensions n'opposent pas d’ailleurs d’obstacle sérieux aux travaux de récolte dans les prairies. Quant aux rigoles de colature, il convient qu'elles soient assez profondes pour que l’eau soit de 0,05 à 0",10 en contre-bas des rigoles qui y aboutissent; on leur donne une largeur et une pente proportionnelles aux quantités d’eau qu'elles doivent écouler en temps normal. Le débit des rigoles, quelles qu’elles soient, dépend de la section mouillée et de la vitesse de l’eau; on le détermine par les méthodes ordinaires de jaugeage (voy. ce mot).

Les travaux les plus considérables pour la préparation du terrain sont ceux qui se rapportent aux opérations de terrassement, surtout dans le système d'irrigation par planches en ados. Ces terrassements ont pour objet d'assurer sur la surface un écoulement régulier de l’eau. Nous nous occuperons surtout de la création de ces planches, car les terrassements à faire dans les autres méthodes d'irrigation n'en sont, en quelque sorte, qu'un diminutif. Ici, comme pour le tracé des rigoles, c’est d’un bon plan que dépend le succès de l’opération. On doit ordonner le plan de telle manière que les déblais ef les remblais se compensent autant que possible, et que les transports de terre soient réduits dans les limites minima. Au besoin, on fractionne l’étendue du pré, et, pour chaque fraction, on établit un plan particulier. est évident qu’on ne peut pas calculer rigoureusement l'importance des mouvements de terre, mais il importe de les établir approximativement, afin de supputer la dépense du travail. Nous empruntons à Villeroy un calcul de ce genre :

« Supposons, dit cet auteur, une surface unie à disposer en ados; la longueur est de 450 mètres et la largeur de 30 mètres. On veut former cinq ados ayant chacun 10 mètres de largeur et 30 mètres de longueur. Si la hauteur de chaque ados, dans sa partie la plus élevée, est de 0,60, on a un prisme de 10 mètres de base, 0",60 de hauteur et 30 mètres de longueur, ou une contenance de 90 mètres cubes. Ainsi les cinq planches

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nécessiteront une masse de terre de 5 xX 90 ou 450 mètres cubes. On suppose ici que les planches sont construites en les élevant sur l'ancien sol et en rapportant la totalité de la terre dont elles sont formées. Cependant ce cas se présente rarement. Le plus souvent les planches sont formées avec le sol même du pré, et ce qu’on enlève sur les côtés suffit pour leur donner au milieu la hauteur nécessaire. Si la surface unie que nous venons de supposer devait être disposée pour l'irrigation en plan incliné, il faudrait, pour obtenir une inclinaison de 5 pour 100, abaisser au bas du pré le sol de 0",75, pour le reporter à la partie supérieure. On aurait ainsi un prisme de 30 mètres de largeur, 50 mètres de longueur, une épaisseur moyenne de 0,75 et un cube de 1125 mètres. Ces calculs peuvent être d'autant plus exacts que la surface du sol est plus unie. L’inelinaison, pourvu qu’elle soit régulière, n’est d'aucune conséquence. Supposons que la surface qui a servi d'exemple ait 2 pour 100 de pente, son bord inférieur devrait être encore abaissé de 3 pour 100 pour obtenir linclinaison de 5 pour 100, ee qui ferait 0",90. L’épaisseur moyenne de la terre à enlever serait de 0",45 et la masse totale de 615 mètres cubes. Si la surface du pré est très inégale, il faut calculer séparément chaque élévation et chaque dépression un peu considérables, et évaluer les autres à vue d'œil. Dans le calcul des terres à transporter, on doit remarquer qu'une masse solide de 5 mètres cubes de terre à transporter donne, étant remuée, 6 à 7 mètres cubes. Cette différence varie selon la nature du sol, qui augmente d'autant plus de volume qu’il s’ameublit davantage quand on le travaille. » Il est vrai qu'un tassement de la terre rapportée a toujours lieu ensuite, mais il faut beaucoup de temps pour qu'elle devienne aussi ferme qu’elle était auparavaut; c’est pourquoi, lorsque l’on forme les ados avec de la terre ameublie, il peut être souvent utile de leur donner une forme bombée au lieu de la forme prismatique qu'ils devraient avoir ; le tassement de la terre leur rend peu à peu leur forme naturelle.

Avant de commencer les mouvements de terre, on détermine sur le sol avec des piquets de hauteur variable suivant les changements de niveau, la forme à donner aux planches. La meilleure marche à suivre pour l’exécution des travaux consiste à commencer par la partie supérieure du pré, en formant à la fois chaque planche sur toute la longueur, entre le canal de distribution et le fossé d’asséchement. Les travaux menés régulièrement sont toujours les meilleurs pour le rendement ultérieur. Les opérations de terrassement s’exécutent le plus souvent avec la pelle et la brouette; pour les mouvements de terrain importants, on se sert avec avantage de la pelle à cheval ou ravale (voy. ce mot). Si la terre sur laquelle on opère était auparavant en prairie, on procède, avant les travaux de terrassement, au dégazonnement (voy. ce mot), c’est-à-dire à l'enlèvement du gazon par plaques régulières qu’on met en tas, et qu’on replace lorsque les travaux sont achevés.

Le commencement de mars, sous la plupart des climats européens, est le moment le plus favorable pour entreprendre les travaux; la terre est dégelée et l’on n’a plus à craindre de grands froids, d’autre part le soleil n’a pas assez de force pour brûler les plaques de gazon enlevées du sol. Quand on replace les gazons, on les dame, et l’on attend trois ou quatre semaines avant d’arroser; c’est le temps nécessaire généralement pour la reprise de la végétation. Si l'on doit créer la prairie par semis, on exécute les planches à l'automne ou au com- ‘mencement de l'hiver. |

Toutes les saisons ne sont pas également favorables pour l'exécution des travaux dont la descrip- ‘tion précède. On vient de voir quelles époques

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sont les meilleures pour les mouvements de terrain- En ce qui concerne l'exécution des canaux de dérivation et des rigoles dans les terres qu’on ne remanie pas, l'automne et le commencement de l'hiver sont les saisons favorables, parce qu'à ce moment on n’a pas à craindre d’entraver la végétation par de fréquents passages sur le sol, surtout dans les prairies. Si les travaux ne sont pas achevés dans cette saison, on les termine au commencement du printemps, avant le départ de la végétation.

Pratique des arrosages. — On a vu qu’une irrigation se compose de plusieurs arrosages. Ces arrosages se font avec des intermittences plus ou moins grandes, car l’eau est plus ou moins nécessaire, sous les divers climats, selon la saison et le terrain ; mais surtout selon la nature de la récolte, on doit aussi la donner plus ou moins souvent. On a vu plus haut quelles énormes différences se présentent dans l'emploi de l’eau, et l’on a vu aussi les explications données par la science à ces différences. Quant à la pratique même de l’arrosage, c’est-à-dire aux règles journalières à suivre dans l'application de l’eau, c’est affaire de coup d'œil, de métier manuel, et, par conséquent, d'apprentissage. Le métier d'irrigateur s’apprend sur le terrain, comme le métier de laboureur. L'irrigateur doit savoir qu'en donnant telle ou telle ouverture à la vanne de dérivation, le débit de l’eau correspondra à une répartition plus ou moins copieuse dans les rigoles d'arrosage; mais on ne peut lui fournir que des données générales sur l'opportunité d’un arrosage plus ou moins copieux à tel jour déterminé. Ces données reposent aujourd’hui sur une expérience séculaire; on à vu plus haut quelles sont les pratiques auxquelles elles ont donné naissance, suivant les climats, tant pour les irrigations d'hiver que pour celles d'été.

Toutefois, lorsque la prise d’eau est ouverte, le rôle de l’irrigateur n’est pas achevé. S'il lui appartient exclusivement de déterminer la quantité d’eau à répandre, 1l doit aussi surveiller avec soin comment cette eau se répartit. En conséquence, il doit en suivre le déversement sur le sol, régler ce déversement à l’aide de vannettes qu'il peut être appelé à placer sur certains points des rigoles, prendre les précautions nécessaires pour empêcher une obstruction accidentelle et y obvier lorsqu’elle se produit. Enfin, lorsqu'il arrête l’arrosage, il doit ouvrir sans retard les rigoles de colature et surveiller l'évacuation rapide de l’eau avec la même attention qu'il a apportée à sa répartition sur le sol.

Les prairies humides profitent largement des irrigations d'hiver; mais on doit ne donner qu'avec précaution à ces prairies des arrosages au printemps et en été. Dans beaucoup «de cas, 1l est bon d'éviter de donner l’eau dès que l'herbe entre en sève; c’est le moyen d’arrêter la croissance des Joncs, dont le développement résulte bien plus de la stagnation des eaux de l'été que de celles de l'hiver. (Les cultivateurs intelligents, dit M. Vidalin en parlant des prairies du centre de la France, arrosent à foison les parties humides durant le froid, ct ils les égouttent énergiquement dès le printemps. Ils ont ensuite le soin de faucher ces parties humides au début de la fauchaison, vers la fin de mai ; ils parviennent ainsi à récolter un foin assez tendre et nourrissant, là où les gens négligents qui laissent séjourner les eaux tout été, et qui ne fauchent qu’à l’arrière-saison, obtiennent un fourrage détestable, sentant la vase et donnant mauvais poil au bétail. »

Il est bon de rappeler que si les prairies se trouvent presque toujours bien des arrosages de printemps, et notamment de ceux de mai et de Juin, cette époque est celle où elles sont le plus exposées à être détériorées par l’eau, lorsque, par négligence, on la laisse s’accumuler ou séjourner

IRRIGATION

sur certains points. La plupart des bonnes herbes périssent par l’action trop prolongée de l’eau sous l’'ardeur du soleil. D'ailleurs, comme il vient d’être dit, la stagnation des eaux favorise la croissance des plantes nuisibles propres aux terrains marécageux, ce qui est le contraire du but qu’on poursuit par les irrigations.

Lorsque l’eau est concédée aux arrosants par des

entreprises de canaux d'irrigation, des règlements précis déterminent un roulement entre les ayants droit pour l’usage, de telle sorte que chacun reçoit l’eau à laquelle il a droit, à des époques précises déterminées d'avance et pendant un temps limité. Il peut arriver qu’à cette date le cultivateur n’ait pas besoin de l’eau, qui ne lui sera utile que quelques jours plus tard. Dans ce cas, les concessionnaires ont, le plus souvent, la faculté d’accumuler dans des bassins ou réservoirs l’eau qu'ils reçoivent ainsi périodiquement, pour les distribuer ensuite aux cultures suivant leurs besoins. D'autre part, lorsque, par suite d'insuffisance des eaux, le canal ne peut pas fournir le volume d’eau concédé, là réduction est répartie sur tous les arrosants, au prorata du volume auquel ils ont droit.

Travaux d'entretien. — On perdrait rapidement le bénéfice des dépenses faites pour organiser une irrigation, si l'on ne veillait avec soin au bon entretien de toutes les parties du système. Les travaux d'entretien comportent : le curage des canaux et des rigoles, la réparation des digues et des vannes, le nivellement des surfaces ravinées, la destruction des taupinières et des fourmilières, celle des mauvaises herbes, ete.

Il est important de procéder chaque année au curage des canaux et des rigoles. D'une part ces conduites d’eau se chargent plus ou moins de limon, et d’autre part, on y voit pousser des plantes dont les graines y ont été apportées par les agents naturels ; ce sont autant de causes qui en rétrécissent le volume, et par suite diminuent le débit régulier de l’eau. Ces travaux de curage s’exécutent après la coupe du regain lorsqu'on pratique les irrigations d'automne, et à la fin de l'hiver lorsqu'on ne pratique que les irrigations de printemps et d’été. On procède au curage avec la pelle pour enlever le limon et avec la hache à pré pour redresser les parois des rigoles. On réunit en petits tas le limon sur les bords des rigoles, et on le répand ensuite, soit à la surface du sol comme engrais, soit dans les creux qu’on peut avoir à combler. Si les limons qu’on retire des canaux de dérivation et des fossés sont abondants, on peut les faire entrer avec avantage dans des composts (voy. ce mot). Au printemps, on doit toujours veiller à ce que l'herbe ne pousse pas dans les rigoles où ele obstruerait le cours de l’eau.

En ce qui concerne les digues ou berges des canaux de dérivation et de répartition, on dait exercer la même surveillance. Les animaux fouisseurs trouvent dans ces digues un terrain favorable pour y creuser leurs galeries ; ces galeries peuvent donner passage à l'eau et, dans certaines circonstances, lorsqu'elles sont très nombreuses, provoquer des éboulements partiels. Pans tous les cas, il y a déperdition d’eau, et les éboulements peuvent être la cause d’arrêts préjudiciables dans les arrosages. On doit donc visiter souvent les digues, lorsqu'on y trouve des traces de galeries de Souris, de Mulots, etc., et boucher avec soin tous les trous qu’on rencontre. On agit de même en ce qui concerne les érosions que le passage de l’eau peut provoquer dans les digues; aussitôt qu'on les constate, on doit les réparer. À cette occasion, lorsque, après l'arrêt des arrosages, on craint de fortes pluies d'orage, une excellente précaution consiste à ouvrir toutes les vannes, excepté celle de la prise d’eau, et à laisser la circulation absolument libre dans tout le système de rigoles, jusqu’au dernier

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fossé d’asséchement ; c'est la meilleure manière d'assurer un rapide écoulement des eaux des pluies d'orage, et d'empêcher les ravinements qu'elles tendent à provoquer.

Quant aux vannes et martellières, on doit aussi en surveiller le fonctionnement. Il importe qu’elles soient maintenues étanches, pour éviter les fuites d'eau et que la maçonnerie ou la charpente en bois qui leur sert de seuil soit toujours en parfait état. Les petites dégradations se réparent sans peine, tandis que, si on les laisse s’agrandir, on peut être entrainé à des dépenses assez considérables.

Il peut arriver qu’un arrosage mal dirigé ou une pluie violente ait provoqué un ravinement sur un point de la prairie. Quand ces ravinements sont considérables, on les répare par des apports de terre; quelquefois il suffit d'y faire séjourner des eaux limoneuses qu’on a souvent à sa disposition pendant l'hiver ; il se produit un colmatage qui fait peu à peu disparaître le ravinement. Ces eaux limoneuses sont utiles également pour faire disparaître les Mousses et les Joncs.

Parmi les animaux nuisibles qu'on doit poursuivre dans les prairies irriguées, les Taupes se placent au premier rang. Les galeries creusées par ces animaux détournent l’eau déversée par les rigoles, ce qui nuit à la régularité de l'irrigation ; lorsqu'elles deviennent nombreuses, elles peuvent provoquer une grande déperdition d’eau. D'autre part, les taupinières ne sont pas moins nuisibles, les monticules qu’elles forment constituent aussi un obstacle sérieux à la régularité des arrosages. On doit donc, en faisant la chasse aux Taupes, les empêcher de s'établir dans les prairies irriguées. Lorsque les taupinières sont rares dans une prairie, on peut les aplatir avec la dame, ou bien si elles sont fortes, les ouvrir, répandre la terre qu’elles renferment, et rabattre le gazon en le pressant; si elles sont nombreuses, on les rabat avec avantage en se servant du rabot des prés (voy. RABOT), décrit autrefois par Schwerz, et qui a été perfectionné. Des fourmilières se rencontrent aussi dans les prairies; on s'en débarrasse le plus souvent en les aplatissant.

L’arrosage des prairies n’a pas pour effet direct de détruire les mauvaises herbes qui peuvent s’y rencontrer, mais 1l donne le plus souvent une végétation assez vigoureuse aux bonnes plantes pour leur permettre de prendre le dessus sur les mauvaises plantes et de les étouffer peu à peu. C’est ainsi que les irrigations bien faites sur les terrains naturellement humides font disparaitre les Mousses, les Jones, etc., et les remplacent par des Graminées et des Légumineuses de bonne qualité. Toutefois :1l est certaines plantes vivaces que l’arrosage seul ne peut pas faire disparaitre ; on doit les arracher aux moments les plus opportuns ; parmi ces plantes, les principales sont indiquées au mot HERBES, avec les procédés de destruction à adopter.

Parmi les soins d’entretien, il convient de signaler encore le nettoyage des prairies, qui s'effectue au printemps. Les cultivateurs soigneux font enlever, avec le râteau, les feuilles sèches, les petites branches, les pierres, etc., que le vent ou l’eau ont apportées sur le sol. |

Enfin, les terres irriguées, quoiqu’elles soient enrichies par l’eau qui les imbibe, n’échappent pas plus que les autres terres cultivées, à la nécessité de la restitution par des engrais des principes enlevés par les récoltes et que l’eau n'apporte pas. Cette nécessité s'impose surtout, comme il a été dit plus haut, pour les irrigations d'été. Les engrais à employer pour les prairies arrosées sont les mêmes que pour les'autres prairies (voy. ce mot).

RÉSULTATS DES IRRIGATIONS. — Dans tous les développements qui précèdent, il n’a été rien dit sur les dépenses qu’entraine l'application des irrigations C’est à dessein, car ces dépenses sont telle-

IRRIGATION

ment variables suivant les dispositions des lieux et suivant la méthode d'irrigation qu'on adopte, qu'il est impossible de fournir une évaluation qui corresponde à une situation déterminée. Dès lors, l'inutilité de semblables calculs généraux ressort avec évidence. Mais ce que l’on peut affirmer, c'est que, lorsque l'irrigation est bien organisée, les résultats obtenus assurent toujours une rémunération élevée pour le cultivateur ; le capital engagé dans l'opération reçoit presque immédiatement une large rétribution qui se perpétue pendant une série indéfinie d'années. Les irrigations constituent un des meilleurs moyens d'augmenter, dans d'énormes proportions, la richesse agricole, et comme conséquence la richesse publique.

Cet accroissement de richesse se mesure tant par l'augmentation des récoltes que par la plus-value acquise par la valeur vénale du sol. Quelques exemples feront ressortir ces deux côtés de la question.

Commençons par l'exemple désormais classique de la grande entreprise d'irrigation de la Campine, en Belgique. Le terrain de ce pays était à peu près improductif, et la population y était très clairsemée. Depuis que les irrigations y ont été introduites, ces terrains, qui ne produisaient que de la bruyère et qui valaient de 15 à 20 francs par hectare, nourrissent deux têtes de gros bétail par hectare et par an ; il faut ajouter l'énorme accroissement de revenu assuré aux terres arables non irriguées par l’emploi des quantités de fumier fourni par ce bétail.

En France, les exemples de la plus-value acquise par les irrigations sont nombreux. Dans la vallée de la Seine, le prix de fermage des terres irriguées est le double de celui des terres non irriguées. Dans la vallée de la Saône, l'irrigation a quintuplé la valeur du sol; dans certaines landes de Bretagne, elle a décuplé cette valeur. Dans les Vosges, les grèves de la Moselle, qui n'avaient aucune valeur, ont acquis par l'irrigation une valeur de 9000 francs par hectare. Si l’on considère les rendements, les résultats ne sont pas moins instructifs. En Sologne, les prairies non arrosées donnent de 1600 à 2000 kilogrammes de foin par hectare ; avec l'irrigation, leur rendement s'élève de 5000 à 8000 kilogrammes. Dans la Vendée, l'irrigation a suffi pour élever le rendement de prairies de 4000 kilogrammes de mauvais foin à 10 000 kilogrammes de foin d'excellente qualité. Dans le département de l’Ain, on cite des exemples non moins remarquables: ainsi M. Puvis, en dépensant 19000 francs pour établir l'irrigation de 92 hectares et demi, a obtenu un excédent de produit de 207 000 kilogrammes d'un foin de meilleure qualité que celui récolté auparavant, ce qui a donné un revenu de 25 pour 100 de la dépense ; d'autre part, M. d’Angeville à obtenu par l'irrigation un revenu supérieur à 10 pour 100 du capital engagé.

C’est sous les climats méridionaux que la plusvalue assurée par les irrigations prend les plus grandes proportions. En Provence, le rendement des prairies irriguées atteint de 11 à 12 000 kilogrammes de bon foin par hectare, quand, sur les terres non irriguées, on obtient à peine de 2500 à 3000 kilogrammes. Pour les céréales, l'excédent de rendement est d’au moins 3 hectolitres et demi à 4 hectolitres en faveur des terres arrosées. Pour les cultures maraichères, le produit brut varie en moyenne de 2000 à 2500 francs par hectare. D’une manière générale, le produit brut des terres arrosées en Provence varie de 1500 à 3500 francs par hectare, au lieu de 200 à 500 où 600 francs pour les meilleures terres qui n'ont pas l'avantage de l'irrigation. Le revenu net de l'hectare arrosé est, tous frais payés, de 200 à 500 francs, et quelquefois supérieur à ce dernier nombre, souvent quintuple de celui des terres similaires non soumises à l'irrigation. La valeur des propriétés suit une propor-

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