‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 70 sur 198 · IRRIGATION DES VIGNES · texte numérisé non relu

IRRIGATION DES VIGNES

tion analogue; on a calculé que la plus-value correspond au capital d'une rente moyenne de 390 francs par hectare ; ce capital peut être estimé de 7000 à 10000 francs, suivant le taux que l’on adopte pour le calcul de l'intérêt.

On retrouve des faits analogues dans tous les pays méridionaux : Italie, Espagne, Algérie, Égypte, Asie, etc., d'autant plus intenses que le climat est plus chaud. D’après M. A. Llaurado, en Espagne, des terres qui n'avaient aucune valeur ont été vendues à raison de 30000 francs par hectare dès qu’elles ont reçu les bicnfaits de l'irrigation,

Les entreprises de canaux d'irrigation ne jouissent pas en France d’une grande faveur ; on leur reproche notamment de ne pas rétribuer suffisam-— ment le capital qui y est engagé. Le fait est trop souvent réel, mais la cause en est tout à fait indépendante des irrigations elles-mêmes. Ces entreprises sont faites sur des bases trop étroites; on creuse des canaux pour ne dériver que quelques mètres cubes d’eau par seconde. Les frais de con— struction et d'entretien sont presque aussi considérables que pour les canaux à large section, pouvant dériver de grands volumes d’eau. Dès lors, comme ils sont répartis sur une faible masse, on doit faire payer l’eau très cher, et l’on détourne, par suite, les cultivateurs de son utilisation. Le seul moyen de rendre ces entreprises fructueuses, c’est de faire de grands canaux pouvant répandre l’eau sur de vastes surfaces. C’est ce que l’on a parfaitement compris en Italie (voy. CANAL); aussi, dans ce pays, ces entreprises sont beaucoup plus prospères qu'en France.

Le morcellement des propriétés est un des plus grands obstacles à l'extension des irrigations. On ne peut le vaincre que par l'association pour la construction des filioles ou canaux secondaires destinés à dériver l’eau d’une rivière ou d’un canal sur les héritages particuliers. C'est seulement par les syndicats qu’on peut répartir entre un grand nombre les dépenses relativement considérables qu'exige l’amenée de l’eau sur un champ d’une petite étendue, et qui ne sont compensées que plus tard par l'accroissement qui en résulte pour la va— leur de la terre; c’est aussi par ces associations qu’on peut vaincre les difficultés résultant du passage sur les propriétés voisines. Il faut donc grouper les intérêts des arrosants. Mais ce grou-pément présente des difficultés difficiles à vaincre: dans l'état actuel de la législation ; en effet, la loi du 21 juin 1865 a exclu les irrigations de la série des travaux pour lesquels peuvent se constituer des associations syndicales autorisées, c’est-à-dire: des associations dans lesquelles la majorité des in-téressés, dans un périmètre, peut s'imposer à la. minorité récalcitrante. Cette loi est à reviser sous. ce rapport. HS.

IRRIGATION DES VIGNES (viticulture). — Les:

irrigations d'été sont depuis longtemps appliquées: à la Vigne dans certaines contrées chaudes et sèches, comme moyen de favoriser sa végétation ;

-on en à depuis proposé l’emploi comme moyen de

combattre le Phylloxéra dans le Midi. Considérées à ce dernier point de vue, elles avaient fait naître. de grandes espérances, qui ne se sont malheureu-sement pas réalisées ; de nombreuses installations: avaient été faites dans la vallée de l’Orb (Hérault), dans la plaine de Marsillargues, dans des jardins: maraichers des environs de Montpellier et dans l'Aude, pour utiliser ce procédé. Les premiers: résultats obtenus, notamment dans les terres lé-gères, permettaient, en effet, de penser qu'avec: une dépense d’eau peu considérable, faite dans unesaison où les submersions ne demandent plus rien. aux cours d'eau, on pourrait conserver des vigno-bles situés dans des'terres où ces dernières opé-rations n'étaient pas praticables. Mais, après. une première période d'amélioration, les Vignes.

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